Bonjour, j'espère que vous allez bien !

D'abord merci à tous pour les reviews sur les chapitres précédents !

On revient pour un OS des nuits du Fof, cette fois qui regroupe deux thèmes "Pizza" et "Remembrance".

Cet OS n'est pas vraiment dans le même ton que les autres, mais en même temps, la scolarité des Maraudeurs n'étaient pas toujours très gaies. J'espère que ça vous plaira quand même !

(et feufollet, j'espère que tu apprécieras les allusions à la saucisse de Sirius xD)

Disclaimer : le titre vient de la chanson "Tout au bout du monde" de Tibz, je trouve que les paroles collent super bien aux Maraudeurs !

Bonne lecture !


.

Si t'as besoin de moi

.

Sirius n'était pas quelqu'un de particulièrement gourmand ou attaché à la nourriture. Ses amis vous diraient tout de même qu'il valait mieux éviter de l'embêter avant qu'il ait mangé le matin, qu'il était capable d'engloutir une quantité incroyable de nourriture en un temps record et que si vous essayiez de lui voler sa saucisse pendant le petit déjeuner, il risquerait de vous mordre. C'était vrai. Mais tout de même, il n'attachait pas de réelle importance au contenu du repas, mais plus aux gens avec qui il le partageait. Kreattur avait beaucoup de défauts, mais c'était un excellent cuisinier. Ça n'empêchait pas pour autant Sirius de détester presque tous les repas qu'il prenait au square Grimmaurd, et il n'était pas rare qu'il revienne de vacances avec des vêtements un peu trop grand et en ayant perdu un peu de poids. A Poudlard, les elfes préparaient des plats succulents aussi, mais il était bien souvent incapable de se rappeler du menu du jour, bien plus concentré sur les bêtises qu'il racontait avec ses amis.

Certains repas avaient néanmoins eu une saveur particulière à ses yeux. Il y avait par exemple le tout premier banquet à Poudlard, juste après la répartition. Il s'en souvenait très bien, la Grande Salle si impressionnante, la foule joyeuse qui l'entourait, l'excitation de sentir une aventure qui commençait, l'angoisse de provoquer le courroux de ses parents, la complicité déjà si présente avec James malgré l'appréhension que son nom de famille provoquait. Il avait très peu mangé ce soir-là tant il se sentait fébrile. Il y avait eu aussi le premier banquet d'Halloween, où ils avaient été impressionnés de découvrir la descente de Remus en bonbons et autres sucreries, mais globalement ils avaient tous les quatre bien trop mangé à ce banquet. Il y avait le premier repas qu'ils avaient volé dans les cuisines pour le partager dans leur dortoir (des tourtes et une énorme tarte au chocolat), leur rituel de repas avec tous les plats préférés de Remus après les pleines lunes (celui qu'ils prenaient à l'infirmerie pendant que Mme Pomfresh faisait semblant de ne pas les voir et de ne pas entendre le boucan qu'ils faisaient). Il y avait eu le premier repas qu'il avait vomi parce qu'il avait trop bu, pendant que James riait à s'en décrocher la mâchoire, et le festival de gras qui avait suivi le lendemain pour lui faire oublier son mal de crâne et la nausée qu'il éprouvait. Il y avait eu le premier repas de Noël chez les Potter, où il était si ému, si peu habitué à cette ambiance familiale chaleureuse et décontractée. Finalement, la plupart du temps, il se rendait compte qu'il ne se souvenait pas vraiment du menu, qu'il n'avait qu'une vague idée du menu. Ce dont il se souvenait, ce qui comptait, c'était les rires, les répliques qui fusent, les sourires complices et la présence des êtres qu'il aimait.

Il y en avait quelques-uns dont il ne souvenait plus s'ils étaient tristes ou joyeux, tous ceux qu'il avait pris en cachette de ses parents parce qu'il était puni mais que Regulus avait réussi à voler un peu de nourriture. Il les prenait alors dans sa chambre en tentant de faire le moins de bruit possible pour ne pas alerter ses parents. Petit, ces festins inespérés étaient l'occasion de faire rire son frère en inventant des histoires farfelues, en grandissant, ils étaient devenus des instants privilégiés entre deux frères qui se retrouvaient quelques instants mais en sachant bien qu'ils s'éloignaient petit à petit l'un de l'autre sans savoir quoi faire pour arrêter ce processus. Il y avait aussi beaucoup trop de repas qu'il aurait voulu rayer de sa mémoire, tous ceux où il mangeait du bout des lèvres pendant que ses parents lui répétaient qu'il était une honte pour la famille, ceux où il s'efforçait de se tenir droit et de faire bonne figure devant sa famille et ceux où il était tout seul, enfermé dans une pièce sombre et où il était de toute façon incapable de manger.

De tous ces repas, il y en avait tout de même un qu'il n'oublierait jamais, pas même ce qu'il avait mangé, et qui était un souvenir extrêmement précieux pour lui, teinté de joie, d'espoir, de tristesse et de mélancolie. Le premier repas qu'il avait pris après s'être enfui de chez ses parents.

C'était le soir du 25 juillet 1976. Il avait claqué la porte du square Grimmaurd derrière lui. Définitivement. Il avait décidé que cette famille et cette maison n'avaient plus rien à lui apporter. Il n'avait qu'une valise contenant ses quelques affaires, de maigres économies et absolument aucun doutes sur l'endroit où il devait aller. Agitant sa baguette avec détermination, il appela le Magicobus. Le garçon se tenait encore extrêmement droit et fier, il bouillonnait de colère, il ne réalisait pas ce qu'il venait de faire, ce qu'il quittait et la porte qu'il refermait derrière lui. Il n'avait aucun regret à avoir, aucune raison d'être triste, surtout pas devant ce chauffeur.

Une paire d'heures plus tard, il était devant le manoir des Potter. Soudainement, il eut sa première hésitation. Il sait bien que les Potter l'accueilleront à bras ouverts, que James le soutiendra, il réalise tout de même que la nuit est maintenant tombée, que sa mère l'a laissé partir sans sourciller, qu'il est seul désormais et sans pouvoir la contrôler, sa main tremble un peu lorsqu'il frappe à la porte. C'est Euphemia qui lui ouvre, sans parvenir à cacher son inquiétude en voyant le jeune homme devant elle et surtout la valise dans sa main.

« Sirius, vas-y entre, mais qu'est-ce que tu fais ici ? On ne t'attendait pas cet été, non ? »

Comme toujours face aux yeux noisette si doux de la mère de James, Sirius sent son fondre son masque d'aplomb et d'arrogance. Les larmes qu'il ignorait retenir commencent à lui monter aux yeux. Il arrive encore néanmoins à garder le contrôle.

« Désolé d'arriver aussi soudainement sans prévenir… Je… James est là ? »

Euphemia commence à bien connaître ce garçon si déroutant, si dur et si fragile en même temps, elle sent bien qu'il vaut mieux ne pas insister pour l'instant, elle saura tout quand il sera prêt. Avec douceur elle pointe les escaliers.

« Monte, il est dans sa chambre. N'hésitez pas à nous appeler s'il vous faut quelque chose. »

O

Sirius ouvre la porte de la chambre de James juste après avoir toqué, le cœur battant. Son ami est couché sur son lit en train de lire un magazine de Quidditch, il sort de la douche et ses cheveux mouillés sont encore plus ébouriffés que d'habitude. Il se redresse brusquement et son regard se pose successivement sur son ami, toujours sur le pas de la porte, et sur la valise qui trône derrière lui. Il prend vite un air franchement inquiet.

« Sirius ?! Qu'est-ce que tu fais là ?! Tu vas bien ? »

L'adolescent commence par répondre avec haussement d'épaules, qui n'aurait convaincu personne de son détachement.

« Je me suis enfuit de chez… du square Grimmaurd. »

Plus question d'appeler cela chez lui ou chez ses parents.

« Quoi ? C'est vrai, mais comment ça ? Pourquoi ? Définitivement ? Ils t'ont fait mal ? »

Les deux garçons se connaissent bien maintenant mais comme à chaque fois, James lui pose une avalanche de questions auxquelles Sirius n'a aucune envie de répondre. Ce n'est pas grave, James accepte très bien qu'il ne lui réponde jamais et n'avoue que ce qu'il veut. Il lui dira le reste quand il le voudra et quand il sera prêt, Sirius est une huître, il ne s'ouvre pas facilement et il faut savoir prendre son temps. Nouveau haussement d'épaules, encore plus désabusé, sa voix lorsqu'il répond n'est pas aussi assurée qu'il le voudrait.

« Tu veux bien que je m'installe chez toi ?

- Oh Pat… Bien sûr que oui… Du moment que tu ne creuses pas des trous partout dans le jardin, rajoute-t-il avec un air malicieux.

Il réussit au moins à faire apparaître un sourire sur les lèvres de Sirius. C'est un sourire un peu pâle, un peu timide, comme s'il hésitait à se montrer. Qu'importe, c'est un vrai sourire, un de ceux qui atteint aussi les yeux et illumine le visage tout entier, même si la lueur vacille un peu.

« Promis ! Je ferais aussi mes besoins sur les toilettes au lieu de lever la patte contre tous les buissons ou les brins d'herbe que je trouve.

- Merveilleux ! Je ne savais pas que tu étais un chien aussi propre !

- J'ai eu un dressage extrêmement strict ! Je sais même donner la patte, faire le beau et rapporter la balle.

- Splendide, les personnes qui t'ont élevé doivent vraiment être incroyables.

- Ils ne sont pas trop mal oui. J'ai de la chance de les avoir rencontrés.

- Et eux d'avoir un ami aussi fidèle. »

Le sourire des deux amis est devenu beaucoup plus franc, beaucoup plus rayonnant qu'avant et l'échange s'est fait sur un ton très léger. Seuls leurs regards brillants prouvent l'intensité de ce qui se joue entre eux à ce moment. Les yeux gris de Sirius semblent crier « Sans toi je me serais effondré » tandis que ceux noisettes de James le rassure « Je ne te laisserais jamais tomber ».James finit tout de même par rompre cet échange silencieux, en reprenant sur le même ton taquin qu'avant.

« Allez ne reste pas sur le pas de cette porte. Dans cette maison les chiens propres sont autorisés à monter sur les lits. »

Les deux amis s'assoient sur le lit et reprennent leur discussion. James évite soigneusement le sujet de la famille, il a bien compris que son ami n'est pas encore prêt à se livrer. Pour l'instant il a besoin de se distraire, de se sentir à sa place. Ils enchaînent les chamailleries et les projets de blagues pour l'année prochaine. Ils passent d'une idée à l'autre sans difficultés avec une fluidité d'échange dont eux seuls sont capables. Sirius laisse régulièrement éclater son rire si particulier et même James qui le connaît pourtant si bien perçoit à peine la tristesse résonnant dans ses rires et la douleur qui voile légèrement ses yeux. Ils ne remarquent pas réellement le temps qui défile et la nuit qui s'avance, ils sont tous les deux dans leur bulle dont même Remus et Peter ont du mal à les tirer. Le ventre de Sirius gargouillant incroyablement fort finit tout de même par les interrompre. Ils éclatent de rire avant que James ne reprenne plus sérieusement.

« J'imagine que tu n'as pas mangé ce soir ?

- Non… je n'ai rien mangé depuis hier matin, murmure-t-il presque à regret en évitant de croiser le regard de son ami. »

James essaye d'éviter de montrer sa colère qui flambe instantanément ainsi que son inquiétude. Il reprend d'un ton qui se veut léger.

« Et bien tu mérites un repas digne de ce nom alors ! Qu'est-ce que tu veux manger ? Les placards sont remplis et on peut toujours cuisiner ! »

Sirius prend le temps de le réfléchir, maintenant qu'on a parlé de nourriture, son ventre serré lui rappelle douloureusement le jeûne des derniers jours. Pourtant, il n'a toujours pas réellement envie de manger, il a toujours une boule dans la gorge un peu trop envahissante et les mots que ses parents et lui se sont jetés aux visages résonnent encore dans sa tête. Il retient un frisson. Il a besoin de chaleur pour chasser le chagrin qui monte à nouveau. Soudain une image vue dans un magazine Moldu lui revient en tête.

« Je voudrais manger de la pizza !

- De la quoi ?

- Pizza. C'est un plat Moldu… italien je crois. Attends je vais te sortir le magazine où je l'ai vu, je crois qu'il y a une recette.

- Bon bah c'est parti, accepte finalement James après avoir survolé la recette. On peut essayer, ça n'a pas l'air si compliqué. »

Les deux amis se faufilent jusqu'à la cuisine en essayant de ne pas faire trop de bruits pour ne pas réveiller Euphemia et Fleamont qui doivent maintenant dormir. Ils fouillent les placards pour réunir tous les ingrédients, ils hésitent longuement pour savoir s'ils ont pris la bonne levure et se mettent enfin au travail avec impatience et en riant. C'est James qui prépare pendant que Sirius lui lit les instructions. Il ne résiste pas à la tentation de rajouter des indications farfelues comme le fait de souffler régulièrement sur la pâte pour l'aérer. James s'exécute bêtement avant de comprendre lorsque son ami éclate de rire. Une bataille de farine et de pâte encore collante commence et les deux amis oublient complètement qu'il est plus d'une heure du matin et qu'ils ne voulaient pas faire de bruit. Un peu plus tard, c'est dans une cuisine beaucoup moins propre qu'ils étalent finalement la pâte, sans la faire lever, trop impatient de voir le résultat et ils inventent enfin leur garniture. Pour ça ils oublient complètement la recette et libèrent leur côté artistique, ils mettent beaucoup de viande, très peu de légumes à l'exception de la sauce tomate et la recouvre complètement de fromage avant de mettre la pizza dans le four.

En attendant, ils se décident tout de même à nettoyer leurs bêtises et à se laver rapidement, surtout James. Avec ses cheveux mouillés, la farine reste complètement collée et il est bon pour retourner sous la douche. Lorsqu'ils sont enfin propres, le temps de cuisson est écoulé et ils sortent la pizza du four. Pour une première tentative, le résultat n'est pas trop mal, la pâte n'était pas très bien étalée et est un peu épaisse mais comme ils ne connaissent pas vraiment le résultat désiré, ils s'en fichent. Le fromage fait des petites bulles et l'odeur de tomate, de saucisses et de champignons qui envahit la cuisine leur met l'eau à la bouche. Ils la laissent refroidir un peu pendant qu'ils s'occupent de nettoyer la cuisine, qui ressemblait à un champ de bataille. Ils s'installent enfin rapidement à table et commencent à manger, Sirius dévore les parts avec appétit, sans remarquer que la boule dans sa gorge a disparu… a disparu depuis qu'ils ont commencé à cuisiner en fait.

« Tu sais quoi Chirius, ches Moldus ont vraiment des bonnes idées ! Ch'est chucculent !

- Corn', le chien bien élevé que je suis voudrais te dire que c'est impoli de parler la bouche pleine. Mais tu as parfaitement raison, c'est sûrement la meilleure chose que j'ai mangé ! »

Très vite il ne reste plus rien et James sort d'un placard un gâteau au chocolat, datant de la veille et à peine entamé et leur prépare chacun une tasse de chocolat chaud. Ils prennent un peu plus leur temps de manger cette fois et profitent du silence de la nuit. Sirius s'est détendu, il est moins sur ses gardes et en même il se sent soudainement extrêmement mélancolique. Même s'il voudrait tout oublier, faire comme d'habitude et prétendre que tout va bien, en cachant ses problèmes, il réalise soudain qu'il a besoin de se confier, qu'il le doit à James, qu'il aimerait bien que son ami le comprenne un peu mieux. Il repose doucement sa tasse et prend finalement la parole, d'une voix légèrement nouée, les yeux dans le vague.

« Je les déteste tous tu sais. Mes parents, Bellatrix, mon oncle Cygnus, mes grands-parents, tous avec leur manie du Sang-Pur et leur mépris de tout. Même Regulus parfois, petit enfant parfait qui adhère à tout ce qu'ils disent sans se poser de questions. Je les déteste ! »

James ne répond rien, il se contente de fixer son ami.

« Bellatrix voulait m'emmener le voir… Voldemort… Elle voulait que je me mette à son service.

- Quoi ?! Ta cousine fait partie de ses serviteurs ? Et tes parents ont accepté ça ? »

Sirius laisse échapper un rire, amer cette fois.

« Bellatrix, bien sûr qu'elle est à son service, elle ne s'en cache pas c'est même sa plus grande fierté ! Ils se font appeler les Mangemorts. Elle ne parle plus que de lui et des horreurs qu'ils commettent… Ils… ce qu'ils font… c'est pire que tout ce que tu peux imaginer… J'en fais des cauchemars depuis des années… Et elle voulait que je les rejoigne, elle a dit que ça redorerait le nom des Black. Comme si ça m'intéressait… Et mes parents… les abrutis. »

Sirius s'interrompt et passe une main dans ses cheveux. Il regarde complètement ailleurs, perdu dans ses souvenirs, il est à nouveau au square Grimmaurd, il entend à nouveau les cris, les hurlements. Il ne voit absolument pas James, les yeux douloureusement fixés sur son ami, la mâchoire serrée et les poings blanchis autour de la tasse qu'il tient fermement.

« Ces abrutis… ils étaient si fiers qu'elle me le propose. Comme si c'était la meilleure chose qui pouvait m'arriver… leur arriver. Il s'en fichait complètement de vendre mon âme au diable, que je devienne un monstre, que je risque de mourir. Tout ce qui comptait c'était qu'ils n'auraient enfin plus honte de parler de moi. Comme si j'avais pu accepter. Je leur ai hurlé mon mépris, craché tout mon dégoût sur Bellatrix et juré que même s'ils me torturaient, jamais je ne les rejoindrais… C'est là qu'ils se sont énervés… Ils ne m'enferment plus… ils savent que je suis assez fort pour détruire l'armoire maintenant… A la place ils m'ont traîné jusqu'au grenier… ils m'ont… corrigé…

- Ils t'ont frappé ? demande James dans un murmure »

Sirius le regarde rapidement, ses yeux sont voilés de tristesse et durs à déchiffrer, il a un petit haussement d'épaules.

« Un peu… ils m'ont balancé quelques sorts aussi. Et ils m'ont laissé là ces deux jours. Ils sont venus me chercher ce soir. On a un repas demain avec la famille de Lucius Malefoy, le futur mari de Narcissa. Je me devais d'être là, qu'ils puissent parader avec leur petit héritier, en faisant croire au monde entier que je suis le fils parfait. Je pense qu'ils espéraient que ces deux jours m'auraient calmé et que j'aurais fini par me ranger à leur avis ou au moins que je serais prêt à faire bonne figure devant la belle-famille. C'est incroyable comme ils ne me connaissent toujours pas… n'importe quel professeur aurait été capable de leur dire qu'ils ne me briseraient pas comme ça. »

Sirius s'interrompt avec un soupir, James entend les larmes qui ne sont pas loin dans sa voix. Il passe à nouveau une main dans ses cheveux avant de reprendre.

« Enfin bref, je les ai accueillis debout et avec pleins de sarcasmes, toute la fierté dont j'étais capable. Mon père m'a encore lancé quelques sorts… un peu plus violents... Et c'est là que j'ai commencé à les insulter. Je leur ai avoué tout ce que je retiens depuis des années, que je les haïssais, que je ne voulais pas d'eux et de leur famille de monstre… Ils ont déjà bientôt déteint sur moi… Ma mère a hurlé qu'elle ne m'avait jamais aimé, que je n'avais fait que les décevoir, qu'elle n'avait jamais voulu de moi comme fils. Je crois que je leur ai dit que je ne leur avais jamais demandé de me mettre au monde et qu'ils auraient mieux fait de m'abandonner tout de suite. Mon père a crié que ça faisait longtemps qu'il n'avait qu'un seul fils, Regulus, que j'étais la plus grande déception de son existence. Ils commençaient à me menacer à nouveau, c'est là que je suis parti jusqu'à ma chambre, j'ai fait ma valise et je suis parti en leur disant que je ne voulais plus jamais entendre parler d'eux. »

Il a prononcé les dernières phrases sur un ton faussement détaché, comme s'il s'en fichait. Il rajoute néanmoins dans un murmure à peine perceptible.

« Je ne suis qu'un abruti… je les déteste, ils auraient fait de moi un monstre… mais j'aurais quand même voulu qu'ils me retiennent. »

Quelques larmes ont enfin fini par couler sur ses joues, James pose fermement une main sur celle de son ami.

« Sirius. Tu peux être fier de ce que tu es devenu ! Et tu seras toujours chez toi ici. »

Un sourire timide apparaît sur les lèvres de l'adolescent. Il le sait bien, il est chez lui dans cette maison, il l'a senti dès la première fois qu'il en a franchi le seuil, mais l'entendre dire lui réchauffe tout de même étrangement le cœur. James récupère les tasses et les met dans l'évier, ils laveront tout demain. Il donne une tape dans le dos de son ami.

« Allez viens gros toutou, il est l'heure de rejoindre ton couche-couche panier. Je suis généreux, ce soir tu as le droit de dormir au pied de mon lit, demain on t'installera ta propre niche. »

Il lui fait un grand sourire et rajoute doucement.

« Et puis si tu es sage, on demandera à Maman de nous refaire des pizzas. »