Bonsoir, bonsoir !

Nouveau chapitre qui j'espère vous plaira ! J'espère aussi que vous passez une bonne semaine ;)

Merci pour vos review(s) sur le dernier chapitre :

Nedwige Stark : Tu n'es pas la seule à la détester t'inquiète pas XD Oui je vois très bien de quelle scène tu parles, contente qu'elle t'ait plu ;;;;)

Je voulais aussi vous prévenir que j'ai sorti un OS : Minuit est là, qui est disponible sur mon profil ! N'hésitez pas à y jeter un coup d'œil, je serai ravie d'avoir vos avis :)

Bonne lecture !


Chapitre 43 : Certitude

La tête posée sur le torse de Drago, Hermione détaillait du bout des doigts les cicatrices qui marquaient son buste. Le jeune homme traçait des formes aléatoire le long du dos de la jeune femme, les yeux dans le vide, frissonnant sous les caresses de son amante. Elle soupira bruyamment.

- Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il en tournant les yeux vers elle.

- Rien, je pensais aux examens qui arrivent, souffla-t-elle d'un air désespéré, en s'allongeant sur le dos, remontant d'un même mouvement la couverture sur sa poitrine nue.

- Et quel est le problème ? Ne me dis pas que tu t'inquiètes ? Tu es la meilleure élève de notre année.

- Bien sûr que si je m'inquiète, Drago ! Je ne travaille pas assez, je suis constamment distraite et je suis concentrée sur tout, sauf les cours ces derniers temps, s'agaça-t-elle en se cachant sous son coude.

- Je ne suis pas d'accord avec toi, répliqua-t-il en dégageant son bras pour la regarder dans les yeux. Tu es celle qui travaille le plus, tu es la moins distraite d'entre nous, Hermione. Même Théodore travaille moins que toi, et crois-moi il a été pire que toi. Je t'assure que tu n'as pas à t'en faire, tu es une très bonne élève. Ne te prends pas la tête avec ça.

- Je ne réussirais jamais à entrer au Ministère, si je continue comme ça, marmonna-t-elle.

- Granger, arrête de délirer, gronda-t-il en levant les yeux au ciel. Tu es la meilleure élève de tout Poudlard, même sans travailler tu réussirais tes examens.

- Tu dis ça pour me faire plaisir, bougonna-t-elle.

- Absolument pas. Ce n'est pas mon genre, je ne mens pas pour faire plaisir aux gens.

- Hum, grogna-t-elle en se blottissant à nouveau contre lui.

Il reprit ses caresses le long de ses hanches, tandis que la jeune femme soupirait. Il n'avait pas tort de dire qu'elle était l'une des meilleures élèves de l'école, si ce n'est la meilleure, mais cela n'empêchait pas Hermione de vouloir à tout prix réussir parfaitement ses examens. Elle voulait mettre toutes les chances de son côté pour entrer le plus rapidement au sein du Ministère, et ce n'étaient pas ses amis qui allaient la rassurer en lui disant qu'elle travaillait plus qu'eux. Oui, elle travaillait plus qu'eux, mais d'après elle, cela ne signifiait pas qu'elle travaillait assez.

- Au fait, reprit-elle en s'appuyant sur son torse pour le regarder dans les yeux. Parkinson m'a dit de te dire que si tu voulais lui parler aujourd'hui, enfin discuter de ce qu'il s'est passé hier, elle sera dans votre salle commune après vos cours.

- Parkinson ? Tu ne l'appelleras donc jamais par son prénom ? s'amusa-t-il en haussant un sourcil, après avoir acquiescé.

- Question d'habitude, ça viendra. Et je te signale que tu appelles mes amis par leurs noms aussi, ajouta-t-elle haussant un sourcil à son tour.

- Exact, mais j'ai mes raisons, répliqua-t-il avec un sourire en coin.

- Ah oui ? Lesquelles ?

- Tout d'abord, je n'appellerais, écoute-moi bien, ja-mais Weasley par son prénom. Je mets une sorte de distance entre nous en faisant ça et cela me convient parfaitement. Je ne l'aime pas du tout et le contraire n'arrivera probablement jamais.

- Probablement, intervint-elle avec le même sourire que lui.

- Hum, grogna-t-il en se levant. Pour les deux autres, c'est simplement pour les embêter. Je m'entends bien avec Weaslette et je sais qu'elle déteste que je l'appelle comme cela, alors j'en profite. Quant à Potter, nous nous sommes toujours appelés de cette façon, c'est comme un jeu si tu veux. Je n'irai pas jusqu'à dire que je l'apprécie, loin de là, mais disons que je le tolère. Bien plus que son pote le rouquin, ajouta-t-il en ouvrant son armoire.

- Je vois. De la pure provocation, s'amusa-t-elle.

- Exactement, répondit-il en souriant, alors qu'il enfilait ses vêtements.

Elle secoua la tête en ricanant. Drago ferma le dernier bouton de sa chemise et retroussa ses manches. La cheminée de la chambre était allumée et il avait trop chaud.

- Comment ont-ils réagi d'ailleurs ? demanda-t-il en s'asseyant sur le bord du lit.

- Ils étaient surtout inquiets pour notre santé au départ, je pense, répondit-elle en quittant le lit à son tour, enroulée dans un drap. Puis, quand ils ont compris que nous allions bien tous les deux, ils m'ont demandé ce qu'il s'était passé.

- Personne ne leur avait dit ? s'étonna-t-il.

- Non, ils n'ont pas eu le droit d'entrer dans l'infirmerie, et personne ne pouvait leur expliquer quoi que ce soit car personne n'était au courant, répondit-elle en haussant les épaules. Pansy paraissait vraiment secouée après mes explications. Elle semblait aussi désolée, c'était étrange en réalité. Elle n'a pas parlé une seule fois pendant que je leur racontais, contrairement aux autres, tu t'en doutes bien, plaisanta-t-elle. Elle a fini par congédier tout le monde et ils sont partis. Les autres avaient l'air de vouloir en savoir bien plus, mais elle ne leur a pas laissé le choix et ils ont quitté l'appartement.

- J'en parlerai avec elle, murmura-t-il étonné de la réaction de son amie, les sourcils froncés.

- Oui, ce serait pas mal, je pense. Pour les autres, ils avaient l'air en colère dans l'ensemble. Blaise, Théodore et Pansy ne m'ont pas parus étonnés d'apprendre que c'était Greengrass, ils avaient l'air furieux.

- Ils la connaissent aussi. Ils ont passé pas mal de temps avec moi au Manoir, l'an dernier. Enfin, lorsque nous n'étions pas à Poudlard. Mais comme nous avions aussi accueilli les Greengrass, pour cette histoire de mariage, continua-t-il en grimaçant, ils ont été obligés de les côtoyer, et donc de la fréquenter. Je ne suis pas le seul à avoir compris immédiatement qu'elle était aussi folle que nos deux pères, souffla-t-il.

Elle hocha doucement la tête, ne sachant quoi répondre. Elle savait qu'il était toujours difficile pour Drago de se remémorer cette période de sa vie. Le séjour de Lord Voldemort au Manoir Malefoy avait été abominable, d'après le peu de récits qu'il lui en avait fait. Elle ne voulait pas le relancer sur un tel sujet.

Elle attrapa à son tour de quoi s'habiller et l'observa du coin de l'œil, il avait le regard dans le vide. Après quelques minutes, il s'approcha d'Hermione alors qu'elle enfilait une chemise, et lui tendit une main.

- Danse avec moi, lui demanda-t-il.

- Sans musique ? répondit-elle en attrapant tout de même sa main et en s'approchant de lui, sans avoir boutonné son haut, un sourire doux aux lèvres.

Il sortit sa baguette et l'agita. Une musique lente et douce s'éleva dans la chambre, faisant s'émerveiller Hermione. Elle adressa un magnifique sourire à Drago, qui lui caressa la joue avant de l'entraîner dans des mouvements lents et gracieux. Elle posa son front contre son épaule et se laissa porter par les pas du blond.

- Je ne connaissais pas ce sort, murmura-t-elle avec un sourire conquis. Je ne savais même pas qu'il était possible de faire cela.

- Il y a encore bien des choses que tu ne sais pas, Mia, souffla-t-il à son oreille.

- Heureusement que tu es là pour me les apprendre, alors, répondit-elle en relevant la tête.

- Je suis tout à toi, murmura-t-il.

Elle avait les yeux brillants de joie et il la trouva magnifique. Il posa doucement ses lèvres sur les siennes, les mouvant au même rythme que leur danse.

oOo

- Drago ?

- Hum ?

- Tu voudrais bien m'accompagner voir Rogue, après le déjeuner ?

L'heure du repas était arrivée et après avoir passé un long moment tous les deux, Hermione et Drago descendaient rejoindre leurs amis dans la Grande Salle. Leurs ventres criaient famine et même si le blond avait proposé à la jeune femme d'appeler leurs elfes pour qu'ils leur amènent quelque chose directement dans leur chambre, Hermione avait refusé.

- Ce n'est plus Severus ? plaisanta-t-il.

- Très drôle, grogna-t-elle, ce qui le fit rire davantage. Tu viendras ? reprit-elle avec une moue suppliante.

- Tu ne peux pas y aller seule ? s'enquit-il en haussant un sourcil, le regard toujours moqueur.

- Drago...

- D'accord, d'accord, je viendrai, s'amusa-t-il en levant les yeux au ciel. Pourquoi veux-tu le voir ? Et puis, il n'a pas cours cet après-midi ?

- Non, pas le lundi. Et j'ai plusieurs choses à.… lui demander.

- C'est-à-dire ?

- Peu importe, répondit-elle évasivement.

- Tu es au courant que - parce que tu me l'as demandé - je serai là aussi ? Donc je saurais ce que tu vas lui dire.

- Eh bien, tu verras tout à l'heure alors, Malefoy, répliqua-t-elle avec un sourire en coin, en entrant dans la Grande Salle.

Elle lui tourna le dos et rejoignit ses amis. Il ricana discrètement et s'avança à son tour vers sa table, en secouant la tête. Il remarqua que quelques jeunes filles l'observaient discrètement - ou pas - et chuchotaient en le pointant du doigt. Il fronça les sourcils. Depuis quand cela ne lui était-il pas arrivé ?

- Je t'assure, elle portait le maillot numéro sept, c'était forcément le sien, entendit-il en passant près de la table de Poufsouffle.

- Un Serpentard et une Gryffondor, tu délires ma pauvre.

Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire narquois et il continua son chemin.

Hermione et lui n'avaient pas vraiment discuté d'une quelconque relation secrète. Comme il l'avait déjà dit à ses amis, ils n'étaient simplement pas aussi démonstratifs en public que les autres couples. Ils ne se cachaient pas, mais ils ne s'exposaient pas pour autant.

De plus, Drago ne l'avouerait sûrement jamais, mais il avait peur que l'on l'accuse de profiter d'Hermione pour se repentir. Il savait que tous ses proches le rassureraient en disant qu'il délirait, pourtant, il ne pouvait s'empêcher de le penser. La rumeur de leur couple semblait se répandre petit à petit et il espérait que ses craintes ne se réalisent pas.

- Hermione ! Nous ne savions pas si vous descendriez ou non, fit Ginny quand la jeune femme arriva à leur hauteur.

- Figure-toi que Monsieur Malefoy voulait demander aux elfes de nous apporter à déjeuner, soupira-t-elle en levant les yeux au ciel, tout en s'asseyant près de Ron.

- Mais je suppose que tu as ardemment refusé, s'amusa Harry.

- Je suis étonné qu'il ait osé te proposer cela, ne sait-il pas que tu défendrais bec et ongles la cause des elfes ? intervint Ron en marmonnant d'un air hautain, tout en se baffrant de pommes de terre.

- Tu es lourd, Ron, répondit-elle en levant les yeux au ciel, agacée. Eh ! Neville, ce n'était pas aujourd'hui que tu avais rendez-vous avec la directrice ? demanda-t-elle, ignorant complètement son voisin de table qui bougonnait dans son coin.

- C'est bien aujourd'hui, juste après nos cours de cet après-midi, répondit-il en se servant de légumes.

- Tu me raconteras, n'est-ce pas ?

- Évidemment, Hermione. Je ne donne pas cher de ma peau sinon, ricana-t-il.

Elle lui tira la langue, boudeuse, alors que les autres s'esclaffaient de cette remarque. Hermione angoissait énormément à propos de ces rendez-vous avec McGonagall. Depuis qu'elle était au courant, elle attendait avec impatience que l'un de ses camarades ait rendez-vous, pour savoir à quoi s'attendre. Ainsi, elle jacassait sans cesse à ce propos, dès que le sujet revenait sur la table.

- Plus sérieusement, reprit-il, alors que les autres cessaient enfin de rire. Je pensais que nous pourrions peut-être aller aux Trois Balais en fin de journée, je pourrai vous raconter le rendez-vous quand nous y serons.

- Très bonne idée. Je ne dirais pas non à un moment de détente avant la semaine d'horribles examens qui nous attend.

- Elle ne serait pas horrible, si tu avais daigné travailler pour réussir, Ronald, répliqua Hermione en lui lançant un regard réprobateur.

- Peu importe, intervint Ginny, qui sentait que son frère n'allait pas répondre de façon correcte. Je suis partante et nous devrions proposer aux autres aussi, ajouta-t-elle en pointant discrètement du doigt les Serpentards. Vers dix-neuf heures ? demanda-t-elle après que les autres eurent acquiescé.

- Je m'en occupe, décida Hermione.

Elle sortit sa baguette et fit apparaître de quoi écrire. D'un autre coup de baguette, le morceau de parchemin se volatilisa et apparut à l'autre bout de la Grande Salle, dans l'assiette de Drago. En l'apercevant, le blond ne put s'empêcher de sourire, se rappelant avoir utilisé la même technique il y a peu de temps. Il se doutait bien de qui pouvait être l'expéditrice.

"Neville a proposé que nous nous retrouvions tous aux Trois Balais ce soir, aux alentours de dix-neuf heures. Tu me diras si vous venez tout à l'heure.

Et mange, Malefoy, je risque d'être plus lourde que toi sinon, fais gaffe.

HG."

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Théodore, en voyant son ami sourire à un parchemin.

- Les Gryffondors nous proposent de les retrouver aux Trois Balais ce soir. Vous en êtes ? s'enquit-il de sa voix traînante.

- Carrément, ça fait beaucoup trop longtemps que je ne m'en suis pas mise une, répondit Pansy.

- Je ne suis pas certain que ça soit l'objectif, Pans', fit Théodore en haussant un sourcil.

- Peu importe, nous n'allons tout de même pas louper cette magnifique occasion, plaisanta Blaise en lançant un clin d'œil à Pansy.

- Nous avons des examens demain, je vous signale.

- Des quoi ? Jamais entendu parler, répliqua Blaise en regardant son amant avec défi.

- Ne compte pas sur moi pour te porter quand nous rentrerons, dans ce cas, répondit-il avec un sourire en coin.

- Peu importe, je demanderai à Blondie.

- Ne me mêle pas à ça, Zabini, intervint Drago avec un vague geste de la main.

- Comment va Granger ? chuchota Pansy à l'oreille du blond, alors que leurs deux amis s'engageaient dans un débat futile.

- Aussi bien qu'elle puisse aller après ce qu'il s'est passé, répondit-il simplement en haussant les épaules.

- Je vois, soupira-t-elle. Si jamais tu as envie d'en-

- Je sais, elle me l'a dit.

- Nous pouvons sortir, si tu veux. Je ne reprends pas tout de suite.

- Je sais, mais non, je dois faire quelque chose juste après manger, répondit-il fermement.

- Bien, soupira-t-elle à nouveau. Drago, reprit-elle tout aussi doucement, je te connais. Je sais que tu ne l'avoueras jamais à voix haute, et je suis une amie géniale donc je ne te le demandes pas, mais je sais que tu as besoin d'en parler à quelqu'un d'autre que Granger. De parler d'elle, de ce qu'il s'est passé hier, mais aussi de ta mère, et d'autres choses si tu le souhaites. Je suis et je resterai longtemps - crois-moi, tu n'as pas vraiment le choix de toute manière - ta meilleure amie, je suis là pour ça, et en ce moment tu ne me parles presque plus. Alors ce que je vais faire, enchaîna-t-elle pour ne pas le laisser intervenir, c'est que je vais t'attendre à la volière après mes cours, comme en sixième année. Je ne te jugerai pas quoi que tu fasses, ou que tu me dises, tu devrais le savoir.

Il ne répondit pas et ne la regarda pas non plus. Il se contenta de boire son verre d'eau, en silence. Elle soupira, puis ayant terminé son repas, se leva.

- J'espère vraiment que tu seras là, Drago, murmura-t-elle avant de l'embrasser sur la joue.

Elle prévint les deux autres qu'elle se rendait à leur prochain cours et quitta la Grande Salle. Drago n'entendait plus vraiment les chamailleries de ses amis, il était plongé dans ses pensées. Lui aussi connaissait Pansy, et malheureusement pour lui, il savait qu'elle ne lâcherait pas l'affaire cette fois-ci. Il avait déjà agi de cette façon lors de leur sixième année et son amie ne lui avait pas forcé la main. Mais plus maintenant. Cette fois-ci, il savait qu'elle le harcèlerait jusqu'à ce qu'il lui parle.

Il soupira et se leva à son tour. Il s'éloigna sans même que Blaise et Théodore ne le remarque, trop absorbés par leur discussion quelque peu tumultueuse. Il quitta la Grande Salle, les mains dans les poches, les sourcils froncés et les lèvres pincées. Il s'appuya sur un mur près des portes et se plongea dans ses pensées.

Évidemment, il aurait bien fallu un jour que Pansy intervienne. Elle s'inquiétait silencieusement pour lui depuis plusieurs semaines et il ne lui disait plus rien. Il avait même été étonné qu'elle n'intervienne pas plus tôt, elle avait pourtant la même patience que Ronald Weasley avant chaque banquet de Poudlard.

En réalité, il ne se sentait pas incapable ou anxieux à l'idée de lui parler. C'était Pansy, sa meilleure amie depuis toujours, celle qui connaissait tout de lui. L'avoir vue inquiète depuis le début de l'année le mettait mal à l'aise, il n'aimait pas la voir comme cela. Même si elle tentait de cacher ses inquiétudes, par fierté ou bien par habitude, il la connaissait, aussi bien qu'elle le connaissait. Il lui devait bien cela.

- Un Gallion pour tes pensées, fit soudainement une voix à ses côtés.

- Ce n'est pas censé être une Noise ? sourit-il en se tournant vers Hermione.

- Probablement, mais tu avais l'air d'être tellement concentré que ces pensées doivent valoir cher, je me trompe ? répondit-elle en se pendant à son cou.

- Faites attention Miss Granger, je risquerais de vous ruiner dans ce cas, plaisanta-t-il en l'attrapant par les hanches.

- Je suis riche, n'oubliez pas, ça devrait donc être difficile, Monsieur Malefoy, pouffa-t-elle. Tu faisais une tête bizarre en sortant, est-ce que ça va ? s'enquit-elle en reprenant son sérieux.

- Oui, oui, tout va bien.

Elle haussa un sourcil d'un air inquisiteur, prouvant qu'elle ne le croyait pas le moins du monde. Il leva un sourcil à son tour, la défiant du regard. Les yeux dans les yeux, aucun des deux n'avait pour intention de dévier le regard, par pur esprit de compétition.

Mais Hermione, voyant qu'il ne comptait absolument pas lâcher l'affaire, ne tarda pas à le quitter des yeux et soupira. Elle lui tendit la main et il l'attrapa avec un sourire en coin, fier de sa petite victoire. Elle leva les yeux au ciel et le tira à sa suite.

- Vous venez ce soir ? demanda-t-elle en descendant vers les cachots.

- Évidemment, si je reprends les mots de Pansy, "nous n'allons pas rater une occasion de nous la mettre", railla-t-il.

- Je croyais que tu ne buvais plus ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.

- Qui a dit cela ?

- Personne, je l'ai remarqué c'est tout, sourit-elle doucement. Est-ce qu'il y a une raison à cela, d'ailleurs ?

- Disons que je n'ai pas de très bons souvenirs des fois où j'ai trop bu, marmonna-t-il vaguement.

- Pourtant la première fois que nous nous sommes tous réunis à l'appartement tu as bu, non ?

- Les circonstances n'étaient pas les mêmes, Granger, grogna-t-il, mal à l'aise de parler de cela. Disons que j'ai plus de raison d'en abuser aujourd'hui que la dernière fois.

- Je comprends, répondit-elle doucement, en serrant sa main. En tout cas, j'ai hâte d'y être, Neville aura son entretien tout à l'heure et- Quoi ? s'interrompit-elle.

- Je n'ai rien dit, se défendit-il en levant une main innocemment.

- Non, tu as levé les yeux au ciel, je t'ai vu.

- Tu radotes, Granger. Tu nous parles de ces foutus entretiens depuis quoi... deux semaines ? se moqua-t-il en levant les yeux au ciel.

- C'est important, maugréa-t-elle. Peut-être que ton avenir est tout tracé, mais ce n'est pas vraiment mon cas. Je veux travailler au Ministère et pour l'instant rien ne me dit que j'y arriverai.

- Granger, tu me désespères, soupira-t-il. Premièrement, reprit-il avant qu'elle n'intervienne, mon avenir n'est pas tout tracé, comme tu dis. J'ai de quoi investir, j'ai des associés, mais comme tu me l'as dit hier, les gens sauront qui est le directeur de mon entreprise. Ils sauront que je suis un Malefoy, et rien ne dit que ce que je vais entreprendre fonctionnera. Deuxièmement, continua-t-il alors qu'elle ouvrait la bouche pour répliquer, tu as tout ce qu'il faut pour réussir, Hermione. Je te l'ai déjà dit tout à l'heure. Tu es la meilleure élève de cette école, tu t'intéresses à tout, tout le temps, tu défends des causes plutôt... nobles, bien que très polémiques, et tu te bats pour elles. Et en plus de tout ça, tu es une héroïne de guerre ! Alors dis-moi, Hermione Granger, comment pourrais-tu échouer à entrer au Ministère ?

- Je ne sais pas, marmonna-t-elle. Mais si-

- Mais si rien, Granger, la coupa-t-il sévèrement. Si je t'entends encore une fois parler de ce foutu entretien, je vais commencer à te trouver égoïste, continua-t-il avec un sourire moqueur.

Elle soupira en baissant la tête, sans ne savoir quoi lui répondre. Il allait lui-même ajouter quelque chose, mais ils atteignirent enfin le tableau de l'appartement de Rogue et Leicester les accosta.

- Bonjour à vous, mes chers amis.

- Bonjour, Sir. Le Professeur Rogue est-il dans ses appartements ?

- Il n'est pas encore arrivé, je le crains. À cette heure-ci, il doit être encore en train de déjeuner, jeunes gens.

- Oh. Eh bien, nous attendrons, soupira Hermione.

- Pas besoin, Mia. Nous sommes Drago Malefoy et Hermione Granger, pouvez-vous nous laisser entrer, je vous prie, reprit-il plus fort.

- Bien entendu, entrez, entrez, les enfants.

Hermione, qui n'avait pas pensé à cette option, offrit un magnifique sourire à Drago, qui tendit le bras vers l'entrée de l'appartement pour la laisser passer, tel le gentleman qu'il était. En effet, Severus leur avait expliqué que leur deux noms étaient comme des mots de passe pour le tableau, ce qui expliquait qu'ils puissent entrer à leur guise simplement en donnant leurs noms.

Drago la suivit dès qu'elle fut entrée et ils s'installèrent dans un sofa, pour attendre l'arrivée de leur parrain.

oOo

Ce n'est que deux heures après le déjeuner que Severus put enfin rejoindre son appartement. La directrice l'avait réquisitionné pour une longue réunion avec le Directeur du Bureau des Aurors, Gawain Robards. Il n'appréciait pas cet homme et la longueur de la réunion avait été une véritable torture.

Il le trouvait arrogant à souhait et derrière ses airs de parfait petit Auror, il ne s'empêchait pas de fusiller du regard Severus dès qu'il en avait l'occasion. Ils se vouaient une guerre froide depuis leurs années à Poudlard. Robards avait été élève à Serdaigle en même temps que Severus, et donc que Marlène McKinnon. Si les premières années, Severus n'avait pas été intéressé par la meilleure amie de Lily Evans, il l'avait été les années suivantes. Mais il n'était pas le seul.

Robards faisait partie des cinq personnes qu'il aimait le moins à Poudlard. Après Sirius Black, James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrow, Robards était à ses yeux l'exemple typique du "garçon parfait", caché derrière les jupes de sa mère et l'argent de son père, qui réussissait tout dans la vie sans lever le petit doigt. Rien qu'en pensant au sourire éblouissant qu'il servait à tout va, Severus avait la nausée.

Il était sorti du bureau directorial, le cerveau rempli de plans destinés à assassiner le Directeur du Bureau des Aurors. Quelle ne fut donc pas sa surprise d'entrer dans son appartement et d'y trouver ses deux filleuls endormis l'un contre l'autre, dans l'un de ses canapés. Il ne savait pas depuis combien ces deux-là étaient installés chez lui, mais il n'était pas étonné de les voir endormis. Pomfresh lui avait bien expliqué que malgré le fait qu'ils soient restés inconscients aussi longtemps, ils n'avaient pas vraiment pu se reposer. Leur fatigue n'était donc pas surprenante.

Il s'installa dans un autre fauteuil et fit venir à lui un livre, préférant ne pas réveiller ses deux filleuls. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il aperçut enfin du mouvement de leur côté. Relevant la tête vers eux, il vit Drago papillonner des yeux, en se redressant légèrement. Il mit quelques secondes à comprendre où il se trouvait et se tourna vers son parrain.

- Quelle heure est-il ? chuchota-t-il à Severus, le regard perdu.

- Il doit être aux alentours de quinze heures, répondit-il tout aussi doucement. À quelle heure êtes-vous arrivés ? demanda-t-il en voyant l'air étonné de Drago.

- Nous sommes descendus juste après le déjeuner. Tu es là depuis longtemps ?

- Une heure environ.

- Mais pourquoi ne nous as-tu pas réveillés ? s'étonna-t-il, en faisant le moins de bruit possible pour éviter de réveiller Hermione, allongée sur ses genoux.

- Vous avez besoin de repos, d'après Pomfresh. Si vous vous êtes aussi facilement endormis, c'est que vous en aviez vraiment besoin.

- Pas faux, grimaça-t-il. Où étais-tu ?

- Dans le bureau de la directrice. Nous avions rendez-vous avec Robards.

- Le Chef des Aurors ?

Il hocha la tête lentement et Drago remarqua directement l'aigreur de son parrain à la mention de cet homme. Il allait lui lancer une remarque moqueuse, lorsqu'il sentit du mouvement sur ses genoux. Il baissa la tête à temps pour apercevoir Hermione papillonner des yeux à son tour. Elle sourit en croisant son regard gris et observa les lieux. Elle se souvint alors de ce qu'elle faisait là et tourna la tête vers Rogue, qui la regardait lui aussi.

- Nous dormons depuis longtemps ? demanda-t-elle à Drago en se redressant.

- Je crois bien, oui, s'amusa-t-il.

Elle passa une main sur son visage, frottant ses yeux au passage et laissa retomber sa tête contre le dossier du canapé.

- Bon, et si vous m'expliquiez ce que vous faites là ? Pas que cela ne me dérange, mais je suis assez étonné de vous trouver ici.

- Où est Greengrass ? demanda directement Hermione, d'une voix où perçait toute sa colère envers la Serpentard.

- Toujours à l'infirmerie. Pomfresh l'a plongée dans un coma artificiel le temps que les Aurors viennent la chercher, pour éviter tout problème, expliqua Severus.

- Quand viendront-ils ?

- Demain matin.

- Et que se passera-t-il après ? fit Drago, en reprenant le même ton qu'Hermione.

- Elle devrait être interrogée par les Aurors, puis sera très probablement amenée à Azkaban, dans l'aile psychiatrique.

- Aucun procès ? s'étonna la jeune femme, les sourcils froncés.

- Encore heureux ! Cette folle ne doit pas rester dans la nature encore plus longtemps que ça.

- Ce ne serait pas juste qu'elle n'ait pas le droit à un procès, Drago.

- Juste ?! Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre de la justice, Granger ? Elle aurait pu faire bien pire que nous blesser !

- Hermione, n'a pas tort, Drago. La Justice Magique fonctionne de cette façon, elle devrait avoir un procès. Cependant, ses analyses psychologiques ont démontré que ses intentions étaient bien pires que ce qu'elle a réussi à faire. De plus, l'utilisation d'un Sortilège Impardonnable dans de telles circonstances l'a encore plus incriminée. Elle n'aura pas le droit à un procès, car ce serait prendre le risque, comme l'a dit Drago, qu'il se passe autre chose, même si elle est maîtrisée.

- Je vois, souffla-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine.

- Elle préparait son coup depuis des mois, et dès qu'elle a appris que Drago reviendrait à Poudlard, elle a commencé à tout manigancer, expliqua Severus.

- Toute cette préparation pour ça ? railla méchamment Drago.

Il se fit incendier du regard par Hermione, qui apparemment, ne trouvait pas cela aussi drôle que lui. Il s'en voulu légèrement, mais ne laissa rien paraître. Il trouvait réellement ridicule qu'elle ait passé autant de temps à préparer quelque chose, sans n'avoir aucun résultat concluant.

- De toute manière, elle est folle. C'est tout ce qu'elle mérite, reprit-il.

- Peu importe, intervint Severus, alors qu'Hermione allait à nouveau faire une remarque à Drago. Elle ne pourra plus rien tenter, c'est tout ce qui compte.

Hermione hocha la tête les yeux dans le vide. Non, Astoria Greengrass ne pourrait plus rien tenter contre Drago ou elle-même. Malgré tout, les mots de Severus étaient rassurants. La tension qui l'habitait depuis son réveil à l'infirmerie redescendit doucement en comprenant que rien ne pourrait plus leur arriver à cause d'elle. Elle espérait que plus personne ne tenterait quoi que ce soit d'ailleurs, mais elle se doutait bien qu'elle en demandait probablement trop.

Pourtant, quelque chose n'était toujours pas résolu dans son esprit. Elle était venue pour plusieurs choses et ne comptait pas repartir sans les réponses à toutes ses questions.

Le silence s'était fait, chacun d'eux étant plongé dans ses pensées. Severus avait fait apparaître du thé pendant qu'ils dormaient et Drago se servait une tasse, lorsque Hermione tourna les yeux vers Severus.

- C'était vous, n'est-ce pas ?

Ils se regardaient dans les yeux désormais. Severus hocha la tête, sous le regard surpris de la jeune femme. Bien qu'elle s'était attendue à cette réponse, qu'il vienne confirmer ses doutes était tout autre. Cela rendait bien plus réel les événements. Il les avait secourus.

- Comment ? murmura-t-elle sans détourner les yeux.

- J'ai créé ceci, expliqua-t-il en soulevant légèrement la manche qui cachait sa montre. Elle est reliée magiquement à ton collier.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Drago, les sourcils froncés.

- Une montre. Un objet qui permet de donner l'heure, et que j'ai amélioré, répondit Severus.

- Je sais ce qu'est une montre, merci, grogna-t-il en le fusillant du regard. Ce n'est pas que moldu je te signale. Je voulais savoir ce qu'elle avait de différent.

- Mais comment est-ce possible ? s'écria Hermione les yeux écarquillés par la curiosité, coupant Drago qui marmonna dans sa barbe inexistante.

- Grâce à plusieurs semaines de travail, répondit-il avec un léger sourire en coin. Sans vouloir me vanter, il s'agit d'une magie très compliquée. Je te l'apprendrai si tu le souhaites.

- Évidemment, s'exclama-t-elle en sautillant presque sur le canapé.

Elle avait retrouvé immédiatement une certaine excitation à l'idée d'apprendre quelque chose de nouveau. Son avidité d'apprendre avait repris le dessus sur la conversation sérieuse qu'ils avaient entreprise. En se rendant compte de cela, elle se calma immédiatement, sous le regard amusé de Drago. Elle baissa la tête, honteuse de son comportement qu'elle trouvait très enfantin.

- As-tu enfin décidé de lire le carnet de Lily ? s'enquit Severus pour changer de sujet, voyant la gêne de sa filleule.

- Oui, j'ai commencé hier, dit-elle doucement. J'étais aussi là pour cette raison, d'ailleurs, continua-t-elle en relevant la tête. Il se trouve que je suis la seule à pouvoir le lire.

- Ce n'est pas étonnant, je me rappelle que Lily avait lancé un sort dessus, pour qu'aucun de nous ne puisse en lire le contenu, expliqua-t-il. Il est donc logique que ce soit toujours le cas.

- Le problème est qu'Harry ne peut donc pas le lire non plus, soupira-t-elle. N'y a-t-il pas un moyen de modifier ce sort, ou même de le retirer ?

- Possible, répondit-il en se levant et se dirigeant vers sa bibliothèque, pour chercher de quoi répondre à cette question. Mais je ne pense pas que je pourrai le faire moi-même, ajouta-t-il en laissant traîner son regard sur ses différents ouvrages. Tu es la seule à pouvoir le lire, tu seras donc la seule à pouvoir modifier ce sort. Je vais faire des recherches, je n'ai rien ici qui pourra m'aider, mais je te préviendrai si je trouve quelque chose.

- Merci, sourit-elle timidement.

- Est-ce que tu as trouvé des choses intéressantes en le lisant ? demanda-t-il en se rasseyant avec eux.

- Oui, j'ai appris beaucoup de choses sur ma mère, dit-elle en observant ses mains. Je lui ressemble. Peut-être pas physiquement, mais lorsque j'ai lu ses récits, j'avais... j'avais l'impression de me lire moi-même, se confia-t-elle ensuite, d'une voix hésitante.

- Tu lui ressembles aussi physiquement. Mis à part ses yeux, tu as sa forme de visage, ses tâches de rousseur... Tu as presque tout d'elle.

- Comment ai-je fait pour ne pas m'en rendre compte avant ? souffla-t-elle, désespérée. J'ai pourtant déjà vu des photos de Lily auparavant !

- Comment aurais-tu pu faire un tel lien, sans aucun indice, ni aucune piste qui aurait pu ne serait-ce que t'aiguiller sur le fait que les Granger n'étaient que tes parents adoptifs, Hermione ? Tu n'aurais jamais pu imaginer une telle chose sans avoir la moindre idée de ton adoption, ni de cette histoire ! fit Drago, faisant soupirer la jeune femme.

- Il n'a pas tort. Tout avait été orchestré pour que nul ne puisse le deviner, pas même toi, poursuivit Severus, d'un ton qu'il se voulait rassurant.

- Je trouve cela injuste, si tout ce temps j'avais su...

- Je sais, mais tout cela a été fait dans ton propre intérêt, Hermione. Sans ces précautions, qui sait ce qui aurait pu arriver ? Ce qui importe aujourd'hui, c'est que tu sois au courant et que tu puisses en apprendre plus sur Lily, notamment grâce à ce carnet. Et, en effet, tu peux te rendre compte d'à quel point vous vous ressemblez, à travers ses récits.

Elle hocha lentement la tête, puis la baissa pour fixer son regard sur ses mains, à nouveau. Elle savait que Severus avait raison, mais elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer quelle aurait été sa vie si elle avait appris cela plus tôt. Si elle avait su que d'autres personnes étaient là pour elle, que Harry était son frère...

Voyant que Hermione semblait perturbée par ses mots, Severus n'ajouta rien. Il ne voulait pas la mettre mal à l'aise, ni l'oppresser. Il croisa le regard de Drago qui semblait désolé pour la jeune femme. Ce dernier serra la main d'Hermione et se racla la gorge.

- Aucune nouvelle de ma mère ? demanda-t-il à son parrain.

- Toujours pas, je suis désolé, Drago.

- Ne le sois pas, tu n'y es pour rien, souffla-t-il, d'un air désespéré.

- Elle n'a répondu à aucune de tes lettres ?

- Non, pas une seule fois, soupira-t-il. Je ne sais même pas si elles sont arrivées à bon port, je n'ai fait que les confier à mes elfes. Mais j'ai arrêté de lui en envoyer, cela n'a plus aucun intérêt, continua-t-il en haussant les épaules. Si elle en avait quelque chose à faire de moi, elle se serait manifestée. Même dans l'hypothèse où elle n'aurait pas reçu mes lettres, elle aurait au moins dû me contacter, ne serait-ce que par rapport à Lucius, ou bien pour prendre des nouvelles. C'est ce qu'elle faisait les années précédentes.

- Ne désespère pas, Drago. Elle finira par s'en rendre compte, j'en suis certain.

Il haussa négligemment les épaules et porta sa tasse de thé à ses lèvres. Il avait abandonné l'idée d'avoir à nouveau des nouvelles de sa mère et il n'en était que plus mal. Qu'avait-il bien pu se passer pour que sa mère - l'être qu'il aimait le plus au monde - le quitte du jour au lendemain, sans la moindre explication ? Depuis quelques jours il s'était résigné à ne plus rien attendre d'elle, mais était-ce vraiment ce qu'il lui fallait ? Drago avait l'impression d'imploser petit à petit.

Cette fois-ci, ce fut Hermione qui serra sa main. Il avait les yeux fixés sur le fond de sa tasse et ne faisait plus vraiment attention à son entourage. Elle le ramena à la réalité en attrapant son bras et en le poussant à se lever. Il n'avait pas fait attention à ce que se disaient les deux autres, aussi, il quitta l'appartement avec Hermione, quelques minutes plus tard, sans se poser de question.

oOo

"15 septembre 1973,

Un E ! Un E ! J'ai seulement eu un E ! Je n'y crois pas. Qu'est-ce que j'ai bien pu louper pour avoir une aussi mauvaise note ? J'ai pourtant parfaitement versé la Mandragore cuite liquéfiée ! Je n'y comprends rien. Severus dit que j'ai mal écrasé la pierre de Lune, mais je suis persuadée que c'est autre chose. Il fait bien le malin avec son O ! Slughorn n'a même pas voulu me dire quelle était mon erreur, d'après lui je peux trouver toute seule ! Mais j'ai passé l'après-midi à chercher, et toujours rien ! Rien ! De plus, nous n'avons pas cours avant lundi, je ne vais même pas pouvoir lui faire part de mes hypothèses. Rater un Philtre de paix, mais quelle idiote !

Remus a essayé de me consoler en m'assurant qu'un E parmi tous mes O, n'était pas si terrible, mais ses belles paroles ne me donneront pas une solution à mon problème. Tant que je n'aurai pas trouvé ce qui ne va pas dans ma préparation, je ne veux entendre personne me parler de ce foutu Philtre de Paix !"

"16 septembre 1973,

J'ai dépouillé la moitié des livres de Potions de la Bibliothèque, mais je n'ai rien trouvé ! La seule chose qui aurait pu faire foirer ma potion est la pierre de Lune, mais je reste persuadée que ce n'est pas ça ! Ce n'est pas ça !

Et encore une fois Potter m'a répété toute la matinée qu'il était fou amoureux de moi, mais je ne vais pas m'étendre là-dessus, c'est presque devenu une habitude..."

"17 septembre 1973,

J'ai négocié pendant plus de vingt minutes avec Pince pour avoir accès à la Réserve, mais elle n'a pas voulu ! Je suis parfaitement au courant que je n'aurai pas ce privilège sans l'autorisation d'un professeur, mais j'aurai essayé...

Severus a passé l'après-midi à me répéter que cette foutue pierre de Lune était la cause de ma mauvaise note, mais je n'en démords pas ! Je suis certaine de l'avoir écrasée correctement ! Il fera moins le malin demain quand Slughorn me confirmera que cela n'a rien avoir ! Peut-être même qu'il m'affirmera s'être trompé et que ma préparation était parfaite, je ne vois que ça !"

"18 septembre 1973,

Bon. Il se pourrait que Severus ait eu raison. Mais comment a-t-il pu savoir cela ?! Sérieusement ! Il a passé le cours concentré sur son propre chaudron et ne m'a pas jeté un seul regard. Je n'y crois pas ! Il n'a pas cessé de se moquer de ma mauvaise foi aujourd'hui. Il n'a pas tort, je le sais, mais jamais je ne lui avouerai !

Même Marlène s'y est mise. Elle aussi a reçu un O... En plus de ça, cet idiot de Robards trainait avec elle lorsqu'elle m'a annoncée sa note. Il n'a pas cessé de vanter ses soi-disant talents en DFCM. Tout le monde sait qu'il profite que son père soit Auror pour apprendre les sorts à l'avance. J'ai presque cru que Marlène avait été convaincue par son petit spectacle, mais lorsqu'il est parti, elle a littéralement explosé de rire. Ce Robards est vraiment idiot."

- Nous aurons largement le temps de prévoir certaines choses d'ici-là, sans que ta mère n'intervienne trop, ne t'inquiète pas, déclara Harry en entrant dans le séjour.

- Que se passe-t-il ? demanda Hermione en quittant des yeux le carnet de sa mère pour voir Harry et Ginny entrer.

- Mes parents vont rester en Roumanie jusqu'aux vacances de Noël finalement, soupira-t-elle en venant s'installer près d'elle.

- Et Mademoiselle Weasley s'inquiète de ne rien pouvoir gérer pour son mariage et que Molly s'occupe de tout. Mais j'étais justement en train de lui dire que le prolongement de leur voyage était une aubaine ! s'exclama-t-il, en posant ses mains sur les épaules de la rouquine.

- Tu crois vraiment que la distance va l'arrêter ? Désolée de te décevoir, mon chéri, mais il suffit de voir le nombre de lettres qu'elle m'écrit par semaine, et où elle propose des dizaines de choses pour le mariage, pour savoir qu'elle ne nous laissera rien faire, soupira-t-elle.

- Ne t'en fais pas, tout va bien se passer, répondit-il doucement en lui embrassant le haut du crâne. Bon, je vais me doucher avant qu'on y aille.

- Bon entraînement ? demanda Hermione, une fois qu'il eut quitté la pièce.

- Pas mal, mais qu'est-ce que ça me manque ! soupira-t-elle en s'allongeant contre l'accoudoir. C'est une véritable torture de les voir jouer et de ne pas pouvoir les rejoindre.

- Pourquoi est-ce que tu y vas alors ? Reste ici, proposa Hermione en haussant les épaules.

- Tu veux rire ?! Je ne peux pas m'exercer, mais je ne vais tout de même pas louper les entraînements !

- C'est toi qui vois, mais vu la température qu'il fait en ce moment, je ne suis pas sûre que rester en haut des gradins, sans jouer, soit une très bonne idée.

- Hermione, Hermione, Hermione... Je crois que tu as oublié quelque chose qui s'appelle la Magie, se moqua-t-elle gentiment. Crois-tu vraiment que je passerais deux heures dans le froid, à les observer jouer, ou regarder mon idiot de fiancé crier sur les nouveaux joueurs parce qu'ils ratent leurs tirs, alors que je suis enceinte et que je ne peux pas jouer ?

- Clairement pas, pouffa-t-elle. J'ai encore occulté le fait que j'étais une sorcière, autant pour moi.

- Enfin bon, soupira-t-elle, tout de même amusée par l'étourderie de son amie. Pour répondre à ta question, l'entraînement s'est plutôt bien passé, bien que j'aurais préféré être à la place de cet abruti de Sloper, qui à la base n'est même pas Poursuiveur !

- Je croyais qu'il était bon, non ?

- Tu parles, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Harry l'a choisi parce qu'il était le seul à tenir correctement sur un balai, mais crois-moi, je ne serais pas étonnée que notre dernier match ait été notre dernière victoire.

- Je vois, s'amusa-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Ce n'est pas drôle, Hermione, gronda Ginny.

- Pas spécialement, mais te voir aussi en rogne contre ce pauvre Jack est très drôle, ricana-t-elle.

- Si tu le dis, grogna-t-elle. Est-ce que ça va mieux ? enchaîna-t-elle pour changer de sujet, consciente que son amie n'était pas aussi passionnée qu'elle pour ce sport et qu'elle s'en lassait bien plus vite.

- C'est relatif, souffla-t-elle. Si par aller mieux tu veux dire physiquement alors oui, je n'ai plus rien.

- Mais ?

- Mais rien, laisse tomber, Gin'.

Ginny ricana ironiquement et fixa Hermione dans les yeux en haussant un sourcil. Elle ne la lâcha pas des yeux, attendant impatiemment une réponse. La rouquine croisa les bras sous sa poitrine, de manière à montrer à la jeune femme qu'elle ne bougerait pas avant d'obtenir une réponse.

- Ginny, nous avons vécu une guerre, tu crois vraiment que ce petit incident-

- Petit incident ?! intervint Ginny en se redressant, le regard sévère. J'espère que tu te fous de moi, Hermione Granger. Arrête de systématiquement minimiser ce qu'il peut t'arriver, par Merlin ! Alors oui, comme tu dis, nous avons vécu une guerre, mais nous sommes vivants, Hermione. Et ce n'est pas parce que nous aurions pu vivre pire, que tout ce qu'il t'arrive est toujours mieux que cette foutue guerre. Tu en as assez fait, tu ne devrais plus avoir à vivre d'autres choses, c'est assez pour une vie ! Alors non, ce n'est pas rien, reprit-elle plus doucement. Une folle a attaqué Malefoy, ton copain, ou je-ne-sais-pas-comment-tu-le-qualifies. Et ne me dis pas que ça ne t'a rien fait, c'est faux, je te connais. Alors je repose ma question, est-ce que ça va mieux ? répéta-t-elle alors qu'Hermione avait tourné la tête vers le feu.

- Mieux qu'à mon réveil, c'est certain, murmura-t-elle timidement, en haussant vaguement les épaules. Rogue nous a dit que Greengrass sera transporté au Ministère demain matin. En attendant, elle est toujours à l'infirmerie. Nous n'avons donc plus rien à craindre d'elle. Mais ça va, je vais bien, souffla-t-elle après un court silence. Elle ne m'a pas attaquée moi, elle visait Drago. Si je ne m'étais pas interposée, je n'aurais pas été blessée, ni rien. Je pense que j'ai vécu un choc sur le moment, mais c'est passé. Nous en avons beaucoup parlé avec Drago, et tout va bien, pour ma part du moins.

- Ce n'est pas son cas ? s'inquiéta la rouquine, tout de même rassurée de savoir que son amie allait mieux.

- Je ne sais pas, c'est difficile à savoir avec lui, soupira-t-elle. Mais il est avec Parkinson, je pense qu'elle saura lui dire ce qu'il faut et savoir comment il va réellement, ajouta-t-elle en haussant à nouveau les épaules.

- Je sais ce que tu te dis, mais tu as fait ce que tu as pu, j'en suis certaine. Hermione, fit-elle en attrapant ses mains, l'incitant à la regarder. Ne te tracasse pas avec ça. Vous êtes ensemble depuis quoi ? Deux mois ? Comment peux-tu espérer deviner chacune de ses émotions en ayant appris à le connaître en si peu de temps ? On parle de Drago Malefoy là, pas d'Harry Potter ou Ronald Weasley chez qui chaque émotion se reflète sur leurs visages, s'amusa-t-elle doucement, faisant sourire Hermione. Le temps fera les choses et en attendant Parkinson est là, Zabini et Nott aussi, et ils le connaissent bien. Peut-être mieux que toi, ou du moins d'une manière différente, mais en attendant laisse faire les choses. Vous allez bien, rien de grave ne vous est arrivé et c'est tout ce qui compte, d'accord ?

- Tu as raison, souffla-t-elle en s'allongeant sur ses genoux, d'un air affligé.

- Évidemment, répliqua Ginny en levant les yeux, tout en passant une main dans les cheveux bouclés de son amie.

- Décidément, je ne côtoie que des personnes arrogantes, se lamenta-t-elle faussement. Comment faites-vous pour passer les portes ? ricana-t-elle.

- Je me pose la même question, s'exclama Harry en sortant de sa chambre.

- Ne fais pas trop le malin, tu n'es pas vraiment mieux, plaisanta la rouquine en se tournant vers lui.

- Moi ? Arrogant ? Jamais ! feignit-il en riant. On bouge ?

- Allons-y ! fit Hermione en se levant, souriant toujours de la réponse de son frère. J'ai besoin de me dégourdir les jambes en plus. J'ai passé l'après-midi ici, soupira-t-elle.

- Malefoy n'est pas resté avec toi ? s'étonna-t-il, alors qu'ils revêtaient leur cape.

- Si, si, mais il devait rejoindre Parkinson à la fin de ses cours. Vous n'êtes pas arrivés longtemps après son départ, sourit-elle en ouvrant la porte du séjour.

- Oh. Très bien, alors. Vous avez eu des nouvelles de Greengrass ? demanda-t-il ensuite.

Ginny lui donna un coup de coude discret qui lui fit tourner la tête vers elle. Elle le fusillait du regard, ce qu'Hermione ne remarqua pas, marchant juste devant eux.

- Oui, nous sommes allés voir Rogue après le déjeuner. Des Aurors viendront la chercher demain matin, pour l'instant Pomfresh l'a plongée dans un coma artificiel.

- Parfait, répondit-il sans prendre en compte le regard sévère de la rouquine. Que va-t'il lui arriver ?

- Ils vont l'interroger au Ministère, et d'après Rogue, elle devrait directement être amenée à Azkaban, dans le secteur psychiatrique.

- Sans procès ?! s'étonna-t-il.

- Encore heureux ! Il ne faudrait pas qu'elle puisse s'en sortir, on ne sait jamais avec les lois sorcières, s'exclama Ginny, faisant ricaner Hermione. Qu'y-a-t-il de drôle ?

- Drago a réagi exactement de la même façon, pouffa-t-elle. Je suis d'accord avec Harry, ne pas faire de procès ne serait pas juste, quoi qu'elle ait fait. Mais nous ne pouvons rien y faire, ajouta-t-elle en haussant les épaules.

- Tu veux dire que si tu pouvais faire quelque chose, tu aurais demandé à ce qu'elle ait un procès ?! s'effara Ginny en haussant les sourcils.

- Aucune idée, soupira-t-elle. Je dis simplement que dans les faits, ne pas lui accorder de procès n'est pas juste, pas que je ne souhaite pas qu'elle soit enfermée.

- Dans tous les cas, elle sera enfermée, et c'est tant mieux ! Cette folle n'aurait jamais dû rester en liberté !

- Gin' ! s'exclama Harry en la fusillant du regard.

- On ne peut plus rien dire, grogna-t-elle en levant les yeux au ciel, faisant pouffer Hermione.

Si je te parle c'est pour mieux t'entendre

Si je t'entends je suis sûr de te comprendre

Si tu souris c'est pour mieux m'envahir

Si tu souris je vois le monde entier

Si je t'étreins c'est pour me continuer

Si nous vivons tout sera à plaisir

Si je te quitte nous nous souviendrons

En te quittant nous nous retrouverons.

Certitude - Paul Eluard


Et voilà ! Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Drago et Hermione se remettent doucement du choc !

Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs corrections et relectures !

On se retrouve samedi !

Writer8Hell

(ps : n'oubliez pas de passer lire mon OS, ça me ferait chaud au coeur !)