Hello tout le monde ? Ça va ? Moi ça va.

Ça se passe bien vos vies ?

Oui ? Tant mieux.

Non ? Tant pis.

Breeeeeeeef.

Je sais.

Vous avez pas kiffé le dernier chapitre que j'ai balancé.

Mais bon, que vouliez-vous que je fasses ?

La tentation était trop grande. Alors voilà.

Mais vous allez être contents, là, ça va être d'une taille XXL.

Ah la la... comme j'aime écrire pour vous...

Bien.

Avant le chapitre...

TADAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM !

RAR ! (sur fanfiction, pour répondre aux reviews pas anonymes, je met en objet « Repons to your review » mais est-ce-que c'est pas plutôt « repons at review » ? Je me posais la question... Si un donneur volontaire pouvait me donner l'info, j'apprécierais...)

Adenoide :

Si tu veux lire tout après, c'est ton choix, mais vas-tu réussir à attendre ? Telle est la question... Ensuite, oui, ils sont complètement tarés mais que veux-tu, me~... Tu as raison sur toute la ligne, ils ont effectivement un gros manque (mais sont surtout tarés...). J'arrête de te spoiler là... Par contre, si tu décides de tout lire après, tes reviews vont me manquer... *snif*...

Guest :

Bonjour ! Je suis ravie que tu te mettes à me lire ! Alors. Comme tu as laissé deux reviews et pour pas les mêmes chapitres, je vais répondre aux deux : 1) Oui, j'ai fait un Edmond cool ! Au début je voulais en faire un vrai petit con, mais au fur et à mesure de l'histoire, il m'est paru évident de le mettre ce qu'il est maintenant. 2) Oui... Je sais... Désoléééééée ! *courbette* Merci encore de tes reviews !

Les non anonymes :

Merci à lady hermione malefoy, Yaoi-Lilith et brigitte26 pour leurs reviews !

Voilà, je vous laisse lire !

Bonne lecture !

PS : Ornithorynque albinos powaaaaaa~

Je re-précise que ça va pas être la joie.

Rappelez-vous que ces chapitres sont sérieux et c'est pas de la déconne. Et ils sont pas joyeux. Désolée. Je vous aurais prévenue. Mais si vous les ratez, vous comprendrez pas trop l'histoire et vous raterez de l'important. Valà.


L'homme, vêtu tout en noir, entra et regarda l'enfant qui le dévisageait allègrement, malgré la peur qu'on pouvait sentir émaner du petit corps frêle. L'inconnu était un homme blanc d'une vingtaine d'années, d'une taille affreusement banale. Mais ces yeux resteraient gravés pour toujours dans la mémoire du garçon. Ces yeux vairons. L'œil droit était d'un rouge sang tandis que le second était d'un vert-jaune presque doré. On aurait pu le considérer comme un bel homme s'il n'avait pas eu cette étincelle de haine et de dégoût difficilement maîtrisés dans le regard.

Il ouvrit la bouche et une voix banale en sortit :

-Quel est ton nom ? Demanda t-il, retenant à grandes peines une intonation de dégoût.

Nathanaël ne répondit pas. Il n'était pas idiot. Il était élevé par Severus et Elizabeth Snape que diable ! Il se contenta de fixer insolemment son vis à vis. Ce dernier, excédé par l'attitude du gamin de quatre ans reprit avec une colère contenue :

-Réponds. Tu ne sais pas ce qui vas t'arriver sinon.

Oh que si, il avait une idée. À quatre ans tu n'es pas idiot. Et Nathanaël était loin de tomber dans le panneau. L'homme voulait le manipuler d'une manière ou d'une autre et le garçon ne se laisserait pas faire. Mais l'inconnu le regarda et le dégoût et la colère prirent le dessus. Il attrapa l'enfant par le cou et le coinça contre le mur. Puis il murmura à quelques centimètres de son visage :

-Tu me dis...qui tu es. Ou... tu comprendras le sens du mot « douleur ».

Nathanaël planta ses yeux émeraudes dans le regard vairon du châtain. Une détermination nouvelle avait fleurie à l'intérieur des perles vertes. Le châtain murmura un « très bien » avec une légère intonation satisfaite.

Il le traîna par le cou derrière lui, tel un animal récalcitrant. Ce dernier étouffa un cri d'indignation et serra les dents. Ils traversèrent des tas de couloirs et le manque de fenêtres et de luminosité fit comprendre au petit garçon qu'ils étaient sous terre.

Au bout d'une petite dizaine de minutes, ils arrivèrent dans une grande pièce circulaire éclairée par des néons ici et là. Plusieurs hommes en noirs discutaient allègrement mais l'inconnu qui tenait encore le brun souffla :

-Sortez. Le ton était impérieux et n'admettait aucune discussion.

Sur les six présents, seuls cinq partirent. Le dernier s'approcha d'eux et demanda :

-Valentin ? Qu'y-a-t-il ?

-J'ai dit « Sortez ». Tu ne fais pas exception Roméo.

Roméo le regarda suspicieusement et quand il vit le petit garçon qu'était Nathanaël, il eut une étincelle de compassion dans le regard qui n'échappa pas au dit petit garçon.

-Valentin. Commença Roméo

-Je t'ai dit de sortir, Roméo. Alors tu sors. Tu obéis. À moins que tu ne veuilles être puni ? Susurra t-il dangereusement.

Roméo se tendit et déglutit imperceptiblement.

-Bien... Tu es un gentil garçon. Maintenant sors.

Le dernier mot avait des intonations dangereuses et il sortit, plongé dans ses pensées.

Valentin amena Nathanaël vers un mur et l'attacha à deux chaînes qui pendaient du plafond. Les pieds de l'enfant étaient maintenant à près d'un mètre cinquante du sol. Valentin alla chercher quelque chose et l'enfant se tendit en le voyant revenir avec un fouet.

Un sourire sadique ornait les lèvres de Valentin et la souffrance emplit bientôt le corps et les pensées de Nathanaël. Il avait l'impression que son corps brûlait. Il cria. Il était un enfant et il avait mal. Il hurlait tout l'air de ses poumons. Quand il ne put plus crier, on le laissa là. Et il s'évanouit.

Le noir. La solitude. L'air...

Des mots. Quelqu'un lui parlait ? Ah... Il était trop fatigué.

Un visage. Des yeux doux. Dorés...

Des bras... Qui le touche ? Ah... Il peut respirer...

Il bouge ? Il se sent bien.

Le sol ? Quelle est cette main qui le touche ? Ah... Ça fait du bien...

Le sol ? Des mots ? Gentils... ? Ah... Il a moins mal. Des bandages... ?

Nathanaël ouvrit les yeux. Il était dans sa cellule. Seul. Sa chemise noire était en lambeaux et son pantalon n'était pas dans un meilleur état. Ses nombreuses plaies n'étaient pas infectées. Il remercia le ciel. Quelqu'un l'avait aidé. Qui ? Il se souvenait d'un regard. Il observa autour de lui : un morceau de pain se trouvait à côté de lui. Il le mangea avec soulagement et se demanda qui avait pu le soigner et après enlever toute trace de son passage et de ses soins.

Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions que la porte de sa cellule s'ouvrit et que Valentin entra, un air rageur sur le visage.

-Bien, petit monstre. Dis-moi ton nom maintenant où la séance de ce matin recommencera.

Ainsi, cela faisait juste quelques heures. Nathanaël ne se sentait pas soulagé de savoir qu'il n'avait eu que ces heures pour récupérer. À quatre ans, il risquait de mourir. Faisant une rapide évaluation de ses chances de survie, il se rendit compte qu'il avait tout à gagner à lui dire son nom. Mais... Fierté Snape oblige, il n'ouvrit pas la bouche et se contenta de dévisager outrageusement son vis-à-vis.

Ce dernier eut une grimace de rage et il empoigna le cou de Nathanaël. Au lieu de l'emmener comme le matin, il le projeta avec force contre un mur.

-Dis-moi qui tu es ! Hurla Valentin.

Du sang se mit à couler de la bouche du petit garçon qui retomba durement sur le sol. Il essaya de se relever mais son agresseur appuya son pied contre la tête du brun.

-C'est là qu'est ta place alors ne fais pas ton malin. Je n'ai pas de temps à perdre avec les chiens dans ton genre. Ne me fais pas perdre plus de temps. Donne-moi ton nom. Souffla-t-il dangereusement.

Nathanaël, du haut de son petit mètre, roula sur le dos jusqu'à cogner le mur et planta son regard trouble dans celui vairon.

-Je ne suis... Pas... un monstre. Réussi à dire difficilement Nathanaël.

La fureur présente dans les yeux vairons était indescriptible. Il se jeta sur l'enfant et le roua de coups jusqu'à ce qu'il tombe dans l'inconscience.

À ce moment, Valentin observa le petit corps et murmura :

-Je te briserais.

.

Le lendemain, Nathanaël se réveilla avec douleur. Il était encore seul et pas dans un meilleur état, estima-t-il. Il se redressa et s'assit de manière à s'appuyer contre le mur.

Aucune nourriture n'attendait son réveil alors il se mit à fouiller la cellule. Il trouva deux cailloux et il se mit à les frotter contre le sol pour les affûter. Ensuite, il traça des dessins sur le mur. Deux heures après, il n'avait plus de cailloux dans sa cellule mais ses murs étaient remplis d'un dessin représentant un magnifique paysage pour un enfant de quatre ans.

Épuisé, Nathanaël se recala contre un mur et s'endormit.

.

Il fut réveillé par un violent coup dans les côtes.

Valentin se tenait devant lui.

Comme la veille, il fut traîné dans la salle de torture.

Comme la veille, il cria jusqu'à ne plus avoir de voix.

Comme la veille, il s'évanouit et fut ramené dans sa cellule.

Comme la veille, il se réveilla seul.

.

Des mois passèrent comme cela. Jamais Nathanaël n'avait échangé plus que des salutations, des insultes, des sarcasmes ou même simplement des regards avec Valentin.

Chaque jour, voir même plusieurs fois par jour, c'était le même programme :

Nathanaël était réveillé violemment si il dormait.

Il était traîné à la salle de torture.

Il avait prit de l'assurance en apparence mais au fond de lui, il se brisait plus chaque jour. Il saluait son agresseur. Il se faisait frapper.

Il l'insultait. Il se faisait frapper.

Il lui parlait. Il se faisait frapper.

Il le regardait. Il se faisait frapper.

Il criait. Il se faisait frapper.

Il ne disait rien. Il se faisait frapper.

Il s'évanouissait.

Quelqu'un le ramenait.

Quelqu'un le soignait.

Quelqu'un le nourrissait.

Alors il gardait espoir.

Espoir en ces deux yeux dorés qu'il ne reconnaissait jamais.

Espoir même s'il ne savait pas en qui.

Espoir.

Maigre.

Mais...

Toujours.

.

Un jour, alors qu'il ne dormait pas, il entendit deux personnes marcher dans le couloir. Tous les matins, il les entendaient. Maintenant, à force d'être traîné dans ces mêmes couloirs, il pouvait reconnaître qui parlait. C'était deux hommes blonds qui faisaient la sécurité de l'endroit : ils marchaient en parlant de la pluie et du bon temps. Le premier que Nathanaël reconnu comme étant Kevin, un salopard de la pire espèce qui n'hésitait jamais à le frapper de temps en temps quand Valentin l'oubliait, dit :

-Dis-moi, Anthony, on est quel jour aujourd'hui ?

Anthony, qui était bien moins méchant que son ami mais complètement soumis lui répondit :

-Le neuf décembre je crois. Il fait froid tu ne trouves pas ?

-Si, ça caille...

Le neuf décembre ? Il avait cinq ans ? Youpi... Pensa Nathanaël avec cynisme. Quel bel anniversaire ! Il n'aurait pas pu rêver mieux.

.

Des mois passèrent encore.

Comme d'habitude, Valentin entra.

-Salut Valy-chou. Ça boum ? Lança le garçon sans même lui accorder un regard.

-Assez bien, le monstre. Je ne te demande pas comment tu vas, après tout, les chiens n'ont pas d'avis.

-Tu te sens puissant face à un gamin ? Et bien... Répondit Nathanaël avec lenteur.

Un grognement lui répondit et il se retrouva bientôt à la salle de torture.

Cette fois-ci fut d'une rare violence et le délai trop court entre la dernière séance n'arrangea pas la situation. Il faillit y rester. Il ne restait plus beaucoup de conscience dans l'esprit du garçon. Valentin reposa une énième fois la question :

-Dis-moi ton nom, monstre.

Voyant qu'il avait du mal à rester conscient, Valentin lui asséna une violente gifle.

-Tu sais, et si je te disait pourquoi tu es ici ? Après tout, il est vrai que je ne te l'ai jamais dit... Vois-tu, nous sommes ceux qui videront la Terre de la vermine. Et par vermine, je parle de vous. Les magiciens, sorciers, hérétiques, dé des créatures du mal. Tu vois... J'ai commencé la purge par ma propre sœur. Savoir que nous partagions du sang... Valentin frissonna de dégoût. Et me voilà ! J'ai rassemblé des gens. Un jour, j'ai reçu une lettre signée A.P.W.B.D. qui expliquait où trouver des créatures comme vous. Tu as été le premier... Quel est ton nom, petit monstre ? Tu iras rejoindre les autres si tu me le donnes. Tu auras peut-être des amis, qui sait ?

Un sourire goguenard apparu sur les lèvres de Nathanaël qui avait la tête baissée. Il la releva et une autre gifle atterrit sur sa joue.

-Bien... Tu sers d'exemple. Une rumeur commence à courir comme quoi un résistant existerait. Aucun nom n'a été donné. Arrête ce petit jeu. Repends-toi. Tu verras. Si tu acceptes la situation, tout ira mieux. Il faut que tu comprennes que ton existence est une aberration. Tu ne dois pas exister. Alors accepte ce que tu es : un monstre, un chien, une erreur de la nature.

Nathanaël ouvrit lentement la bouche, une lueur étrange au fond de son regard, planté dans le vairon. Valentin pensa que c'était une lueur de résignation et il arbora un sourire fier. Qui s'évanouit bien vite pour faire place à de la colère.

-Je ne suis rien de ce que tu dis. Je suis fier d'exister. Donne un nom à tes autres pensionnaires. Dis-leur, Valentin, dis-leur. Je suis Emerald.

-Emerald... Ce sera mieux que rien, monstre.

-Tu ne te rends pas compte ? Tu ne comprends vraiment rien mon petit Valentin... dit Nathanaël d'un ton qu'on utiliserais pour faire comprends quelque chose à un petit enfant attardé.

-Et quoi donc, mon petit toutou ?

Nathanaël grogna :

-Te voilà manipulé par un gamin de sept ans... tu ne te rends pas compte que si, au bout de deux ans, je te donne un nom, et un nom qui n'est pas réel sauf dans mon âme, je le fais parce que j'en ai envie ? Comprends, que s'il y a une vermine qui ne mérite pas de vivre, c'est bien toi.

Nathanaël cracha du sang sur le sol, aux pieds de Valentin.

Une veine se mit à palpiter dangereusement sur la tempe du châtain qui se mit à le frapper, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une masse sanguinolente mais pourtant vivante, bien que pour peu de temps.

Valentin le détacha et le corps retomba sur le sol dans un bruit sourd. Il le frappa encore, lui administrant toujours plus de coups de pieds. Au bout d'un moment, plus épuisé qu'énervé, il sortit en laissant le corps frêle par terre.

.

La porte de la salle de torture s'ouvrit et un homme au regard doré entra. Il accouru auprès du garçon et l'emmena dans sa cellule. Il le nettoya rapidement, Valentin risquait de revenir plus vite cette fois-là. Il sortit et au tournant du couloir, il croisa les yeux vairons. Il baissa la tête dans une attitude soumise mais une lueur d'inquiétude intrigua le châtain :

-Roméo ?

-Oui ? Répondit celui-ci.

-Qu'est-ce-que tu fais là ?

-Je viens de ramener le garçon, comme d'habitude.

-Tu as mis du temps.

Il paniqua légèrement. Valentin le congédia en notant dans un coin de sa tête de surveiller son chien de frère et il se rendit dans la cellule du monstre.

Comme toujours, il tiqua en voyant le dessin sur les murs.

Il observa l'enfant prostré dans un coin, et satisfait, il sortit.

.

Le temps passa, car il est plutôt rare que le temps ne passe pas.

Valentin s'acharnait pour réussir à briser le garçon de sept ans. Mais il n'y arrivait pas. Sa fureur grandissait de jour en jour et un jour tandis que l'espoir de l'enfant, placé en ces yeux dorés, tenait tant bien que mal la route.

Après une séance d'une rare violence qui avait été déclenchée par un sarcasme de Nathanaël, Valentin aperçu Roméo qui le soignait. Il empoigna son petit frère par le T-shirt et l'emmena dans un cachot.

Enfin, il avait trouvé qui était l'idiot qui soignait le monstre numéro un. Son frère. Comme quoi, après sa sœur et ses parents, son propre frère était aussi pourri. Quand l'arbre est pourri, le fruit aussi, après tout. Heureusement, lui n'avait pas hérité de la tare familiale. Encore heureux !

.

Nathanaël se réveilla avec un sacré mal de tête. Il avait un mauvais pressentiment, mais pour quelle raison ?

Valentin entra, et pour la première fois, il eut vraiment peur pour sa vie. Cette peur qui vous prends aux tripes et qui vous donne envie de vomir vos intestins. Et bien là, le garçon la ressentait inexplicablement. Pourtant, tout était comme avant. Non ?

Nathanaël déglutit en voyant la fierté dans le regard de son vis-à-vis qui esquissa une grimace cruelle.

.

Lorsque Nathanaël se réveilla sur le sol de sa cellule, il sut que quelque chose n'était pas comme d'habitude. Il manquait quelque chose. Quelque chose d'important. Mais quoi ?

Il n'eut pas le temps de s'attarder sur la question que l'homme aux yeux vairons entra avec une joie malsaine dans le regard.

Le garçon croisa l'œil rouge et eut peur de ce regard.

-...

-Tu n'as plus rien à dire, petit chien ? Demanda Valentin.

C'était vrai. Qu'est ce qui clochait ? Pourquoi est-ce-que cette peur lui tordait les entrailles ? Qu'est-ce-qui manquait, bordel ?

-Tu ne sais pas ce qu'est le silence, idiot ? Répondit Nathanaël, son sentiment s'approfondissant.

La colère s'empara encore du châtain qui le mena à la salle habituelle.

Nathanaël remarqua un autre corps dans la pièce. Un homme d'environ dix-huit ans, blond, prostré dans un con. Il ne voyait pas son visage.

.

Nathanaël se réveilla.

Il se sentit étrangement seul. Sans qu'il ne s'en rende compte, l'espoir qui l'animait s'effritait.

.

Une semaine passa ainsi.

Valentin venait, l'emmenait, le frappait, et il se réveilla avec toujours plus de peur.

.

Lorsqu'il se réveilla au bout de cette semaine maudite et qu'il vit Valentin entrer, sa gorge se serra :

-Alors, le monstre, prêt pour une nouvelle séance ?

-...

-Tu commences à comprendre quelle est ta place ? C'est bien, petit chien.

Nathanaël releva la tête et plongea son regard dans le vairon. Il s'attarda sur l'œil doré.

Doré ?

Comme... Non...

Il écarquilla les yeux. Il sentit son espoir maigre et tremblant se briser en des milliards de morceaux. Un silence assourdissant prit place dans ses oreilles, tant et si bien qu'il ne remarqua qu'il était dans la salle de torture uniquement lorsque la douleur commença à envahir son être.

Il s'effondra au sol. Il était épuisé.

-Alors, tu comprends, maintenant ?

Il ne répondit rien. Il savait maintenant. Il était seul. Il pensa à ses parents. À ses sœurs, à son frère. Il pensa à eux. Et se rendit compte, pour la première fois, qu'il était seul. Plus jamais son soutien ne viendra. Plus jamais on ne l'aidera. Il était seul.

Seul.

Ce mot résonna lentement à ses oreilles. Son cerveau s'en imprégna.

Seul.

-Tu as finalement compris.

La voix mauvaise de Valentin sonnait comme un arrière plan. Il souleva sa tête pour fixer leurs regards.

-Ta place est là. Avec les autres monstres.

Un silence répondit au châtain. Il sourit avec une fierté palpable.

Il est brisé! Pensa Valentin avec une joie malsaine.

Il l'empoigna par le col et le mena à une aile des souterrains que Nathanaël ne connaissait pas.

Mais Nathanaël ne regardait pas. Il avait les yeux dans le vide. Les yeux vides.

Une lourde porte de fer s'ouvrit et le garçon fut durement projeté sur le sol.

-Maintenant, ta place sera là. Amuses-toi bien avec les autres chiens.

Et il partit dans un éclat de rire malsain et mauvais, empreint de haine fière.

Nathanaël eut juste le temps d'apercevoir une masse d'enfants s'approcher de lui et se faire écarter par une paire d'yeux noirs et une paire d'yeux bleus clairs avant de tomber dans l'inconscience.

.

-Hey, Jerem.

-Moui Ben ?

-On fait quoi de lui ?

-Ben, on attends de voir quand il se réveille, après on découvre qui c'est, et après on voit.

-Ah ouais, logique...

-Ben ouais, logique.

-...

-...

-Jerem ?

-Oui, Ben ?

-Il se réveille.

-Je le vois bien, imbécile.

-Ah...

Nathanaël ouvrit difficilement les yeux et se retrouva à trois centimètres d'une paire d'yeux noirs.

-Bonjour. Lui dirent les yeux.

-Salut ! Dirent les yeux bleus derrière.

-Bonjour. Répondit le brun, blasé.

-Qui es-tu ? Demanda celui à qui appartenaient les yeux noirs. Il avait des cheveux noirs également qui lui tombaient sur les épaules.

-Je suis Emerald. Répondit Nathanaël avec une lenteur désintéressée.

Un silence lui répondit et il en profita pour se redresser et mettre ainsi une distance raisonnable entre lui et le garçon aux yeux noirs.

-Comme le résistant ? Demanda un châtain clair aux cheveux mi-long qui possédait les yeux bleus clairs.

-C'est le résistant. C'est clair pourtant ! Cœur-cœur-rose l'a brisé. Lança le brun.

-Ah... Mais du coup, c'est encore un résistant ?

-Ben, oui, je suppose. Répondit-il.

-Ah.

-Bon. Je m'appelle Jeremy. Dit le brun.

-Moi, c'est Ben ! Mon nom était trop compliqué, alors Jerem l'a raccourci. C'est bien Ben, hein ?

Nathanaël leur jeta un regard peu intéressé. Mais plus que ça, il était vide.

.

Des yeux.

Noirs et bleus.

Des enfants.

Noir et Blanc.

Sombre et Lumineux.

Deux regards.

Deux expressions.

Qu'est-ce-qu'ils font ?

Ils me parlent ?

Pourquoi ?

Je ne suis que la quantité négligeable.

Une fois usé, on le jette.

Une fois brisé, on le jette.

Une fois perdu, vite oublié...

Alors, la vie, à quoi sers-tu ?

Alors, la mort, où es-tu ?

Pourquoi moi ?

Toujours moi...

Seul.

Vide.

Toujours.

.

Des mois passèrent. Ben et Jeremy faisaient leur possible pour raviver la flamme dans les yeux du garçon.

En ce jour du neuf décembre 1988, Ben jouait sur un rocher.

-Jerem ! Regarde ! Regarde ! Je suis trop fort !

-Fais gaffe ! Tu vas te casser la gueule si tu continue ! Lui dit Jeremy en retour.

-Mais non ! Mon équilibre est à toute épreuveuhaaaaaaaaaaaaaaah !

Il glissa et il serait mort dans sa chute si Nathanaël n'avait pas foncé sur le petit garçon.

Il le rattrapa de peu et Jeremy sourit :

-Bravo, Emerald. T'assures !

Il lui tendit le poing et, une flamme nouvelle dans le regard, Nathanaël cogna son propre poing contre.

.

Les trois garçons se rapprochèrent. Ils étaient maintenant une famille.

Enfin, il avait quelqu'un sur qui compter.

Jeremy, le grand frère protecteur, qui disait ses quatre vérités au monde et qui brillait de noirceur.

Emerald, le frère, protégé, protecteur, faible, fort, subtile mélange d'assurance et de peur.

Ben, le petit frère, protégé, protecteur, toujours prêt, c'est sa devise.

Ensemble, ils se croyaient prêt à tout.

Ensemble.

Mais affronteras-tu la nuit, sans faillir et sans trembler ? Pourras-tu te battre si les autres te laissent tomber ?

Non, ils ne feraient jamais ça.

Mais... si on te les enlevaient de force ?

Jamais Nathanaël n'aurait pu y penser.

Les tortures étaient inconnues de ce côté du souterrain.

Comment pouvait-il savoir que la vie était une chienne à ce point ?

Il aurait dû s'en douter.

.

Ce jour là, un rassemblement eut lieu.

Dans le centre de la ville, comme ils l'avaient nommée.

Une grande estrade avait été placée, et en son centre, quelque chose que des enfants ne devaient pas voir. Les plus âgés bloquèrent la vue des plus jeunes.

Ils cachèrent l'énorme guillotine.

Valentin monta sur l'estrade, étrangement joyeux.

-Bonjour, mes petits chiens. Savez-vous qu'une étrange rumeur est parvenue à mes oreilles ? Que quelques animaux voulaient s'échapper. J'ai donc fait fouiller les cellules. Et devinez ce que j'ai trouvé ?

Il laissa passer un temps.

-Un tunnel. Oui. Alors maintenant, je voudrais que les coupables se dénoncent. Où que quelqu'un dénonce les coupables, peu m'importe.

Il promena son regard sur la foule et un visage peu inconnu lui sauta aux yeux. Un sourire mauvais fleurit sur sa face et il annonça d'un ton peu rassurant :

-Emerald. Comme cela fait longtemps. Tu m'as manqué. Tu me dirais qui as fait ça ?

Nathanaël se mit à trembler et des souvenirs revinrent en sa mémoire.

Valentin. Le fouet. La douleur. La peur. Ses yeux. Son regard. Sa haine.

Une main réconfortante se posa sur son épaule tandis qu'une autre, plus petite, se glissa dans sa main.

Jeremy. Ben. Le tunnel. L'évasion. Bientôt. Je dois faire face. Me montrer digne. Il veut un coupable ? Il l'aura.

Nathanaël croisa le regard de Valentin et toute sa bonne volonté sembla fondre comme neige au soleil. Il se remit à trembler comme une feuille.

-Viens donc me rejoindre, mon petit chien favori. Murmura Valentin.

Nathanaël entama un mouvement de recul mais le regard du plus vieux le figea.

-Bien, puisque personne n'a l'air de vouloir dénoncer ou se dénoncer, nous allons effectuer une petite pression supplémentaire.

Il fit un geste de la main et son petit frère, Roméo, se fit amener sur l'estrade, une chaîne autour du cou.

-Mon propre frère est un chien. Comme vous tous. Allez-vous laisser un minable comme lui mourir ?

La foule frissonna. Il n'allait pas exécuter son propre frère, tout de même ?

Roméo se fit placer la tête dans la guillotine.

-1...2...3...4...

Roméo ouvrit lentement les yeux.

-5...6...

Il les promena sur la foule. Brisé.

-7...8...

Il tomba dans les yeux émeraude de Nathanaël et son regard reprit vie. Brièvement.

-9...

Nathanaël comprit. Il comprit en voyant ces yeux dorés. Les yeux dorés.

-Et 10. Prononça Valentin avec une joie perverse.

La lame de la guillotine tomba.

-NON ! Hurla Nathanaël.

La tête de Roméo roula sur le sol et buta à ses pieds.

Quel humour dramatique possède la vie, ne trouvez-vous pas ?

-Ah. Zut. Il est mort... dit Valentin en posant un doigt nonchalant sur sa joue. Bon... Un chien de moins sur la planète. C'est plutôt bien, comme résultat.

Le regard de Nathanaël était fixé dans les yeux dorés.

Mort.

Vide.

Mort.

Seul.

Il était seul.

Je ne suis plus seul.

Je n'ai pas le droit d'être heureux ?

Mort.

Il est mort.

Il doit mourir.

Une flamme de rage pure enflamma le regard de Nathanaël et une aura enflammée se forma autour de lui. La magie était si pure qu'elle se voyait à l'œil nu et devenait consistante. Il avança, monta sur l'estrade et Valentin recula.

Une dague apparue dans la main de Nathanaël. Sa dague. En orichalque, à la garde d'argent. Une unique flamme était gravée à l'or dans la garde et la lame projetait des reflets verdâtres et rouge sang.

Valentin eut peur. Pour la première fois de sa vie, il ressentait la peur. Celle qui vous prend aux tripes et vous donne envie de vomir vos intestins.

Il ressentait ce que ressentait son frère lorsqu'il le frappait.

Il ressentait ce que ressentait Nathanaël lorsqu'il le torturait.

Nathanaël entama un mouvement pour enfoncer sa lame dans la gorge de son ennemi.

Un hurlement déchira le silence chargé.

Ben.

Nathanaël se retourna et l'énergie du désespoir permit au châtain de s'éloigner.

Le brun se jeta au chevet de son petit frère. Du sang coulait de sa bouche, de ses oreilles, de son nez, de ses yeux.

Il mourrait.

Non...

Une seconde après, le corps finit de se convulser dans les bras de Jeremy.

Jeremy hurla.

Personne ne remarqua le pistolet que tenait un adulte châtain aux yeux vairons.

Personne ne remarqua non plus que ce pistolet était braqué sur la tête de Nathanaël.

Personne n'aurait dû remarquer ce meurtre.

Seulement Jeremy vit son deuxième petit frère menacé.

Sa dernière famille menacée.

Il se jeta sur la trajectoire de la balle à la seconde où Valentin pressait la gâchette.

.

Sang Mort Sang Mort Danse de la lame ensanglantée Mort Feu Hurlement Mort Sang Tâches Mort Massacre Déchiquetage Mort Sang Cadavre Cri Corps Peur.

Mort.

.

Lorsqu'il reprit conscience de ses actes, il se trouvait dans le centre de la ville, entouré de centaines de cadavres.

Enfants, adultes, prisonniers, geôliers, gentils, méchants, manipulateurs, manipulés, torturants, torturés.

.

Il chercha les cadavres des deux personnes qui l'avaient sauvé de cet enfer sans l'en sortir.

Il trouva les corps de Ben, malade, et de Jeremy, martyr.

Il coucha les corps, un de chaque côté, et se mit à genoux au milieu.

Étrangement, il ne regrettait pas ces meurtres.

Il était soulagé.

Il était mieux.

Humain ? Peu probable.

Vengeur ? Peut-être.

Fou ? Sûrement.

Meurtrier ? Oui.

Une unique larme coula sur sa joue.

.

Un mur explosa.

Un homme, pâle, les cheveux noirs et longs, les yeux noirs et impénétrables, les robes noires et effrayantes, la magie sombre et crépitante, la peur si présente au fond de son cœur, entra.

Il se jeta sur son fils, endormi.

Il ne se posa pas de questions sur qui étaient les corps dont son fils tenait les mains.

Il transplana et coucha son fils dans son lit.

Dans sa chambre.

De son couloir de gauche.

Dans sa maison.

Avec sa famille.

Severus Snape était inquiet.

Très inquiet.

Terriblement inquiet.

Mais si heureux.

De voir son fils enfin à la maison.

.

Ne te fais pas trop d'espoir, petit Severus. Ton fils n'est pas réellement chez lui. Pas après tout ça. Tu le sais.

Il ne prêta pas attention à cette petite voix.

Merlin le savait.

Il aurait dû.

.

Ce fut une journée éprouvante que celle du neuf décembre 1989.

Ce jour là, Nathanaël Snape eut neuf ans.

Ce jour là, Emerald perdit sa vie.

Ce jour là, Voldemort sut que la personne qu'il cherchait vivait encore.

Ce jour là, Edmond Potter eut mal à la poitrine.

Ce jour là, la famille Snape se crut de nouveau réunie.

Ce jour là, ils auraient mieux fait de rester couchés.


Voilà !

C'était long.

Trop long.

Beaucoup trop long !

Il est actuellement 22:13 et nous sommes lundi 14 mars 2016.

Je poste demain matin moi !

Aaaaaaaaaaaah ! J'ai mal au dos !

J'en ai marre !

Celui-là était trop long. C'était à moitié prévu...

J'invente au fur et à mesure là... Disons que j'ai la trame de base, mais là je fais de la broderie de haut niveau !

Allez !

REVIEW !

S'il vous plaît.

Je suis très polie.

Sur ce, au plaisir.

~Sh'Ak.

(22:22) :D