ChesiErhe : Eh oui ! Il n'est pas si impulsif et prévisible que ça notre petit Ron ahah ! Contente que tu aies aimé le passage avec Drago, j'ai beaucoup aimé l'écrire et je trouve qu'il est super important pour comprendre l'état d'esprit de Drago à ce moment-là. Je te souhaite une bonne lecture pour cette soirée Griffantard !
Bonne lecture à tous :)
Chapitre 16 : Soirée entre maisons
La semaine était passée tranquillement pour les élèves de Serpentard et Gryffondor. Les tensions n'étaient plus au goût du jour. Seuls les deux Préfets-en-Chef restaient froids l'un envers l'autre et ne s'adressaient la parole que pour des banalités.
La soirée du samedi animait la plupart des discussions. Ron, Ginny, Blaise, Pansy, Théodore et Harry ne cessaient d'en discuter. Les Serpentards amèneraient l'alcool et le Veritaserum, tandis que les Gryffondors s'occuperaient de la nourriture. Ils avaient décidé de ne pas dîner dans la Grande Salle et de se retrouver directement dans l'appartement des Préfets, aux alentours de vingt heures. Seuls Drago et Hermione n'avaient pas voulu participer aux préparatifs, prétextant avoir d'autres choses à faire. Les autres n'avaient pas été trompés par leurs excuses minables mais avaient préféré ne rien dire.
Drago Malefoy et Hermione Granger ne s'appréciaient pas, ce fait n'était pas difficilement démontrable. Pourtant, malgré cette aversion certaine, il était fréquent de les voir s'observer mutuellement. Ils se cherchaient du regard, vérifiaient que l'autre était présent, ou bien détaillaient chacune de leurs actions. C'en était devenu un réflexe, presque une obsession. Rares étaient les fois où leurs regards se croisaient, mais lorsque cela arrivait, ils s'empressaient de regarder ailleurs, feignant l'indifférence totale.
Les amis d'Hermione avaient eux aussi du mal avec Drago et le côtoyaient beaucoup moins que la jeune femme, mais ils ne cessaient de réclamer à Hermione de faire un effort, ne serait-ce que pour la soirée qui allait arriver. Cependant la jeune femme ne voyait pas les choses de la même façon, elle savait se tenir à carreaux lorsqu'il le fallait, et elle le ferait en temps voulu, mais cela ne l'empêchait pas de continuer à pester contre le blond.
oOo
Après une semaine fatigante, les élèves accueillirent le week-end avec grand plaisir. Hermione avait dormi tard ce matin-là, et une fois prête, elle sortit dans le séjour, où elle trouva Drago allongé dans le canapé près de la cheminée, un livre à la main - comme il en avait l'habitude depuis la rentrée. La jeune femme avait été étonnée de découvrir cette facette de Drago Malefoy, à tel point qu'elle l'avait plusieurs fois observé lorsqu'il lisait. Elle trouvait impressionnante la diversité des livres qu'elle le voyait lire. Elle était elle-même une grande lectrice, mais ne pensait pas qu'il puisse lire autant de choses différentes et même parfois moldues.
Elle avait remarqué qu'il semblait particulièrement attaché à la poésie, française ou anglaise. Ils avaient en commun le fait de lire dans les deux langues. Les Granger avaient tenu à ce que leur fille sache parler français, pour sa culture mais aussi pour les nombreux voyages qu'ils faisaient en France. Hermione adorait la langue française et préférait largement la poésie française que l'anglaise. Quant à Drago, cela faisait partie de son éducation. Chez les Sangs-Pur, l'apprentissage d'une deuxième langue était primordial dès le plus jeune âge, et les Malefoy, d'origine française, avaient opté pour celle-ci.
Hermione était dans le dos du blond, à l'observer lire, comme souvent ces derniers matins. Le temps n'était pas adéquat ces derniers jours pour que le blond puisse passer ses matinées près du lac. Il optait donc pour des réveils au coin du feu.
Rimbaud, il a du goût au moins, se dit-elle.
Après quelques secondes à le fixer, elle se dirigea vers la Bibliothèque pour en tirer un recueil de poèmes français assez épais. Elle s'approcha du blond et lui tendit l'ouvrage.
- Je pense que cela devrait te plaire, dit-elle, avec l'espoir qu'il ne le lui renvoie pas dans la tête ou qu'il ne lui lance une des répliques cinglantes qu'il aimait tant.
Le blond fixa tour à tour le livre et la jeune femme pendant plusieurs secondes, puis se décida enfin à l'attraper pour en lire le titre.
- Qu'est-ce que c'est ? lui demanda-t-il pour une fois sans animosité dans la voix.
- Un recueil de poèmes français du XIXème siècle. J'ai pensé que cela pourrait te plaire, tu lis beaucoup de poésie, alors...
- M'observais-tu à nouveau, Granger ? répliqua-t-il avec son célèbre sourire en coin.
Elle leva les yeux au ciel et se retourna pour partir, quand il attrapa la manche de son pull. Il la relâcha directement, lorsqu'elle lui fit face les sourcils froncés.
- Merci, je le lirai. Promis.
Elle lui répondit avec un sourire timide et quitta l'appartement. Lorsque la porte se ferma, le jeune homme prit le temps de feuilleter l'ouvrage. La couverture était assez ancienne et abîmée, mais il aimait les vieux livres. Il ne put empêcher un sourire de venir fleurir sur ses lèvres lorsque l'odeur des vieilles pages vint chatouiller son nez. L'ouvrage était magnifique, la couverture bleue marine et les reliures d'un doré éclatant. Les pages paraissaient fragiles, il passa donc délicatement ses doigts sur la couverture avant de l'ouvrir sur une page au hasard et de lire le poème qui y était inscrit en lettres calligraphiques.
Oui. Je comprends qu'on aille aux fêtes,
Qu'on soit foule, qu'on brille aux yeux,
Qu'on fasse, amis, ce que vous faites,
Et qu'on trouve cela joyeux ;
Mais vivre seul sous les étoiles,
Aller et venir sous les voiles
Du désert où nous oublions,
Respirer l'immense atmosphère ;
C'est âpre et triste, et je préfère
Cette habitude des lions.
Vivants, Victor Hugo.
Pour un poème choisi au hasard, c'était assez ironique. Il représentait assez bien son état actuel et cela le fit sourire. Granger avait fait un bon choix en le lui conseillant, elle l'avait étonnement bien cerné. Il avait toujours été fan de poésie et avait passé de nombreux étés à dépouiller en cachette la bibliothèque du Manoir Malefoy à la recherche de recueils, tous plus beaux et anciens, les uns que les autres. Il n'avait jamais vu celui-ci, elle avait visé parfaitement juste. Il sourit.
oOo
Lorsqu'il fut l'heure de déjeuner, Hermione retrouva ses amis, après une matinée à la bibliothèque où elle s'était avancée dans ses devoirs. Elle s'était levée trop tard pour prendre un petit-déjeuner et ne les avait croisés nulle part dans le château depuis.
- Hermione ! Nous ne t'avons pas vue ce matin, où étais-tu ? demanda Harry.
- Salut ! lança-t-elle en prenant place aux côtés de Ron. Je me suis levée tard et je suis allée bosser à la bibliothèque. Je vous rappelle, juste en passant, que nous avons pas mal de devoirs pour lundi, surtout en Métamorphose.
- M'en parle pas, chai echayé de commencher mais ch'est chuper dur, elle nous churcharge McGo', répondit Ron la bouche pleine de poulet.
- Charmant Ronald, grogna Ginny, répugnée. En tout cas, les amis, j'ai réussi à trouver un moyen pour que nous puissions amener la nourriture des cuisines jusqu'à l'appartement, pour ce soir. Harry, rassure-moi, tu as ta cape d'invisibilité ?
- Evidemment, pour qui me prends-tu, ma chère, ricana-t-il en levant les yeux au ciel.
- Le contraire aurait été étrange, sourit-elle. Tout ça pour dire qu'il suffit que nous mettions tout ce dont nous aurons besoin dans une boîte que nous réduirons avec un sort, puis nous utiliserons la cape pour faire l'aller-retour. Il n'y a pas plus simple, s'égosilla-t-elle.
- Bonne idée, je veux bien venir avec toi, Gin'.
- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée Ron, j'irai plutôt avec Harry. Pas que je n'ai pas confiance en toi, loin de là. Mais si on pouvait éviter de dévaliser les cuisines, ça serait pas mal, répliqua-t-elle en se retenant de rire.
- Je vois, grogna-t-il en levant les yeux au ciel d'un air boudeur, alors que les autres se moquaient ouvertement de lui.
- Tu resteras avec moi pour accueillir les autres, Ron. Du moins pour tout installer, je ne pense pas qu'ils aient vraiment besoin d'être accueillis, intervint Hermione.
- Quelqu'un sait si Malefoy sera de la partie ? interrogea Harry.
- Non, toujours pas, répondit Hermione en jetant un œil à la table des verts et argents, mais ça m'étonnerait beaucoup, vu son comportement ces derniers jours.
- Tu n'as pas été beaucoup mieux, cela dit, marmonna Ginny.
- Bien sûr que si ! Je vous ai aidé à.… prévenir les Serpentards, finit-elle par dire avec une certaine fierté.
- Ouah, es-tu certaine de ne pas être trop fatiguée ? C'est une lourde tâche, tu veux te reposer un peu, peut-être ? proposa ironiquement la rouquine.
Hermione lui tira la langue alors que les autres pouffaient plus discrètement de rire. Le reste de la discussion s'orienta vers le Quidditch et les nouvelles du Terrier. George avait, d'après une lettre que Molly avait faite parvenir à Ron, retrouvé un peu de sa joie de vivre, même s'il ne se sentait pas encore prêt à reprendre les rênes du magasin. Arthur avait repris son travail au Ministère, avec une grosse promotion, puisqu'il était désormais à la tête du Département du Service des détournements de l'artisanat moldu. Molly allait elle aussi mieux et s'était trouvée comme nouveau passe-temps le jardinage. Elle avait décidé de refaire tout le jardin du Terrier et ce n'était pas une mince affaire, mais cela l'occupait bien.
oOo
Dix-neuf heures. Ginny et Harry étaient dans le couloir menant aux cuisines, sous la cape d'invisibilité. Ils arrivèrent devant le tableau représentant une corbeille de fruits et Harry chatouilla la poire. Le portrait les laissa passer et ils purent retirer la cape.
- Monsieur Harry Potter, c'est un plaisir pour Winky de vous revoir, couina la petite elfe à leur arrivée.
- Bonsoir, Winky. Comment vas-tu ?
- Bien Monsieur, Winky va beaucoup mieux Monsieur, et c'est grâce à vous ! Winky est désolée que vous l'ayez vu dans de pareils états auparavant, cela ne se reproduira plus.
- Ne t'inquiète pas pour cela, c'est oublié. Pourrais-tu nous aider ?
- Oh oui, Monsieur, Winky en serait ravie. Que puis-je faire pour vous et Mademoiselle ?
- Il nous faudrait de quoi dîner, plusieurs encas, pour huit personnes, tu pourrais faire cela ? expliqua Ginny.
- Bien sûr, laissez le temps à Winky de faire part de tout cela aux autres ! Tout sera prêt d'ici quelques minutes !
- Merci, tu nous aides beaucoup.
- C'est un plaisir pour Winky d'aider Harry Potter et son amie ! s'exclama-t-elle, juste avant de courir au fond des cuisines pour diriger les opérations.
- Petite-amie, marmonna Ginny en attrapant la main du brun.
- Je ne sais même pas comment elle a fait pour l'oublier, pouffa-t-il en levant les yeux au ciel.
Il s'approcha de la rouquine et l'attrapa par les hanches, avant de l'embrasser amoureusement. La jeune femme sourit à ce geste et se recula pour remettre en place l'une des mèches de cheveux de son amant.
- Nous avons bien fait de ne venir que tous les deux, finalement.
- Tu crois ?
- J'en suis certaine, affirma Ginny en reprenant possession des lèvres du brun, plus sauvagement.
Elle le sentit s'abandonner sous ses lèvres. Leur baiser s'intensifia et elle quitta ses lèvres pour descendre petit à petit le long de sa mâchoire, puis de son cou, qu'elle mordilla langoureusement. Elle sentait l'artère du jeune homme pulser de plus en plus rapidement sur ses lèvres et sourit contre la peau de son cou. Elle adorait voir de telles réactions chez le brun. Les mains du jeune homme, restées sur ses hanches, se placèrent au creux de ses reins, pour l'attirer puissamment à lui. Il la lâcha d'une main qu'il vint placer sur sa joue, afin de remonter son visage et l'embrasser férocement, en mordant légèrement sa lèvre inférieure, tirant un petit gémissement à la rousse. Il descendit à son tour dans le cou de la jeune femme, qu'il marqua à plusieurs endroits.
Ginny leva ses bras pour les placer autour de sa nuque et passa ses mains dans ses cheveux en bataille. Elle rejeta la tête en arrière pour laisser Harry mieux atteindre toutes les parties de son cou. Elle frissonnait sous ses lèvres chaudes. Le jeune homme laissa glisser sa main qui était toujours sur sa joue jusqu'à sa hanche, puis la passa délicatement sous son t-shirt, qu'il lui retira doucement. Il frôla sa peau chaude et commença à passer ses doigts sur son ventre, remontant petit à petit vers sa poitrine, s'emparant toujours de son cou.
- Harry, gémit-elle.
Lorsqu'il atteignit enfin la bordure du soutien-gorge de Ginny, il suivit le tissu jusqu'au fermoir qu'il détacha avec ses deux mains. Le vêtement se défit et Harry fit glisser les bretelles une par une, très lentement, pour la faire s'impatienter. Ce qui ne manqua pas, puisqu'elle laissa échapper un léger soupir sur la bouche du brun, signe de son impatience.
Lorsqu'il fut débarrassé du vêtement, terriblement gênant, il continua ses langoureux baisers le long du cou de Ginny, en descendant petit à petit vers sa clavicule, sur laquelle il passa sa langue, et dont il mordilla légèrement la peau, laissant des traces rouges supplémentaires. La rouquine haletait et son cœur battait de plus en plus au fur et à mesure que le brun descendait ses mains dans son dos. Il les plaça sous ses fesses pour la soulever et avança vers le mur contre lequel il la plaqua. Elle avait enroulé ses jambes autour de ses hanches et ses cheveux venaient chatouiller les épaules musclées du jeune homme, le faisant frissonner.
Des vagues de plaisir la prenaient alors qu'il la relâchait et posait ses mains sur ses reins, tout en continuant de jouer avec sa langue sur sa poitrine. Elle descendit à son tour une main sur les hanches de Harry, pour soulever son t-shirt. Il se retrouva torse nu et Ginny passa ses mains sur son torse, musclé par le Quidditch et ses multiples aventures. Le brun laissa ses lèvres continuer leur chemin et elles atteignirent enfin la poitrine généreuse de la rousse. Elle soupira de plaisir, elle qui aimait tant les caresses de son amant. Il s'attarda sur son sein gauche, jusqu'à ce que son téton durcisse, presque douloureusement, puis continua sur le second. La jeune femme gémit doucement, plantant ses ongles sur le torse de son amant.
Un toussotement les interrompit et Harry releva immédiatement la tête pour apercevoir Winky qui se balançait sur ses pieds, gênée. Ginny se cacha directement dans le cou d'Harry et se serra contre son torse pour dissimuler sa poitrine nue. Il entoura la jeune femme avec ses bras et toussota à son tour en rosissant légèrement. Ils ramassèrent leurs vêtements, éparpillés sur le sol des cuisines et se rhabillèrent rapidement.
- Hum, eh bien, merci Winky, souffla-t-il entre deux toussotements pour cacher son rire et sa gêne. Nous allons ramener tout cela là-haut. Remercie bien tous les autres de notre part. Il faut que nous remontions, bonne soirée, prononça rapidement Harry en récupérant les paquets que tenait l'elfe.
Il lança un Reducto sur l'ensemble, adressa un signe de main à Winky et tira Ginny par les hanches pour sortir de la grande pièce. Après s'être vêtus de la cape d'invisibilité et lorsqu'ils furent enfin à l'extérieur, ils éclatèrent de rire.
- Tu as vu la tête qu'elle a faite, s'exclama Ginny entre deux rires.
- Je ne l'oublierai jamais ! Elle était si gênée, la pauvre.
- La pauvre, la pauvre, grommela-t-elle. Je l'aurai étripée si ce n'était pas elle qui s'occupait de notre repas, elle nous a interrompus à un moment fort intéressant.
- Je vois que Mademoiselle attendait ça avec impatience, ricana-t-il. Mais ne t'inquiète pas, je te revaudrai ça, ajouta-t-il avec un clin d'œil en l'embrassant sur la joue.
- J'espère bien, sinon crois moi, je lui ferai vivre un enfer, marmonna-t-elle.
- Ne dis pas ça à Hermione, elle risquerait de te refaire le discours sur la S.A.L.E., pouffa-t-il.
- Je ne risque pas de lui raconter ça, ne t'inquiète pas. C'est ma meilleure amie, mais si je pouvais éviter les détails, ce serait bien moins gênant. Et crois-moi j'ai été assez mal à l'aise pour aujourd'hui, ricana-t-elle.
- J'ai trouvé ça très drôle, mais non il ne vaut mieux pas lui en parler, rit Harry.
oOo
Pansy, Théodore et Blaise sortirent de la salle commune de Serpentard quelques minutes avant l'heure de rendez-vous. Ils étaient à la fois excités de pouvoir décompresser, comme ils le faisaient les années précédentes, mais aussi de changer l'image que l'on pouvait avoir d'eux, même s'ils appréhendaient aussi d'être finalement rejetés, ou que tout cela ne soit qu'une mauvaise blague.
Ils avaient eux aussi réduit une boîte, dans laquelle ils avaient entassé toutes les bouteilles de Bièraubeurre, de Whisky Pur-Feu, ainsi que le Veritaserum. Ils se dirigeaient d'un pas vif vers l'appartement des Préfets et arrivèrent devant le bon portrait en peu de temps.
- Accipere intellectum, lança Théodore, avant que tous trois n'entrent.
Hermione et Ron étaient déjà installés dans les canapés au centre du salon et discutaient tranquillement, mais dès lors que les Serpentards arrivèrent, les deux amis cessèrent leur discussion pour les fixer quelques secondes. Hermione se reprit rapidement en secouant imperceptiblement la tête et se leva pour accueillir les nouveaux venus.
- Nous avons amené de quoi boire, comme prévu, dit Blaise en se passant une main derrière la nuque, avant de lancer un sort pour rendre sa taille normale au paquet qu'il portait.
- C'est parfait, merci ! Harry et Ginny sont allés aux cuisines pour nous ramener de quoi manger. D'ailleurs ils sont partis il y a longtemps, je me demande ce qu'ils font. Enfin peu importe, venez vous installer avec nous, leur proposa Hermione en souriant gentiment.
Pansy tentait de paraître le moins mal à l'aise possible face aux deux Gryffondor qui les fixait. Ron les regardait d'un œil méfiant, presque suspicieux, en attente du moindre problème, alors qu'Hermione les observait d'un air bienveillant et accueillant. Blaise et Théodore lui paraissaient bien plus à l'aise. Ils s'étaient installés confortablement dans le même canapé et installaient les victuailles qu'ils avaient apportées.
Le silence ne semblait déranger personne, sauf la brune. Pansy s'était assise, droite comme un piquet, dans un fauteuil. Elle n'était pas du genre à montrer ses émotions, son éducation de parfaite Sang-Pur y avait veillé, pourtant Hermione avait bien remarqué sa gêne. Elle était immobile, le menton haut, les mains sur les cuisses et analysait avec précaution chaque chose qui l'entourait. Hermione soupira intérieurement. Elle n'avait aucune idée de comment détendre l'atmosphère. Le silence qui s'était installé commençait à la gêner.
- Drago n'est pas là ? demanda Pansy, coupant court aux inquiétudes d'Hermione.
- Eh bien, commença-t-elle avant de se racler la gorge. A vrai dire, je ne l'ai vu que ce matin au réveil, donc je n'en sais rien. Il n'était pas avec vous aujourd'hui ?
- Non, seulement au déjeuner, il est parti directement après, sans nous dire pourquoi. Je crois qu'il est sorti dans le Parc. Il ne nous dit jamais vraiment où il va, surtout quand il sort. Je crois qu'il a juste besoin d'être seul, enchaîna Théodore en haussant négligemment les épaules.
Au même moment, Harry et Ginny entrèrent main dans la main dans le séjour, un sourire indéterminable aux lèvres. Ils s'arrêtèrent quelques secondes en voyant le petit monde dans le séjour, puis s'approchèrent. Le silence avait repris place, ce qui étonna les nouveaux arrivants. Ginny déposa les encas sur la table et Harry la tira sur ses genoux en attrapant au passage une Bièraubeurre.
- Je ne pensais pas qu'on avait autant traîné, vous êtes là depuis longtemps ? questionna Harry, après s'être raclé la gorge d'un air gêné.
- Non, quelques minutes. Mais je crois avoir compris pourquoi vous avez tardé ! ricana Blaise en leur adressant un clin d'œil, en voyant quelques traces rouges dans le cou de Ginny.
Les deux amoureux prirent soudain une teinte bien rouge et tous les autres - à l'exception de Ron - éclatèrent de rire, rapidement suivis par le couple. L'ambiance assez tendue qu'il y avait au début, se dissipa très vite, laissant place aux rires et aux verres. Hermione en fut soulagée. Elle avait redouté que la soirée se passe mal et qu'aucun d'eux ne soit à l'aise. Elle remercia intérieurement Blaise d'avoir su lancer la bonne remarque au bon moment. En voyant les autres rire et se détendre petit à petit, elle s'autorisa un petit soupir soulagé. Il n'y avait aucune rancune, aucun jugement, on aurait pu croire qu'ils étaient amis depuis toujours.
Ils faisaient connaissance, apprenaient à cerner les caractères de chacun. Si Ron avait été sur la réserve au départ, il s'était rapidement détendu en voyant ses amis faire de même. Il avait bien compris que les trois élèves de Serpentard n'étaient pas ceux qu'il avait toujours cru connaître. Blaise Zabini, Théodore Nott et Pansy Parkinson n'étaient pas d'affreux Mangemorts, ils n'étaient pas racistes, n'étaient pas mauvais, ni même désagréables. Au contraire.
Il fallut attendre une bonne demi-heure avant que Drago ne fasse son apparition dans le séjour. Il entra, un livre à la main et déposa sa cape sur le porte-manteau. L'ouvrage qu'il tenait ne passa pas inaperçu aux yeux d'Hermione, puisqu'il s'agissait de celui qu'elle lui avait confié le matin même. Il traversa rapidement l'appartement après avoir vaguement salué les autres, pour aller ranger l'ouvrage et revint s'installer avec eux.
- Où étais-tu ? Nous ne t'avons pas vu de l'après-midi, demanda Pansy, lorsque le blond s'assit dans un fauteuil une place.
- Dehors, répondit-il platement. Vous êtes là depuis longtemps ?
- Le rendez-vous était à vingt heures, donc un petit moment, oui, répliqua placidement Harry.
- Personne ne m'a prévenu de l'heure.
- Ah bon ?! Mais ce n'était pas ton rôle Granger ? gronda gentiment Théodore.
- Je... J'ai complètement oublié, désolée.
Drago lui lança un regard noir. Il n'était pas vraiment énervé par son retard, mais profita de l'occasion pour mettre mal à l'aise la jeune femme. Ce qui fonctionna parfaitement, s'il en croyait l'air penaud qu'elle avait pris. Il se désintéressa rapidement d'elle et ses yeux se posèrent sur le flacon de Veritaserum.
- Hum, peu importe, reprit-il en faisant un vague geste de la main. Vous avez pris du Veritaserum à ce que je vois, fit-il avec un sourire en coin. Qu'est-ce qu'on attend ?
Personne ne répondit. Il s'empara donc du flacon et en but une gorgée. Les Gryffondor semblaient étonnés de le voir faire cela sans aucune gêne, mais ne s'en formalisèrent pas et firent de même lorsque le blond fit passer le flacon. Cependant, si ses amis n'avaient eu aucun problème à boire la potion, ce ne fut pas le cas d'Hermione qui observa le liquide translucide d'un œil soucieux.
- Allez Granger, dépêche-toi. On attend que toi pour commencer, l'encouragea Blaise.
- Je ne pense pas que cela soit une très bonne idée, répondit-elle réticente à l'idée d'être forcée à dire la vérité, quoi qu'il arrive.
- Allons Granger, aurais-tu des choses à nous cacher ? demanda narquoisement Drago.
Harry et Ron lui jetèrent des regards quelque peu alarmés, mais elle ne s'en formalisa pas. Elle fixa Malefoy dans les yeux et avala sa gorgée cul sec, le défiant du regard. Le blond se retint de sourire face à l'impulsivité dont venait de faire preuve la jeune femme et observa un à un les autres élèves. Il ne la connaissait peut-être pas aussi bien que ses propres amis, mais il était convaincu qu'elle répondrait à son attaque de cette façon. Et cela n'avait pas manqué. Il avait eu ce qu'il voulait.
- Parfait, nous allons pouvoir commencer dans ce cas, railla-t-il. Entre Serpentards, nous avons quelques petites règles supplémentaires pour les jeux tels qu'Action ou Vérité. Tout d'abord, comme vous l'avez compris, nous utilisons toujours du Veritaserum, qui a été légèrement modifié puisqu'il permet aux joueurs de choisir un gage, s'ils ne veulent vraiment pas répondre. Ensuite, nous n'avons pas le droit de poser une question à celui qui vient de nous en poser une. De plus, si quelqu'un ne veut pas répondre à une question, il aura un gage, proposé par les autres, et croyez-moi c'est pire.
- Concernant les actions, continua Pansy, pas le droit de sortir du château, c'est la seule règle. Aucune question, ni objection ?
- Parfait. Qui commence ? enchaîna platement Drago, après que les Gryffondor eurent secoué la tête.
- Moi ! intervint Blaise. Hum, Weaslette, action ou vérité ?
- Vérité.
- Très bien, alors dis-nous, fit-il malicieusement. Quel a été ton meilleur coup ? Sans compter Potter bien-sûr.
- Je dirais Dean Thomas, répondit la rouquine, en prenant une teinte rosée.
Les mâchoires de Harry et Ron s'étaient crispées en entendant sa réponse, mais ils n'avaient rien dit. Ginny chuchota quelques mots à l'oreille de son amant et celui-ci retrouva rapidement le sourire, les yeux pétillants et les joues rosies.
- A mon tour, reprit Ginny, d'un air plus confiant. Nott, action ou vérité ?
- Action, répondit-il sans hésiter.
- Alors, commença-t-elle en réfléchissant. J'aimerais que tu finisses la bouteille de Whisky Pur-Feu que nous avons entamé.
- Eh bien, heureusement que nous en avons pris plusieurs, plaisanta-t-il. Je vais être bourré avant vingt-et-une heure, soupira-t-il en attrapant la bouteille qu'il vida difficilement, toussotant lorsqu'il la reposa. Weasley, Action ou Vérité ? reprit-il d'une voix rauque.
- Vérité, dit-il en haussant les épaules.
- Hum... Granger est-elle un bon coup ? demanda-t-il en se reculant plus confortablement dans son siège, un sourire aux lèvres.
- Je... commença-t-il en jetant un coup d'œil à Hermione.
- Attention à ce que tu vas dire Ronald, l'avertit-elle avec un léger sourire, amusée par la situation et la gêne du rouquin.
- Oui, c'est un très bon coup, répondit-il fermement.
- Vu le regard qu'elle t'a lancé, j'aurais bien dit que tu étais en train de mentir pour lui faire plaisir, mais tu ne peux pas, ricana Blaise.
Ils pouffèrent tous de rire et les oreilles du rouquin prirent une teinte écarlate. Il se racla la gorge, pour reprendre contenance et se redressa dans son siège.
- Zabini, tiens, action ou vérité ?
- Vérité, répondit-il d'un air assuré, en passant ses bras derrière sa tête.
- Parmi les personnes autour de cette table, avec qui aimerais-tu le plus coucher ? demanda Ron, reprenant le sourire en coin, typique des Serpentards.
- Je ne vais pas répondre à cette question, donnez-moi un gage plutôt, répondit-il directement, d'un air ferme, malgré sa gêne apparente.
- Eh bien finalement, Granger n'est peut-être pas la seule à avoir des choses à cacher, s'exclama Drago en se penchant vers son meilleur ami. Nous découvrirons tout ça mon cher Blaise, ne t'inquiète pas. En attendant, je pense que tu pourrais aller chercher Miss Teigne dans le château, et quand tu l'auras trouvée - si tu ne te fais pas prendre avant - tu pourras la teindre en bleu ou vert, comme tu le souhaites, poursuivit-il avec un sourire en coin.
- Sérieux ? Si je me fais prendre, je ne pourrai même pas revenir...
- C'est une super idée, s'exclama Ginny, morte de rire.
- Tu préfères peut-être répondre à la question ? proposa doucereusement Théodore, en le fusillant du regard, mélangeant ce qui semblait être de la colère et de l'appréhension.
- Je ne sais pas, lui répondit-il en tournant la tête vers lui.
Ils se fixèrent dans les yeux, les sourcils froncés, comme s'ils se comprenaient parfaitement et qu'ils n'avaient pas besoin d'échanger un seul mot. Théodore baissa les yeux comme pour abdiquer et se tourna vers les autres, les bras croisés sur son torse. Blaise soupira en regardant le brun.
- Bon, tu te décides ? s'impatienta Drago.
- Non, je vais répondre, se résigna Blaise.
Tous se redressèrent, visiblement très intrigués. Pansy esquissa un sourire, ce que Drago remarqua. Savait-elle quelque chose qu'il ne savait pas ? Qu'est-ce que Blaise cachait ? Il n'avait jamais vu ses deux amis agir d'une telle façon. Avait-il raté quelque chose ? Il ne comprenait rien.
- Si je devais choisir quelqu'un, ce serait Théo. Nous sommes ensemble, affirma-t-il quelques secondes plus tard, de sa voix la plus sûre, la tête haute.
Tous restèrent bouche bée face à la révélation du jeune homme qui ne tint pas longtemps avant de baisser la tête, sous les regards choqués des autres. Théodore ne s'en sortait pas mieux et fixait ses mains, inquiet de la réaction de ses amis. Soudainement, Pansy se leva et les pointa du doigt.
- Je le savais ! Nous aurions dû faire un pari, Drago ! Tu vois, tu ne me croyais pas, s'exclama-t-elle.
Les deux amants levèrent la tête et froncèrent les sourcils d'un même mouvement. Avaient-ils bien compris ce que venait de dire leur amie ?
- Quoi ?! lâchèrent-ils d'une même voix.
- Tu le savais ? continua Blaise, abasourdi par les propos de la brune. Mais depuis quand ?
- Non mais sérieusement, Blaise, répondit-elle en haussant un sourcil. Je ne sais même pas comment Drago a fait pour ne pas le remarquer ! Vous êtes mes meilleurs amis, encore heureux que je remarque lorsque vous êtes amoureux, et ne le niez pas, je ne vous ai jamais vu aussi heureux, ajouta-t-elle en les voyant ouvrir la bouche. Vous comptiez attendre combien de temps avant de nous le dire ? Vous êtes super complices, vous disparaissez souvent au même moment, et je vous connais, ça se voyait, c'est tout. Je l'ai remarqué dès le début de l'année, mais ça fait combien de temps, officiellement ?
- Depuis la fin de la guerre à peu près, répondit timidement Théodore, étonné que son amie l'ait découvert si facilement. Tu sais que j'ai habité chez lui pendant l'été, alors nous sommes restés beaucoup tous les deux. Mais, vous n'êtes pas fâchés ? reprit-il doucement, l'inquiétude marquant ses traits.
- Pourquoi serions-nous fâchés au juste ? demanda Drago en haussant un sourcil. Le seul truc pour lequel nous pourrions vous en vouloir, c'est de ne pas nous l'avoir dit plus tôt. Je suis très déçu les gars, ajouta-t-il feignant une grande peine, une main posée sur le cœur.
- Désolé, mon pote. Nous avions peur de votre réaction, je crois, sourit Blaise, en se frottant la nuque.
- Attendez deux secondes là, vous êtes gays ? intervint brusquement Ron, les sourcils haussés.
- Non, mais ça tout le monde le savait, Ron, répliqua nonchalamment Ginny. Du moins je savais que Zabini était gay. Je n'aurais jamais misé sur Nott, mais en fin de compte ce n'est pas si étonnant. En revanche, que vous soyez ensemble, je ne l'aurais pas vu venir, ajouta-t-elle.
- Comment ça tout le monde le savait ?! N'importe quoi ! J'en avais aucune idée, moi.
- Harry, le jour où tu seras perspicace vis à vis des relations entre êtres-humains, ça se saura, se moqua Hermione.
- Je ne te permets pas, s'offusqua faussement Harry, avec un petit sourire.
- Bon, on ne va pas s'éterniser là-dessus, non ? intervint Pansy, en voyant que ses deux amis étaient mal à l'aise. Ce n'est pas l'annonce du siècle non plus, et c'est à ton tour Blaise.
- Hum, oui, tu as raison, marmonna Blaise, rassuré que la conversation ne tourne plus autour de son couple. Alors... Granger ? Action ou vérité ?
- Action.
- Ah, parfait ! Drago et toi allez faire un Seven Minutes In Heaven, dans une de vos chambres ! Et je suis gentil, je vous laisse choisir laquelle, s'exclama-t-il avec un sourire des plus goguenard.
- Tu te fous de moi ? gronda Drago en fusillant son meilleur ami du regard
- Non, mon cher, un problème peut être ? répondit-il, pas perturbé pour deux Noises. Aurais-tu peur qu'il se passe quelque chose ?
- N'importe quoi, grogna-t-il. Allez bouge Granger, ce sera rapide. Enfin, je veux dire cela ne dure que sept minutes, se reprit-il se rendant compte de son lapsus.
Il l'attrapa par la manche et l'amena dans sa propre chambre, sans lui laisser le temps de discuter. Les autres explosèrent de rire, faisant rougir Hermione, qui n'avait pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait. Ron ne se gêna pas pour fusiller Malefoy du regard jusqu'à ce qu'ils s'enferment dans la pièce adjacente.
- Non, mais qu'est-ce qui t'as pris d'accepter une chose pareille ! Ils vont s'imaginer je ne sais quoi maintenant ! s'emporta Hermione, une fois seuls, en se dégageant.
- Justement, si nous n'étions pas venus, ils se seraient imaginés des choses, Granger, répliqua-t-il de sa voix traînante. Ce n'est pas la première fois que je joue avec eux, alors baisse d'un ton.
- Qu'est-ce qu'ils peuvent être idiots ! A quoi pensaient-ils en faisant ça, franchement ?!
- Je ne pense pas que tu aies besoin que je t'explique, si ? fit-il, narquoisement.
- Non, je crois que ça ira, Malefoy, cracha-t-elle en croisant les bras, tout en se dirigeant vers la fenêtre de la chambre.
Le ciel était couvert, l'empêchant d'observer les étoiles. Elle entendit Drago s'asseoir sur son lit et soupirer. Après quelques secondes de silence, elle se tourna vers lui et vit qu'il s'était allongé et avait fermé les yeux. Elle se racla la gorge, ce qui fit rouvrir les yeux au blond, et s'appuya sur le bord de la fenêtre.
- Est-ce qu'il t'a plu ? dit-elle en faisant un signe de tête vers le recueil de poèmes qu'elle venait d'apercevoir sur le lit.
- Pourquoi me l'as-tu donné ? préféra-t-il répondre.
- Tu ne m'as pas répondu.
Il souffla d'exaspération. Il aurait répondu de la même façon à sa place, mais fut tout de même irrité par sa réponse.
- Oui, dit-il simplement, en levant les yeux au ciel.
- Bien. C'est pour ça que je te l'ai conseillé.
- Comment ça ?
- Je savais qu'il te plairait, c'est tout, répondit-elle en haussant les épaules.
- Pourquoi ? s'enquit-il en fronçant les sourcils.
- J'ai remarqué que tu lisais principalement de la poésie, surtout française. Alors comme j'aime beaucoup celui-ci, je me suis dit qu'il devrait te plaire aussi. Et à ce que je vois, j'ai - encore une fois - eu raison, dit-elle narquoisement.
- Ne t'emballe pas, Granger.
Elle sourit doucement et se tourna à nouveau vers la fenêtre. Elle était contente que l'ouvrage lui ait plu. Lorsqu'elle le lui avait prêté, Hermione ne savait pas s'il le lirait vraiment. Elle avait espéré qu'il le ferait, mais pourquoi l'aurait-il fait ? Ils n'étaient pas amis, ils ne se conseillaient pas des lectures, il aurait donc très bien pu le remettre à sa place, ou ne jamais y toucher. Mais il l'avait commencé et l'avait apprécié. Elle sourit intérieurement en pensant que, peut-être, leur relation deviendrait moins conflictuelle et qu'ils seraient enfin plus aimable l'un envers l'autre.
- Alors comme ça tu m'observais encore, Granger.
Ou peut-être pas finalement.
- Arrête avec ça ! s'exclama-t-elle, exaspérée, en se retournant vers lui.
- Ce n'est que la vérité, la nargua-t-il. Comment aurais-tu pu savoir que j'aimais la poésie française sans m'observer ? Et très attentivement, car tu as même observé ce que je lisais.
- Je ne faisais attention qu'à ce que tu lisais, parce que ça m'intriguait, c'est tout, se défendit-elle en croisant les bras.
- Je pense que tu faisais aussi très attention à celui qui tenait les livres, je me trompe ?
Elle ne répondit pas et se contenta de se retourner pour fixer la fenêtre à nouveau, le rouge lui montant aux joues. Il l'agaçait au plus haut point. Il faisait exprès de la mettre mal à l'aise, et malheureusement pour Hermione, il visait juste à chaque fois.
La gêne de la jeune femme n'échappa pas au blond, qui afficha un sourire en coin. Il adorait ça. Mettre mal à l'aise Hermione Granger était devenu l'un de ses passe-temps favoris, c'était décidé.
- Je te comprends en même temps, comment passer à côté d'une si grande beauté ?
- Qu'est-ce que tu peux être arrogant ! Je n'ai jamais vu une telle arrogance chez quelqu'un d'autre que toi ! C'est presque maladif, arrête de t'imaginer des choses, Malefoy, soupira-t-elle, excédée.
- Tu t'es trahie toute seule en rougissant, Granger, répondit-il avec un clin d'œil. Mais je ne t'en veux pas, ne t'en fais pas.
Elle le fusilla du regard, mais n'eut pas le temps de répondre. Blaise les rappela de l'autre côté de la porte et la jeune femme se précipita vers la porte en passant le plus loin possible de Malefoy, qui sourit, fier de lui, lorsqu'elle fut sortie. Il quitta la chambre à son tour et la vit assise aux côtés de ses amis. Elle avait repris une attitude normale, mais le blond vit immédiatement qu'elle n'était pas si sereine qu'elle le montrait, mais qu'elle était toujours en colère. Personne ne fit de commentaire, même si Blaise questionna Drago du regard. Il n'obtint aucune réponse.
- A toi Granger, dit Drago d'une voix traînante, en s'asseyant à son tour.
- Bien, répondit-elle en desserrant les dents. Parkinson, action ou vérité ? demanda-t-elle sans relever le sourire en coin de sa Némésis.
- Vérité.
- Quelle est la chose que tu veux faire absolument avant de mourir ?
- Utiliser un retourneur de temps, juste pour essayer, répondit-elle immédiatement.
- Tu m'étonnes, c'est une expérience géniale à vivre, je te confirme ! lança Harry sans vraiment faire attention à ce qu'il disait.
- Harry !
- Oh, ça va Hermione, ce n'est pas si grave, répondit-il en levant les yeux au ciel.
- Qu'est-ce c'est cette histoire ? demanda Pansy. Les Gryffondors auraient fait quelque chose d'illégal ? Je veux tout savoir, s'exclama-t-elle le regard pétillant, en haussant un sourcil.
- Bon, très bien, il est trop tard maintenant de toute façon, soupira Hermione. En troisième année, McGonagall m'a prêté un retourneur de temps, afin que je puisse suivre tous mes cours, étant donné que j'avais choisi plusieurs options.
- C'est étonnant !
- La ferme, Malefoy, grogna-t-elle. Donc, j'en possédait un, reprit-elle après avoir lancé un regard noir au blond. Mais à la fin de l'année, avec Harry, nous avons été contraints de l'utiliser pour sauver Buck, l'hippogriffe, précisa-t-elle. Ainsi que Sirius Black.
- Attends deux secondes, tu veux dire que cette saleté d'hippogriffe n'est pas morte ?!
- Je te signale que dans cette histoire, tu es le seul fautif, Malefoy, tonna-t-elle en le fusillant davantage du regard. Si tu n'avais pas fait tout ton cinéma, rien de tout cela ne serait arrivé.
- Mais non, il n'est pas mort, nous l'avons sauvé de justesse, la coupa Harry, voyant qu'une dispute entre les deux Préfets-en-Chef allait éclater.
- J'hallucine ! Vous en avez de la chance, ça devait être fou de pouvoir remonter le temps comme ça, s'exclama Pansy. J'en ai toujours rêvé, et même si quelqu'un me le proposait pour un truc sans importance, j'accepterais sans hésiter, s'émerveilla-t-elle.
- J'espère que ton vœu se réalisera alors, conclut Hermione en lui souriant gentiment. Même si dans mes souvenirs, le Ministère les a tous détruits, ajouta-t-elle, d'un air désolé.
- Si tu le dis, répondit-elle en haussant les épaules. Ce n'est qu'un rêve de toute manière. Enfin peu importe, c'est à mon tour. Potter, action ou vérité ?
- Vérité.
- Attention à ce que tu vas demander, Parkinson, la prévint Ginny en ricanant, les verres de Whisky Pur-Feu commençant à faire effet.
- Ce n'est pas à toi qu'elle pose la question, mais à celui sur lequel tu es assise, alors tu n'as rien à dire, Weaslette, intervint Blaise avec un sourire en coin.
La concernée lui tira très puérilement la langue en réponse et croisa les bras. Harry et Blaise pouffèrent de rire en voyant la rouquine agir comme une enfant. Harry avait rarement vu la jeune femme agir de cette façon et n'en manquait pas une miette. Une Ginny Weasley éméchée était l'une des choses les plus drôles qu'il ait eu l'occasion de voir. Il se tourna à nouveau vers Pansy, qui elle aussi semblait trouver la situation très cocasse.
- Quel est l'endroit le plus atypique où tu l'as fait ?
Le regard du brun croisa à nouveau celui de Ginny et ils ne purent s'empêcher d'exploser de rire. Le souvenir du moment qu'ils avaient passé ensemble quelque temps plutôt leur était apparu immédiatement.
- Dans les cuisines de Poudlard, répondit-il toujours en riant.
- Je comprends mieux votre retard, dit Hermione, ricanant à son tour, alors que Ron bougonnait dans son coin.
- Malefoy, action ou vérité ? reprit Harry, une fois leurs rires calmés.
- Vérité.
- Hum, dis-nous l'un de tes plus grand secret, demanda-t-il en esquissant un sourire.
- Tu ne perds pas de temps, Potter, railla-t-il. Je n'ai pas de secret, continua-t-il en se concentrant pour dévier les effets du Veritaserum.
- Mais bien sûr, le Grand Drago Malefoy n'aurait aucun secret ? Pour qui nous prends-tu ?
Le blond soupira, puis posa deux doigts l'arrête de son nez, pour réfléchir. Il avait réussi à contourner les effets de la potion - qui n'étaient plus très puissants - mais il ne s'en sortirait pas sans leur donner de réponse, il le savait. Il se contenta donc de leur répondre quelque chose de banal, ne prenant aucun risque.
- Je rêve d'aller dans un cinéma moldu, fit-il platement.
- Sérieux ?! Pourquoi tu n'y es jamais allé ? demanda Harry.
- C'est vrai, maintenant que tu le dis, j'aurais dû demander à mon père, je suis certain qu'il aurait été ravi de m'y accompagner, railla-t-il sarcastiquement.
- C'est vrai que vu comme ça…
Alors que le brun faisait tout pour s'effacer en se cachant derrière Ginny, les autres ne purent s'empêcher de rire en imaginant Lucius Malefoy au cinéma.
Les questions continuèrent à fuser alors que le petit groupe dégustait les encas apportés par Ginny et Harry. Des baisers furent échangés entre les couples, de nombreuses questions indiscrètes furent posées, mais tout cela sans aucune rancune, pour le plus grand plaisir de tous. Drago n'était pas aussi à l'aise que ses trois amis mais tentait de rester le plus neutre possible, ne souhaitant pas lancer une quelconque dispute. Il ne parlait pas autant que les autres, mais s'amusait de voir Blaise et Pansy se délester de toute retenue. Ses deux amis, de plus en plus éméchés, ne se retenaient plus de dire quoi que ce soit, rendant les discussions très cocasses.
Petit à petit, l'énergie des uns et des autres se calma pour laisser place à des discussions plus calmes, où ils pouvaient faire plus ample connaissance. Blaise s'était rapidement endormi sur Théodore, laissant échapper de sa bouche un léger ronflement, qui avait plusieurs fois fait ricaner les autres. Drago sirotait tranquillement son verre, tout en écoutant la discussion plus calme qu'avaient commencée les autres.
Lorsque certains commencèrent à fatiguer, ils quittèrent tous l'appartement, après que Théodore et Ginny aient aidé Hermione à tout ranger. Certains trop éméchés pour marcher correctement durent se faire porter par les autres, plus particulièrement Harry qui ne tenait presque plus debout. Théodore, Pansy et Blaise - soutenu par ses amis - prirent la direction des cachots, d'un pas lent.
Lorsqu'ils furent partis, Drago et Hermione ne s'attardèrent pas et partirent directement dans leurs chambres respectives sans s'adresser un mot.
Et voilà ! La soirée est enfin passée ! Qu'en avez-vous pensé ?
Merci à Suldreen194 pour sa correction et relecture ;)
Writer8Hell
