Bonjour !
Je suis heureuse de vous retrouver pour le dernier chapitre de Note de Fond, merci pour votre soutient, vos très beaux retours, c'est toujours un grand plaisir de vous lire !
Twikilight : Ahaha wahou ! Ça me touche vraiment que tu apprécies à ce point, merci pour toutes tes belles review, elles font un bien fou ! J'espère que cette fin te plaira, prend bien soin de toi et à bientôt !
Emila-san : Hihi voilà un long chapitre comme tu aimes ! Si tu as fondu sur la toute fin du chapitre 4, je pense que les premiers petits paragraphes en point de vue subjectif vont te plaire, j'ai beaucoup ri en les écrivant en tout cas, j'ai hate de savoir ce que tu vas en penser ! Je pense qu'il y a pas mal de choses qui vont se dévoiler dans ce chapitre au sujet de leur connexion, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses ! Merci pour tes retours, passe une très belle semaine et on se retrouve bientôt !
Phil Goude : Ahahah je suis ravie que les répliques de Livai te fassent rire, j'avoue que je m'amuse BEAUCOUP à le faire parler comme un vieux aigri sarcastique, c'est le meilleur personnage du monde pour trouver des petits décalages grinçant qui personnellement me font mourir de rire (la scène avec Eren qui brandit une pelure moisie devant son nez fait partie de celles que je trouve les plus drôles). Et oui, les "Stop géant" c'est tellement vrai ;) Oui en effet, c'est le dernier chapitre de ce troisième acte. C'est comme ça que j'avais imaginé l'histoire à la base, avec cette fin, et en effet TOUT ne sera pas expliqué dans ce chapitre. Je pensais que ça suffirait, mais cette réflexion sur l'Axe commence vraiment à me plaire beaucoup, et vu ce qu'il se passe dans la saison 4 de l'animé... Nous verrons bien ;) ET OUI Note de Cul est le meilleur nom de fanfic de l'humanité toute entière, j'y ai évidemment pensé et je suis heureuse de voir que quelqu'un à le même humour déplorable que moi la dessus ahahah mais bon si suite il y a, je pense que je réfléchirai à un autre nom un peu plus... Elégant ? Ahahaha en tout cas, j'ai hate de te lire de nouveau, merci pour ton suivi si régulier et aiguisé, prend bien soin de toi et à bientôt !
Revan-Hikin : Ahahaha ça me fait plaisir de te faire rire avec le caractère de cochon de Rivaille ! J'espère que ce dénouement te plaira, et merci ahaha c'est trop gentil de redouter la fin de cette histoire :) Nous verrons si suite il y a... Ou pas. A toi de me dire si cette fin te convient ;) Prend soin de toi, à bientôt j'espère !
TartineMerry : Ahahaha maaaais arrête avec tes reviews si douces, tu me fais rougir à chaque fois ! Je suis hyper contente que le chapitre 3 t'ai plu autant, je l'adore vraiment, ça doit être un des chapitres dont je suis le plus fière, parce que la tension est à son comble et que les deux se fracturent par moment (ENFIN), et puis oui, ce bain avec toute cette vapeur et cette eau chaude... ;) Et ça me plaisait de remettre le poignard en jeu, comme si Eren lui rendait ses armes qu'il à symboliquement perdu lors de l'attaque du loup dans la forêt, et puis bon c'est très très phallique tout ça... ;) Levi est terriblement frustrant oui, mais bon je trouve que c'est dans son caractère de rejeter tout en bloc dès qu'il se sent un peu vulnérable avec Jaeger le taré. Mais ne t'inquiète pas, ça serait plutôt trois pas en avant puis deux en arrière, donc on avance ! Peut être qu'il va s'ouvrir un peu plus dans ce chapitre, qui sait ;) Merci encore pour ta gentillesse, j'espère que cette fin te remuera autant que moi ! A bientôt !
Yuma-Shan : Ahahah c'est pas grave, je te pardonne ;) Oui on avance, à petit pas ! Il fallait un petit stress vis-à-vis de la jambe de Rivaille, j'imaginai que vu qu'il est un Ackerman (donc un espèce de surhomme au final), sa blessure se refermerait fatalement très vite, ce qui n'est pas forcément une bonne chose pour éviter les infections. Mais bon je ne pouvais pas lui faire trop mal parce que je l'aime trop ahahah. J'espère que cette fin t'intéressera, j'ai hâte de lire ce que tu vas en penser ! A très vite !
Elvra : Ahahah merci c'est gentil ! Moi aussi, il me font rire quand je les imagine interagir avec Eren et puis entre eux (surtout le truc d'extraire les vertèbres d'Armin avec un pied de chaise, ça vraiment ça m'a fait beaucoup rire de l'écrire ahaha pauvre Armin). Ahh super que le truc de la péniciline te plaise, je suis vraiment une grosse profane en médecine, mais il fallait que je trouve quelque chose qui impliquait le père d'Eren, et qui soit presque "magique" pour eux qui vivent des siècles en retard presque. Et puis bon quand j'ai appris que c'était un champignon à la base, j'ai pas pu résister à l'envie de décrire la réaction de Rivaille si on commence à lui mettre du gros moisi sur son corps ahahah. Pour l'amnésie, il y a de ça oui, je pense que le choc et la confrontation des "deux Eren" (un qui commence à vraiment s'attacher au caporal et l'autre qui est déjà parti dans ses plans de vengeance et de carnage), couplés au massacre qu'il fait dans la forêt ont pu vraiment le traumatiser et faire que son esprit efface tout ce qui touchait de près ou de loin le caporal. (Je n'ai pas décrit vraiment ce qu'il se passe dans la forêt cette nuit là, mais j'imagine bien la version du titan d'Eren complètement fou et hors de contrôle comme lorsqu'il se bat contre Annie dans la saison 1...). Mais ça me plaisait aussi que l'amnésie opère par une sorte de parallélisme avec le coma de Rivaille : l'empathie d'Eren avec le caporal pourrait être si forte que son esprit "s'éteint" en quelque sorte en même temps que celui de Rivaille, sauf que ses capacités de titan l'empêchent de complètement tomber dans le coma lui aussi... Enfin bon peut être que ces explications prendront forme plus tard, mais comme tu le vois, ça me passionne assez ;) J'ai hâte de lire tes retours pour cette fin, à bientôt j'espère !
On part sur un bon gros chapitre final de 10 000 mots, j'espère qu'il vous touchera autant que j'ai pris de plaisir à l'écrire, n'hésitez pas à me laisser des reviews ! Et j'envoie un petit bisou tout doux à celleux qui comprendront à quel oeuvre je fais référence à la fin !
Bonne lecture, on se retrouve en bas !
…..
Il y a des arbres qui bougent autour de lui, les cimes transpercées par des câbles luminescents qu'il commence à voir partout depuis quelques jours. Le paysage avance au dessus de lui alors qu'il marche péniblement, et il sent tout à coup une brise fraiche sur son visage, qui lui gèle ses yeux brûlants. Il est si fatigué, mais il marche, comme un automate, une jambe après l'autre, dans la noirceur de la nuit qui l'enrobe comme un voile.
Il voit enfin, après une éternité à pousser sur ses jambes cotonneuses, une grosse forme grise qui se découpe devant lui, et il manque de trébucher sur des angles droits bizarres qui mènent à un gros rectangle en bois. Il est lourd ce rectangle. Il sent une bouffée de chaleur accueillante lui caresser tout le corps. Il voit de la lumière jaune à sa droite, mais ne s'y attarde pas et continue sa progression. Il se confronte à un nombre incroyable de nouveaux angles qui sortent du sol et qui le menacent de chuter à chaque pas. Emmerdants ces trucs. Il arrive au bout de ces angles démoniaques et fixe une feuille d'arbre dessinée sur une jolie tapisserie mitée en attendant que les battements erratiques de son coeur se calment. Puis il pivote sur la gauche et se tient au mur pour continuer à avancer.
Soudain, il voit une grosse forme avec un truc gris sur la tête, qui ressemble d'ailleurs bizarrement à un cheval, et se courbe pour passer inaperçu. Il évite adroitement la menace, sans se faire remarquer et souffle de soulagement en continuant d'avancer. Il entend vaguement un grognement qu'il ne comprend pas mais qui lui hérisse les cheveux sur son crâne. Mais il n'a pas le temps de s'occuper de ça, il doit à tout prix atteindre sa destination, et vite.
Il arrive enfin vers deux autres rectangles marrons, mais ne se concentre que sur celui de gauche, parce qu'il en a incroyablement rien à foutre de celui de droite. Celui de droite peut bien aller brouter les feuilles du papier peint. Il lève difficilement sa main vers une excroissance arrondie, et la tourne instinctivement. Il sent immédiatement une effluve délicieuse, qui lui donne envie de tomber à genoux et de dormir par terre, parce qu'on devait quand même être bien sur ce sol en bois, quand on était baigné dans ce genre d'odeur merveilleuse. Mais il rejette cette idée de génie quand il voit un truc au fond de la pièce. Un piquet qui dépasse perpendiculairement d'un gros machin blanc qui à l'air indéniablement plus confortable que n'importe quel sol en bois.
Alors il fléchit ses genoux du plus qu'il peut, et saute gracieusement, comme un allègre félin, sur le machin à moitié mou et blanc. Et là, il sent un truc incroyablement chaud, qui sent extraordinairement bon, et il se dit qu'il est arrivé. Alors il se colle le plus possible contre cette chose délicieuse, il cale sa tête dans un recoin bien chaud, et il s'endort finalement, un sourire béat aux lèvres.
« Oï. » Grogna Rivaille au petit matin en secouant son bras gauche pour que l'autre arrête de le serrer comme un garrot.
Mais l'imbécile qui s'agrippait à lui comme une moule à son rocher ne bougea pas d'un millimètre, alors il leva sa main droite pour lui attraper le nez et le serrer un peu fort. Le titan profondément endormi ouvrit la bouche comme un poisson et gémit en essayant de se dérober au pinçon. Rivaille renifla et serra encore plus fort avec ses doigts, jusqu'à ce que l'autre ouvre finalement les yeux.
« Tu m'as pris pour ton doudou, morveux ? » Grinça le caporal en essayant de s'écarter d'Eren qui avait l'air d'avoir du mal à émerger.
« Un doudou, ça parle pas. » Ronchonna le titan en se frottant les yeux, avant de regarder autour de lui. Il ne se rappelait pas du tout de comment il était arrivé là.
« C'est dans tes habitudes de te barrer pendant une semaine pour revenir en pleine nuit sauter sur les gens et t'arrimer à eux comme si c'était des bouées de sauvetage? » Demanda le caporal, d'une voix pleine de sarcasme.
Eren cligna des yeux. Il avait fait ça lui? Berk.
« J'me rappelle pas. » Répondit-il simplement en baillant et en se redressant pour sortir de ce lit.
« Pourquoi t'es parti ? » Demanda le caporal d'une voix beaucoup plus sérieuse qui fit lever les yeux d'Eren vers les siens.
« J'avais pas envie de vous voir. » Répondit le titan en se levant, mais une main froide lui attrapa l'épaule.
« T'as fait quoi toute la semaine ? » Insista Rivaille.
Eren grogna en se dérobant de la poigne sur son épaule.
« Ça vous concerne pas. »
« Moi je pense que si. »
« Ben vous pensez mal. »
Le caporal souffla, contrarié.
« Ma jambe. Elle va mieux. »
Eren ricana sombrement.
« Je sais. Tant mieux pour vous. »
Rivaille fronça les sourcils alors que le titan se détournait de lui pour sortir de la chambre en fermant la porte derrière lui.
Eren ne retourna pas dans la forêt ce jour là. Il en avait assez vu. Il avait presque tout compris. Et ça ne lui plaisait pas du tout. Surtout si le caporal commençait à mettre son nez là-dedans. Il traversa l'aile des appartements des haut-gradés pour atteindre leurs dortoirs, et toqua trois fois à la porte d'Armin et Jean avant d'entrer.
Ils étaient tous les deux allongés sur le lit d'Armin, ce dernier se faisant caresser les cheveux par Jean alors qu'ils lisaient le même livre. Eren vit deux fines lignes luminescentes s'échapper de leur poitrine, se rejoindre entre elles et s'entortiller avant de grimper le long du mur et disparaître dans le plafond. Il cligna des yeux pour les faire disparaître et eut un sourire goguenard en voyant la tronche que tira Jean en le voyant débouler dans leur bulle de calme.
« Bouge pas tête de cheval, je vais pas te péter le nez pour une fois. »
Le susnommé grimaça et se redressa un peu, alors qu'Armin levait les yeux vers son ami. Eren avait vraiment l'air malade. La peau de son visage était presque translucide, se tendant sous les cernes noires en dessous de ses yeux. Il avait de légère stries rosâtres sur les joues, qui étaient encore plus creusées que d'habitude, donnant l'impression que si il serrait les mâchoires un peu fort, sa peau se fendrait. Le petit blond caressa gentiment les doigts de son compagnon avant de sortir du lit et de se rapprocher du titan.
« Est ce que tu vas bien ? » Demanda t-il à l'autre qui eut un rictus sinistre.
« Je pète la forme ça se voit pas ? »
Armin serra les dents.
« Tu as hem… Trouvé ce que tu voulais ? »
Le titan haussa les épaules.
« Tu sais que certains oiseaux ressentent tellement le stress de leur partenaire qu'ils se mettent instinctivement à dépérir si l'autre continue de souffrir ? » Dit-il sur le ton de la conversation, alors que les yeux bleus qui le fixaient s'écarquillèrent légèrement.
« Tu… Tu as appris ça où? « Questionna Armin d'une voix tremblante.
« Une connaissance commune. » Répondit simplement le titan.
Un lourd silence s'abattit sur tout la chambrée, et Eren vit du coin de l'oeil Jean commencer à sortir du lit pour rejoindre Armin. Ce dernier se mit à trembler quand la voix froide du titan assaillant résonna devant lui :
« J'aimerais que t'arrêtes de parler de moi au caporal. Ça m'emmerde. »
Une lueur de terreur passa dans les yeux du petit blond qui hocha la tête doucement, et Eren eut un petit sourire.
« Je sais que tu as tout compris, comme toujours. Mais je veux pas que tu en parles. À personne, et surtout pas Rivaille d'accord? » Demanda le titan, sur un ton d'ordre plus que de question.
Armin tressaillit quand son ami appela leur caporal uniquement par son prénom, et hocha de nouveau la tête en sentant déjà ses yeux s'embuer de larmes. Et, alors qu'Eren commençait à se retourner pour sortir de la chambre, il revint sur ses pas, attrapa Armin d'une main ferme et le serra dans ses bras en caressant l'arrière de sa tête. L'étreinte dura encore quelques secondes et, sans un mot de plus, Eren sortit du dortoir.
Il alla s'enfermer dans sa chambre, qu'il n'avait pas vu souvent ces derniers jours. Elle lui parut désespérément vide et le titan serra rageusement les dents. Il s'assit sur son lit froid et allongea ses jambes devant lui en réfléchissant sombrement. Il savait ce qu'il devait faire, et il devait le faire vite avant que tout le bataillon ne rentre.
Rivaille essayait désespérément de se concentrer sur les trois putain de lignes qu'il relisait depuis au moins dix minutes maintenant. Il avait un très mauvais pressentiment. Il jeta le livre inutile sur le fauteuil à coté de son lit et étira sa jambe gauche en grognant. Il n'avait jamais eu autant envie de pouvoir marcher que maintenant. Déjà parce qu'il voyait comme sa jambe droite avait l'air presque opérationnelle, et que c'était diablement frustrant de ne pas pouvoir l'utiliser. Mais surtout parce qu'il voulait aller voir quelqu'un. Vraiment. Il était sûr que son pressentiment concernait cette personne. Eren putain de Jaeger. Il aurait mis son autre jambe à couper que cet abruti allait faire une connerie. Il souffla rageusement en se soulevant de ses deux bras pour se redresser sur son lit.
Il s'était presque senti soulagé que le grand con fonde sur lui comme une furie la nuit dernière. Il renifla en se rendant compte que les délires du titan étaient presque devenus un état de normalité pour lui. Alors ça lui avait fait bizarre quand l'autre l'avait regardé le matin avec une froideur lasse, et encore une fois beaucoup trop sérieusement. Il serra les doigts sur son drap. Encore ces deux personnalités qui lui vrillaient le cerveau. Il était sûr qu'Eren avait plein de clés que lui n'avait pas encore. Comme d'habitude finalement. Sauf que là, il savait que ça le concernait, et que bon dieu maintenant c'était plus pareil. Il n'était plus excédé de la même façon face aux agissements du titan. Enfin, ça le rendait presque fou de penser que cet abruti allait de nouveau se foutre dans la merde sans filet, mais plus vraiment parce que ça leur demanderait des efforts et des pertes dans leurs effectifs pour aller le sauver de sa merde. Plutôt parce que lui ne pourrait sans doute pas être là pour aller le chercher.
C'était une sensation très désagréable d'être sûr que quelque chose allait arriver, et d'être dans l'incapacité totale de faire quoi que ce soit pour l'empêcher. Ça ne lui était pas arrivé souvent en tout cas. Parce qu'il mettait tous les efforts du monde pour contrôler chaque parcelle de sa vie, et qu'il n'y avait toujours eu que sa rage envers les titans qui existait. Jusqu'à maintenant. Depuis peu, tout changeait atrocement vite, et Rivaille s'en sentait presque trop vieux. Il n'avait plus la même hargne depuis qu'Erwin était parti. Enfin elle n'avait plus été concentrée que sur un seul individu depuis ce moment là. Le poilu. Et encore un Jaeger évidemment, sinon c'était pas drôle. Mais là, avec sa blessure et ce con d'Eren qu'il n'arriverait décidément jamais à suivre, ça avait encore changé. Rivaille poussa un soupir las. Il fallait qu'il le voit. Maintenant. Il respira un grand coup, avant de pousser sur ses bras pour essayer de pivoter son corps vers la droite. Il rapprocha au plus possible son bassin du bout du matelas, sa jambe gauche pendant au bord du lit, sa droite suspendue à l'horizontale dans le vide. Il serra les dents et commença à essayer de la plier. Son genoux tremblota alors que la douleur commençait à infuser sa jambe, des orteils jusqu'en haut de la hanche. Il ferma les yeux sous l'élancement en grognant, mais continua à essayer de plier son genou, ses tendons tressautant sous l'effort alors qu'il s'empêchait de hurler de douleur.
La réponse ne se fit pas atteindre, il entendit immédiatement courir dans le couloir, et la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée sur un Eren essoufflé.
« Bordel mais vous foutez quoi là ? » Cria le titan en se ruant sur lui pour lui saisir les jambes et le recoucher sur le lit.
« Ça marche bien comme ça, alors. » Souffla Rivaille en tentant de ne pas montrer à quel point il avait mal.
Eren siffla de colère.
« Vous voulez foutre en l'air plus d'un mois de guérison juste pour valider vos théories vaseuses ? »
« T'as mal à la jambe ? » Demanda seulement Rivaille en s'ajustant au mieux contre le mur.
Le titan le regarda avec une haine telle que même le soldat le plus fort de l'humanité en sentit un léger frisson.
« Ça vous amuse ? »
Rivaille renifla, et un long silence prit place entre eux, jusqu'à ce que le plus jeune pivote sur ses jambes pour se diriger vers le couloir.
« Assied toi. » Ordonna le caporal qui n'avait aucune envie que l'autre ne parte.
« Non. » Répondit froidement le titan en atteignant l'embrasure de la porte.
« Reste ici ou je recommence. » Ajouta Rivaille d'une voix morne.
Eren s'arrêta, et son supérieur put l'entendre souffler avant qu'il se retourne et aille rejoindre le fauteuil en grandes enjambées rageuses et s'asseye dedans. Rivaille se détendit un peu et le regarda.
« Qu'est ce que tu compte faire ? » Demanda t-il après de longues minutes de silence.
Le titan ouvrit grand les yeux avant de se reprendre et qu'un sourire sombre ne déforme sa bouche. Il rejeta la tête en arrière en pressant ses doigts sur ses temps et l'arrête de son nez avant de répondre :
« Ça vous concerne pas. »
Rivaille grinça des dents. Il avait rarement eu autant envie d'égorger ce petit con. Ça avait dû s'entendre à l'autre bout de la pièce car il entendit un léger reniflement qui le fit presque sortir complètement de ses gonds. Mais il essaya de se calmer, pour demander posément ce qui l'intéressait.
« Il se passe quoi là ? » Demanda t-il de la voix la plus neutre possible.
Eren garda les yeux tournés vers le plafond.
« Là vous êtes entrain de me faire du chantage comme le dernier des enfoirés pour que je vous parle de choses sans intérêt. »
« Ça en a pour moi. » Rétorqua le caporal d'une voix tendue.
Il vit de profil les yeux du titan s'ouvrir en grand quelques instants, et un sourire mauvais tordit ses lèvres avant qu'il ne bascule en avant et pose sa tête sur ses mains croisées, regardant enfin Rivaille dans les yeux.
« On devient sentimental caporal ? » Nargua t-il.
Rivaille fronça les sourcils mais resta muet. Le titan soupira longuement avant de reprendre, d'une voix plus sérieuse :
« Je pense qu'il vaut mieux que vous ne sachiez pas. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ça vous plairait pas. Pas du tout. » Répondit Eren d'une voix sombre.
« Ça changera pas du reste. » Répliqua Rivaille, un pli amer sur les lèvres.
Le titan eut un petit sourire.
« Tu… » Commença le caporal. « Tu as senti quelque chose quand je me suis fait grignoter comme une brochette par ce con de loup ? »
Eren hocha la tête, en continuant de sourire.
« Pourquoi t'as les mêmes coupures que moi sur la jambe? »
« C'est l'Axe. » Soupira la titan, comme si c'était évident.
« Tu commences à m'emmerder avec ton axe. » Grommela Rivaille, et Eren ricana.
« Je suis sûr que vous l'avez vu, vous aussi. » Dit-il en s'asseyant plus confortablement sur le fauteuil usé.
Rivaille resta silencieux. Oui, il avait vu ces espèces de fils bleus à la con. De longs câbles qui striaient le ciel, organisés autour d'un même axe et qui semblaient vibrer, chacun différemment. Il y en avait même eu un qui s'était enroulé autour de son bras, le chauffant comme une lame à blanc. Il ne savait pas ce qu'étaient ces merdes fluorescentes, mais à leur seule mention, il se sentait fébrile. Comme porté par quelque chose qui était plus grand que lui, qui dépassait tout, même l'espace et le temps. Conneries. Mais encore une fois, ça changeait pas de tout le reste.
« C'est quoi ces foutus fils ? » Demanda finalement le caporal.
Eren sembla pensif quelques secondes, avant de répondre :
« C'est les primordiaux. Les futurs et les passés. Ils se rejoignent tous à un endroit, à la fin. Il peuvent entrer en contact entre eux grâce à l'Axe. C'est lui qui me relie à tous les assaillants, dont mon père. Il est particulièrement puissant entre les primordiaux, mais il relie aussi tous les eldiens entre eux.»
Rivaille le regarda comme le dernier des fous furieux, et le titan se mit à rire, vraiment cette fois.
« Vous me prenez pour un taré hein ? » Demanda t-il, et devint presque hilare quand le caporal répondit :
« Ça fait un moment déjà, mais là tu pètes tous les records. »
Il y eut un nouveau silence avant que Rivaille ne se racle la gorge.
« Et ces … Axes, tu les vois là ? »
« Je vois le vôtre. » Articula le titan en pointant son doigt vers la poitrine de son supérieur. « Il sort de là, et il serpente sur le mur, redescend, fais le tour de votre lit et… »
Le caporal haussa un sourcil.
« Et quoi ? il s'écrase au sol? » Ironisa t-il.
« Et il rejoint le mien. » Marmonna le titan, baissant rapidement les yeux en fronçant les sourcils, et pour la première fois depuis un moment, Rivaille le trouva fragile.
« Ça veut dire quoi ? » Demanda t-il, tout en ayant une vague idée de la réponse, mais il frissonna quand même lorsqu'il entendit un rire sinistre, rendu haché par des claquements de gorge, avant que l'autre ne lui réponde :
« Ça veut dire que vous êtes mon partenaire. »
Rivaille resta quelques minutes silencieux, laissant la phrase résonner à ses oreilles en boucle.
« C'est des conneries. » Prononça t-il finalement, et Eren releva les yeux vers lui.
« Non. »
Quoi non. Comment ça non. Rivaille détourna la tête, mal à l'aise au cause du regard profond que lui lançait le titan.
« C'est comme ça. » Articula Eren d'une voix froide. « Vous le savez en plus. »
« Ecoute crétin, c'est pas parce qu'on à baisé deux ou trois fois qu'on-
« C'est l'Axe qui l'a décidé. » Le coupa l'assaillant. « Vous ne pouvez rien faire pour empêcher ça. Et vous n'en avez même pas envie. Vous avez besoin de moi. »
Le caporal en aurait presque eu un fou rire, mais se contenta de renifler sarcastiquement.
« J'ai besoin de personne morveux. »
« Je sais ce que vous ressentez pour moi. » Claqua la voix froide d'Eren.
Rivaille cligna des yeux plusieurs fois. Attend mais il est sérieux là ?
« Hormis du dégoût et une certaine dose d'énervement, je vois pas bien ce que tu peux sentir d'autre avec tes super-pouvoirs de monstre. » Grogna le caporal avec hargne.
Eren se leva de son siège et fut en un pas juste à coté du lit. Foutues jambes trop longues, pensa Rivaille en tendant tout son corps quand le titan balança sa jambe droite au dessus du lit, et s'assit sur ses hanches. Le caporal ouvrit la bouche pour lui ordonner de dégager de son perchoir, mais le titan le coupa :
« Je sens parfaitement bien ce que vous ressentez. »
Eren se pencha vers lui, ses longs cheveux s'échouant sur le torse du caporal, alors qu'il le regardait dans les yeux, les pupilles se dilatant par à-coup, assombrissant ses yeux verts. Rivaille retint sa respiration quand il sentit le souffle chaud de l'autre lui caresser la bouche.
« Je sais que vous avez envie de moi là. » Souffla le titan en approchant encore plus son visage du sien, leurs lèvres se frôlant légèrement.
Sans déconner, faillit grincer sarcastiquement le caporal avant de se raviser. Il commençait déjà à sentir une sorte de jubilation le gagner en ayant l'autre si proche de lui, mais il y avait encore des choses qu'il voulait savoir. Alors il repoussa férocement dans un coin sombre de son esprit le fait que les fesses du titan était à approximativement trois centimètres d'un endroit très intéressant, et posa ses paumes sur sa chemise pour le tenir à distance et le regarder dans les yeux. Eren lui attrapa les mains, les serrant dans les siennes alors que son regard se faisait douloureux. Il ferma brusquement les yeux, fronçant les sourcils du plus fort qu'il pouvait, avant de les rouvrir et qu'une étincelle joueuse prenne la place de la tristesse. Il eut un rictus en bougeant ses hanches sur celle du caporal. Ce dernier serra les mâchoires et envoya un regard furibond vers celui qui le surplombait. Stop. Focus. Des réponses. Important. Pas bouger. S'ordonna t-il mentalement.
« Dégage. De. Là. » Gronda t-il, les dents serrées.
Le titan eut de nouveau son rire glauque en pressant encore plus fort son bassin contre celui du caporal. Il se pencha sur lui, collant sa joue à la sienne.
« C'est vous qui vouliez que je reste. » Murmura t-il à son oreille d'une voix rauque qui résonna dans tout le corps de Rivaille.
« Pour parler. Pas comme ça. » Grogna t-il en donnant un coup d'épaule pour que l'autre pousse sa tête.
« Y a que comme ça que vous arrêtez de mentir. » Chuchota Eren en caressant du bout des doigts la mâchoire saillante de son supérieur, qui poussait à intervalle régulier contre la peau fine de sa joue.
Le titan redressa un peu le haut de son corps, plaçant son visage en face de celui de Rivaille, avant de darder sa langue et de la passer entre ses dents pour lécher la lèvre supérieure devant lui, récoltant un grondement mi-énervé mi-excité qui le fit sourire. Il passa ses doigts sur le crâne du caporal, appréciant la douceur des cheveux coupés courts en dessous de son undercut, et perdant sa main dans les mèches plus longues du sommet de son crâne alors qu'il plaquait sa bouche contre celle de Rivaille.
C'était presque comme le baiser dans la baignoire. Doux, langoureux, juste deux bouches qui se rencontraient calmement, comme un instant qui suspendait toute la rancune et l'incompréhension qui malmenaient les deux hommes. Rivaille ne savait pas si le titan l'embrassait ou le goutait. Il sentait sa langue lui caresser lentement les lèvres, le faisant frissonner, alors qu'il ne pouvait s'empêcher de soupirer contre cette bouche douce, chaude, qui se mettait à trembler quand il bougeait contre elle. Eren sentait le goût de son caporal partout sur sa langue, jusqu'au fond de sa gorge, et il ne pouvait s'arrêter d'en demander plus. C'était comme un verre d'eau fraîche après six heures de marche sous un soleil de plomb. Il n'avait jamais embrassé personne avant Rivaille, mais il était sûr qu'il ne pourrait jamais apprécier ça autant qu'avec lui.
Il ondula des hanches lascivement contre celles du caporal, et sentit une brûlure lui remonter toute la colonne quand il entendit l'autre gémir dans sa bouche. Il voulait le sentir, tout entier, contre lui. Il passa une main sous la chemise de Rivaille, caressant quelques instants son ventre sec, dont il pouvait sentir chaque muscle se tendre sous son toucher, avant de remonter vers son torse, où il sentit les battements frénétiques de son coeur, et ses hanches ruèrent une nouvelle fois pour voir si son muscle allait rater un battement sous le coup de l'excitation. Il sourit contre la bouche qu'il embrassait, et ferma son poing sur le tissu blanc pour le lever et le faire passer par dessus la tête de son supérieur.
Rivaille avait déjà les yeux embrumés par le désir, et Eren se perdit dans ces orbes orageuses si froides habituellement, mais qui le regardaient maintenant comme un affamé. Il frémit en sentant son sexe se tendre douloureusement sous la barrière de son pantalon. Il se souleva pour s'agenouiller à coté du corps étendu sous lui, et déboutonna la braguette de l'autre homme qui soupira en rejetant la tête sur son oreiller. Eren descendit son pantalon et son sous-vêtement en prenant garde à ne pas toucher sa cuisse lacérée, et resta quelques secondes sans bouger, détaillant juste le corps nu, élancé, aiguisé, allongé sur le lit.
« Vous êtes si beau. » Souffla t-il, presque pour lui même.
Rivaille eut de nouveau ce pli amer qui lui déforma la bouche.
« Tu veux bien la fermer ? » Grogna t-il en levant la main gauche pour saisir ses cheveux à l'arrière de son crâne et l'attirer vers lui.
Le titan fut secoué d'un rire silencieux, et se replaça à cheval au dessus du ventre du caporal en encadrant son visage de ses mains. Il sentit un sexe tendu pousser contre ses fesses encore habillées, et une autre gerbe de chaleur lui dégringola entre les reins, le faisant haleter.
Rivaille soupira en sentant de nouveau le poids du titan sur lui, et son souffle sur son visage. Il se dit soudainement que l'autre était bien trop habillé, et agrippa le bas de son tricot pour le relever et le faire passer au dessus de la tête d'Eren. Il passa ensuite ses doigts sur ses côtes découvertes, sentant chaque creux et plein du torse du titan, qui se cambra au dessus de lui quand il écarta les doigts dans son dos, griffant légèrement la peau fine qui couvrait ses omoplates. Il redescendit ses mains, caressant du dos de ses doigts la taille d'Eren pour toucher la fine ligne de poils qui ornait son ventre, coulant de son nombril comme une flèche vers la ceinture de son pantalon qu'il s'empressa d'ouvrir. Eren bandait tellement que son sexe eut un sursaut quand Rivaille le libéra des couches de tissu qui l'emprisonnaient, alors qu'il gémissait de sa voix rauque.
Le titan enjamba son pantalon et se retrouva complètement nu contre le corps de son caporal. Il frissonna en sentant la morsure du froid sur son dos, et en voyant les yeux orageux de Rivaille le regarder partout. Putain. Ils n'avaient encore rien fait et Eren se sentait déjà au bout de tout. Il prit appui sur ses bras pour se soulever et passer ses jambes entre celles de Rivaille, et il gémirent tous les deux sourdement quand leurs sexes entrèrent en contact.
Eren enfouit sa tête dans le cou de son caporal en bougeant ses hanches au ralenti, sentant son bas-ventre fourmiller à chaque pression contre l'autre. Il respira profondément l'odeur de la peau de Rivaille, en sentant sa gorge se serrer un petit peu plus à chaque inspiration. Il était complètement fou de ce parfum là, qui l'entêtait et lui tordait les entrailles. Il était si chaud, corsé comme du bois de santal, délicatement fumé comme du pollen de mimosa, suave comme une odeur de cuir. C'était l'odeur de Rivaille, élégante et puissante tout comme lui, incroyablement complexe et animale. Eren se lécha les lèvres en sentant son coeur tambouriner comme un dément dans sa poitrine. Il lui en fallait plus.
Le titan se souleva sur ses mains et décolla légèrement son torse de celui de son caporal, descendant son visage le long de son cou, râpant la peau douce avec sa barbe naissante et déclenchant des frissons à Rivaille, qui avait fermé les yeux. Il goûta chaque parcelle de sa peau, avec une lenteur telle que c'en devenait presque une torture pour le caporal qui se tordait de plus en plus sous la bouche et les mains d'Eren. Ce dernier passa d'abord le bout de sa langue sur ses clavicules, traçant un chemin brûlant jusqu'à l'épaule gauche de Rivaille, qu'il mordilla doucement. Il attrapa sa main de la sienne pour soulever son bras et passer sa joue et ses lèvres tout le long de ses muscles en fermant les yeux, appréciant chaque pliure, chaque tressaillement, chaque caresse du fin duvet qui recouvrait son avant bras avant de passer légèrement ses dents sur son poignet et de poser la main fine et noueuse contre sa bouche. Il ancra ses yeux à ceux, à demi fermés, du caporal, et passa sa langue entre chaque doigt, écrasant sa lèvre inférieure alors qu'il les prenait dans sa bouche. Rivaille gémit en bougeant ses doigts contre les dents et la langue d'Eren qui le caressaient. C'était si érotique de voir ses doigts dans cette bouche charnue, rougie par l'excitation, que son sexe se contracta violemment et qu'il siffla de frustration quand Eren suça son majeur en le transperçant de ses yeux sombres.
Eren ricana silencieusement et reprit la main du caporal dans la sienne, avant de la lever et de la poser derrière son crâne. Les pupilles de Rivaille se dilatèrent d'un coup et ses doigts s'emmêlèrent dans les longs cheveux du titan alors que celui ci descendait la tête vers son ventre. Il lécha la ligne imaginaire qui partait du haut de son nombril et grimpait jusqu'à son plexus, et il vit tous les muscles anguleux du caporal se contracter spasmodiquement sous sa peau. Eren aurait aimé savoir dessiner pour pouvoir recréer tous les jours cette perfection de lignes déliées, d'ombres diffusées par la courbure des muscles de ce corps si affuté, taillé pour l'assaut. Il descendit plus bas, projetant son souffle chaud sur l'aine du caporal. Il inclina la tête pour mordre la veine palpitante sur l'angle saillant du « V » pointant vers de douces boucles brunes dans lesquelles il enfouit son visage alors que les doigts dans ses cheveux se refermèrent violemment sur son crâne.
Putain. C'était encore plus entêtant ici. Eren pouvait presque voir les phéromones émerger de ce creux de peau, se propager dans l'air et atteindre son visage en laissant des trainées brûlantes dans tout son système respiratoire. Le musc lui fouetta tellement les sens qu'il sentit des fourmis lui grimper sur les mains, parcourir son échine et grignoter ses tempes. Sa respiration se fit lourde, basse, entrecoupée de grognements et la salive inonda sa bouche. Il se lécha les lèvres et attrapa dans sa bouche le membre brûlant du caporal qui poussa un juron en arquant son corps sur le lit. Eren gémit en sentant le goût de Rivaille lui bruler la langue. Il voulait passer des heures ici, comme ça, à faire aller et venir ses lèvres tout le long de ce sexe, sentir chaque petit picotement de poils sur son menton, chaque torsion douloureuse de ses cheveux quand le caporal y serrait les doigts sous le coup du plaisir. Il caressait et griffait chaque partie du corps qu'il pouvait atteindre, appréciant particulièrement les geignements rauques que Rivaille laissait sortir quand il lui effleurait l'intérieur des cuisses. Il grogna et augmenta le rythme.
Il y eut une traction plus violente que les autres sur ses cheveux longs, comme pour le tirer en arrière, mais Eren leva une main et saisit celles derrière sa tête pour les maintenir contre son crâne alors qu'il serrait ses lèvres encore un peu plus. Il sentit le caporal se tendre sous lui alors que sa voix gronda dans sa poitrine :
« Putain, Eren… »
L'intéressé sourit et releva les yeux vers celui qu'il suçait. Rivaille se sentit comme tomber au fond d'un gouffre quand il se retrouva prisonnier du regard du titan. Ses yeux verts étaient complètement troubles, animés d'une lueur obscène, barrés par quelques fines mèches brunes qui lui tombaient sur le visage. Le caporal déplaça sa main gauche de derrière le crâne d'Eren pour la passer sur son front et coiffer ses cheveux en arrière, dégageant son visage. Le titan soupira sous la caresse du caporal, et ferma les yeux doucement, quelques rides apparaissant sur son front, avant de les rouvrir et que Rivaille ne voit plus que ses pupilles énormes, qui lui faisaient un regard sombre, égaré, alors qu'il creusait les joues, et s'en fut trop pour le caporal. Il serra de toutes ses forces les cheveux d'Eren dans sa main, souleva ses hanches et jouit en laissant un feulement rauque résonner contre ses dents serrées.
Eren le regarda, croyant alors que son sexe allait exploser sous cette vision, mais il sentit alors plusieurs giclées chaudes dans sa gorge, et sa vue se brouilla complètement. C'était dix fois plus fort que tout le reste. Il se sentit totalement rempli par le goût de Rivaille, comme s'il était partout, son effluve suave le percutant jusque dans son nez alors qu'il déglutissait. Il sentit le feu de ses reins se transformer en incendie dévastateur, et tous les poils de son corps se hérissèrent d'un coup. Il quitta le sexe encore tressautant et releva la tête en bougeant sa langue contre son palais pour encore sentir ce goût de musc partout dans sa bouche. Il eut du mal à respirer normalement et vit Rivaille relever des yeux inquiets vers lui.
Le caporal écarquilla les yeux. Il avait déjà vu cette expression sur le visage d'Eren. En partie du moins. Il s'était un peu plus courbé sur le lit, tendu en avant, les mains serrant le drap à en devenir blanches. Il avait penché sa tête et le regardait, le front si incliné vers le bas qu'il ne voyait que le bas de ses yeux. Ses yeux… Ils étaient complètement noirs, comme deux lacs sans fond, braqués sur lui, traversés d'un désir dévorant, affamé, animal. Sa respiration s'était faite sifflante alors que ses lèvres s'étaient un peu retroussées et que sa langue passait sur la muqueuse rougie. Rivaille se mit à trembler. C'était comme la nuit au cachot. Mais en pire. Et il n'y avait pas la cage cette fois.
Le titan grogna sourdement en se rapprochant lentement du caporal, encerclant sa taille de ses mains posées sur le lit. Rivaille se mit à haleter, encore groggy par son orgasme, la tête lancinée par les battements de son coeur. Eren se plaqua une nouvelle fois sur lui, l'écrasant de tout son poids, alors qu'une de ses mains venait enserrer sa cuisse gauche pour la relever. Rivaille essaya de se dérober à la main brulante qui le serrait trop fort, imprimant la trace de ses ongles sur sa peau, mais un grognement guttural couplé d'un brusque coup de rein le fit de figer. Non non non non. Calme toi. Se dit le caporal, qui commençait à être vraiment inquiet.
« Eren. »
Le titan mugit et se colla encore plus à lui, enfouissant sa tête dans le creux de son cou et mordant sa jugulaire en respirant de plus en plus fort. Rivaille sentit son sexe atrocement dur pousser contre le sien, et il s'y sentit réagir de nouveau. La respiration lourde à son oreille fut entrecoupée de grondements bestiaux, et le caporal attrapa le visage du titan de ses deux mains pour qu'il lui fasse face.
« Bordel Eren. »
Rivaille caressa les joues du plus jeune avec ses pouces, et sentit comme elles tremblaient à cause des spasmes de la mâchoire de l'assaillant, qui le transperçait toujours de son regard de dément. Le caporal fronça les sourcils en continuant ses caresses, massant à présent ses tempes en des cercles apaisants. Le titan se mit à trembler, et une petite plainte sembla venir du fond de sa gorge alors que ses yeux incandescents s'éteignaient un petit peu. Une onde de tristesse balaya ses yeux verts, toujours plongés dans ceux de Rivaille, et il gémit douloureusement :
« Je peux pas… J'arrive pas à me calmer… »
Il se remit à se frotter contre Rivaille en fermant les yeux, une veine battant sur son front. Le caporal s'arqua un peu sous lui quand ils sentit une décharge réveiller de nouveau son corps, mais serra ses doigts sur les mâchoires d'Eren, amorçant à moitié un mouvement pour le repousser. Le titan respirait toujours trop vite, en geignant presque, alors qu'il resserrait sa prise sur la jambe de Rivaille, passant la main derrière son genoux, pour la relever complètement. Le caporal sentit le sexe du titan descendre plus bas, suivant la ligne de jonction entre sa cuisse et ses fesses, et se cambra sur le lit en le sentant presser vraiment, vraiment plus bas.
« Eren… » Gémit-il doucement.
Le titan rouvrit les yeux, et les planta dans ceux du caporal en contractant un peu plus ses reins, se pressant encore plus fort contre ses fesses. Il avait toujours la même mélancolie qui lui habitait le regard, doublée d'une tendresse telle que Rivaille eut l'impression qu'il allait crever sous ce regard. Il déglutit difficilement et passa une main derrière la nuque du titan pour rapprocher leurs visages et l'embrasser. Eren souffla ardemment contre sa bouche en commençant à entrer en lui, et le caporal serra sa prise sur ses cheveux si fort qu'il en arracha quelques uns alors qu'il serrait les dents. Eren haleta en bougeant très lentement, millimètre après millimètres, alors que Rivaille se tendait sous lui. C'était si lent que ça les faisait suffoquer tous les deux, alors qu'ils se regardaient dans les yeux en tremblant de tous leurs membres.
Rivaille n'aurait jamais cru faire ça une deuxième fois, mais Eren avait des yeux tellement désireux, éperdus et sincères qu'il n'arrivait pas à ne pas en avoir envie. Il soupira en sentant la brulure irradier tout son bassin. Il sentit l'autre enfouir sa tête dans son cou en gémissant. Il ferma les yeux. Juste maintenant, pendant ce tout petit moment, il s'en fout. Il est juste là, avec lui. Alors il s'en fout. Il grogna un peu plus fort sous la douleur quand Eren se retira doucement pour revenir en lui. Ce dernier redressa la tête et le regarda presque timidement. Mais il va vraiment me tuer ce con.
« Caporal… » Murmura Eren en lui caressant la joue du bout des doigts, comme pour éviter de le casser si il appuyait trop fort.
Putain c'était incroyable que même dans les moments où il le voyait nu, cambré sous lui, où même quand il le prenait, le titan continuait à l'appeler par son grade. Rivaille avait même l'impression qu'il n'y avait pas d'autres moments entre eux où Eren était aussi dévoué à lui, presque soumis en quelque sorte, et cette pensée fit partir une flèche de plaisir du bas de son dos jusque dans sa nuque qui commençait à se couvrir d'une fine pellicule de sueur. Il gémit sourdement lorsqu'il sentit une vive chaleur lui irradier tout le bassin après un mouvement de hanche plus soutenu d'Eren, qui se figea en le regardant avec une vive crainte qui fit presque disparaître la lueur lubrique qui s'était installée dans ses iris.
« Caporal, si vous avez trop mal, je peux… » Murmura t-il doucement en amorçant un mouvement pour se retirer, mais un grondement résonna entre leurs deux corps.
« Bordel si t'arrêtes une seule seconde ce que tu es entrain de faire, je t'arrache les yeux. »
Eren sentit quelque chose de chaud se répandre dans toute sa poitrine et revint contre Rivaille, le serrant dans ses bras du plus fort qu'il le pouvait, enfouissant son nez dans ses cheveux alors qu'il reprenait son rythme lent. Le caporal releva encore plus sa jambe, enserrant les hanches du titan pour le faire entrer plus loin en lui. Eren souffla douloureusement en sentant la chaleur de Rivaille se détendre autour de lui. Il n'arrivait pas à croire qu'il lui laisse lui faire ça. C'était si invraisemblable et si abominablement excitant qu'il devait se retenir de jouir à la seule idée que le caporal le laissait le prendre, comme ça. Il essayait de comprendre pourquoi. Même avec la force de l'Axe qui les liait, ça restait incroyable que l'autre lui fasse confiance à ce point là. Lui même ne le ferait pas en vérité. Ou alors… Eren se figea en plongeant son regard dans les orbes brumeuses de Rivaille.
Ou alors il savait ce qu'il allait faire. Ou du moins, il le sentait. Le titan ferma les yeux. Il ne pouvait pas renoncer, abandonner ses plans pour rester avec le soldat qui commençait à onduler des hanches sous lui, menaçant de lui faire perdre le fil de ses pensées, et son contrôle avec. Eren grogna en sentant la jambe de Rivaille le serrer plus étroitement contre lui. Il se rendait compte de ce qu'il lui faisait ? Probablement pas. Pour le caporal, tout n'était pas encore clair. Il sentit une fulgurante pointe de douleur entre ses côtes en pensant à comment il réagirait dans quelques heures. Il secoua la tête. Il devait profiter, maintenant. Essayer de faire comprendre les choses à Rivaille, du mieux qu'il pouvait, et profiter de sa chaleur encore, un peu.
Eren releva la tête en creusant son dos, s'enfouissant complètement en Livai qui planta ses ongles dans ses fesses en gémissant, la tête rejetée en arrière. Mon dieu que c'était bon. Les mains froides et calleuses arpentèrent tout son dos, qui se contracta spasmodiquement alors que le titan le sentait parcouru de décharges électriques. Rivaille sentit que ça crépitait sous ses doigts mais n'en fut pas effrayé. Il était plutôt envouté par cette énergie qui irradiait de l'homme qui le prenait. Comme si ces petits grésillements parlaient pour lui, lui faisaient parvenir son désir, son attachement. Putain c'était fort. Il entendait presque les battements de coeur d'Eren dans sa tête. Il sentait la torsion de ses muscles quand il bougeait en lui. Il avait même l'impression qu'il ressentait ses émotions. Un désir dévorant qui faisait écho au sien, une espèce d'adoration qui le fit frissonner des pieds à la racine des cheveux et puis du doute aussi, et …de la tristesse?
« Arrêtez ça. » Gronda Eren en donnant un grand coup de reins qui secoua tous les organes de Rivaille d'une gerbe de chaleur, le faisant hoqueter.
« À quoi tu penses crétin ? » Grogna Rivaille en soulevant ses hanches du matelas, déclenchant un long son rauque dans la gorge du titan. Ce dernier prit appui sur ses deux mains, pencha son torse en avant et donna de grands coups profonds, faisant se tordre le caporal contre le drap.
« Tu penses vraiment… Me faire taire comme ça ? » Marmonna Rivaille en serrant brusquement les dents sur sa lèvre inférieure quand Eren toucha une boule de nerfs qui crépita en lui. Il se contracta violemment en élançant ses hanches vers celui qui le prenait, le faisant tomber sur lui en poussant une plainte sourde.
« Oui… » Gémit lascivement Eren contre son oreille en augmentant le rythme de ses va-et-vient, et Rivaille se demanda comment était-ce putain de possible d'avoir une voix aussi sexy, mais essaya de se reprendre.
« Au point où on en est… » Commença le caporal en faisant un mouvement suggestif du bassin qui fit se fermer très fort les yeux d'Eren, « Je pense que tu pourrais arrêter de jouer au con et me dire ce qu'il se passe dans ta grosse tête vide. »
Le titan gloussa contre le corps de Rivaille qui sentit des fourmis grimper dans son ventre. Il donna quelques coups de boutoir qui firent presque crier le caporal une fois, deux fois, trois fois avant de s'arrêter et de souffler, sa cage thoracique tressautant comme si quelque chose lui bloquait la gorge. Il caressa quelques secondes le bas de la nuque de Livai avant de plonger le visage dans le creux de son cou et d'inspirer profondément avant de murmurer d'une voix blanche :
« Votre odeur me rend fou. Je ne peux plus m'en passer. Ça doit être a cause de l'Axe. Je ne veux pas être dépendant de vous, mais je le suis. Je ressens tout. Quand vous avez mal, que vous êtes déprimé à cause de votre jambe, quand vous êtes excité aussi. » Continua t-il en bougeant très lentement ses hanches, arrachant un soupir à Rivaille, qui avait froncé les sourcils. « Je sais pas quoi faire. Je suis juste bien avec vous. Un peu comme Armin et Jean, sauf que moi je vous déteste aussi, parce que vous êtes un vrai enfoiré. » Le caporal sentit un léger sourire tendre la joue plaquée contre son cou. « J'ai essayé de couper tout ça quand je suis parti toute la semaine dernière, mais ça marche pas, et je suis atrocement fatigué quand je reste loin de vous. Alors là je… J'ai juste envie de profiter de ça, de vous. Je sais que pour vous c'est exactement la même chose. Alors pour une fois, juste cette fois, s'il vous plait, vous voulez bien vous laisser aller ? » Termina le titan comme pour une supplique en recommençant à s'enfoncer dans le corps du caporal, qui sentait ses yeux commencer à le piquer.
Il était partagé entre l'envie de baiser encore plus fort avec Eren à cause de son grand monologue beaucoup trop sincère, et en même temps de lui faire bouffer ses incisives pour avoir sous entendu qu'il savait tout de lui. Il était quoi, un putain de guide touristique qu'on lisait en dix minutes ? Il serra les dents en continuant de bouger son corps en écho à celui du titan qui lâchait des soupirs extatiques à son oreille. Mais il entendit autre chose, comme une mélancolie qui devenait sonore à la fin de chacune de ses expirations. Il agrippa ses cheveux longs et le tira doucement en arrière en le poussant avec son torse pour qu'il le regarde. Son visage était si complexe, complètement ouvert sur plein de choses, mais encore et toujours fermé sur d'autres. Eren esquissa un sourire en coin en prenant un rythme plus soutenu qui fit vibrer tout le corps de Rivaille. Mon dieu qu'il l'énervait. Il planta son regard glacial dans celui du titan et prononça d'une voix égale :
« Je ne sens rien de tout ça, j'aime bien baiser avec toi c'est tout. »
Les mouvements du titan ralentirent, les faisant tous les deux gémir de frustration, jusqu'à ce qu'il s'immobilise, le souffle court et les membres tremblants de besoin. Eren eut un regard indéchiffrable, assombri par la luxure mais brillant d'une lueur qui fit se contracter la cage thoracique de Rivaille. Le plus jeune soupira doucement, comme s'il était fatigué par quelque chose, et ses yeux se firent très, très sérieux. Le caporal vit alors la main gauche du titan bouger et quitter son champ de vison, avant qu'un bruit qu'il connaissait parfaitement ne le fasse se redresser d'un coup, et qu'il ne se tende de toutes ses forces vers sa table de chevet. Mais le corps d'Eren était trop lourd sur le sien, et sa jambe le lança atrocement quand il essaya de se dégager de son poids. Il vit du coin de l'oeil le tiroir s'ouvrir lentement.
« NON ! » Hurla t-il alors que ses yeux se révulsaient presque sous le coup de la colère.
Eren continuait de le regarder avec la même expression profonde, sombre, atrocement sérieuse, et Rivaille sentit la panique grimper sa colonne vertébrale et son sang battre à ses oreilles. La longue main sortit un papier plié en deux de sa cachette, et l'amena lentement entre les deux corps toujours pressés ensemble. Le caporal lança son bras libre vers le papier mais Eren l'évita aisément et saisit son poignet avec son autre main, le forçant à rester immobile.
Le caporal était dans un état de rage tel que ses yeux d'acier ressemblaient à deux gouffres de haine et que ses lèvres s'étaient retroussées, laissant échapper des sifflements entre ses dents serrées. Le titan agita alors doucement sa main gauche, faisant se déplier petit à petit le papier jauni, et le garda suspendu au niveau de leurs visages. Rivaille haletait si vite et si fort que le corps d'Eren en était secoué, et il avait tourné sa tête dans le sens opposé au dessin qui se révélait et le narguait. Le titan continuait de le regarder calmement, sans jeter un oeil à l'image qu'il connaissait déjà.
Sur la surface du papier épais, un peu gondolé à cause de l'humidité du meuble, il y avait un dessin au crayon. Un dessin léger, hachuré, incroyablement précis. Un dessin d'Hanji. Un croquis qu'elle avait fait d'Eren, pendant l'entraînement, sortant de son titan.
« Pourquoi vous avez ça, près de vous, jour et nuit ? » Murmura Eren en décalant sa tête sur la droite pour essayer d'attraper le regard fuyant de Livai. Ce dernier ferma les yeux, les sourcils intensivement froncés, deux crevasses profondes barrant le haut de son nez.
Il resta muet, respirant toujours aussi fort, les joues rouges de colère. Il sentait les ondes de violence pure bruler tous ses muscles, attendant qu'il y cède et qu'il étripe le gros enfoiré qui était toujours immiscé en lui. L'enfoiré en question donna un nouveau coup de reins, et les mains de Rivaille jaillirent sans qu'il puisse s'en empêcher pour serrer le cou du titan, qui glapit en sentant ses pouces s'enfoncer dans sa trachée.
« Cap… » Couina Eren en agitant la tête, qui commençait à pulser à cause de la compression de son système circulatoire. Il sentait le sang en réseau fermé taper fort contre ses tempes. Il lâcha le dessin qu'il tenait encore, et vint encadrer le visage du caporal de ses deux mains.
Rivaille resserra encore plus l'étau qui étouffait le titan, ne sachant vraiment pas si il voulait ou non s'arrêter. C'était très alléchant d'imaginer que tout ça pouvait s'arrêter maintenant, si il arrivait à tenir assez longtemps pour que l'autre s'effondre. Les yeux d'Eren se révulsèrent alors qu'il secouait le haut de son corps pour chercher de l'air. Le caporal sentit les longs doigts du titan se refermer sur ses mâchoires et ferma instinctivement les yeux pour éviter de se les faire crever trop vite en un geste de défense instinctive de l'homme qui était entrain de suffoquer.
Mais les pouces du titan ne vinrent pas se planter dans les orbites du caporal. Au lieu de ça, celui-ci sentit les doigts remonter le long de ses joues, en une longue caresse si légère qu'il était difficile de concevoir que celui qui la prodiguait était présentement entrain de se faire étrangler. Rivaille fronça les sourcils quand les paumes se posèrent de chaque coté de sa tête, et que les doigts se mirent à caresser ses arcades sourcilières et faire des cercles sur son crâne. Sous ces caresses excessivement douces, le caporal desserra quelque peu sa poigne, et il entendit Eren prendre une inspiration saccadée, en continuant de lui toucher le front, les pommettes, le creux de ses joues.
Et le plus jeune se remit à bouger, lentement, langoureusement, toujours tenu loin de l'homme qu'il prenait par ses deux bras tendus qui l'étranglaient encore légèrement. Le caporal souffla rageusement, toujours les yeux fermés, empêchant de toutes ses forces son corps de se cambrer et de venir à la rencontre d'Eren. Ses doigts se serraient compulsivement sur sa gorge, hésitant encore à la lâcher ou à se remettre à l'étouffer. Il n'aimait pas cette sensation. Il se sentait comme le pire des abrutis à avoir gardé ce dessin dans sa table de nuit. Il aurait dû le brûler il y a des semaines de ça. Maintenant il était foutu… Il frissonna quand il sentit un coup plus fort en lui, qui lui tordit le ventre d'excitation.
« Regardez moi. » Murmura Eren d'une voix faible, encore éraillée par la strangulation.
Ah ça non. Plutôt se crever les yeux tout seul. Les mains descendirent de son visage pour effleurer son cou, ses clavicules, et se poser sur sa poitrine, là, au milieu. Rivaille sentit une poussée chaude contre son torse, et sentit quelque chose partir du milieu de sa poitrine, comme un jet d'eau brûlante qui s'échappait sous la pression. Il entendit Eren gémir douloureusement et il le sentit passer une main sur son front, gardant toujours la gauche sur son torse. Il sentit un câble s'enrouler autour de lui, lui encerclant la taille, descendant jusqu'à sa cuisse gauche, et le réchauffant comme un rayon de soleil. Sa prise sur le cou du titan lâcha d'un coup, et ses mains retombèrent à plat sur le matelas, de chaque coté de son corps. Eren plongea alors sur lui, collant leurs deux corps ensemble, et embrassa sa gorge jusqu'à son épaule, en accélérant le rythme de ses coups de reins. Rivaille gémit quand une poussée lui envoya une onde de plaisir beaucoup plus forte que toute les autres, et il se tendit vers le corps sur lui. Eren profita alors de l'espace qu'offrait la cambrure du dos du caporal pour passer une main sous ses reins et une sous sa nuque, et le relever pour l'assoir sur ses cuisses.
Rivaille faillit hurler en sentant le sexe d'Eren entrer en lui jusqu'à la garde, mais ne laissa s'échapper qu'un grondement sourd qui résonna dans l'oreille gauche du titan. Ce dernier agrippa la nuque du caporal, emmêlant ses doigts dans ses cheveux alors qu'il recommençait à bouger, lançant ses hanches vers le haut, sentant à chaque mouvement le sexe de Rivaille frotter contre son ventre. Il pouvait sentir chaque battement de son coeur, chaque contraction de ses cuisses, chaque souffle à son oreille, c'était si excitant que c'en était presque insupportable.
« C-Caporal… Dites moi… »
Rivaille grogna et donna un coup de hanches sur Eren pour le faire taire. Le titan hoqueta et déplaça ses mains de sa nuque au bas de ses mâchoires pour le faire reculer et qu'il le regarde, sans succès.
« Pourquoi vous… Le regardez comme ça… »
Le caporal commençait à suffoquer, ses poumons se contractaient douloureusement alors qu'il cherchait de l'air, en poussant de toutes ses forces contre les mains d'Eren pour garder sa tête enfouie dans son cou, cachée. Mais le plaisir lui irradia tout le dos d'un coup et il s'arqua contre le corps agenouillé sous lui, gémissant piteusement en sentant que la fin arrivait.
« … Et pas… Moi… »
« Ta gueule putain. » Prononça Livai les dents serrées alors qu'Eren parvint à lui faire reculer la tête, collant son front au sien, et que ses halètements se fracassèrent sur son visage.
Dans un élan d'excitation dévorante, le caporal ouvrit enfin les yeux pour tomber sur les prunelles sans fond du titan, qui le fixaient désespérément, ses pupilles se dilatant en rythme avec ses déhanchements. Rivaille sentit tous ses muscles se tendre dangereusement, et son coeur s'accéléra un peu plus lorsqu'il vit plein de lumière bleue autour d'eux, qui les enrobait comme un voile. Le câble s'était enroulé autour d'eux, tressautant à la même fréquence que leurs battements de coeur, se resserrant de plus en plus sur leurs corps imbriqués. Rivaille se dit que c'était joli. Flippant mais joli. Et alors il sentit la chaleur écrasante de la délivrance infuser chacun de ses muscles et il tomba en arrière, écrasant le haut de son dos contre le matelas. Tout son corps s'arqua vers le haut, tendu de tous ses nerfs et ses tendons, alors qu'Eren feula et plongea une dernière fois en lui, le plus loin qu'il pouvait, en contractant ses mains sur ses hanches et le creux de son dos. Ils jouirent en un râle, tous les deux, et les câbles partirent au même moment, comme éparpillés dans tous les sens, baignant une dernière fois la chambre d'une lumière aveuglante alors qu'Eren s'écroulait sur Livai.
Le titan attendit quelques instants, encore enfoui, le nez plongé dans les cheveux du caporal. Il savait qu'il s'endormirait vite, quoi qu'il fasse, mais il voulait rester encore un peu là, allongé sur lui, pour reprendre son souffle. Il fut un peu étonné et son coeur se serra quand il sentit une main lui caresser l'arrière de la tête, quelques secondes, avant de retomber sur le matelas et que la respiration de Livai se fasse plus profonde. Ça y est, il dort.
Eren hésita quelques minutes en baissant les yeux vers la jambe droite du caporal. Est ce qu'il laisserait les choses se faire naturellement ? Ça lui accorderait plus de temps, plus de quiétude aussi. Si il pouvait éviter à Rivaille de prendre part au combat le plus longtemps possible, il n'en serait que plus détendu pour la suite. Seulement, sa jambe guérissait très vite, trop même, peut être à cause de leur lien, ou des corps de machines de la lignée Ackerman. Il savait que dans à peine un mois, le caporal pourrait de nouveau marcher normalement, et qu'il aurait retrouvé la plupart de ses capacités dans cinq, maximum. Ça ne lui laisserait pas assez de temps de toute façon. Et puis il n'avait aucune garantie que le caporal resterait sagement à Paradis en attendant d'être pleinement opérationnel. Comme il le connaissait, il sera déjà parti pour venir le chercher par la peau des fesses avant même que sa jambe ne lui fasse plus mal quand il la pliait. Et si le lien ne s'affaiblissait pas avec la distance, ça pourrait même le foutre dans la merde de sentir chaque moment où l'autre se tordrait la cheville…
Il soupira discrètement. Non, il n'avait pas le choix, il ne pourrait pas le préserver de ce qui allait suivre de toute façon. Il redressa la nuque pour regarder le visage endormi sous lui. Il avait envie qu'il reste comme ça, tout le temps, jusqu'à ce qu'il revienne. Un rictus déforma ses lèvres. Ça devenait emmerdant cette sensiblerie à deux sous. Il s'appuya sur le matelas pour soulever son corps, et prit une grande inspiration en passant sa jambe gauche au dessus de celle, blessée du caporal. Il sentait déjà que sa jambe droite était attirée vers celle de Rivaille, comme un aimant. Il hésita encore quelques secondes en observant les longs cils qui créaient de délicates ombres sur les cernes du caporal. Il se mordit la lèvre en souriant. Après tout il lui devait bien ça.
Alors il colla sa cuisse marquée de longues stries rosâtres sur la plaie encore ouverte du caporal et serra les dents quand il sentit une décharge de chaleur lui irradier tout le coté droit de son corps, jusqu'aux doigts. Il se concentra sur les picotements qui traversaient ses muscles, et sentit une grosse impulsion électrique dans toute sa colonne, qui lui vrilla le bassin pour atterrir entre leurs deux jambes droites, rivées l'une à l'autre. Eren soupira quand les tiraillements sur sa peau lacérée disparurent, et il se décolla du caporal pour sortir du lit.
Il partit dans la salle de bain pour revenir avec une serviette propre, et la passa délicatement sur tout le corps du caporal qui dormait encore à poings fermés, pour le nettoyer. Il évita précautionneusement sa cuisse, d'ou s'échappait une légère vapeur analogue à celle qu'il ne connaissait que trop bien. Une fois ceci fait, il rabattit le drap sur lui pour le couvrir, et partit à la recherche de ses vêtements. Il passa sa chemise et son pantalon à la hâte, recouvrant sa cuisse droite sur laquelle n'était plus visible qu'une fine ligne brunie en creux, imprimée à la surface de sa peau.
Il se dirigea vers la porte de la chambre, mais resta planté devant quelques secondes. Il soupira, fit demi-tour et fouilla sous le drap de lit pour attraper la chemise du caporal. Il la serra dans son poing et la ramena à son visage pour humer le parfum qui s'en échappait. Et puis, le plus lentement possible, il se pencha au dessus de l'homme assoupi. Il passa sa main libre dans ses cheveux, doucement, et murmura :
« Vous me la reprendrez quand vous viendrez me sauver le derche. »
Et il s'éclipsa et ferma la porte derrière lui en pensant déjà à l'océan.
FIN PARTIE 3.
Et voilà, ce triptyque est à présent terminé, j'espère qu'il vous a accroché autant que moi.
Je sais que cette fin est assez brusque, mais c'est vraiment là que je voulais m'arrêter dès le départ de cette histoire. Il me semble que je l'ai commencée approximativement à l'épisode 5 de la saison finale de l'animé, et il y avait tellement de mystère sur bordelqu'estcequisepasseavanttoutecettemerde que je voulais poser cette histoire vraiment juste avant qu'Eren ne se décide à aller à Mahr, d'où cette fin que j'imagine frustrante (mais ça représente bien mon état de tous les dimanches soir ahahah). Vu la tournure que la série prend, et les réponses qu'on commence à entrevoir, je me dis que mon délire avec toute cette histoire d'Axe n'est peut être pas si éloignée des choses, et c'est ultra chouette de faire des conjectures sur une série comme celle là tout en en écrivant une fanfic sans prétention, qui à juste pour but de créer des situations qui n'arriveront pas mais que j'aimerais (beaucoup beaucoup) voir. Alors je pense qu'il y aura une suite à ce triptyque ( ça m'emmerde un peu parce que les 3 parties c'était quand même très propre ahahah), peut être en lien avec la direction que prend la série, peut être en en refusant certains évènements (oui j'ai très peur de certaines choses ahahah). Je n'ai pas du tout commencé à l'écrire, mais quelques idées sont déjà là, avec des réponses plus précises sur ces liens et ces phénomènes. Je posterai un chapitre 6 à cette fic, comme à chaque fois, pour vous prévenir si je publie une nouvelle partie, mais je pense que oui, vraiment, donc si vous voulez avoir une alerte, vous pouvez follow cette partie 3 !
Je vous remercie encore une fois de votre soutient, et puis on se dit à bientôt !
Et pour celleux qui n'ont pas encore vu toute la série ou par encore commencé la saison 4, je vous enjoins à vous y plonger, parce que si suite il y a, ça va certainement spoiler sévèrement (par contre je ne lis pas les scans donc si vous suivez exclusivement l'animé, pas de soucis) !
Prenez soin de vous.
