Le début de la fin, 3/9

Brigitte 26 : De rien ! Je me rappelle avoir adoré écrire le quidditch, je trouve que le watch-time a toujours été super mauvais dans les films, alors j'avais voulu y faire un peu honneur ! Ravie que ça t'ai plu :)

Casper 1702 : Bravo à toi ! Tu as réussi une sacré épreuve à tout relire ! Tu en gagne le cookie de la victoire ! :) Voilà la suite !

Celebrimbor 1998, Happilyhaehae, Toto 29300, aurorestephanie 62120, Erine Lcmt merci pour avoir tout suivi/mis en favoris, ça fait plaisir !

Merci Onyx Rogue et Cazzey pour aimer cette histoire, et merci EmeryColin pour la suivre, vous êtes tous au top.

(Je sais pas si Elodie 64 passera par-là, mais merci pour suivre une de ces histoires qui date d'y a bien huit ans, toujours improbable de voir ça, mais bonne surprise)

Et beh sur ce bonne lecture, bravo à tous d'être là et je vous aime fort de donner de la force comme ça ! (même toi si tu es une voix silencieuse, tu gères)

Tiens, en relisant ce chapitre, je me suis rendue compte qu'un passage est tout simplement une chanson découverte dans pirates de caraïbes, la fontaine de jouvence, hésitez pas à la mettre sur youtube si vous avez du temps à perdre en contextualisation. My Jolly sailor bold, mettez lyrics et vous trouverez une vidéo en bleu clair, la qualité est toute pétée mais c'est là-dessus que j'ai écris ça, y'a bien trop d'années x) Si vous voulez mettre la version d'Ashley Serena, au moins la qualité sera au rendez-vous, c'est votre petit bonheur :)

Ensuite, deuxième fun fact, j'ai carrément pris un passage du livre qui rend fou, de Raymond Smullyan, plus ou moins un livre de maths, plus ou moins un livre d'énigmes, c'est de la logique et je vous invite à vous poser la question. J'ai eu ce livre y'a des années après avoir lu hpmor pour la première fois. Très bonne idée, c'était super.

Voilà et beh, bonne lecture maintenant, à plus les petits loups.


Les quatorze champions se trouvaient là, en ligne, dans l'arène qui servait d'entrée au labyrinthe.

Le stade de quidditch avait été recouvert de buissons et le ciel était couvert. De lourds nuages noirs recouvraient la plaine écossaise, et une fanfare jouait quelques notes. Dans les gradins, des centaines et des centaines de personnes attendaient le commencement d'une épreuve aussi incroyable que celle qui allait se dérouler, ce samedi 24 juin.

Après le fiasco complet que fut la seconde tâche du tournoi, il avait été décidé que les deux premières épreuves ne compteraient pas dans le score, et que le classement sera décidé par la dernière tâche.

Celle-ci serait donc un labyrinthe, tout simplement. Les champions, en binômes, devront le traverser et retrouver le trophée du Tournoi des Trois Sorciers. Le binôme qui y arrivera le premier sera donc sacré vainqueur et apportera gloire et fortune sur sa famille et son école.

Armé d'un sonorus, Ludo Verpey se racla la gorge et déclara :

-Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs ! Bienvenue à cette troisième tâche du grand et honorable Tournoi des Tro-... Quatorze Sorciers ! Le labyrinthe qui nous fait face est la troisième épreuve ! En binômes, les champions doivent retrouver le trophée du tournoi ! Je vous prie d'accueillir nos champions !

Les gradins se déchirèrent en applaudissements.

-Équipe une, Fleur Delacour et Oscar De la Rose, le binôme de Beauxbâtons !

Les deux adolescents s'avancèrent légèrement et furent accompagnés par un Auror jusqu'à l'une des entrées du labyrinthe, la plus à gauche.

-Équipe deux, Viktor Krum et Frida Annulloi, le binôme de Durmstrang !

Ils s'avancèrent à leur tour et furent conduis de la même manière à l'entrée suivante.

-Équipe trois, Cedric Diggory et Theodore Nott, qui forment le premier duo de Poudlard !

Lorsqu'ils eurent avancé et qu'ils furent placés, Ludo annonça rapidement les suivants :

-L'équipe quatre est le second duo de l'école, formé par Nathanaël Snape et Edmond Potter ! L'équipe cinq est le troisième, celui d'Alice Snape et de Hermione Granger ! L'avant-dernière équipe, la six, est le duo de Blaise Zabini et Draco Malfoy ! Et enfin, la septième et dernière équipe est celle de Fred et Georges !

Maintenant que les champions avaient été annoncés, les applaudissements se calmèrent pour laisser la place à un silence religieux.

Plus doucement, l'employé du ministère reprit :

-Et maintenant, il est temps pour les champions de rentrer dans le labyrinthe. De nombreuses créatures le peuplent, de nombreux dangers vous attendent, mais la récompense est au bout du chemin. La consigne de l'épreuve est la suivante :

« Quiconque entre dans le Labyrinthe est perdu,
La Mort attend au tournant les intrus,
Ne cherche pas la sortie, elle a déjà disparu,
Cherche plutôt la Gloire, celle pour laquelle tu es venu.
Deux phases s'offrent à toi, à toi de faire un Choix :
Si tu décides de combattre, Digne es-tu d'avancer,
Si tu décides de fuir, mourra l'Indigne Lâcheté,
Ne refuses pas le combat sacré,
Car lui seul te vaudra le respect des Fées
. »

Un coup de canon brisa le silence soudain et les champions entrèrent dans le Labyrinthe.


Quand Fleur et Oscar entrèrent, ils firent quelques mètres d'un pas tremblant. Le garçon se retourna et se figea.

-F- Fleur ?

-Quoi ? Demanda t-elle, nerveuse.

Il déglutit :

-Regarde...

Elle se retourna à son tour et observa, impuissante, la sortie se refermer. Ils n'avaient plus aucun moyen de retour. Il fallait avancer. Elle posa sa main sur son avant-bras et le tira légèrement en avant. Ils trouveraient le trophée, foi de Delacour !


Viktor et Frida avançaient tranquillement, habitués aux entraînements dans la Forêt Noire qui jouxtait leur école. Ils prenaient garde à ne pas toucher les murs, Merlin seul savait ce que les psychopathes qui préparaient le tournoi avaient pu faire à ces haies.

Ils marchaient donc, pas réellement inquiétés, et suivaient leur chemin, tout en discutant tranquillement :

-Alors, ils sont fous, hein, ces anglais ? Demanda la jeune fille.

-Mmmh... répondit-il.

-Je vois, je vois. Et à part ça, je voulais te demander quelque chose. Je peux ?

-Mmh mh...

-Parfait. Alors, je voulais savoir, à propos de notre dernier cours de biologie, …

Viktor soupira intérieurement. Pourquoi voulait-elle absolument lui faire la conversation ? Il n'aimait pas parler, il n'avait jamais aimé ça. Voilà pourquoi on le considérait souvent comme un idiot. Un bel, sportif et célèbre idiot, mais un idiot quand même.

De plus, cela ne l'intéressait pas, mais alors pas du tout, de savoir quel était le fonctionnement exact des Glomérules, et l'impact de la Globulo-Nephrite sur les reins et la Thyroglobuline. En bref, il s'en tamponnait le poireau.

Soudain, le chemin qu'ils suivaient tourna brusquement à gauche, et à l'instant où Frida allait tourner, un cliquetis quasiment inaudible le fit se crisper. Viktor attrapa sa coéquipière par la taille et la projeta sur le sol, lui évitant ainsi d'être touchée par un sort.

-Que se passe t-il ? Demanda t-elle.

-Attaque.

C'est alors que l'enseignement de l'école nordique refit surface, et ce furent deux redoutables combattants qui firent face au danger.

Ils se déplacèrent vivement à gauche, se baissèrent pour éviter deux Imperia, lancèrent à leur tour deux sorts de magie dite « noire » par le ministère anglais, et se figèrent en découvrant le visage de leur adversaire.

-Monsieur ? Demanda Viktor, choqué.

-Évidemment... Et donc, vous aimez ça, saboter un tournoi déjà mortel ? Demanda Frida, comme si elle parlait de la météo du jour.

Igor Karkaroff éclata d'un rire sardonique :

-Je suis là pour mon maître ! Le Seigneur des Ténèbres m'a confié une mission ! Et je la mènerait à bien ! Je suis-

-Stupefix. Lança Viktor.

-Immobilisé, apparemment...

Et c'est alors qu'ils les remarquèrent. La source de ces cliquetis incessants. Des dizaines d'araignées géantes. Un Nid d'Acromentules. La seule chose qui empêcha les araignées de les attaquer fut qu'elles étaient déjà trop occupées à manger le corps immobilisé de leur – ancien – directeur.

N'écoutant que le courage des glorieux Vikings dans leur sang, ils s'enfuirent en courant, le troupeau sur les talons.


Cedric et Theodore, eux, suivaient un chemin tortueux. Pour bien commencer, ils avaient tourné à droite, et étaient tombés sur un essaim de Nargoles.

Theodore, de par son affection pour la jeune Luna Lovegood, connaissait ces petites créatures volantes invisibles. Il était cependant moins connu du grand public que ces charmantes petites fées étaient totalement carnivores. Et avaient tendance à se balader en essaim. Pour s'attaquer à des proies plus grosses. Genre... des adolescents perdus dans un labyrinthe géant...

Leur première tentative de les vaincre, armés de gousses d'ail pour les repousser, se solda par un échec cuisant, et totalement prévisible.

La seconde fois, ils s'armèrent d'épées et faillirent se faire bouffer.

C'est alors qu'ils se concertèrent réellement :

-Comment on fait ? Ces trucs sont invincibles ! On ne les voit même pas ! Sanglota Cedric.

-J'aurais bien une idée... déclara Theodore.

Ils s'avancèrent face à l'essaim invisible. Theodore sortit sa baguette, pointa le sol, et commença à réciter une incantation. Son but ? Transformer le sol en glace, puis en stalagmites. Allait-il y arriver ? Ce fut sans compter sur le fait que les Nargoles, tranquillement installées à côté du blond, décidèrent qu'elles avaient assez joué. Elles se précipitèrent sur l'adolescent, et seul l'ouïe très fine de Cedric lui sauva la vie, en le poussant sur le côté.

Les créatures volantes se précipitèrent sur la haie que côtoyait quelques instants auparavant le garçon.

Et c'est ainsi que Cedric et Theodore, champions de leur état, apprirent que les haies étaient carnivores, elles aussi.

Leur obstacle survolé, ils remarquèrent un objet qui brillait au sol : une aile de Nargole, tellement brillante qu'elle en était translucide.

Theodore la ramassa et ils continuèrent leur route.

Ils avaient tourné à gauche, puis à droite, et s'étaient retrouvés sous une pluie d'acide. Pressés de retrouver le bon chemin, ils s'étaient carapaté la queue entre les jambes avant de tourner une nouvelle fois à gauche, et de le refaire une troisième fois. Ils avaient pris un autre embranchement à droite, et le labyrinthe les perdit.


Nathanaël et Edmond, eux, avançaient calmement, un bouclier magique les protégeant de tous les soucis imprévus.

Entendant un quelconque bruit de combat, ils s'approchèrent d'une intersection et eurent juste le temps d'apercevoir Theodore et Cedric qui s'en allaient.

Edmond regarda son frère. Ce dernier semblait ailleurs et constamment sur ses gardes. Qu'attendait-il ? Qu'allait-il se passer ?

Nathanaël avait un très, mais alors très mauvais pressentiment. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que cette épreuve allait mal tourner. Peut-être n'était-ce qu'un vestige du fiasco de la seconde tâche, ou peut-être que quelque chose clochait vraiment. La question se posait, et il commençait à s'inquiéter de la réponse.

Ils reprirent leur route. Soudain, une odeur de soufre se fit sentir. L'atmosphère ambiante se réchauffa et un grognement parvint à leurs oreilles.

Edmond déglutit, et Nathanaël soupira intérieurement. Ils tournèrent à l'embranchement suivant et se retrouvèrent face à un Dragon nain.

Bien que celui-ci ne fasse que quatre mètres de haut pour seulement trois mètres de large, et devait peser dans les petites cinq tonnes cent, on pouvait le qualifier sans mal de Dragon Nain.

L'énorme, mais pas tant que ça apparemment, Dragon jaune clair rugit. Il cracha son feu verdâtre et l'odeur de soufre emplit une nouvelle fois leurs narines.

Les deux adolescents déglutirent face à la créature qu'ils devaient vaincre et qui leur rappelait douloureusement leur première tâche.

Edmond demanda alors à son frère de déclencher un bouclier plus puissant et résistant aux flammes le temps que lui-même puisse préparer son arme.

Ayant eu à Noël dernier un livre de runes, il avait demandé à son père, spécialiste en magie runique, de lui expliquer l'utilité exacte d'un cercle runique.

Flash-Back

-Un cercle runique, avait-il déclaré, est une manière d'utiliser les runes. Cette magie spéciale est dangereuse car elle repose sur l'harmonie des runes et de la Magie. De plus, si le sorcier ou le mage qui effectue ce cercle runique n'arrive pas à mettre de l'Harmonie dans sa magie, le cercle peut devenir instable et provoquer des dégâts incommensurables.

-Je ne comprends pas... avait alors répondu Edmond.

-Regarde.

Il conjura du sable sur la table où ils étaient assis et dessina avec son doigt des symboles mystérieux :

-Ce symbole s'appelle « Omicron ». Il provient de l'alphabet Grec. Celui-ci est « Êta ». Il vient du même alphabet. Omicron est un symbole masculin, Êta un symbole féminin. Pour le neutre, on note « Thêta ». Là, les symboles sont équilibrés.

-Mais à quoi sert le cercle ? Demanda le garçon.

-Ici, il n'a pas encore d'identité définie. Mais regarde, si on y ajoute un « Alpha », et un « Oméga », on obtient la Vie et la Mort. Mais aussi le Début ou la Fin.

-Il sert à quelque chose ?

-C'est un cercle grec d'équilibre. Il permet une harmonie des éléments et des âmes, une atmosphère de calme, où toutes les créatures des mondes visibles et invisibles sont mises en relation. Dans un cercle runique, l'ordre des symboles est important, mais aussi le bon tracé des signes. De plus, si ta magie n'est pas elle-même en harmonie avec le pouvoir des écrits, le cercle peut te conduire à la mort, la folie, ou même la damnation éternelle.

-Pourquoi ?

-Lorsque tu écris un cercle runique, qu'il soit réussi ou non, tu invoques par ce biais des énergies, des esprits, des âmes, des démons, ou même des créatures naturelles. C'est un moyen de communication entre les mondes. Il faut que tu respectes ces créatures, que tu sois humble et honnête, où elles verront ton hypocrisie et elles te puniront.

-D'accord, mais comment faire pour être humble ?

-Médite, apprends à te connaître, et tu pourras l'être. Il faut que tu sois en paix avec toi-même pour que tout soit stable, ta magie comme ton cercle.

Fin Flash-Back

Edmond, une fois le bouclier en place, se mit à courir autour du dragon, un bâton à la main, et traçait dans le sol de multiples symboles. Pendant qu'il s'y affairait, il chuchotait des paroles incompréhensibles pour qui n'était pas initié à l'art subtil des cercles runiques.

Nathanaël, lui, regardait faire son frère sans bouger. Il était concentré à l'extrême, faisant se mouvoir sa magie dans l'espace, de sorte à ce que le bouclier qu'il conjurait les protège toujours des flammes nocives que l'énorme animal ne cessait de cracher.

Ainsi, ils donnaient tous deux leur maximum, l'un en insufflant sa magie dans ses runes, l'autre en protégeant son frère.

Quand, enfin, Edmond eut fini de tracer ses symboles à même le sol, pulsant tels des morceaux d'étoiles, il revint vers Nathanaël. Posant un genou et une main au sol, il déclara, d'une voix caverneuse emplie de magie :

-J'implore l'aide et la clémence des cieux, j'implore la magie et ses pouvoirs ancestraux, j'implore les êtres de toutes choses, j'implore votre pouvoir ! Par le monde et par ce pouvoir invoqué, par ma vie et ma volonté, par le sacrifice de ce sang humain, que cet être satisfasse votre faim.

C'est alors que le cercle se mit à briller. Les symboles se lièrent entre eux par un trait de lumière et le sol entourant le dragon émit une puissante lumière dorée. Edmond ne se releva pas, mais la terre où il était courbé rougeoyait, comme si elle absorbait l'essence même de l'enfant.

Dans un glorieux rugissement de rage pure, le dragon disparu, englouti par cette lumière d'or mortelle, englouti par des milliers de bras et d'esprits qui murmuraient leur faim et leur haine.

Quand le silence reprit ses droits, porté par un vent frais, chassant l'odeur de brûlé et de soufre qui avait envahi l'espace, les deux garçons se regardèrent, se sourirent, se félicitèrent, et reprirent leur route.

Rapidement, ils arrivèrent devant un mur. Ce mur n'aurait pas se trouver là. Un mur en briques cuites ne devait pas apparaître aléatoirement dans un labyrinthe de haies. Et pourtant, ils étaient devant un mur de briques, et ce mur de briques leur bloquait le passage.


De leur côté, Alice et Hermione avaient peur. Un peu. Mais il n'en demeurait pas moins que, selon toute logique et toute vraisemblance, elles étaient effrayées.

Ce n'était pourtant pas leur genre, d'avoir peur pour si peu. Ni l'une ni l'autre n'avait peur du noir, ni l'une ni l'autre n'avait peur de se balader seule, la nuit tombée, dans une forêt. Mais ce labyrinthe, peuplé de créatures inconnues et probablement dangereuses à un point relativement mortel, leur donnait l'impression de marcher droit vers un échafaud Ô combien effroyable.

Elles avançaient donc lentement, n'arrivant pas à se décoller l'une l'autre, et marchaient en priant Merlin ou n'importe qui d'autre, si tant est qu'il ait un minimum de pouvoir sur l'Univers, de ne pas leur faire rencontrer quoi que soit de trop mortel.

C'est alors, au détour d'un chemin sombre et peu attrayant, qu'elles tombèrent sur un mur d'eau. L'obstacle, bien plus haut que les haies et bien plus sombre que le chemin qu'elles venaient d'emprunter, leur semblait moins dangereux que ce à quoi elles s'attendaient. Ne voulant quand même pas crier victoire trop tôt, elles regardèrent attentivement la surface plane de l'eau, tentant d'apercevoir le moindre mouvement ou, au mieux, une sortie de l'autre côté.

Une forme commença à approcher, et ce fut Hermione qui informa sa coéquipière de ce fait. Lorsqu'elles furent tout à fait prêtes et alertes quant à ce qui allait arriver, quoi que cela fut, elles penchèrent leurs visages jusqu'à ce que ces derniers touchent presque la surface de l'eau.

La forme s'approcha plus encore et le temps sembla se suspendre quand elles comprirent qu'il s'agissait là de rien de moins qu'une sirène. La créature qui approcha et qui se colla à la limite de son élément ne ressemblait pas aux sirènes du Lac Noir, à ces horribles êtres de l'eau qui semblaient avoir rencontré, très tôt dans leur enfance, une pelle dans leur visage. Mais, au contraire, elle ressemblait à Naëliys dans ses mauvais jours, tout en ayant une apparence quasi-humaine. La peau blanche de la créature avait une couleur froide de par l'eau qui l'entourait, ses cheveux noirs d'encre volaient autour de son visage d'ange de pierre, et ses yeux avaient la froideur d'un iceberg. Le sourire chaleureux qui germa sur ses traits ne fit que renforcer le sentiment de malaise d'Alice, tandis que Hermione semblait fascinée par le regard de glace de l'apparition en face d'elle. La vampire voyait bien que son amie semblait attirée par la sirène, mais elle se doutait que cela n'avait rien de volontaire, comme si la jeune brune avait été victime d'un quelconque sortilège ayant eu une emprise sur sa volonté.

La créature recula quelques peu et sa puissante nageoire fouetta l'eau, la faisant reculer de plusieurs dizaines de centimètres. Sa queue sombre, où quelques lueurs orangées venaient s'échouer, battit l'eau et fit voler ses cheveux une nouvelle fois. Elle se retourna pour faire face aux adolescentes et leur fit un signe de la main, les invitant à la suivre.

Hermione leva sa main et la plongea dans l'eau, comme attirée. À l'instant où elle toucha la surface bleutée, elle se fit absorber par l'obstacle et entra complètement dans l'eau.

Au même instant, Alice se jeta sur son amie dans le but de la retenir, mais fut entraînée pareillement.

Ainsi, elle se retrouvèrent toutes deux dans un espace sans air, et la vampire fut la seule qui eut la présence d'esprit de lancer un charme de Tête en bulle sur elles-deux.

Elle nagèrent à la suite de la sirène, qui souriait toujours chaleureusement, de ce sourire qui n'atteignait pas ses yeux, toujours gelés et effrayants. Un chant s'éleva dans l'air, l'eau ambiante, et apparu aux oreilles d'Alice comme un chant de guerre, un sortilège visant à engourdir son esprit.

Au début, ce ne furent que des notes, un simple son, vague, mais toujours aussi engourdissant, comme si le simple fait que son cerveau écoute les vagues sonores suffisait à la rendre comateuse.

Upon one summer's morning, I carelessly did stray,

Down by the Walls of Wapping, where I met a sailor gay,

Conversing with a young lass, who seem'd to be in pain,

Saying, William, when you go, I fear you will ne'er return again.

Quand la musiques commença à se préciser, elle ne faisait pas encore attention aux paroles, celles-ci étant encore trop éloignées et trop peu précises.

His hair hangs in ringlets, his eyes as black as gold,

May happiness attend him, wherever he may go,

From Tower Hill, to Blackwall, I will wander, weep and moan,

All for my jolly sailor, until he sayes return.

Elles nageaient toujours, suivant les mouvements saccadés, mais harmonieux, de la queue de poisson qui leur faisait face. Alice se demandait jusqu'où elles allaient, si elles allaient sortir de là, si elles allaient en sortir en vie. Mais rien ne lui répondait. Juste ce chant...

My father is a merchant—the truth I now will tell,

And in great London City, in opulence doth dwell,

His fortune doth exceed ₤300,000 gold,
And he frowns upon his daughter, who loves a sailor bold.

Elle ne pouvais s'empêcher de murmurer : « Hermione, Hermione, écoute moi... » mais aucun signe de la brune ne permettait à la Serpentard de deviner si, oui ou non, sa coéquipière l'entendait.

A fig for his riches, his merchandize, and gold,

True love is grafted in my heart; give me my sailor bold:

Should he return in poverty, from o'er the ocean far,
To my tender bosom, I'll press my jolly tar.

Les paroles de la chanson que fredonnait la sirène commençaient à se faire plus précises, et une certaine expectation se laissait entendre dans sa voix.

My sailor is as smiling as the pleasant month of May,

And oft we have wandered through Ratcliffe Highway,

Where many a pretty blooming girl we happy did behold,
Reclining on the bosom of her jolly sailor bold.

Elle se demandait pourquoi est-ce-qu'elle connaissait ce chant... elle était sûre de l'avoir déjà entendue. Mais... où ? Et c'est alors que vinrent les vers fatidiques.

Come all you pretty fair maids,

Luka chantait ce chant, lorsque, lors de l'un de ses anniversaires, sa grande sœur avait eu un livre sur les différentes créatures magiques marines. Et, dans la catégorie «À ne jamais approcher sous peine de mort rapide, douloureuse et prématurée », on trouvait les sirènes des Abysses, créatures redoutées pour leur beauté enchanteresse, leur voix d'or et leur penchant pour la viande crue, rouge et humaine. Ces créatures attaquaient tout ceux ou celles qui s'approchaient de leur territoire et le faisait avec un taux de réussite affolant. Une seule personne les quitta un jour en vie, ce fut avec un bras en moins et la terreur panique de l'eau, ce qui le tua de déshydratation quelques mois plus tard.

Whoever you may be,

Les dizaines de sirènes qui apparurent à leur côtés furent loin de rassurer la jeune vampire.

Who love a jolly sailor, that ploughs the raging sea.

La jeune fille se demanda brièvement comment elle allait pouvoir sortir de cette situation, avouons-le, assez problématique, quand elle se rappela que son amie était toujours envoûtée par la sirène.

While up aloft in storm, from me his absence mourn,
And firmly pray, arrive the day, he home will safe return.

Elle savait que, à la seconde où le chant se terminerait, elles se retrouveraient assaillies par la horde de créatures qui les regardaient avec envie et, limite, la bave aux lèvres.

My name it is Maria, a merchant's daughter fair,

And I have left my parents and three thousand pounds a year.

Elle sortit quelque chose de sa poche, lentement, attrapa Hermione par la taille, plongeant son regard dans celui de la sirène brune au regard de glace qui les avait attirées là, et eut un sourire carnassier, un sourire de prédateur.

My heart is pierced by Cupid, I disdain all glittering gold,
There is nothing can console me but my jolly sailor bold.

Les sirènes se jetèrent sur elles.

Et la bulle d'eau explosa.

Tout en toussant, la Gryffondor, trempée jusqu'aux os, lui demanda :

-Qu'est-ce qu- kof-kof... que vient-il de se passer ?


Blaise et Draco, qui regardaient, impuissant, la scène improbable qui se jouait devant leurs yeux, se demandèrent pourquoi, pourquoi, leur vie était si étrange, depuis qu'ils avaient rencontré la famille Snape.

Devant eux se battaient trois troupeaux, et ce n'était pas tant le fait que les troupeaux se battent, que le comment ces troupeaux invraisemblables s'étaient retrouvés à essayer de se manger les uns les autres, qui était étrange.

Quand les deux garçons étaient entrés dans le labyrinthe, se reposant essentiellement sur les sens sur-développés de l'Incube, ils n'avaient sûrement pas pensé que l'obstacle qu'ils auraient à franchir serait un troupeau de Sombrals. Évidemment, ils avaient fui : ils n'étaient pas encore assez fous pour combattre un troupeau de chevaux maudits, in-tuables, car déjà morts, carnivores et bavant déjà sans retenue face à ce festin impromptu, sans artefact surpuissant et toute une armée de Dieux à leurs côtés.

Ils avaient donc couru, comme si leur vie en dépendait, et, en effet, leur vie en dépendait, sans s'arrêter, jusqu'à ce qu'ils ne rencontrent deux autres champions essoufflés.

Viktor et Frida, après leur rencontre avec feu leur directeur, s'étaient mis à courir, et voilà, qu'au détour d'un chemin, ils tombèrent sur deux champions mal en point de Poudlard. D'un commun accord, les quatre champions tournèrent d'un même mouvement sur une tierce route.


Un hurlement déchira le silence ambiant.

Fleur et Oscar, relativement effrayés mais pour le moins déterminés, avançaient, un pas après l'autre, sachant très bien qu'il n'y avait aucun moyen de faire demi-tour.

Ils avaient décidé, ensemble, de ne pas se séparer et de trouver le moyen de combattre les obstacles qu'ils auraient à franchir.

Quand ils tombèrent sur un troupeau de chèvres carnivores, ils ne savaient pas encore que les caprins en question désireraient les manger. Seule la morsure que le français reçu au bras, après un saut magnifique – mais néanmoins étrange – de l'une des créatures les convainquit de courir. Vite.

C'est pourquoi, actuellement, ils couraient, hurlant à s'en déchirer les poumons, et faisant honneur à la capacité la plus universelle possible : l'instinct de survie.

Et c'est alors, ils en béniraient Merlin plus tard, qu'ils virent quatre champions et des centaines de créatures – baveuses, les créatures, baveuses – qui arrivaient dans leur direction.

-Baissez-vous ! Hurla l'accent de Viktor Krum en anglais.

Ils pourraient noter ce jour comme la preuve que les Sombrals mangeaient n'importe quelle viande, que les Acromentules ne faisaient pas vraiment plus de chichis, et que les chèvres étaient étonnamment résistantes, même face à des créatures invisibles bien plus massives qu'elles.

Débarrassés de leurs obstacles, les six champions décidèrent de poursuivre leur épreuve ensemble, et qu'ils auraient ainsi bien plus de chances de survie.


Fred et Georges ne voulaient pas entrer dans le labyrinthe. Il avait fallu que Minerva Mcgonagall elle-même leur assure que rien ne pouvait arriver de grave, qu'elle avait une parfaite confiance en Hagrid pour ne pas avoir mis trop de créatures mortelles à l'intérieur, mais que, non, elle ne savait pas exactement ce qu'il y avait. Ce à quoi les jumeaux répondirent que c'était justement pour cette raison qu'ils ne voulaient pas y aller, et que eux n'avait pas du tout confiance dans le demi-géant pour avoir voulu protéger leurs vies. La directrice avait répliqué que, s'ils ne voulaient pas y aller, c'était leur choix, mais qu'ils allaient détruire la réputation de Poudlard à l'étranger.

Les jumeaux s'étaient regardés, avaient soupiré, et étaient entrés à reculons dans l'épreuve, regardant, avec le pressentiment que quelque chose allait forcément mal tourner, leur sortie disparaître.

Ils avaient eu raison de ne pas vouloir y aller, se dirent-ils en voyant ce qui les attendait quelques mètres plus loin. Ils avaient tellement eu raison. Ils n'avaient probablement jamais été aussi clairvoyant quant à ce qui allait leur arriver.

Le sphinx grogna, ils déglutirent, et ils s'approchèrent.

-Bienvenue, mes mignons... commença la créature en se passant la langue sur les lèvres.

-Enchanté, mademoiselle. Déclarèrent-ils d'une seule voix.

-Passez mon énigme et vous passerez à votre tour, mais échouez et je vous mangerai, mes mignons. Vous pouvez aussi abandonner et... revenir plus tard ? Annonça t-elle avec un sourire face au manque de choix qu'ils avaient.

-Nous répondrons à votre énigme. Répondit Fred avec un soupir.

-Seul l'un de vous peut y répondre, mes mignons. Lequel viendra se frotter à moi ? Demanda t-elle, un sourire carnassier apparaissant sur ses lèvres.

-Moi. Fred s'avança.

Georges se recula et ne pu que voir son jumeau affronter l'une des créatures les plus intelligentes du monde.

-Un roi avait trois fils, l'un très fort, l'autre très fourbe, et le dernier très intelligent. Arrivé aux portes de la mort, il devait choisir un héritier. Il leur confia à chacun la tâche de remplir une pièce, de haut en bas, en seulement deux jours. La pièce faisait vingt mètres de large, vingt mètre de long et cinquante mètres de hauteur. Le premier fils alla abattre des arbres, mais ne parvint à remplir la moitié. Le second fils remplit la pièce d'eau et assécha un lac, mais ne parvint pas aux 2000m3 qu'il devait atteindre. Le roi ouvrit ensuite la porte du plus jeune, s'exclama et il fut couronné quelques heures plus tard. Comment a t'il fait ?

Fred réfléchit quelques instants avant de répondre, sûr de lui :

-Il a posé une bougie au centre de la pièce, l'a allumée, et a regardé la pièce se remplir de lumière.

L'animal eut un sourire satisfait :

-Bien, bien, mon mignon... cela était facile. Pour l'énigme de ton frère, ce le sera nettement moins. Es-tu prêt, elfe noir ?

Georges s'avança à son tour. Il déglutit, n'ayant jamais été à l'aise dans la résolution d'énigmes.

-Le prince, nouvellement couronné, gouverna avec sagesse son royaume. Mais un jour, il fut emprisonné par ses frères, victime d'un coup d'état. Il resta de nombreuses années dans sa cellule, mais le plus vieux des frères eu du remord. Le second emprisonna alors son aîné et lança un défi à son petit frère : « Voici trois cellules. Trouve dans laquelle est ton frère, et vous aurez tous deux la vie sauve. Il y a un tigre dans les autres cellules, trompes-toi et tu seras mangé. » Sur les portes, il y avait trois affiches :
sur la première, « Il y a un tigre dans la cellule 2 »
sur la seconde, « Ici, il y a un tigre »
sur la troisième, « La cellule 1 contient un tigre »
Le second frère ajoute que l'affiche collée sur la bonne porte dit la vérité, et qu'au moins une des deux autres est fausse. Quelle porte choisir ?

Georges se concentra et commença à tracer un schéma sur le sol.

La cellule 2 ne peut pas être la bonne, car elle devrait dire la vérité, soit ''Il n'y a pas de tigre'' et non ''Il y en a un''. De plus, elle dit forcément la vérité, car si elle ment, il y a le frère, mais si il y est, elle doit dire vrai. Or, si la cellule 3 est la bonne, et qu'on sait que la 2 contient bien un tigre, les trois affichent disent vrai, ce qui est contraire aux conventions. Encore, si on établit que la 2 dit la vérité, et que donc la 1 aussi, il ne reste qu'une cellule qui ment. Donc...

-J'ouvrirais la seconde porte, avant de m'enfermer dans la première cellule.

-C-Comment arrives-tu à ce résultat, mon mignon ? Demanda le sphinx, hébétée.

-C'est simple, le second frère tenterait de nous tuer. En ouvrant une porte à tigre et en m'enfermant avec mon aîné, j'élimine la menace. Affirma l'elfe.

-Aw~... très intéressant, mon mignon...Vous m'épatez. Passez-donc, vous avez bien gagné ce droit-là.

La créature s'envola pour atterrir derrière les deux élèves de Poudlard. Ceux-ci la remercièrent et continuèrent leur chemin.

-Épatant... murmura le sphinx tout en les voyant s'éloigner. Véritablement épatant...


Quand Nathanaël et Edmond s'étaient retrouvés devant ce mur qui n'avait rien à faire là, ils s'étaient simplement assis par terre et avaient attendu. Ils se doutaient, après plusieurs efforts magiques important, que récupérer et avant de voir la suite des événements serait la chose la plus sage à faire.

Peut-être auraient-ils dû persévérer et détruire ce mur avant que les autres n'arrivent. Réflexion faite, ils auraient dû, le ''peut-être'' n'avaient rien à faire là.

Le benjamin de la famille Snape avait vu avec circonspection le mur disparaître et les douze autres champions apparaître dans la clairière qui se dévoilait à eux. Tout à leur joie, les champions s'étaient tous rapprochés du trophée qui luisait dans l'obscurité ambiante, perplexes. C'était tout ? Vraiment tout ? Et puis Viktor et Frida racontèrent la rencontre pour le moins étrange qu'ils avaient expérimenté. Et Nathanaël su, avant que tout ne bascule, qu'il aurait dû défoncer ce mur plus vite. Son mauvais pressentiment augmenta, l'impression qu'ils venaient d'entrer dans une voie sans retour étreignit son cœur d'angoisse. Les fées qui étaient soudainement apparu en firent sursauter plus d'un. Elles luisirent très brièvement avant qu'une voix ne se prononce dans leurs esprits : « Attrapez le trophée, braves champions ». Le garçon savait, au plus profond de lui, que cette voix ne lui était pas inconnue. Il le savait... et, à l'instant précis où Theodore tendait la main vers le trophée, il se souvint. Il eu à peine le temps de hurler :

-Non !

Et le portoloin s'activa, entraînant avec lui les quatorze champions du Tournoi des Trois Sorciers.