Bonjour/bonsoir!
J'espère que vous allez bien et que ce chapitre vous plaira! Il ne s'y passe pas grand chose, mais c'est le temps que tout se mette en place. Je ne veux pas que ça aille trop vite.
Je n'ai pas relu ce chapitre dans son intégralité, alors s'il reste trop de fautes d'orthographe, n'hésitez pas à me le signaler.
Sur ce, à la prochaine!
Une fois sorti des sombres couloirs souterrains de la gare, que faiblement éclairés - pour cause apparemment d'un problème technique - et de surplus bondés de monde en cette heure matinale, John papillonna légèrement des yeux face à la lumière du jour, pourtant légère, puis se dépêcha de prendre la direction du lycée. Il était fatigué, mais le vent frais le réveilla rapidement, contrairement au train qui, lui, était plutôt parvenu à l'endormir davantage.
Alors qu'il s'apprêtait à pénétrer dans le bâtiment, après moins de dix minutes de marche, il entendit soudainement un: «Hey, mec!». Il s'arrêta alors aussitôt, reconnaissant la voix. Et même s'il n'était pas sûr qu'elle s'adressait bien à lui, il pivota sur ses jambes pour se retrouver face à Greg et à un autre garçon qui s'avançaient vers lui à grandes enjambées rapides.
- Putain, t'es passé comme une flèche! s'exclama Greg une fois à sa hauteur. T'es si pressé que ça d'aller en cours?
- Non répondit John. Pas du tout continua t-il en voyant l'air sceptique de Greg. Je voulais seulement aller chercher mes livres avant que les cours ne commencent. C'est tout. Il s'abstint bien de lui dire que c'était en fait sa mère qui lui avait fortement conseillé de les récupérer avant le début des cours, pour être ensuite, selon son propre mot «tranquille». Il se retint de soupirer à cette pensée. Elle était vraiment infernale ces derniers temps.
- A cette heure-ci? intervint l'autre garçon en écrasant sa cigarette du bout de sa chaussure. La bibliothèque est certainement fermée.
- Oui renchérit Greg. Elle n'ouvre qu'à partir de neuf heures.
John hocha lentement la tête, puis haussa les épaules, pas spécialement ennuyé par cet état de fait.
- Tant pis. J'irai pendant la pause. Puis regardant plus attentivement les deux garçons devant lui, il fronça quelque peu les sourcils: «Tu es le garçon de hier. Celui qui m'a parlé du rugby? dit-il au garçon qu'il ne connaissait pas. Ce n'était pas vraiment une question, car maintenant qu'il le regardait bien, il le reconnaissait. Il avait les cheveux blonds foncés, les yeux verts, et possédait un visage assez juvénile. Assez reconnaissable donc.
- Tommy se présenta t-il avec un sourire. Et oui, c'est bien moi. Tu es intéressé alors? Par le rugby?
John n'eut pas besoin d'y réfléchir pour affirmer: «Bien-sûr», sentant monté en lui un certain enthousiasme .
- C'est quels jours? demanda t-il ensuite.
- Le mercredi et le vendredi après-midi. De 16h à 18h.
- On a deux heures de sport demain matin. Tu n'auras qu'à aller voir directement le coach renchérit Greg. Il cherche désespérément un joueur pour compléter l'équipe depuis le départ de Mick. Mauvaises notes rajouta t-il pour expliquer.
- Comment ça se fait? s'étonna John. Pas pour les mauvaises notes précisa t-il, mais il n'y a personne d'autre qui souhaite rejoindre l'équipe?
- Ce n'est pas ça le problème répliqua Greg. C'est juste que...
- C'est juste que tout ceux qui veulent la rejoindre ne savent pas jouer, tout simplement coupa Tommy.
«Ah» pensa John, mais il ne le dit pas à haute voix. Il se contenta de hocher la tête et de rajouter, ne plaisantant qu'à moitié: «J'espère que vous ne placer pas vos attentes trop hauts en tout cas, parce que je même si me débrouille plutôt bien au rugby, je ne suis pas Farrell.
- T'inquiète le rassura Greg en le prenant par les épaules et en commençant à avancer, alors que la sonnerie stridente du lycée se faisait entendre. Du moment que tu sais un minimum jouer, tu n'as pas à tant faire. Et puis, je peux t'assurer que tu ne peux pas faire pire que Karl.
Tommy, à coté d'eux, acquiesça, et sur cela, lui et Greg se mirent à rire, se remémorant visiblement une anecdote drôle. John, lui, se contenta de hausser une épaule, car ne connaissant ni ce Karl ni le contexte de la situation, il ne comprit absolument pas de quoi il était question.
- Merci dit John à la bibliothécaire, alors que celle-ci posait devant lui tous les manuels dont il avait besoin: histoire/géographie, mathématiques, physique/chimie...
Il s'était posté à une table devant son bureau, et essayait à présent de tous les faire rentrer dans son sac, ce qui ne s'avéra pas être une mince affaire. Son sac était manifestement trop petit pour toute cette charge.
Au bout de plusieurs minutes, à force de les arranger et de les réarranger, il réussit finalement à tous les faire rentrer à l'intérieur, sans néanmoins parvenir à fermer la fermeture éclaire, malgré ses insistances. Une dernière tentative, et il se décida à abandonner. Après tout, les livres étaient tous dans le sac, c'était déjà un exploit pensa John.
Il prit alors son sac sur ses épaules, lança un «Au revoir, bonne journée» à la bibliothécaire, puis parti à son prochain cours, lequel était une heure de français.
Alors qu'il était dans le couloir, il réalisa – cela faisait exaspéremment écho à la journée précédente – qu'il ne savait pas où aller. Il avait passé la matinée avec Greg et Molly – ils avaient retrouvé cette dernière au premier cours - ce qui faisait qu'il n'avait eu qu'à les suivre pour savoir où aller, ne connaissant pas encore les numéros, et par conséquent l'emplacement des salles pour chaque matière.
Il n'avait pas eu besoin une seule fois de regarder son emploi du temps. Emploi du temps qui se trouvait en cet instant précis au fond de son sac. Sac qui était actuellement chargé à ras bord de livres.
John ferma brièvement les yeux, se retint de pousser un profond soupir, puis regarda autour de lui pour voir si par le plus grand des hasards, il ne se trouvait pas dans les parages un élève de sa classe qui puisse lui indiquer le numéro de leur salle de classe.
Après quelques secondes de recherche infructueuse – du moins le pensa-il car il n'était en réalité pas certain de reconnaître déjà tous les visages des élèves de sa classe – il constata, en jetant un coup d'œil à sa montre, que la sonnerie allait retentir d'une minute à l'autre. Il se dirigea donc à grands pas vers les escaliers, tout en se disant que lorsque Greg et Molly lui avaient gentiment proposé de l'accompagner à la bibliothèque, il aurait dû accepter, au lieu de dire, comme il l'avait fait: «Non, c'est bon. Les cours reprennent dans dix minutes, on se retrouve après» et de partir.
Il arriva rapidement à l'intersection des escaliers, et alors qu'il s'apprêtait à s'asseoir sur l'une des marches afin de déballer son sac, ce dernier ce craqua soudainement, déversant tout son contenu à terre, et deux manuels allèrent même jusqu'à rouler dans les escaliers, atterrissant à l'étage du dessous en un bruit sourd.
Les yeux grands ouverts, John regarda la scène, estomaqué. Et quand les deux livres en question furent finalement bien au sol un étage plus bas, il ne su s'il devait se mettre à rire, ou au contraire à pleurer.
Il ne fit aucun des deux, se contentant de sortir de sa brève torpeur, et de se baisser pour commencer à ramasser.
- C'était évident qu'il n'allait pas supporter le poids fit brusquement une voix grave.
A cela, John releva la tête, un cahier et un manuel en mains. Un garçon aux boucles brunes était nonchalamment adossé contre le mur en bas des escaliers, et une expression moqueuse emplissait son visage. Sherlock Holmes.
John le regarda un instant, mais ne répondit pas à sa remarque. A la place, il continua à rassembler ses affaires, se demandant inutilement comment il allait faire pour les transporter tout l'après-midi maintenant que son sac avait un énorme trou en son fond. Il baissa néanmoins le regard vers le brun, qui n'avait pas bougé de sa place, quant il se rendit compte que ses manuels de français et de sciences étaient à ses pieds. Et qu'il n'avait absolument pas pris la peine de les ramasser pour les lui donner.
- Tu peux me passer mes livres? demanda t-il, toujours accroupi, en faisant un bref signe de tête en direction des manuels en question.
Sherlock baissa les yeux sur les livres, puis les releva sur John en haussant un sourcil, comme s'il ne comprenait pas qu'il puisse lui demander une chose pareille.
La sonnerie retenti et John, commençant à perdre patience, se releva et descendit en trombes les escaliers, récupérant lui-même ses manuels.
- Ça n'allait pas te tuer de les ramasser! lança t-il un peu plus abruptement qu'il ne l'aurait voulu, tout en remontant les escaliers. Mais il fallait dire que toute cette situation – qui aurait pu paraître drôle tant elle était absurde – commençait à sérieusement devenir agaçante.
- Bien-sûr que non! répliqua Sherlock en levant le menton, condescendant. Puis il monta les escaliers, le rejoignant à l'étage.
Des bruits de pas se firent entendre, et peu de temps après, les escaliers furent bondés d'élèves. John referma la bouche, laissant tomber sa réplique, et attrapa rapidement le tas, toujours posé au sol, qui constituait ses affaires, s'efforçant de le maintenir dans ses bras.
- Qu'est-ce qui est arrivé à ton sac?
John termina de les caler correctement, puis posa son regard devant lui. Molly était là, sur l'avant dernière marche à sa hauteur. D'autres élèves passaient à coté d'eux, mais ils se contentaient de passer leur chemin, pas le moins de monde concernés.
Concentrant toute son attention sur la jeune fille, il répondit: «Je crois bien qu'il n'a pas supporté tout le poids qu'il avait à sa charge.».
- Évidemment.
A la remarque, John se retourna pour regarder derrière lui, et Molly monta la dernière marche, se décalant pour regarder à son tour.
Sherlock était toujours là, appuyé contre un mur au coté d'une salle de classe et semblait exaspéré.
- Vu que manifestement tu sais tout lui dit John avec défi, est-ce que tu peux me dire la raison pour laquelle il était si évident que mon sac «n'allait pas supporter le poids»? Il reprit ses premiers mots.
Sherlock haussa un sourcil, avant de se décaler légèrement du mur.
- Ton sac est abîmé commença t-il, comme le montre très nettement les nombreuses coutures défaites qui pendent un peu partout. Cela doit faire quelques années que tu l'as en ta possession. Peut-être trois, quatre ans maximum. Tu en a pris soin: il est propre et bien entretenu. Cependant, ce n'est pas la première fois qu'il t'arrive ce genre...d'incident. Ton sac à été recousu au niveau de la poche, il montra d'un geste de la main le sac - John avait enroulé une lanière autour de son poignet -, certainement par un de tes parents. Ta mère. Cela signifie que le tissu est fragile.
Et aussi, dans une autre mesure, que tu viens d'une famille modeste. Comme le confirme tes vêtements bon marché. Bref, si on prend également en considération les petits trous qui étaient présents au bas de ton sac, et qui se sont maintenant transformés en un grand, il était évident qu'il n'allait pas supporter autant de poids. Il s'arrêta sur cette dernière phrase, ne quittant pas John du regard.
Ce dernier n'avait pas pu s'empêcher d'écarquiller un peu plus les yeux à chaque nouvelle information. C'était tout bonnement...
- Stupéfiant.
Sherlock fronça les sourcils. Il semblait... surpris? Oui surpris.
- Tu le penses vraiment? interrogea t-il.
- Bien-sûr! confirma John avec véhémence. C'était incroyable. Qu'est-ce que tu en penses Molly? Il se retourna vers elle, et remarqua immédiatement son air gêné.
- Eh bien. Elle baissa les yeux, puis les releva, les posant finalement sur Sherlock. C'était...C'était impressionnant. Mais tu sais reprit-elle à l'adresse de John, il peut faire encore beaucoup mieux.
- Allez, dépêchez-vous de rentrer retenti la voix d'un professeur.
- On devrait peut-être y aller dit John à l'entente de cette phrase. On est dans quelle salle?
- Dans celle-ci répondit Molly en pointant du doigt la salle devant laquelle se tenait le professeur.
John secoua la tête, retenant un petit rire. Il s'était rendu ici avec l'intention de regarder dans son emploi du temps le numéro de sa salle de classe, sans savoir que cet emplacement était en fait pratiquement devant sa porte... Au moins, il n'aurait pas besoin d'arpenter trop de couloirs avec ses affaires en mains. Le seul point positif à toute cette affaire.
Il s'avança avec Molly, Sherlock y étant déjà rentré, vers la salle.
Comme la veille, confortablement installé sous ses couvertures, la tête posée sur son oreiller, le regard fixé sur le plafond, John fit un point sur sa journée.
Il pouvait dire sans mal que ce nouveau lycée était plus agréable que ce à quoi il s'était attendu au départ. Les élèves étaient sympa, l'ambiance générale était bonne, et en plus, il s'était fait des amis – s'il pouvait déjà nommé Greg et Molly ainsi – Sans oublier qu' il allait peut-être rejoindre l'équipe de rugby. Que du positif.
Et puis il y avait ce Sherlock Holmes, un mystère à lui tout seul. Le jour précédent, le garçon l'avait déjà intrigué par sa froideur et par son arrogance, et également par le fait que personne ne semblait l'apprécier. En même temps, si, de ce qu'il avait compris, il se comportait avec tout le monde de façon désagréable, cela n'était pas tellement surprenant. Lui s'était amusé de ses répliques impertinentes (tous les gens son stupides résonna dans sa tête) – qui n'avaient pas été dites, de son avis, de façon méchante, mais plutôt condescendante - , mais il savait que la majorité de gens réagissait assez mal à ce genre de parole. Ce qui l'avait plus surpris en revanche, c'était le fait que les professeurs eux-mêmes ne semblaient pas l'apprécier. Il se souvenait parfaitement du sourire compatissant de Mme Lawrence lorsqu'elle lui avait dit qu'il pouvait s'asseoir à coté de lui – ne restant plus que cette place de disponible -. Était-il désagréable aussi avec les professeurs? Il n'en savait rien. Du peu qu'il en avait vu, il ne paraissait pas être du genre à participer...
Et puis, aujourd'hui, il avait découvert que le brun possédait un sens de l'observation remarquable. Il avait déduit beaucoup de choses à propos de son sac, et cela en très peu de temps. Et sans même l'analyser de près. C'était réellement stupéfiant. Et cela le rendait encore plus intriguant.
Néanmoins, malgré tout cela, John n'arrivait pas à oublier l'absence de ses véritables amis. Ceux qu'il connaissait pour la plupart depuis tout petit. Il se les imaginait en train de rire et de se chamailler, comme à leur habitude, et savoir qu'il n'était pas présent avec eux le rendait triste.
Bien-sûr, ils continuaient à s'envoyer des messages – d'ailleurs Mike lui avait demandé la veille comme s'était passé son premier jour - mais cela n'était définitivement pas la même chose. Rien ne valait le face à face. Celui qu'ils n'auraient pas avant un long moment.
Sur cette pensée, John se retourna sur le coté, provoquant un grincement du lit, et vit sur le réveil qu'il était 0h 57. Les chiffres rouges le surprirent. Il n'avait pas l'impression qu'il se soit passé autant de temps depuis qu'il s'était couché.
Le lendemain matin, il ne sut pas exactement à quelle heure il s'était endormi, mais il sut que 0h57 était la dernière heure qu'il avait regardée.
