Bonjour à tous et bonne année!
J'espère que vous avez bien profité de vos vacances. Personnellement Omicron ne m'a pas empêché de fréquenter les salles obscures. J'espère que tous ceux qui me lisent auront vu la bande annonce des Animaux Fantastiques n°3. Vous ne trouvez pas qu'un des personnages possède désormais une allure qui le fait énormément ressembler à des professeurs de Harry? Si ça se confirme, ça pourrait expliquer beaucoup de choses sur la psychologie de Dumbledore et sur son traitement "particulier" de notre sorcier préféré...
Et j'ai aussi vu Spider-Man NWH. Pour résumer en une phrase, sans spoiler: rêve de geek. Je crois que personne n'aurait osé mettre ça dans une fanfic. (ATTENTION le paragraphe suivant, bien que plutôt allusif contient des SPOILERS)
Déjà faire revenir WD, c'était génial. Dans chaque scène où il apparaît, il vole la vedette aux autres acteurs. Le seul qui parvient à atteindre son niveau, c'est AG. Son retour et celui de TMG font déjà plaisir, mais quand MJ tombe et qu'il plonge pour la rattraper... c'est fabuleux! Moralité, maintenant je veux un TASM3.
Fin des SPOILERS, voici le nouveau chapitre.
En sortant de l'épreuve des BUSES sur la Défense contre les Forces du Mal, Severus décida de ne pas se remettre tout de suite à réviser. Il brûlait d'impatience d'attaquer un article de la Gazette, au titre particulièrement prometteur. Tellement prometteur que, depuis le début de la journée, seule l'occlumencie lui avait permis de se focaliser sur ses examens.
Tout en marchant il sortit le journal et commença à le parcourir. Rita Seeker était parvenue à découvrir une autre victime des Maraudeurs, souffrant d'une phobie des insectes. Potter et Black avaient sûrement trouvé très drôles les tours qu'ils lui jouaient avec ces bestioles, mais ils étaient surtout parvenus à la traumatiser. Elle s'était murée dans le silence, jusqu'au jour, à son retour de Poudlard, elle avait par inadvertance laissé sa mère ranger sa malle.
Alarmée par la horde de mouches vrombissantes qui s'était jetée sur elle, l'adulte avait interrogé sa fille, réussissant péniblement à lui faire avouer la vérité. Malheureusement la lettre de réclamation envoyée sur le champ au directeur, s'était vue gratifiée en retour d'une réponse lénifiante, sans plus de suites.
Pour la première fois, on ne mettait pas en cause uniquement les Maraudeurs, mais aussi Dumbledore. Avec un peu de chance le vieux sorcier devrait rendre des comptes pour son attitude désinvolte. N'y aurait-il pas moyen d'aiguiller à nouveau la journaliste vers le traquenard tendu par Black ? Rester passif devant le signalement d'un harcèlement était une chose, mais couvrir une tentative de meurtre…
Un bruit de clapotis vint perturber sa réflexion. Un peu agacé, il leva les yeux. Plongé dans sa lecture, il avait machinalement suivi la foule. Avec l'été qui approchait, de nombreux élèves étaient sortis des bâtiments de l'école pour profiter du soleil. De toute évidence, le lac constituait une destination prisée. Peut-être espéraient-ils voir le calmar géant ?
Toujours aussi peu sociable, il s'apprêtait à quitter les lieux, quand il aperçut une silhouette un peu à l'écart. Au moins Pettigrew possédait assez de bon sens pour ne pas chercher à attirer l'attention quand il se trouvait sans ses acolytes. À se demander pourquoi, il traînait par ici.
Le souvenir de sa pétrification et de son abandon derrière une tapisserie, lui traversa l'esprit. Le gryffondor joufflu s'était alors bien moqué de lui. Peut-être le moment était-il venu de lui rendre la pareille ? Un Expelliarmus suffirait sûrement à désarmer un aussi lamentable adversaire. Ensuite, pourquoi ne pas continuer avec un sort de lévitation, assorti de quelques commentaires moqueurs ? La tentation gagnait le serpentard, tandis qu'il s'avançait discrètement. Les Maraudeurs s'étaient si souvent acharnés sur lui qu'une petite revanche …
- Severus !
Contrarié, il toisa celui qui venait de le priver de l'effet de surprise. Appuyé sur le bras de Victoire, Regulus Black se dirigeait lentement vers lui. Si la fatigue marquait encore ses traits, il semblait marcher sans trop de difficulté. Nul doute que l'aide qu'il recevait y contribuait grandement…
La présence de l'étudiante amena néanmoins le cinquième année à tempérer son irritation. Depuis la soirée passée à chercher sa sœur, il ne savait plus trop comment l'aborder. En y repensant, il ne se sentait pas fier de la manière dont il l'avait assommée. Et puis il ne comprenait toujours pas par quel raisonnement étrange il en était venu à utiliser Felix Felicis. Pour une raison tout aussi obscure, il préférait qu'elle ne le surprenne pas en train de se venger de Pettigrew. Pourquoi donc rechignait-il à imaginer sa réaction ? La voix de Regulus vint heureusement l'empêcher de se perdre dans ses pensées.
« On nous a dit qu'on te trouverait ici. Désolé si je te dérange, mais il fallait absolument que je te parle. » D'un coup il parut mal à l'aise. « Il y a quelque chose qui me tracasse depuis un moment, mais je ne savais pas comment aborder le sujet. Vicky me conseille d'être franc, alors C'est ce que je vais faire. » Il prononça les phrases suivantes d'un ton encore plus hésitant. « Tu as sûrement remarqué que, depuis plusieurs mois, je vous tenais à distance. Aujourd'hui, je me rends compte que c'était stupide de vous snober comme ça. Est-ce que tu crois que tu pourrais passer l'éponge sur toutes mes bêtises ? J'aimerais qu'on reparte de zéro. » Joignant le geste à la parole, il tendit la main.
Severus se trouva pris de court. Il n'aimait guère ce genre d'étalage de bons sentiments, surtout en public, ça lui rappelait désagréablement l'attitude de Sirius Black venant le provoquer en duel à la bibliothèque. Les deux frères semblaient croire que le monde devait se plier à leur moindre caprice. Il ouvrit la bouche pour dire sans ménagement ce qu'il pensait, quand son regard croisa celui de la petite poufsouffle.
Victoire le contemplait avec une expression qui parvenait à mélanger espoir et sérénité. Comme si elle était sûre qu'il ferait le bon choix. Elle s'imaginait qu'il allait passer l'éponge sur les rebuffades du petit aristocrate pourri-gâté qui lui tenait lieu d'amoureux ? Complètement stupide. Comme quand elle lui avait dit qu'elle le considérait comme son ami. Pour une bonne action. Ou plutôt ce qu'elle considérait comme une bonne action. Elle croyait en lui à cause de ça ? Quelle absurdité. Ça allait même au-delà, c'était totalement, complètement… Il serra la main de Regulus.
Au fond, ça ne pouvait pas lui faire de mal de s'afficher en public avec un sang pur appartenant à une famille aussi prestigieuse. Pour la même raison, il décida de rester parler un peu, histoire de pouvoir montrer à tous sa nouvelle position sociale. Bien sûr, quand Viviane, John et Agnès les rejoignirent, il trouva normal de continuer à discuter. La douceur de l'air l'influença sûrement à son insu, lui faisant perdre la notion du temps.
Au moment de rentrer dîner, il décida qu'il se coucherait tôt. Pour aborder les épreuves qui restaient, il importait avant tout qu'il dispose d'un esprit reposé. Son approche se révéla la bonne, puisqu'il acheva ses BUSES sans rencontrer de difficulté particulière. C'est donc raisonnablement optimiste, qu'il entama sa dernière journée scolaire de l'année. Un sentiment renforcé par la lecture des nouveaux articles de Rita Seeker.
Ayant de toute évidence flairé le bon filon, elle enchaînait les révélations sur l'ambiance délétère que les Maraudeurs faisaient régner à Poudlard, soulignant avec insistance la passivité de l'ensemble du corps enseignant, à commencer par leur chef. Insidieusement, c'était bien le directeur qui se trouvait désormais mis en cause. Dans ces conditions, pas étonnant que, lors du banquet d'adieu, le discours de Dumbledore s'avère particulièrement succinct. Severus nota également avec satisfaction que ses yeux semblaient pétiller nettement moins que d'habitude.
Avant de s'endormir, le serpentard fit appel à l'occlumencie pour revisionner cette scène délectable. Si on en croyait la rumeur Alastor Maugrey et les autres victimes sortiraient très bientôt de l'infirmerie. Il se racontait également que Potter aller passer devant un tribunal. Dans ces conditions, on en profiterait sûrement pour demander des comptes au vieux sorcier. Vu la situation, il valait mieux laisser les choses suivre leur cours. De toute façon, que le binoclard s'avère responsable ou pas des agressions, il avait assez commis de méfaits par ailleurs pour mériter ce qui lui arrivait.
Severus, allait plutôt récupérer le philtre de fertilité de Narcissa, puis préparer dès que possible une potion de compulsion pour les parents de Lily. Heureusement qu'elle pourrait encore passer ses examens avant la rentrée. Il réalisa qu'il devrait aussi trouver comment l'aider à réviser pendant l'été, tout en brassant au manoir Arès. Il entendait profiter du trajet vers Londres pour chercher une solution, mais Victoire et Regulus le surprirent en s'invitant dans son compartiment.
Bien qu'agacé, sa réconciliation avec le jeune aristocrate le poussa à prendre sur lui. Il se serait quand même attendu à ce que les deux tourtereaux se cherchent un coin plus tranquille afin de profiter de leur idylle, au lieu de lui raconter leurs projets pour l'été. N'ayant pu se présenter à ses examens, le quatrième année devrait, comme Viviane, employer les prochains mois à potasser ses cours. Le parallèle avec Lily le frappa, mais avant qu'il puisse creuser le sujet, la poufsouffle le prit au dépourvu, en lui demandant d'une voix hésitante, s'il voudrait bien aider son compagnon.
Cette question inattendue l'amena à voir la scène du lac d'un autre œil. Le cadet des Black avait-il planifié sa démarche dans ce but ? Cela ne motivait pas du tout Severus pour jouer les enseignants, mais il commit l'erreur de regarder Victoire, et avant qu'il ne réalise ce qui lui arrivait, il se retrouva à accepter. Il posa néanmoins des conditions. d'abord il ne ferait réviser que les potions, ensuite il ne fallait pas compter sur un traitement de faveur. Quitte à prendre un élève, autant que ça en vaille la peine. En conséquence, il lui mènerait il la vie dure, afin qu'il réussisse brillamment sa session de rattrapage en septembre.
Contrairement à ce qu'il espérait vaguement, le jeune aristocrate accepta toutes ces exigences sans rechigner.
- Comme il vous plaira, professeur Rogue.
- Ah non! Commence par éviter de me donner ce genre de qualificatif. Je n'ai aucune envie de poursuivre une carrière dans l'éducation.
Il lui sembla entendre son Tom intérieur lui rappeler les cours d'occlumencie ou de duel, mais il l'ignora. Pour lui, tout ce qui touchait aux philtres constituait un sujet sensible. De plus on ne pouvait pas comparer une aide ponctuelle avec la perspective de donner des cours à des classes entières. Se retrouver durant des années devant une foule de petits cornichons à essayer de leur inculquer l'art subtil du brassage… À elle seule, cette idée suffisait à lui donner des sueurs froides.
l'arrivé de Viviane vint heureusement mettre un terme à ces visions d'horreur. Bizarrement, John ne l'accompagnait pas. Pourtant leur capitaine, venait de finir sa scolarité, ce qui signifiait qu'il ne reviendrait plus à Poudlard. Severus se serait attendu à ce que les deux amoureux savourent autant que possible les derniers instants qui leur restaient à passer ensemble.
À moins que l'aînée des Arès n'ait prévu d'alterner révisions et romance pendant l'été ? En admettant que sa mère la laisse faire, ses résultats risquaient de s'en ressentir. Dommage, mais ce n'était pas son problème.
Il réalisa qu'il s'agissait également de l'ultime fois qu'Agnès prenait le train. La pensée ne le quitta pas jusqu'à la fin du trajet, l'empêchant de participer vraiment à la discussion, qu'il suivit distraitement. d'après ce qu'il racontait, Regulus rentrerait directement chez lui depuis la gare, dans une propriété familiale qui s'appelait « Grimaud place ». Severus lui passerait par le manoir Arès, histoire de finir de s'organiser, avant qu'on le ramène par transplanage dans l'impasse du Tisseur. Vu le temps que ça lui ferait gagner, il resterait peut-être dîner, histoire de discuter arithmancie avec Arthur.
Ce dernier se retrouva à son insu au centre des conversations. Il s'était visiblement montré distant avec tout le monde ces derniers temps, mais la semaine dernière, il avait laissé entendre qu'il voulait leur annoncer une grande nouvelle. Il s'agissait sûrement de la fin de ses études à Cambridge. Libéré des obligations scolaires, il allait pouvoir se consacrer entièrement aux Fabuleux Philtres Foisonnants.
Si le cinquième année se réjouissait d'avance à l'idée de pouvoir reprendre leurs échanges, il se demandait aussi comment Régulus réagirait. Accepterait-il le cracmol sans rechigner ?
L'entrée en gare mit momentanément fin à ses réflexions. Tandis qu'ils avançaient sur le quai, il aperçut Agnès. John à ses côtés, elle se trouvait en grande discussion avec Gus Lobel, le sélectionneur. Elle paraissait très occupée, mais quand leurs regards se croisèrent elle lui fit un dernier clin d'œil qu'il lui rendit en esquissant un sourire. Il ne savait pas s'il la reverrait un jour, mais il tâcherait de lui écrire pour prendre de ses nouvelles. Au fond, c'était une chic fille.
L'arrivée de Madame Arès lui fit remettre à plus tard ses projets de correspondance. La née moldue semblait contente de les voir, mais arborait néanmoins un air préoccupé. Qu'est-ce qui la tracassait ? Tout allait pour le mieux en ce moment : la société de parfum marchait bien et Dumbledore se trouvait sur la sellette. Était-ce dernier point qui posait problème ? Si Severus n'oubliait pas les avertissements de la juriste, en l'occurrence il ne voyait pas en quoi ça pouvait lui poser un problème. À moins qu'elle ne rencontre un souci dans son travail ? Il résolut de tirer ça au clair à l'occasion, mais en attendant, il fallait rentrer.
À leur grand regret, Victoire et Regulus durent se séparer jusqu'à la fin du week-end. Ils se reverraient dès lundi, mais on sentait bien qu'il s'agissait pour eux d'un délai interminable. Une fois les adieux déchirants enfin achevés, Madame Adams-Arès emmena ses filles, tandis que Ziggy s'occupait de Severus. En se matérialisant dans le parc du manoir, il crut d'abord à une erreur. Au lieu des massifs à l'abandon, il contemplait désormais un jardin encore modeste, mais entretenu avec un soin méticuleux, qui confinait par endroit à la maniaquerie. De toute évidence Arthur avait commencé les plantations prévues, et ce, avec une rigueur inattendue.
Justement il était là, un peu à l'écart, sans doute pour admirer son œuvre. Bizarrement, il ne se trouvait pas seul, une jeune femme se tenait à ses côtés. Elle parut très familière au Serpentard, sans qu'il réussisse pour autant à mettre un nom sur ce visage souriant. Ce fut quand elle parla qu'il reconnut sa voix. « Bonjour Severus. » Avant qu'il se soit remis du choc d'entendre Pétunia Evans l'appeler par son prénom, elle se rapprocha pour l'embrasser sur les deux joues.
Alarmé, il commençait à se demander si on n'avait pas jeté un sort à la moldue, quand Arthur fournit la clé de l'énigme. Solennel, il la prit par l'épaule avant de se décider à prendre la parole.
- Severus, les filles, je vous présente … ma petite amie.
Après un instant de silence surpris, les trois étudiants se mirent à parler tous en même temps, jusqu'à ce que Madame Adams-Arès y mette bon ordre. Sans même élever la voix elle leur fit prendre le chemin du manoir, avec une autorité tranquille qui frappa le Serpentard.
Le contraste avec la scène dans le bureau du directeur n'en devenait que plus marquant. Elle avait dû énormément s'inquiéter, ce jour-là. Il n'eut pas le temps de pousser plus loin son raisonnement, trop intéressé par l'histoire qu'il entendait.
Tout avait commencé avec l'adresse donnée par Severus pour se procurer des plantes. Arthur avait d'abord passé ses commandes par écrit, avant de proposer d'utiliser le téléphone, nettement plus pratique, au grand étonnement de Pétunia. Si elle s'était vite doutée du véritable but de ces achats, la familiarité de son interlocuteur avec la technologie moldue l'avait rendue perplexe. La qualité d'étudiant à Cambridge du jeune homme n'ayant fait qu'épaissir le mystère, leurs conversations avaient pris de l'ampleur. Comme lui-même cherchait à en savoir davantage sur elle, de fil en aiguille, ils en étaient venus à aborder d'autres sujets que la botanique.
De plus en plus curieux, ils avaient décidé de profiter des vacances de Pâques pour se rencontrer à Londres, dans un café. Au bout d'une heure de vagues évocations de la sorcellerie, puis d'échanges à mots couverts, il s'était risqué à expliquer clairement sa situation. Soulagée elle avait fait de même. Réaliser que l'autre connaissait aussi ce monde, sans vraiment en faire partie, s'était avéré une révélation pour tous les deux. Au fil de la soirée, ils n'avaient pas vu le temps passer tandis qu'ils se découvraient de nouveaux points communs. Au moment de quitter les lieux, ils avaient réalisé qu'ils ne pouvaient tout simplement pas se séparer. Depuis, ils sortaient ensemble.
Si, durant la semaine, leurs activités scolaires les tenait éloignés l'un de l'autre, ils se téléphonaient longuement tous les jours, et, grâce à Ziggy, ils se voyaient tous les week-ends. « Pendant que je révisais, Pétunia a accepté de venir au manoir s'occuper du jardin. Maintenant que j'ai décroché mon diplôme, je vais m'y remettre, mais son aide vient de nous faire gagner un temps précieux. On va pouvoir s'occuper de la serre plus vite que prévu. Hier, elle a même commencé à brasser. »
- J'ai déjà cuisiné des plats nettement plus compliqués que ce que tu m'as demandé. Je n'ai pas de mérite, mon chéri.
Ils en étaient à utiliser des termes affectueux en public. Ironique, quand on se rappelait comment Arthur se lamentait sur sa vie sentimentale, voici quelques mois. En même temps, il se trouvait désormais avec quelqu'un qui lui permettait enfin de concilier les différentes facettes de sa vie. De son côté, Pétunia dégageait une forme de sérénité tout à fait nouvelle. Le serpentard se rappela la lettre envoyée à Dumbledore, voilà six ans. Elle qui avait toujours voulu connaître le monde sorcier, y était finalement parvenue. Quelque part, ce n'était que justice, si elle possédait bien un ancêtre Cracmol.
Il crut entendre son Tom intérieur lui murmurer qu'elle avait aussi su choisir un sportif, ancien élève d'Eton, qui venait juste de sortir de Cambridge, mais il voyait bien que ce n'était pas tout. Impossible de manquer ce qu'ils s'apportaient l'un à l'autre.
Non seulement Arthur n'avait jamais semblé aussi heureux, mais on ne pouvait nier l'influence positive qu'il exerçait sur sa compagne. Ainsi, quand elle ordonna sèchement à Ziggy de regarnir le buffet, il intervint avec diplomatie, pour l'amener à adoucir son attitude. À ce rythme, d'ici quelques mois, ses proches finiraient par ne plus la reconnaître ! Cette dernière réflexion le ramena brusquement à des réalités plus concrètes.
- Excusez-moi, mais qu'est-ce que les Evans disent de tout ça ?
Un grand silence se fit d'un coup dans la pièce, avant qu'Arthur ne se décide à répondre.
« J'ai rencontré les parents de Pétunia, la semaine dernière. Ça s'est bien passé. » Pas étonnant, vu son curriculum vitae. « Par contre, je suis resté flou sur ma famille. Pour le moment, ils savent que j'ai une mère et deux sœurs, mais pas qu'elles sont sorcières. d'ailleurs on voudrait ton avis Severus. Comme on ne pourra pas leur cacher la vérité éternellement, on doit trouver la meilleure manière de leur annoncer. Tu nous as déjà tellement aidé que ça m'ennuie de t'en demander plus, mais tu les connais depuis des années, tu possèdes un point de vue unique. »
- Pétunia, nous a expliqué pourquoi, depuis un an, ils ne voulaient plus entendre parler de notre monde, mais ça me surprend un peu. Quand j'ai rencontré son père au Ministère, il ne m'avait pas du tout paru hostile, au contraire.
Severus voyait bien à quelle conclusion l'adulte était déjà parvenue. d'autant plus qu'il la partageait. « Tout ce qui a trait à la magie intéresse monsieur Evans. Le problème, c'est … »
- Ma mère
La franchise abrupte de la moldue le surprit. Elle, d'habitude si guindée, venait de mettre les pieds dans le plat. Encore un changement à mettre au crédit d'Arthur ? En tout cas, madame Adams-Arès semblait du même avis.
- Je crois que nous sommes tous d'accord. j'ai longuement discuté avec Pétunia, pour comprendre le raisonnement de madame Evans, et, après mûre réflexion, je pense savoir comment la convaincre. Il faudra qu'elle réalise qu'il ne sert à rien de nier notre existence, que si elle l'acceptait, les avantages l'emporteraient sur les inconvénients. Et pour cela, j'aurai besoin de votre aide, Severus.
- Moi ?
- Elle vous connaît depuis longtemps, vous êtes sorcier, mais vous passez vos étés près de chez eux, dans leur ville. Si nous nous y prenons bien, en vous présentant sous votre meilleur jour, vous constitueriez la preuve irréfutable qu'on peut concilier le meilleur des deux mondes.
La perspective de ces manœuvres diplomatiques ne l'enthousiasmait guère, mais il réalisa qu'il pouvait aussi y trouver son compte. En fait, toute cette histoire allait peut-être même lui permettre de résoudre son plus gros problème.
- Lily, la sœur de Pétunia, étudiait à Poudlard jusqu'à ce que monsieur et madame Evans l'empêchent d'y retourner. Si vous parvenez à les convaincre, ça va changer ! Elle pourrait même venait ici préparer ses BUSES.
- … ou bien on pourrait attendre encore un peu. j'aurai bientôt dix-huit ans et à partir de là, même si ça ne leur plaît pas, mes parents ne pourront plus rien m'imposer.
Pétunia, si soucieuse des convenances, envisageait carrément d'abandonner le domicile familial ? Son petit ami devait vraiment beaucoup compter pour elle. Malheureusement, elle ne voyait pas le principal inconvénient de son idée.
- Si on fait comme ça Lily ne pourra pas réviser avec nous. En s'y travaillant avec Viviane et Regulus, ça les stimulera tous les trois.
Galvanisé par la perspective, il commença à faire des projets d'avenir.
- Quand est-ce que vous irez les voir, madame ?
- Le week-end prochain, sans doute dimanche.
- Parfait, je vais me préparer et je trouverai un prétexte pour sonner à leur porte. Vous me direz quelle heure vous ira. Lily va nous rejoindre d'ici huit jours ! C'est dommage qu'il y ait ce délai, mais en attendant on peut déjà commencer à s'organiser. Par exemple, comme je viens de passer mes BUSES, je vais vous faire un récapitulatif détaillé de ce que veulent les examinateurs.
- Ça tombe bien, moi aussi je connais quelqu'un qui se veut passer ses examens en septembre. Comme il doit venir ici, ça lui servira également.
L'intervention de Viviane le prit de court. « Tu parles de qui ? »
- Rémus Lupin.
Et oui, Petunia et Arthur. Qui l'avait vu venir? J'ai tâché de laisser quelques clés dans les chapitres précédents, si ça vous amuse, vous pouvez les chercher. Mais comme la vie n'est jamais simple pour Severus, Lupin revient dans mon histoire (je connais une revieweuse à qui ça va faire plaisir ;-) )
