Hello !

I'm back un peu à l'improviste. Ce chapitre vient de nulle part (je sais le vendre je sais). Sa grande majorité a traîné quasiment un an dans mon ordinateur, je l'ai fini il y a quelques jours.

J'espère qu'il vous plaira.

On est encore une fois sur un petit changement d'ambiance, c'est loin d'être le chapitre le plus joyeux. Désolée Destrange si tu passes par là xD Mais promis du plus drôle viendra !

Quitte à raconter ma vie, l'idée m'est venue en écoutant La rivière de notre enfance (because Garou is all my life).

Le titre vient de la chanson de Creedence Clearwater Revival (CCR pour les intimes) qui est une de mes chansons préférées de toute ma vie *-*

Bonne lecture !

Et un grand merci pour vos reviews, vous êtes des amours *-*


Have you ever seen rain

Comin' down on a sunny day

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As-tu déjà vu la pluie tomber un jour ensoleillé ?

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La nuit était tombée depuis quelques heures sur Poudlard. Les Maraudeurs étaient dans leur dortoir, après plusieurs jeux de sociétés, une bataille d'oreiller et un début de nouvelle blague, les garçons avaient fini par s'allonger dans leurs lits, même Sirius qui lisait un livre sur l'histoire des Moldus. La journée avait été douce, ensoleillée, leur soirée animée et joyeuse. La nuit s'était lentement installée, assombrissant doucement le ciel. Le monde des rêves s'approchait et déjà la respiration de Peter se faisait plus lente. Seule la voix de Remus brisa soudainement le calme de la pièce dans un murmure.

« Vous n'avez jamais peur que tout s'arrête ? »

James se redressa immédiatement tandis que Sirius refermait doucement son livre et que Peter se frottait les yeux en baillant.

« Remus ?! Qu'est-ce que tu veux dire par que tout s'arrête ?

- Non, non, c'est rien, oubliez les gars. »

Remus s'était recroquevillé en leur tournant le dos après avoir parlé, il devina plus qu'il ne vit James et Peter qui s'étaient levés pour le rejoindre, tandis que Sirius restait assis en tailleur dans son propre lit. James posa une main rassurante sur le bras de son ami, tandis que Peter s'allongeait à ses côtés.

« Dis-nous, qu'est-ce qui ne va pas Remus ? »

Le loup-garou s'allongea à nouveau sur le dos, et les yeux fixés au plafond pris une grande inspiration.

« C'est un peu dur à exprimer… mais… vous n'avez pas peur que tout s'effondre, qu'un malheur nous tombe dessus et qu'on ne soit plus heureux ?

- Hé Mumus, c'est quoi ce coup de blues ? Ce n'est rien, c'est de la fatigue de la pleine de lune de la semaine dernière.

- James, le coupa Peter, tout n'est pas toujours la faute de la pleine lune. Remus, ça fait longtemps que tu rumines ça ? Désolé de ne pas avoir vu que ça n'allait pas aujourd'hui.

- Non, Peter ce n'est pas votre faute…c'est difficile, je ne sais pas comment vous expliquer…

- La journée était belle. Le fond de l'air était frais, mais tu aimes bien ça, le vent qui te gèle le bout du nez pendant que les rayons du soleil essayent de le réchauffer. Les cours n'étaient pas si pires, certains t'ont même vraiment intéressé et puis tu as presque tout réussi. Tu as bien mangé. On a passé une bonne soirée. Tu t'es avancé comme tu voulais dans tes devoirs et ensuite on s'est bien amusé. Non vraiment, tu étais de bonne humeur et c'était une belle journée. Mais voilà, tu es allongé, tu vas t'endormir, tout va bien et d'un coup elle arrive. Cette inquiétude que tu ne comprends pas trop. C'est elle qui dirige ton esprit et tu ne sais pas pourquoi mais d'un coup tu te mets à imaginer le pire. D'un coup, tu réalises que tu as les larmes aux yeux et que le rayon de lune avec lequel tu jouais cinq minutes plus tôt t'angoisse maintenant, t'étouffe presque. Plus l'obscurité s'avance, plus tu as l'impression qu'elle grignote ton être, qu'elle essaye de faire partie de toi. Tu ne sais même pas de quoi, mais brutalement, tu réalises que tu es terrifié. »

Les trois amis se tournèrent vers Sirius qui avait finalement pris la parole d'une voix incroyablement calme, toujours assis en tailleur sur son lit, parfaitement droit, un air indéchiffrable sur le visage.

« Oui c'est ça, murmura Remus. Et puis d'un coup je pense qu'un jour ma mère va mourir et que je devrais vivre avec. Peut-être même qu'elle meurt maintenant et que je ne l'apprendrais que demain et que la dernière chose que je lui aurais dite c'est « Oui j'ai pris assez de chaussettes », que je ne la verrais plus jamais se coiffer le matin, je n'entendrais plus le chuchotement de sa robe dans les escaliers. Et puis je ne sais même pas ce qui me manquera le plus, sa présence, ce qu'elle est, ou juste les habitudes que j'ai d'elle. Mais ça pourrait même très bien être James ou Peter. Je t'entends rire Sirius et je me dis que ce rire me manquera quand tu seras mort. Et puis est-ce qu'on arrivera encore à être les Maraudeurs si l'un de nous doit partir ? Sans même mourir. Peut-être qu'un jour l'un de nous en aura marre de toutes nos bêtises et s'en ira. Peut-être que tout ce qu'on vit est faux… Est-ce que le bonheur est vraiment fait pour durer ? Et puis finalement, je me dis que moi aussi je devrais bien mourir un jour et que peut-être je voudrais mourir maintenant et renaître seulement quand le printemps sera revenu… S'il revient un jour. »

James se leva soudainement, ses yeux se posant successivement sur des amis.

« Mais, mais c'est quoi ces idées noires Remus ?! Et Sirius, ça t'arrive aussi ? Vous n'êtes pas possibles tous les deux ! Mais il faut nous le dire quand ça ne va pas ! Sinon on sert à quoi Peter et moi ?!

– Mis à part vous faire angoisser sur nos morts potentielles, marmonna Peter.

– Trop tôt pour faire des blagues sur le sujet Pet' »

Le rire joyeux de Sirius les coupa.

« Au contraire James, Peter a raison. Tu sais, je pense qu'il n'est jamais trop tôt pour rire de ce qui nous fait peur.

– Oh ! Belle phrase Sirius ! Tu veux qu'on la rajoute à nos devises ?

- Moi je trouve surtout qu'on dirait le slogan d'une entreprise de lutte contre les Epouvantard ! »

Sirius lança aussitôt un oreiller à la figure de Remus qui avait parlé en dernier, puis il sauta à son tour sur le lit, tout en faisant semblant de vouloir l'étouffer sous l'oreiller. Après plusieurs minutes de batailles, ils se retrouvèrent à nouveau tous assis en tailleur sur le lit, sans chercher à cacher les sourires qui leurs dévoraient le visage. Remus reprit la parole.

« Tu sais James, Peter et toi vous êtes bien plus qu'une source d'angoisse. La plupart du temps c'est même l'inverse, je me pose pleins de questions, je rumine et puis je tombe sur vous, quelqu'un lance une blague, on rit, on profite tous ensemble et tout va mieux, la boule dans ma gorge diminue, les idées noires s'envolent avec nos rires et je profite juste de ces instants ensemble. Vous êtes ma thérapie, mes petites bouées à la surface. Quand je suis avec vous, je n'ai plus besoin de parler de mes angoisses, parce qu'elles n'ont plus aucune raison d'être. Alors oui, parfois ça revient un petit peu quand il fait plus noir, qu'on se dispute, ou que je suis fatigué… Mais ne vous inquiétez pas, je suis heureux ! Bien plus que je n'aurais jamais cru qu'il était possible de l'être, tout ça grâce à vous, et si un jour les choses tournent mal, nous n'auront qu'à utiliser la méthode Sirius et rire de ce qui nous fait peur ! »

Peter lui offrit un sourire éclatant avant de le prendre dans ses bras, alors que James portait une main à son cœur en essuyant ses yeux humides de l'autre. Sirius se contenta de le remercier d'un clignement des yeux, un sourire doux aux lèvres. Le tout finit finalement en câlin collectif puis sur une nouvelle bataille oreiller initiée par Peter après la phrase rituelle lancée par James pendant leur câlin.

« Ne serrez pas trop fort, n'oubliez pas que Peter est au niveau de nos aisselles. »

La bataille finie et le calme retombé, les garçons commencèrent à bouger pour rejoindre leur lit. James retint Sirius en lui attrapant doucement la main.

« S'il te plaît ne te braque pas mais toi Sirius… pourquoi tu ne nous dis jamais quand ça ne va pas ? »

Sirius poussa un long soupir, lutta contre l'envie viscérale de s'enfuir, le regard suppliant de James le clouait sur place, il y lisait toute sa tendresse et son inquiétude. Il n'avait pas le droit de mentir ou de dissimuler, pas à James.

« C'est juste que… c'est plus simple comme ça. Ne pas en parler c'est leur nier le droit d'exister, c'est refuser de les laisser me contrôler et me définir. Ces angoisses, ces peurs qui me remontent par vagues, ce n'est pas moi ! C'est le poison que ma famille a planté en moi, c'est leurs idées débiles d'arriérées qui me reviennent et qui essayent de s'insinuer en moi. Les cacher, les enfouir c'est ma manière de m'en défendre, de me protéger, de ne leur laisser aucune prise sur moi. Parce qu'elles ne devraient pas être là, elles n'ont pas le droit. Si je ne vous dis rien ce n'est pas parce que je ne vous fait pas confiance, c'est juste que je n'y arrive pas, que les formuler à voix haute c'est déjà leur donner trop d'importance. Parce que oui, j'ai peur que l'un de nous meurt, j'ai peur de souffrir, de devenir un monstre, de devenir aussi noirs qu'eux… mais je ne le dis jamais, parce qu'y penser c'est déjà trop. Les ignorer c'est ma manière de m'en protéger. »

Le silence qui suivi cette déclaration paraissait pesant en contraste avec leurs rires joyeux qui avaient résonné juste avant pendant leurs chamailleries. Sirius avait parlé de ce ton détaché et froid qu'il prenait toujours lorsqu'il évoquait un sujet intime et qui n'avait jamais convaincu ses amis que ce qu'il avouait n'était pas important. Bien au contraire. Pour tout ce qui touchait ses sentiments, plus il paraissait distant, plus cela lui tenait à cœur. Ils s'étaient tous figés pendant que leur ami parlait, osaient à peine respirer, comme s'ils avaient peur que leurs souffles ne l'interrompent pendant sa confession. Les yeux de James brillaient de larmes, et si on lui avait demandé, il n'aurait pas cherché d'excuses, n'aurait pas parlé de poussières bien trop présente dans ce dortoir. Sans s'en rendre compte, il avait gardé la main de son ami dans la sienne et pour une fois Sirius n'avait pas cherché à se libérer de cette prise. Sans réfléchir, suivant ses impulsions, il l'attira à lui et l'engloutit dans une étreinte étouffante. Remus et Peter restèrent en retrait cette fois. En dehors de leurs câlins collectifs, il n'y avait que James qui pouvait avoir cette familiarité avec Sirius. Et encore, il tolérait rarement de tel contacts. Il ne protesta pas cette fois mais s'agrippa au contraire au pyjama de James, comme s'il était une bouée pouvant le ramener sur le rivage. Ce fut James qui brisa le moment en s'éloignant, cachant maladroitement son inquiétude derrière un sourire. Leur ami ne montrait que très rarement sa vulnérabilité et même si leurs cœurs à eux trois leurs hurlaient de continuer à l'interroger, de le pousser à se confier plus profondément, ils se retenaient car ils savaient d'expérience que la limite de Sirius avait été atteinte. Ils avaient obtenu un aveu de faiblesse, c'était déjà inespéré, s'ils tentaient de pousser la chose plus loin, leur ami se fermerait comme un huître et ils n'obtiendraient plus rien de lui avant plusieurs jours.

« Je suis désolé Sirius, tes bras sont très agréables, mais je suis obligé d'arrêter les choses là, avant que cela n'aille trop loin entre nous. J'ai peur que Lily jolie ne devienne jalouse de notre relation sinon, se força-t-il à plaisanter.

- Espèce de crétin, répliqua Sirius avec un sourire doucement forcé et des yeux encore un peu trop sombre. On pourrait s'embrasser devant elle, Evans ne serait pas jalouse, elle ne t'aime pas !

- OH ! s'écria James faussement indigné. C'est incroyablement cruel ce que tu dis là Pat', après tout ce que nous avons partagé ! Je réclame un câlin en pardon, rit-il en ouvrant grand les bras vers son ami. »

Sirius se décala légèrement évitant le contact avec un immense sourire, qui remontaient jusqu'à ses yeux cette fois.

« Ne me touche pas ! plaisanta-t-il. Une fois ce soir c'est déjà bien assez !

- Bon allez les enfants, arrêtez de vous disputer, les coupa Peter, au lit maintenant sinon vous serez fatigués demain !

- Et après on vous connaît, vous serez grognons et vous ferez des caprices toute la journée !

- Très drôle Mumus, mais c'est quand même ta faute si on est restés éveillés !

- Absolument pas, je vous avais dit d'oublier ce que j'avais dit ! protesta-t'il avec une absolue mauvaise foi. »

Peter lui tira la langue pour seule réponse et les trois adolescents rejoignirent enfin leurs lits qu'ils avaient quittés pour le réconforter. Le silence retomba lentement, doucement rythmé par les respirations de plus en plus lentes des garçons et les pages du livre que Sirius tournait régulièrement. Une nouvelle fois un murmure de Remus résonna dans la pièce.

« Merci »

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La morale, couchez-vous quand il fait jour, c'est plus apaisant !

Pour vous allécher un peu, le prochain chapitre est déjà écrire, donc je vais essayer de le sortir dans pas trop longtemps (genre deux semaines), il est un peu plus long et plus joyeux. Celui d'encore après est en écriture également !

Bisous les amis !