Troisième année
31 Août, Résidence Granger
Hermione relisait la dernière lettre qu'elle avait reçu d'Harry pour la troisième fois quand sa mère l'appela le dernier repas qu'ils allaient partager ensemble cet été. Pendant leurs vacances, elle avait gardé le contact avec le Serpentard par l'intermédiaire de sa magnifique chouette blanche, Hedwige. La Serdaigle s'était prise d'affection pour le volatile du garçon. Hedwige avait pris l'habitude de lui mordiller affectueusement le doigt quand la jeune fille lui demandait d'être prudente sur la route.
Harry lui dévoila, cet été, une partie de sa vie qu'Hermione n'avait aperçu que de loin. Il lui parla de sa famille. De son père James, dont il était le portrait craché, qui lui avait appris à jouer au Quidditch et qui l'avait entrainé tout l'été (Hermione avait ressenti faiblement quelques sessions au cours de ces deux derniers mois.) De sa mère, Lily, qui était tout comme elle enfant de moldus et « absolument brillante », qu'il semblait aimé par dessus tout. Et enfin, de sa petite soeur, Elizabeth qui avait les cheveux noirs et les yeux noisettes de leur père. Harry lui avait envoyé une photo de lui et la petite en même temps que la missive et elle la conservait soigneusement caché dans son exemplaire de l'Histoire de Poudlard. Ses parents avaient pu voir le cliché une fois ou deux mais seulement parce qu'ils n'avaient pas arrêté de la tanner afin d'enfin voir une photo de ce fameux « Harry » dont elle parlait tant depuis 2 ans. Et ils avaient fini par la convaincre. Sa mère lui avait fait remarquer que le garçon était mignon et depuis Hermione avait préféré ne plus exposer la photo dans sa chambre pour faire disparaître cette idée stupide qui avait germé dans la tête de sa mère. Le repas se passa sans incident. Hermione et ses parents parlèrent de leur travail ce soir là. Ils n'avaient jamais été très présents à cause de leur cabinet de dentiste quand elle était plus jeune mais tous les moments qu'ils avaient de libre, ils essayaient au maximum de les passer avec elle. Et cela suffisait à Hermione.
Elle rangeait la vaisselle dans l'évier quand la missive d'Harry lui revint en tête. Elle avait hâte d'être au lendemain. Pour la première fois, elle ne ferait pas le trajet pour Poudlard seule. Harry serait là, avec elle. Pour la première fois, elle ne serait pas seule dans sa calèche pour rejoindre le château depuis Pré-au-Lard.
Ce soir-là, elle s'endormit facilement malgré la tempête de pensées qui tourmentaient son esprit. Et juste avant que sa conscience ne s'éteigne elle crû entendre une voix qu'elle connaissait bien lui murmurer :
« Bonne nuit Hermione »
16 Septembre, au bord du Lac
Étrange. C'était le seul mot qui pouvait qualifier le comportement d'Harry depuis deux semaines.
Tout avait commencé quand ils s'étaient retrouvés derrière le mur magique qui menait à la voie 9 3/4. Elle avait vu Harry qui l'attendait dès qu'elle l'avait franchi et avait enfin pu rencontrer sa famille. James Potter, qui ressemblait effectivement à Harry comme deux gouttes d'eau, lui avait tendu la main chaleureusement, un sourire en coin identique à celui de son fils plaqué sur les lèvres. Hermione l'avait tout de suite trouvé sympathique. Il avait commencé à lui poser des questions sur ce qu'elle aimait le plus à Poudlard quand le drame était arrivé. Ce moment à partir duquel Harry avait subitement décidé de ne plus se comporter normalement avec elle.
Lily Potter était restée en retrait à observer la Serdaigle discuter avec son mari. Elle berçait doucement la jeune Elizabeth dans ses bras, un petit sourire aux lèvres. Elle s'était ensuite avancée vers eux, avait placé le bébé dans les bras de James pour serrer Hermione dans les siens. La jeune fille était restée stupéfaite devant ce qui était habituellement un geste intime pour elle. Personne à part ses parents ne l'avait jamais serrer ainsi. Lily s'était reculée légèrement pour la regarder droit dans les yeux. Elle avait les mêmes pupilles émeraudes que son fils et Hermione s'était détendu instantanément quand elle avait vu l'amour qui y débordait (elle avait compris alors pourquoi Harry aimait tant sa mère). Lily avait ensuite parlé d'une voix douce et mélodieuse :
« Bonjour Hermione. Je suis Lily Potter, ravie de te rencontrer. Harry n'arrête pas de parler de toi, mais il a oublié de mentionner à quel point tu étais jolie. »
Hermione avait rougis immédiatement à ses mots. Son coeur s'était mis à battre soudain follement dans sa poitrine, elle n'avait pas était capable de savoir si cet affolement avait été le sien ou celui d'Harry. Quand elle l'avait regardé, il avait semblé sur le point d'imploser. Le visage aussi rouge que le sien, si ce n'était plus, il aurait pu rendre n'importe quelle tomate jalouse du rouge bien vif qu'il avait arboré. Ses sourcils étaient portés disparus, cachés sous les mèches rebelles de sa frange. Il était resté la bouche grande ouverte, comme s'il avait été prêt à protester mais que ses mots étaient restés coincés dans sa gorge. Ses yeux écarquillés étaient passés frénétiquement d'Hermione, à Lily puis à James, qui avait eût l'air de se retenir de rire, pour revenir sur la Serdaigle. Finalement, il avait attrapé fermement sa valise et avait fui en courant vers le Poudlard Express sans dire au revoir à ses parents.
Quand il eût disparu par une des portes d'un wagon, James avait enfin éclaté d'un grand rire bruyant. Elizabeth s'était immédiatement jointe à lui, son rire enfantin accompagnant celui grave de son père. Plusieurs famille s'étaient retournées vers eux, interloquées. Lily, qui avait toujours les mains posé sur les épaules d'Hermione, avait jeté un regard malicieux à son mari puis avait lancé :
« Tu vois, je te l'avais bien dit ! Il est exactement comme toi au même âge, on est pas sorti du chaudron. »
James avait essuyé ses larmes tout en continuant de ricaner doucement. Il s'était ensuite tourné vers elle et lui avait dit :
« Allez Hermione, va rejoindre notre très cher fils avant qu'il ne s'enferme à vie dans un compartiment. Dis lui que nous l'aimons très très fort ! Et fais lui plein de bisous de notre part ! »
Il lui avait fait un clin d'oeil, Hermione aurait rougi encore plus si cela avait été possible, Lily lui avait lancé un autre petit sourire amusé puis ils avaient traversé la barrière magique vers King's Cross laissant Hermione sur place dans une incompréhension complète à propos de tout ce qui avait pu se passer depuis qu'elle était arrivé sur le quai. À compter de ce jour, Harry avait été étrange. Elle l'avait retrouvé non sans mal dans le train, après y avoir croisé Luna qui l'avait suivit sans hésiter jusqu'à ce qu'elles trouvent le Serpentard. Il avait jeté un coup d'oeil rapide quand elles étaient entrées dans son compartiment, avait salué Luna puis avait entreprit de se plonger dans son manuel d'Arithmancie. Hermione avait sourit en le voyant faire, elle avait prit la même option cette année ainsi que l'Études des runes. Elle ne s'était pas étonnée de ne pas avoir entendu Harry de tout le trajet, elle avait simplement échangé ses souvenirs de vacances avec Luna.
Quand ils étaient arrivés à Poudlard, Harry s'était excusé rapidement auprès d'elles et avait pratiquement couru vers sa table dans la Grande Salle. Il ne l'avait pas regardé une seule fois dans les yeux de toute leur première soirée de troisième année à Poudlard et avait continué depuis lors. Hermione avait beau le fixer intensément, elle en arrivait d'ailleurs à craindre qu'il ne prenne feu, le garçon se contentait de rougir et de faire mine de se concentrer sur autre chose. Heureusement il lui adressait encore la parole. Enfin un peu.
Cette année, les Serdaigles et les Serpentards avaient pratiquement tous leurs cours en commun et Hermione s'en était réjouie. Elle avait immédiatement demander à Harry d'être son partenaire dans leurs classes mais la jeune fille sentait bien qu'il était tendu dès qu'ils devaient travailler ensemble. Même leur séance de devoirs à la bibliothèque avait l'air d'être un calvaire pour le jeune homme. Il lui posait des questions quand cela lui était nécessaire mais cela s'arrêtait là. Il passait son temps à se tortiller inconfortablement sur sa chaise et repartait souvent sans avoir fini ses essais.
Ces deux derniers jours, elle avait sentit une impatience, de plus en plus incontrôlable, monter en elle. Celle que reprenne enfin les entraînements de Quidditch. Elle savait que le vol était le meilleur moyen pour Harry de se vider la tête et elle espérait qu'il recommence à se comporter comme avant après avoir enfin voler. C'était une des seules fois, de tous ces échanges d'émotions, où elle avait été incapable de discerner ses sentiments de ceux d'Harry. Plusieurs fois, elle avait senti son cœur s'affoler sans raison dès qu'elle entrait dans la même pièce que le Serpentard et elle savait, elle sentait, que cela venait de lui. Hermione ne comprenait vraiment pas ce qui provoquait ce genre de réaction chez lui. Elle n'avait jamais eu d'amis auparavant, encore moins un ami dont elle pouvait percevoir les émotions.
Elle cherchait toujours farouchement les réponses à toutes les questions qu'elle se posait dans la bibliothèque mais elle rentrait bredouille tous les soirs et se couchait souvent sans se changer, épuisée. Luna avait commencé à remarquer son état de fatigue et la routine de son aîné. Depuis une semaine, la blonde lui demandait chaque matin si elle allait bien et lui répétait qu'elle avait ces satanées « Joncheruines » partout autour de sa chevelure emmêlée. Hermione se contentait de lui répondre que tout allait bien malgré les longs soupirs qu'elle lançait tout le long du petit déjeuner. Luna n'insistait jamais mais la Serdaigle savait que cela ne durerait pas.
Et malgré la présence de son amie, pendant ces deux semaines, Hermione n'avait pas pu se séparer de cette lancinante sensation de solitude que l'habitait.
31 Octobre, Bibliothèque
Cela faisait presque deux mois qu'Harry l'évitait, Octobre prenait fin, ce soir le château fêterait Halloween. Demain les troisièmes années vivraient leur première sortie à Pré-au-Lard. Hermione ne trépignait pas d'impatience contrairement à ce qu'elle aurait crû. Certes, elle avait passé l'été à s'imaginer les magasins de la village sorcier et avait bondit joyeusement de marche en marche chez ses parents, le papier d'autorisation à la main, pour leur faire signer. Mais aujourd'hui, elle savait qu'elle irait seule, Luna n'étant qu'en deuxième année.
Assise dans la bibliothèque, La Magie des Liens posé grand ouvert devant elle, Hermione soupira. Pour la cinquième fois depuis qu'elle s'était installé, elle lança un regard vers l'allée qui menait à l'entrée de l'antre aux livres. Elle espérait fébrilement qu'Harry viendrait. Cela faisait une semaine qu'il ne s'était plus présenté pour travailler avec elle les soirs. Malgré cela, Hermione avait continué à assister aux entraînements du Serpentard. Le lien était toujours fort dans ces moments là, mais, à chaque fois, l'horrible impression de solitude l'attendait au tournant quand Harry rejoignait les vestiaires. Elle ne savait pas quoi faire.
Elle parcourut le glossaire du doigt, distraitement. Elle avait pratiquement fini d'inspecter chaque recoin de la bibliothèque à présent et elle commençait à perdre espoir. Pas une miette d'information. Elle avait commencé par étudier la possibilité qu'on leur ait jeté un sort, puis que quelqu'un ait pu glisser discrètement une potion dans leur verre lors des repas (même si cela lui paraissait grandement improbable étant donné qu'Harry était souvent assis seul et qu'elle n'imaginait pas Luna capable de cela). Elle avait même rechercher dans tous les ouvrages d'Histoire de la Magie s'il y avait un précédent. Rien. Elle en était venue à accepter qu'il s'agissait bien d'un lien magique et entamait son dixième volume sur le sujet sans grand succès. Hermione avait, de plus en plus souvent, la ferme intuition que le seul endroit où elle pourrait trouver des indices était la Réserve.
Elle referma violemment La Magie des Liens, frustrée. Toujours rien. Elle se leva, rangea en vrac ses affaires dans son sac et entreprit d'aller replacer le livre. Arrivée devant l'allée des Sortilèges, elle se figea quand elle entendit une voix qui ne lui était pas inconnue. Drago Malfoy était là, à quelques mètres d'elle, le dos tourné, un épais tome ouvert dans les mains. Son sang ne fit qu'un tour et elle n'avait qu'une idée en tête, fuir. Son coeur battait douloureusement dans sa poitrine. Elle voulut filer discrètement, tournant furtivement sur ses talons mais le coin de son sac chargé de livres tapa contre une des armoires qui l'entouraient. Un bruit sourd résonna dans le silence de la bibliothèque. La jeune fille serra les yeux, immobile, se sentant comme une proie surprise par un prédateur. Son sang pulsait dans ses oreilles mais cela ne l'empêcha pas d'entendre la voix trainante de son ennemi dans son dos :
« Granger, heureux hasard. »
Il parlait à voix basse mais cela renforça la peur de la Serdaigle. Il la força à se retourner. Les yeux bleus glaces de Malfoy la transpercèrent, sa tête commença à tourner.
« Enfin seuls. » Sa main alla chercher sa baguette dans sa poche. Hermione ne bougea pas. « Ça m'a manqué de ne pas pouvoir te faire pleurer pour le plaisir. » La baguette roula entre ses doigts juste sous son nez. « Alors Sang-de-Bourbe, quand est-ce que tu vas supplier Potter de venir te sauver ? »
Des larmes commencèrent à perler aux coins de ses yeux. Son souffle devint saccadé. Son coeur se contracta furieusement. Le Serpentard savait comment l'atteindre, il la regardait avec son rictus narquois, une étincelle mauvaise dans le regard. Les secondes s'écoulaient, la baguette était toujours pointé sur son visage et trembla légèrement quand Malfoy resserra sa prise dessus.
« Bon … Puisque que tu ne te décides pas. »
Il plissa les yeux et recula d'un pas.
« Dentesaugmento »
La baguette vibra quand le sortilège en sortit, atteignant Hermione en plein visage. Ses yeux s'écarquillèrent quand elle sentit ses deux incisives, déjà proéminentes, pousser légèrement puis plus franchement contre sa lèvre inférieure. Celle-ci ne les arrêta pas puisqu'elle descendirent jusqu'au niveau de son menton. Alors seulement, Hermione retrouva la faculté de bouger. Elle tourna les talons et fila en direction de la sortie de la bibliothèque. Le rire glacial de Malfoy la suivit jusqu'à ce qu'elle franchisse les portes.
Elle courrait dans les couloirs, ses dents poussaient toujours et elle ne pouvait plus les cacher avec sa main. Des rires fusaient autour d'elle, des élèves la pointaient du doigt alors qu'elle fonçait vers l'infirmerie. Ses joues étaient trempées de larmes et elle essayait de garder la tête baissée vers le sol. Elle bifurquait vers l'Infirmerie quand elle rentra dans quelqu'un. Elle tomba lourdement sur les fesses, sonnée.
« Hermione ?! »
Elle ferma les yeux et tenta vainement de cacher de ses mains ses incisives qui descendaient maintenant jusqu'au milieu de son torse. De toutes les personnes qu'elle aurait voulu voir à cet instant, Harry Potter était la dernière. Le destin semblait s'acharner contre elle. Son envie de pleurer lui serra d'autant plus la gorge.
Elle sentit le Serpentard mettre ses mains sur ses épaules, il s'était accroupi devant elle. Elle ne retenait plus les sanglots qui montaient dans sa gorge.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Hermione réponds moi ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Malfoy » parvint-elle à dire difficilement entre deux sanglots.
Les mains d'Harry serrèrent presque douloureusement ses épaules puis couvrirent les siennes. Il dégagea son visage, elle le regarda, angoissée par ce qu'elle verrait dans ses yeux. Il était inquiet, c'était indéniable, il semblait également triste. Pourtant, il lui souriait gentiment. Les sanglots de la Serdaigle se bloquèrent dans sa gorge quand il la tira du sol et lui dit :
« Allez viens, je te conduis à l'Infirmerie. »
Et il le fit. Madame Pomfresh était entrain de raccourcir ses dents et lui demandait de la stopper quand elles auraient atteintes leur taille normale. Mais Hermione ne l'écoutait que d'une oreille, plongée dans ses pensées. Harry avait gardé une de ses mains dans la sienne pour la guider jusqu'à l'infirmière. Les pleurs d'Hermione s'étaient rapidement arrêté et elle l'avait alors docilement laissé la guider. Elle serra la main qu'il avait tenu contre sa poitrine dans l'espoir de faire cesser la sensation de picotements qui y subsistait depuis qu'Harry l'avait lâché.
Ce jour-là, la Serdaigle arrêta Madame Pomfresh quand celle-ci eût taillé ses incisives un peu plus courtes que prévu.
16 Décembre, Pré-au-Lard
« Hermione, je radote peut être mais, Merlin m'en soit témoin, tu as vraiment un joli sourire. J'ai presque envie d'aller dire merci à Malfoy. »
Hermione découvrir toutes ses dents. Elle aussi avait eu envie d'aller remercier le Serpentard. Grâce à son « intervention », Harry était redevenu celui qu'il était avant ce jour funeste, d'après elle, où Lily Potter avait tout fait basculer entre eux. Et depuis, il lui faisait une remarque sur son « nouveau » sourire au moins une fois par semaine. À chaque fois, son coeur s'emballait. Ils étaient redevenus des amis proches et cela rendait Hermione heureuse.
Ils marchaient côte à côte dans la Grande Rue enneigée de Pré-au-Lard. C'était leur seconde sortie ensemble dans le village sorcier. Cette fois-ci, Hermione avait réussi à trainer Harry dans la librairie, sans lui dire qu'elle cherchait des ouvrages sur un sujet bien précis. Celui-ci avait passé les trente minutes qui avait suivies à pouffer et marmonner, une moue enfantine collée sur le visage. Elle avait roulé des yeux avant de le tirer hors de la librairie en direction des Trois Balais pour boire une bièraubeurre.
« Merci Harry ! » dit-elle en resserrant l'écharpe bleue et bronze autour de son cou. Elle jeta un coup d'oeil sur la droite et demanda : « Tu ne voulais pas aller faire un tour à Zonko ? »
Il lui lança un regard surpris. Hermione savait que le Serpentard adorait le magasin de Farces et Attrapes. La seule fois où ils y étaient entrés, il l'avait supplié pour qu'il y aille et, dès que ce fut fait, elle avait senti son excitation grimpé en flèche au fur et à mesure qu'ils avaient parcouru les rayons de la boutique. Harry avait tout regardé avant d'acheter des Bombabouses, les yeux brillants de malice et un grand sourire idiot sur le visage. Ce même sourire se peignit sur son visage quand il lui répondit :
« Pas cette fois-ci, je n'ai rien à y acheter aujourd'hui. Et je sais que ce n'est pas le magasin que tu préfères. »
« Tu n'as rien à y acheter aujourd'hui ? » Le questionna-t-elle avec emphase. « Pourquoi avais-tu besoin de ses Bombabouses la dernière fois de tout façon ? »
Il rougit légèrement baissant les yeux pour éviter son regard. Harry était plus petit qu'elle cette année mais cela n'empêcha pas Hermione de voir le sourire malicieux qui ornait son visage.
« Disons que je les ai utilisé dans les dortoirs des troisièmes années de Serpentard, couplé à un sort qui dissipe les odeurs jeté sur des lits sélectionnés de manière, je le jure, complètement aléatoire. »
Hermione éclata de rire en même temps que son ami. Certains élèves leurs jetaient encore des regards intrigués de temps à autre, comme le couple de Griffondors qui sortait des Trois Balais à ce moment là, mais Hermione avait appris à les ignorer. On l'avait plusieurs fois prévenu de se méfier des Serpentards, surtout avec son ascendance moldue, mais la Serdaigle avait confiance en Harry. Il lui tint la porte et la guida à l'intérieur, une main dans le bas de son dos. La sensation d'avoir deux coeurs qui battent dans sa poitrine fit intrusion et s'estompa quand Harry s'éloigna d'elle pour s'asseoir à une table libre. Elle prit place à côté de lui. Un sourire amusé collé aux lèvres, il lui dit :
« Tu aurais du voir la tête de Malfoy quand il est entré dans le dortoir. J'ai cru qu'il allait se liquéfier sur place. Et c'était encore pire quand il m'a vu tranquillement installé dans mon lit, pas gêné le moins du monde. »
Ils en riaient encore quand Madame Rosemerta vint rapidement prendre leur commande qu'elle leur apporta presque aussitôt. Hermione prit une gorgée de sa bièraubeurre et savoura la chaleur du liquide quand il coula dans sa gorge. Harry fit de même avant qu'ils ne sortent leur cadeau respectif, prit par la même étrange impulsion. Le paquet qu'Harry lui offrait était la réplique exacte de celui de l'année précédente, rectangulaire, emballé dans du papier vert et marron. Il lui tendit rapidement mais Hermione refusa de la tête et poussa le sien vers lui.
« Non, cette année c'est toi qui l'ouvre en premier. »
Elle lui sourit franchement pour l'inciter à prendre son paquet ce qu'il fit en rougissant. Elle s'était presque tapée la tête contre les murs pendant des semaines pour trouver le cadeau parfait. Et un jour, alors qu'elle était venu seule à Pré-au-Lard à la recherche d'un présent, elle avait vu dans la vitrine d'Histoires Anciennes un magnifique album photo en cuir brun. Harry lui avait dit qu'il aimerait avoir quelque chose pour garder des souvenirs de ses années à l'école de sorcellerie. La jeune fille l'avait immédiatement acheté et avait fait graver « Années à Poudlard » en lettres d'or sur la couverture. Harry traça les lettres du doigt en souriant et la regarda dans les yeux.
« Merci beaucoup ! Étrange, mais je crois que toi et moi avons vraiment un problème avec les photos. » Dit-il en riant doucement.
Le paquet vert et marron avait glissé devant elle pendant qu'il avait parlé et quand Hermione le déballa, elle savait déjà qu'il s'agissait d'un cadre. Cette fois-ci la photo jouait une scène qui se passait sur le terrain de Quidditch. La Hermione de la photo était de profil et assise seule sur l'herbe, le regard tourné vers le ciel. Ses yeux brillaient d'excitation et un grand sourire couvrait ses lèvres. Hermione savait que son double fixait Harry qui volait à la poursuite du Vif dans le ciel au dessus d'elle. Elle se souvenait de ce samedi étonnamment ensoleillé de Novembre l'année précédente où Harry avait insisté pour qu'elle l'accompagne au terrain. Elle n'avait pas pu lui refuser.
Le manche d'un balai apparu en haut du cadre et le Harry de la photo le suivit. Le coeur d'Hermione accéléra brutalement de rythme dans sa poitrine. Il l'air heureux, les cheveux encore plus en bataille qu'à l'accoutumée. Les ailes du Vif voletaient entre ses doigts. Il tendit la main vers la jeune fille de la photo et lui donna la petite balle dorée. Elle l'observa quelques seconde avant de le serrer contre son coeur, en souriant tendrement au garçon sur le balai. Hermione cligna des yeux, surprise, et murmura :
« Elle ne s'est pas terminé comme ça … »
« Quoi ? » Dit Harry en se penchant par dessus son épaule pour regarder à son tour la photo.
« C'est bizarre, je me souviens de cette journée, de ce moment là. Et ça ne … »
La scène commençait à se rejouer. Les mots d'Hermione moururent dans sa gorge. Le balai avait fait de nouveau son apparition. Cette fois-ci, le Harry de la photo se posa doucement sur l'herbe, près de la Serdaigle, et tendit le poing, victorieux, vers son amie. Il sembla dire quelque chose puis les deux éclatèrent de rire. Le Harry au dessus de son épaule fronça les sourcils.
« Il n'y a rien de bizarre avec cette photo. »
Il tourna la tête vers elle. Son souffle balaya la joue d'Hermione quand il lui demanda inquiet :
« Tout va bien Hermione ? »
La proximité de leurs visages n'arrangeait rien à la nervosité de la Serdaigle. Pour la première fois, celui d'Harry n'était qu'à quelques centimètres d'elle, son inquiétude était palpable. Elle, elle ne pensait qu'à l'étrange vision dont elle venait d'être victime. Était-il possible que, dans le monde de la Magie, quelqu'un puisse voir la scène d'une photo animée de façon déformée ? Et pourquoi ce déroulement alors, d'où provenait-il ?
Harry avait l'air de sérieusement s'inquiéter alors elle repoussa ses inquiétudes et regarda une nouvelle fois le cadre photo. Pour le rassurer, elle passa instinctivement un bras autour de la taille de son ami et le serra timidement contre elle.
« Merci beaucoup Harry. » Dit-elle doucement au Serpentard.
Il passa un bras tendu autour de ses épaules et lui rendit gauchement son demi-câlin, le visage rouge. Il se sépara après quelques secondes de la jeune fille pour lui sourire nerveusement.
Ce Noël-là, un second cadre photo vint rejoindre celui acquit l'année précédente sur sa table de chevet. Elle les regardait quelques minutes tous les soirs avant de s'endormir, symbole de son amitié grandissante avec Harry. La scène dont elle avait été témoin la première fois qu'elle avait regardé son cadeau ne s'était plus manifestée depuis lors mais Hermione ne l'avait certainement pas oublié.
14 Février, Grande Salle
Hermione était a deux doigt de vomir quand elle se glissa à la droite de Luna à la table des Serdaigles. Son estomac se tordit douloureusement quand la scène dont elle venait d'être témoin se rejoua dans sa tête. Malfoy et sa langue de serpent plongée dans la gorge d'une pauvre Poussoufle (bien qu'à la façon dont la jeune fille semblait avoir planté ses ongles dans les cheveux du blond, elle était très certainement consentante). En plein milieu du Hall, à la vue de tout le monde. Et cet idiot avait eu la merveilleuse idée d'ouvrir ses yeux de vipère pile au moment où elle avait posé son chaste regard sur la masse informe qu'ils formaient, de lui lancer un clin d'oeil suggestif et d'aspirer le visage de sa condisciple avec plus de ferveur. L'estomac de la Serdaigle s'était soulevé de dégoût, elle avait rapidement détourné le regard et traversé le Hall sans se retourner.
« Est-ce que tout va bien Hermione ? Tu as l'air barbouillée. »
La jeune fille se tourna vers Luna, dont les yeux habituellement rêveurs étaient plein d'inquiétude. Un petit sourire souleva le coins des lèvres d'Hermione. Luna était sans l'ombre d'un doute la fille dont elle était le plus proche à Poudlard. Souvent la tête dans les nuages, peu d'élèves avaient eu un aperçu de la vivacité d'esprit qui lui avait valu d'être placée chez les bleus et bronzes. Luna parlait souvent de créatures que tout le monde croyaient imaginaires mais, derrière chacune de ses divagations sur les Joncheruines ou les Ronflaks Cornus, elle exposait une vérité flagrante sur ce qui se passait dans la tête de son interlocuteur. Hermione avait appris à discerner ses éclats d'esprit et sa relation avec la blonde s'était resserrée. Luna lui parlait beaucoup facilement de tout et de rien, elles avaient de plus en plus souvent des conversations « normales » (bien qu'Hermione n'ait pas assez d'expérience en discussion entre amis pour avoir établit ce qu'était un échange « normal »). Le regard de sa condisciple commençait presque à brûler des trous dans son crâne quand Hermione tourna vers elle, une grimace tordit son visage quand les événements lui revinrent en tête.
« Rien de grave, j'ai juste croisé Malfoy en plein séance de Quidditch buccale avec une sangsue de Poufsouffle. Je crois que je me suis un peu vomi dans la bouche en voyant ça. »
La blonde ricana doucement, les joues légèrement roses.
« Très imagé Hermione ! La Saint Valentin a tendance à inciter la plupart des gens à agir de cette façon. C'est sans l'ombre d'un doute l'oeuvre des Spitirocs ! La Grande Salle en est remplie depuis ce matin ! »
Son regard bleu électrique se perdit dans le vague, quelque part au milieu des bougies qui flottaient librement sous le plafond enchanté. Hermione secoua la tête, un petit sourire amusée accrochait aux lèvres. Elle commença à remplir doucement son assiette et se servit un verre de jus de citrouilles quand le battements sourd d'une centaines d'ailes couvrit l'habituel brouhaha qui emplissait les lieux.
« C'est parti pour la merveilleuse torture des gloussements et des hurlements sans fin de la Saint Valentin ... » soupira-t-elle intérieurement.
Comme pour confirmer ses pensées, des cris aigues fusaient tantôt de la table des Poufsouffles tantôt de celles des Griffondors. Les Serdaigles et les Serpentards, plus discrètes, se contentaient de gloussements excitées avant de se pencher vers leurs amies pour se mettre à chuchoter furieusement en jetant de temps à autre des regards furtifs vers l'objet de leur discussions. Elle observa une Serpentard pratiquement arracher en deux le papier d'un cadeau qu'une chouette venait à peine déposer devant elle, ses yeux marrons vaseux presque animés de folie.
« Tarée » se dit-elle en reniflant bruyamment.
Elle sursauta outre mesure, attirant plusieurs regard surpris sur elle, quand un grand duc auburn se posa brutalement devant elle et lui tendit impatiemment sa patte. Elle détacha délicatement la carte accrochée là et offrit une tranche de bacon à l'oiseau. Celui-ci ébouriffa ses plumes brusquement, attrapa le bacon et s'envola aussitôt la tranche dans le bec. Hermione soupira et retourna son attention sur la carte. Elle était plutôt jolie, un gros coeur rouge couvrait pratiquement tout l'avant du papier cartonné. Elle entrouvrit la carte et y découvrit quelques mots notés dans une écriture fine et nette :
Chère Hermione,
Depuis le début de l'année, je tente de trouver le courage de venir te le demander. Mais aujourd'hui je voudrais vraiment savoir, veux-tu être ma Valentine ?
Si oui, retrouve moi à la bibliothèque dans l'allée des Sortilèges à 18 h.
J'espère te voir.
R.
Elle relut la carte plusieurs fois, estomaquée. Elle n'arrivait pas à y croire. Sa première réaction fût de penser que Malfoy voulait lui faire une mauvaise blague. Ses yeux trouvèrent sans problème la chevelure platine de sa Némésis à la table des Serpentards. Malfoy la regardait, mais il n'arborait aucun sourire narquois ou moqueur. Ses yeux semblaient plus écarquillés que jamais, surpris qu'elle ait reçu quelque chose pour la Saint Valentin. Quand il se rendit compte qu'elle le regardait, il se reprit et lui envoya un regard mauvais, plissa les lèvres l'air dégoûté, puis sembla renifler bruyamment. Il détournât finalement le regard. Son petit cirque permit à Hermione de l'effacer de sa liste de suspect (dont il était le seul d'ailleurs). Elle darda alors le regard à droite et à gauche, cherchant le moindre garçon qui aurait le regard posé sur elle, le moindre signe de celui qui aurait pu lui envoyer cette carte. Elle passa en revue chaque personne qu'elle connaissait bien, et elles n'étaient pas nombreuses, dont le prénom commençait par R. Mais rien.
« Oh ! Regarde cette chouette, elle est magnifique ! » s'extasia Luna à côté d'elle.
Elle regarda quelques instants sa condisciple en clignant des yeux, encore désorientée par l'arrivée inattendue de cette fichue carte qui n'avait aucun sens. Les doigts de la jeune Serdaigle caressait gentiment le pelage d'un blanc immaculé de l'oiseau qui s'était posé devant Hermione. Cette chouette, elle aurait pu la reconnaitre entre mille autres, était celle de son meilleur ami, Harry. Hedwige avait les yeux fermés et la tête légèrement penchée, savourait les attentions de Luna. Hermione sentit son cœur se gonfler d'un intense sentiment qu'elle identifia comme étant de la ...
Tendresse ... Harry !
Elle leva les yeux et trouva instantanément Harry. Il venait de s'installer à sa place habituelle à la table des Serpentards, entre Blaise Zibani et Daphnée Greengrass. Ses cheveux étaient plus désordonnés que jamais, comme s'il venait de courir, et il regardait Hedwige avec des yeux brillants. Il tourna alors les yeux vers elle et lui envoya un demi sourire en coin plein de malice. Il pointa du doigt son poignet qui pendait mollement comme pour lui indiquer de ... Elle reporta son regard sur Hedwige qui la regardait à présent de ses grands yeux dorés. La chouette tendit doucement sa serre et la Serdaigle entrevit entre ses plumes des pétales jaunes. Elle détacha le fin ruban qui maintenait la tige, nue d'épines nota-t-elle, et libéra la rose. Elle l'attrapa délicatement tout en donnant à la chouette deux belles tranches de bacon frit. Elle la fit tourner entre ses doigts, admirant le jaune pâle de la fleur. Luna avait arrêté de câliner l'oiseau et regardait elle aussi, l'air interrogateur, la rose qui tournait doucement entre les doigt de son ainée.
« Une rose jaune. Si je ne me trompe pas, elle symbolise ... »
« L'amitié, oui. » La coupa Hermione. Elle lui lança un regard surpris. « Tu connais la signification des fleurs ? »
Luna lui lança un sourire énigmatique et lui répondit :
« Il y a bien des choses que tu ignores à propos de moi Hermione Granger. » Son regard se fit plus sérieux. « Mais il y a une chose que je sais, la couleur de cette rose va changer. »
Hermione lui lança un regard septique. Luna sourit une nouvelle fois mystérieusement et souffla d'une voix si faible qu'elle dût presque se pencher pour l'entendre :
« Tout comme votre lien va se développer. »
Elle tourna alors ses yeux rêveurs vers Harry. Elle sourit une dernière fois à son aîné et se leva gracieusement sans un mot de plus. L'air revint dans les poumons d'Hermione. Elle avait inconsciemment retenu son souffle. Elle fixa le dos de sa condisciple, presque sonnée. La carte était oubliée, elle sentit à peine le pincement affectueux d'Hedwige sur son doigt, pas plus qu'elle ne nota le départ de la chouette. Son regard était fixé sur son assiette. Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle ne se posa pas de questions sur le fait qu'elle était à présent capable de percevoir la nature des émotions qu'Harry ressentait. Non, une seule chose courrait dans sa tête à cet instant.
Luna savait.
14 Avril, Au bord du Lac
Une légère brise faisait bruisser les feuilles de l'arbre sous lequel Hermione s'était installée. Elle regarda une des tentacules du Calamar géant fendre paresseusement la surface du Lac pour replonger lentement, quelques instants après, dans ses eaux troubles. La jeune fille soupira. Beaucoup de choses avaient changées ces deux derniers mois.
Elle avait essayé, par tous les moyens possibles et imaginables, de questionner Luna sur ces quelques mots qu'elle lui avait glissé des semaines auparavant. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, son amie était habillement parvenu à esquiver chacune de ses tentatives. Elle se fondait dans des groupes d'autres élèves pendant les repas, ceux-ci l'observaient en général étrangement mais ne lui disaient jamais de partir. Elle détournait chacune des conversations que son aînée lançaient, parvenant à détourner ses pensées de ce qu'elle voulait lui demander en premier lieu. Elle n'était jamais dans la salle commune quand Hermione y était et elles se croisaient de plus en plus rarement dans les couloirs. Hermione avait même arrêté les recherches dans la bibliothèque, elle était persuadée que Luna avait les réponses à toutes ses questions sur son étrange lien avec Harry. Elle soupira longuement une nouvelle fois. Harry ... Après un début d'année étrange (merci Lily Potter), il avait passé beaucoup plus de temps avec ses camarades de Serpentard (Hermione se refusait à les appeler ses amis), Zibani et Greengrass, et beaucoup moins avec elle. Néanmoins, l'incident Malfoy leur avait permis de se retrouver et même de tisser des liens plus fort. Harry était devenu son meilleur ami, la personne sur qui elle comptait le plus à Poudlard. Il l'avait plus souvent vu pleurer que n'importe qui et dans un état (encore un grand merci à Malfoy) pitoyable mais il était resté le même. Il ne l'avait pas regardé dégoutté ou avec de la pitié. Il faisait en sorte qu'elle se sente bien. Elle renifla bruyamment, enfin, il avait tout fait pour qu'elle se sente bien.
Harry s'éloignait d'elle, elle le ressentait physiquement aussi bien que part l'intermédiaire de leur connexion. Les vagues d'émotions qui la gagnaient pendant ses matchs de Quidditch se faisaient plus discrètes, elle ne ressentait plus une euphorie quasi suffocante quand il attrapait le Vif mais plutôt une intense joie. Elle ne percevait plus clairement ce qu'il ressentait, même quand elle se forçait à l'observer intensément pour essayer d'amplifier ces bouffées de sentiment. C'est de là qu'elle s'était aperçue qu'Harry ne lui rendait presque plus ses regards quand elle cherchait son attention. Il avait tendance à lui offrir des réponses d'une syllabe bien plus souvent qu'avant mais surtout, il ne lui souriait plus. Fini les lèvres soulevées en coin malicieusement, les grands sourires éblouissants qui étrangement la réchauffaient de l'intérieur. Et elle ne comprenait pas pourquoi.
Elle releva les jambes, le serra contre sa poitrine et colla son front contre ses genoux. Elle expira et souffla plusieurs fois pour repousser la migraine qui menaçait de l'envahir. Elle sursauta légèrement quand un bras se glissa avec assurance sur ses épaules.
« Est-ce que tout va bien Herm's ? »
Elle se retint de grincer des dents. Merlin, qu'est-ce qu'elle détestait ce stupide surnom. Cependant, elle n'en dit rien. Car Roger Davies, capitaine de l'équipe de Quidditch des Serdaigles et l'un des meilleurs élèves de Poudlard venait de s'installer à côté d'elle. Et ce même Roger Davies était l'inconnu qui lui avait envoyé cette fameuse carte et, malgré son envie irrépressible de s'entretenir sérieusement avec Luna ce jour-là, elle avait quand même répondu à cette invitation. Roger était un des plus beaux garçons de l'école, elle en avait presque eu le souffle coupé quand elle l'avait vu l'attendre dans l'allée des Sortilèges. Après de nombreux bégaiements et des rougissements à n'en plus finir (et d'après plusieurs filles ce n'était pas habituel chez Roger), il avait fini par l'inviter à leur prochaine sortie à Pré-au-Lard. Elle avait réfléchis à deux fois avant d'accepter mais avait fini par lui dire oui. Cela lui faisait plaisir de savoir qu'un garçon s'intéressait à elle et elle n'avait pas voulu gâcher sa chance d'avoir son premier rendez-vous et, si Merlin le voulait, son premier petit-ami. Étrangement, elle se souvenait plus du stress généré par la préparation à ce rendez-vous que le rendez vous en lui-même.
FlashBack
Hermione avait demandé à Harry et Luna de venir l'aider à choisir la tenue qu'elle porterait pour sa sortie avec Roger. Luna avait accepté, Hermione en était pratiquement sûre, parce qu'Harry était là et que son aînée ne pouvait donc pas la prendre entre quatre yeux. Quand elle avait demandé à Harry alors qu'ils marchaient ensemble vers la Bibliothèque, il avait d'abord pilé net et écarquillé les yeux. Son visage s'était alors fermé en même temps que ses yeux. Elle l'avait interpellé en pressant doucement son coude contre ses côtes. À ce geste, Harry planta son regard dans le sien, ses doigts jouant nerveusement avec le bord de sa chemise qui pendait négligemment hors de son pantalon d'école. Il avait paru peser le pour et le contre pendant une éternité en mâchouillant sa lèvre inférieure.
« S'il te plaît Harry, tu es mon meilleur ami ! J'ai vraiment besoin de ton avis. »
Il était resté là à la jauger pendant encore trois bonnes minutes avant de souffler un petit « okay » sans conviction. Elle lui avait répondu par un immense sourire, qui fût contagieux à son grand bonheur.
Ils s'étaient retrouvés tous les trois dans une salle de classe vide, le matin du rendez-vous (et avec l'accord du professeur Flitwick évidemment). Hermione avait séparé la salle en deux en conjurant un grand rideau qui lui permettrait de se changer tranquillement. Elle n'avait jamais eu une garde robe des plus fournie, préférant les t-shirts avec un découpe simple et les jeans informes aux hauts révélateurs et au bas coupés très court. Mais sa mère avait insisté cet été pour qu'elles fassent les magasins ensemble.
« Se faire jolie de temps en temps n'est pas un mal Hermione. Après tout tu vas avoir quatorze ans. » avait-elle argumenté quand la jeune fille avait pouffé d'ennui à l'idée de se retrouver dans une boutique de vêtements.
Elle avait fini par accepter et à son armoire de vêtements ternes s'étaient ajoutés plusieurs hauts plus serrés et plus décolletés que ceux qu'elle avait l'habitude de porter ainsi que des pantalons plus serrés. Elle ne savait pas comment mais une robe bleu pervenche à la coupe simple et une jupe s'étaient mystérieusement glissées dans sa valise d'école. Elle aurait choisi la robe si le vent de février n'était pas si mordant. Son dévolu s'était alors jeté sur un haut rouge sang qu'elle pensait marier avec un gilet noir et un jean taille basse dans lequel elle avait l'impression que ses jambes étouffaient (« C'est pour la bonne cause » avait dit sa mère.).
Elle était restée plusieurs minutes à se regarder dans un grand miroir qu'elle avait fait apparaître en même temps que le rideau. C'était déjà la quatrième tenue qu'elle proposait à ses amis mais la première issue de sa séance shopping. Elle était nerveuse, personne à part sa mère ne l'avait vu dans ces vêtements. Harry et Luna n'avait pas eu de vives réactions face à ses précédentes propositions. La jeune Serdaigle avait juste fait non de la tête, son éternel air rêveur peint sur tout le visage, puis donné son avis critique (Trop vieillot, trop large, trop terne). Harry s'était contenté de la regarder avec les dents serrés et d'acquiescer à chaque remarque de Luna. Hermione pouvait comprendre, les séances de « mannequinnat » pré-rendez vous n'était sûrement pas ce qu'un garçon de treize ans normalement constitué espérer faire d'un samedi matin avant une sortie à Pré-au-Lard.
« Hermione, tout va bien ? »
La voix rêveuse de Luna la sortit de ses pensées. La blonde avait passé la tête dans l'ouverture qui séparait les deux pans du rideau si bien que l'on aurait pu croire que sa tête flottait. Elle l'inspecta de haut en bas puis sourit largement.
« C'est celle-ci ! Parfait pour ton rendez-vous ! » Ses dents blanches éblouirent presque Hermione. « Par contre, je dois y aller. J'ai une réunion avec le club d'échec dans 10 minutes. »
Et sans plus d'explications, elle sortit de la pièce, laissant son aînée et le Serpentard seuls. Hermione avait fixa anxieusement le rideau pourpre qui la séparait d'Harry. Son coeur se mit à battre à tout rompre. Qu'allait-il dire ? Serait-il honnête ? Elle prit une grande inspiration et s'avança vers l'ouverture dans le tissu. Elle passa sa main sur le tissu prête à le repousser quand un léger « Evanesco » gagna ses oreilles. Le rideau disparut et elle se trouva à moins d'un mètre d'Harry qui observait le plafond, les joues rouges.
« J'ai entendu Luna dire qu'elle partait et que c'était parfait alors j'ai pensé que ... » essaya-t-il de s'expliquer mais la suite mourut dans sa gorge quand fatalement il la regarda.
Elle se retint de rire devant l'expression du Serpentard. Ses yeux étaient exorbités et ses joues d'un carmin qui contrastait avec le teint habituellement pâle de ses joues. Hermione sentit son coeur battre encore plus rapidement (bien qu'elle ne sache pas comment cela était humainement possible) et un frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Harry la scrutait toujours intensément et une sensation bizarre lui chatouilla le creux du ventre. Elle se racla la gorge et Harry referma la bouche.
« Alors ? »
Sa voix trembla quand elle lui posa cette question mais Harry, au contraire, lui répondit tout aussi vite :
« Tu es magnifique ... »
Ses yeux s'écarquillèrent et un couinement lui échappa. Puis, sans qu'elle ne comprenne pourquoi, il prit ses jambes à son cou et Hermione ne put que fixer sa nuque rougissante alors qu'il disparaissait par la porte de la salle de classe, laissant la Serdaigle abasourdie et seule. Elle soupira alors, chassa toute pensée de son esprit et se prépara pour son rendez-vous avec Roger.
Une semaine après, Roger et elle étaient officiellement un couple aux yeux des élèves de Poudlard et semblait filer le parfait amour. Oui semblait. Certes Roger était maintenant parfaitement à l'aise avec elle, il n'hésitait pas à lui placer la main dans le bas du dos pour la guider dans les couloirs bondés, à poser fièrement son bras sur ses épaules ou sur sa taille quand ils se promenaient autour du Lac ou à Pré-au-Lard et à lui voler des baisers entre les cours (Roger étant un élève de cinquième année, ils ne partageaient aucun classe ensemble). Il prenait même la peine de s'asseoir avec elle lors des petits déjeuners et des dîners et avait commencé à se lier d'amitié avec Luna. Hermione aurait dû se sentir au paradis, elle voulait se sentir au paradis ... mais ce n'était pas le cas. Elle avait cette désagréable sensation dans le creux du ventre à chaque fois qu'elle était en public avec Roger. C'était comme ci un serpent avait décider de se lover dans ses entrailles et de remuer intensément à chaque fois que son petit-ami lui prenait la main ou lui montrait son affection. Et quand ils s'embrassaient en public, c'était presque la nausée qui la gagnait. Elle secoua la tête, espérant ainsi calmer le flot intarissable de ses pensées.
Elle entrecroisa ses doigts à ceux de son petit-ami, qui pendaient légèrement de son épaule, et lui adressa un sourire un peu crispé :
« Ça va oui. Juste le dernier contrôle de Métamorphose qui ne s'est pas très bien passé. »
Il lui envoya un grand sourire plein de compassion et resserra sa prise sur ses épaules pour la coller contre lui. Il déposa un léger baiser dans sa chevelure touffue. Puis il dit doucement :
« Comment pourrais-tu rater un contrôle ? Tu es la sorcière la plus brillante de notre génération ! » Hermione réussit cette fois à lui sourire sincèrement, personne ne lui avait jamais dit ça. « Je suis sûre que tu t'inquiètes pour rien. »
Il décroisa ses doigts des siens pour les poser de chaque côtés de son menton, tourner son visage vers lui et plonger ses yeux dans les siens. Il y avait tant de tendresse dans son regard que la Serdaigle se sentit fondre. Elle planta ses lèvres sur les siennes et passa ses bras autour de son cou laissant Roger exercer sa magie sur elle. Elle essaya de faire fit du serpent qui se tordait de plus en plus vigoureusement en elle alors que Roger la serrait contre lui. Elle y parvint presque.
Jamais cet aprés-midi là, elle ne remarqua une ombre qui se démarquait de celle du tronc de l'arbre sous lequel elle s'était assise, comme collée à celui-ci, pas plus qu'elle ne remarqua l'étrange forme humaine qu'elle revêtit quand elle s'éloigna du couple.
1er Juillet, Poudlard Express
Hermione avait accepté de passer le trajet de retour dans le compartiment de Roger et ses amis. Dès qu'ils se furent installés, ils n'avaient cessé de tous rire bruyamment, soulagés et ravis d'avoir enfin passé leurs B.U.S.E. Elle, elle ne pensait qu'à rentrer pour se glisser dans son lit et ne plus en bouger des vacances. Un soupir passa ses lèvres à cette idée. Les doigts de Roger se resserrèrent autour des siens, elle lui envoya un sourire en demi-teinte dont il se contenta. Il se replongea rapidement dans la conversation qui animait le compartiment, la Coupe du Monde de Quidditch. Le ventre de la Serdaigle était resté fermement contracté depuis la première fois où « Quidditch » avait franchi les lèvres d'Arnold Smith, l'ami le plus proche de Roger. Ils en parlaient avec amusement et légèreté, comme on parle du temps, mais à cet instant, personne n'était conscient que « Quidditch » était lourd de sens pour Hermione. « Quidditch » voulait dire exaltation et joie et adrénaline et ressentir. « Quidditch » signifiait Harry. Son coeur s'était arrêté quelques secondes dans sa poitrine quand elle avait compris que le lien qui la liait à Harry s'était rompu. Cette idée l'avait foudroyé une semaine auparavant, un Vendredi soir, alors qu'elle s'apprêtait à se coucher. Le temps était doux, le vent ne soufflait pas trop fort et le soleil descendait paresseusement dans le ciel et le peignait peu à peu de teintes orangées. Hermione avait toujours aimé cette période de l'année, elle avait l'habitude de sortir explorer son quartier et ses alentours les chaudes soirées d'étés où ses parents travaillaient tard. Cette soirée-là, elle avait ressenti le besoin de sortir pour se vider la tête et inconsciemment, ses pieds l'avaient conduit au terrain de Quidditch. Elle était restée là quelques instants à regarder les drapeaux verts et argents qui ornaient les gradins suivre le sens de la brise. Puis soudain, elle avait aperçu une silhouette virevolter dans le ciel, juste au dessus du terrain. Quelque chose en elle lui disait que c'était Harry. Peut-être était-ce les figures que cette personne exécutait, peut-être la façon qu'elle avait de voler comme-ci c'était la chose la plus facile au monde. Elle était sûre que c'était lui. Elle avait attendu. Elle avait regardé, figures après figures, manœuvres après manœuvres. Jusqu'au plongeon vertigineux qui avait sûrement ramené Harry sur la terre ferme.
À aucun moment, elle n'avait ressenti ce qu'Harry était entrain de vivre.
Elle était rentrée au château, des larmes lui avaient piqué les yeux mais elle s'était refusé de les laisser couler tant qu'elle n'avait pas atteint son lit. La sensation de vide en elle avait été telle qu'elle lui avait donné la nausée. Celle-ci ne l'avait presque pas quitté depuis.
C'est le rire gras de Selena Goodwin, de Poufsoufle, qui la sortit brutalement de ses pensées, lui vrillant un tympan au passage. Elle retint un autre soupir. C'était une erreur d'avoir accepté de passer le trajet dans ce compartiment. Elle en était consciente. Les amis de Roger n'étaient pas exactement le genre de personnes qu'elle aimait fréquenter et avait à ses yeux autant de conversations que des Véracrasses. Son état émotionnel, ou son absence, ne l'aidait pas à vouloir faire l'effort de se mêler à leurs discussions. Qu'est ce qu'elle n'aurait pas donné pour être avec Luna, dans un compartiment calme. Luna ...
« Roger »
Le son de sa voix parvint à attirer l'attention de son petit-ami sans troubler les autres occupant. Il posa sur elle un regard interrogateur. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire poli.
« J'ai complètement oublié que Luna voulait me voir. Ça avait l'air important, tu veux bien m'excuser ? »
Ses sourcils bruns se froncèrent un peu. Hermione pria Merlin que sa voix n'ait pas trop tremblé. Elle détestait mentir. Il finit par lui sourire sincèrement et planta un baiser sur son front.
« Si c'est important pour toi, je t'en prie, vas-y. »
Elle se leva sans attendre, soulagée de pouvoir enfin sortir de ce brouhaha ambiant, planta à un baiser sur la joue de Roger et sortit sans un mot de plus. La culpabilité lui contracta un peu plus le ventre. Elle se dirigea néanmoins vers l'arrière du train, espérant y trouver un compartiment vide où elle pourrait s'enfermer jusqu'à Londres. Elle se baissa brusquement pour passer discrètement devant le compartiment qu'occupait Malfoy quand elle aperçut par la petit fenêtre sa chevelure platine impeccablement plaquée sur son crâne. Elle n'avait sûrement pas envie de se faire piéger par ses deux gorilles dans l'état où elle était. Elle avait atteint le dernier wagon quand elle vit enfin Luna, son air habituellement rêveur absent, elle semblait parler avec animation. La main d'Hermione s'arrêta sur la poignée quand elle perçut la présence d'un second occupant. Harry. Lui aussi avait un air sérieux, presque grave, peint sur le visage, il observait intensément Luna et hochait faiblement la tête de temps en temps. Son coeur rata un battement quand elle le vit et elle hésita à entrer. Elle n'avait pas envie de le voir, pas après ces dernières semaines d'ignorance. Elle pesa le pour et le contre à retourner dans le compartiment de Roger. Mais elle n'eût pas le temps de se décider car la poignée se déplaça sous ses doigts. Elle sursauta et fit quelques pas en arrière. Harry se tenait dans l'encadrement de la porte. Il la scrutait comme-ci c'était la première fois qu'il la voyait depuis une éternité, mais aussi comme-ci voulait à tout prix mémoriser chacun des traits de son visage parce que c'était la dernière fois qu'il allait la voir. Hermione sentit son coeur s'emballer comme jamais. Elle ressentait d'autant plus l'absence de leur lien qu'il la regardait avec une intensité qu'elle ne lui connaissait pas. Quelque chose dans ses yeux lui donnait l'air plus âgé et épuisé qu'il n'en avait vraiment l'air. Elle aurait donné n'importe quoi juste pour savoir ce qu'il ressentait à cet instant.
Étrangement, il coupa volontairement le contact visuel dès que cette pensée se forma dans l'esprit de la jeune fille. Le regard ostensiblement fixé au dessus de la tête de la jeune fille, il murmura d'une voix tremblante :
« Passe un bon été, Hermione. »
Puis il disparut dans un autre compartiment avant qu'elle ait le temps de lui répondre. Elle resta presqu'une minute entière à fixer la porte où il avait disparu avant que Luna ne lui attrape l'avant bras et ne l'installe sur la banquette en face d'elle. Hermione lui envoya un petit sourire, heureuse qu'au moins Luna acceptait d'être avec elle. Puis elle repensa à Harry.
« De quoi est-ce que vous parliez avec Harry ? »
Les mots lui échappèrent à peine lui eurent-ils traversé l'esprit. Elle fut surprise quand le regard de Luna se fit calculateur, quelque chose qu'Hermione n'avait jamais vu chez elle. La blonde sembla la jauger pendant quelques secondes, puis elle prit un air désolé.
« Pardonne moi Hermione, mais j'ai promis à Harry de ne rien dire. »
La Serdaigle hocha la tête, elle n'était pas du genre à briser une promesse et n'obligerait pas son amie à rompre la sienne. Luna lui sourit gentiment comme pour s'excuser un peu plus.
« Mais je pense que tu le sauras un jour ou l'autre. N'en parlons plus pour l'instant. » Le visage de Luna reprit un air rêveur. « Comment ça se passe avec Roger ? »
Hermione éclata de rire et prit un faux air abasourdi.
« Je ne vous pensez pas commère Miss Lovegood ! »
Luna lui lança un regard empli de mystère et dit :
« Ta vie sentimentale est une de mes priorités. »
Sans comprendre pourquoi, Hermione la croyait.
Bonjour à tous, merci pour vos gentils reviews et vos messages de soutien sur le précédent chapitre.
J'espère que ce chapitre vous aura plus. Je me suis enfin décidé sur la direction que je vais faire prendre à cette histoire et sur la finalité de celle-ci (peut-être cela me permettra-t-il de sortir des chapitres plus fréquemment) et que donc je compte bien la finir, peu importe le temps que cela prendra ^^.
Pour répondre à ta question Vic, je pense que Ron fera une petite apparition mais n'aura pas de rôle très important, au contraire de Luna qui reste un des personnages nécessaires à l'avancement de l'histoire (je n'en dirais pas plus ;)).
Encore un fois merci pour vos retours et à bientôt.
Lolatica
