Boujour/bonsoir à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre, lequel a été particulièrement difficile à écrire, je dois bien l'admettre. Je n'étais jamais satisfaite du résultat.

Il faut aussi dire qu'écrire du point de vue de Sherlock est plus compliqué que je ne l'aurais pensé. J'espère ne pas m'en être trop mal sortie.

Sur ce, je vous laisse découvrir ce chapitre.

A la prochaine!

katymyny: Tout d'abord, je te remercie pour ton message, ça fait plaisir de voir que des gens s'intéressent à cette histoire! Ensuite pour la progression, je fais de mon mieux pour que cela n'aille pas trop vite. J'essaye de respecter au maximum le caractère des personnages, tout en y ajoutant tout de même ma petite touche personnelle. J'ai jeté un coup d'œil sur ton profil mais il est possible que le nom de cette fic m'ai échappé. En tout cas, je peux tout de même te la proposer: il s'agit d'une histoire en trois parties qui commence avec I'll Find You Again (qui se poursuit avec A Promise to Keep et se termine avec My Home is Where you Are) et qui a été traduite par Nauss. Excepté quelques petits détails, je l'ai vraiment adoré, donc si tu ne l'as pas lu, je te la recommande vivement!


La pluie s'écoulait lentement au dehors, très lentement, trop lentement, exactement comme cette heure de cours qui n'en finissait pas.

Le professeur était parti dans une de ses interminables explications qu'il chérissait tant, et ne semblait absolument pas dérangé par le fait que le trois quart des élèves - en plus de lui-même - ne l'écoutaient pas.

Sherlock poussa un soupir à fendre l'âme, et détourna ses yeux de la fenêtre, les reportant sur la classe. Les élèves étaient pour la plupart avachis sur leur table, la tête maintenue par une main ou reposant tout bonnement sur la table. C'était le cas par exemple d'Anderson.

Il changea bien vite la direction de son regard -non sans avoir renifler dédaigneusement- et prêta son attention à ceux qui suivaient le cours, ou du moins essayaient. Car malgré la simplicité des propos du professeur, les idiots qui lui servaient de camarades de classe avaient tendance à être déstabilisés par sa soi disant rapidité "à passer d'une chose à une autre". Ce qui était ridicule.

Le débit moyen de parole d'un être humain était d'environ 200 mots/minutes - il avait fait une expérience sur le sujet il y avait quelques années -, et le professeur, si il parlait beaucoup, ne dépassait certainement pas cette moyenne. Il en était même en dessous.

En plus, il n'y avait même pas besoin de l'écouter. Il suffisait de l'entendre et d'enregistrer les données – qui étaient d'ailleurs plus qu'inutiles et qu'il effaçait presque aussitôt. Mais il fallait croire que ses camarades étaient bien trop stupides pour réaliser quelque chose d'aussi simple. C'en était désolant.

Sherlock secoua la tête, et finit par arrêter son regard au deuxième rang. Molly Hooper, penchée sur sa feuille, était en train d'écrire frénétiquement, visiblement peu disposée à laisser une phrase lui échapper. Son voisin, Graham Lestrade, était quant à lui appuyé comme le mur, ayant selon toute probabilité abandonné l'idée de prendre des notes depuis longtemps.

Graham tourna soudainement la tête derrière lui pour demander l'heure. De sa place au fond de la salle, Sherlock devina plus qu'il n'entendit la question, qui était adressée à John Watson. La question fut confirmée par le geste du garçon, qui remonta sa manche pour regarder sa montre, avant de répondre.

Sherlock fronça les sourcils en regardant ce dernier. John Watson n'était pas comme les autres. Il ne réagissait pas comme les autres. Et la question «pourquoi» n'avait cessé de prendre de la place dans son esprit, sans qu'il n'est pourtant eu le temps de sérieusement s'y pencher – son expérience sur le chat de la voisine lui avait pris tout son temps ces derniers jours, et il ne laissait jamais tomber une expérience en cours, peut importe à quel point un autre sujet pouvait piquer son intérêt. Mais maintenant qu'elle était terminée (depuis le veille), il était entièrement disposé à se consacrer entièrement à cette interrogation.

John avait un stylo à la main, et écrivait calmement quelque chose sur sa feuille. Manifestement, il prenait des notes à intervalles irréguliers, notant une phrase par ci une phrase par là, certainement dans le but de se donner l'impression qu'il travaillait. Ce qui était idiot et inutile.

Il était différent des autres, mais paradoxalement, il était aussi tout ce qu'il y avait de plus banal.

C'était un garçon comme il y en avait tant d'autres et pourtant, il ne l'avait pas insulté une seule fois depuis leur premier échange. Lorsque Sherlock s'adressait aux autres de la même manière qu' il s'adressait à John, ils s'énervaient, et bien souvent finissaient pas l'insulter. Mais pas lui.

John ne s'était pas énervé lorsqu'il lui avait dit qu'il était «stupide». Enfin, la phrase exact avait été: «Moi qui pensait que tu étais juste stupide», en accentuant bien sur le «juste», ce qui sous entendait qu'il était plus que stupide. Il fallait admettre que ce jour là, ses mots avaient légèrement dépassé sa pensée. Mais c'était uniquement de sa faute. Pourquoi s'était-il mit à rire bêtement lorsque lui, Molly et Graham étaient venus s'installer à sa table? Il avait d'abord pensé qu'il se moquait lui, puis s'était vite rendu compte que ce n'était pas cela. Alors pourquoi avait-il rit? Il ne le savait toujours pas. Certainement pour une raison stupide.

Ensuite, au cours de Mme Guibert, lorsqu'il avait dû s'asseoir à coté de lui – faute de place- il avait essayé de lui faire la conversation. Pourquoi, encore un mystère, surtout après leur premier échange. En général, après quelques mots échangés avec lui, les gens ne souhaitaient pas réitérer l'expérience, ce qui lui convenait très bien. Les gens étaient tellement banals, prévisibles, ennuyeux...

Mais John lui avait parlé. Une phrase horriblement ordinaire certes, mais il lui avait parlé. Et ses réponses agacées n'y avaient rien changé. Il avait continué à lui parler.

Enfin, le jour où son sac s'était déchiré près des escaliers, et que Sherlock lui avait fait part de sa déduction - concernant le pourquoi il était évident que cela se produirait -, comme il le faisait régulièrement avec tout le monde, pour une fois, il n' avait reçu aucune des réactions habituelles, attendues. Pas de regard noir, pas d'expression choquée ou outrée, pas de «Va te faire foutre»... Non rien de tout cela. Juste un simple «Stupéfiant». Un simple mot qui avait pourtant eut le mérite de le déstabiliser. De le surprendre. Chose suffisamment rare pour être souligné. Surtout venant d'un autre lycéen.

De plus, en plus de le surprendre, ce mot lui avait également fait ressentir quelque chose d'étrange. Une sensation...agréable. Sensation qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir dans ce genre de situation. Étrange.

La sonnerie retentit soudainement, le tirant de ses réflexions. Et alors que le bruit des chaises et des cahiers que l'on rangent se faisait déjà entendre, Sherlock se dit avec un certain contentement que le dernier quart d'heure de ces deux heures était passé bien plus rapidement que le reste du cours.

Il aurait du concentrer ses pensées sur cette affaire plus tôt. Cela lui aurait éviter de s'ennuyer à mourir durant tout ce temps.

Mais le problème de cette affaire était qu'elle manquait cruellement de données, et qu'il aurait vite fait de faire le tour de celles qu'il avait actuellement. Il fallait donc qu'il en trouve de nouvelles.

Sherlock se leva à son tour, réprimant une expression satisfaite.

Il avait une enquête à mener.


- Il faut absolument que tu viennes, John. Ça va être génial s'enthousiasma Molly.

- Mais ce n'est pas trop tard? répliqua t-il.

- Non, certainement pas! Enfin...Elle s'interrompit et fronça les sourcils, semblant brusquement prise d'un doute. Greg, tu penses que c'est trop tard? interrogea t-elle en se tournant vers lui.

Greg, assis sur un petit muret, un cahier sur les genoux, releva lentement la tête vers eux.

- Je ne pense pas répondit-il. Après tout, le voyage n'est prévu qu'en mars, et nous ne sommes qu'en novembre. Mais il vaudrait quand même mieux que tu te dépêches d'aller voir le prof rajouta t-il en fixant son regard sur John. Et ça tombe bien, on l'a justement à l'heure suivante. Il agita son cahier devant leurs yeux pour appuyer ses paroles, ce qui provoqua un froncement de sourcils de la part de John, qui réalisa soudainement quelque chose.

- Qu'est-ce que tu fais avec ton cahier depuis tout à l'heure?

- Je révise pour le contrôle. Je sais que j'aurais dû m'y prendre plus tôt, mais que veux-tu, je n'arrive jamais à me motiver avant le dernier moment.

- C'est sûr que vingt minutes avant le contrôle, c'est le dernier moment marmonna Molly, commentaire que Greg entendit mais ignora superbement.

- Un contrôle? Quel contrôle? demanda John, son attention s'étant concentrée sur cette information aussitôt qu'elle fut reçue.

- Le contrôle d'histoire sur les régimes totalitaires répondit doucement Molly en reportant de nouveau son attention sur lui. Puis devant l'expression surprise et quelque peu anxieuse de John, elle ajouta immédiatement: «On ne te l'avais pas dit?». sur un ton presque effaré. La jeune fille semblait incroyablement honteuse, et John, oubliant sa surprise, ne pu que se sentir obligé de la rassurer.

- Non. Mais ne t'inquiète pas. Ce n'est pas grave. C'est déjà sympa à vous de m'avoir passé tous vos cours dit-il cette fois à l'intention des deux amis. Vous ne pouvez pas penser à tout.

John remarqua que ses paroles ne semblèrent absolument pas détendre la jeune fille, et rien que pour cela, il se sentit avoir une soudaine bouffée d'affection pour elle. Cette fille était la bonté incarnée. Nul besoin de la connaître depuis longtemps pour s'en apercevoir.

- Mais...

- Pas besoin d'être dramatique pour si peu, ce n'est pas comme s'il allait le faire ce stupide contrôle intervint une voix que John reconnu, cette fois, sans problème, sans même se retourner.

Était-ce dans les habitudes du garçon de surgir par derrière sans prévenir et de lancer une phrase sans plus de cérémonie? Cela en avait bien l'air.

John et Molly se retournèrent pour tomber, sans surprise, sur Sherlock. Greg, lui, toujours assis sur le muret, rangea son cahier dans son sac, et se leva, ce qui n'échappa pas au brun car il continua, moqueur:

- Assez révisé, Graham? Ce n'était pas le peine de te donner tant de mal.

- Greg! corrigea immédiatement ce dernier, irrité.

- Peu importe répliqua Sherlock, faisant un geste de la main pour accompagner sa parole, avant de se tourner vers John.

Après plusieurs secondes à être observé – qui lui parurent très longues - John commença à se sentir sérieusement mal à l'aise, se mettant à danser d'un pied sur l'autre, surtout que le brun ne disait plus un mot, se contentant de poser son regard partout sur lui, de l'analyser? Oui c'était le bon mot, John avait vraiment l'impression d'être analysé.

- Tu voulais quelque chose? lança t-il alors, désireux de mettre fin à cette inspection.

- Non.

John haussa un sourcil surpris, ne s'attendant à cette réponse. Le brun ne pouvait pas être plus clair et pourtant, la raison de son attitude restait un point d'interrogation. Pourquoi cette analyse/inspection ou que savait-il, s'il ne voulait rien? Avait-il quelque chose d'étrange sur lui? ou bien le garçon était-il réellement en train de l'analyser?

N'en pouvant plus, et voyant qu'il ne s'arrêtait pas, John finit par répliquer:

- Alors arrête de me regarder comme ça!

- C'est une sœur ou un frère? demanda t-il, ignorant totalement sa réplique précédente, mais stoppant tout de même son analyse, reportant son regard sur le sien.

- Pardon? répliqua John en écarquillant légèrement les yeux. Une nouvelle fois, il ne s'attendait pas à cette réponse.

Sherlock, lui, claqua sa langue sur son palais, agacé.

- C'est une sœur ou un frère que tu as? répéta t-il plus lentement, comme s'il s'adressait à un enfant de six ans.

A cela, John se redressa et cette fois-ci, ne se laissant pas déstabiliser, se contenta de répondre: "Une sœur". Mais sans pouvoir s' en empêcher, il demanda: "Comment tu savais que j'avais soit un frère soit une sœur?", car la question du brun n'avait laissé transparaître aucune ombre d'un doute sur ce fait.

Alors que Sherlock ouvrait la bouche, John entendait presque un «Évident» dans sa tête, s'attendant à cette réponse. Mais non, la réponse fut toute autre, et tout aussi inattendue que les précédentes.

- Ton pull.

- Mon pull? répéta t-il bêtement. Et il baissa la tête pour le regarder. Il constata cependant bien vite qu'il n'avait rien de particulier. «Qu'est-ce qu'il a mon pull?».

- Il est récent commença t-il. Pas plus de quelques semaines, mais pourtant il est déjà abîmé, ce qui me surprend étant donné que tu es du genre à prendre soin de tes affaires. Tu aurais pu avoir avoir un incident quelconque, mais non, il serait dans un tout autre état. Cela signifie donc que tu l'as prêté, ou qu'on te la emprunté, ce qui revient au final au même. Une autre personne que toi l'a utilisé. Un membre de ta famille très certainement. Tes parents? Bien-sûr que non. Un frère ou une sœur? Beaucoup plus probable. Un frère pourrait très bien vouloir t'emprunter ton pull, pour une raison ou autre. Une sœur également. D'où ma question termina t-il en ne lâchant pas, comme la fois précédente, John du regard.

Ce dernier hocha la tête, admiratif: "C'est tout à fait stupéfiant" dit-il, et pour la première fois depuis plusieurs minutes, il se retourna vers Greg et Molly, lesquels étaient restés à l'écart depuis le début de la conversation.

- Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison qui te pousse à porter un pull aussi laid.

A ceci, John reporta immédiatement son regard sur le brun, et remarquant son air tout à fait sérieux, ne pu se retenir d'éclater de rire, sous le visage pour le moins interloqué de celui-ci.

- Ce n'est pas la première fois qu'on me fait une remarque sur mes pulls répondit-il une fois calmé, sans remarquer le léger trouble de son vis à vis, qui ne dura de toute façon qu'un instant. Mais ils sont chauds et confortables, alors lorsqu'il fait froid, comme aujourd'hui, je les porte. Il haussa les épaules dans un geste instinctif pour montrer que ce n'était pas grand chose. Que c'était tout naturel.

Sherlock hocha distraitement la tête, comme s'il n'avait pas du tout écouté, puis se redressa, se préparant à partir. Avant de s'éloigner complètement cependant, il se retourna de moitié.

- Vous pouvez vous en allez. Le prof d'histoire est partie il y vingt minutes. Sa femme est train d'accoucher. Puis sur ces belles paroles, il s'en alla, le plus naturellement du monde.

John le regarda un instant s'éloigner, ne sachant pas si oui ou non il plaisantait, bien qu'il penche plus sur le non. Il se retourna une nouvelle fois vers Greg et Molly, prêt à demander leur avis, mais quant il remarqua la manière étrange avant laquelle ils le regardèrent, sa question fut instantanément mise au second plan, et il laissa échapper un: "Quoi?".

Car Greg et Molly, en tant que spectateurs de ce court échange, avaient été surpris par une chose en particulier, bien que cette chose ne soit pas la même chez les deux amis. Si Greg avait simplement été surpris par la réaction de John face à la remarque sur son pull, Molly, elle, avait été surprise par un tout autre détail. L'expression de Sherlock lorsque John avait rit à cette même remarque. Une expression qu'elle ne lui avait encore jamais vu. Une expression mêlée d'incompréhension et de curiosité et peut-être aussi, mais cela elle n'en était pas certaine, d'intérêt.

Et que ce serait bien la première fois, depuis qu'elle le connaissait, qu'il montrerait de l'intérêt envers qui que ce soit.