D'abord, toutes mes excuses pour la publication tardives de ce chapitre. La raison tient en 4 mots The house of Gaunts. Il s'agit d'un petit bijou de FanFilm que je viens de découvrir. On y détaille les origines du Seigneur des Ténèbres. C'est en anglais, mais réalisé par un français. Tapez le titre dans un moteur de recherche et régalez-vous!
Je n'ai pas toujours le temps de le faire de manière détaillée, mais merci à tous les gens qui prennent la peine de m'écrire des reviews, à commencer par
katymyny. J'ai aussi beaucoup apprécié le commentaire de Rose, car il me laisse penser que j'ai réussi à dépeindre Severus de manière contrastée: oui, il a d'immenses qualités, mais aussi d'énormes défauts. Grâce à Tom, il fait preuve d'un peu plus de jugeote, mais il reste biaisé, aigri, mesquin, égoïste et j'en oublie (je l'adore!)
De même j'assume tout à fait la manière dont je vois James Potter et Dumbledore. Le premier est le Draco Malfoy de sa génération : un sang-pur pourri gâté par ses parents qui croit qu'il peut faire tout ce qui lui plait. Certes, je n'exclue pas qu'il change par la suite, mais pour le moment, c'est une petite brute. Quand à Dumbledore ... disons que la lecture des six premiers livres de J.K. Rowling suffit à se faire une idée de son efficacité comme directeur: tentatives de meurtre en toute impunité, monstres derrière des portes qu'un premier année peut ouvrir sans difficulté, implication d'un mineur dans un tournoi hautement périlleux sans qu'il s'y oppose, harcèlement d'élèves pouvant aller jusqu'à la torture, sans oublier une propension à engager des professeurs de défense au mieux incompétents, au pire carrément
dangereux. Le tout culminera au moment de son assassinat, de la main même de l'enseignant dont il était sans doute le plus proche! ( aucune mauvaise fois dans mes propos ...)

J'ai assez balancé de méchanceté sur ce pauvre Dumby (s'il avait fait son travail correctement, il aurait certes capturé Quirell dès le premier tome, mais alors il n'y aurait pas eu d'histoire). Je vous propose plutôt de lire mon nouveau chapitre.


Ce samedi matin, les membres de l'équipe de Quiddich de Serpentard se levèrent tôt. De toute façon, la plupart avaient peu dormi. Pour beaucoup, ce jour constituait le point culminant de leur année. Aujourd'hui, plus rien d'autre ne comptait ni la coupe des Maisons que risquaient de remporter les Serredaigles, ni les examens qui approchaient, ni même les mystérieuses agressions. Aujourd'hui ils affronteraient leur ennemi juré, l'équipe des Gryffondors, invaincue depuis plusieurs années. Aujourd'hui certains disputeraient leur dernier match à Poudlard, à commencer par John, leur capitaine.

Solennel, ce dernier les surveilla attentivement, veillant à ce que chacun d'entre eux aille se nourrir dans la grande salle, avant de revenir se reposer dans leurs quartiers. Une heure avant le début de la partie, il leur fit effectuer une séance d'assouplissement dans la salle commune auxquels tous participèrent, Severus comme les autres.

Saisi par l'ambiance, il n'avait pas ouvert un livre depuis son réveil, remettant les révisions à un autre jour. Il exécuta avec application les exercices physiques en compagnie de ses camarades, pendant que les autres élèves les regardaient sans mot dire. Mulciber lança bien une mauvaise plaisanterie sur les moldus, mais elle tomba à plat. Aujourd'hui ils faisaient fi des polémiques pour s'unir tous ensemble et porter haut les couleurs de leur Maison.

Cette fois, quand ils entrèrent dans le stade le cinquième année ne se laissa pas impressionner par la foule ou les clameurs. Il jeta cependant un coup d'œil aux tribunes, où, avec surprise, il ne vit pas Dumbledore. Quoique inattendue, il s'agissait d'une bonne nouvelle, vu le parti pris du vieux sorcier en faveur des Rouge-et-ors. Comme Flitwick le remplaçait, en tant que directeur adjoint, on pouvait s'attendre à un peu plus de neutralité.

À côté du petit enseignant, Alastor Maugrey n'en paraissait que plus massif. Malgré un temps maussade, l'auror arborait une paire de lunettes argentées absolument hideuses qui lui mangeaient la moitié du visage. Pourquoi vouloir se protéger les yeux ? Que venait-il faire dans le stade ? Il fallait espérer qu'au moins les reflets du soleil sur ses verres ne gêneraient pas les joueurs.

Contrairement aux professeurs, tous les élèves semblaient s'être donnés rendez-vous sur les gradins. Leur surexcitation s'avérait contagieuse, mettant en danger la concentration des joueurs. Pressentant le danger d'une telle atmosphère, John parvint à les prendre à part.

- Si on garde notre calme, on a toutes nos chances. Vous êtes la meilleure équipe avec laquelle j'ai jamais joué. Par le poing de Salazar, allons chercher la victoire !

« PAR LE POING DE SALAZAR ! » reprirent en chœur les serpentards.

Galvanisés, ils s'emparèrent du souafle dès le signal de l'arbitre. Severus constata avec satisfaction que, malgré leurs vantardises, la plupart des Rouge-et-ors ne valaient pas grand-chose. On aurait pu se demander comment ils gagnaient leurs matchs, s'il ne s'était pas trouvé dans leurs rangs un élément exceptionnel.

S'il y avait bien une chose que Potter n'usurpait pas, c'était son titre de capitaine. Malgré tous ses défauts, on pouvait difficilement nier son habileté au Quiddich. Dans les airs, il faisait penser à un feu follet, aussi vif qu'imprévisible. Subtilisant in extremis la balle, il fonça brusquement sur un de ses adversaires. Paniqué, le batteur lui envoya un coup de poing imprécis

Touché, le binoclard alla s'affaisser mollement au sol, en hurlant d'une manière déchirante. Le fait qu'il n'ait lâché ni son balai ni le souafle prouvait indiscutablement qu'il jouait la comédie, mais l'arbitre ne voulut rien entendre. Malgré les protestations, il expulsa le serpentard. Par chance, il leur restait John, qui leur rappela énergiquement qu'ils ne devaient utiliser la boxe que si une balle fonçait vers eux.

Échaudés et dûment chapitrés, ils reprirent le match, bien décidés à ne pas commettre deux fois la même erreur, mais le mal était fait. Avec un seul batteur, ils perdaient la maîtrise des cognards. Bien sûr leur capitaine faisait de son mieux, mais leurs poursuiveurs devaient désormais constamment rester sur leurs gardes. De ce fait, virent leur efficacité sévèrement entamée, un avantage dont ce maudit Potter sut parfaitement tirer profit, pour s'emparer de la balle à la moindre occasion, et filer vers les buts en Vert-et-argent.

Au bout d'un moment, sa stratégie finit par apparaître clairement. Il aurait pu choisir de jouer comme attrapeur et s'assurer une victoire facile, mais son arrogance le poussait à vouloir plus. Sûr de sa supériorité, il entendait humilier publiquement ses adversaires en marquant plus de points que le Vif d'or n'en rapportait.

Sans doute très flatteuse pour son ego, cette belle mécanique risquait cependant de se trouver grippée par quelques grains de sable. À commencer par la garde des buts. Comme lors du précédent match, Agnès donnait toute sa mesure. Sûre d'elle, agile, le coup d'œil précis, elle accomplissait des prodiges. Malheureusement, elle affrontait un individu capable lui de réussir des miracles.

Quand le Gryffondor se présentait face à elle, il devait batailler ferme mais trouvait bien trop souvent le moyen de marquer. Comme lors du match contre les Serredaigles, les points s'accumulaient lentement mais sûrement en faveur des Rouge-et-ors, à la grande joie de leur capitaine. Il arborait de plus en plus ouvertement un petit air narquois particulièrement horripilant.

Excédé, Severus dut lutter pour ne pas sortir sa baguette. Péniblement, il occluda, tâchant de se raisonner. Si on le surprenait en train d'envoyer un maléfice, toute l'équipe serait sanctionnée, réduisant à néant leurs maigres chances. Il préféra se focaliser sur leur attrapeuse, qui constituait leur dernier espoir. Ils pouvaient encore l'emporter, à condition que Viviane s'empare du Vif-d'or.

Quand elle changea brusquement de direction, pour filer à toute allure vers un coin du stade, il retint son souffle. Malheureusement, il n'était pas le seul à garder un œil sur elle. Frénétiquement, Potter arracha la balle à un de ses adversaires, avant de foncer aveuglément. Sa brutalité lui attira les huées d'une partie des tribunes, mais l'arbitre ne broncha pas.

Une course à distance absolument effrénée s'engagea entre l'attrapeuse et le poursuiveur. De son résultat dépendait l'issue du match.

Voyant le binoclard arriver sur elle, Agnès choisit de venir à sa rencontre. Cette décision, absurde en apparence, prit sens quand John parvint à envoyer successivement les deux cognards dans leur direction. Ils avaient dû préparer leur coup. Le gryffondor semblait en mauvaise posture, en étau entre la gardienne et les balles dans son dos, quand il bascula brusquement son balai à l'envers. La tète vers le sol, ne craignant plus les projectiles, il tira malgré la position inconfortable.

Trop occupée à dévier le premier cognard, Agnès ne réussit pas à empêcher la manœuvre. Jugeant la situation en une fraction de seconde, elle esquiva la seconde balle d'une feinte, tout en lui décochant un direct au passage. Sous l'impulsion, le projectile métallique changea brutalement de direction, filant à toute vitesse vers les buts. Severus réalisa avec incrédulité que sa trajectoire convergeait avec celle du souafle, qu'il dévia au moment où il allait passer dans les anneaux. L'instant d'après, Viviane s'emparait du Vif d'Or, leur permettant de remporter la victoire de justesse.

Comme lors de leur premier match, le public se figea un instant sous la stupéfaction, avant que le chaos n'éclate dans la foule. Serpentards et Gryffondors n'étaient visiblement pas d'accord sur ce qui venait de se passer. Si les premiers n'y trouvaient rien à redire, les seconds estimaient visiblement qu'on venait de leur voler leur dû.

Bien évidemment, Potter se trouvait à la tête des contestataires, tempêtant pour qu'on annule la dernière action. Il jugeait particulièrement suspecte la manœuvre qui avait permis à Agnès de dévier le souafle, mettant sans vergogne en doute son habileté. De toute évidence, il la considérait toujours comme une dévergondée ne devant sa place qu'à son décolleté.

Alors qu'il commençait l'accuser d'utiliser la magie noire pour tricher, John entra en scène. D'une voix suave, où ses équipiers détectaient sans peine une pointe de malice, le serpentard s'enquit avec inquiétude de la santé de son homologue en Rouge-et-or. La combinaison du sauvage coup de poing d'un batteur avec l'afflux de sang à la tête lors de ses acrobaties s'avérait déjà périlleuse. Si en plus il s'était trouvé à proximité de quelque ténébreux sortilège, alors il s'avérait indispensable que madame Pomfresh l'examine longuement.

Furieux le binoclard réalisa qu'en persistant dans ses accusations, il risquait surtout de se retrouver confiné à l'infirmerie. De fort mauvaise grâce, il finit par accepter le score. Son expression frustrée resterait pour Severus un des plus beaux souvenirs de cette année. Battu sur son domaine de prédilection, et par des Serpentards ! Tout simplement inoubliable.

Ils savaient tous à qui ils devaient cette victoire, aussi portèrent-ils Agnès en triomphe jusqu'aux vestiaires. Severus ne fut pas le dernier à la complimenter. Modeste, elle tint à préciser que sa dernière manœuvre découlait d'une idée de John, pour laquelle ils s'entraînaient depuis des mois, aussi leur capitaine reçut-il à son tour des félicitations.

Portés par l'enthousiasme, ils ne prirent même pas la peine de se changer avant de rentrer au château, brandissant la coupe à bout de bras et invoquant bruyamment le poing de Salazar. Ils croisèrent Gus Lobel qui, voyant leur effervescence, ne se hasarda pas à les aborder. De loin il fit le geste d'écrire une lettre. Nul doute que certains joueurs en Vert-et-argent recevraient un hibou, pour leur petit déjeuner du lendemain.

On pouvait cependant se demander s'ils se trouveraient en état de lire leur courrier. En arrivant dans la salle commune, ils tombèrent sur les élèves de leur Maison, rassemblés au grand complet. Ils étaient parvenus à rassembler assez de nourriture pour une semaine, assez de boissons pour un mois tandis qu'une musique assourdissante retentissait à travers la pièce. La fête allait sûrement durer jusqu'au matin.

Comme lors de leur première victoire, John improvisa un petit discours, faisant successivement acclamer Agnès puis Viviane. Il tint même à rappeler qu'ils devaient leur redécouverte de la boxe à Severus qui à cette occasion reçut quelques applaudissements.

Étrangement cette fois, le cinquième année se sentit beaucoup moins mal à l'aise. Il est vrai qu'il baignait toujours dans l'euphorie de leur succès. Penser au binoclard admettant sa défaite suffisait à la plonger dans l'allégresse. Il regrettait juste l'absence de Black et Lupin.

Pour le coup, il aurait apprécié que les Maraudeurs se trouvent réunis, afin qu'ils assistent à la déconfiture de leur chef. Cela valait d'ailleurs aussi pour Dumbledore. Quel dommage qu'il ne se soit pas trouvé dans les tribunes pour voir ses favoris mordre la poussière !

Severus tâchait de se consoler en se disant que le vieux sorcier l'apprendrait dès son retour, quand il se figea sous l'effet d'une brusque réalisation. Pour que le directeur rate un événement aussi important, il devait posséder une très bonne raison. Or Méduse n'attaquait qu'en son absence. Et s'il avait voulu s'assurer un alibi incontestable ?

L'étudiant fit un rapide calcul. Si on admettait un délai d'au moins six semaines entre deux agressions, les dates concordaient. Plus important encore, son intuition le poussait à réagir. Obéissant à son instinct il sortit discrètement de la salle commune. Une fois dehors, il se désillusionna à pleine puissance, avant de lancer Odorus et Hominem Revelo. Heureusement que son poste de remplaçant, lui avait évité la fatigue de la partie.

Personne ne le suivait, mais il détecta une présence humaine pas très loin. Quand il s'approcha, il reconnut l'intrus sans peine. De toute évidence, Potter n'avait pas encaissé sa défaite, il devait chercher l'entrée des quartiers des Serpentards. Malheureusement pour lui, non seulement il connaissait mal les lieux, mais sa capacité à se camoufler laissait fortement à désirer. Voilà ce qu'on gagnait à trop se reposer sur un accessoire !

Severus envisagea un instant d'en profiter pour régler ses comptes avec le gryffondor, mais il rejeta l'idée presque aussitôt. Le binoclard venait de se faire humilier au Quiddich, l'attaquer par surprise maintenant ne s'avérerait même pas drôle. Par ailleurs, il fallait avant tout tirer au clair cette histoire d'agression. Que le pseudo-sportif continue à errer dans les sous-sols.

Tournant les talons, le serpentard pris la direction de la cache où il dissimulait la cape d'invisibilité. Une fois le vêtement récupéré, il se dirigea vers les toilettes abandonnées. Prenant possession de la stalle la moins délabrée, il s'y installa aussi confortablement que possible. Il ignorait combien de temps il devrait attendre, mais il se sentait d'humeur à patienter toute la nuit s'il le fallait.

Un son étrange le fit sursauter. L'esprit engourdi, il ne parvint pas à identifier la nature du sifflement qui lui vrilla brièvement les oreilles. Pourquoi peinait-il à rassembler ses idées ? S'était-il endormi sans s'en apercevoir ?

Un bruit mécanique le tira de ses réflexions. Il voulut sortir pour intervenir, mais la porte résista. Comment s'était-elle coincée ? Il ne se souvenait même pas l'avoir fermée. Le temps qu'il parvienne à l'ouvrir, la pièce était redevenue silencieuse. En fait, rien ne semblait y avoir changé. Il venait de rater la sortie de la gorgone.

Il envisagea de se lancer à la poursuite de la créature, mais il ignorait quelle direction elle avait prise. Autant attendre qu'elle revienne, une fois son méfait commis. De toute façon elle se contentait de paralyser ses victimes. Elles ne risquaient pas grand-chose, il existait un remède en cours de préparation.

Il retourna dans son abri, en veillant cette fois à ne pas s'enfermer. Il poussa cependant le panneau de bois pour ne pas donner l'éveil au monstre. Debout juste derrière, il se tint sur ses gardes, les sens aux aguets, prêt à attaquer par surprise. Contrairement à ce qu'il pensait, il n'eut pas à attendre longtemps.

Cela le surprit, quand il entendit le mécanisme s'actionner au lieu de la porte d'entrée, mais l'instant d'après, il se figeait. L'atmosphère venait de changer, une sensation horrible le paralysait. Il ignorait ce qui se trouvait dans la salle en ce moment précis, mais cette chose dégageait une impression terrifiante. D'un coup il se retrouva un an plus tôt à l'extrémité d'un tunnel, une nuit de pleine lune. À nouveau il côtoyait un monstre effroyable, incroyablement dangereux. Quelle folie d'avoir voulu traquer Méduse.

Si le jeune sorcier ne céda pas à la panique, C'est uniquement parce que la créature semblait tout à fait indifférente à sa présence. Peut-être quelle ne le détectait pas ? Intérieurement, il bénit Merlin pour la cape d'invisibilité. L'utiliser constituait sa seule bonne trouvaille dans toute cette histoire. Vouloir jouer les détectives justiciers pour piéger un monstre s'avérait par contre complètement stupide, au mieux digne d'un gryffondor de deuxième année.

Quand la présence de la créature eut disparu et qu'il put se remettre à penser de manière cohérente, il décida solennellement de ne plus jamais s'occuper de cette affaire. Quelle que soit la nature de cette chose, qui que ce soit qui le contrôlait, désormais il s'en moquait. Tout ce qui lui importait, C'était qu'on ne puisse plus l'incriminer.

Mettant immédiatement en pratique ses nouvelles résolutions, il cacha la cape de Potter à toute vitesse, avant de filer vers les quartiers des Serpentards, bien décidé à se forger un solide alibi. S'il commença par apprécier qu'on ne le voit pas revenir, il n'oublia pas qu'il importait qu'on le remarque durant la fin de la soirée. Il embrassa la pièce du regard, à la recherche d'une solution. Aucune trace des élèves les plus jeunes, qui avaient dû rejoindre leur dortoir. Parmi ceux qui restaient, une bonne partie se trouvait affalée sur les sofas le long des murs, dont Viviane et John étroitement enlacés. Rien à attendre de ce côté-là, il allait devoir trouver autre chose.

Parmi les rares personnes encore debout, il aperçut Agnès, perchée sur une table, ondulant au son de la musique qui résonnait dans la salle. Les sonorités de la mélodie lui donnèrent une idée.

S'approchant de la gardienne, il l'interpella.

- Tu te souviens de la fois où tu m'avais proposé de danser? Ça tient toujours ?

« Bien sûr ! » Elle sauta souplement à terre, pour s'approcher de lui.

« Je te préviens, je ne connais que le rock. » Il pouvait remercier Victoire pour ses leçons.

- Ça ira très bien, ne t'inquiète pas. Allez, C'est parti ! Pas mal du tout ! Tu as des talents cachés, dis-moi. Ça fait plaisir de te voir comme ça. La dernière fois tu avais quasiment pris la fuite.

La dernière fois, il ne venait pas de croiser un monstre terrifiant. Plutôt que de se retrouver à nouveau dans la même pièce que la gorgone, il aurait encore préféré monter à son tour sur une table pour se trémousser !

- Il faut croire qu'on change tous. Il y a eu pas mal de nouveautés pour moi, cette année. Entre autre, grâce à toi.

- Heureuse de l'entendre. Ça me fait plaisir de savoir que je ne te laisserai pas un trop mauvais souvenir, finalement.

Il acquiesça distraitement, tout en observant la salle du coin de l'œil. Seule sa cavalière faisait attention à lui, ce qui ne lui convenait pas du tout. Il lui fallait d'autres témoins.

- Ta dernière manœuvre contre les Gryffondors était exceptionnelle, encore bravo ! J'aimerais bien féliciter aussi John, lui, mais je ne veux pas le déranger. Il ponctua ses paroles en désignant du menton leur capitaine qui tenait toujours sa petite amie serrée contre lui, en la dévorant des yeux. Comme il l'espérait, Agnès mordit à l'hameçon.

- Ces deux ne se sont pas quittés de la soirée. Je sais qu'ils ne se reverront pas l'année prochaine, mais il ne faut pas exagérer. On ira leur parler tout à l'heure.

Effectivement, quand la mélodie s'acheva, elle le prit par l'épaule pour le pousser vers le couple. « John, je sais bien que tu l'as entendu cent fois, mais Severus veut te dire quelque chose. »

Par chance, le septième année accueillit les perturbateurs sans s'offusquer. Il en profita même pour exprimer à son tout sa satisfaction d'avoir pu découvrir le noble art de la boxe. Tant qu'à faire, Severus en profita pour poser quelques questions sur les examinateurs des Buses, mais il réalisa vite qu'il valait mieux ne pas insister, pour ne pas casser l'ambiance. Autant en revenir à des sujets plus sportifs.

- Merci encore pour ce que tu as dit avant qu'on commence le match.

- Je le pensais vraiment, et le score l'a prouvé. Je ne crois pas que j'aurais pu recruter de meilleurs joueurs.

- Moi, je regrette quand même que Regulus ne se soit pas présenté pour une place de poursuiveur, cette année.

La réflexion de Viviane ramena les pensées du cinquième année vers le cadet des Black. Il balaya la pièce du regard sans apercevoir ce dernier. Il devait déjà dormir. Ils ne s'étaient pas beaucoup vus cette année. Il n'avait visiblement jamais complètement récupéré de la pseudo-farce échafaudée par son frère.

« En septembre, tu vas sûrement me remplacer. Tu pourras toujours aller le voir pour le convaincre de revenir. » Visiblement John devait penser la même chose.

Peut-être que Severus pourrait aussi lui parler après les examens ? Victoire ne méritait pas la manière dont on l'avait traitée. Remettant cette idée à pus tard, il fit de son mieux pour entretenir la conversation aussi longtemps que possible. Une fois sûr d'avoir laissé un souvenir clair de sa présence, il prit congé en prenant garde à se diriger le plus ostensiblement possible vers les dortoirs.

Le lendemain, si l'annonce d'une nouvelle agression ne surprit pas, l'identité de la victime le plongea comme tout le monde dans la stupéfaction. C'était une chose de s'en prendre à des élèves, fussent-ils en septième année, mais parvenir à pétrifier Alastor Maugrey relevait par contre du tour de force. Même convalescent, il constituait un adversaire redoutable. Cela montrait bien que Severus n'aurait eu aucune chance face à la Gorgone. Au moins, l'auror s'était-il farouchement défendu. On l'avait découvert au petit matin dans un couloir jonché de débris, le corps lardé de blessures. Par chance ses jours n'étaient pas en danger : si la pétrification empêchait qu'on le soigne, elle évitait aussi que les lésions s'aggravent.

Cette fois encore, les rumeurs coururent bon train. Bien évidemment, Potter tenta d'accuser Severus, mais personne ne prit la peine de l'écouter, ce qui exaspéra le gryffondor, lui faisant oublier toute prudence. Il voulut profiter du cours de défense contre les forces du mal pour étaler ses convictions, expliquant doctement comment un élève de cinquième année pouvait neutraliser un auror grâce à la magie noire. Au bout de trois phrases, leur professeur, excédé, lui assigna une retenue. Le binoclard se retrouva de plus avec l'obligation d'écrire une dissertation de huit pages à rendre sur le sujet, à la grande joie des serpentards. Au moins, ça l'obligerait à réviser.

Certes l'enseignant risquait de s'attirer la désapprobation de Dumbledore, quand il rentrerait, mais, il s'en moquait. Au début du mois, il leur avait annoncé qu'il partirait bientôt pour Paris, dans l'espoir que Nicolas Flamel accepte de le prendre comme apprenti.

Severus suivit ces péripéties avec satisfaction, mais en gardant ses distances. Fidèle à ses nouvelles résolutions, il se focalisait sur ses études, veillant soigneusement à ne jamais se trouver seul trop longtemps. Il importait qu'il dispose toujours de témoins susceptibles de lui fournir un alibi.

Par chance, le directeur resta invisible tout le reste de la semaine. D'après la rumeur, il passait son temps au ministère, où le ministre requérait ses conseils de manière incessante. Quand Flitwick croisa le serpentard, il lui posa bien quelques questions, mais les réponses de l'étudiant semblèrent le satisfaire.

Comme seul loisir, le cinquième année s'autorisa à écrire quelques lettres à Arthur, pour discuter arithmancie. Comme il ne reçut que de brèves réponses, il en conclut que le cracmol devait lui aussi préparer les examens qui lui permettaient de quitter Cambridge pour se consacrer pleinement aux Fabuleux Filtres Foisonnants. Il se hasarda à interroger Victoire, lors d'une séance de révision, mais elle n'en savait pas plus que lui. Il tirerait l'affaire au clair pendant les vacances, après sa réconciliation avec Lily. En attendant, il décida de se contenter de ses propres recherches sur le sujet.

Cela s'avéra toutefois un peu frustrant, car le retour de Dumbledore le poussa à s'imposer de nouvelles règles de prudence. Peu confiant dans l'anonymat de l'écriture par dicta-plume, il s'astreint à travailler sans notes, en comptant sur sa mémoire. Malgré la difficulté de la tâche, il eut la satisfaction de parvenir à quelques résultats intéressants sur les fantômes ou les vampires. De plus cet entraînement lui permit également d'apprendre par cœur ses fiches sur les examinateurs. Le jour venu, il saurait en tirer parti pour s'adapter, afin de mettre le maximum de chances de son côté.

De temps en temps, il lançait bien un Odorus, mais sans jamais détecter quoi que ce soit de suspect. En même temps, il se tenait désormais soigneusement à distance des toilettes hantées. Au bout d'une dizaine de jours sans aucune mésaventure suspecte, il commença à se sentir un peu rasséréné. Vendredi soir, alors qu'il attendait Victoire à la bibliothèque, il se laissa légèrement aller, s'autorisant quelques questions académiques audacieuses.

Que se passerait-il si on lançait Hominem Revelo sur un sorcier en train de recevoir le baiser d'un détraqueur ? Le sortilège ne détectait-il que la signature magique, ou bien captait-il aussi un écho de l'esprit, voire de l'âme de la victime ? Dans le même ordre d'idée, Hominem Revelo permettait-il de ressentir la présence d'un fantôme ? Pouvait-on lire les pensées d'un spectre par légilimancie ? En tout cas, son expérience avec Peeves montrait qu'on pouvait les manipuler, peut-être même les hypnotiser, les convaincre de … « Severus ! »

Mécontent qu'on l'interrompe dans ses pensées d'une manière aussi fracassante, il jeta un Assurdiato, avant de s'adresser à Victoire. « Un peu de calme, bon sang ! Tu a vu les regards que les autres nous jettent ? Si tu continues comme ça, on va se faire mettre dehors. En plus tu es en retard pour réviser ! Les examens commencent la semaine prochaine, chaque minute compte. »

Il s'en voulait un peu de lui parler de cette manière, mais elle devait retenir la leçon. Il fronça cependant les sourcils en l'observant plus attentivement. Ses vêtements en désordre, ou son essoufflement pouvaient s'expliquer si elle avait couru pour venir, mais c'était la première fois qu'il la voyait avec l'air aussi affolé.

- Il faut que tu m'aides, ma sœur a disparu.