Bonjour.
Je crois que le moment est venu pour moi de vous parler à cœur ouvert. Si ça vous intéresse pas, passez directement au chapitre.
En bref, j'ai fini cette fanfiction il y a quelques mois. J'ai pas osé la poster, j'ai pas voulu, j'ai repoussé encore et encore. J'ai mis plusieurs années à finir les deux derniers chapitres, le reste c'est déjà bien vieux... Facile trois, quatre ans de ça ?
J'avais commencé une ré-écriture, il y a des années, j'ai abandonné cette nouvelle version. Et il y a quelques mois, j'ai retrouvé la flamme, j'ai retrouvé cette énergie, cette volonté de redonner la parole à mes personnages. Quand vous écrivez, souvent, les persos font la loi. C'est pas une métaphore hein, parfois, juste t'as des plans et tout d'un coup tu te rends compte que personne les a suivis. Mais c'est pas grave, c'est aussi ça la création, c'est leur laisser le champ libre. J'espère qu'il vous ont donné du bonheur ces espèces de gamins mal grandis.
Parce que c'est ça qu'ils sont, c'est ça que j'étais. Je me suis lancée dans la fanfic à corps perdu quand j'avais quoi, treize ans, à peine. C'est rien treize ans, à treize ans tu lis beaucoup et tu recopies, c'est normal. La fanfiction « Hein » de Lord La Folle, est la première que j'ai partagé avec ma grande sœur, c'était sa fanfic préférée, son petit jardin secret. On a appris à se connaître avec ça alors oui, c'était une grosse partie de ma vie. Et oui, à treize ans, j'ai pris son concept de base, maladroitement, difficilement, avec beaucoup d'hésitations et beaucoup de bonne volonté.
Je lui avais même demandé la permission, sérieusement, du haut de mon mètre quarante et d'un ordi du CDI du collège, sur ces claviers pas agréables, sur du windows XP de qualité vraiment naze, sur microsoft edge, regardant par-dessus mon épaule que les bibliothécaires ou les profs me captent pas. J'avais demandé poliment si je pouvais m'inspirer, elle m'avait dit oui, j'étais lancée.
Ceux qui ont suivi cette fanfiction ont vite vu que ça s'en est éloigné grandement, ça a même plus grand-chose à y voir, ce qui est de toute façon normal. Les autres, je vous en veux pas. Même si j'ai eu des messages un poil agressifs de plagiat, même si on m'a déjà dit avec beaucoup de sympathie à quel point ce que je fais est mal, c'est pas grave. Faut pas rester sur internet si tu peux pas gérer les réactions négatives. (Gros big-up, Arthur-prince-des-dragons, au bout d'un moment même les meilleurs craquent). C'est pas un crime, de review ce que vous pensez, c'est même hyper valorisant. Une critique négative, c'est quand même une critique, ça veut dire que quelque part, quelqu'un à posé ses petits yeux sur un truc que moi, de mes treize ans, j'avais commencé, sur des feuilles de cahiers, pendant les cours de français, d'anglais, de maths, des trucs tout nazes que je racontais à mes voisins de cours qui trouvaient ça marrant.
Parce que ouais, je trouvais ça marrant aussi. Le plot du Harry jumeau adopté par Severus avec une myriade de mômes, vous allez pas me dire que vous en avez vu que dans « Hein », je vous croirais pas. Ça doit être un sacré pourcentage de ce qu'on peut trouver sur tous les sites de fanfiction, sans compter dans les ordis, les cahiers ou les portables de pas mal de gens. Oui, moi je me suis inspirée à la base de « Hein », mais sérieux, et alors ? J'ai déjà lu au moins vingt fois le même début sur vingt autres fanfictions, qui en a encore quelque chose à faire ? Surtout que j'ai eu le cas conscience de demander et d'en faire un disclaimer y'a, attendez… En 2015 ? En 2015, j'étais à peine une ado qui s'est quand même lancée sur internet.
Vous savez le plus marrant ? De Hein ? j'ai uniquement pris l'idée, Harry est abandonné, adopté par Severus. C'est tout. Leurs mômes, c'est ma vraie vie, c'est moi et mes trois frères et sœurs. C'est trois nanas et un garçon asocial, c'est Harry projeté au milieu de ça. La majorité du caractère vient de là, le reste vient de la Saga des Sovranos. Donc flûte à vos messages de plagiat, parce que ras la casquette de recevoir des messages de gens qui pensent mieux savoir que tout le monde. Bien sûr que l'écriture ressemble, à treize ans j'ai juste recraché ce que je lisais, et je lisais les Sovranos en boucle.
Je commence à m'emmêler dans ce message. Enfin, passons. Les critiques, vous savez, c'est exceptionnel. Cette histoire à sept ans bientôt, elle en a vu passer. Elle a vu des messages d'encouragement, des messages qui me remerciaient de mon temps qui m'informaient gentiment qu'ils allaient passer leur chemin, des messages d'autres jeunes auteurs qui voulaient se lancer, des messages gentils, d'autres moins, mais même négatifs, très souvent bienveillants. C'est ça qui me rappelait que cette histoire n'est pas morte, pas morte tant que y'aura du monde pour y penser. La petite notification sur mon téléphone que l'adresse e-mail fanfiction recevait des reviews, des follows, des favorites, … C'est ça qui m'a fait mariner mon histoire dans ma tête pendant tellement d'années.
Puisque l'appli que j'utilise (toi-même tu sais que l'appli non-officielle est en galère) fonctionne plus vraiment, je me suis enfin décidée à télécharger l'appli officielle sur mon portable. Comme je sais pas encore la faire marcher, je me suis paumée dessus et sans faire gaffe je suis tombée sur les dernières reviews de cette fanfic, celles que j'ai pas lu depuis des mois. La première, Arthur-Prince-des-Dragons. Je savais même pas que tu m'avais défendue sur ces histoires de plagiat… Pour ça, je pourrais jamais te remercier assez. Ouais, ça fait mal, c'est sûr, mais regarde ! je suis encore en vie, et ça c'est aussi un peu grâce à toi. Un peu grâce à toi aussi, Dragonnekitsune, Ginnymione lily2, brigitte26, Thalia Alice Potter, adenoide, et tellement d'autres mais remonter les pages c'est aussi long que douloureux.
J'ai eu peur, d'accord ? Je me pisse dessus à l'idée de continuer cette histoire.
Je suis terrifiée de vous décevoir, que vous voyiez l'évolution des personnages, de mon écriture… Parce que, évidemment. J'ai jamais changé les premiers chapitres, quoi que peut-être que j'en ai « corrigé » deux ou trois, vraiment histoire des fautes d'orthographes. Mais là-bas, dans les premiers chapitres, c'est carrément dur à lire tellement c'est mal vieilli. J'avais treize ans, je savais pas écrire. Je dis pas que je sais, maintenant, mais plus j'écris mieux j'écris (en tous cas j'espère). Et maintenant, ce que j'écris pour cette fanfiction, c'est plus raccord, c'est plus raccord avec le début, à peine raccord avec les idées de base, puisqu'en sept ans ça a bien bougé dans ma tête.
Alors voilà ce qu'on va faire.
Je vais publier tous les chapitres.
Ouais, comme ça. Désolée pour tous qui ont attendu tout ce temps pour ça. Mais tant pis, un jour va bien falloir retirer le pansement. Je vais le faire, peut-être un par jour, parce que mine de rien je suis busy, mais si je mettais tout d'un coup maintenant je pense que je pleurerais.
Je vais pas me relire je pense, parce que y'en a encore trop. Je vais pas vérifier que ça corresponde à l'histoire originelle, parce que cette histoire est comme ça : elle est bancale. Elle a évolué en même temps que moi, et elle continuera de le faire dans la ré-écriture que j'ai relancé (et celle-là, elle me fait un bien fou). Une réécriture dans laquelle Nat est un vrai enfant de onze ans, pas le petit adulte qui se pense invincible. Il a des faiblesses, des faiblesses qui méritent d'être mieux mises en avant que dans cette fanfiction.
Ici, Nat était trop fort, trop imperturbable. Il a eu ses moments de peur, mais il mérite de vraiment comprendre à quel point il a besoin des autres, et aussi qu'il doit s'en émanciper.
Ici, Alice c'était trop moi, je l'aime d'amour ce personnage, elle avait le jumeau que j'ai jamais eu, elle avait le courage que j'avais pas. Mais non, elle, son script a changé. Elle doit comprendre qu'elle doit laisser les autres vivre leur vie.
Ici, Oceano (ouais il a prénom de merde et alors ? Y'en a qui s'appelle Clitorine dans la vraie vie) il a vraiment eu une vie de merde, il en aura une meilleure (enfin, à la réflexion, il va pas l'aimer plus)
Ici, Luka était un perso extrêmement important. Dommage pour elle, la fanfiction lui a pas laissé le temps de s'exprimer.
Ici, Ecum est une parfaite grande sœur, promis elle aura plus de courage pour protéger sa famille.
Ici, El est carrément sous-côté… Mais bon écrire des adultes j'avais encore trop de mal. J'espère vous faire découvrir la vraie Elisabetha.
Ici, Severus est carrément naze. Trop lisse, trop pur, trop fanfiction quoi. Il a tué tellement de monde vous savez ? Il a des tas de larmes dans le cœur.
Leurs copains, Draco, Fred, Georges, Theo, Blaise, Ginny même, … Tous, ils respirent la fanfiction, ils respirent l'amitié et la tristesse. C'est pas fini.
Je vais vous filer la fin. C'est à vous de savoir si vous voulez la lire ou pas. Vous allez devoir lire entre les lignes pour essayer de comprendre ce qui est rarement expliqué. Vous allez galérer, vous allez peut-être apprécier, peut-être détester. C'est aussi votre choix de pas lire et d'attendre la réécriture, ou de pas lire et de ranger cette histoire au placard.
Mais quoi qu'il arrive, je vous demande pardon pour tout, je vous remercie du fond du cœur pour tout, et je vous souhaite une excellente lecture.
Aussi, je vais prendre le temps de répondre aux reviews, c'est long mais, je sais pas, c'est important pour moi de vous remercier. Je vais juste vous demander un truc. Si vous êtes encore en train de lire ces lignes, est-ce que vous pourriez continuer à réagir ? Continuer à donner des reviews, des questionnements, des envies ? C'est la seule chose que je vous demande, si vous me lisez encore. Prenez le temps de dire même bonjour si vous le pouvez, même de me dire merde. Mais pour finir, j'ai besoin de savoir ce que vous vouliez de cette histoire, ce que vous vouliez en retirer, et puis si je vous ai pas trop déçu.
Sur ce,
Les réponses au reviews.
Brigitte26 : merci ! ça fait plaisir de te relire aussi x) Au moins, Edmond et Draco avancent doucement sur leur petit bonhomme de chemin… Bisous et bonne lecture !
Ginnymione lily2 : Merci à toi :) J'ai essayé une nouvelle manière d'écrire certaines choses, ça a bien marché je pense ! Et puis qu'est-ce qu'un bal sans picole, hein ? La personne dans l'ombre qui manigance n'est pas Peter, mais bien essayé ! Bisous à toi :)
Adenoide : Sans alcool ça aurait été bien plus bon enfant, c'est sûr… Surtout dommage qu'ils n'arrivent pas à se parler sans un coup dans le nez…
Dragonnekitsune : Merci pour ton message ! Hermione va choisiiiiir… ah, bah non, hein, je vais quand même pas te le dire là ! Mais ça arrive bientôt ! Bientôt la fin du tournoi… Bisous ! Bonne lecture !
Hpdm2003 : Pour te répondre, non, pas un drarry :)
Adel22 : Bon, j'ai mis trois ans, cette fois… Mais là, c'est honnête, ça arrive pour de vrai. C'est là, c'est fait, ça arrive. J'espère que ça te plaira toujours autant ! Merci d'être au rendez-vous, même avec cette attente…
23 : pas super constructif, mais d'accord, et je te retiens pas si tu veux pas continuer. Si tu veux tenter l'aventure, c'est aussi ton choix.
Arthur-Prince-des-Dragons : Honnêtement, te savoir arrêter, ça m'a fait beaucoup de mal. Je me suis dit que ça pourrait être moi, qui perd tout cet espoir… Mais parfois tu vois, je me retrouve à retrouver la flamme, je me rappelle pourquoi j'écris à la base, je me rappelle que je trouve beaucoup de bonheur à partager mes idées. C'est pour ça que quand j'ai vu sur Harry Lupin… Clairement ce personnage résonne beaucoup, et que tu t'arrêtes là-dessus… Je sais pas, j'ai juste ressenti cette immense tristesse de savoir ce que c'est, de me dire que j'aurais pu être là, non seulement à ta place, mais aussi pour t'aider. Et aujourd'hui, tu vois, c'est toi qui me donne ce coup de pouce. Parce que j'ai besoin de courage aussi, et c'est par ta review que je me suis lancée à ouvrir tous les mails de ff qui m'attendaient sagement. Et voir ça, voir que y'a des gens, des vrais gens, pour lire, pour se rendre compte, pour même juste passer un bon moment… Zss, c'est pas un chef d'œuvre, c'est de la déconne, c'est moi un crayon de papier à la main en train de pas écouter mon prof de français. C'est de l'amour et beaucoup de peur, et aussi beaucoup d'incohérences mais tant pis ! Quand je vois que y'a des gens qui ressentent une petite part de bonheur grâce à moi… Et je pense que toi aussi tu te rends pas compte d'à quel point tes persos ont un impact. Pour moi c'est Harry Lupin, pour ma sœur c'est La Meute, et surtout Logium. J'espère que tu sauras que tes personnages ont une importance et que quoi qu'il arrive merci pour tout :) (MP moi si tu veux qu'on discute, peut-être si tu veux partager ou juste avoir une épaule sur laquelle t'épancher)
Imolian : Je parle pas du tout espagnol ! ça veut dire quoi ? J'espère que c'est pas trop perturbant x)
Merci à vous, qui mettez cette histoire dans vos favoris :
Liliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, 20, Moony Hope, Keleania (Dis donc, merci, tu as juste mangé ma biblio apparemment x) merci à toi), dadine, Chlo Lafleur, c29fil, .06, littleiceleaf, mac34, Gwendoline23, Lord Harry James Potter-Black (Tiens, toi aussi je t'ai vu sur d'autres fanfic, si tu as une demandes sur l'une d'elles, MP moi, sinon elles sont pas supposées reprendre), Flocondefeu, PikwanPotter, Amnesyas, love-fic-harrypotter28, Nancyjuan97421, Nancyjuan97421, Miss Inari, malfoyrenesme, cq1987, mangaL0402, Aurel7409, QueenAlysia, Kevin Vue, Valeryblack13, 02marianne51, jujudu2511, Soralda, Krokro, Aliana Cassandra Riddle, kuroko 109, mikmax59
Merci aussi, vous qui la suivez…
Mallauryny, Dounsas18, Liliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, WaterLilithy, PrincesseSerpentard, 20, Hash white, Keleania, ysuranII, , .06, Rubisrouge, mac34, Amnesyas, Nancyjuan97421, Nancyjuan97421, Sophie Chevalier, malfoyrenesme, QueenAlysia, Valeryblack13, petite fleure deviendra poison, nishkagupta1998, 02marianne51, Krokro, kalynissi, kuroko 109, mikmax59
Et merci de tout cœur à ceux qui me suivent moi en tant qu'auteur, vous êtes aussi, et je vous aime tous fort.
Le 24 février 1995 débuta tout à fait normalement.
C'est dans le Lac Noir que tout commença réellement, à quatorze heures.
Tous les champions étaient réunis sur des îlots de bois, au milieu de l'étendue sombre et gelée, qui faisait frissonner nos héros d'avance.
-La seconde tâche va débuter ! Hurla Ludo Verpey. Puis, il annula son sonorus.
Les champions s'entre-regardèrent, ne comprenant pas pourquoi l'envoyé du ministère prenait une pause. Ce dernier les regarda et, sortant un petit sac de son manteau, se dirigea vers le groupe à grandes enjambées. Il leur tendit le sac et dit :
-Vous allez, tous et chacun à votre tour, plonger votre main dans le sac.
-Oh, pitié. Dites nous qu'on ne va pas encore devoir affronter une quelconque créature dangereuse et passablement mortelle... déclara Theodore en levant un sourcil perplexe.
L'employé ministériel sourit mystérieusement mais nia, rassurant d'un coup bon nombre de participants.
-Vous allez donc, comme je le disais, piocher quelque chose. Surtout, ne le montrez à personne, de cela dépend votre réussite à l'épreuve !
Fleur s'avança la première et piocha. Ce fut ensuite le tour d'Oscar, puis de Frida, de Victor, et de Cedric. Quand le sac arriva devant Hermione, elle recula d'un pas. Elle ne savait pas quoi faire. Son instinct lui hurlait de ne pas le faire, mais elle ne voulait pas décevoir ses amis en refusant de, peut-être, réussir l'épreuve. Elle était tiraillée.
Et finalement, le devoir l'emporta sur la raison.
Après elle, ce fut le tour de Theodore, de Blaise, de Draco, de Nathanaël, d'Edmond, d'Alice, de Fred, et enfin de Georges.
Quand tous eurent pioché leur objet, Verpey eut un drôle de sourire et tout devint noir.
D'immenses volutes de fumée avaient envahi l'endroit et tout le monde commença à paniquer, élèves comme professeurs. De nombreux cris se furent entendre, et, au bout de seulement quelques instants, la lumière revint d'un coup, brusquement. Et tout aussi brusquement, une lame argentée fut pointée vers le cou de Ludo Verpey.
Nathanaël ne bougeait pas, il ne faisait pas le moindre mouvement, qui se serait dans tous les cas terminé par la mort de l'homme qu'il tenait en joue.
-Où sont-ils ? Demanda l'adolescent, grave.
C'est alors que l'absence de sept champions se fit remarquer. Oscar, Victor, Blaise, Edmond, Draco et Fred n'étaient plus là. Et, dans les mains des sept restants, sept bracelets colorés brillaient sous le soleil nouvellement retrouvé.
Ludo fit en pas en arrière, se mettant hors de la portée de la lame de l'étudiant, et dit, en bafouillant :
-Il s'agit de la seconde tâche. Vous allez devoir retrouver la personne portant le bracelet de la même couleur que vous. Vous avez une heure pour le faire, et passé ce délai, les charmes maintenant les prisonniers du Lac Noir en état de stase se briseront.
-À partir de quand ?! Hurla Fleur, énervée.
Un gong sonna.
-Maintenant.
Et les sept champions restant se jetèrent à l'eau.
Nathanaël nageait vite. Plus vite qu'il ne l'avait jamais fait. Il sentait ses poumons s'enflammer à cause du manque d'oxygène, mais il savait aussi que son charme de tête en bulle était parfait. Il avait l'impression de courir un marathon, coiffant au poteau les strangulots.
Pourtant, quand il croisa une sirène, il se rendit compte que sa vitesse actuelle valait autant qu'une trottinette face à celle des êtres de l'eau. S'arrêtant brusquement et reprenant son souffle, il tenta de se calmer. L'oxygène lui montait au cerveau si rapidement qu'il arrivait à capter les moindres détails dans son entourage. Pourtant, s'il voulait lancer le charme qu'il avait en tête, il devait se relaxer. Fixant son poignet, il plongea son regard dans le violet du bracelet qui s'y tenait. Il essaya de se concentrer uniquement sur cette couleur et plus sur la peur qui lui déchirait les entrailles. Il savait que ses amis ne risquaient rien, protégés par les charmes du ministère. Mais une fois les sorts brisés, ils seront à la merci des sirènes du Lac Noir. Il ne pouvait pas permettre à cela d'arriver.
Il regarda la profonde couleur violette sur laquelle l'eau projetait de nombreux reflets et se calma. L'eau autour de lui ne faisait que l'énerver plus encore, sa magie voulant se mêler à l'élément, et l'agitant au delà d'un seuil raisonnable, mais il se força au calme.
Puis, quand il se sentit enfin serein, apaisé, il annula le sort de Tête en bulle qui le maintenait vivant et se transforma progressivement.
Il sentit des branchies se former sur son cou, ses jambes se changer en une queue de poisson et ses mains se recouvrir d'une fine membrane.
Il regarda ensuite sa montre et se rendit compte qu'il venait de perdre trente minutes. Il n'en avait plus que vingt pour trouver et sauver quelqu'un.
Fleur, elle, se sentait mal. Elle venait à peine de plonger et de s'enfoncer dans les profondeurs que sa tête lui tournait déjà. Les Vélanes étant des êtres célestes, ce n'était pas l'environnement le plus propice pour quelqu'un de son espèce.
Malgré le charme de Tête en bulle, trop peu d'air lui arrivait dans les poumons et elle commençait à réellement s'inquiéter.
En nageant lentement, elle n'était pas sûre de réussir à sauver la personne qui lui avait été attribuée, bien qu'elle se doutât de son identité.
Soupirant quelques bulles, elle se dirigea tout de même vers les ténèbres, s'enfonçant plus encore dans les profondeurs du Lac Noir.
Georges nageait tranquillement, aux côtés de Theodore, Alice et Cedric. Nathanaël était parti devant, privilégiant la rapidité à défaut de la stratégie.
Eux avaient décidé de nager ensemble, éloignés de quelques mètres les uns des autres, afin de couvrir une large surface tout en restant suffisamment groupés.
Cependant, Alice devait se forcer à nager lentement, tout comme Cedric. Les deux ayant une très grande habitude des milieux marins, allez savoir pourquoi, Georges et Theodore peinaient à suivre leur rythme. Mais ils avançaient tous tant bien que mal.
Ils nageaient ainsi depuis une dizaine de minutes quand un bruit fit se retourner Alice très brusquement. Son ouïe vampirique avait entendu quelque chose, et d'après son visage, ce n'était pas une bonne nouvelle.
Quand les quatre adolescents se retrouvèrent encerclés par une vingtaine de sirènes, avec l'air de s'être mangé une pelle dans le visage, ils s'entre-regardèrent et s'enfuirent.
Frida nageait rapidement, habituée à cet environnement aqueux grâce aux bons enseignements de Durmstrang, et avançait sans mal.
Ce fut la première à trouver le village des sirènes, et elle se mit à chercher les prisonniers.
Arrivant dans une espèce de place publique, où de nombreux symboles luisaient dans le noir, elle tomba sur ce qu'elle voulait.
Cependant, alors qu'elle cherchait des prisonniers en stase et immobiles, elle trouva des liens brisés et personne.
Fronçant les sourcils, elle comprit que quelque chose clochait. Et la horde d'êtres de l'eau qui l'entoura ne fit que lui donner raison.
Le village des sirènes était réellement un endroit magnifique. Les être décharnés qui l'habitaient l'étaient beaucoup moins.
C'était ce que se disaient les champions enlevés, absolument pas inconscients pour deux-sous et totalement dans la merde.
Les sirènes qui étaient sensées les garder bien sagement avaient décidé de les détacher, pour on ne sait quelle raison, mais Oscar trouva ça plutôt sympa. Puis, elles se mirent à essayer de les assassiner à coups de tridents, et ça, ce le fut beaucoup moins.
Nathanaël trouva Frida dans une posture bien fâcheuse, envahie de vilains êtres de l'eau. Il l'aida alors, ne voulant pas la laisser dans une telle situation.
Quand Cedric et ses compagnons arrivèrent dans le village des sirènes, ce fut après la bataille.
Des dizaines de sirènes étaient tenues en respect par Nathanaël et Frida, dos à dos, le premier tenant son poignard et la seconde un bâton de combat. De puissantes vagues d'eau sortaient pêle-mêle des doigts de Nathanaël pour aller heurter violemment les assaillants, tandis que des vagues de glace sortaient du bâton de Frida pour bloquer encore plus d'assaillants.
Ce combat était magnifique, mais malheureusement pour les nouveaux spectateurs, sur le point de se terminer.
En effet, les sirènes tombaient comme des mouches et le combat cessa, faute de combattants.
Se rendant compte de la présence de ses amis, Nathanaël se rendit vers eux, ne pouvant que difficilement parler, et leur fit plusieurs signes, qu'ils interprétèrent comme étant : « Pas là », « Sirènes folles », « Chercher les autres ».
Bloqués dans un renfoncement d'une paroi et trop effrayés pour en sortir, les anciens prisonniers se demandaient jusqu'à quand ils allaient pouvoir tenir sans aide.
Hermione eut l'idée d'aller explorer la caverne qu'ils avaient déniché. Ce furent donc elle et Draco qui s'y collèrent.
Marchant dans les fonds marins, aidés de lumos et de sortilèges de tête en bulle, ils arrivèrent bientôt dans une grotte sèche. Le Lac Noir était réduit à une simple mare, d'où les deux champions venaient de sortir. Ils étaient maintenant dans une large pièce circulaire. Les murs luisaient grâce à de nombreuses plantes grimpantes lumineuses qui les recouvraient, et des milliards de petites lucioles semblaient voleter dans la salle.
Hermione fut très intriguée par l'endroit, et quand Draco voulut examiner de plus près l'une des fleurs qui parsemaient les murs, quelle ne fut pas sa surprise quand il s'exclama :
-C'est de la branchiflore !
Étonnée, la jeune fille n'avait pu que constater que cette pièce était leur meilleur moyen de survie.
Ils allèrent chercher les autres et les menèrent dans la grotte.
Plusieurs heures s'écoulèrent alors, certains préférant étudier l'endroit, d'autre se morfondant simplement dans leur coin. Lorsque Fred éternua bruyamment, beaucoup se rendirent compte qu'ils tremblaient, transis de froid dans leurs vêtements humides. Plusieurs feux furent allumés dans le but de les réchauffer, et Edmond remarqua quelque chose :
-Heu, dites... Regardez vos poignets.
Oscar fut surpris de la demande mais vit, pour la première fois, que le bracelet rouge qu'il avait pioché dans le sac avant l'épreuve brillait légèrement à son poignet.
Ils comparèrent leurs couleurs : Hermione en avait un violet, Oscar un rouge, Victor un bleu, Blaise un jaune, Edmond un vert, Draco un blanc et Fred un noir.
-Peut-être que c'est pour nous reconnaître ? Tenta Blaise.
-Peut-être. Rajouta Fred.
-Mais, et si ils ne nous retrouvent pas ? Commença à paniquer Oscar.
-Ils y arriveront, ne t'inquiètes pas. Déclara Victor, sûr de lui.
-Et comment tu le sais ? Répliqua le français.
-Ils ne sont pas aussi bêtes que tu sembles le croire. Fait leur confiance. Dit juste Draco, voulant clore le sujet.
Le blanc qui s'ensuivit fut des plus gênés, jusqu'à ce qu'Hermione ne dise :
-Dans tous les cas, nous sommes sûrs de nous en tirer, que ce soit avec ou sans eux. Avec toute cette branchiflore, nous pourrons largement tenir jusqu'à la surface.
-Certes, mais les sirènes sont un problème. Elles sont trop nombreuses pour nous !
Tous se tournèrent vers Fred, qui exprimait enfin le nœud du problème.
Victor se dressa sur ses jambes. Il était le doyen de ce concours et n'allait pas laisser des enfants être blessés en sa présence ! Il en allait de son honneur.
-Nous devons sortir d'ici, par tous les moyens.
-Tu n'as pas écouté ? Il y a trop de sirènes. Dit fermement Oscar, ne voulant pas risquer sa vie pour rien.
-Il a pourtant raison. En restant là, nous mettons en danger la vie de ceux qui nous recherchent. Il n'y a que très peu de chances qu'ils nous retrouvent si nous restons là. Notre seule chance est de sortir et d'emmener ces plantes avec nous.
La jeune fille avait raison. Cet endroit avait été trouvé dans le plus pur des hasards, et ces kilos de branchiflore étaient de véritables chances de s'en sortir en plus.
Sur l'impulsion discrète de Blaise, ils transfigurèrent des sacs et les remplirent de fleurs, avant d'en avaler et de replonger dans l'eau, sortant de leur abri de fortune.
Ils avancèrent lentement, ne voulant pas précipiter leur rencontre avec les êtres de l'eau, et se retrouvèrent dans la cavité où ils étaient tombés, plusieurs heures auparavant.
Ils en sortirent, fébriles, et regardèrent autour d'eux : personne en vue. Ils nagèrent vite vers la surface, et rapidement, les premiers réussirent à atteindre les pilotis où s'entassait la population de Poudlard.
Quand Nathanaël et les autres champions avaient décidé de retrouver leurs amis, ils n'avaient pas pris en compte le fait que certains ne pourraient pas tenir l'effort physique demandé tout en maintenant les sorts qui leur permettaient de respirer.
Ainsi, ils furent contraints de regagner la surface, bien que beaucoup aient voulus rester dans l'eau pour chercher les autres.
-Alors ? Demanda le benjamin Snape.
-Rien... soupira Alice, qui avait sondé le Lac Noir.
-Même Fleur ?
-Elle a disparu, comme les autres.
Comment cela se faisait-il qu'ils ne repéraient même pas leurs présences ?
-Vous êtes vraiment inconscient ! Qu'est ce que vous croyiez ? Que tout allait se passer bien ?! On parle des sirènes ! Des êtres vicieux et qui vouent une haine sans bornes aux humains ! Et vous foutez une quinzaine d'adolescents dans l'eau ?! Vous êtes inconscient ou simplement stupide ?!
Tous se retournèrent pour tomber sur l'agréable spectacle de Naëliys engueulant proprement Ludo Verpey.
-Regardez ! Hurla quelqu'un.
Au loin, à plusieurs dizaines de mètres, sept personnes nageaient furieusement vers les îlots de bois.
Nathanaël se leva d'un bond, rapidement imité par les autres champions, et laissa la joie envahir ses traits.
Ils aidèrent leurs amis à remonter, mais alors qu'Hermione allait saisir la main de Naëliys, elle fut soudainement attirée vers les profondeurs.
-Aaaah !
Et la naïade plongea.
Fleur ouvrit difficilement les yeux. Elle avait très mal à la tête et peinait à respirer. Quand elle vit qu'elle se trouvait encore dans l'eau et qu'elle était attachée par de solides chaînes en acier à un rocher, et que la surface n'était même pas visible de là où elle était, elle déglutit. Son charme de tête en bulle était encore actif, mais pour combien de temps ? Elle pria alors de tout son cœur pour que quelqu'un vienne la sauver.
Une sirène arriva, portant Hermione, et leurs yeux se croisèrent. Là où la française s'attendait à ne voir que peur et désespoir, l'anglaise possédait un regard déterminé, furieux et soulagé.
L'être de l'eau enchaîna la jeune fille comme son amie et s'en alla. Elle revint plusieurs minutes après, renforts à l'appui.
Alors que Fleur et Hermione s'attendaient à se faire massacrer, elles ne firent que monter la garde, attendant patiemment qu'elles se noient.
Et puis, une furie débarqua. Les sirènes se mirent en position de défense, feulant tels des chats en colère :
-Qui esss-tu ? Demandèrent-t-elles dans un brouhaha informe.
-Moi, Naëliys Triton, vous ordonne de les relâcher ! Déclara la jeune fille dans la langue des eaux.
-Et pourquoi ferrrions nous ccccela ?
-Je suis la fille du roi Triton, héritière du trône des quatre mers, et vous ordonne de les laisser partir. Ces jeunes filles sont sous ma protection !
Quelques sirènes hésitèrent, s'entre-regardant, mais la masse agressive tint bon. La queue orangée de la naïade battit l'eau avec fureur :
-Non ! Elles sont nos prrrisssonnièrres ! Elles nous ont été offerrtes !
-Par qui ?
-Ssss...
-Parle !
-Je ne te dois rrrien, fille des eaux ! Parrs, et ne rreviens plus sssurr notrre terrritoirrre !
Naëliys grogna et une vive lumière éblouit les sirènes.
Fleur et Hermione se sentirent tirées et leurs chaînes tombèrent dans un raclement de métal.
Quand elles atteignirent la surface, la naïade fit disparaître sa queue de poisson et remonta les deux autres, avant de suivre le même chemin.
Elle enlaça Hermione avant de faire de même avec Fleur, qui lui rendit son embrassade. La française tremblait, de peur et de froid, son organisme entier voulant détruire les êtres immondes qui les avaient emprisonnées, elle et son amie.
Mais quand elle voulu se lever, la Vélane sentit ses jambes se dérober sous elle et elle s'écrasa lamentablement au sol. Naëliys la rattrapa et la soutint :
-T'en fais pas, je suis là, ça va aller. Je vous lâcherai pas, promis...
Et c'est ainsi que la seconde tâche fut un fiasco total.
