Bonjour/bonsoir à tous!

Je vous publie ce cinquième chapitre, en espérant, comme toujours, qu'il vous plaira.

A la prochaine!

katymyny: Merci pour ton message! Pour le voyage, il s'agit d'un voyage scolaire qui aura lieu un peu plus loin dans l'histoire. Et merci aussi pour la proposition de fic. Je peux à mon tour te proposer Atteindre La Hauteur et Un butin de Balles de PhoenixPheather29. Ces deux histoires sont vraiment bien, bien qu'elles soient malheureusement inachevées. Ce qui est extrêmement frustrant. Je ne sais pas si cela te tente tout même de les commencer, mais au cas ou je te les propose.

Guest: Hey, thank you so much for your message! It was a real pleasure to read you! I don't have a very good level in English, but I'm doing my best (and I try to improve...). Don't worry, you did some mistakes, but I understood what you wanted to say in french. In any case, I'm very happy if my story helped you. Good luck for your learning!


- A demain, John, salut!

- Salut! répondit-il en retour d'un geste de la main tout en s'éloignant.

John réajusta son sac sur ses épaules, et quitta rapidement le terrain. Il avait hâte de rentrer. Il était épuisé, et ne souhaitait qu'une chose, se poser tranquillement chez lui et ne rien faire, sinon grignoter quelque chose et regarder la télévision.

Le ciel était couvert de gros nuages gris, lesquels donnaient au paysage extérieur une allure sombre et triste, et la pluie menaçait à tout moment de tomber. John accéléra le pas, peu désireux de se prendre l'averse - il avait pris une douche après l'entraînement de rugby, et de retour dehors, le froid avait entièrement repris sa place sur lui -, et se maudit intérieurement pour ne pas avoir pensé à prendre un parapluie, lequel était pourtant sagement installé à l'entrée de la maison sur le porte-manteau et n'attendait qu'à être utilisé.

Il fallait aussi dire qu'ordinairement, c'était Harry qui avait l'habitude de le prendre avec elle et de le mettre dans son sac, «juste au cas où» disait-elle. Et malgré son «départ», John n'arrivait pas à se détacher de cette manie, ce qui faisait qu'il ne lui venait jamais à l'idée de le prendre. Tout comme sa mère d'ailleurs. Et alors le parapluie restait désespérément sur le porte manteau, attendant patiemment le retour de sa sœur.

Il arriva finalement à la gare, et par chance, et à sa grande satisfaction, son train arriva aussitôt. Il était bondé, comme toujours à cette heure, et il eut des difficultés à y monter, les gens se bousculant de toute part sur le quai, mais il finit tout de même par y arriver, à force d'acharnement et de détermination – et également, il fallait bien l'avouer, à l'aide de légers coups de coude. Il trouva même un siège de libre sur lequel s'installer, ce qui tombait bien car avec l'entraînement de rugby, il avait les jambes douloureuses.

John était à peine assis que le train démarra aussitôt, alors il tourna la tête vers la fenêtre, presque par automatisme, et porta son regard sur les gens toujours présents sur le quai, les regardant sans vraiment les voir.

Cela faisait presque un mois qu'il avait emménagé à Londres maintenant, et presque trois semaines qu'il avait commencé dans son nouveau lycée.

Globalement, il pouvait dire qu'il s'était assez bien intégré. Il s'était fait plusieurs amis, même si Greg et Molly restaient les principaux, avait pratiquement réussit à se mettre à jours avec les cours – il avait recopié ceux concernant le chapitre actuel de chaque matière, les professeurs ayant tous été unanimes sur le fait qu'il n'était pas nécessaire qu'il rattrape les précédents dans l'immédiat – et avait même eut l'opportunité de rejoindre l'équipe de rugby. En effet, le jour après que Greg et Tommy lui aient expliqué que le coach recherchait «désespérément» un nouveau joueur pour remplacer Mick - s'il se souvenait bien du nom -, il s'était décidé à tenter sa chance, sous les encouragements des deux garçons. Et finalement, après l'avoir fait jouer, le coach l'avait accepté avec une satisfaction très visible – l'adverbe «désespéramment» utilisé par Greg n'avait donc pas été employé à la légère – dans l'équipe.

Que du positif en sommes.

Le train s'immobilisa quelques secondes, durant lesquels plusieurs passagers montèrent ou descendirent, et John jeta un rapide coup d'œil à l'arrêt où il se situait, constatant ainsi qu'il lui restait encore trois stations. Puis le véhicule se remit tranquillement en marche.

Il y avait également Sherlock pensa t-il. Il ne pouvait pas le nier, le garçon l'intriguait, le fascinait même d'une certaine façon, de part son attitude, son caractère et son intelligence. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme lui auparavant, et tout ce qui avait attrait à la nouveauté avait tendance à l'attirer aussi efficacement qu'un aimant sur du métal. C'était comme cela, il n'y pouvait rien. Il aimait ce qui sortait de l'ordinaire. Et Sherlock Holmes sortait définitivement de l'ordinaire.

Plusieurs fois durant cette quinzaine, il avait continué à surgir derrière lui lorsqu'il était en compagnie de Greg et de Molly, ou lorsqu'il était seul, et à lancer des remarques – lesquels aboutissaient d'ailleurs de plus en plus fréquemment à une conversation entre eux - sur telle ou telle chose – comme par exemple lorsqu'il avait coupé la parole à une Molly concentrée en train de réciter son exposé de sciences devant Greg et lui-même afin de s'entraîner avant de passer devant la classe avec un «Ennuyeux», ou encore lorsqu'il l'avait surpris en pleine séance de recopiage de cours à la bibliothèque et qu'il lui avait dit le plus naturellement du monde que ce qu'il faisait ne servait à rien car le sujet était «inintéressant» et parfaitement «inutile»...

Une fois, et à la grande stupéfaction de John, il s'était même permis une réplique à Mme Lawrence, la professeure de français. Cette dernière avait annoncé à la classe au début d'un cours qu'ils auraient une interrogation afin de vérifier que vous avez bien relu votre cours de la semaine précédente, ce sur quoi Sherlock avait aussitôt répliqué un «faux!» haut et fort, avant d'expliquer que la véritable raison était que son nouveau mari l'avait trompé, et qu'il s'agissait juste pour elle d'un moyen de décharger sa colère sur eux.

Face à cette déclaration, le silence qui s'était fait dans la classe avait été total, du genre que John n'avait jamais vu dans une salle de classe, et la pauvre jeune femme avait écarquillé les yeux, et en était restée muette de stupeur et d'indignation, ce qui avait immédiatement fait comprendre à John qu'il avait visé juste, au moins en ce qui concernait le mari. Il ne savait pas du tout comment le brun en était arrivé à cette conclusion, mais il avait trouvé cela stupéfiant, encore plus que les fois précédentes. Déduire des choses sur une personne à partir d'un sac et d'un pull était déjà en soi impressionnant, lui-même s'en savait incapable. Mais cette fois-ci, cela avait dépassé toutes ses espérances. Comment avait-il su?

Bien-sûr, il n'avait pas du tout approuvé son comportement, qui avait été plus que déplacé. Il était évident qu'il n'aurait jamais dû dire cela, et John comprenait à présent pourquoi Mme Lawrence ne semblait pas l'apprécier – et également le sourire compatissant du premier jour.

Il avait eut la preuve qu'il pouvait se montrer aussi désagréable envers les élèves qu'envers les professeurs, ce qui expliquait mieux l'attitude de ces derniers à son encontre; cet incident ne devant pas être le premier.

Néanmoins, John était presque persuadé que le garçon, par ses remarques, ne cherchait pas à être méchant, ni non plus à faire l'intéressant. C'était comme s'il se contentait de dire ce qu'il pensait - comme cette fois où il avait lancé un «Ennuyeux» au sujet de l'exposé de Molly -, ou ce qu'il déduisait – comme cette fois ci avec Mme Lawrence -, sans prendre garde à l'impact que pouvaient avoir ses paroles. En fait, il était d'une honnêteté sans limite, ce qui avait tendance à le rendre impoli et bien-sûr donc, désagréable. Mais malgré tout cela, John se rendait compte qu'il commençait à l'apprécier.

Parce qu'il aimait ce qui sortait de l'ordinaire.

Et que Sherlock Holmes sortait définitivement de l'ordinaire.

Le train s'arrêta, et il attrapa son sac. Il était arrivé.


John s'engagea d'un pas rapide dans la dernière rue pour finalement arriver jusque chez lui. Il n'était que dix-huit heures, mais en cette fin de novembre, la nuit était déjà partiellement présente et les lampadaires déjà allumées. Et il faisait froid. Et le blond, malgré qu'il soit protégé d'un gros pull en laine et d'un blouson, en ressentait les effets. Alors même si cela était supportable, mêlé à la fatigue, il ne put s'empêcher de ressentir un certain contentement en apercevant sa maison. Il allait enfin pouvoir se poser. Cependant, après avoir dépassé la dernière maison qui le séparait de la sienne, une voiture garée attira son attention. Une voiture noire. Une berline noire plus précisément.

Il fronça les sourcils. Il n'était pas habituel de voir ce genre de voiture dans le quartier. Encore moins à deux pas de chez lui. Que se passait-il? Était-ce une connaissance de sa mère? De son père? Y avait-il un problème?

Avant qu'il n'ait le temps de se questionner davantage, la portière arrière de la voiture s'ouvrit, laissant y sortir un homme. John s'arrêta, car celui-ci se retrouva sur son passage, à quelques mètres à peine de lui. A croire qu'il avait prévu son coup. John leva le tête et le regarda. Il était élégamment vêtu. Il portait un costume gris trois pièces, qui était surmonté d'un long manteau noir, et dans sa main il tenait un parapluie, sur lequel, aussitôt sortit, il s'appuya nonchalamment, sa pointe touchant le sol.

John fronça un peu plus les sourcils. Qu'est-ce qu'un homme pareil faisait ici? Il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour le lui demander, mais l'homme le devança.

- John Watson dit-il. Et ce n'était pas une question.

- Oui répondit-il tout de même, incertain. Il était intrigué au plus au haut point mais légèrement inquiet aussi, il fallait le dire. Qui-êtes vous? ajouta t-il. Vous êtes là pour voir ma mère?

- Non répondit l'homme en secouant la tête, comme si l'idée lui parut tout à fait absurde. Et ignorant sa première question, il continua, fixant son regard dans le sien: «Je sais de source sûre que vous fréquenter un dénommé Sherlock Holmes». Encore une fois, nul inflexion interrogative dans sa phrase. Seulement une affirmation.

Sherlock? pensa aussitôt John. Alors cet homme était là au sujet de Sherlock? Désireux d'avoir des réponses, il ne perdit pas de temps pour enchaîner.

- Fréquenter est un bien grand mot. Disons simplement qu'on se parle à l'occasion. Mais qui êtes-vous répéta t-il. Déjà qu'il n'avait pas l'habitude de discuter avec un homme de cette envergure, si en plus cela concernait Sherlock Holmes, le garçon le plus intriguant qu'il ait jamais rencontré, alors il y avait de quoi se poser des questions.

- C'est déjà bien plus que d'ordinaire, croyez-moi continua t-il en baissant la tête, et en jouant distraitement avec son parapluie. Puis il releva les yeux, attentif à l'expression de John en prononçant cette phrase: «J'aurais un...service à vous demander».

John haussa un sourcil. Pour la deuxième fois, l'homme ignorait délibérément – car au bout de la deuxième fois, cela ne pouvait être que délibérer – sa question sur son identité, et il avait l'audace de lui demander un service? Le blond ne savait absolument rien de lui. Et d'ailleurs, comment lui connaissait-il son identité? Le sujet actuel de la conversation était Sherlock. Venait t-il de la part de Sherlock? Mais Sherlock ne connaissait pas son adresse...

- J'aimerais que vous le surveilliez pour moi poursuivit-il, coupant John dans ses interrogations. Et que vous me teniez au courant de ses éventuels... Il s'arrêta, pensif, apparemment à la recherche du mot le plus approprié, de ses éventuels dérapages termina t-il finalement. Et bien-sûr vous serez généreusement dédommagé pour ce service rajouta t-il, son regard toujours fixé dans le sien.

A ces mots, John resta plusieurs secondes abasourdi tant ce qu'il venait d'entendre lui parut surréaliste. Et il imagina très bien l'expression médusée qu'il devait afficher, reflétant parfaitement la stupeur qu'il ressentait. Mais bon sang, qui était ce type?! D'ailleurs, en le regardant plus attentivement, il ne semblait pas être très âgé. En fait, il ne semblait avoir que quelques années de plus que lui. La presque totale obscurité du ciel et sa tenue l'avait trompé, mais en faisant plus attention aux traits de son visage, John devinait qu'il ne devait certainement pas avoir plus d'une vingtaine d'années.

- Alors? fit l'homme. Nous sommes d'accord?

- Nous sommes d'acc,,, répéta bêtement John avant de brusquement se couper et de s'exclamer. Mais bon sang, qui êtes vous?!

L'homme soupira pour la première fois, commençant visiblement à perdre patience. Il consentit néanmoins à fournir un début de réponse.

- Un homme inquiet dit-il, d'un ton presque las. Je m'inquiète en permanence pour lui. Il possède, je dirais, un don hors du commun pour s'attirer des ennuis.

John referma la bouche qu'il n'avait pas eut conscience d'avoir gardé ouverte. Un homme inquiet donc. Un ami? Un membre de sa famille? Maintenant que John l'avait un peu mieux observé, il était vrai qu'il y avait quelques similitudes entre cet homme et Sherlock, et en particulier dans l'allure. Ils dégageaient tous les deux une certaine arrogance, comme s'ils se considéraient invulnérables.

- Vous êtes son frère? interrogea t-il alors. Au vu de son âge, il n'y avait aucune chance pour qu'il soit son père.

L'homme en face de lui ferma brièvement les yeux, comme agacé de cette conversation, avant de reprendre de la voix calme et posée qui ne l'avait pas quitté depuis le début de cette étrange échange.

- Peut importe. Somme-nous d'accord? réitéra t-il.

- D'accord? répéta John en comprenant que la proposition était sérieuse. Pour l'espionner? Non enfin. Bien-sûr que non! s'exclama t-il, outré. Je ne vais pas espionner Sherlock en échange d'argent!

C'était une idée totalement délirante.

- Vous ne savez même pas de quelle somme il retourne lui fit remarquer l'homme.

- Mais peu importe! s'exclama une nouvelle fois John. Pour qui donc le prenait-il? Vous vous pointez devant chez moi à plus de 18 heures du soir pour me proposer d'espionner votre frère en échange d'argent? C'est quoi votre problème? John, tant le culot de l'homme le dépassait, avait oublié toute formule de politesse.

- De surveiller corrigea l'homme, toujours aussi calme, visiblement pas le moins du monde impressionné par ce brusque éclat - John nota aussi qu'il ne l'avait pas contredis sur le point que Sherlock était son frère. Et comme je vous l'ai déjà dit enchaîna t-il, avec un soupçon d'agacement dans la voix cependant, Sherlock a une fâcheuse tendance à s'attirer des ennuis. Je ne fais cela que pour son bien. Sur cette dernière phrase, il lui fit un sourire pincé. C'était effrayant pensa John, mais il ne s'y attarda pas, poursuivant avec scepticisme:

- Et vous ne trouvez rien d'autre que de chercher à engager quelqu'un pour le surveiller? D'ailleurs, c'est lui qui vous à parlé de moi? interrogea t-il. Mais il ne lui laissa pas le temps de répliquer car il continua, réalisant soudainement quelque chose: «Et comment avez-vous su où j'habitais?». Même dans l'éventualité dans laquelle Sherlock lui aurait parlé de lui, le brun ne savait pas où il habitait; et vu que l'homme n'était pas venu pour voir sa mère, mais pour lui demander un service, comment diable avait-il su où il habitait? Bon sang, outre être le frère de Sherlock, qui était cet homme?!

- J'ai mes sources répliqua-il simplement, le visage impassible, et en deux grandes enjambées, toujours appuyé sur son parapluie dont il se servait comme d'une canne, il se rapprocha de lui, à tel point – étant donné qu'il avait bien dix, voir quinze centimètres de plus que lui – que John du relever la tête pour pouvoir le regarder. Seigneur, qu'il maudissait sa taille! Puis, sans encore répondre à ses questions – ce qui commença sérieusement à irriter le blond, qui se recula par ailleurs légèrement, n'appréciant que très moyennement cette soudaine proximité – il sortit une petite carte de sa poche avant et la lui tendit. «Je n'ai pas le temps de débattre davantage avec vous» dit-il. «Mon travail m'attend. Mais si vous changez d'avis, n'hésitez-pas à me contacter».

John l'attrapa, et sans plus de cérémonie – Mycroft lut-il sur la carte - se retourna pour rejoindre sa voiture.

En à peine quelques secondes, la voiture était hors de vue, le laissant seul sur le trottoir dans une obscurité désormais totale de la rue, que faiblement éclairée par les lampadaires.

Le blond resta un instant immobile, le regard toujours fixé dans la direction dans laquelle s'était éloignée la voiture, essayant de trouver une logique quelconque à ce qui venait de se passer, puis finalement, n'en trouvant aucune, il se détourna pour rentrer chez lui.

Il avait tout juste franchit la porte qu'il entendit le bruit de la pluie, tombant sans indulgence au dehors. Cela avait été moins une pensa t-il en posant son sac, et en se débarrassant de son blouson sur le porte manteau, en s'attardant une seconde sur le parapluie suspendue. Puis il se dirigea vers le salon, et avisant posée bien en évidence une feuille sur la petite table basse, il s'approcha. Il s'agissait de son autorisation pour la sortie au cinéma du lendemain. Signée.

John se laissa lourdement tomber sur le canapé, à la fois épuisé, et parfaitement en éveil. La conversation avec le frère de Sherlock l'intriguait. Devait-il en parler à sa mère? Elle était de garde toute la nuit. Devait-il aborder le lendemain le sujet avec Sherlock lui-même? En discuter avec Greg et Molly? Il n'en savait rien. Rien du tout. Tout cela était trop bizarre. Trop inhabituelle – et il ne pouvait nullement nier que d'un certain coté, cela lui plaisait.

Il se releva brusquement, et se dirigea vers la cuisine. Il mourrait de faim.

Il aurait tout le temps de réfléchir sur la question plus tard. En toute la tranquillité aussi, vu que le seul son susceptible d'attirer son attention, et donc de le déranger, était celui de la pluie s'écrasant violemment contre les fenêtres.