Bonjour à tous. J'espère que ce chapitre arrivera en ligne sans problème, car je constate encore quelques bugs dans le site :-(
Merci à mes fidèles reviewers, j'espère que cette fois, vous aurez moins de mal à lire ce que je viens de poster. Juste une précision: je n'ai pas vu dans les livres de JK une restriction empêchant les préfets de coller les joueurs de Quiddich, mais ça me semblerait logique. Déjà, que, même dans ces conditions, j'imagine bien quelques élèves fomenter des incidents pour nuire à une équipe adverse, je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait, sans un minimum de formalisme. (en même temps, la logique et les sorciers ... :-P)
Sur ce, profitez bien!
Outre une protection contre les velléités préfectorales de Potter, Severus réalisa vite qu'il existait d'autres avantages à intégrer l'équipe de Quiddich. La réaction de John et Viviane le jour des sélections ne resta pas un cas isolé. Le moindre incident touchant un joueur faisait réagir les membres de sa Maison. Pour la première fois, il put apprécier les bienfaits d'une solidarité pas toujours très enthousiaste certes, mais incontestable. Bien sûr certains élèves en Vert et argent, comme Mulciber, n'oubliaient pas son père moldu, mais au moins ils gardaient leurs remarques désobligeantes pour la salle commune. En contrepartie, leur capitaine imposait un rythme d'entraînement particulièrement soutenu.
Deux fois par semaine sans compter le week-end, il réunissait tous les joueurs pour des activités aussi intenses que variées. Comme lors de la sélection, il commençait immanquablement par des exercices physiques d'échauffement. Sur ce point, Severus put les faire profiter de l'expérience acquise pendant l'été. Outre la course à pied, ils transformèrent des objets abandonnés en haltères et en sacs de frappe. L'absence de gants ne leur posa pas vraiment de soucis, tous s'avérèrent posséder des mitaines, que la plupart dotèrent de sortilèges de renforcement et de coussinage. À sa grande surprise, quelques-uns lui demandèrent conseil pour graver des runes, à commencer par la gardienne de but, dont il ne savait plus trop que penser.
D'un côté, Agnès arborait sans complexe des tenues particulièrement légères et changeait régulièrement de soupirant. De l'autre, malgré ses activités extra-scolaires, elle ne manquait jamais un entraînement, se montrait d'une ponctualité exemplaire et apprenait très vite. Elle fut la première à trouver comment maintenir une garde de boxe en restant assise sur un balai. Réussir à tenir en l'air sans s'aider de ses mains requérait une habileté et une force dans les membres inférieurs assez peu communes, Severus pouvait en témoigner.
Voler constituait pour lui la partie la plus désagréable du Quiddich, mais il ne voyait pas comment y échapper. Au moins désormais, il ne devait plus craindre qu'un Maraudeur ne s'amuse à essayer de le faire tomber. De toute façon il disposait à ces moments-là d'une certaine liberté. John s'avérait également un partisan enragé du cloisonnement de l'information. De ce fait, il compartimentait une partie des activités, prenant certains joueurs à l'écart pour qu'ils s'exercent discrètement. Ainsi quand il s'occupait d'Agnès ou de Viviane, les autres membres de l'équipe jouissaient d'un peu de tranquillité.
Dans ces occasions, Severus restait sur un balai pour ne pas attirer l'attention, mais faisait surtout marcher sa cervelle. Il se livrait alors à des exercices d'occlumancie ou bien essayait de rédiger de tête les devoirs à rendre. Avec les BUSES qui viendraient clore l'année scolaire, les enseignants se montraient particulièrement exigeants. Pour une fois, le professeur de défense contre les forces du mal ne faisait pas exception à la règle. Sa taille et son intelligence rappelaient beaucoup Flitwick, même s'il tendait à trop privilégier la théorie. Peut-être le nouveau directeur adjoint avait-il pesé dans le choix ? En tout cas, Severus ne s'en plaignait pas.
Il regrettait d'avantage le comportement de Slughorn qui semblait désormais plus intéressé par les potions médicales à fournir que par les recherches sur les effets de leurs combinaisons. Le jeune sorcier se remit néanmoins à brasser dans cette optique durant le mois d'octobre. Quand il reverrait Damocles Belby, il comptait bien lui montrer ses progrès. Et puis cela constituait un bon moyen d'oublier son échec dans l'élaboration de l'alambic.
Quelque jours avant le premier match de la saison, leur professeur les retint lui et Viviane à la fin de la classe de potion. « Mademoiselle Arès, monsieur Rogue, Albus souhaite vous voir dans son bureau à la fin des cours. »
Les deux élèves échangèrent un regard perplexe. Severus ne tenait absolument pas à renouveler l'expérience traumatisante de la nuit de pleine lune. Le vieux sorcier devait s'en douter, ce qui expliquait pourquoi il les avait convoqués ensemble. De par son poste de préfète, son alliée pouvait difficilement s'abstenir de venir, mais s'il ne l'accompagnait pas elle devrait rendre des comptes. Encore une fois, le directeur se révélait un redoutable manœuvrier.
Le soir venu, c'est donc prêt à tout et sur ses gardes, qu'il rejoignit Viviane. Quand ils poussèrent la porte, ils tombèrent d'abord sur Potter et Black, l'air particulièrement contents d'eux. Voilà qui ne laissait rien présager de bon.
« Ah, merci de me rejoindre, mes enfants. » D'emblée Dumbledore adoptait un ton paternaliste extrêmement horripilant. « Je vous ai conviés, car on a porté à ma connaissance des faits préoccupants. Il semblerait que des élèves se livrent dans notre école à une drôle d'entreprise. Un commerce clandestin de potions illicites, pour dire les choses clairement. »
En entendant ces paroles, les deux gryffondors ne purent retenir un rictus de triomphe. Alors c'était ça leur dernière trouvaille. Puisqu'ils ne parvenaient plus à l'agresser, ils s'étaient souvenus que la nouvelle fonction du binoclard servait à autre chose qu'à distribuer des retenues. Au moins ça prouvait qu'ils possédaient un minimum de machiavélisme. Dommage pour eux qu'ils veuillent jouer à ça avec un serpentard.
Avant qu'il puisse réagir, le directeur reprit la parole. « Mademoiselle Arès, quand je vous ai nommée préfète, j'attendais beaucoup de vous, à commencer par un comportement exemplaire. » Alarmé, Severus réalisa que Dumbledore fixait la cinquième année dans les yeux, tandis qu'il continuait. « Je suis déçu, je pensais que vous respecteriez strictement les règles, que vous me rapporteriez chaque infraction. »
- Monsieur, je vous promets que…
Le Vert-et-argent partit d'un grand éclat de rire sardonique qui fit tourner la tête à Viviane, rompant le charme. Une bonne chose de faite, mais maintenant, il fallait garder l'initiative.
- Je ne peux que me réjouir de votre volonté de faire respecter le règlement, monsieur. Mon précédent passage dans ces lieux m'amenait à m'interroger sur ce point.
- Monsieur Rogue, je comprends que certains événements vous aient laissé une impression défavorable. Cependant, il ne faudrait pas qu'un regrettable incident vous amène à remettre en cause mon impartialité.
- Parce que pour vous, c'est un « regrettable incident », quand un gryffondor essaie de faire tuer son frère ?
- Sale petite vermine !
Black lui avait sauté dessus, réagissant comme il s'y attendait. Ils s'empoignèrent. Déjà Severus se préparait à placer un direct, quand la voix du Directeur retentit.
- Assez !
Comme la dernière fois, tous pouvaient sentir une incroyable aura de puissance magique palpiter à travers la pièce. Les deux adversaires se séparèrent immédiatement. Mine de rien, Severus garda le poing gauche serré.
- Monsieur Rogue, à l'avenir, je vous demanderai de ne pas réitérer ce genre d'accusation mensongère.
- C'est vous qui m'avez fait venir ici, en vous fiant à des racontars.
- Vous niez trafiquer des potions illicites ?
- Je nie brasser illégalement quoi que ce soit à Poudlard. Il vous suffit de venir vérifier dans le laboratoire où je travaille sous la supervision de mon directeur de Maison. Il contrôle régulièrement les recherches que j'y mène. Elles n'ont rien de clandestin, puisque j'entretiens même une correspondance sur le sujet avec un Maître des potions.
Une chance que Potter et Black se soient trop hâtés. S'ils avaient rapporté l'affaire un mois plus tard, il aurait recommencé à préparer des philtres de senteur, du fait de l'épuisement de son stock.
- À l'occasion, j'ai peut-être fait profiter des amies de Viviane d'une potion ou deux que je gardais en réserve, mais je ne vois pas en quoi cela pose problème.
- Dans ce cas, d'où venaient ces breuvages ?
- Il se trouve que j'ai des amis sorciers et que certains possèdent un laboratoire.
- Ouais, des copains Mangemorts !
« Merci de ton intervention Black, mais il s'agit de ton futur cousin, Lucius Malfoy. Tu le connais sûrement mieux que moi, puisqu'il n'y a pas si longtemps, tu te vantais de reconnaître ses armoiries au premier coup d'œil. » Les meilleurs mensonges restaient aussi proches que possible de la vérité. De toute façon, il voyait difficilement comment Dumbledore pourrait obtenir confirmation. Tout le monde savait qu'il entretenait des relations exécrables avec la famille de l'aristocrate. « Quant à cette histoire de trafic, j'aimerais bien savoir qui se plaint. »
- Messieurs Potter et Black ont porté à ma connaissance des faits particulièrement troublants.
- Alors là, je vous garantis qu'on ne leur a jamais vendu de potion.
- À eux non, mais à une personne de leur connaissance oui.
- Je ne la vois pas ici. Tout ça en reste au stade du ragot. Et dans ce cas, il faudrait s'intéresser à la tentative de meurtre que j'ai mentionnée. C'est tout de même autre chose qu'une rumeur de négoce clandestin, non ?
- T'es qu'une ordure Servilus !
- Ça suffit ! Monsieur Rogue, je n'apprécie guère vos insinuations.
« Et moi, j'aimerais bien savoir pourquoi on est là ? » Personne ne parla. « On peut partir ? »
- Ce sera tout monsieur Rogue. Pour aujourd'hui. J'espère que nous n'aurons pas à nous revoir trop rapidement.
Clairement, le vieux sorcier entendait les tenir à l'œil. Il faudrait redoubler de vigilance, tout particulièrement vis-à-vis des portraits, mais il y avait plus urgent. Severus attrapa son alliée par le poignet et lui fit descendre vivement l'escalier. Avisant une pièce vide dans le couloir, il s'y engouffra, avant de se mettre à jeter des sorts pour la sécuriser.
- Qu'est-ce que… ?
- Laisse-moi finir, Viviane. Il importe qu'on puisse discuter sans qu'on nous écoute ou qu'on nous dérange.
Il profita cependant de l'occasion pour tapoter discrètement son nez avec sa baguette. Sa main gauche, avec laquelle il avait attrapé Sirius Black tout à l'heure, portait bien une odeur spécifique, mais différente de celle qu'il connaissait déjà. Il verrait plus tard quel parti en tirer. Pour l'heure, il devait mettre sa camarade en garde.
- Même s'il t'a nommée préfet, il faut absolument que tu évites de te retrouver seule avec Dumbledore.
- Pourquoi ?
Il hésita à répondre. Les informations qu'il détenait, constituaient, tout comme la boxe, des atouts qu'il répugnait à partager. Mais il ne pouvait pas non plus risquer de perdre une alliée précieuse. Entre deux maux, mieux valait choisir le moindre.
- Parce que le directeur est un grand manipulateur et qu'il semble que sa fonction lui permette de faire passer à leur insu des contrats magiques aux élèves. Si je suis intervenu tout à l'heure, c'est que tu commençais à lui faire une promesse, qui risquait de t'engager sans que tu le réalises.
- Mais il n'a pas le droit !
- Poudlard existe depuis plus de mille ans. À l'époque, les fondateurs voyaient sans doute les droits des élèves différemment.
- Il doit y avoir une trace écrite, au moins dans le règlement. Je vais demander à maman.
- Fais attention, ta mère m'a elle-même signalé qu'on risquait d'ouvrir nos lettres.
- Nous sommes convenues d'un système de code, ne t'inquiète pas. Le cas échéant, je profiterai de la prochaine sortie à Pré-au-Lard pour appeler Ziggy. Il pourra me transporter par transplanage à notre manoir.
Il n'avait pas pensé à utiliser un elfe de cette manière, mais pour que ça fonctionne, il fallait rester discret. Il pesa le pour et le contre, avant de décider d'en révéler plus.
- Je dois te dire que l'année dernière, je me suis intéressé aux arts magiques de l'esprit, et tout particulièrement à une technique nommée occlumancie. Grace à cela, j'ai réalisé lors de mon précédent passage dans le bureau du directeur qu'il essayait de lire mes pensées. Si tu veux garder un secret, ne le fixe jamais dans les yeux.
- Tu es sûr de toi ?
- Catégoriquement. Malheureusement, je n'ai aucune preuve. Ma parole ne pèse rien face à la sienne.
- Quand je pense que certains vénèrent le héros vainqueur de Grindelwald ! Tu pourrais m'apprendre comment occlure mon esprit ?
« ... pourquoi pas. Mais il faut beaucoup de temps. » Même à une alliée, il n'entendait pas montrer tous ses atouts. Il garderait également pour lui les soupçons concernant la magie de compulsion. Cette technique l'intéressait. Si jamais il parvenait à maîtriser, il ne voulait pas qu'on le soupçonne. « À court terme, on a un problème plus urgent. Comment ces racailles de Maraudeurs ont-ils su pour nos histoires de potions ? Je ne parle à personne de ce genre de chose et ça m'étonnerait que tu te confies à eux. »
- Je suis d'accord. Une des élèves que je connais a dû se montrer indiscrète, mais laquelle ?
- Tant qu'on ne sait pas qui c'est, on ne peut pas continuer. Il faut qu'on trouve !
- Tu ne veux pas arrêter ?
- Je ne ferai certainement pas ce plaisir à Potter, Black ou Dumbledore ! Et toi ?
Ils se regardèrent quelques instants, sans un mot. Un non-dit flottait entre eux. Leur petite affaire leur apportait à tous deux une aisance financière non négligeable. Cela leur faisait un point commun, malgré leurs positions sociales différentes. Severus éprouva à cet instant une complicité inattendue avec son interlocutrice. Il se secoua pour dissiper l'illusion. Il s'adressait à une alliée avec qui il partageait des intérêts, voilà tout.
- Et si on changeait de cible ? Maman adore la potion odorante que tu lui as offerte. Il paraît que ses collègues n'arrêtent pas de lui en parler. On tient peut-être une piste ?
- C'est vrai qu'au Ministère, même s'il l'apprend, Dumbledore ne pourra pas faire grand-chose. Il y possède sûrement une certaine influence, mais c'est dans l'enceinte de Poudlard qu'il s'avère tout puissant. Dans l'enceinte de Poudlard… Je crois qu'il y a quelque chose à creuser de ce côté-là.
Les jours qui suivirent les virent déployer une intense activité qu'ils partagèrent entre écriture de courriers, étude du droit en général et du règlement de Poudlard en particulier. Ils agirent avec prudence, gardant en mémoire l'avertissement du directeur. Même si par moment ils sentaient se fixer sur eux l'attention des portraits, ils s'efforcèrent d'agir comme si de rien n'était.
Heureusement, les Maraudeurs ne se manifestèrent pas. Sans doute frustrés par leur demi succès, ils devaient guetter leurs ennemis, attendant qu'ils commettent l'erreur de reprendre leur commerce. Les deux serpentards prirent donc les plus grandes précautions pour poser les derniers jalons de leur plan lors de la traditionnelle excursion à Pré-au-Lard.
Le plus compliqué consista à tenir Victoire à l'écart, sans qu'elle se doute de quelque chose. Viviane voulait à tout prix la protéger, mais Severus estimait qu'elle ne faisait que retarder l'inévitable. Il garda cependant ses réflexions pour lui, Tom lui avait appris à choisir ses batailles. Il préféra chercher une cachette discrète dans l'école. Certaines de ses possessions les plus précieuses se trouvaient toujours dans sa malle. Mieux valait trouver comment les mettre à l'abri d'une inspection directoriale, officielle ou non.
Ils mirent néanmoins toutes ces considérations de côté, avec l'approche du premier match de Quiddich. John les fit redoubler d'effort, ce qui amena le cinquième année à réaliser qu'en tant que membre, il devrait lui aussi se rendre dans l'enceinte du stade. L'idée qu'une foule puisse fixer son attention sur lui, même furtivement, suffit à le stresser.
Il envisagea sérieusement de se faire envoyer à l'infirmerie, afin d'échapper à cette corvée. Pour cela, il suffisait de bien provoquer les Maraudeurs ou de mal doser les ingrédients d'une potion. Il hésitait encore entre les différentes options quand il croisa Victoire.
« Severus ? Génial je voulais te parler. Comme tu vas affronter mon équipe, je ne peux pas te souhaiter bonne chance, mais j'espère bien que le meilleur gagnera. » Il la dévisagea un peu surpris, tandis qu'elle continuait. « C'est dommage que tu n'aies pas pu m'apprendre à boxer, mais je comprends que vous ne vouliez pas dévoiler vos secrets. J'ai hâte de voir ce que vous avez préparé. » De toute évidence, elle n'avait même pas interrogé sa sœur pour ne pas risquer de favoriser l'équipe des Jaunes-et-Noirs. Une telle loyauté le mettait un peu mal à l'aise. Quelque part, il se sentit désormais obligé de venir.
Pour se changer les idées, il passa la soirée à étudier l'odeur de Black, qui avait effectivement changé. Plus fugace, elle présentait des relents fauves qui rappelaient un peu celle de Lupin. Et si le Maraudeur était devenu lui aussi un Loup-garou ? Il étudia l'idée, mais finit par la rejeter. Depuis la rentrée, le gryffondor n'était pas passé par l'infirmerie et ne présentait pas de cicatrices ou de trace de morsure. Severus remit à plus tard tant la résolution de ce mystère que ses tentatives de mémoriser ces nouveaux remugles. Dès le lendemain, son équipe affronterait les Jaunes-et-noirs. Même s'il ne jouerait pas, il valait mieux qu'il se repose.
En effet, quand ils arrivèrent sur le terrain de jeu, la clameur assourdissante qui s'éleva suffit à mettre ses nerfs à rude épreuve. De nombreux élèves se trouvaient dans les gradins, appartenant à toutes les Maisons. Si Serpentards et Poufsoufles soutenaient bien entendu leurs équipes respectives, les Gryffondors, emmenés par les Maraudeurs, huaient tant et plus les Verts-et-argents. Les Serredaigles quant à eux se tenaient sur la réserve, observant les joueurs. Ils allaient sûrement analyser les différentes stratégies. John arriva à la même conclusion :
- Après le match, notre technique secrète n'en sera plus une, mais il importe qu'on garde la surprise jusqu'au moment décisif. Ça va surtout dépendre de toi, Agnès.
- Je vais avoir du mal à ne pas dévoiler mes atouts … Ne fais pas cette tête, John, je plaisante ! De toute façon, je peux prédire les mouvements de la moitié des joueurs. Je suis sortie avec eux, je connais leur langage corporel sur le bout des doigts.
Le cinquième année fit de son mieux pour éviter de penser aux sous-entendus. Heureusement les étudiants s'étaient déjà élancés dans les airs, marquant le début de la partie. Il devait admettre qu'Agnès n'avait pas menti sur son habileté. Campée sur son balai, en travers des buts, elle paraissait pourtant au premier abord agir comme une parfaite greluche.
Tournant la tête de part et d'autre, elle semblait fréquemment apercevoir un visage connu dans la foule, ce qui l'amenait à faire de grands signes. Bizarrement, une bonne partie de ses gestes désordonnés finissait par repousser un souafle menaçant. Grace à son entraînement de l'été, Severus finit par reconnaître les crochets et les uppercuts qu'elle dissimulait parmi ses mouvements.
Elle aboutissait ainsi à une défense d'une efficacité impressionnante, que les Poufsoufles ne parvenaient que rarement à percer. Au bout de trois quarts d'heure, ils se retrouvèrent menés de plusieurs dizaines de points. Alors que le match semblait tourner en leur défaveur, leur attrapeur plongea brusquement vers le sol, suivi par Viviane, une fraction de seconde plus tard.
Ils avaient dû repérer le Vif-d'or. Si les Serpentards ne mettaient pas la main dessus les premiers, leurs adversaires risquaient de s'en emparer, rattrapant ainsi leur retard et gagnant la partie. Malheureusement malgré tous ses efforts, Viviane ne comblait que lentement son retard. Il lui fallait de l'aide, mais les autres joueurs trop accaparés par leur affrontement ne faisaient pas attention.
Du moins c'est ce qu'il semblait, jusqu'à ce que John entre en action. D'un mouvement puissant de sa batte, il propulsa un cognard vers les deux joueurs. On voyait bien que le projectile de fer les percuterait avant qu'ils n'atteignent la petite balle. À la dernière seconde, le Poufsoufle changea de trajectoire, laissant la Serpentarde seule face au projectile. Vive comme l'éclair, elle se redressa. D'un uppercut du gauche, elle envoya le cognard au loin, tandis que de la main droite elle saisissait le Vif dOr, avant de rattraper in extremis le manche de son balai.
Un silence de mort tomba sur la foule, bientôt remplacé par des exclamations chaotiques. Les Serpentards applaudissaient à tout rompre, tandis que leurs joueurs s'offraient un tour d'honneur. Serredaigles et Poufsoufle hésitaient visiblement sur la conduite à tenir. Chez les Gryffondors, un James Potter très énervé se frayait un chemin en direction de la tribune des professeurs.
Apostrophant les adultes, il commença une longue tirade, parlant tellement fort qu'on l'entendait jusque sur le terrain. De toute évidence, il ne croyait pas qu'on puisse dévier un cognard sans une batte, aussi formulait-il des accusations sans équivoque.
Il finit par attirer l'attention de John qui arrêta son balai avant de porter sa baguette à sa gorge. Sa voix, amplifiée par le Sonorus, résonna à travers tout le stade.
- Il semble que notre stratégie suscite quelques polémiques. Je tiens à rassurer les plus inquiets d'entre vous. Nul besoin de magie noire pour faire face à un cognard, il faut juste savoir se servir de ses poings. En faisant quelques recherches dans des archives j'ai découvert qu'à une époque antérieure nous autres sorciers n'hésitions ni à brandir une épée, ni à nous battre à mains nues le cas échéant. Dans notre Maison, nous avons à cœur de ne pas oublier notre histoire, voire de la faire revivre. Après tout, les traditions d'aujourd'hui sont les innovations d'hier…
Les serpentards respectent les règles, toutes les règles ... mais rien que les règles (et ils font preuve de créativité dans l'interprétation :-p )
