NDA 1 : bonjour à tous. Premier dimanche du mois, c'est l'heure du nouveau chapitre. Et d'abord, merci à mes reviewers katymyny, Paladin Thorn, Quetsche, Destrange ainsi qu'à l'invité anonyme. Je suis content de voir que j'ai réussi à vous faire ressentir l'évolution de Severus. On en aura un autre exemple ici ...
J'ai dû inclure un élément technique, ce qui m' amené à inclure une note de bas de page reconnaissable à ce signe : (*) J'essaierai de ne pas en faire une habitude.
NB: à priori, il y a eu un bug sur le site, ce dimanche 1er novembre. Avec un peu de chance, tout est rentré dans l'ordre.
Severus vit son retour à Poudlard impacté par les évènements de l'année précédente. Il entreprit à nouveau d'adapter son comportement en fonction du professeur et du cours, mais il rencontra des difficultés. Par exemple il ne savait pas quelle attitude adopter en métamorphose. Dumbledore avait-il manipulé McGonnagall pour se protéger, ou s'était-elle sacrifiée volontairement ? Fallait voir en elle une complice ou une victime ?
Ces interrogations ne le quittaient pas et le rendaient mal à l'aise en présence de l'enseignante. Au bout de quelque temps, il réalisa que la réciproque s'avérait également vraie. Si elle évitait de le regarder avec autant d'application qu'il en mettait à ne pas s'impliquer dans le cours, ils s'observaient à la dérobée.
Évidemment, ses notes dans cette matière s'en ressentirent. S'il réussit sans trop de problème à se maintenir dans le peloton de tête, il dût abandonner la première place à ce maudit Potter. Le gryffondor pavoisait d'une manière d'autant plus agaçante qu'il ne faisait aucun effort, se reposant sur ses dons pour obtenir de bons résultats. Severus qui travaillait toujours d'arrache-pied, même en potion, trouvait cette attitude insupportable.
Par chance d'autres enseignants continuaient à apprécier son approche. Flitwick s'était réjoui de le revoir. Malgré ses nouvelles fonctions, il avait trouvé le temps de lui délivrer un laissez-passer pour la section restreinte de la bibliothèque. Cette année le serpentard comptait analyser Lumos, afin de trouver comment rendre des runes lumineuses. L'arihtmancie lui apporta aussi quelques satisfactions, mais il le devait plus à sa correspondance avec Arthur qu'à ses bons résultats scolaires.
Slughorn l'avait également accueilli avec enthousiasme, lui proposant de recommencer à brasser pour ses recherches, avant même qu'il ne le demande. Severus savait bien que le gros professeur le voyait surtout comme un moyen commode de procurer des potions médicales à Poppy Pomfresh, mais peu lui importait. Il trouvait cet arrangement satisfaisant puisqu'il lui permettait de préparer librement les décoctions de son choix.
Il avait ramené de vacances assez de philtres guérisseurs pour approvisionner sans effort l'infirmerie. De même, il possédait un stock conséquent d'élixirs de senteur, dont il communiqua le détail à Viviane. Cette année encore, elle trouverait sûrement des élèves intéressées par l'achat d'une de ses créations. Surtout s'ils laissaient entendre qu'il continuait à fournir Narcissa. Ses dépenses de l'été avaient bien entamé son compte chez Gringotts, aussi envisageait-il avec intérêt de reprendre ce fructueux commerce. Maintenant qu'il connaissait la situation personnelle de sa partenaire, il ne doutait pas qu'il en irait de même pour elle.
Les Maraudeurs ne laissèrent pas non plus tranquille. Potter semblait déterminé à lui faire payer l'attaque ratée dans le train. Lui et son gang le guettaient, s'obstinant à vouloir le prendre en embuscade. Malheureusement pour Severus, il ne pouvait plus détecter l'odeur du binoclard, pas plus que celle de Black ou de Pettigrow.
Le serpentard fit quelques tests qui lui prouvèrent que son sort fonctionnait toujours, mais cela ne fit que renforcer le mystère. Seuls les trois Maraudeurs semblaient concernés. Avaient-ils trouvé le moyen de faire disparaître leurs effluves ou juste de les modifier ? Pour le déterminer, il aurait fallu, comme l'année dernière, parvenir à les approcher afin de prélever des échantillons. Vu leur agressivité, cela s'avérait impossible.
Faute de mieux le jeune sorcier en revint à un usage intensif de la désillusion. Il se sentait frustré, mais il se rendit compte, un peu étonné, que le recours à l'enchantement le fatiguait moins qu'il y a un an. Son passage au club de boxe pendant l'été y était-il pour quelque chose ? Il constata aussi avec un certain amusement que le poste de préfet ne convenait pas tellement à son ennemi juré.
Le gryffondor semblait croire que sa nouvelle fonction se résumait à attribuer des retenues quand ça lui chantait, surtout si les élèves concernés portaient les couleurs vert et argent. Il ne réalisait pas que ce genre d'attitude désinvolte ne plaisait pas à tout le monde, y compris chez les adultes. Parmi ces derniers, on comptait le nouveau directeur adjoint qui prenait ses nouvelles fonctions très au sérieux. De toute évidence, Flitwick entendait appliquer méticuleusement le règlement, au point d'en devenir parfois procédurier. Dans ces conditions, on devinait facilement qu'il n'appréciait pas le comportement cavalier de Potter.
Les élèves ne semblaient d'ailleurs pas les seuls à contrarier le petit enseignant. À plus d'une reprise, on l'avait vu lors des repas essayer sans succès d'entamer une conversation avec le directeur. Cela avait culminé quand le vieux sorcier s'était vu remettre en public, une liasse de documents à signer. Sans se démonter Dumbledore les avait fait disparaître en souriant, d'un revers de main. Visiblement, il faisait peu de cas des formalités administratives.
Cette d'attitude ne surprenait plus Severus, qui la jugeait néanmoins scandaleuse. Son excursion sous le saule cogneur aurait au moins amené un adulte responsable à un poste de responsabilité. En attendant, l'insouciance du directeur combinée avec la vision régulière de Potter traversant les couloirs comme si Poudlard lui appartenait, alimentait sa frustration. Aussi pour s'occuper l'esprit, se jeta-t-il à corps perdu dans la fabrication d'un alambic. Les perspectives offertes par son passage dans une bibliothèque moldue lui semblaient le meilleur moyen de s'abstraire des contrariétés quotidiennes.
Si extraire les différentes humeurs (*) d'un ingrédient végétal ou liquide pouvait lui donner accès à de nouveaux ingrédients inédits pour les potions, encore fallait-il qu'il dispose de l'outil adéquat. Il entreprit d'en élaborer un à l'aide de ses notes, mais très vite les premières difficultés pratiques se manifestèrent.
Un alambic se compose plusieurs parties aux fonctions bien définies. Pour la chaudière, destinée à accueillir les éléments à distiller, il parvint à convaincre les elfes de cuisine de lui donner un vieux chaudron. Par contre, il échoua à mettre au point tant le chapiteau qui recueillerait les émanations volatiles, que le serpentin où les vapeurs refroidies se condenseraient.
Après plusieurs tentatives infructueuses, il décida de changer d'approche. À en croire Arthur, le whisky pur-feu prouvait que les sorciers pouvaient distiller. Ils savaient donc fabriquer les différents composants d'un alambic. Il lui suffisait donc de trouver un fournisseur à qui les acheter. Il écrivit au cracmol, pour lui demander son avis, tout en veillant à ne pas se montrer trop explicite. Il gardait en mémoire les avertissements de madame Adams-Arès concernant l'ouverture clandestine du courrier. Il ne lui restait plus qu'à attendre une réponse.
Malheureusement, cela impliquait de devoir faire preuve de patience, ce qui constituait une nouvelle source d'exaspération. Instruit par ses vacances, il se tourna vers les exercices physiques pour oublier ses contrariétés. À l'abri du petit local aménagé dans sa malle, ou derrière les rideaux de son lit, il alterna les exercices de gainage et de saut à la corde. Il renonça à courir quand il réalisa qu'il ne parviendrait pas à se désillusionner pour toute la durée d'un jogging. Il ne voulait pas risquer une attaque des Maraudeurs.
Il accepta également de reprendre l'entraînement au duel avec les sœurs Arès, histoire de se calmer les nerfs. Il escomptait les battre facilement, puis commenter leurs performances avec virulence, mais les choses ne se passèrent pas comme prévu. S'il désarma Viviane sans coup férir, Victoire se révéla d'une résistance inattendue.
Contrairement à sœur, ses attaques manquaient de puissance, mais elle compensait cette faiblesse par un large éventail d'enchantements, une grande vitesse d'exécution et un sens de l'esquive impeccable. Pour la première fois, il se retrouva face à une adversaire avec des points forts semblables au sien. L'année dernière elle aurait même pu constituer une menace sérieuse. Par chance, il avait depuis considérablement progressé en endurance. Combiné avec l'expérience des traquenards la bande de Black et le retour de la totale maîtrise de sa baguette, cela lui permit de finir par prendre le dessus. Néanmoins, il se sentit soulagé d'en avoir fini. « Tu m'as donné du fil à retordre » admit-il en rechignant. « Je ne pensais pas que tu disposais d'un tel répertoire, ni d'une telle vitesse. »
- Avant de rentrer à Poudlard, maman m'avait inscrit à des cours de danse classique. Je me débrouillais bien, j'avais un bon niveau. À partir d'un certain point, on te demande non seulement de faire preuve d'agilité, de grâce, mais aussi de mémoriser rapidement des chorégraphies complexes. Ça aide beaucoup pour apprendre les mouvements de baguette. C'est pour ça que j'ai toujours de bonnes notes en sortilèges. Et pour les sorts je connaissais quelqu'un qui m'a appris des maléfices …
Elle se tut brusquement. Le cinquième année comprit qu'elle faisait allusion à Regulus. Le cadet des Black ne lui accordait plus un regard. Avant que Severus ne trouve quelque chose à dire sur ce sujet délicat, elle reprit. « Mais je ne réussis pas à faire de magie sans baguette, ce qui me désavantage si je me retrouve désarmée. Il faudrait que tu nous apprennes à boxer… »
« Ça va être compliqué. » En bon serpentard, il rechignait à mettre gracieusement un de ses atouts à la disposition de qui que ce soit, fut-ce une alliée. Cependant, s'il ne voulait pas la froisser, il importait qu'il lui fournisse une raison valable. Autant mettre à profit ses dernières contrariétés. « Au club, dès que j'ai commencé, on m'a recommandé de courir plusieurs fois par semaine, pour travailler mon endurance. Avec Potter et son gang qui m'en veulent, impossible de sans risquer de tomber dans un de leurs pièges. Et si je ne m'y remets pas rapidement, je vais finir par oublier ce que j'ai appris. »
D'ici quelques semaines, il pourrait plaider la perte de ses compétences, ce qui lui permettrait de les conserver pour son usage exclusif. Malheureusement, dès le lendemain, Victoire l'aborda triomphante. « J'ai trouvé une solution. Samedi prochain, il y a les essais pour l'équipe de quiddich de serpentard. »
- Et ?
- Si tu postules, tu vas pouvoir faire du sport, ce jour-là !
- Je t'ai parlé de courir, pas de grimper sur un balai.
- Voler ne constitue qu'une partie des critères de choix. John veut que ses recrues possèdent une excellente condition physique. Lors de la sélection, il leur fait faire plusieurs activités athlétiques.
Severus n'avait jamais pris la peine de creuser le sujet, mais il comprenait désormais pourquoi le septième année voyait son étoile pâlir.
- Je ne pensais pas que ma Maison accepterait facilement ce genre de pratiques.
- Tu ne suis pas les matchs ? Il n'y a que vous qui êtes parvenus à mener les gryffondors aux points, depuis deux ans. Sans un exploit in extremis de James Potter vous auriez gagné la coupe de quiddich. Et puis John sait présenter les choses de manière à ne pas trop froisser les susceptibilités.
Il se sentit aussitôt mieux disposé vis-à-vis de tout ce qui pouvait déstabiliser les Rouge-et-ors. En conséquence il se retrouva quelques jours plus tard dans le stade de Poudlard au milieu d'un groupe élèves. Comme d'habitude, il se sentait mal à l'aise dans ce genre d'environnement, d'autant plus qu'il récoltait moult regards mitigés. En ce moment, il ramenait moins de points que l'année dernière pour la coupe des Maisons, aussi, malgré sa proximité affichée avec Viviane, son statut social s'en ressentait-il. Au moins le capitaine avait fait restreindre l'accès au stade. Pas question de laisser échapper des informations importantes à une équipe rivale.
« Bonjour à tous. » John prenait les choses en main. « Soyez les bienvenus aux tests de sélection pour notre équipe de quiddich. On va commencer par tous effectuer quelques mouvements pour s'échauffer, avant de … »
- Le quiddich, c'est sur un balai, on rampe pas par terre !
- Merci de ton intervention Mulciber. Nul doute que les personnes présentes ignoraient ce détail… Il se trouve que c'est moi le capitaine de l'équipe. Puisqu'il m'incombe de choisir les joueurs, on va suivre mes instructions.
La réponse provoqua quelques murmures, vite tus quand le septième année entama les exercices d'assouplissement, avant de lancer les étudiants dans une course autour du stade. Severus savoura cette activité, moins pour l'effort lui-même, que pour les souvenirs qu'elle lui évoquait. Encore un peu, et il allait demander à ce qu'ils montent les escaliers des gradins.
Il constata néanmoins avec surprise que nombre de ses condisciples peinaient à suivre le rythme. Quand ils s'arrêtèrent, plusieurs d'entre eux à bout de souffle décidèrent de ne pas continuer. La suite de la sélection vit John appliquer successivement la même procédure pour chaque poste à pourvoir : des exercices spécifiques à réaliser d'abord au sol, puis en volant. Partant visiblement du principe que tous les élèves savaient se débrouiller dans les airs, il cherchait à trouver des talents plus particuliers.
Severus décida qu'il se contenterait de postuler à la fonction de poursuiveur. Il ne comptait pas y arriver, mais ça lui laissait un peu de temps pour continuer à courir. Il attaqua les marches du stade, gardant un œil sur l'avancement de la sélection.
Viviane devint sans difficulté attrapeuse. La garde des buts revint à une grande brune en dernière année. John serait un des batteurs, mais il fallait en choisir un deuxième. Comme Severus finissait un aller-retour sur l'escalier, il vit une ombre filer vers lui, qu'il esquiva prestement.
- Fais attention Mulciber !
« Oh pardon Rogue ! Je ne t'avais pas vu. » Son expression goguenarde démentait clairement ses paroles. Tout ce qu'il fallait pour agacer franchement Severus. Il n'avait pas besoin de ce genre de provocation, Potter lui suffisait amplement en la matière.
« Je te pardonne volontiers. De toute façon, tu lances tellement mal que tu ne m'aurais jamais atteint. » Ramassant la balle, il l'examina. « Vous utilisez un souafle en cuir au lieu d'un cognard de fer pour les sélections de batteur ? »
- Fais pas le malin parce que tu as eu de la chance !
- Tu crois que c'est de la chance ? Tu veux réessayer ?
- Rogue, Mulciber ! On va en rester là.
- Ne t'en fais pas John. En fait ça pourrait constituer un bon test s'il essayait de me toucher. Un batteur vise un autre joueur, pas une cible fixe. Et je ne risque pas grand-chose avec un souafle.
Il ignora son Tom intérieur qui lui enjoignait de se calmer, tout comme le malaise qui commençait l'envahir à la vue des autres postulants qui commençaient à s'attrouper.
« C'est vrai que ça ferait un meilleur exercice » remarqua l'un d'eux.
Hésitant, John fit apparaître un gros volume d'un coup de baguette. Il le consulta quelques minutes. « Le règlement ne mentionne rien à ce sujet. » Après quelques instants de réflexion, il finit par acquiescer. « OK. Vous vous positionnez à vingt-cinq mètres pour lui lancer un souafle. Celui qui ne réussit pas à toucher Rogue est éliminé. Si vous y arrivez tous, on augmente la distance. »
- Et on la diminue, si aucun ne parvient à m'atteindre.
- Je te trouve bien optimiste.
- Un bon serpentard envisage toutes les options, non ?
Il se mit en garde et attendit le premier essai. À sa grande satisfaction, malgré de multiples tentatives, aucune balle ne parvint ne serait-ce qu'à l'effleurer, même à dix mètres de distance. Écœuré un candidat finit par abandonner. Face à Severus, il ne se trouvait plus que deux élèves, dont Mulciber, en sueur, qui le regardait d'un air mauvais.
Jubilant un peu, il ne résista pas à la tentation d'en rajouter. « Dans un match, il y a deux cognards, vous devriez essayer avec deux souafles. » Il tenait là une bonne occasion de travailler esquive et jeu de jambe.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Écoute John, il faut bien trouver quelque chose pour les départager, si on ne veut pas que ça s'éternise.
Le septième année finit par acquiescer en rechignant. Le premier postulant réussit à envoyer les deux balles presque en même temps. Une bonne idée, mais exécutée trop lentement. Les souafles de Mulciber semblèrent eux partir de manière désordonnée. Il esquiva le premier facilement, mais alors qu'il évitait le second, il aperçut dans son ombre un troisième projectile, très rapproché.
Réalisant qu'il ne pourrait pas bouger assez vite, ses réflexes prirent le dessus. D'un uppercut du gauche, il dévia le bolide qui finit sa course dans le mur. La force de l'impact réussit cependant à le faire reculer de plusieurs pas, au point qu'il finit assis par terre.
Comme il essayait de se relever, il entendit crier. « Ne bouge pas Rogue ! »
Levant la tête, il vit Viviane courir vers lui, suivie par la gardienne de but. « Ça va Severus ? Agnès, tu vas m'aider à le transporter à l'infirmerie. »
Il ouvrit la bouche pour protester quand il vit arriver John traînant derrière lui un Mulcibert fort mécontent. « Severus, je t'amène quelqu'un qui veut te présenter ses excuses. »
- C'était juste une farce, un petit cognard histoire de s'amuser. Vous n'avez pas le sens de l'humour. Et puis j'ai réussi à le toucher, j'ai gagné le poste.
- Excuse-toi.
- Non.
- Très bien, tu dégages du terrain.
- Quoi !? Tu prends le parti d'un sang-mêlé qui …
- Ses origines, je n'en ai rien à faire ! Par contre tu as transgressé la première règle se Serpentard : en public on se sert les coudes. Si tu as un problème avec Rogue, tu le règles dans notre salle commune, pas à l'extérieur. Par ailleurs, je t'avais prévenu : en tant que capitaine, c'est moi qui prends les décisions. Si tu n'es pas capable de suivre mes ordres, tu n'as rien à faire dans l'équipe. Viv' file à l'infirmerie prévenir Pomfresh. Agnès, il vaudrait sans doute mieux que tu fasses léviter Severus… »
« Vous pourriez peut-être me demander mon avis, non ? Je n'ai aucun besoin qu'on me soigne. » Pour appuyer ses dires, il leva les bras remuant les mains. « Vous voyez ? Tout va bien. » Il pouvait remercier ses mitaines. À ce rythme-là, il ne les enlèverait que pour se laver.
John le fixa abasourdi. « Tu viens de taper dans un cognard. Comment tu as fait pour t'en tirer sans dégâts ? Tes gants ont un sortilège spécial ? »
- Renforcement, coussinage, anti-dérapant. Que des classiques.
- Mais alors, comment… ?
- Le plus solide des cognards restera moins dur que la caboche de Potter.
« C'est vrai que tu as appris deux trois choses cet été. » Viviane avait visiblement fait le lien avec la bagarre dans le train. Elle arborait un air calculateur. L'air d'un serpentard avec une idée bien retorse derrière la tête. On pouvait d'ailleurs voire la même expression sur le visage d'Agnès et de John.
« Tu penses que tu pourrais nous faire partager tes nouvelles connaissances ? » demanda ce dernier.
- C'est-à-dire que … Je ne passe malheureusement pas mes étés chez les sorciers, si vous voyez ce que je veux dire.
« La boxe est une activité moldue, mais dont la pratique remonte loin dans le passé » intervint Viviane. « Si le succès est au rendez-vous, quelques recherches historiques et un peu de dialectique feront taire les récriminations. »
- Dans ce cas, pas besoin de mon aide. Tu pourras sûrement trouver des traités de formation.
- Les manuels théoriques ne remplaceront jamais un praticien avec un peu d'expérience.
- Si tu acceptes de nous aider, pas besoin de continuer les tests Severus. Tu intègres l'équipe tout de suite.
- Merci John, mais je doute que mon adresse en vol …
- Ce n'est pas ce que je recherche ici. Officiellement, tu serais remplaçant, officieusement tu m'aiderais à élaborer l'entraînement.
- Penses-y Severus, ça te donnerait l'occasion de faire du sport plusieurs fois par semaine, sans risquer qu'on t'importune.
Malgré les propos de Viviane, il se creusa la cervelle pour trouver une bonne excuse. Les choses venaient de prendre une tournure inattendue. Il fallait qu'il trouve comment refuser sans froisser ses interlocuteurs. Non seulement il ne voulait pas renoncer à une alliée comme Viviane, mais il sentait un peu gêné vis-à-vis du capitaine. Le septième année et lui n'avaient pas grand-chose en commun, mais il n'oubliait pas son attitude et sa solidarité lors de la confrontation avec Potter.
Un détail de la scène lui revint brusquement en mémoire, comme si Tom le lui avait soufflé. « John, je voudrais jeter un œil au règlement. » Le cinquième année consulta l'imposant volume, jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. « Cette procédure s'appliquerait aussi à un remplaçant ? »
« Absolument. » John avait visiblement compris son idée.
- Dans ce cas, d'accord, mais hors de question que je joue un match.
- Tu seras mon remplaçant, Severus. John peut témoigner que je ne lui ai jamais fait faux bond. Même avec la grippe et une épaule déboîtée, j'ai gardé les buts.
- Tout à fait. De toute façon pour le second remplaçant je vais chercher quelqu'un de polyvalent. Viv', il va me falloir tes conseils. Agnès, vois avec Severus quels enchantements on peut placer sur nos gants en respectant le règlement.
- Ça roule. Ne reste pas par terre Severus, attrape ma main.
La septième année se pencha en avant pour l'aider et il se releva prestement. Quelle idée de porter un corsage aussi échancré pour faire du sport !
- Tu as utilisé quel sortilège de renforcement ?
- Pourquoi tu me demandes ça, il en existe plusieurs ?
« Absolument. Et je peux t'assurer qu'ils me sont bien utiles. » Elle ponctua ses paroles d'une profonde inspiration qui tendit dangereusement l'étoffe de son bustier.
Il dut faire appel à l'oclumencie pour chasser toute pensée parasite et ramener la discussion sur des domaines techniques. Il ne connaissait Agnès que de vue, mais il savait qu'elle traînait une drôle de réputation. Avec ses formes généreuses et son caractère enjoué, on lui prêtait de nombreuses conquêtes masculines, toutes Maisons confondues. De ce fait, il tendait à la considérer comme une sorte de version masculine de Sirius Black, qui ne comptait plus ses succès féminins.
Cette gloire sulfureuse et la familiarité avec laquelle elle s'adressait désormais à lui se conjuguaient pour le rendre mal-à-l'aise. Par chance, elle ne semblait pas se rendre compte de son trouble et le laissa ramener la conversation aux enchantements. La possibilité de les transposer en runes à graver l'intéressa particulièrement. Une fois les sélections achevées, et leurs insignes reçus ils se dirigèrent vers le château, en continuant à parler.
Comme ils pénétraient dans le hall, une voix détestable retentit.
- Servilus, retenue !
Campés au milieu du passage, trois Maraudeurs le regardaient, l'air triomphant. Sans se troubler, il ramena les bras sur sa poitrine. Il comptait s'amuser un peu avant de dévoiler son nouvel atout. « Je suis collé pour quel motif, Potter ? »
- Au motif que tu existes !
« Sérieusement ? Non mais c'est n'importe quoi ! » L'intervention de la serpentarde le surprit un peu. Elle fit également réagir un autre membre du gang.
- Salut Agnès. Alors quand est-ce que tu me laisses t'offrir une bièraubeurre ?
- Laisse-moi réfléchir, Black. Je dirais … jamais.
- Allez ! tu sais bien qu'entre nous, c'est inéluctable. À force de se chercher, on va bien finir par se trouver.
- Sauf que c'est toi qui me cherches et qu'on ne joue pas dans la même catégorie. J'ai eu ma période gosse de riche pseudo rebelle, à l'époque où tu ne savais même pas comment tenir le manche de ton balai. Contente-toi des gamines de ton age.
Le serpentard ne s'attendait pas à une telle animosité. Peut-être qu'Agnès ne ressemblait pas tant que ça à Black, finalement ?
- Tu as une mauvaise influence sur ta petite camarade, Servilus. Je vais doubler ta retenue pour la peine.
« La logique de ton raisonnement me laisse sans voix Potter, mais bon… » Il décroisa les bras. « Tu comptes faire appel à quel professeur ? »
- Hein ?
- Il te faut de nouvelles lunettes, Potter ? J'aurais pourtant pensé que tu reconnaîtrais le badge indiquant que je joue au quiddich pour Serpentard. Comme tu fais partie de l'équipe de Gryffondor, tu dois suivre une procédure spécifique pour me sanctionner.
- Sûrement pas ! Si je décide que tu es collé, tu vas en retenue et puis c'est tout !
La frustration sur le visage du binoclard faisait plaisir à voir. Elle compensait d'ors et déjà tous les entraînements à venir. « Un joueur de quiddich ne peut pas en coller un autre comme ça lui chante, Potter. Tu devrais le savoir, c'est toi-même qui m'a appris ça, l'année dernière. »
- Te prendre dans une équipe. Non mais quelle décision stupide !
- Tu crois que c'est en étant stupide que John vous a mené aux points ?
- Te mêle pas de ça Agnès !
- Ne fais-pas attention à ce qu'elle raconte, Sirius. Elle est pas nette cette fille, elle traîne avec n'importe qui …
- Je traîne avec qui je veux Potter, et tu ferais bien de ne pas me prendre de haut. Aux Trois balais, tu n'es pas le dernier à loucher dans mon décolleté, quand Evans ne fait pas attention. Elle n'est pas ici, tu peux assumer.
- Elle n'est pas là à cause de Servilus ! Tout est de sa faute !
- Tu crois vraiment que si je pouvais empêcher quelqu'un de venir à Poudlard, ce serait elle au lieu de toi ou Black ? Tu réfléchis parfois, ou bien ta tête ne te sert que pour porter tes binocles ?
« Remus lui, a dû quitter l'école à cause de toi ! » Black s'exonérait à bon compte de toute responsabilité. « Méfie-toi Agnès, Servilus en sait sûrement plus que toi en magie noire. »
- Tu veux dire qu'il existe encore un garçon dans l'école qui aurait quelque chose à m'apprendre ? Severus je trouve que tu deviens très intéressant …
Le serpentard un peu gêné, se sentit obligé d'intervenir.
- Il faut se méfier de ce que raconte une bande de Gryffondors sans cervelle. À les en croire, je ne pense qu'à effectuer des cérémonies maléfiques.
- Visiblement, ils s'imaginent que moi je passe mes nuits dans des orgies. Tu sais quoi ? On devrait s'associer. « Orgies maléfiques chez les serpentards », je trouve que ça sonne bien.
Même s'il faisait la part de la provocation, il dut faire appel à l'occlumancie pour cacher son trouble. « Tu as raison. » Autant en rajouter. « On ferait des sacrifices sanglants, avant d'invoquer des créatures démoniaques. »
- Ah ! Vous avouez !
Ils échangèrent un regard. « Il faudrait que tu te familiarises avec le concept d'ironie, Potter. » Même Sirius commençait à avoir l'air gêné devant l'emportement de son ami.
- Je vais vous faire interdire de quiddich !
« Et en quel honneur ? » John et Viviane venaient d'entrer à leur tour dans le hall.
- Deux de tes joueurs ont reconnu qu'ils faisaient de la magie noire. Je suis sûr que c'est comme ça que vous comptez gagner.
« Tu pourrais essayer de te servir de ton cerveau pour une fois, Potter ? » Avec deux élèves vert-et-argent de plus, le rapport de force venait de changer. « De la magie noire dans le stade en présence des professeurs ? Tu crois que les adultes ne s'en apercevraient pas ? Et pourquoi pas ensorceler ton balai en plein match, tant que tu y es ? »
« Tu as raison Severus, soyons un peu sérieux. » John prenait les choses en main. « Je propose qu'on en reste là. On réglera nos différends sur le terrain. »
- Tu prends la défense de Servilus ? Vous méritez tous des retenues !
- En tant que capitaine, j'attends que les membres de mon équipe se serrent les coudes et pour ça, je montre l'exemple. Pour ce qui est des retenues Potter, toi comme moi, nous sommes préfets et joueurs de quiddich. On ne peut pas se sanctionner sans faire intervenir un enseignant. Les trois autres serpentards ici présent jouent également, donc ça vaut aussi pour eux. Par contre les deux Gryffondors à côté de toi, moi je peux très bien les coller. C'est vraiment ce que tu veux ?
En entendant ces paroles, Pettigrow fit un bond en arrière. Black, lui tira sa baguette.
« Sérieusement ? À trois contre quatre ? » Black n'avait donc rien appris ? « Et dans le grand hall à une heure où passent les enseignants ? Niveau jugeote, tu fais bien la paire avec Potter. »
- Venez vous battre bande de lâches !
- Sûrement pas quand je vois Chourave qui descend l'escalier. Dois-je vous rappeler que les professeurs eux n'ont pas de restriction pour administrer des retenues ?
Miracle incroyable, les gryffondors se montrèrent raisonnables. Une fois toutes les baguettes rentrées dans leurs étuis, l'atmosphère se détendit nettement.
« Eh bien voilà un problème réglé » déclara Agnès. « Viviane, pour fêter ça je vais te prendre un nouveau flacon. Ce soir, j'ai un rencard et je veux être à mon avantage. »
En entendant ces mots Sirius les regarda fixement, prenant un air étrange, assez semblable à celui qu'il arborait le soir de l'agression de Victoire. Qu'est-ce qu'il mijotait ? Il faudrait que Severus mette en garde les deux serpentardes. De toute façon, ça pouvait difficilement être pire que de le jeter dans la gueule d'un loup-garou.
* : au Moyen Âge, on appelle humeur toute substance liquide qui se trouve dans un organisme.
NDA 2 : Severus est dans l'équipe! Mais ne vous attendez pas à des miracles de sa part. En revanche la combinaison boxe + serpentards + quiddich risque de donner quelques matchs intéressants...
Et par ailleurs Severus continue à découvrir que les gens sont pleins de surprises. John, Victoire, ou Agnès qui est peut être une croqueuse d'hommes, mais qui ne fricote pour autant avec n'importe qui (oui c'est un message - pas très subtil - en faveur de l'égalité de traitement homme-femme :-) )
