D'abord merci à Quetsche et à Paladin Thorn pour leurs dernière reviews. Cela faisait un moment que je ne voyais plus vos noms, je craignais que vous ne soyez passé à autre chose.
Il y en a une par contre qui ne me fait jamais défaut: merci katymyny. Je regrette de ne pas pouvoir t'envoyer de MP, mais sache que je trouve ta régularité dans les reviews particulièrement gratifiante.

Je poste ce chapitre un peu en avance, car je ne serai pas sur Paris ce WE. Au moins ça fera quelque chose à lire s'il continue à pleuvoir comme aujourd'hui.


Un peu contrarié Severus réalisa qu'il n'avait pas vu arriver John et Viviane, trop focalisé sur Potter. Une faute d'inattention qui risquait de le priver de sa revanche. Il vit en effet le capitaine de l'équipe des Serpentards se diriger vers son homologue des Gryffondors, tandis que la préfète venait se placer devant lui, bloquant sa vue.

Il tendit l'oreille pour tâcher d'écouter ce que les deux joueurs de Quiddich se disaient, mais son interlocutrice ne lui en laissa pas l'occasion.

- Pourquoi, Severus ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi vous vous disputiez ?

Il ne s'attendait pas à cette question, à ce ton si raisonnable. Depuis leur altercation à la bibliothèque, ils ne s'étaient pas adressés la parole. « Demande-le-lui donc, C'est lui qui m'a attaqué. Comme d'habitude. »

- Là, C'est à toi que je m'adresse. j'arrive après l'action, je trouve un élève à terre, deux autres avec leurs baguettes sorties. Et je doute que Potter ait assommé Pettigrow.

- Pourtant, dans le train à la rentrée…

« À la rentrée, il y avait Black. Et on sait tous les deux qu'il est capable de tout et n'importe quoi. » L'espace d'un instant l'ombre d'un loup-garou flotta entre eux, avant qu'elle ne reprenne. « Maintenant, il se trouve loin d'ici, à Durmstrang. Seul avec Pettigrow, Potter ne fait plus de farce. Il déprime sans son meilleur ami. »

- Il déprime ? Ça se voit que tu n'as pas entendu ses commentaires sur notre équipe ! Il pense qu'on à aucune chance, et il ne se privait pas de le faire savoir. Il le vociférait à la cantonade.

- Et bien tu sais quoi ? La meilleure manière de le faire enrager, C'est de gagner haut la main le match contre les Serredaigles. Ça prouvera qu'il raconte n'importe quoi.

- Mais c'est lui qui m'a agressé ! Et si je ne jouais pas dans notre équipe, il m'aurait sûrement collé, juste parce qu'il ne m'aime pas.

- Je suis d'accord avec toi, il abuse de sa fonction. Les préfets doivent arrondir les ongles, pas jeter de l'huile sur le feu. Mais il n'est pas stupide non plus, seul, il sait qu'il n'a aucune chance contre toi, si la situation dégénère. Ne fais pas cette tête, vous parliez tellement fort, qu'on vous a entendus en arrivant moi et John. D'ailleurs tu devrais faire plus attention, imagine qu'un enseignant vous ait entendus.

Severus n'appréciait pas la tournure que prenait la conversation. Il allait devoir remettre les pendules à l'heure. « Tu renverses un peu la situation, non ? l'année dernière avec Black, ils ne se privaient pas d'agresser les gens, mais bizarrement tu ne disais pas grand-chose. »

- L'année dernière, j'étais carrément prête à faire équipe avec toi et Régulus pour leur donner une bonne leçon ! Depuis, je suis devenue préfète, un poste qui me donne des responsabilités. Tu es plus fort que lui, alors ne le provoque pas, s'il te plaît.

« Je n'ai jamais fait ça ! » Pourquoi les choses se déroulaient-elles ainsi ? Quel mal y avait-il à prendre une petite revanche ? Il se serait contenté d'un Speculum Speculo sur les lunettes du binoclard, histoire de lui apprendre à se prendre pour une star. Viviane exagérait, à tirer ce genre de conclusions douteuses. Et voilà maintenant qu'elle le contemplait l'air soucieux.

- En ce moment, on ne te reconnaît plus Severus, même en classe. Tu te rends compte qu'au dernier cours de potion, Slughorn m'a donné une meilleure note qu'à toi ?

- C'était un accident !

- Tu as la tête ailleurs depuis quelques semaines, admets-le.

Alors, C'était là qu'elle voulait en venir. « Il se trouve en effet que je profite un peu de la vie en ce moment. Au cas où ça te poserait un problème je te rappelle qu'on ne t'a pas beaucoup vue pendant les vacances de Noël. »

- Je passe du temps avec John, mais on oublie pas nos familles ou le Quiddch. Toi tu délaisses tes études, je croyais que c'était important pour toi.

Piqué au vif, il vit rouge. « En fait, tu es jalouse. » Comme elle accusait le coup, il poussa son avantage. « Tu sais très bien que moi je peux redevenir premier de la classe, en un clin d'œil. qu'est-ce que tu veux, C'est ça le talent. »

« Quand tu parles comme ça, tu fais vraiment penser à Potter. » Les mots le firent blêmir. « Tu racontes qu'il t'en veut parce que tu existes, mais toi tu l'envies parce que tu voudrais être comme lui. »

- Retire ça.

Elle contempla la baguette qui la menaçait, sans paraître le monde du monde impressionnée. La gamine de la bibliothèque, drapée dans sa dignité semblait bien loin. « Et si je ne m'exécute pas, il ne faudra pas que je me plaigne des conséquences ? Tu m'as dit quelque chose comme ça l'année dernière. Tu devrais grandir un peu Severus. Régler tous ses problèmes à coup de sortilèges, C'est un truc de Gryffondir immature. »

Furieux, il hésita néanmoins. Son Tom intérieur lui murmurait qu'attaquer une préfète en public, ne constituait pas une bonne idée. Il réalisa qu'ils se trouvaient seuls dans le hall. Accaparé par la dispute, il n'avait pas vu les autres élèves disparaître. Elle venait de le manipuler.

- Le couvre-feu approche Severus, tu ne crois pas que tu devrais rentrer ?

Maintenant, elle se croyait autorisée à le prendre de haut, comme quand elle croyait pouvoir décider à sa place s'il irait au Club de Slug. Elle semblait oublier sa vraie nature. Celle d'une petite sang-mêlée honteuse de ses origines.

- Si le couvre-feu ne fait qu'approcher, cela signifie qu'il me reste encore un peu de temps, mademoiselle Arès. Oh pardon, je voulais dire ADAMS-Arès. Désolé pour l'erreur. Elle ne se reproduira pas.

Sans attendre de voir l'effet de ses paroles, il quitta les lieux. Puisqu'elle rompait leur alliance, il ne se sentait plus tenu au secret. Dans les jours à venir, il délivrerait l'information par petites doses, pour la voir lentement se propager. Cette revanche-là, on ne la lui volerait pas. Dans l'immédiat cependant, il lui fallait un exutoire plus concret pour sa colère. Cela tombait bien, il savait où en trouver un. Bientôt sa salle d'entraînement retentit de maléfices hurlés à pleins poumons.

Comment osait-on le comparer à Potter ? Il ne ressemblerait jamais à ce petit crétin arrogant de sang-pur, en admiration béate devant une culture moldue qu'il ne connaissait même pas. D'ailleurs, il ne comprenait pas comment on pouvait autant s'intéresser à ces créatures répugnantes et sans magie. Lui, il avait honte que l'un d'entre eux soit son géniteur !

Penser à son père le renvoya à l'été dernier, mais il occluda prestement les souvenirs les plus déstabilisants, se concentrant sur son œuvre de destruction. Il pulvérisa ainsi une bonne partie du mobilier de la pièce, mais dut finir par s'arrêter pour reprendre son souffle. De manière incongrue, il se dit qu'il s'agissait de la fin du round. Une pensée qui ne lui apporta guère de sérénité. En fait, sa colère n'avait pas disparu, il allait devoir trouver autre chose pour se défouler.

Perdu dans ses pensées, il ne faisait guère attention à son environnement, aussi sursauta-t-il quand on l'interpella. « Tout va bien Severus ? »

En voyant qui l'interrogeait, il baissa la baguette qu'il venait de dégainer. Il aurait dû entendre Victoire entrer. Il venait de commettre le même genre d'erreur que dans le hall. Décidément, il se relâchait en ce moment. Elle arborait un air préoccupé qui lui rappelait un peu top une précédente interlocutrice.

- C'est ta sœur qui t'envoie ?

- Non. On m'a dit ce qui s'était passé dans le hall. Comment tu te sens ?

- Et comment tu veux que je me sente ?! Ta sœur vient de m'insulter, de prendre le parti des Maraudeurs. Et devant tout le monde !

- Je suis sûr qu'elle ne pensait pas à mal. On fait tous des erreurs.

- Tu plaisantes ? Je vois clair dans son jeu, maintenant. Elle est juste jalouse ! Elle sait qu'elle n'atteindra jamais mon niveau. Ça doit bien l'énerver !

- Tu te trompes, elle…

- Tu ne l'as pas entendue, me rappeler qu'elle venait de me battre en potion. Et puis elle ne manque pas de culot, quand elle me reproche de provoquer Potter. Brusquement, elle et son petit copain se réveillent. On n'a pas trop entendu John, l'année dernière.

- C'est vrai qu'il…

- Laisse tomber, ce n'est pas lui qui m'intéresse, mais ta sœur. Tu sais que chez les serpentards, tout le monde pense que C'est une sang-pur ? Tu ne trouves pas bizarre qu'elle ne parle jamais de votre mère ? J'ai une petite idée sur la raison.

- Tu sais bien que dans votre Maison, les a-priori…

- Je le sais, je m'appelle Rogue ! Je peux être premier de la classe, tenir tête seul à quatre brutes pendant des années, je reste un sale sang-mêlé qu'on peut prendre de haut. Viviane vient juste de jouer à ça. Mais c'est fini, j'en ai assez, tout le monde va savoir qu'elle ne vaut pas mieux que moi.

- Ne fais pas ça, s'il te plaît ! Je suis d'accord avec toi, elle ne devrait pas cacher la situation de maman. On s'est déjà disputées à cause de ça. Mais il faut que ça vienne d'elle.

- Elle n'avait qu'à pas oublier notre accord ! Je mérite le respect, je suis le meilleur. Le meilleur magicien, le meilleur combattant.

« Ça, ça reste à prouver. » Surpris, il la vit adopter une position de duel inhabituelle. « Je te propose un marché : je t'affronte et si je te fais perdre ta baguette, tu ne dis rien. Ça doit être le choix de Viv'. »

- Tu rêves, là. Tu crois vraiment pouvoir gagner ?

- Je t'ai déjà donné du fil à retordre, non ? Tu attends quoi, tu as peur ?

Tout comme sa sœur, elle ne manquait pas de culot. Au moins, ça lui donnait une nouvelle occasion de se passer ses nerfs. Il attaqua sans prévenir, histoire de lui faire perdre de sa superbe, mais elle lui opposa une résistance opiniâtre. Malheureusement pour elle, si elle avait progressé en vitesse, elle adoptait désormais une garde bizarre qui la gênait visiblement. Campée en biais, elle conservait son épaule gauche en avant, le bras semi-fléchi, ce qui la handicapait pour lancer des sortilèges. Sans doute l'influence de l'entraînement de boxe durant les vacances de Noël. Tant pis pour elle.

Décidant de faire durer un peu le plaisir, il la bloqua dans un coin, pour restreindre sa liberté de mouvement et sa capacité à esquiver. Accélérant peu à peu la cadence de ses sorts, il ne tarda pas à constater qu'elle se trouvait en sueur, peinant à suivre le rythme. Elle commençait visiblement à se fatiguer, mais ne semblait aucunement décidée à abandonner. Dommage pour elle, tant mieux pour lui. Son obstination ne rendrait la victoire que plus éclatante. Ça montrerait bien leur différence de niveau. Déterminé à en finir, il se rapprocha pour porter l'estocade finale.

Soudain, elle détendit son poing gauche. Le jab, parfaitement exécuté le prit par surprise, le touchant à l'épaule. Déséquilibré, il manqua tomber, ne retrouvant ses appuis qu'au tout dernier moment. Un laps de temps et une distraction suffisante pour son opposante.

« Expelliarmus ! » Projetée en l'air sa baguette atterrit dans la main tendue de Victoire.

- Depuis quand on utilise de la boxe dans un duel magique ? C'est de la triche !

- Je n'ai pas parlé de duel, mais d'affrontement. j'ai réussi à te faire perdre ta baguette, tu te souviens de notre accord ?

Rageur, il récupéra son bien.

- Ne t'inquiète pas, je garderai votre cher petit secret. Mais un jour ou l'autre, quelqu'un finira par vendre la mèche.

- Peut-être, mais ce ne sera pas toi. Je ne veux pas qu'on se fâche à cause de ça.

Les Poufsouffles et leurs bons sentiments. En d'autres circonstances ça aurait pu l'amuser. Dans le cas présent, il trouvait surtout préoccupant qu'elle ait réussi à le désarmer aussi facilement. Ajoutés à ses récentes fautes d'inattention, il prit le tout comme un signal d'alarme. Sur ce point-là, au moins, Viviane avait eu raison, même si elle se trompait sur les raisons. Il s'était ramolli à cause de certaines fréquentations. Le contact d'autres sangs-mêlés ne lui apportait décidément rien de bon. Dans ces conditions, la proposition de Lucius prenait une importance particulière. Rencontrer des partisans de lord Voldemort durant l'été, lui ferait sûrement beaucoup de bien. Récupérer Tom, s'avérerait encore mieux, mais tout cela devrait attendre un peu. Dans l'immédiat, il fallait qu'il prenne des mesures plus urgentes.

Le soir-même, il se jeta à corps perdu dans ses livres de classe, déterminé à retrouver le haut du classement, une position qu'il n'aurait jamais dû quitter. Le lendemain, il fit appel à toute sa science de l'occlumencie pour se remémorer les différentes phases du combat. Le procédé marchait nettement moins bien qu'avec une pensine, mais il lui permit de mieux comprendre la tactique de Victoire.

Il devait en admettre l'originalité. Il n'aurait jamais pensé à associer boxe et magie. Il releva néanmoins plusieurs faiblesses, à commencer par le besoin de s'approcher de son adversaire. De plus, la posture combinant coups et sortilèges ne permettait pas d'utiliser le plein potentiel des uns ou des autres. Enfin et surtout, cela risquait de ne marcher qu'une fois. En tout cas, lui on ne l'y reprendrait plus. Désormais, il se tiendrait sur ses gardes, étudiant le langage corporel de son adversaire afin de voir le coup venir. Sur ce point, il devait cependant reconnaître que la plupart des sorciers, moins familiers que lui avec le Noble Art, risquaient de rencontrer plus de difficultés. Il restait à savoir si les joueurs de Quiddich popularisaient ce nouveau sport.

Un peu rasséréné, il put se concentrer sur ses potions illégales, qu'il acheva dans un temps record. Il les dissimula soigneusement, avant de démanteler son laboratoire clandestin, de finaliser Bloclang, puis d'échanger quelques courriers avec Lucius. Par le biais de fausses banalités, ils purent se communiquer de précieuses informations. Le mariage aurait lieu fin août, mais ils devraient pouvoir se rencontrer au début de l'été, afin de récupérer Dobby pour les vacances.

Il ne recroisa pas Viviane dans les jours qui suivirent. Sa sœur avait dû lui rapporter la promesse de la salle de duel. Il restait à espérer qu'elle arrêterait de se mêler des affaires des autres.

Devant l'excellente tournure que prenaient les événements, il décida de profiter de ses derniers moments avec Agnès, sans pour autant relâcher ses efforts scolaires. Comme si elle sentait venir la fin de leur relation, la gardienne de buts se montrait empressée et surprenante. Comment réussit-elle à se procurer le mot de passe de la salle de bain des préfets ? Il ne parvint pas à le savoir, et quand il y repensa, il en vint surtout à s'interroger sur le bon sens des fondateurs.

Qu'est-ce qui leur avait pris d'installer au milieu du château une telle pièce, avec une baignoire assez grande pour servir de piscine ? Et surtout pourquoi en réserver l'accès exclusif à des adolescents en pleine puberté ?!

Si ce vendredi soir, il n'eut pas à s'en plaindre, quand il regagna le dortoir, il se sentait totalement vidé. Il s'écroula sur son lit, dormant comme une souche jusqu'au milieu de la matinée avant de parvenir à ouvrir un œil. Il faudrait qu'il effectue une petite sieste dans l'après-midi, s'il voulait faire bonne figure ce week-end. Ce soir, il y avait la réunion du Club de Slug et le lendemain, le match contre les Serredaigles. Heureusement que sa cavalière voulait qu'ils arrivent tôt.

Quand elle le rejoignit dans la salle commune, il dut faire un effort pour cacher sa surprise. Elle arborait une tenue particulièrement sobre, bien loin de ses habituels décolletés outrageux. Clairement, elle attachait une grande importance à cette réception. Tant mieux, le plaisir qu'elle en tirerait, amoindrirait un peu la peine qu'il s'apprêtait à lui causer.

Il remarqua avec satisfaction qu'ils entraient chez l'enseignant presque au même moment que Viviane et John. Ça prouverait à la cinquième année que ni elle, ni sa mère ne l'empêcheraient de faire ce qu'il voulait. Malheureusement, il trouva là la seule raison de se réjouir de toute la soirée. Dès qu'ils se virent, les joueurs de Quiddich se mirent à parler avec passion de la rencontre particulièrement hasardeuse prévue pour le lendemain. Malgré ses entraînements réguliers, le jeune sorcier ne nourrissait pas un amour immodéré pour ce sport, aussi, se lassa-t-il vite.

Un peu mal-à-l'aise, il commençait à trouver le temps long, quand Slughorn les aborda, accompagné d'un inconnu. Il crut trouver son salut dans ce dernier, mais il se révéla être une personnalité fort connue du monde Quiddich. La conversation reprit donc de plus belle, quoique sur un ton plus modéré. Le nouvel arrivant impressionnait visiblement beaucoup les autres membres de l'équipe.

Ayant entendu parler de la tactique utilisée contre le cognard des Poufsouffles, il voulait en savoir plus. À l'instant où leur capitaine se mit à ressasser son histoire du marquis de Queensberry, Severus jeta mentalement l'éponge. Par chance, on ne mentionna pas son rôle dans toute cette histoire, ce qui lui permit de rester en retrait. Pour éviter de mourir d'ennui, il envisageait de se mettre à occluder, comme dans le stade de foot avec son père et monsieur Evans, quand Slughorn s'adressa à lui.

L'enseignant commença par le féliciter pour la qualité de ses derniers devoirs de potion. Il s'agissait clairement d'une diversion. Ce fut donc sans surprise que son interlocuteur changea de sujet, continuant cependant à biaiser. Il évoqua d'abord les étudiantes de plus souvent traumatisées par les araignées, avant de s'interroger sur la création d'un philtre pour résoudre le problème. Saisi d'une inspiration subite, Severus proposa d'effectuer des recherches sur le sujet, mais pendant les cours.

De toute façon, vu son niveau la classe de potion ne présentait plus d'intérêt. s'y livrer à une activité intellectuelle stimulante constituerait un changement bienvenu. Dans la foulée, il accepta même de se remettre à brasser pour l'infirmerie pendant que les autres élèves potasseraient le programme. Slughorn était finalement parvenu à ses fins, mais tant que ça n'empiétait plus sur son temps libre, est-ce que ça le gênait vraiment ?

Il s'interrogeait encore, quand sa partenaire lui fit comprendre qu'il était temps de rentrer. Elle voulait se reposer pour le match de demain, tout comme John et Viviane qui quittèrent également la soirée. Bizarrement, alors qu'ils se dirigeaient tous vers le même dortoir, ils choisirent de rentrer par un autre chemin.

Quelque part, ça l'arrangeait. Ce soir, il avait prévu de mettre fin à sa relation avec Agnès. Il espérait juste que ça ne l'affecterait pas trop. Son plan prévoyait ensuite qu'il profite de la prochaine sortie à Pré-au-Lard, pour trouver une cheminée reliée au réseau, afin de se rendre à Carbone-les-Mines. Il ne se faisait pas trop de souci sur ce point-là, pas plus que sur sa capacité à ensuite trouver les parents de Lily, pour les convaincre de la laisser reprendre ses études de sorcière. Ce jour-là, la chance lui sourirait.

Mais dans ces conditions, devait-il vraiment se précipiter ? Pourquoi ne pas attendre la veille de l'excursion pour rompre ? Cela lui permettrait de profiter encore un peu de …

- Grace à toi, je viens de passer une super soirée, Severus. Merci beaucoup.

Depuis quelque temps, il tendait à trop se plonger dans ses pensées, oubliant tout ce qui l'entourait. Il fallait vraiment qu'il se débarrasse de cette mauvaise habitude.

- C'est d'autant plus gentil de ta part, qu'on a surtout parlé de Quiddich. Pas vraiment ton sujet préféré.

- J'ai discuté avec Slughorn. Désormais, je pourrais étudier ce que je veux pendant ses cours.

- Formidable ! Mais c'est mérité, tu es tellement brillant. Notre directeur de maison t'apprécie beaucoup, tu sais ? Sa proposition ne me surprend pas.

Les compliments de la septième année le mettaient mal-à-l'aise. Comment la laisser tomber dans ces conditions ? Elle risquait de ne pas s'en remettre, surtout avec le match de demain.

- Moi aussi, je suis très contente. Tu sais avec qui j'ai discuté ? Gus Lobel !

- ?

- Mais si, le fameux entraîneur de Quiddich. On dit qu'il peut deviner le niveau d'un joueur rien qu'en le voyant monter sur son balai. Slughron lui avait raconté notre match, John lui a expliqué nos tactiques, il va venir nous voir jouer demain. C'est la chance de ma vie ! Si je l'impressionne, ma carrière professionnelle est lancée. Et tout ça, C'est grâce à toi, je ne pourrai jamais assez te remercier.

Toute cette gratitude le mettait un peu mal-à-l'aise. Il ne méritait pas qu'elle en fasse autant alors qu'il allait rompre, mais, comme elle ne se doutait de rien, elle continuait sur sa lancée.

« Je te revois encore entrer sur le terrain pour les sélections, si j'avais pu me douter à cet instant… Et ce qu'on a vécu les dernières semaines… C'était fabuleux. Je te devrais quelques-uns des plus beaux souvenirs de ma septième année. » Il y avait quelque chose qui ne collait pas dans ses paroles, mais malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à comprendre ce qui clochait. « Je garderai en mémoire notre relation. Il s'agit d'un trésor précieux que je conserverai longtemps … »

- Attends, qu'est-ce que tu essaies de me dire exactement ?

- On a vécu une histoire magnifique, mais tu vois quel avenir pour nous ?

« Je rêve ou tu es en train de rompre ? » Abasourdi, il lui fallut quelques instants pour réaliser. « Tu romps juste après la soirée chez Slug, tu avais tout planifié. Tu m'as utilisé pour te faire inviter, et comme maintenant je ne te sers plus à rien, tu te débarrasses de moi ! »

- C'est toi qui es venu me proposer de t'accompagner. Quand tu as voulu qu'on se revoie, je t'avais laissé le choix, tu te souviens ?

- Et notre soirée dans la salle de bain, ça faisait partie de ton programme ? Un cadeau de rupture pour finir en beauté ?

- Je voulais que notre arrangement culmine d'une manière inoubliable.

- Alors nous deux, C'était juste un arrangement pour toi ?

- Écoute, il faut voir les choses en face. Avec les révisions pour les BUSES et les APSICS qui se rapprochent, on va manquer de temps pour se voir. Fin juin, je quitterai définitivement Poudlard. Tu crois vraiment que ça pourrait durer entre … Reviens Severus !

Il ne l'écoutait plus, filant à travers des couloirs mal éclairés, sans même prêter attention aux rares élèves qu'il croisait. Les yeux brûlant dans la semi obscurité, il faisait de son mieux pour occluder, mais en vain.

Comment pouvait-elle le traiter de cette manière ? Il lui sembla entendre son Tom intérieur lui murmurer ironiquement qu'elle prenait juste les devants. N'avait-il pas prévu de la quitter ce soir même ? Il rejeta l'idée avec force. Ce n'était pas du tout la même chose. À nouveau, il crut entendre le journal lui rappeler que Lily s'était servie de ce genre d'argument.

Cette nouvelle pensée le déstabilisa encore davantage. Pourquoi fallait-il que Tom intervienne maintenant ? Alors qu'il se faisait de plus en plus rare depuis quelque temps, il choisissait de se réveiller au moment le moins opportun.

Empêtré dans son chagrin, il ne prêtait guère attention à ce qui l'entourait. Il buta sur un obstacle, invisible dans la pénombre, ne retrouvant son équilibre que de justesse. Craignant une embuscade, il déploya un bouclier, tout en brandissant sa baguette.

D'un mouvement rapide, il ralluma les torches à l'entour pour voir qui l'attaquait. À la lumière des flambeaux, il comprit son erreur. En plein milieu du corridor, un corps à la rigidité cadavérique bloquait le passage. Voilà qui éclairait la situation d'un jour particulièrement sinistre.

- Cette fois tu ne pourras pas nier.

Il tourna la tête : campés à l'extrémité du corridor, Agnès et Potter le regardaient fixement. Le Gryffondor arborait le même air de triomphe que le jour des essais de Quiddich.

- Une nouvelle agression, et devant témoins cette fois. Ton compte est bon.


NDA: la baignoire géante de la salle de bain des préfets me semble la candidate idéale au titre de "hidden swimming pool" de AVPM (les fans comprendront tout de suite ce que je veux dire, les autres trouveront en 5 mn avec un bon moteur de recherche ...)
Et je reste perplexe sur l'idée de mettre une baignoire géante à la disposition d'étudiants de 15 ans pleins d'hormones. Je serai curieux de savoir où JK a trouvé cette idée ...