Bonjour/ bonsoir à tous!
Je suis sincèrement désolé pour cette longue absence. Mais pour me faire pardonner, ce chapitre est un peu plus long que les précédents.
Le prochain mettra également un peu de temps avant d'arriver (partiels de janvier), mais après, je devrais retrouver un rythme de publication plus régulier.
Sinon, j'espère que vous avez passé un bon Noël! (John et Sherlock ne l'ont pas encore fêté, eux, mais ça arrive). Et je vous souhaite une bonne année!
Guest: Merci beaucoup pour ton message! Cela fait vraiment plaisir! Et désolé pour l'attente.
katymyny: Merci pour ton message! Moriarty? Mh, peut-être bien? Tout ce que je peux te dire, c'est que j'aime beaucoup son personnage.
Sur ce, trêve de bavardage, je vous laisse découvrir ce chapitre.
A la prochaine!
- Sherlock!
La séance venait à peine de se terminer que le brun s'était précipité à l'extérieur, sans un regard pour quiconque, et presque aussi rapidement que si le diable en personne avait été à ses trousses. Mais en l'occurrence, à cet instant, celui qui était à sa suite, ce n'était pas le diable, mais John. John qui n'avait pas encore eut l'occasion de lui parler de ce qui le taraudait depuis la veille. A savoir Mycroft Holmes. Le frère du garçon qui maintenant, de ses longues jambes élancées, avait déjà traversé la route.
- Sherlock! réitéra John en traversant à son tour la route d'un pas rapide, mais moins rapide que le brun, car il avait de plus petites jambes lui.
Voyant que le garçon ne s'arrêtait toujours pas, le blond commença à courir, évitant les quelques passants sur son passage, puis une fois enfin à sa hauteur, il lança, calant son pas sur le sien:
- Tu ne m'as pas entendu?
- Il faudrait être sourd pour ne pas t'avoir entendu répondit Sherlock sans le regarder, continuant simplement sa marche.
- Et tu ne t'es pas arrêté?
- Manifestement.
John leva les yeux au ciel face cette réponse.
- Écoute, il y a quelque chose dont je voudrais te parler... commença t-il un peu hésitant.
Sherlock tourna cette fois la tête dans sa direction et haussa un sourcil, attendant la suite.
A présent qu'il était sur le point de lui raconter son étrange rencontre avec son frère, John fut pris d'un léger doute sur la formulation à adopter. Devait-il être direct et dire quelque chose comme: «Ton frère est venu me voir hier soir et m'a proposé de me payer pour te surveiller», ou au contraire être plus mesuré, débutant par quelque chose comme: «J'ai rencontré ton frère hier soir, et il m'a dit qu'il s'inquiétait beaucoup pour toi».
En fait, il n' avait pas réfléchit à cet aspect de la chose, trop occupé qu'il avait été à digérer cette rencontre – qui n'avait définitivement rien d'habituelle - , puis à se demander s'il devait en parler à quelqu'un.
Il en était arrivé à la conclusion que oui, il devait en parler, mais au garçon seulement cependant, car cela le concernait directement. Après tout, il ne connaissait rien à propos de ce Mycroft, peut-être était-il dangereux? Il n'avait pas eut de réponse claire sur la façon dont celui-ci avait obtenu son adresse, l'unique information récoltée à ce sujet étant des «sources» - et ce simple fait à lui seul pouvait être considéré comme suspect, voire inquiétant. De plus, faire faire espionner son frère, même motivé par l'inquiétude – et il lui avait paru sincère sur cela – n'était pas très sain. Étrange. Et pas très sain.
Bien-sûr, de son avis personnel, l'homme, Mycroft, n'avait rien de dangereux. Arrogant. Oui. Agaçant. Sans aucun doute. Mais dangereux. Non. Mais par principe, il se devait d'en parler à Sherlock. Et puis, s'il ne lui disait rien, il savait très bien que la curiosité finirait par le rendre fou. Il y penserait tout le temps. Car il n'y avait rien - ou très peu de choses - de pire pour John qu'une curiosité inassouvie.
- John?
Ce dernier reporta son regard sur lui, et déclara sans plus réfléchir.
- J'ai rencontré ton frère hier soir et il...
- t'a proposé de l'argent pour me surveiller termina Sherlock à sa place
- Oui confirma t-il, moins surpris cette fois qu'il ait réussi à deviner; c'était son frère, il devait donc bien le connaître. En tout cas, cela avait été bien plus facile qu'il ne l'avait imaginé.
- C'est étrange déclara le brun d'un air pensif.
- C'est exactement ce que je me suis dit...
- C'est au personnel du lycée qu'il s'adresse généralement continua t-il, plus pour lui-même que pour John.
- Pardon?! Tu veux dire qu'il paye des gens du lycée pour te surveiller?!
Sherlock lui adressa un regard, un regard que le blond interpréta comme ta question est stupide John, je viens de te le dire.
Mais il ne s'en formalisa pas car bon sang, Sherlock ne pouvait juste pas lui dire quelque chose d'aussi énorme avec une voix aussi neutre! Il se reprit néanmoins, et poursuivit plus calmement:
- Il fait ça souvent?
- Oui. Il n'ajouta rien, et par le ton employé, John comprit que la discussion était close. Il n'insista pas.
Ils marchèrent ensuite pendant plusieurs minutes dans un silence relativement confortable - malgré la fin abrupte de la courte conversation qu'ils venaient d'avoir; John devinait avoir abordé un sujet sensible – jusqu'à ce que le blond ne demande, car il n'avait toujours pas obtenu de réponse:
- Comment tu savais pour le type qui était devant notre salle?
Sherlock eut un bref sourire - si bref que le blond crut l'avoir imaginé - avant de tourner dans une rue voisine. John le suivit.
- Je l'ai entendu.
- Tu as entendu qu'il avait des pas contrariés?
- Oui.
John hocha doucement la tête, encore une fois réellement impressionné.
- Comment? Comment tu as deviné qu'ils étaient contrariés? demanda t-il.
Le brun lui lança un regard et claqua sa langue sur son palais, agacé.
- Je ne devine pas, John. Je déduis.
Le dit John leva les yeux au ciel. Qu'est-ce que le garçon pouvait être à cheval avec les mots!
- Et pour répondre à ta question reprit-il, l'homme qui était là tournait en rond devant la salle. Ses pas se rapprochaient, puis s'éloignaient. Ainsi de suite. Pendant plus de cinq minutes. Il voulait clairement rentrer, mais ne pouvait pas, car nous étions là.
- Et alors? Je reste convaincu qu'il avait peut-être juste oublié quelque chose dans la salle et qu'il voulait le récupérer.
- Non. Ce n'était pas ça. Il y avait autre chose affirma Sherlock.
John haussa les épaules. Après tout, lui n'en savait rien. Il n'avait rien vu, et rien entendu. Et il n'avait absolument pas le talent de déduction du brun. Cependant, il restait persuadé que la raison de la présence du type, quelque qu'étaient ses intentions, devait être d'un ordre parfaitement banal. Qu'est-ce que cela pouvait être d'autre?
Sherlock s'arrêta devant un portail, et tendit sa main pour l'ouvrir. John s'arrêta également en fronçant les sourcils.
- Où-est ce qu'on est?
- Chez moi répondit simplement le brun.
- Chez toi? répéta John, incrédule, et il ne remarqua pas le levé de yeux au ciel de son vis à vis, trop occupé à regarder précipitamment les alentours. Ils étaient devant une maison située légèrement à l'écart des autres de la rue, et à part un passant qui marchait sur le trottoir d'en face, un vieux monsieur appuyé sur une canne, il n'y avait strictement personne. Il reporta brusquement son regard sur le brun et s'exclama: «Bordel, Sherlock, la classe! On est parti sans rien dire!».
Sherlock haussa les épaules, manifestement peu concerné, ouvrit le portail, et entra.
- Pourquoi tu m'as emmené chez toi? demanda John. On devrait être avec les autres! Les profs vont s'inquiéter! insista t-il.
Nouvel haussement d'épaules. Il se retourna à moitié pour dire:
- J'habite à dix minutes à pied du cinéma. Je n'allais pas prendre le bus pour retourner au lycée. C'est absurde. Une vrai perte de temps. Et ce n'est pas moi qui t'ai emmené chez moi ajouta t-il après une seconde de silence, c'est toi qui m'a suivit.
John ouvrit la bouche, prêt à protester, mais la referma aussitôt, réalisant que la dernière phrase était véridique. C'était effectivement lui qui l'avait suivit. Le brun n'avait strictement rien demandé. Il l'avait d'abord rattrapé dans le but de lui parler de son frère, puis pris dans leur conversation, il n'avait pas fait attention à où il allait, se contentant de bêtement suivre son camarade. Il secoua la tête, se traitant mentalement d'idiot, puis sorti son téléphone portable de la poche de son jean.
Sa mère ne travaillait pas aujourd'hui, suite à sa nuit de garde, et si elle ne le voyait pas rentrer à l'heure qu'il avait fourni, soit dans les alentours de 17h00, elle allait paniquée. C'était comme ça depuis Harry. Elle paniquait pour un rien.
- Elle est où la gare? demanda t-il à Sherlock en allumant son portable. Mais à peine son fond d'écran apparu t-il que celui-ci s'éteignit, sous le regard exaspéré de John. Il n'avait pas pensé à le recharger la veille. Evidemment. Il le rangea avec agacement, puis poursuivit: «Est-ce que tu sais si d'ici le métro va jusqu'à Great Portland Street? Sans changement, je veux dire».
Sherlock, qui avait franchi le portail depuis déjà une minute, s'était nonchalamment appuyé contre le mur, et le regardait fixement.
- Elle est juste à coté du cinéma. Et oui, mais tu devras marcher une quinzaine de minutes.
Le blond soupira en se passant une main dans les cheveux. Il n'arrivera pas à temps.
- Est-ce que... commença t-il, hésitant. Tout cela était juste absurde. Comment s'était-il débrouillé pour se retrouver dans cette situation? «Est-ce que tu aurais un chargeur pour mon portable? Si ma mère ne me voit pas arriver, elle risque de s'inquiéter. Je voudrais juste lui envoyer un message».
Le brun, qui continuait à le regarder fixement, se détourna, et se dirigea vers sa porte d'entrée, sans rien répondre.
John se retrouva seul sur le trottoir, passablement déconcerté. Il ne savait absolument pas quoi faire, ni comment interpréter cette réaction. Sherlock n'avait pas refermé le portail. Était-ce une invitation? Devait-il le suivre? Après plusieurs secondes à jouer la statue, il décida que oui, et après être rentré, referma le portail derrière lui. Il rejoignit ensuite rapidement la porte d'entrée, que le brun avait une nouvelle fois laissée grande ouverte sur son passage.
L'intérieur était éblouissant. John, de toute sa vie, n'avait jamais vu une telle maison, et alors qu'il suivait le pas de Sherlock, il ne pouvait qu'admirer ce spectacle avec des yeux écarquillés. Seigneur, ce n'était pas une maison. C'était trop grand. Trop somptueux. Le salon en lui seul devait faire la taille de toute sa maison. Et les décorations. Bon sang, toutes les décorations, en particulier les tableaux – bien qu'il n'y connaisse rien- respiraient clairement le luxe, la richesse. C'était tout bonnement incroyable. Il se croirait presque dans une demeure d'aristocrate. De celle que l'on voyait dans les films d'époque.
Sherlock s'arrêta finalement devant un immense escalier. Il se retourna et lui lança:
- Attends moi ici. Puis sans attendre une approbation, il monta rapidement les marches, disparaissant en un instant de la vue du blond.
Ce dernier resta donc là, au pied de l'escalier, et continua à observer ce qui se présentait à ses yeux.
Il avait bien remarqué que Sherlock s'habillait toujours de façon élégante. Il avait également deviné, à l'aspect de son frère – et de sa voiture – que celui-ci était un homme important. Mais seigneur, il n'aurait jamais imaginé que le brun venait d'une famille aussi...riche. Oui riche. Il n'y avait simplement pas d'autre mot.
- Bonjour.
John se stoppa dans sa contemplation d'un vieux vase, et tourna la tête à sa gauche, en direction de la provenance de la voix. Un jeune homme, qui devait avoir dans ses ages, venait de sortir d'une pièce voisine, et tenait dans la main ce qui ressemblait être une boite à outils.
- Bonjour répondit-il en retour, en se redressant. Devait-il ajouter quelque chose? Justifier sa présence ici? Sans doute. C'était la moindre des choses. Mais l'autre le devança, et poursuivit:
- Vous êtes de la famille? Le garçon semblait réellement curieux de connaître sa réponse.
- Non. Je suis dans la même classe que Sherlock. J'avais besoin d'un chargeur.
Dit comme ça, cela sonnait bizarrement, c'est pourquoi il ajouta, avec un vague geste de la main:
- Un truc stupide. Et vous? Il renvoya la question, car si l'autre le lui avait posé, cela voulait dire que lui non plus n'était pas un membre de la famille.
En tout cas, le jeune homme s'était contenté de sa réponse, car il répondit aussitôt:
- Je travail ici de temps en temps. Il désigna d'un geste de la tête la boite à outils pour appuyer son propos. «Ça me permet de gagner un peu d'argent». Il haussa les épaules, comme pour dire que cela n'était pas grand chose.
John acquiesça en se faisant la réflexion que s'était courageux de sa part. Il allait répliquer quelque chose, mais le grincement des marches de l'escalier le fit se retourner. Sherlock redescendait.
- M. Holmes salua le jeune homme.
Le brun lui accorda un regard et un vague signe de tête, avant de se désintéresser totalement de lui. Le garçon n'eut pas l'air de s'en offusquer, car il reprit la boite à outils qu'il avait un instant posé sur le sol, puis retourna tranquillement à ses affaires, lançant au passage à John:
- A une prochaine, peut-être!
Aussitôt qu'il fut hors de leur vu, l'ayant rejoins au pied de l'escalier, Sherlock lui tendit le chargeur.
- Merci.
- Viens. Il y a des prises au salon.
Alors encore une fois, John le suivit docilement. Ils s'arrêtèrent près d'un canapé - luxueux comme tout le reste -, au coté du quel se trouvaient trois fauteuils et plusieurs prises. Sherlock se laissa immédiatement tomber de tout son long sur le canapé, et John, lui, se dépêcha de brancher son téléphone à la première prise. Dès que cela fut fait, satisfait, il se retourna vers le brun, lequel s'était totalement allongé, avait fermé les yeux, et joint ses mains l'une sur l'autre sous son menton.
- Qu'est-ce que tu fabriques? La question traversa la barrière de ses lèvres sans qu'il ne s'en rende compte.
- Je réfléchis. Ses yeux étaient toujours clos.
John acquiesça – pas vraiment surpris d'une nouvelle excentricité de sa part, au point où il en était aujourd'hui - même si le brun ne pouvait pas le voir, puis, posant son sac à coté de lui, s'adossant au mur, croisa les bras sur sa poitrine et attendit. Il attendit ainsi durant plusieurs minutes, lesquelles ne furent dérangées par aucun bruit. Vraiment aucun. Sherlock était plongé dans dieu savait quelles pensées et lui attendait. Tout ce qui parvenait à ses oreilles était le bruit de sa propre respiration.
Au bout d'un moment, il se décida à récupérer son téléphone. Il devait bien y avoir assez de batterie, désormais, pour envoyer un message. 9%. Cela ferait effectivement l'affaire.
Il tapa rapidement son mot de mot de passe, et presque immédiatement, il avisa un message. Un message de Greg. Putain t'es où, mec? T'es avec Sherlock? Mme Lawrence est en train que piquer une crise de nerf!
Et merde!
Le message avait été envoyé il y avait dix minutes.
Oui, je suis avec Sherlock. C'est un peu compliqué, je te raconterai! Merde, tu peux lui dire qu'on va bien? Qu'elle ne s'inquiète pas? J'irai la voir demain pour lui expliquer.
La réponse arriva quelques secondes plus tard. Ouais, je vais lui dire. De toute manière, on vient d'arriver au lycée. Elle s'est déjà un peu calmée.
Merci, Greg! T'es un pote.
John envoya ensuite un message à sa mère, lui expliquant brièvement la situation. Qu'il allait arriver plus tard que prévu à cause de la séance au cinéma, et qu'elle ne s'inquiète pas. Nul besoin d'entrer dans les détails. Tout cela était bien trop ridicule.
Une fois le message envoyé, il rangea son téléphone dans la poche de son jean, réajusta son blouson, attrapa son sac pour le jeter sur son épaule, puis releva la tête vers Sherlock, avec l''intention de le remercier, et de lui dire qu'il allait y aller. Il remarqua alors que ce dernier avait rouvert les yeux, et toujours allongé sur le canapé, le regardait.
- Je vais y aller dit-il. Merci pour...
Le bruit d'une porte que l'on ouvre puis que l'on referme le fit s'arrêter. Quelqu'un venait d'arriver. Quelqu'un se débarrassait de son manteau. Une femme pénétra dans le salon.
- Tu es déjà rentré, mon chéri dit-elle en posant son sac à main et un autre petit sac sur le premier meuble du salon.
Sherlock se redressa rapidement, et lui lança un regard noir. Il détestait être appelé ainsi.
- Ton frère m'a appelé. Il vient manger ce so...
Elle s'arrêta brusquement en avisant John.
Ce dernier la salua, plus timidement qu'il ne l'aurait voulu:
- Bonjour.
Mme Holmes, car cela ne pouvait être que Mme Holmes, regarda alternativement John et Sherlock, et cela, au moins pendant une minute. Elle semblait surprise. Non plus que cela. Hallucinée.
Sherlock, qui s'était levé du canapé, dit, comme si cela était une évidence:
- C'est John.
Mme Holmes acquiesça vaguement, semblant toujours sous le choc. Puis se reprit:
- Enchantée John. Je suis Violet, la mère de Sherlock.
- Enchanté également répondit-il poliment. On est dans la même classe avec Sherlock, continua t-il sur le ton de la conversation, voulant briser le malaise.
- Bien. Et d'un coup, changeant d'expression en une fraction de seconde, elle lui fit un grand sourire. «Pardonnez ma surprise, John. C'est seulement que Sherlock n'a pas l'habitude de ramener du monde à la maison».
John se contenta de hocher la tête, ne sachant pas que répondre à cela.
- Je vois que tu as acheté le cadeau de Mycroft dit soudainement Sherlock en s'approchant du sac de sa mère.
- Oui confirma t-elle. Et le tiens également, on nous le livre demain normalement. Et non poursuivit-elle fermement face au regard de son fils, tu ne pourras pas l'utiliser.
Sherlock soupira exagérément.
- C'est stupide, j'en ai besoin. C'est pour une expérience.
- Tu l'auras le jour du réveillon, tu le sais bien. Tu peux bien patienter encore un peu.
- C'est stupide répéta t-il, borné.
Violet Holmes soupira légèrement, puis se tourna vers John, lequel avait assisté à ce petit échange sans rien dire et avait presque cru avoir été oublié.
- Je suis certaine que John est d'accord avec moi reprit-elle en le regardant avec un sourire. Et que lui aussi n'ouvre ses cadeaux que le soir du 24 décembre.
Sherlock ne répondit rien, et John se demanda brièvement s'il devait confirmer.
- En fait, moi je ne les ouvrirai que le soir du 31 expliqua t-il. Mes parents travaillent le jour du réveillon. Alors on va tout fêter le 31. Mais sinon, oui... habituellement c'est le 24.
Mme Holmes hocha la tête, compréhensif.
- Qu'allez-vous faire alors, le soir du réveillon? demanda t-elle.
- Oh, et bien, comme d'habitude. Je veux dire, comme les autres jours de la semaine répondit John.
- Vous pourriez venir à la maison.
A ces mots, John ne put se retenir de faire les gros yeux, ce qui n'échappa nullement à son interlocutrice. Elle laissa échapper un petit rire, puis expliqua.
- Nous ne serons que quatre. Moi, mon mari, Sherlock, et mon autre fils, Mycroft. Nous serions ravis de vous accueillir, n'est ce pas Sherlock?
John le regarda pour voir ce qu'il en pensait. Pour voir s'il était aussi stupéfait que lui face à la proposition. Son visage était cependant totalement impassible, indéchiffrable, et il se contenta d'un bref haussement d'épaules en guise de réponse.
Mme Holmes reporta alors son attention sur lui.
- Qu'en dites-vous, John? Vous seriez d'accord pour venir passer le réveillon avec nous? Avec l'accord de vos parents bien entendu.
Elle était donc vraiment sérieuse. John ne sut que répondre, tant l'invitation était inattendue. Même plus qu'inattendue. Elle ne le connaissait pas, ils se rencontraient pour la première fois, et elle lui proposait de se joindre à eux le soir du réveillon? Une fête familiale? D'abord Sherlock, ensuite Mycroft, et maintenant Mme Holmes. Toute la famille était-elle... comme ça.
- Je ne sais pas trop. Je ne voudrais pas m'imposer dit-il finalement.
- Absolument pas. C'est moi qui vous le propose.
- Je... Merci. Je vais y réfléchir.
Elle semblait si sincère qu'il n'eut ni le courage ni la force de refuser. Cela serait certainement bizarre de passer le réveillon avec Sherlock et sa famille. Mais après tout, pourquoi pas? Il devait bien admettre qu'il était curieux. Et puis, il appréciait beaucoup le brun, le trouvant de plus en plus fascinant. Il ne pourrait que passer un bon moment. Et s'il était sûr d'une chose, c'était qu'en sa compagnie et celle de sa famille, il ne risquerait pas de s'ennuyer. Restait plus qu'à savoir maintenant comment était le père.
- Parfait. Parlez s'en tranquillement avec vos parents. Ils peuvent même m'appeler s'ils le souhaitent. Je vais vous passez mon numéro de portable.
Elle s'approcha rapidement de son sac, fouilla à l'intérieur, et en sorti une carte qu'elle lui tendit. Il la prit en la remerciant, échangea encore quelques mots avec elle – il lui dit notamment qu'elle pouvait le tutoyer -, puis se congédia, expliquant qu'il devait y aller.
Après avoir franchit le portail, John se retourna brusquement vers Sherlock , lequel sa mère avait demandé de le raccompagner.
- Au fait, tu ne m'as pas demandé si j'avais accepté l'offre de ton frère lui fit-il remarquer.
Le brun leva les yeux au ciel.
- Parce que c'est évident. Si tu l'avais accepté, tu ne m'en aurais pas parlé. A moins que tu ne sois plus stupide que je ne le pensais.
John acquiesça et s'éloigna, sans relever la dernière phrase. Il commençait à s'y faire. Et puis Sherlock avait raison. Dans l'éventualité où il aurait accepté, il ne le lui aurait pas dit. Il n'était tout de même pas si idiot.
Il accéléra le pas, et se retrouva rapidement dans la rue principale. Là, sans qu'il ne sache pourquoi, il eut brusquement une pensée pour sa sœur. Il ne l'avouerait jamais à personne, mais il avait hâte de la revoir. Tout ce qu'il espérait, c'était qu'elle passe un bon réveillon.
- Il a ramené un garçon à la maison!
- Quoi?
M. Holmes, qui venait d'arriver et qui refermait la porte d'entrée derrière lui, se retrouva immédiatement nez à nez avec sa femme. Et celle-ci semblait particulièrement enjouée.
- Sherlock! répéta t-elle. Il a ramené un camarade de classe à la maison!
A la nouvelle, il se gratta doucement l'arête du nez.
- Ah. Et pourquoi? demanda t-il méfiant, malgré le contentement évident de sa femme.
Cette dernière lui expliqua alors ce que lui avait dit son fils, à savoir que John – le nom du garçon - avait eut besoin d'un chargeur pour son portable. Et elle termina en lui disant qu'elle l'avait invité à passer Noël avec eux.
- Il ne ramène jamais personne à la maison! insista t-elle en guise de justification, surexcitée.
M. Holmes hocha la tête, Sur ce point là, il ne pouvait pas la contredire. Mais le fait que son plus jeune fils ait brusquement eu un élan de générosité était bien trop beau pour être vrai. Cela était même suspect. Que préparait donc Sherlock cette fois?
En tout cas, le réveillon promettait d'être animé cette année. Encore plus que d'habitude. Il ne pouvait pas en être autrement. Il plaignait déjà ce pauvre John. Il ne savait pas où il avait mis les pieds.
M. Holmes en soupira d'avance.
Pour le système anglais quant au retour des élèves après une séance de cinéma dans le cadre scolaire, je ne sais pas du tout ce qu'il en est. J'ai donc fait comme en France, du moins en ce qui a été mon cas: les profs doivent ramener les élèves au lycée, même s'ils n'ont plus de cours ensuite. Bien que certains fassent des exceptions.
