Quatrième année
3 Septembre, Salle Commune des Serdaigle
Hermione frotta ses yeux énergiquement. Installée sur le grand canapé bleu, stratégiquement placée devant l'âtre, elle observait le flot ininterrompu d'élèves de Serdaigle qui revenaient de la Grande Salle. Roger était assis à côté d'elle, le bras posé sur ses épaules. Il jouait à enrouler une des boucles de la chevelure d'Hermione autour de son doigt et parlait activement avec ses amis. La Serdaigle ne participait pas à la conversation, l'entièreté de ses pensées étaient fixées sur des problèmes bien plus importants. Qui cela pouvait-il bien intéresser de savoir combien de Dragées Surprises de Bertie Crochue saveur crotte de nez était capable d'avaler Arnold en deux minutes sans en vomir ? Pas Hermione en tout cas. Car les vacances d'étés qu'elle venait de passer avaient été les pires qu'elle ait jamais vécu.
Premièrement, Harry n'avait pas tenté de lui parler, elle n'avait reçu aucune missive de sa part. Elle avait essayé de le contacter en empruntant la chouette de Roger mais celle-ci était toujours revenue sans réponse. À sa troisième tentative, Lily Potter avait eu la gentillesse de lui transmettre un message lui annonçant qu'Harry avait décidé de passer ses vacances chez ses grands parents paternels en Irlande pour se vider l'esprit et ne souhaitait pas être dérangé pour quelques raisons que ce soit. Elle en était désolée mais elle lui transmettrait les lettres une fois qu'il serait rentré. Elle avait fini en ajoutant qu'elle serait ravie de la revoir et même de la recevoir chez eux l'été prochain. Hermione lui avait répondu le plus rapidement possible, exprimant ses remerciements pour sa proposition mais ne la conforta pas dans son idée. Elle savait que sa situation actuelle avec Harry ne le permettait pas.
Deuxièmement, elle avait beaucoup réfléchi à sa relation avec Roger. Le garçon était indéniablement gentil et sincère mais Hermione ressentait toujours un malaise quand elle était avec lui. Comme-ci les choses n'étaient pas comme elles devraient l'être. Elle avait cette persistante impression qu'elle n'avait rien à faire avec lui. Au départ, elle avait mis ça sur le compte de son âge et son inexpérience, mais même après quelques mois de relation, la sensation persistait. Elle n'avait par contre plus cette boule au creux du ventre quand elle se retrouvait avec Roger et en était venue à craindre que cette sensation n'était pas la sienne mais bel et bien celle d'Harry. La culpabilité avait suivi. Deux semaines d'intenses réflexions plus tard et elle attendait avec impatience une occasion de pouvoir attraper le Serpentard au détour d'un couloir et de le forcer à lui parler, quels que soient les moyens qu'elle devrait utiliser pour y parvenir. L'intensité des efforts qu'elle était prête à déployer dans sa relation avec Harry lui avait fait prendre conscient du manque flagrant de passion dans celle qu'elle partageait avec Roger. Elle s'était longuement demandée si le fait que Roger ne lui adresse plus la parole la déprimerait autant. Et le « non » qui était monté facilement dans son esprit en réponse à chaque fois l'avait rendu d'autant plus confuse. Était-elle avec Roger parce qu'elle l'aimait ? Certainement non, mais elle l'appréciait de plus en plus chaque jour. Et elle n'avait pas spécialement envie de briser le coeur du Serdaigle sans être certaine que rien n'aboutirait de leur relation.
Troisièmement, elle avait fait l'expérience d'un rêve particulièrement intense et incroyablement réaliste. Elle, qui ne se souvenait jamais du contenu de ses songes, était encore aujourd'hui, près d'un mois après, capable de conter son rêve dans les moindres détails.
La cellule dans laquelle on l'avait jeté trois jours auparavant sentait l'urine et la crasse à plein nez. Elle se recroquevilla dans un coin, remerciant Merlin qu'elle soit la seule occupante des lieux. Elle avait de nombreuses fois entendu parler des traitements subis par les sorcières emprisonnées dans les geôle bondées de prisonniers du Donjon de Castalsun. Viols, tortures et parfois même mort avant même d'avoir été condamné au bûcher. Le bûcher ... Elle n'y échapperait pas. Un vieil homme l'avait surprise entrain d'allumer un feu en un claquement de doigt. Son seul témoignage avait suffit à la faire condamner par Sir Birck dès son arrestation. Par chance, Harper n'avait pas été avec elle à ce moment-là, elle n'aurait pu supporter de le voir se faire capturer lui aussi. De savoir qu'il allait être brûlé vif à cause de son imprudence. Elle retint non sans mal les sanglots qui montaient dans sa gorge.
La porte du cachot s'ouvrit brusquement, laissant faiblement passer le peu de lumière que filtrait par les meurtrières du donjon. Une silhouette encapuchonnée fit signe au garde de rester près de la porte puis s'avança sans bruit entre les cellules. Elle s'arrêta devant celle d'Hannah et tourna la tête vers elle. Hannah perdit son souffle quand elle croisa les yeux bleus électriques qui ressortait de l'ombre que créait la capuche qui ornait la tête de son interlocuteur. Ces yeux, elle les reconnaissait sans les connaître et un flot de souvenir qu'elle savait ne pas être les siens emplirent sa mémoire. Lou, son nom était apparu comme par magie dans son esprit, portait une telle tristesse dans le regard qu'Hannah rassembla toutes les forces qui lui restaient pour se lever et se placer devant elle. Les mains serrées autour des barreaux pour garder l'équilibre, elle garda le regard fixé dans celui étrangement luisant de son amie. Les secondes défilèrent avant que Lou ne murmure doucement :
« Je suis désolée Hannah, j'ai encore échoué. »
Sa voix se brisa au milieu de sa phrase et elle prit une grande inspiration.
« Je n'arrive pas à la chasser, elle vous poursuit sans cesse. » poursuivit-elle,
« À chaque cycle elle vous attrape de plus en plus tôt ... »
Ses mains se posèrent sur celles d'Hannah et les serrèrent doucement. La chaleur qu'elles dégageaient réchauffa les siennes, glacées.
« Ce n'est pas grave Lou. Harper est sauf.»
Ses mots avaient franchis ses lèvres sans qu'elle ne les contrôlent, mû par une pulsion enfouie au fond d'elle. Elle connaissaitcette personne sans ne l'avoir jamais vu. Elle sentit des gouttes humides rouler sur leurs mains jointes. Lou pleurait silencieusement, l'air désespérée. Elle murmura :
« Ils l'ont attrapé. Quand il a vu que tu n'étais pas là et les traces de combat, il a explosé et utilisé la Magie sur le premier venu. Les gardes ont du s'y mettre à cinq pour le maîtriser. Ils sont en chemin à l'heure qu'il est. Je suis venue aussi vite que j'ai pu pour te prévenir. »
Un raclement de gorge les fit sursauter toutes les deux. Le garde avait passé la porte et avait posé sur Hannah un regard haineux. Il parla tout de même poliment à Lou quand il l'interpella :
« Désolée ma Dame, je ne peux vous laisser plus de temps, le capitaine arrive avec un prisonnier particulièrement sauvage. Les hommes ont été obligé de le châtier avec violence pour le maîtriser. Ce n'est plus qu'un bout de viande sanglant et je ne souhaite pas que vous assistiez à ce triste spectacle. Je vous laisse encore quelques instants mais je vous prie de partir rapidement. »
Elles échangèrent un dernier regard. Lou lui offrit un dernier sourire triste et ses mains se serrèrent plus fort quelques secondes avant qu'elle ne relâche son emprise. Elle souffla discrètement :
« Nous nous reverrons au prochain cycle. »
Hannah hocha la tête, parfaitement consciente que c'était la dernière fois qu'elle verrait Lou dans cette vie. Elle lui sourit faiblement à son tour et reprit sa place dans le coin le moins sale de sa cellule. Le garde se courba respectueusement quand Lou franchit la porte puis s'avança dans le couloir qui séparait les cellules.
« Sorcière ! »
Il essaya de lui cracher au visage mais le projectile eut peine à atteindre ses pieds qu'Hannah gardait serrés contre elle. Elle lui jeta un regard brûlant de haine. Il retroussa ses lèvres en un sourire mauvais. Elle remarqua qu'il lui manquait au moins trois dents.
« Ton exécution a été avancé à ce soir. Le seigneur Dalton lui même m'a octroyé l'insigne honneur de t'escorter jusqu'au joli tas de bois que les habitants ont rassemblé cet après-midi pour la fête. »
Il tira les clés de sa ceinture et ouvrit la porte. Hannah ne bougea pas d'un poil quand il lui invectiva de se lever. Le garde fronça les sourcils, cracha une nouvelle fois sur elle et lui empoigna violemment le bras. Il l'obligea tout aussi brutalement à bouger. Elle peina à se mettre sur ses pieds et titubait encore quand ils atteignirent la porte qui menait sur la cour du donjon. Hannah remarqua à peine qu'on l'attachait au poteau qui ornait le bûcher. Elle sentit à peine le vent qui caressait son visage et soulevait ses cheveux. Elle grimaça à peine quand certains villageois lui jetèrent des pierres coupantes. Elle n'hurla pas quand les flammes commencèrent à lui lécher les jambes. Tout son esprit était tourné vers Harper. Une larme coula le long de sa joue quand la douleur commença à se faire trop intense et elle ferma les yeux, prête à se laisse partir.
« Je t'attendrais ... » fût sa dernière pensée avant que les flammes ne l'engloutissent.
Hermione s'était alors éveillée en sueur, haletante, les yeux écarquillés, en position assise. La sensation des flammes calcinant sa peau était presque réelle. Elle s'était frottée vigoureusement les bras pour tenter de la chasser. En vain. Elle avait gardé une impression de mort imminente pendant cinq bonnes minutes avant que son coeur n'accepte de se calmer et que sa logique ne reprenne le dessus. Elle n'avait fait aucun rêve semblable depuis lors. Aucun n'avait été aussi réaliste et marquant. Aucun ne l'avait autant souffrir. Malgré ça, elle sentait que ce rêve avait une signification particulière.
Et, par Merlin, elle allait le découvrir.
19 Septembre, Grande Salle
Hermione grinçait des dents depuis dix minutes quand la fourchette qu'elle avait dans la main se brisa sous la pression qu'elle exerçait dessus. Selena Goodwin stoppa enfin le flot ininterrompu qui émanait d'entre ses lèvres rouges carmin pour la regarder d'un air faussement étonné. Comme-ci elle ne savait pas ce qui se passe, cracha mentalement Hermione. Elle n'avait pas manqué la petite étincelle de victoire qui brillait depuis quelques secondes dans les yeux de Selena. La Poufsoufle avait pris la liberté de venir s'installer à la table des bleus et bronzes pour flirter ouvertement avec Roger. Elle avait sa main posée sur le biceps du Serdaigle depuis cet instant fatidique où ses fesses s'étaient posées sur le banc et sa bouche avait commencé à s'activer. Hermione avait remarqué son petit manège depuis le début de l'année, ses tenues courtes et serrées le week-end quand les uniformes n'étaient pas obligatoires, ses mains qui trainaient trop souvent sur Roger et ses remarques venimeuses à l'égard de sa petite-amie. Hermione n'avait jamais été jalouse, à vrai dire elle ne pensait pas l'être du tout, pour dire, c'était la première fois depuis la rentrée qu'elle craquait, mais aujourd'hui était un jour particulier. Aujourd'hui elle avait quinze ans et elle n'avait pas envie que cette journée soit gâchée par une bimbo de Poufsouffle fardée comme un clown avant son entrée en scène.
Roger la regardait lui aussi en haussant les sourcils. Les deux parties de la fourchette tintèrent lorsqu'elle les lâcha sur la table puis disparurent. Elle fixa quelques secondes l'emplacement, à présent vide, où l'ustensile aurait du se trouver, rassemblant ses idées pour ne pas exploser de rage quand elle ouvrirait la bouche. Personne à Poudlard ne lui avait encore souhaité son anniversaire. Elle n'était pas du genre à s'arrêter sur ce genre de choses, elle n'avait jamais eu de vrais amis pour lui rappeler ce jour, mais aujourd'hui même son petit-ami l'avait oublié. Ce n'était pas faute de lui avoir glissé des indices, lui confiant par exemple qu'elle était impatiente d'avoir quinze ans car ses parents lui avaient promis de l'emmener en France cet été-là et qu'elle voulait savoir s'ils allaient tenir cette promesse. Il avait même vu un hibou de l'école venir déposer le matin même une missive des parents de sa petite-amie lui confirmant qu'ils avaient tout prévu et qu'ils y resteraient un mois complet. Ils avaient même pensé à ajouter une brochure de l'hôtel où ils résideraient. Elle avait sautillé de joie du mieux qu'elle pouvait, assise sur un banc, mais Roger l'avait à peine regardé, avait envoyé un « C'est super ça ! » puis était reparti dans sa discussion sur le Quidditch (Il avait la ferme intention de faire remporter la Coupe à leur maison. « On doit commencer le plus vite possible pour s'imposer rapidement au classement cette année » avait-il dit.). Elle n'avait pu que le regarder, médusée par son désintérêt, la gorge serrée. Cette question tournait en boucle dans sa tête depuis le petit-déjeuner, quel genre de petit-ami oubliait l'anniversaire de sa moitié ?
« Tout va bien Hermione ? » Demanda mielleusement Selena, essayant, non sans mal, de cacher un sourire narquois.
La Serdaigle se mordit la langue quand une réplique cinglante fusa dans sa tête. Elle n'avait aucune envie de déclencher une scène en plein milieu de la Grande Salle. Elle attrapa son sac, posé à ses pieds, se leva sans un mot et entreprit de quitter la table des Serdaigles. Roger tenta vainement de la retenir en l'attrapant par le bras mais elle le secoua pour s'arracher de sa poigne. Les larmes menaçaient de couler du bord de ses yeux mais elle les chassa rapidement en clignant des paupières, allongeant son pas pour s'éloigner au plus vide de son petit-ami. Elle n'avait aucune envie de lui parler. Elle se sentait prête à imploser, elle savait qu'elle ne serait pas gentille, qu'elle lui enverrait des répliques infantiles au visage. Il la considérerait assurément comme une enfant de s'énerver ainsi pour un anniversaire oublié. Sa résolution ferme, elle sortit de la Grande Salle.
Même jour, Au bord du Lac
Elle avait échoué sur les berges du Lac. Assise sur un ponton, ses chaussures et chaussettes soigneusement posées derrière elle, elle laissait ses pieds déranger la surface de l'eau. Elle s'amusait de voir les ondes s'échapper de ses chevilles et se répercuter jusqu'à leur épuisement sur le lac. Un sourire amer déforma ses lèvres devant l'ironie de la situation. Ses ondes était comme elle. Voilà la topo, Hermione avait quitté la Grande Salle froidement sans adresser un mot à son petit ami. Ses pas l'avaient amené hors des murs du château et elle s'était installée près du Lac. Elle s'était attendue à ce que Roger la rejoigne mais après plus d'une heure à attendre elle n'avait plus grand espoir qu'il soit réellement à sa recherche. Ondes et épuisement. Elle avait voulu créer un mouvement qui n'avait amené à rien au final sinon à sa propre frustration. La voilà seule au bord d'un lac le jour de son anniversaire, Harry qui ne lui parlait plus, Luna qui était devenue presque invisible, son petit-ami avec Selena sûrement pendue à son bras. Les seuls points positifs de cette journée était qu'elle n'avait pas vu Malfoy et ses gorilles et qu'elle avait réussi à ne pas pleurer. Bien maigre consolation en somme.
Des pieds vinrent rejoindre les siens dans l'eau et les ondes qu'ils créèrent se mêlèrent à celles que sa surprise avaient déjà laissé apparaître sur la surface. Elles s'amplifièrent les unes les autres, s'étalant bien plus loin que celles qu'Hermione avaient généré seule quelques minutes auparavant. Elle leva les yeux pour croiser le regard amusé de Luna. Hermione avait presque envie de pleurer de la voir assise-là à côté d'elle. Le vent faisait voleter de lèches de cheveux blonds devant son visage. Elles restèrent quelques secondes à se fixer quand une émotion étrange sembla luire dans les yeux de Luna.
« Je suis désolée Hannah ... »
Hermione cligna subitement des yeux. Pendant quelques secondes, le visage de Lou s'était calqué sur celui de sa condisciple et l'air amusé de Luna s'était transformé en désespoir. Mais l'image avait disparu aussi vite qu'elle était apparue. Luna dû sentir son inconfort car elle posa une main sur celles de son aînée, serrées sur ses genoux. Elle continuait de sourire doucement à Hermione.
« J'ai un cadeau pour toi ! »
Sa voix brisa le silence qu'Hermione avait bâti autour d'elle. La Serdaigle leva les yeux vers la blonde et peina à sourire timidement. Un petit paquet apparût dans la seconde main de sa condisciple. Le paquet bleu ciel contenait à coup sûr un livre. La forme rectangulaire et imposante du cadeau ne mentait pas. Son poids non plus, constata Hermione quand elle le prit en main. Luna croisa son regard, toujours en souriant, et lui dit :
« Bon anniversaire Hermione ! »
La Serdaigle entreprit de déballer l'ouvrage. La reliure brun-rouge était ancienne et craquelée par endroit. L'odeur de vieux livres qu'elle adorait lui emplit le nez et elle passa une main légèrement tremblante sur les lettres dorées qui ornaient la couverture, surprise. Rêves et leurs significations. Elle ne s'étonna même pas de l'étrange coïncidence qui avait amenée Luna à lui offrir ce livre précis. Hermione avait dans l'idée et ce, depuis la fin de l'année précédente, que Luna en savait beaucoup plus qu'il n'y paraît. Elle s'était décidée à ne plus lui poser de questions, dans tous les cas, Luna semait des informations au gré de ses propres envies et des événements qui altéraient la vie d'Hermione sans que la Serdaigle ne lui dise quoique ce soit. Le sourire qu'elle lui offrit n'était plus timide.
« Merci Luna ! Je le commencerait dès ce soir ! »
« Ce n'est pas encore le moment de me remercier, j'ai autre chose pour toi. »
Sans prévenir deux de ses doigts vinrent doucement se poser sur le front d'Hermione. Le contact ne dura que quelques secondes mais un picotement persista sur la peau de la Serdaigle. Elle se retint de se gratter devant Luna et fixa la blonde, plus curieuse que perplexe. Elle espérait que Luna lui expliquerait cette fois, mais son air mystérieux était revenu et Hermione se força à ne pas rouler des yeux. Elle commençait à connaître le petit manège de Luna. Celle-ci se mit d'ailleurs à sourire de toutes ses dents, comme-ci elle se doutait du cheminement des pensées de son aînée.
« Je te donne un petit coup de pouce cette fois-ci. Habituellement, Fate n'aime pas que j'intervienne directement mais nous n'avons pas le temps. Cette tentative sera sans doute la dernière. »
Ce qu'elle lui disait n'avait aucun sens pourtant Hermione se surprit à vouloir hocher de la tête pour appuyer ses dires. Elle ne ressentait pas le besoin de la questionner. Elle se sentait sereine. À part peut-être ce fichu picotement. Luna la regarda avec une tendresse sans limite dans les yeux et poursuivit :
« J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour vous deux et elle me l'a reproché pendant longtemps. » Son regard se fit lointain et elle tapota gentiment une des mains d'Hermione. « Tu as encore besoin de temps pour tout comprendre, je le sais, je le sens. Tu as toujours était le côté logique et terre à terre alors que lui il marche avec l'instinct et l'impulsivité. Vous vous contre-balancer et compléter à merveille. »
Hermione savait que les paroles de Luna ne lui était pas directement destinée mais une partie de son être sembla comprendre la jeune Serdaigle et ses dires. Ne sachant pas quoi lui répondre, elle préféra se taire et laissa le silence s'installer. Les deux jeunes filles profitèrent simplement de la présence de l'autre. Hermione sonda en elle la réponse à son manque de réaction mais ne trouva rien d'autre qu'un sentiment de calme profond. Luna finit par sortir les pieds de l'eau, les sécha d'un coup de baguette puis se leva. Elle posa la main sur l'épaule d'Hermione, la serra doucement puis entreprit de retourner au château les pieds nus. Sans se retourner, elle lança à Hermione sur un ton badin :
« Je ne sais pas si tu as encore la rose qu'Harry t'a offert ou si tu l'as regardé récemment mais je pense que lui jeter un coup d'oeil quand tu auras l'occasion vaudra le détour. »
Une fois que Luna se fût suffisamment éloignée Hermione frotta finalement ses doigts sur son front pour tenter de calmer le chatouillis constant qui gênait sa peau. Mais rien n'y fit. Elle soupira, résignée, sécha ses pieds à son tour puis enfila chaussettes et chaussures. Elle serra le livre de Luna sous son bras et, tout en continuant de frotter son front, entama son retour à sa salle commune.
Le soir même, elle jeta un coup d'oeil dans le tiroir de sa table chevet où la rose ensorcelée reposait. Elle était bleue.
L'inaccessible ? Pourquoi ? Pensa-t-elle.
Un mot plié en deux l'accompagnait à présent. Elle le prit délicatement et le déplia. L'écriture lui était bien trop familière. Le fait de la voir fit bondir son coeur. Les quelques mots griffonnés lui firent montés les larmes aux yeux.
Bon anniversaire Hermione
Harry
5 Novembre, Dortoir des Serdaigles
Un ronflement bruyant, émanant sans aucun doute du lit de Lisa Turpin, brisa le silence du dortoir des filles de quatrièmes années. Les autres n'y réagirent pas, trop enfoncées dans les bras de Morphée pour l'avoir entendu. Hermione cependant ne dormait pas. Elle cogitait. Elle en était maintenant intimement persuadée, Luna n'était pas juste une sorcière. Impossible. Aucun sorcier ne pouvait anticiper les besoins d'un semblable sans même un indice. Aucun sorcier ne pouvait lire aussi facilement en un autre sans sort ou potion. Et elle était sûre que Luna n'était pas le genre à boire une potion régulièrement juste pour s'amuser avec la santé mentale d'une amie. Elle avait passé des heures et des heures à tourner et retourner dans sa mémoire tous les étranges échanges qu'elle avait eu avec son amie et, malgré la bizarrerie générale des occurrences, elle était parvenue à la conclusion que Luna ne pouvait pas lui vouloir du mal. Elle s'était même faite de plus en plus présente aux côtés d'Hermione à mesure que celle-ci s'éloignait de Roger. Il n'avait presque plus aucun intérêt pour elle si ce n'est de porter le titre de « petit-ami ». Il ne lui donner plus cette sensation de chaleur dans la poitrine quand elle le voyait, elle ne ressentait plus le besoin d'attirer son attention ou de faire le maximum pour lui. Il ne la chamboulait plus, il ne lui donnait pas l'impression qu'elle était amoureuse. Sans parler de Selena. Il partageait maintenant son temps libre entre le Quidditch et la Poufsouffle semblait-il. Si bien qu'Hermione se croyait un satellite qui venait parfois s'ajouter à ce planning sûrement bien trop chargé pour le jeune homme (Notez l'ironie).
Hermione leva son poignet à niveau de ses yeux et chercha l'heure sur le cadran de sa montre. Trois heures du matin. Allongée sur son lit, elle laissa son bras retomber sur le matelas en soupirant. Encore une nuit où elle appréhendait de dormir. Elle avait croisé et même touché Harry aujourd'hui. Et précisément à l'endroit de ce contact un léger picotement était resté présent et Hermione savait ce que cela signifiait, elle commençait à s'y habituer. Rêves. Et donc sensation de mort imminente. Le processus avait débuté il y a presque deux mois maintenant. Le soir même de son anniversaire. Depuis, et ce malgré le fait que le premier rêve ait été induit par Luna, la moindre interaction physique avec Harry déclenchait un songe la nuit qui suivait. Un regard un peu trop long dans les yeux, un coup d'épaule dans les couloirs, un frôlement de main dans la bibliothèque. Même s'ils ne se parlaient toujours pas, Harry lui semblait apparaître un peu partout, et elle avait pris le réflexe de le chercher du regard quand elle entrait dans une pièce, multipliant les chances de contact et donc de songes. Hermione n'aurait pu dire si cela était volontaire de la part du Serpentard mais les faits ne mentaient pas. Et même si elle n'aimait pas les rêves, elle adorait savoir qu'Harry se rapprochait à nouveau d'elle. Elle avait la tête qui tournait parfois d'une intense anticipation d'apercevoir ses cheveux noirs de jais à la table des Serpentard, de surprendre ses yeux verts émeraudes posés sur elle. Et si cela n'arrivait pas de toute la journée la déception était tout aussi exceptionnelle.
Mais aujourd'hui Harry et elle étaient entrés en contact en passant entre deux groupes d'élèves qui discutaient, à l'arrêt, dans un couloir. Elle avait dû se mettre de profil, l'esprit occupé à penser à son prochain cours, pour être sûre de passer sans bousculer personne. Quand elle eût presque fini de passer, un des élèves du groupe derrière elle balança, on ne sait pourquoi, son coude pile entre les omoplates de la Serdaigle qui avait presque volé en avant sous la douleur. Elle avait fermé les yeux par réflexe, de peur de voir le moment où elle toucherait le sol. Un couinement pitoyable passa ses lèvres. Mais son visage s'était « cogné » contre des robes d'école aux couleurs vertes et argents. La Serdaigle avait fortement rougi quand elle avait vu que c'était un torse qu'elle avait percuté. Un torse de Serpentard qui s'était sans aucun doute tendu après impact. Prête à se répandre en excuses, elle avait levé les yeux vers le jeune homme qui lui avait évité une cuisante humiliation ou qui était peut-être sur le point de lui faire subir (on ne savait jamais vraiment avec les Serpentards). Son esprit s'était vidé dès qu'elle avait croisé le regard émeraude d'Harry. Et le picotement avait commencé, présent partout sur son visage. Le Serpentard avait gardé une expression impassible, peut-être était-il un peu plus rouge également, Hermione n'aurait pu dire, envoyé un vague hochement de tête pour signifier qu'il n'allait pas faire une scène et coupa rapidement le contact visuel. Puis il était parti sans rien dire et Hermione n'avait pu s'empêcher de remarquer qu'il était plus grand qu'elle a présent et qu'il sentait vraiment très bon, une odeur qui lui sembla trop familière et rassurante.
Son visage la chatouillait sans cesse depuis lors et elle s'était retenue à grand peine de se gratter pendant le reste de la journée. Elle n'aurait su dire ce qui était le pire, ces satanés picotements ou les rêves. Elle passa une main sur son nez qui semblait démanger plus que le reste de son faciès. Quand cette réaction arrivait, elle avait l'impression que son corps était habité par une autre personne, comme-ci elle se dédoublait à chaque rêve, à chaque contact. Son esprit et son corps étaient presque en désaccord. À quoi pouvait bien jouer Luna ? Pourquoi lui offrir un cadeau qui semblait si empoisonné ? Il y avait forcément une raison qui déboucherait sur quelque chose de bien. Luna n'aurait pas amplifié la quantité de ses rêves sans raison. Luna ne lui aurait pas offert ce livre précis pour rien. Elle se tapa soudainement le front, se traitant mentalement d'imbécile. Le livre, bien sûr ! Elle n'avait même pas commencé à le lire. Un faible Lumos lui permit de voir autour d'elle et elle farfouilla sous son lit, la tête en bas. Elle attrapa le livre brun-rouge et le tira aussi lentement que possible vers elle, priant pour qu'aucune de ses condisciples ne se réveille au peu de bruit qu'elle créait. Quand elles apparurent sous ses yeux, les lettres dorées du livre brillèrent un peu sous la lumière que sa baguette émettait. Elle se releva lentement, pris soin de jeter un sortilège d'insonorisation (on est jamais trop prudente, elle criait parfois en s'éveillant de certain songe) et entreprit de parcourir le sommaire de l'ouvrage. Un sentiment de justesse l'envahit, elle savait qu'elle faisait la bonne chose, qu'elle parcourait le bon chemin. Son doigt s'arrêta sur un chapitre précis. Elle s'empressa de rejoindre la page indiquée et commença à lire :
Les rêves sont le plus souvent des créations de l'esprit basées sur les expériences et émotions vécues par le sujet. Ils peuvent exprimer des désirs profonds ou des peurs enfouies. Certaines personnes y expérimentent des sens qu'ils n'ont jamais eu ou qu'ils ont perdu. Cela reste une indéfectible vérité chez les Moldus mais dans le monde de la Magie, les rêves peuvent prendre une toute autre signification. Nombreux sont les témoignages de Sorciers, et même de Cracmols, ayant eu des rêves que l'ont peut considérés comme prémonitoire. Des études de nombreux experts ont montré qu'une infime partie de la population sorcière était capable de prédire l'avenir à travers des rêves. Certains événements tragiques et grands criminels ont été arrêté grâce à ces sorciers. Il a également été prouvé que le phénomène restait concentré dans les familles qui possédait ce don et qu'il apparaissait rarement de façon spontanée chez une sujet dont aucun membre de la généalogie n'avait montré de prédisposions.
Cependant d'autres rares études ont ouvert la porte à de nombreuses questions. Certains sorciers auraient été retrouvé mort dans leur sommeil. Des proches auraient témoignés sur les circonstances et presque tous auraient indiqués que les victimes étaient souvent sujettes à des rêves particulièrement intenses et réalistes, selon leurs dires, qui se terminaient le plus souvent par ...
Hope avait peur. Non elle était terrorisée. Jamais auparavant elle n'avait ressenti quelque chose comme ça. Son coeur semblait près à s'arracher de sa poitrine tellement il tambourinait contre ses côtes. Ses intestins se tordaient furieusement dans le creux de son ventre et elle avait un intense goût de bile dans la bouche. L'odeur de fumée qui emplissait les rues ne l'aidait pas. Elle crachait presque ses poumons à chaque inspiration qu'elle prenait. Son dos la faisait souffrir, elle essayait de courir le plus vite possible, courbée pour tenter d'éviter l'épais nuage de fumée qui avait envahit le centre de Londres. Elle n'avait pas vu l'incendie se déclarer mais avait aperçut la lueur orangée qui léchait les murs à mesure que les flammes se propageaient. Ce soir là, elle avait réussit à échapper à la surveillance de ses parents pour aller chercher Henry dès que Lucy était venue la prévenir.
Quelque chose de magique c'était passé entre eux dès l'instant où ils s'étaient rencontrés, quelques mois plus tôt. Henry était tout ce qu'elle avait toujours recherché chez un homme. Il n'hésitait pas à lui demander conseil et à toujours prendre en compte son avis, même devant audience. Il avait une foi inébranlable en son jugement et elle était la première personne qu'il venait consulter en cas de problèmes. Il n'avait pas peur de montrer et de faire comprendre à tous qu'à ses yeux Hope était son égale. Il la faisait se sentir importante et désirée comme jamais personne auparavant. Proche de la trentaine, Hope s'était vue obligée de refuser les avances de nombreux prétendants soigneusement sélectionnés par ses parents. Elle trouvait toujours quelque chose qui lui déplaisait. Trop guindé, trop pompeux, pas assez de conversation ou, ce qui la refroidissait par dessus tout, trop macho. Elle détestait qu'un homme se croit investit du devoir d'imposer aux femmes le fait qu'il est supérieur à elle. Au fur et mesure des années, elle s'était taillée une réputation de femme trop exigeante et de moins en moins d'hommes vinrent voleter autour d'elle. Mais pas Henry. Un jour elle avait réalisé qu'il se comportaient ensemble comme s'ils se connaissaient depuis des années alors qu'ils ne s'étaient jamais vu. Jamais elle ne s'était sentie aussi en phase avec quelqu'un de toute sa vie. Ils se complétaient parfaitement.
Un hurlement de douleur l'arracha de ses pensées. Elle pila net quand un homme en flamme déboula d'une maison presque entièrement brûlé à sa gauche et passa en courant juste devant elle. Il tentait vainement d'éteindre le feu qui le carbonisait en frottant conpulsivement son corps de ses mains. Mais Hope sût qu'il n'y arriverait pas dès qu'elle le vit. Les flammes étaient trop nombreuses, trop vives, à lécher son corps. Aveuglé par la douleur, il fonça tête baissée dans un mur tout proche et s'écroula en silence. Il ne bougea plus pendant que le feu continuait de ravager son corps. Une flaque d'un épais liquide rouge se forma autour de son crâne et Hope serra les lèvres quand elle comprit qu'il s'agissait de sang et que l'homme était mort. Elle détourna le regard du corps partiellement calciné à présent et alla s'appuyer juste à côté de la porte qu'il avait franchi quelques secondes auparavant. Il l'avait passé en feu mais en vie. Et maintenant il était mort. Son estomac rejeta le peu qu'il contenait sur la route pavée. Elle s'essuya la bouche du dos de la main, tenant son ventre toujours contracté de l'autre. Elle pria pour qu'il ne soit pas trop tard et se remit à courir.
Henry habitait à quelques rues de là mais la fumée qui emplissait les rues lui fit presque manquer l'intersection à laquelle elle devait tourner. Elle avait à présent du mal à respirer et avançait prudemment le bras plaqué sur la bouche. Autour d'elle des maisons étaient encore consumées par d'intenses flammes et celle d'Henry ne faisait pas exception. Sa main se posa sur la poignée et elle ouvrit rapidement la porte pour y pénétrer. La fumée était tout aussi épaisse à l'intérieur et elle batailla pour avancer entre les flammes qui léchait les murs. La chaleur lui fit tourner la tête. Mais elle devait trouver Henry. Elle grimpa l'escalier, criant son nom, attendant une réponse mais n'en recevant pas. Son coeur se contracta de terreur. Elle avança plus rapidement dans la petite maison et s'arrêta net quand dans le couloir elle fût bloqué par un corps. La lumière des flammes qui mangeaient les murs se reflétait sur la chevelure noir d'Henry. Ses jambes étaient bloquées sous un tas de débris calcinés qui étaient tombés du toit. Hope se jeta à ses côtés et le secoua violemment.
« Henry ! Henry ! Réveille-toi il faut que l'on sorte d'ici ! »
Sa voix était casée, l'air qu'elle inspirait à présent trop rapidement n'arrangeait pas les choses. Elle continua de secouer l'homme jusqu'à ce qu'un gémissement suivit d'une violente toux se fasse entendre. Elle le lâcha instantanément et s'allongea complètement sur le sol, plaçant son visage à son niveau. Le visage d'Henry se contracta de douleur quand il voulut bouger et il finit par ouvrir les yeux. Hope s'exclama presque de joie à la vue de ses pupilles vertes. Il sourit faiblement et elle sentit ses lèvres en faire de même. Il lui sembla presque que la chaleur qui les enveloppait n'existait pas tant cela lui faisait du bien de le savoir en vie. L'urgence de la situation lui revint quand elle entendit une autre partie de la maison s'effondrer. Elle jeta un coup d'oeil aux débris qui recouvrait les jambes de l'homme.
« Je vais essayer de retirer cette poutre et on sort d'ici. »
« Hope ... »
« Pas de ça Henry ! Laisse moi au moins essayer ! »
Le désespoir dans sa voix suffit à le faire taire et il hocha de la tête du mieux qu'il put le visage plaqué au sol. Elle se releva péniblement et chercha sa baguette dans sa poche. Elle jura silencieusement et jeta un rapide coup d'oeil à Henry. Il ne l'avait pas non plus sur lui. Elle n'avait pas le temps de la chercher. Alors elle lutta de toutes ses forces pour soulever à main nue la poutre qui le maintenait au sol. Mais elle ne bougea pas d'un pouce. Hope s'écroula au sol, épuisée après trop peu de tentatives. Chaque respiration devenait de plus en plus difficile. Elle rampa jusqu'à Henry, trop faible pour se relever. Il fronça les sourcils quand il la regarda et posa difficilement une de ses mains sur sa joue.
« Ne pleure pas s'il te plaît. »
Elle renifla et essaya d'arrêter le flot de larmes qui s'écoulait de ses yeux. Henry la regarda dans les yeux très sérieusement. Trop sérieusement.
« Sors d'ici ! »
« Non ... »
« Hope ! Tu as encore un peu de temps. Sors ! »
« Non ! Je ne t'abandonne pas ici ! »
Henry détourna le regard.
« Je ne te regarderais pas mourir, impossible. Tu dois partir ! »
Elle poussa un cri de frustration et l'obligea à la regarder dans les yeux.
« Je préfère mille fois en finir ici avec toi que de vivre encore des années en sachant que je t'ai laissé mourir en t'étouffant seul ici. »
La résolution d'Henry sembla s'effondrer, il savait qu'il en aurait fait de même si les rôles avaient été inversé. Autour d'eux les flammes grossissaient, attisées par le vent fort qui soufflait cette nuit-là et aidées par les mois de canicule qu'ils avaient subit. Étrangement, Henry avait fait remarquer quelques jours auparavant que les bois des maisons était tellement sec que si un incendie se déclarait, il serait difficile de le contenir. Le destin était parfois cruel. À trop réfléchir, Hope commençait à avoir envie de dormir. Elle savait que cela lui serait fatal. Elle clignait beaucoup trop des yeux. Henry souffrait du même mal. Ses paupières se fermaient bien trop souvent et son souffle était presque inexistant à présent. Ils allaient mourir et elle ne lui avait jamais dit qu'elle l'aimait.
« Je t'aime. »
Il avait dit ses mots dans un souffle, exactement quand elle les avait formé dans son esprit. Ç'avait été presqu'inaudible avec le craquement que faisait le bois qui brûlait autour d'eux mais suffisamment chargé de sens pour qu'elle le perçoive. Elle lui répondit en l'embrassant. Cette fois-ci, il y avait comme un goût amer d'adieu dans le scellement de leurs lèvres. Ils continuèrent à s'échanger des gestes de tendresse pour finir par se regarder en silence. Les flammes vinrent léchés leur vêtements mais finirent par s'étouffer. La fumée elle était toujours bien présente.
Quand la mort la saisit, Henry était déjà partit depuis plusieurs minutes. Ses yeux verts s'étaient fermés pour ne plus jamais s'ouvrir après qu'il l'eût fixé en souriant pendant ce qui lui avait semblé être des heures. Hope lui avait peut-être dit cent fois qu'elle l'aimait mais elle n'eût pas la sensation que cela fût suffisant. Ils s'étaient promis de se rejoindre d'une façon ou d'une autre. Sa dernière pensée, quand la dernière bouffée d'air qu'elle avait inspiré fût expulsé de ses poumons, était qu'elle était sûre que cela arriverait.
25 Novembre, Grande Salle
Luna P.O.V
La journée avait très bien commencé. Personne ne l'avait embêté depuis ce matin et aucune de ses affaires n'avait subitement disparu. Et, cerise sur le gâteau, elle avait eu un O en Sortilèges. Tout semblait se dérouler selon le plan. Alors, l'heure du déjeuner venue, Luna jubilait. Assise à la table des Serdaigles, elle observait le petit manège qui se jouait entre Hermione Granger et Harry Potter. Son petit « coup de pouce » avait marché, presque trop bien d'ailleurs. Elle s'était attendue à des résultats, mais pas aussi rapides. Elle avait peut-être sous estimé le côté instinctif d'Hermione. Son aînée avait l'habitude de regarder Harry avec tristesse, ruminant la fin subite et incompréhensible (selon la brune) de leur amitié. À présent elle le scrutait, comme-ci elle cherchait quelque chose en lui. Son regard s'était fait plus curieux et presque nostalgique. Luna y voyait un bon présage. Elle savait à quoi s'en tenir avec Harry. Ils avaient eût de nombreuses discussions au cours des derniers mois. En fait, à chaque fois qu'il s'était éveillé, elle avait toujours su à quoi s'en tenir avec lui.
Elle était toujours le paramètre inconnu, soupira mentalement Luna. Elle mettait toujours un certain temps avant de s'éveiller et depuis quelques cycles elle ne s'éveillait même plus du tout. Mais il persistait à vouloir continuer. Il se souvenait parfaitement de chaque cycle, à chaque fois. Il savait comment cela pouvait finir, comment cela allait sûrement finir. Mais il refusait d'abandonner. Il avait une confiance inébranlable en elle. C'est la dernière fois ! Les avait pourtant prévenu Fate. Cela avait semblé dur mais elle avait aussi autorisé Luna à intervenir un peu plus franchement qu'au précédent cycle. Et Luna n'allait pas hésiter cette fois-ci. Elle avait huilé le rouage et cela semblait avoir eût l'effet escompté.
Elle se retint de glousser quand elle vit Harry se lever exactement au même moment qu'Hermione et rougir quand il croisa les regards interrogateurs de Greengrass et Zibani. Il secoua la tête, sembla se renfrogner et répliqua quelque chose qui fit rire ses amis. Son regard ne quitta la Serdaigle que quand elle sonda la pièce du regard pour s'arrêter sur lui. Le sourire de Luna se fit plus grand, pas gênée par le côté voyeur de ses actes. Après tout, elle les observait sans cesse, sans faillir, à chaque cycle. Elle relevait le moindre changement, notait la moindre interaction, recensait la moindre inflexion du cycle au fil des ans. Elle les guidait sur un chemin qu'elle avait, elle aussi, déjà parcourue de nombreuses fois auparavant. Et elle était bien décidée à ne pas faillir cette fois-ci. Telle était sa mission.
18 Janvier, Dans la Volière
Hermione bouillait d'émotions. Elles menaçaient à chaque instant de jaillir de son corps tant elles étaient intenses. Elle ployait littéralement sous le poids de ses sentiments. Chaque récent événement qui lui était arrivé avait ajouté un filet de sensations qui alimentait le torrent perpétuel de ses humeurs. Aucun des sentiments qu'elle éprouvait ne semblait plus la quitter.
Elle était consciente du déclencheur. Sa séparation avec Roger Davies. Ils s'étaient quittés d'un accord commun après une courte discussion lancée par la Serdaigle. Roger avait semblé soulagé qu'elle fasse le premier pas. Ils étaient d'accord, ils n'avaient plus d'atomes crochus, leur relation ne mènerait à rien. Leur flamme s'était étouffée. La fin du couple n'avait fait aucun bruit tant elle était pressentie par la population Poudlardienne. Hermione avait eût droit à un jour de paisible célibat, le temps que le corps réalise ce que l'esprit savait déjà, et, soudain, le barrage s'était brisé. Fini la sérénité qui l'accompagnait depuis quelques mois. Envolé le self-control. Depuis une semaine, elle était en lutte perpétuelle avec elle-même. Elle s'étonnait même de la ténacité avec laquelle elle supportait le besoin qu'elle avait d'être près d'Harry. C'était cela être accro à une drogue, imaginait-elle. Son corps semblait trouver une certaine stabilité quand Harry était dans la même pièce qu'elle. Elle avait remarqué que plus la période de proximité était longue plus la rechute de la séparation était intense. Elle s'était même surprise à le suivre aveuglément, quasiment envoutée, jusqu'à la Salle Commune des Serpentards. Elle avait pilé net quand elle s'était aperçue qu'elle parcourait allègrement les cachots sous le regard médusé de plusieurs élèves de la maison verts et argents. Elle avait rougit profusément quand Harry lui avait envoyé un regard interrogateur, les sourcils levés. Même s'il avait essayé de rester impassible, elle avait remarqué le léger sourire amusé qui menaçait de transparaître sur ses lèvres et la lueur taquine qui dansait dans ses yeux émeraudes.
Comme la couleur de sa rose, quelque chose avait changé chez Harry. Même s'ils ne se parlaient pas, elle le ressentait dans la façon qu'il avait de la regarder ou de se comporter quand elle était dans son champ de vision. Elle voyait les efforts du garçon pour rester impassible, mais elle n'était pas dupe au redressement qu'elle sentait dans ses épaules ou l'air niais qu'il prenait parfois quand il pensait qu'elle ne le regardait pas. La vérité c'était qu'elle l'observait dès qu'elle en avait l'occasion. Du coin de l'oeil si elle pensait qu'il pouvait la prendre sur le fait ou qu'elle le sentait attentif à sa présence. Franchement quand il était dos à elle ou en pleine discussion animée. Elle était persuadée que Luna était parfaitement consciente de leur « jeu » mais la jeune Serdaigle n'affichait tout au plus qu'un petit air amusé quand elle le surprenait. Mais jamais elle n'avait fait de commentaire qui aurait pu gêner son amie. Une part d'Hermione lui en était reconnaissante, celle qui avait parfois honte de son comportement, mais elle aurait pu dire qu'elle se fichait qu'on la surprenne. Sauf Harry. Surtout pas Harry. C'était la seule règle.
Elle frissonna quand le vent glacial de Janvier mordit son cou. Elle maugréa contre elle même, elle avait oublié son écharpe dans le dortoir. Elle devait être sagement posée sur son lit à cet instant même. Elle n'allait pas pouvoir rester très longtemps, elle tenta de relever le col de ses robes pour garder le maximum de chaleur. Elle s'approcha doucement d'un des hiboux que proposait l'école pour ceux qui ne possédait pas de tel volatile. Elle devait absolument poster cette lettre. Elle espérait que sa mère y répondrait rapidement. Hermione avait ressenti le besoin de confier tout, absolument tout à quelqu'un. Quelqu'un qui n'avait aucun rapport avec la Magie, qui n'extrapolerait pas, qui se baserait sur ce qu'elle pouvait ressentir et qui ne la jugerait pas. Et pour elle, sa mère était la seule personne qui remplissait tous ces critères. Elle regarda le hibou Grand-Duc qu'elle avait choisi étendre ses ailes dans le ciel gris puis voler sereinement jusqu'à n'être plus qu'un point sombre. Le tumulte de ses sentiments ne s'était toujours pas calmé.
Elle s'apprêtait à redescendre vers sa salle commune quand un hululement l'arrêta. Hedwige s'était posée à quelques mètres de là et semblait inviter la jeune fille à venir la voir. Hermione s'exécuta sans hésiter, ses doigts rejoignirent facilement le plumage familier de la chouette d'Harry. Hedwige ferma les yeux de contentement. Hermione ressentit le même sentiment de sérénité qui s'installait en elle quand elle était en présence d'Harry. Sous le choc, elle retira sa main comme-ci elle s'était brûlée. Le flot revint et Hedwige la crucifia d'un regard réprobateur au même instant et força le contact. La même sensation l'envahit et elle se laissa porter, glissant doucement ses doigts sur les plumes de la chouette, un petit sourire aux lèvres. Elle resta un moment là, debout à caresser Hedwige. Son esprit se tourna vers les rêves qu'elle expérimentait et qu'elle ne pouvait à présent s'empêcher d'attendre tant les événements qu'elle y vivait lui paraissait plus agréables que la vie qu'elle menait depuis quelques mois. Et cela même si à chaque fois elle y mourrait. Car au fond, elle aimait aussi à chaque rêve. Intensément, bien plus en un songe que pendant toute sa relation avec Roger. Cela la fit sourire.
D'aucuns savaient qu'Harry l'avait observé pendant plusieurs minutes, ensorcelé par la scène qui s'était jouée devant lui, comme s'il avait pu lire les pensées de la Serdaigle à travers sa chouette, si ce n'est Luna qui, quelques mètres plus bas, bien installée devant le feu de sa salle commune, avait laissé un grand sourire gagner ses lèvres.
23 Mars, Cours de Potions
Sans aucun doute, à partir de ce jour, Hermione détesterait les cours de Potions. C'était décidé, ferme, définitif. Correction, Hermione détesterait confectionner des potions en classe. Avec un partenaire. Habituellement, elle ne raffolait pas de ce cours, Rogue la détestait et lui faisait subtilement savoir. Mais habituellement, Hermione n'avait pas Harry comme partenaire. Padma Patil souvent, Lisa Turpin quelques fois et depuis deux ou trois cours, Anthony Goldstein. Jusqu'à aujourd'hui. Harry avait obligé le garçon de Serdaigle à abandonner sa nouvelle place d'un seul regard et s'était assis aux côtés d'Hermione comme-ci c'était la chose la plus naturelle du monde. Elle lui avait même parut qu'il avait défié du regard quiconque les observait un peu trop curieusement mais elle n'aurait pu le confirmer.
Le cours avait commencé quand Rogue avait effectué sa célèbre entrée tout en cape et claquement de porte suivit d'un oeil noir sur l'assemblée d'élèves devant lui. Son regard s'était radouci presque imperceptiblement quand il s'était posé sur Malfoy, installés deux rangs devant eux à côté de Crabbe, mais était devenu glacé une fois parvenu sur le duo Serdaigle/Serpentard qui s'était formé. Rogue avait détesté les voir travailler ensemble. Elle savait que le professeur ne l'appréciait pas mais celui qui subissait le plus son courroux était sans nul doute Harry. Celui-ci se devait d'être parfait sous peine de se voir humilier pour le reste du cours. Et quand Harry avait commencé à s'asseoir à côté d'elle l'année précédente, le professeur n'avait plus rien trouvé à redire aux potions qu'ils avaient confectionnés ensemble pendant près d'un mois. L'un des cours suivants, il était entré en classe en clamant qu'il choisissait dès à présent les binômes et avait « sondé » l'avis général. Les Serpentards n'avaient rien à redire, les Serdaigles s'étaient abstenus de trouver quelque chose à redire et la règle s'était instaurée dans un silence maussade. Depuis, pas une seule fois Harry n'était revenu s'asseoir avec elle en Potions. Même après que le professeur Dumbledore, pendant son discours de début d'année, avait tenu à préciser que les élèves pouvaient s'installer comme ils le souhaitaient quelque soit le cours auquel ils assistaient. Les professeurs McGonagall et Flitwick avaient tout deux envoyé un regard appuyé au maître des potions pour accompagner les dires du directeur.
Rogue avait à peine prononcé quelques mots depuis le début de l'heure et Hermione ne s'en portait pas plus mal. Il leur avait ordonné, littéralement ordonné, de préparer une potion d'Aiguise-Méninges, breuvage qu'il avait étudié au cours théorique précédent. Hermione savait que la potion ne contenait pas beaucoup d'ingrédients mais que de la précision dans la réalisation de la potion était nécessaire. S'ils rataient ne serait-ce qu'une étape, elle ne serait pas parfaite. Et donc pas acceptable pour Rogue. En tout cas pas en ayant Harry comme partenaire.
Et voilà où elle en était. Le Serpentard commença par allumer le feu, lui faisant comprendre sans parler qui lui laissait la charge d'aller chercher les ingrédients. Scarabées, racines de gingembre et bile de tatou, se répétait-elle comme un mantra, pour se concentrer sur quelque chose, autre chose que la présence d'Harry à sa table une fois qu'elle fût revenue de sa course. Malheureusement, elle lui fût rappeler bien trop vite. Quand elle voulut attraper les scarabées, la main d'Harry toucha la sienne. Un agréable courant électrique sembla la parcourir et Harry se rétracta vivement. Peut-être l'avait-il ressenti lui aussi ? Ne voyant pas l'intérêt, sinon un moment certain de gêne, elle se retint de formuler sa question à haute voix. Elle finit par attraper le bol d'insecte de sa main qui était restée suspendue en l'air , le visage rouge vif, fuyant le regard d'Harry qui faisait de même. Quand elle se mit à les piler, elle remarqua finalement que sa main tremblait. Elle tut un soupir de frustration quand son esprit commença à se fixer sur la sensation des doigts d'Harry contre les siens et la réaction que cela avait provoquer chez lui. Elle secoua la tête pour essayer de se concentrer sur la tâche qu'elle avait à réaliser. La potion avant tout, s'intima-t-elle mentalement. Elle se jura que son corps avait agit tout seul quand elle posa délibérément sa main sur celle d'Harry. Il avait sans doute voulut se saisir d'une des racine de gingembre quand Hermione s'était « interposée ». Il rougit instantanément, s'efforçant de fixer le plafond. Hermione finit par enlever sa main un sourire amusé accroché aux lèvres. Au troisième contact, elle était sûre, vu l'air qu'il arborait, qu'Harry l'avait fait exprès.
À part ces petites apartés, rien n'entacha la préparation de leur potion pendant le reste du cours. Ils travaillèrent en parfaite harmonie même sans échanger un seul mot. Elle lança un regard de défi à Rogue quand elle déposa la fiole, dans le support sur son bureau, magiquement engravée de leurs deux noms. Quand ils quittèrent la table, Harry lui sourit gauchement, les joues légèrement rosées, avant de rejoindre Blaise Zibani qui l'attendait près de la porte. Elle le regarda partir un sourire très semblable à celui du Serpentard planté sur les lèvres avant de quitter la salle à son tour.
Le cours de Potions suivant, Harry arriva quelques minutes avant tous leurs condisciples et lui sourit un peu plus franchement tout en s'installant à sa table. Quand Rogue leur annonça leur note quelques minutes plus tard, elle ne fût pas surprise d'entendre le maître des potions pratiquement cracher le O qu'ils avaient obtenus mais resta éblouie jusqu'à la fin du cours par le sourire qu'Harry lui envoya. Elle rejoignit Luna à la table des bleus et bronzes l'air plus heureuse que jamais. La blonde la jaugea du regard, l'air faussement surpris, puis se fendit d'un petit sourire.
« Les choses s'arrangent ! » constata-t-elle gaiement.
Hermione ne trouva pas quoi lui répondre et se contenta d'un hochement de tête et d'un petit sourire. Ce serait sûrement mentir si elle niait que ses yeux étaient fixés sur un certain Serpentard assit deux tables plus loin. Et elle s'avoua qu'au final elle ne détestait peut-être pas tant que ça les cours de Potions.
14 Juin, Dans la Tour Est
Habitée par un instinct inexplicable, Hermione longeait les murs d'un des couloirs de la Tour Est. Le couvre feu était passé depuis une bonne heure à en croire sa montre. Mais la jeune fille avait appris au fil des mois à accepter ces étranges impulsions que lui dictait parfois son corps. Si elle devait décrire la sensation qui l'avait poussée à violer les règles de l'école cette nuit-là, elle aurait expliquée qu'elle avait l'impression qu'un fil invisible la tirait par le bras dans la direction vers laquelle il se tendait. Cela lui donnait l'impression d'être une marionnette, pendue au bout d'un câble, suivant immanquablement les ordres qu'on lui intimait. Et peut-être était-ce le cas. Cette pensée ne l'empêcha cependant pas de poursuivre prudemment son chemin. Elle sentit qu'elle devait s'arrêter devant une porte entrouverte, au troisième étage. La faible lueur d'un Lumos filtrait à travers l'entrebâillement, si bien que la Serdaigle resta le plus en retrait possible de peur qu'on ne puisse l'apercevoir. Des voix parvenaient faiblement à ses oreilles et elle bloqua sa respiration pour mieux les entendre. Les personnes chuchotaient mais elle ressentit l'urgence de leur conversation. Elle tendit un peu plus l'oreille.
« Tu dois arrêter de bloquer le lien, c'est le bon moment ! »
« C'est trop tôt, elle commence à peine à s'éveiller ! »
« Fais moi confiance, je t'en prie. Il faut que tu le fasse. »
Un court silence suivit cette déclaration.
« Avant les vacances.» Ajouta-t-on.
Un long soupir se fit entendre.
« Luna ... »
Hermione expira d'un coup sec le peu d'air qui lui restait dans les poumons. Elle plaqua la main sur sa bouche pour étouffer au maximum le bruit qu'elle risquait de faire. Son coeur rata un battement. Maintenant que l'interlocuteur A était démasqué, l'interlocuteur B ne faisait plus aucun doute. Elle aurait mit sa main au feu que c'était Harry. Et ils parlaient d'un lien, leur lien ? Elle se posait tellement de questions en même temps qu'elle ne remarqua pas que la conversation avait repris. Elle se concentra de nouveau sur la voix de Luna.
« Tout se passe à merveille Harry même sans le lien. N'oublie pas les risques que je prends en ajoutant ce élément au cycle. Crois-tu que je n'ai aucune idée des risques ? » La voix du Luna s'était faite plus serrée, lui sembla-t-il. « C'est notre dernière chance après ... »
« Et j'en suis conscient plus que n'importe qui d'autre ! » la coupa froidement Harry. Sa voix se fit plus douce quand il poursuivit : « Je sais à quel point tu prends cette affaire à coeur Luna. Peut-être que si tu parlais de ... »
« Pas maintenant Potter. »
Jamais Hermione n'avait entendu une telle inflexion dans la voix de Luna. Sa voix avait claqué comme un fouet dans l'air, intimant le silence au Serpentard. L'ambiance changea d'un coup, chargée de tension. La Serdaigle sentit que le moment était venu de s'éclipser, soudainement consciente que la situation dans laquelle elle s'était mise était tout sauf confortable, et se dirigea silencieusement vers sa salle commune. Elle pria Merlin tout le chemin du retour de ne pas tomber sur Miss Teigne ou Rusard. Elle le remercia dix fois mentalement quand elle s'écroula avec un soupir de soulagement sur son lit. Elle s'endormir sans difficulté ce soir-là, la tête remplit de quelques phrases qu'elles avaient entendu à peine une heure plus tôt. Elle avait trouvé des réponses à certaines de ses questions. De quoi avait parlé Harry et Luna un an auparavant dans le Poudlard Express ? Harry était-il conscient de leur lien ? Elle savait ce qu'il en était à présent. Mais son esprit, lui, s'était déjà posé d'autres questions. Et Hermione était plus que déterminée à obtenir des réponses et peut-être enfin un jour le fin mot de toute cette affaire.
1er Juillet, Poudlard Express
Le lien était revenu s'installer en elle avec une sensation une caresse dans son esprit. Même si elle attendait avec impatience ce moment depuis deux semaines, elle fût surprise du naturel avec lequel la connexion s'était rétablie. Comme ci Harry était venu reprendre sa place et, au lieu de forcer un passage dans sa tête, avait doucement signifier son retour. À cet instant, il n'était pas dans le même compartiment qu'elle et pourtant elle pouvait ressentir ce qu'il vivait à quelques mètres de là. Un ennui profond à ce que racontait le dernier petit-ami en date de Daphnée Greengrass, un Poufsouffle dont il ne parvenait pas à retenir le nom. La joie sous jacente de retrouver sa famille. Une intense envie de rejoindre un certain compartiment en particulier. Elle percevait presque chacune des multiples émotions qui composait le spectre de sentiments que pouvait ressentir Harry. Si elle se concentrait, elle arrivait à en isoler une, à ressentir le moment où elle changeait et ce qui avait amené Harry à ressentir cela. Elle avait la sensation d'avoir un sixième sens, un sens spécialement réservé à Harry.
Elle était tellement occupée (au point qu'elle en avait fermé les yeux) à tester les changements qu'elle détectait dans leur lien qu'elle ne remarqua pas la porte du compartiment s'ouvrir. Harry salua Luna d'un sourire et d'un hochement de tête auxquels elle répondit vaguement, levant les yeux à peine quelques secondes du dernier numéro du Chicaneur pour le regarder. C'est quand elle ressentit le léger malaise du Serpentard d'être à proximité de Luna après son accueil glacial qu'elle comprit qu'Harry avait rejoint leur compartiment. Elle lui envoya un grand sourire et espéra qu'il allait capter la satisfaction qu'elle avait de le voir là. Harry se contenta d'un sourire et se mit en tête de simplement observer le paysage qui défilait par la fenêtre. Hermione se laisse bercer par le flot de son émotion, plus en paix avec elle à cet instant lui sembla-t-il que pendant tout le reste de l'année qui venait de s'écouler.
Aucun incident ne vont troubler le paisible trajet de retour du mystérieux trio. Un observateur extérieur n'aurait pas pu comprendre en entrant là l'importance du changement qui se jouait silencieusement dans ce compartiment. Mais encore une fois, aucun observateur n'aurait pris le temps d'essayer d'apercevoir le visage de Luna, caché derrière son Chicaneur, qui souriait triomphalement.
Bonjour ou bonsoir à tous, merci à ceux qui me suivent encore et bienvenue aux nouveaux lecteurs. Merci pour vos reviews (et pour la story en fav aussi ^^)
Ce chapitre a été particulièrement difficile à écrire car je voulais vraiment qu'il soit un chapitre charnière, où de nombreuses choses allaient changer. J'espère ne pas vous avoir déçu ;).
Le chapitre suivant est déjà débuté et bien avancé mais je pense rester sur ce rythme de publication car j'ai le temps de bien travailler l'intrigue. SI vous avez des suggestions n'hésitez pas ! Certains d'entre vous ont des hypothèses plutôt intéressante et je pense que ce chapitre vous permettra d'hypothétiser d'autant plus.
A la prochaine !
LolaticA
