Chapitre 11 : Rédemption
- Vous pouvez y aller, mais n'oubliez pas de me rendre vos quarante centimètres de parchemin pour vendredi. Bonne semaine ! déclara McGonagall, en effaçant son tableau d'un coup de baguette.
Hermione, qui était assise entre Ron et Harry rangea ses affaires pour quitter la salle - le cours de Métamorphose étant le dernier de sa journée après Potions - et sortit pour rejoindre la bibliothèque. Elle ne voulait pas perdre de temps sur ses devoirs, et désirait même prendre de l'avance, même si elle avait déjà lu la plupart de ses livres de cours.
- Hermione ! entendit-elle dans son dos.
Elle se retourna pour voir Harry courir pour la rattraper, presque à bout de souffle. En deux enjambées il l'avait rejointe et se pencha quelques secondes sur ses genoux pour reprendre son souffle, avant de se redresser.
- Tu te souviens, je devais venir visiter ton appartement, tu me l'as proposé ce matin, lui rappela-t-il.
- J'avais complètement oublié, Harry ! s'exclama-t-elle en posant une main sur son front, d'un air désolé. Est-ce que ça te dérange si on fait ça après le dîner de ce soir ? J'aimerais vraiment aller à la bibliothèque.
- Aucun problème, Hermione. Je préfère à vrai dire, ricana-t-il nerveusement, en passant une main derrière sa nuque d'un air gêné.
- Ah ? Et pourquoi ça ? demanda-t-elle avec un sourire en coin.
- J'aimerais bien retrouver Ginny, nous nous sommes un peu disputés ce matin.
- Mince, fit-elle en fronçant les sourcils. Rien de grave ?
- Non, mais je lui ai promis de passer un moment avec elle dans la journée…
- Alors vas-y, Harry. Tu me raconteras plus tard, j'espère que ça ira, répondit-elle en souriant, avant de l'embrasser sur la joue. Bon je file, j'aimerai m'avancer un peu.
- Pourquoi ne suis-je pas étonné ? se moqua-t-il.
Elle lui tira la langue et partit en direction de la bibliothèque, ses livres serrés contre sa poitrine, après avoir déposé un baiser sur la joue de son frère. Sans savoir qu'ils étaient observés, de loin.
oOo
- Mais Malefoy ne sera pas là ? demanda Harry.
- Peu importe, c'est autant mon appartement que le sien, et tu es mon frère, tu viens quand tu veux, il n'a rien à dire, grogna-t-elle.
- Si tu le dis, dit Harry en haussant les épaules.
Ils sortaient tout juste de la Grande Salle, après avoir dîné avec les autres, et se dirigeaient vers le cinquième étage. Ils n'avaient pas vraiment prévenu les autres d'où ils se rendaient, ne préférant pas rameuter la foule, et passer ce moment tous les deux. Ils leur avaient suffi de dire qu'ils voulaient discuter tous les deux et les autres n'avaient pas fait de commentaires. Ces derniers temps, il leur arrivait souvent de se retrouver sans les autres, aussi leurs amis avaient appris à ne pas s'en inquiéter et à ne plus vraiment s'y intéresser.
En entrant, l'appartement était vide, aucun signe d'un blond désagréable. Hermione en fut soulagée, n'étant pas vraiment certaine qu'elle avait le droit d'amener son frère ici, malgré ce qu'elle lui avait dit plus tôt dans journée.
- Et voilà ! Bienvenue chez les merveilleux Préfets-en-Chef, fit-elle en ouvrant les bras.
- Je n'en reviens pas, c'est vraiment gigantesque, tout ça pour seulement deux personnes ! s'émerveilla-t-il en détaillant la grande pièce.
- En fait, je pense que vous pourrez tous venir assez souvent cette année. Nous aurions toute la place pour travailler au calme. J'adore la salle commune de Gryffondor, mais c'est vrai qu'ici nous serions beaucoup plus au calme. Et puis, vous pourriez venir simplement pour être avec moi. Je suppose qu'il n'y a rien qui ne nous l'interdit.
- Tu supposes ? releva-t-il moqueur, ce qui la fit rougir. On ne peut pas rêver mieux je crois, vraiment, Hermione. Si tu dis que nous pouvons venir souvent, nous allons rester ici plus que dans notre salle commune, ricana-t-il des étoiles plein les yeux, en observant tous les recoins du grand séjour.
- J'espère bien, parce que rester ici toute seule, enfin avec Malefoy, ce n'est pas terrible. Alors de la compagnie ne serait pas de refus, sourit-elle.
- Tu m'étonnes, soupira-t-il. D'ailleurs, pas trop dégoûtée de devoir bosser avec lui toute l'année ? Il n'y a pas moyen de négocier avec quelqu'un ?
- Non, je ne pense pas, déplora-t-elle en s'avachissant dans un fauteuil. Je connaissais cette histoire de binômes en dernière année, mais j'avais complètement oublié que les Préfets-en-Chef étaient toujours ensemble. L'année va être compliquée. Nous ne nous supportons vraiment pas, mais nous n'avons pas le choix, sinon nous allons complètement rater notre année, et je ne le supporterais pas, marmonna-t-elle. J'espère vraiment qu'il y mettra du sien, je ne vais pas tenir l'année sinon. Tu es avec qui toi ?
- Je vois que tu me portes beaucoup d'attention, ça fait plaisir, dit-il une main sur le cœur.
- Je n'ai pas fait vraiment attention, désolée, répondit-elle avec un sourire timide.
- Je te charrie, je suis avec Parkinson.
- La garce qui a voulu te faire attraper l'année dernière, c'est ça ? Je ne pourrais jamais l'oublier, reprit-elle après qu'il eut hocher la tête. Une vraie peste celle-là.
- Je ne te connaissais pas aussi rancunière, Hermione, pouffa-t-il.
- Eh bien si, vois-tu. Je ne la porte pas du tout dans mon cœur, je ne vais pas me gêner. J'espère que tout se passe bien au moins ?
- Pour l'instant oui, je verrai bien comment les choses évoluent. Tu sais j'aimerais bien que nos relations avec les différentes maisons, et plus particulièrement Serpentard, s'améliorent. Il y en aura toujours que je ne pourrais pas supporter, mais je sais que certains n'ont rien de méchant. Comme Nott, par exemple. Je ne sais si tu vois qui c'est. Mais d'après ce que j'ai pu voir, il a l'air très investi dans les cours et intelligent. Il me fait un peu penser à toi, fit-il accompagné d'un clin d'œil.
- Je ne ressemble pas à un Serpentard, ne dis pas de bêtises, répondit-elle en levant les yeux au ciel.
- Désolé pour toi, ricana-t-il. Je t'assure qu'il a l'air d'être quelqu'un de bien.
- Peut-être, dit-elle en haussant les épaules. En tout cas, je suis plutôt d'accord sur le fait qu'il faudrait essayer de se rapprocher d'eux, mais pas tous, certains ne changeront jamais, j'en suis certaine. Malefoy en est la preuve. Certes ils ne sont pas tous fautifs des actes de leurs parents, ou même de leurs propres actes, mais certains oui. Il faut faire la différence.
- Hermione, ne sois pas de mauvaise foi, tu as dit toi même le contraire ! s'amusa-t-il en levant les yeux au ciel.
- Tu vois très bien ce que je veux dire, marmonna-t-elle.
- Oui, mais tu sais que le cas de Malefoy est différent. Et puis, pour les autres, ils n'ont pas tous été du côté des Mangemorts pendant la guerre, on peut apprendre à les connaître, nous verrons bien.
- J'ai toujours trouvé ça dommage que les maisons soient autant rivales, ça n'a pas vraiment de sens, lui fit-elle remarquer après avoir hoché la tête en haussant les épaules. Alors oui, autant profiter de notre dernière année pour essayer de les rapprocher, je trouve que c'est une bonne idée. Nous pourrions peut-être organiser quelque chose avec quelques élèves de Serpentard de dernière année ? proposa-t-elle en posant ses pieds sur les genoux d'Harry.
- Pourquoi pas, tu pensais le faire ici ?
- Je pensais à la Salle sur Demande, mais c'est vrai qu'ici ce serait suffisant, j'essaierai d'en parler à Malefoy. Après tout je crois qu'il est ami - enfin ami c'est un grand mot - mais en tous cas il est proche de certains élèves de Serpentard.
- Et de notre côté, nous pourrions aller les voir pour leur proposer, fit-il après avoir hoché la tête. Je pense que Nott pourrait être de la partie, et pourquoi pas Zabini aussi. Je peux proposer à Parkinson, même si je ne la porte pas vraiment dans mon cœur.
- Parkinson ? Tu es sûr ?
- Je ne pense pas qu'elle soit méchante au fond, tu sais. Elle aussi a dû subir, elle paraissait presque gentille aujourd'hui, fit-il en haussant les épaules. Et puis, s'ils acceptent ça pourrait être vraiment cool
- C'est vrai, confirma-t-elle. J'espère qu'ils seront tous partants de notre côté, dans ce cas. D'ailleurs, avec Ginny ?
- Tout est rentré dans l'ordre, merci Merlin, répondit-il d'un air soulagé. Ce n'était pas grand-chose, mais tu connais, Ginny, ajouta-t-il en levant les yeux au ciel.
- Je vois, ricana-t-elle.
Ils restèrent tous les deux à discuter pendant un long moment avant qu'Harry ne finisse par retourner dans son dortoir. Hermione, elle, décida de rester près du feu avec un livre. Elle n'avait pas vu Malefoy depuis le cours de Potions et voulait lui parler.
oOo
La nuit était tombée depuis déjà quelques heures et la Lune se reflétait dans le Lac Noir. Une légère brise secouait l'herbe du parc de Poudlard. Il n'y avait aucun nuage, une nuit parfaite pour quiconque voulant observer les étoiles, elles étaient toutes visibles. Le parc était complètement vide, rien de plus normal étant donné l'heure. Minuit et quart.
Il n'était pas complètement vide, puisqu'un élève était là, allongé dans un coin du parc, non loin du lac, endormi. Depuis maintenant plusieurs heures, Drago Malefoy somnolait paisiblement. Rien n'aurait pu le réveiller, il dormait à poings fermés comme ça ne lui était plus arrivé depuis de longs mois. Mais c'était trop beau pour être vrai, car bientôt le léger souffle du vent vint secouer les mèches blondes qui parcouraient son front et chatouillèrent les paupières du jeune homme qui ne tarda pas à s'éveiller, petit à petit.
Il garda les yeux fermés, sentant que son corps était complètement détendu, que tous ses muscles étaient relâchés, et que le silence qui l'entourait était rassurant. Il était calme. Drago ouvrit finalement ses paupières et put admirer la tranquillité d'une nuit de septembre, dans le parc de Poudlard. Il put admirer le reflet de la Lune et sentir l'odeur de la cime des arbres que la brise lui faisait parvenir. Il était calme. Sa respiration était lente et paisible, son regard se perdait dans la contemplation du lac et son corps, autrefois meurtri, était détendu. Il était calme et se sentait bien.
A l'aide d'un Tempus, il prit connaissance de l'heure qu'il était et se releva progressivement pour s'asseoir. Il avait dormi plus de huit heures, sans se réveiller, profondément plongé dans un sommeil sans rêve. Il avait presque comaté. Il se sentait revigoré, même si son sommeil allait être décalé, il se sentait mieux. Il était calme. Sans prendre en considération ses muscles encore engourdis, il se leva et prit la direction du château. Il fallait être discret et ne pas tomber sur Rusard, ou un professeur, quel qu'il soit. Bien qu'il soit Préfet-en-Chef, il n'avait aucune raison valable de se promener dans les couloirs du château à cette heure avancée de la nuit.
Le blond n'avait aucune envie de retourner dans ses appartements. Il avait assez dormi et bien qu'il aurait été agréable de passer la nuit à lire, il préféra prendre la direction de la Tour d'Astronomie, tout en restant le plus discret possible.
Arrivé au sommet de celle-ci, il vint se poster au bord de la barrière qui entourait la plus haute tour de Poudlard. D'ici, il avait l'une des plus belle vue d'Écosse, le Lac Noir reflétait parfaitement le ciel. On aurait pu croire à un sol rempli d'étoiles, tant l'eau était immobile et claire. Le vent s'était calmé. Au-delà du lac, il pouvait voir sur plusieurs kilomètres s'étendre de vastes collines et montagnes, et dans les ténèbres de la nuit, Drago apercevait à peine l'étendue du paysage. Tout était silencieux, et ici, il se sentait apaisé.
Malgré les durs souvenirs qui ornaient cette tour, il restait en paix avec lui-même. Comme si le calme qui l'habitait désormais faisait barrière aux mauvaises pensées et aux horreurs de son passé. Rien ne pourrait lui retirer l'éclat de bonheur qu'il était parvenu à ressentir en cette nuit de pleine Lune.
Après être resté un long moment au bord de la barrière, il décida de s'asseoir au bord d'une des grandes fenêtres de la tour. Tout en observant le ciel, il tenta de faire apparaître un Patronus. Il se sentait mieux, alors peut-être réussirait-il ? Mais aucun souvenir heureux ne lui vint à l'esprit pour autant. Rien ne sortit de sa baguette. Il soupira, agacé, et recommença, encore et encore.
- Malefoy ?
Le concerné se retourna brusquement. Après plusieurs essais, assis au bord de la fenêtre, il avait fini par se lever, pour continuer ses essais, en vain. Mais cette voix l'avait fait sursauter, à tel point qu'il avait presque laissé sa baguette s'échapper de sa main.
- Qu'est-ce que tu fous là, Potter ? cracha-t-il les sourcils froncés.
- Je pourrais te retourner la question, qu'est-ce que tu fais ici à une heure pareille ? s'étonna-t-il sur le même ton que le blond.
- Je ne crois pas que cela te regarde. Dégage d'ici avant que je t'enlève des points ou que je te mette une retenue, lança-t-il prenant un air supérieur, un sourire en coin.
- Je suis censé être intimidé, là ? Tu n'as pas plus le droit d'être ici que moi.
- Dégage de là, dit Malefoy qui avait désormais sa baguette pointée sur son adversaire.
- Non.
- Je ne crois pas t'avoir demandé ton-
- Pourquoi es-tu là ? Tu devrais être dans ton appartement, tu n'as pas assez de place ? Pourtant il me semble qu'il est assez grand, le coupa Harry, en se plaçant au bord de la barrière.
Malefoy grogna d'agacement. Pourquoi venait-il l'emmerder ici ? Il ne pouvait pas s'empêcher de mettre son nez partout, c'était plus fort que lui ? Mais sa dernière phrase ne l'avait pas laissé indifférent.
- Tu es rentré dans l'appartement ? demanda Drago, en se retenant, pour ne pas s'emporter.
- On ne peut rien te cacher, railla le brun, sans le regarder pour autant.
Harry n'avait même pas pris la peine de sortir sa baguette, pas inquiet pour un sou d'être menacé par celle de Malefoy, qu'il lui avait lui-même rendu après les procès.
- Cette sal- Elle va m'entendre, se reprit-il d'un air furieux. Vous n'avez pas le droit d'y entrer, ils nous sont réservés, ajouta-t-il la mâchoire serrée.
- Elle ne va rien entendre et tu ne vas rien faire du tout, Malefoy. Nous avons le droit d'y entrer, tu crois vraiment qu'Hermione aurait transgressé le règlement ? Et je te signale qu'elle t'attendait là-bas pour te parler, et à mon avis, elle doit toujours être dans le séjour.
- Comment ça ? Pourquoi elle m'attend ? Je n'ai rien à lui dire et elle n'a pas intérêt à m'adresser la parole, dit-il en insistant avec dégoût en parlant de la brune.
- Arrête de faire semblant, Malefoy. Je vois très bien que ce n'est pas ce que tu penses. Tu essaies de mal te faire voir et de te donner une image du méchant, mais tu n'en penses pas un mot, répliqua le brun en tournant les yeux vers lui, d'un air très sérieux. Je ne comprends pas vraiment pourquoi tu le fais, ça n'a pas de sens.
- Potter le visionnaire, railla-t-il méchamment. Qu'est-ce que tu crois ? Que finalement, je ne suis pas si méchant que ça, que je suis une simple victime collatérale ? Arrête de jouer au héros parfait, Potter. Tu ne sais rien. Rien du tout, ajouta-t-il d'un ton si froid qu'il en devenait effrayant. Alors dégage d'ici.
- Je n'ai toujours pas l'intention de partir. Tu sais je n'ai pas oublié ce qu'il s'est passé cette nuit-là, à ton manoir. Ni le matin de la bataille. Si tu avais vraiment été aussi méchant comme tu te plais tant à le jouer et à le répéter, tu n'aurais pas fait tout ça, répondit-il très calmement, les yeux rivés sur le Lac Noir. Si tu pensais vraiment tout ce que tu affirmes, tu aurais dit à Bellatrix qui j'étais vraiment. Si tu n'étais pas quelqu'un de bien au fond, jamais tu ne m'aurais lancé la baguette de ta mère quand j'étais dans les bras de Hagrid. Tu n'aurais pas non plus sauvé Hermione cette nuit-là. Alors je t'en prie, ne me la fais pas à moi, arrête de te donner ce rôle du méchant. Certes, tu as commis des actes regrettables, et tu es toujours aussi con qu'avant, et je n'oublierai pas ça, mais tu sais tout aussi bien que moi, qu'au fond, tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Tu dois être en train de te demander pourquoi je te dis ça alors que je te déteste, vu la tête que tu tires. Je ne sais pas vraiment, peut-être que j'en ai marre de voir tout le monde divisé à cause de la guerre, de voir les gens souffrir, ajouta-t-il en haussant les épaules. La Guerre est finie, le reste devrait l'être aussi. Je ne te demande rien d'autre que d'arrêter de te donner ce rôle, et d'enfin être toi-même, celui que tu es au fond de toi. Celui qui a sauvé Hermione. Celui qui ne voulait pas de cette Guerre. Cesse de jouer un rôle, personne ne t'en voudra pour ça, Malefoy. Redevient simplement le petit con arrogant de première année, ça suffira.
Harry était encore retourné lorsqu'il entendit des pas s'éloigner et descendre les marches de la Tour d'Astronomie, au pas de course. Il expira, ayant retenu sans le faire exprès sa respiration en attendant une réponse. Il était plutôt fier d'avoir réussi à dire tout cela. Il ne savait même pas comment ça lui était venu, mais il savait qu'il avait raison. Il n'aimait pas Malefoy, mais il savait qu'il avait raison. Sinon, le blond aurait réagi.
Mais c'est ce que Harry voulait, lui montrer qu'il n'était pas seul, et qu'il était compris, par lui en tout cas. Malgré le fait qu'il n'ait aucune affection pour lui – bien au contraire – il ne lui en voulait pas pour les actes pour lesquels Malefoy s'auto-punissait. Il ne l'appréciait pas pour son caractère, pour son air hautain, mais pas pour ses actes. Il savait qu'il avait été forcé et menacé.
Harry Potter, le Survivant, le Sauveur, l'Elu, tous ces surnoms qui nommaient une seule et même personne. Un jeune homme d'à peine dix-huit ans, qui pendant les sept dernières années de sa vie avait constamment lutté contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Il était lui aussi dans un état déplorable ces derniers temps, ne dormant et ne mangeant que peu. Il gardait un minimum le sourire pour ne pas inquiéter ses proches, mais il souffrait. Il se sentait coupable de tous les morts autour de lui.
Ce soir-là il avait donc préféré monter se réfugier dans la tour d'Astronomie, plutôt que d'affronter les cauchemars qui hantaient ses nuits. Et quand il était tombé sur Drago Malefoy, il n'avait pas pu s'empêcher de lui dire ce qu'il pensait. Il espérait pouvoir faire quelque chose pour ceux qui souffraient, et Malefoy en faisait partie, il en était conscient. Malgré la haine que le blond lui inspirait, il réussissait tout de même à inspirer de la pitié à Harry, qui prenait ce sentiment comme une porte ouverte à sa rédemption.
Ainsi, peut-être pourrait-il se rapprocher de lui et des autres élèves de Serpentard, comme il l'avait convenu avec Hermione. Il ne pourrait jamais être ami avec Malefoy, ce dernier leur avait fait trop de mal, mais peut-être réussiraient-ils à s'entendre un minimum, se respecter mutuellement.
C'était tout ce qu'il souhaitait. Faire table rase du passé et que tout le monde puisse faire la paix avec les événements des dernières années, ceux qui avaient été du bon côté, mais aussi ceux qui ne l'avaient pas été, contre leur volonté. Peut-être était-il trop ambitieux, mais il espérait que cela fonctionne.
Il sourit se faisant la réflexion qu'avec de telles pensées, il ressemblait réellement à la description typique des héros pour enfant. Vouloir sauver et épargner le plus de monde possible.
Et voilà ! Vos avis ?
Merci à Suldreen194 pour sa relecture et correction !
Writer8Hell
