Merci à katymyny pour sa review: en effet, tu avais vu juste. Dans ce chapitre tu verras qu'il n'y a pas que toi qui repère les indices que je sème de ci de là ...


Severus avait beau retourner le problème dans tous les sens, il aboutissait toujours à la même conclusion. l'odeur du professeur Mc Gonagall changeait radicalement quand elle prenait sa forme animagus, au point qu'elle semblait disparaître. Il arrivait parfois la même chose à celle de Sirius Black. La logique voulait donc qu'il puisse lui aussi se transformer à volonté en animal.

Le serpentard rechignait cependant à accepter ce raisonnement, car cela impliquait de reconnaître au bellâtre un talent et une volonté peu commune. Depuis quand possédait-il cette nouvelle compétence ? Si cela datait de la fin de sa quatrième année, cela expliquait les effluves différentes qu'il dégageait depuis la rentrée. Seul problème, Potter et Pettigrow se trouvaient dans le même cas, ce qui impliquait qu'ils disposaient eux aussi de cette nouvelle aptitude.

En ce qui concernait le binoclard, il pouvait à l'extrême limite le concevoir. Difficile de dénier au gryffondor un certain don pour la métamorphose. Cela expliquait aussi les visions d'animaux dans son esprit. Par contre il n'en allait pas de même pour Pettigrow. Cette caricature d'élève savait à peine se servir de sa baguette. Sans ses puissants protecteurs au sang pur, il se serait retrouvé relégué au bas de l'échelle sociale de sa maison, voire de toute l'école.

Severus répugnait donc à lui concéder une réussite quelconque, préférant prendre le temps d'examiner toutes les alternatives. Évidemment, C'est au moment où il avait besoin de calme pour réfléchir que Slughorn entreprit de le convaincre de recommencer à brasser. Visiblement, l'enseignant ne pouvait se résoudre à préparer de nouveau lui-même les philtres pour l'infirmerie.

Le jeune sorcier affecta de ne pas comprendre les allusions, espérant que son interlocuteur se lasserait, mais en vain. Une dizaine de jours après la rentrée, il ne put éviter qu'on l'interpelle à la fin d'un cours de potions.

- Il ne faut pas que le malheureux accident de décembre vous traumatise mon garçon. Ce serait vraiment dommage de gâcher un talent comme le vôtre.

« Vous ne comprenez pas monsieur, il ne s'agit pas d'un événement isolé. Ces petites brutes ont pris l'habitude de m'attaquer. Sûrement parce que personne ne réagissait. » Personne, à commencer par le professeur en face de lui, qui ne s'occupait d'un élève que quand il y trouvait un intérêt. « Il reste encore deux membres de leur bande entre ces murs, alors Merlin seul sait ce qu'ils vont inventer désormais. Surtout que l'un d'eux est un préfet. »

Il n'aimait pas se plaindre, mais en l'occurrence, dramatiser un peu les choses lui semblait le meilleur moyen de se soustraire aux demandes de l'adulte.

- Il semble en effet que monsieur Potter ne remplisse pas ses fonctions à la satisfaction générale, mais la situation devrait changer. La médiatrice du ministère a fait en sorte que les retenues qu'il attribuera à l'avenir suivent toutes la procédure normalement réservée aux joueurs de Quiddich. Il devra systématiquement faire intervenir un enseignant. Grâce à madame Bones …

l'irruption d'une élève affolée l'obligea à s'interrompre.

- Monsieur, C'est horrible, il faut que vous veniez tout de suite !

- qu'est-ce qui se passe mademoiselle ?

- Une araignée nous a attaquées, moi et Béatrice ! Elle s'est évanouie, mais cette sale bestiole est toujours sur sa tête. Aidez-nous !

Slughron poussa un profond soupir. « j'arrive. » Au moment de quitter la classe, il se retourna. « Navré de vous quitter ainsi, mon garçon. Ce genre d'incident arrive de plus en plus souvent depuis quelque temps. On dirait que ces petites bêtes mettent un point d'honneur à effrayer ces pauvres jeunes filles. Prenez quand même le temps de penser à ce que je vous ai dit, ce serait dommage que vos recherches souffrent de votre inactivité. Damocles fonde de grands espoirs sur vous. »

On reconnaissait bien là un serpentard. Puisque son approche directe ne donnait rien, le professeur essayait de le manipuler en jouant sur son ambition de devenir l'apprenti du jeune maître des potions. Severus ne se faisait cependant pas trop de soucis sur ce point. l'eau florale d'aconit qu'il avait envoyée à Noël lui vaudrait sûrement une réponse. Il ne lui resterait plus qu'à entretenir une correspondance qui ne l'accaparerait pas trop. Peut-être en se focalisant sur des considérations théoriques, comme les calculs d'arithmancie ?

Bientôt, il pourrait arguer de l'imminence des BUSES et du besoin de réviser pour échapper aux demandes de l'enseignant. En attendant, il ferait de son mieux pour l'éviter. Heureusement qu'on était venu les déranger aujourd'hui. C'était quand même bizarre cette histoire d'araignées. Et s'il s'agissait de la forme animagus de Potter ou Pettigrow ? Se transformer ainsi pour effrayer les filles, constituait tout à fait le genre de farce stupide dont raffolaient les Maraudeurs.

En attendant, tout ça ne lui disait pas ce qu'il convenait de faire de ses soupçons. Sans doute valait-il mieux qu'il les garde pour lui encore un moment. De toute façon, il ne disposait d'aucune preuve, juste de quelques indices obtenus à l'aide d'un sortilège de son invention. De plus, on ne pouvait exclure que Dumbledore ne protège à nouveau ces petites brutes. Severus conserverait l'information dans un coin de sa mémoire, jusqu'à ce qu'il trouve le moyen d'en tirer avantage. Après tout, il avait bien patienté plusieurs mois avant de subtiliser la cape d'invisibilité de James Potter.

Il reprit donc en toute discrétion ses activités de brassage clandestin, tout en s'efforçant de mémoriser les effluves des professeurs, pour parvenir à les détecter. Comme il ne suivait pas toutes les options, il existait néanmoins deux cours auxquels il n'assistait pas. Par chance, les infirmités de Silvanus Brûlopot le dispensaient de patrouiller dans les couloirs. De toutes façons il préférait clairement la compagnie de ses chères créatures magiques à celle des élèves. Victoire devait l'apprécier. Quant à l'enseignante en charge de la divination, elle semblait tellement perdue dans son monde qu'elle aurait pu croiser un dragon dans un corridor, sans même le remarquer.

La botanique lui posa également quelques problèmes, à cause des pollens dans les serres, qui perturbaient son odorat. Il put heureusement se focaliser sur les senteurs de l'adulte, sans que celle-ci ne le réalise. En ce moment, Chourave se préoccupait plus des végétaux que des êtres humains. On pouvait la comprendre, en voyant des plantations entières dépérir sans raisons apparentes. À croire qu'une malédiction s'était abattue sur elles. Il ne s'en plaignit pas puisque ça lui permit d'atteindre son objectif sans coup férir.

Il ne s'avérait cependant pas facile de mener de front toutes ces tâches, sans négliger pour autant ses études. Sur ce point, il appréciait les sessions de travail avec les sœurs Arès qui l'aidaient à se structurer. Un soir, fin janvier, alors qu'il gagnait leur table habituelle, il les aperçut en grande conversation, mais il n'y prêta pas attention, l'esprit ailleurs.

s'obstinant à vouloir le convaincre d'approvisionner l'infirmerie, Slughorn venait de l'inviter à une réception pour le mois prochain. Si l'adulte espérait que ça le ferait changer d'avis, il se trompait lourdement, Severus ne goûtait guère ce genre de mondanités. De plus, il avait vérifié, et Damocles Belby restait en France, toujours fasciné par la sorcière à demi vélane. Au moins, il avait bien reçu l'eau florale d'aconit.

Il cherchait toujours comment échapper à cette corvée, quand il dressa l'oreille à l'énoncé de son prénom.

- n'insiste pas sœurette, maman a été très claire, tu ne l'accompagneras pas.

- Mais C'est dégueulasse ! On peut étudier ensemble, s'entraîner au duel ensemble, mais je ne pourrai pas aller avec lui chez monsieur Slughorn ?

- En décembre, il a fini à l'infirmerie, et ça a fait un scandale pas possible. On ne peut pas prendre de risque.

- Mais je n'étais même pas là !

- On en a parlé pendant les vacances. Maman a pris sa décision.

- Et si j'y vais quand même ?

- Maman veut que je la tienne au courant. Tu souhaites vraiment qu'elle apprenne que tu lui as désobéi ?

- …

- Je suis désolée, mais Severus ne pourra pas aller au club de Slug.

Le jeune sorcier n'appréciait pas trop cette discussion à son sujet. Tous ces commentaires faits à son insu commençaient même à sérieusement l'agacer.

- Parce que tu crois qu'il n'y a que moi qui voudrait l'accompagner ?

- Si tu…

- Vous pourriez peut-être me demander mon avis, non ?

Surprises, les étudiantes sursautèrent. Viviane se reprit la première, drapée dans sa dignité.

- Ce sont des affaires familiales, je ne vois pas en quoi cela te concerne.

- Parce que décider à ma place si je vais aller au club de Slug, ça ne me concerne pas peut-être ? Drôle de manière de voir les choses.

- On était pas sûr que tu aurais une autre occasion de …

« C'est une plaisanterie ? » Sentant sa colère monter, il eut à peine le réflexe de jeter un Assurdiato avant d'exploser. « Il me mange dans la main, le vieux Slugy ! Il m'a quasiment supplié de reprendre mes recherches. Je n'ai refusé que parce que je veux pouvoir réviser mes BUSES. »

- Dans ce cas, pourquoi tu veux aller à sa soirée ? Tu vas perdre du temps.

- Quand je voudrais connaître ton avis, je te le ferai savoir. En attendant, mêle-toi donc de tes affaires, ça nous changera.

« Message reçu. » Sans rien ajouter, la serpentarde ramassa ses affaires et quitta les lieux. Severus la regarda partir, furieux mais aussi un peu embarrassé. Après ce qu'il venait de dire, il n'avait plus d'autre choix que de se rendre au club de Slug. Hors de question de donner raison à la cinquième année. Sauf qu'il ne pouvait pas y aller seul.

« Je suis désolée Severus, on aurait dû te dire qu'on en avait parlé avec maman. » Plongé dans ses pensées, il avait oublié la présence de Victoire.

- C'est tellement dommage que je ne puisse pas venir avec toi !

- Je suis d'accord, mais dis-toi que ça fera le bonheur d'une autre.

Il bluffait, mais par chance, elle mordit à l'hameçon.

- C'est vrai. Il y en une en particulier, qui accepterait avec plaisir.

- Ah bon. Qui donc ?

- Agnès.

- La gardienne de but des serpentards ?

- Tu en connais une autre ? Ça fait longtemps qu'elle rêve qu'on l'invite chez monsieur Slughorn. Je suis sûr qu'elle sauterait sur l'occasion.

l'idée déconcertait un peu le jeune sorcier. « Mais elle est en septième année. »

- Et toi en cinquième, oui. Mais personne ne lui a jamais proposé.

- Tu crois vraiment que ça lui plairait si je l'invitais ?

Victoire le regarda un bref instant. « Severus, tu es un élève très brillant, tu viens de créer ta propre société de philtres, et tu comptes parmi tes relations, Lucius Malfoy. Tout ça compte chez les Serpentards. » Elle marqua un temps. « Je sais qu'elle traîne une drôle de réputation, mais je lui ai parlé plusieurs fois et elle est très gentille. De toute façon, qu'est-ce que ça peut faire ce que les gens pensent ? On reprochait à Sirius Black d'avoir plein de copines ? »

En effet, qu'est ce que ça pouvait lui faire ? La seule personne dont l'opinion lui importait vraiment se trouvait à Carbone-les-Mines. Penser à Lily fit ressurgir les images de ses petits amis moldus, ravivant le sentiment d'infériorité du jeune sorcier. La gryffondor avait déjà cru qu'il était sorti avec Viviane. qu'est-ce que ça changerait un nom de plus sur la liste de ses pseudo- conquêtes ?

Il ne pouvait cependant pas exclure qu'Agnès refuse. Observant discrètement la septième année, il guetta donc une occasion pour lui parler en tête-à-tête. Un soir, après l'entraînement de Quiddich, il remarqua qu'elle ne se trouvait pas dans le groupe qui s'éloignait. S'éclipsant à son tour, il revint jusqu'aux vestiaires. Arrivé devant le local des filles, il s'arrêta un instant, assailli par le doute. Occludant du mieux qu'il pouvait, il se reprit et frappa à la porte.

- Il y a quelqu'un ?

- Oui, oui, entrez !

Poussant énergiquement le battant, il s'avança d'un pas décidé et manqua s'étaler par terre. Sommairement drapée dans une serviette, la gardienne de but se séchait tranquillement les cheveux. Si sa tenue légère ne semblait pas la gêner le moins du monde, lui ne pouvait pas en dire autant. Les choses se compliquaient.

- Tiens, Severus ! qu'est-ce qui t'amène ?

« Eh bien, en fait… » Malgré tous ses efforts, le stress l'empêchait de s'exprimer clairement. Bizarrement, il peinait à regarder son interlocutrice dans les yeux.

- Tu as des nouvelles idées pour l'entraînement ? Il nous reste un mois avant le prochain match, il nous faut une stratégie pour prendre nos adversaires au dépourvu. La boxe a pris les Poufsouffles par surprise, mais ça ne marchera pas face aux Serredaigles. Les connaissant, ils ont sûrement découvert comment on s'y était pris, et ils doivent étudier comme des malades. Science ou sport, ça ne leur fait pas peur d'apprendre une nouveauté. j'ai confiance en John, mais tu es notre atout secret. Tu t'es déjà battu, tu as de l'expérience. Tu trouveras bien quelque chose pour …

- Ça te dirait d'aller au Club de Slug ?

- Pardon ?

- Slughorn m'a invité à sa réunion de février. Je me demandais si ça t'intéresserait de venir avec moi, mais je comprendrais si tu préfères…

- Tu plaisantes ? Bien sûr que j'accepte. Merci, tu es génial !

Emporté par son enthousiasme, elle lui sauta au coup. Surpris, il se raidit devant cette gratitude exubérante. Maladroitement il essaya de lui tapoter le dos, mais il se figea au contact de la peau nue. Elle dut sentir son trouble car elle leva la tête. Posant ses mains sur ses épaules, elle le dévisagea un instant en souriant, avant de l'embrasser d'un coup.

Quand les lèvres chaudes de la jeune fille touchèrent les siennes, il eut comme un déclic. Sans la moindre hésitation, il sut comment lui rendre son baiser, tandis que son corps semblait acquérir sa propre autonomie. Quelque part, cela ressemblait à la manière dont il préparait une potion. Il agissait instinctivement, sans toujours comprendre ce qu'il faisait, mais ça lui permettait d'obtenir un résultat des plus satisfaisants ! Comme quoi travail en laboratoire et pulsions hormonales possédaient des points communs assez inattendus.

Cette comparaison flottait toujours dans son esprit, pendant qu'il rajustait ses vêtements. Ça lui évitait également de trop se focaliser sur la septième année qui cherchait sa serviette. En somme on pouvait considérer qu'il venait de découvrir une nouvelle matière à étudier. Et bien, en élève studieux, il se sentait motivé pour creuser le sujet.

- Dis, tu crois qu'à l'occasion on pourrait…?

En entendant la question, elle se figea un instant, sa baguette à la main. Renonçant pour le moment à lancer un Accio, elle prit son temps avant de répondre.

- Tu sais Severus, je ne suis pas naïve. Je connais ma réputation et pour tout te dire, je m'en moque un peu. Cependant, si je n'ai pas honte d'être sortie avec plein de garçons, je ne veux pas non plus qu'on ait honte de moi. Ce qui vient de se passer entre nous peut très bien rester dans ce vestiaire. Dans ce cas, on se donne rendez-vous pour la soirée de Slughorn et on s'ignore jusque-là. Par contre si tu souhaites qu'on se revoie avant, il faudra que tu assumes. Réfléchis-bien, ne serait-ce que parce que je suis en septième année, et donc plus âgée que toi.

En disant ces derniers mots, un expression indéfinissable flottait sur son visage, mais il n'y prêta guère attention, trop occupé à réfléchir. Que dirait Lily, si elle apprenait tout ça ? l'évocation de la gryffondor le renvoya à nouveau au douloureux souvenir de Noël.

Et puis d'abord, si la rouquine batifolait, pourquoi n'en ferait-il pas autant ? Lui aussi pouvait prendre du bon temps et en profiter pour acquérir un peu d'expérience. Il lui suffisait de mettre en œuvre son plan de manière à ce que son amie revienne juste à temps pour passer les BUSES, en juin. s'il rompait avec la serpentarde après le Club de Slug, ça lui laissait un délai.

Lily se focaliserait sûrement sur ses examens, après quoi ils partiraient en vacances. En septembre, Agnès aurait passé ses ASPICS et quitté l'école, tout cela appartiendrait au passé.

- Les sorciers peuvent vivre centenaires, non ? À cette échelle, qu'est-ce que ça fait nos deux petites années d'écart ?

- Je prend ça pour un oui. Tu réalises que ça implique qu'on va sortir ensemble d'ici tout-à-l'heure ?

- Pas de souci, mais on a le temps, non ? On est vraiment pressés de partir ?

- Quelle vitalité ! La fougue de la jeunesse.

Très motivé, il trouva vite comment utiliser le savoir transmis par Tom d'une manière inattendue. s'il s'affichait avec Agnès dans les quartiers des serpentards, il prétexta le besoin d'intimité, pour l'emmener aussi souvent que possible s'isoler dans les lieux les plus discrets de Poudlard.

Certes, pour cela il dut parcourir à maintes reprises le corps du bâtiment, s'engageant dans des passages plus ou moins secrets, explorant même parfois quelque conduit interdit. Mais il ne regretta pas son idée, car la serpentarde sut lui rendre amplement la pareille.

Tout entier focalisé sur ses nouvelles activités, il en négligea cependant un peu ses autres obligations. s'il améliora son endurance physique, ses notes, baissèrent sensiblement, lui faisant perdre la tête de la classe. Il décida également que les potions qu'il brassait clandestinement avaient besoin d'un fort opportun temps de repos pour s'affiner.

Il entendait ainsi pouvoir consacrer encore plus de temps à sa partenaire, mais il réalisa vite que quelque chose la préoccupait. Quand il se décida à l'interroger, elle lui fit remarquer que la réunion du Club de Slug se tiendrait la veille de leur match contre les serredaigles. En conséquence, ils ne pourraient pas rester trop longtemps à la réception, afin d'arriver en forme dans le stade. De plus, comme elle prenait la compétition très au sérieux, elle se mit à saisir la moindre occasion pour s'entraîner d'avantage.

Un soir, ce fut même elle qui refusa qu'ils rentrent ensemble, profitant du temps restant avant le couvre-feu pour se livrer à quelques exercices physiques supplémentaires. Après s'être désillusionné, il prit donc seul le chemin du retour. Les endorphines devaient faire leur effet, car il se sentait particulièrement apaisé, presque rêveur. Il prit même le temps de s'arrêter devant une armure, pour étudier la manière dont l'ombre se découpait à la lumière des torches. Au moment où il se disait qu'on pouvait y discerner cinquante nuances de gris, il lui sembla entendre au loin les sonorités désagréable d'une voix bien connue.

Tapotant son nez avec se baguette, il s'approcha lentement. Campé dans un coin du grand hall, les cheveux plus en bataille que jamais, Potter expliquait bruyamment à Pettigrow pourquoi les serpentards n'avaient aucune chance de gagner le prochain match.

Autrefois, le binoclard, flanqué de l'aîné des Black, aurait carrément apostrophé les joueurs concernés. Épaulé par son complice, il se serait sans doute même autorisé à en faire tomber un ou deux dans l'escalier, au prétexte d'une pseudo-farce. Privé de ses acolytes, le chef des Maraudeurs s'en trouvait réduit à déblatérer. Les choses avaient bien changé.

Aujourd'hui, C'était Severus qui se sentait d'humeur joueuse. Décidé à s'amuser, il se rapprocha discrètement, annula sa désillusion et plaça sa baguette sur sa gorge. Rassemblant ses souvenirs du bellâtre, il lança sa variante du Sonorus.

- Quelle analyse impressionnante.

En entendant la voix magiquement modifiée, le gryffondor hirsute se retourna plein d'espoir. « Sirius ? »En découvrant l'expression moqueuse de son ennemi juré, son visage se révulsa. Rageur, il balança un Stupefix, que le serpentard dévia négligemment d'un revers.

Par un heureux hasard, le maléfice rebondit vers Pettigrow qui s'effondra.

- Peter, non ! qu'est-ce que tu as fait ?

- Moi ? Rien, le sortilège vient de ta baguette. Tu n'y es pas allé de main morte, dis-moi. Il a son compte, il ne se réveillera pas avant un moment.

- Tout ça, C'est de ta faute, Servilus, tu vas aller en retenue !

- Dois-je rappeler à monsieur le préfet que, pour me coller, il te faut passer par un professeur ? Comment tu vas lui expliquer que C'est toi qui as envoyé le sort ? En même temps, tu as bien fait. Peter. Potter. Ça sonnait trop pareil, on risquait de finir par vous confondre.

Sa remarque fit naître quelques rires parmi les élèves qui commencer à s'attrouper autour d'eux. Pour une fois que ce n'était pas à ses dépens, cela sonnait assez agréablement.

- Tu vas regretter de m'avoir rencontré, Servilus !

- Au moins, on voit où sont tes priorités. Tu préfères m'agresser que d'aider ton pote. Ton pote Peter, Potter, le seul qui te reste. d'ailleurs, ils sont passés où les autres ? Où sont passés les potes à Potter ? Sûrement partis à quatre pattes. Pathétique.

Ses allitérations, déclamées d'un ton guilleret, provoquèrent une vague d'hilarité. Encouragé, il continua sur sa lancée. « Tu sais Potter, ce sont tes potes qui doivent regretter de t'avoir rencontré. À cause de toi, ils se retrouvent expulsés de l'école, ou bien assommés par terre. Tu portes la poisse, Potter. C'est ça les infortunes de la vertu des gryffondors ? »

Il voyait les doigts de son interlocuteur se crisper sur sa baguette. Très bien, encore un peu et il perdrait son sang-froid.

- Soyez raisonnable lord Potter, rangez ça. Vous n'êtes plus à quatre contre un, là. Je te l'ai déjà dit, en combat individuel, tu n'as aucune chance. Tu manques de talent, ô divin marquis.

- Ouais, parce que tu fais de la magie noire !

- Tu préfères qu'on règle ça à mains nues ? Ah non, attend, je me souviens, tu as essayé en septembre. Tes lunettes ne s'en sont pas encore remises d'ailleurs. Fais attention, la branche gauche est mal redressée.

Le gryffondor porta la main à sa tête, mais s'arrêta à mi-course, l'air presque perdu. Tout marchait comme prévu. Si on l'attaquait, Severus serait dans son droit pour répliquer. Cette fois, C'est lui qui allait mener la danse. Le binoclard allait à son tour connaître les affres d'une humiliation publique.

- Messieurs, je crois qu'on va en rester là.

Évidemment, c'est au moment où les choses allaient devenir intéressantes, que des rabat-joies décidaient de s'en mêler. Et des rabat-joies de sa Maison, qui plus est.


Ah, les adolescents pleins d'hormones... Et bravo à Fiona1661 pour son intuition dès le chapitre 11