Bonjour à tous et toutes !

J'espère que vous allez bien et que votre rentrée (pour ceux qui l'ont déjà eue du moins) s'est bien passée !

J'aimerai tout d'abord vous dire un grand merci, car nous avons atteint les 16k vues sur Vivants, ainsi que les 100 reviews ! C'est énorme pour moi alors vraiment merci de continuer à suivre cette histoire !

Merci aussi pour vos review(s) sur le chapitre précédent :

Guest : Merci à toi ! Contente qu'il t'ait plu ;)

Nedwige Stark : Dans le passé ? Que veux-tu dire par là ? ^^' Contente qu'il t'ait plu en tout cas ;)

Nous voilà donc avec un nouveau chapitre (et pas des moindres) alors, bonne lecture !


Chapitre 52 : Home, sweet home

Le bruit significatif des voyages par cheminette retentit dans le salon du Terrier et George, qui était nonchalamment installé dans un fauteuil, se leva immédiatement en voyant sa famille apparaître dans les flammes vertes.

À peine eut-il fait un pas vers eux que Ginny lui sauta dans les bras.

- George, l'entendit-il seulement murmurer, dans ses bras.

Sa petite sœur lui avait manqué, bien qu'il l'ait revue aux Trois Balais quelques mois plus tôt, et à sa boutique. Ça n'avait pas été suffisant. Depuis la mort de son frère jumeau, George s'était énormément rapproché de sa sœur, elle était devenue un véritable pilier pour lui, et avait su lui changer les idées des centaines de fois durant les longues vacances d'été. Elle avait su - et ce malgré le fait qu'elle faisait elle aussi son deuil - venir le chercher chaque fois qu'il s'isolait et qu'il sombrait dans la tristesse.

La voir repartir à Poudlard avait été extrêmement difficile et bien qu'ils continuent d'échanger très souvent par hibou - sans que les autres ne s'en rendent vraiment compte d'ailleurs - cela n'avait pas suffi à George pour se remettre. Ses lettres s'étaient faites plus espacées et Ginny s'était vue obligée de contacter le meilleur ami de son frère, Lee Jordan, secrètement, espérant ainsi que son frère retrouve du soutien chez quelqu'un d'autre qu'elle.

Elle n'en avait pas parlé à Ron et George n'en avait pas vraiment parlé non plus. Bien qu'ils adorent le reste de leur famille, et que Ginny soit proche de Ron, ils les connaissaient aussi assez bien pour savoir que le tact n'était pas du tout leur fort. Contrairement à ses parents, ou à ses autres frères, Ginny avait su le sortir de ses idées noires, tourner en dérision une multitude de choses, comme l'aurait fait Fred. Comme l'aurait fait Fred. C'est ce qui avait fait la différence.

Ses parents et ses frères n'auraient pas compris. Ils n'auraient pas compris la façon dont Ginny avait su sortir George de ses malheurs. Alors ils n'avaient rien dit.

Il la serra immédiatement contre son cœur - il faisait une bonne tête de plus qu'elle - et la sentit sangloter légèrement. Il retint ses larmes, il ne fallait pas qu'il pleure, il fallait qu'il tienne, il ne voulait pas sombrer à nouveau. Pas aujourd'hui.

- Pourquoi est-ce que tu pleures, Ginny ? demanda-t-il au creux de son oreille, étonné par l'effusion d'émotions de sa petite sœur, qui pourtant ne se dévoilait jamais autant.

Il attrapa son visage entre ses mains et s'écarta d'elle pour la regarder dans les yeux. Ils étaient gorgés de larmes, qu'elle essuya rapidement en voyant son regard inquiet. Il ne l'avait jamais vue dans un tel état, elle qui ne montrait que très - voire trop - rarement ce qu'elle ressentait.

Le reste de la famille était resté immobilisé par l'étonnement de voir la rouquine se précipiter dans les bras de son grand frère. Bien sûr, ils avaient bien vu les deux sorciers se rapprocher et passer beaucoup de temps ensemble lors des vacances d'été, mais ils ne les pensaient pas aussi proches, au point de voir Ginny sauter dans les bras de George - ce qui n'était pas du tout son genre.

- Nous en parlerons plus tard, chuchota George pour qu'elle soit la seule à l'entendre, après avoir aperçu les regards braqués sur eux. Comment se fait-il que vous soyez arrivés par cheminée ? s'étonna-t-il ensuite, d'une voix plus forte, après que sa sœur ait hoché lentement la tête, mal à l'aise.

- Enfin, George ! Tu sais bien que ta sœur ne peut plus transplaner ! s'exclama Molly, qui venait de reprendre contenance.

- Il y a des cheminées à King's Cross ? demanda-t-il ensuite, les sourcils haussés.

- Il y en a toujours eu, George, répondit son père en posant au sol la valise de sa fille. Nous ne les avons simplement jamais utilisées car beaucoup de monde les emprunte et l'attente est toujours énorme.

- Les autres sont là ? demanda Ron en donnant une accolade à son frère, après que celui-ci ait acquiescé.

- Charlie arrivera demain soir de Roumanie, Percy est encore au Ministère et Fleur à Gringotts, répondit Arthur en retirant sa cape et son chapeau de sorcier. Ils ne devraient pas tarder à rentrer d'ailleurs.

Au même instant, le bruit significatif du transplanage retentit à l'extérieur de la maison, et quelques secondes plus tard, Percy franchit la porte d'entrée. Fleur ne tarda pas à arriver en cheminette, vite suivie par son mari qui rentrait directement de Poudlard, et la famille fut - presque - entièrement réunie dans la salle à manger du Terrier, autour du bon repas préparé par Molly.

L'ambiance n'était pas déprimante comme Ginny l'avait appréhendé. Au contraire, ses frères étaient tous très heureux de retrouver tout le monde et la jeune femme eut vraiment l'impression - et ce pour la première fois depuis la mort de Fred - que les choses étaient redevenues normales au Terrier. Bien sûr, ce n'était pas réellement le cas, mais l'illusion était parfaite.

Elle avait vu sa mère se retenir toute la soirée de lui faire le moindre commentaire sur sa grossesse, et lui avait été assez reconnaissante de ne pas l'avoir assaillie de questions et de remarques, bien qu'elle soit certaine que cela ne tarderait pas. À vrai dire, si sa mère l'avait serrée dans ses bras sur le quai du Poudlard Express et lui avait demandé si tout allait bien, elle n'avait plus fait une seule allusion à sa grossesse. Ses frères et son père n'avaient pas fait de remarque non plus, comprenant que ce n'était pas le genre de Ginny de s'étendre sur ce genre de chose.

Fleur avait été la seule à discuter quelques minutes avec elle de sa grossesse, mais aussi de la sienne. Bill et elle avaient appris seulement deux semaines avant les vacances qu'ils attendaient une petite fille. Fleur avait été ravie et avait profité des quelques secondes de solitude de Ginny avant le dîner pour discuter avec elle. Contrairement à ce que la rouquine s'était imaginée, sa belle-sœur n'avait pas été trop envahissante et s'était contentée de lui demander des nouvelles et de comparer ses quelques symptômes avec les siens, ce qui avait tout autant intéressé Ginny, qui avait été rassurée d'apprendre qu'elle n'était pas la seule à se sentir aussi fatiguée.

- Qu'avez-vous prévu de faire pendant les deux semaines de vacances ? demanda Arthur à Ron et Ginny.

- Nous allons sûrement rendre visite à Harry et Hermione plusieurs fois, mais sinon, rien de particulier, répondit Ron avant d'engouffrer une grosse cuillère du plat qu'avait préparé sa mère.

- Ils pourront aussi venir ici, fit remarquer gentiment Molly.

- C'est prévu, Maman, sourit Ginny.

- Où logent-ils ? demanda ensuite Percy.

- Dans un manoir à Castle Comb, si je ne me trompe pas, répondit la rouquine. C'est le manoir où vivaient leurs parents et leurs ancêtres, ajouta-t-elle.

- Tu penses que je pourrai passer les voir aussi ? demanda George. J'aimerais beaucoup voir à quoi ressemble ce fameux manoir, ajouta-t-il avec un sourire en coin.

- Demande-leur, répliqua Ron en haussant les épaules. Ça m'étonnerait qu'ils soient contre.

George hocha la tête et Molly enchaîna la conversation en demandant à Bill ce qu'il avait pensé de son nouveau métier de professeur, après quatre mois passés là-bas. Ginny s'en désintéressa quelque peu et préféra se tourner vers Ron et George qui parlaient de Quidditch.

Dans l'ensemble, le repas se termina dans une bonne ambiance, chaleureuse et familiale, qui réchauffa le cœur de Ginny. La jeune femme n'avait pas tardé à monter dans sa chambre après le dîner, contrairement à la plupart de ses frères qui étaient restés discuter dans le salon du Terrier.

Plus tôt dans la journée, lorsque Ron et elle étaient arrivés, la rouquine avait simplement déposé ses affaires dans cette chambre, mais une fois remontée, elle s'attela à vider sa valise. Ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard que quelques coups retentirent à sa porte.

- Entrez ! lança-t-elle, ayant déjà une idée de qui cela pouvait être.

Gagné, pensa-t-elle en voyant sa mère entrer.

- Comment tu vas ? demanda-t-elle en s'asseyant sur le lit de sa fille.

- Bien, ça n'a pas changé depuis que je suis descendue du Poudlard Express, Maman, répliqua Ginny sarcastiquement.

- Comment est-ce que tu vas vraiment ? répéta obstinément Molly, d'une voix très sérieuse, en cherchant le regard de sa fille.

Cette dernière se tourna vers elle, les sourcils froncés.

- Je vais bien, répondit-elle, confuse.

- Tu es sûre de ça ?

- Bon, où veux-tu en venir, Maman ? s'impatienta Ginny, qui ne comprenait pas où voulait en venir sa mère.

- Tu sais, lorsque je suis tombée enceinte pour la première fois, j'avais tout juste vingt ans, se lança-t-elle après un soupir. Ton père et moi n'avions pas du tout prévu d'avoir un enfant, et même si j'avais déjà quitté Poudlard, j'étais très jeune, et bien moins responsable et accomplie que toi. Et j'ai eu très peur. Ton père était là et il a toujours été à mes côtés depuis.

Elle fit une courte pause dans son récit et observa sa fille, qui s'était approchée de la fenêtre de la chambre, le regard dirigé vers l'extérieur.

- Ce que je veux te dire, ma Ginny, c'est que tu as le droit d'avoir peur, reprit-elle d'une voix douce. Nous n'allons pas juger tes choix, ni te juger toi si tu as peur. Au contraire, nous te soutiendrons, nous sommes là pour ça. Comme une famille se doit de l'être.

Ginny n'avait pas bougé d'un poil, faisant obstinément dos à sa mère, les bras croisés sous sa poitrine.

- Je sais que je t'ai envoyé beaucoup de lettres, continua Molly d'une voix plus nerveuse. Et j'en suis désolée, Ginny. Je ne me rendais pas compte que, peut-être, ce n'était pas une bonne chose. George m'a bien fait comprendre que j'en faisais trop, soupira-t-elle en secouant la tête. Mais je m'inquiète tellement pour toi, ma chérie. Je veux que tu sois heureuse et que tout se passe bien, et le fait d'être loin de toi m'empêchait de te voir et d'être certaine que tout allait bien. Je n'étais pas rassurée. Mais j'en ai fait trop et je suis désolée.

Sa fille n'avait toujours pas bougé, et la connaissant, Molly comprit qu'elle ne le ferait pas.

- J'espère que tu me pardonneras pour ça, Ginny, souffla-t-elle finalement en se levant. Si tu as besoin de parler, de quoi que ce soit, je suis là et je le serai toujours. Je suis aussi passée par là et je sais que vivre une grossesse à un si jeune âge, et en plus dans de telles conditions n'est pas une chose aisée, au contraire. Alors si… Si tu as besoin d'en parler, je suis là, ajouta-t-elle avant de quitter définitivement la chambre de sa fille, tout de même attristée par la non-réaction de celle-ci.

Une larme roula le long de la joue de Ginny lorsque la porte se referma derrière sa mère. Elle s'empressa de l'essuyer, mais elle ne put empêcher les autres de dégringoler sur ses joues.

C'est dans cet état là que George trouva sa sœur en entrant dans sa chambre une vingtaine de minutes plus tard. Après avoir toqué plusieurs fois sans obtenir de réponse, il était finalement entré et était tombé sur la rouquine, recroquevillée sur elle-même dans son lit, en pleurs.

- Hey ! Que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-il immédiatement en se précipitant à ses côtés, s'accroupissant à sa hauteur.

Elle leva vivement la tête vers lui et s'empressa d'essuyer ses larmes, honteuse d'avoir été surprise dans un tel état. Mais alors qu'elle allait dire quelque chose, et probablement se trouver une excuse quelconque, George l'interrompit.

- Ne me dis pas que tout va bien, Gin', gronda-t-il, les sourcils froncés. Explique-moi.

- Ce n'est rien, George, je-

- Ne joues pas à ça avec moi, l'interrompit-il d'une voix sévère. Lorsque j'étais au plus bas, tu étais là pour moi, tu m'as forcé à me sortir de tout ça alors que j'étais aussi têtu qu'un Botruc, continua-t-il d'une voix sérieuse qu'il n'employait que rarement. Je ne te laisserai pas aller mal et je ne te laisserai pas seule non plus, tant que tu ne m'auras pas expliqué ce qui ne va pas.

Il s'était assis sur le lit entre-temps et Ginny l'observa quelques secondes. Comprenant à quel point il était sérieux, elle baissa la tête vers ses genoux, tout en séchant ses dernières larmes.

- J'ai peur, murmura-t-elle si bas que George n'était pas sûr d'avoir bien compris.

Une fois ces deux mots prononcés, elle éclata en sanglot à nouveau et George la serra dans ses bras, posant sa tête sur la sienne, ravalant ses propres larmes de voir sa petite sœur dans un tel état.

oOo

Harry et Hermione apparurent dans un craquement face à la double porte du manoir de Castle Comb, main dans la main. Ils écarquillèrent tous les deux les yeux face à la beauté de l'endroit où ils venaient d'atterrir. Avant qu'ils ne puissent faire le moindre commentaire, la porte du manoir s'ouvrit sur un petit elfe qui portait une tenue marquée par les armoiries Potter.

- Maître Harry, Maîtresse Hermione, c'est un plaisir pour Balter de vous revoir, couina-t-il en se prosternant.

- Bonjour, Balter, répondit Hermione en souriant, alors que l'elfe se décalait pour les laisser entrer. Comment vas-tu ? demanda-t-elle ensuite.

- Bien, merci Maîtresse, répliqua-t-il vivement, mal à l'aise. Et vous ? Avez-vous fait bon voyage ?

- C'est magnifique, les interrompit Harry en observant la grande entrée, permettant ainsi à Balter de se remettre de ses émotions.

Hermione quitta alors le petit elfe des yeux et se permit enfin d'observer les lieux, alors que Balter faisait disparaître leurs valises.

Le plafond était très haut, la pièce très grande et ils faisaient face à de grands escaliers en bois foncé qui menaient aux étages. Lorsqu'ils avaient atterri devant le manoir, Hermione avait remarqué qu'il était sur quatre étages et avait été subjuguée par la beauté de la double porte faite de bois aussi foncé que les escaliers et qui était décorée par une multitude de gravures plus belles les unes que les autres.

Le sol était recouvert d'un parquet en bois de l'exacte même couleur que l'escalier et la porte, et un grand chandelier, visiblement fait de cristal et d'or, était accroché au plafond. Une porte ouverte à leur droite donnait sur un cellier, rempli de vieux manteaux d'hiver, de capes, de bottes de neige, de chapeaux de sorciers et de quelques autres accessoires.

- Balter peut-il prendre vos capes ? demanda soudainement l'elfe de maison, les interrompant dans la contemplation du manoir de leurs parents.

- Bien sûr, répondit Hermione en souriant, tout en retirant sa cape et son écharpe aux couleurs de sa maison. Les autres elfes ne sont pas là ? demanda-t-elle ensuite, alors qu'Harry tendait sa propre cape à Balter.

- Oh, si, si, Maîtresse Hermione ! s'empressa-t-il de répondre tout en faisant léviter les capes jusqu'au cellier. La plupart sont en cuisine et Blair s'occupe de préparer vos chambres pour la nuit, ajouta-t-il de sa voix couinante.

- Il ne fallait pas, nous aurions très bien pu le faire, Balter ! répondit Hermione d'un air embêté.

- Ne dis pas de bêtises, Hermione, tu risques de les vexer, ricana Harry en voyant que Balter était prêt à se punir. Tout va bien, Balter, le rassura-t-il ensuite alors qu'Hermione semblait encore plus désolée. Merci pour tout.

- C'est un plaisir de vous servir, Maître Harry, dit-il en se prosternant. Voulez-vous passer à table tout de suite, ou préférez-vous visiter le manoir ? demanda-t-il ensuite.

Harry se tourna vers sa sœur, et d'un seul regard, ils se mirent d'accord pour passer à table directement et de prendre le temps de visiter le manoir plus tard. Ils suivirent donc Balter à travers l'entrée, jusqu'à la porte qui menait à la grande salle à manger.

Une fois entrés, ils furent accueillis par le reste des elfes, qui se présentèrent chacun leur tour et retournèrent ensuite à leurs différentes tâches - après qu'Hermione se soit intéressée à chacun d'eux dans les détails.

Lorsque les elfes furent partis, Hermione prit le temps d'observer la pièce, mais elle fut navrée de voir que la salle à manger ne rassemblait aucun élément particulier, qui pourrait lui apprendre des choses sur ses parents et sur leurs vies. La seule et unique chose qui différenciait la pièce d'une simple - mais grande - salle à manger, était le bouquet de lys posé au centre de la grande table.

Dire que le dîner fut succulent était un euphémisme. Hermione et Harry s'étaient tout simplement régalés avec chacun des plats préparés par les elfes. Une fois le repas terminé, Hermione s'était empressée d'aller les remercier, en profitant pour visiter la grande cuisine où elle prévoyait déjà de préparer elle-même certains repas. Elle en avait d'ailleurs profité pour discuter avec les elfes - sous l'œil amusé de son frère - de leur conditions de travail, de leur paie, et aussi de ce qu'elle prévoyait de faire pendant qu'ils resteraient ici.

Après cela, Balter s'était proposé pour faire visiter le grand manoir à ses maîtres, qui avaient tout de suite accepté, envieux de découvrir l'endroit où leur père avait vécu toute sa vie, et où leur mère avait vécu une année entière. C'est donc avec grand plaisir que le petit elfe leur avait fait une visite plus que complète de l'entièreté du manoir.

La visite du salon avait été longue, tant la pièce était remplie de photos de leur famille et de portraits de leurs ancêtres. Le reste de la pièce avait été rangé à la perfection par les elfes, ainsi, les deux sorciers n'avaient rien trouvé de plus qui aurait pu appartenir à leurs parents. Les deux Potter avait quitté le salon les larmes aux yeux d'avoir appris autant sur leurs ancêtres.

Balter leur avait ensuite fait faire le tour des deux premiers étages qui ne contenaient que quelques chambres et salles de bains. Le troisième étage avait émerveillé Harry tout autant qu'Hermione. Cette dernière s'était immédiatement extasiée en découvrant - derrière la première porte de l'étage - une gigantesque bibliothèque, remplie de plusieurs grandes étagères de livres et aux fenêtres qui donnaient une vue démente sur tout le comté du Wiltshire. Si Harry ne l'avait pas ramenée à l'ordre après dix minutes passées à s'extasier devant la beauté des ouvrages, aucun doute qu'Hermione y serait restée toute la nuit.

Après avoir quitté la bibliothèque, ce fut au tour d'Harry de s'émerveiller après avoir ouvert la porte de l'ancien bureau de son père. Car en plus de la grande armoire à trophées sur laquelle trônaient des répliques des coupes de Quidditch que James avait gagnées à Poudlard, cinq magnifiques balais étaient exposés juste derrière le bureau de son père, bien en évidence. Hermione s'était alors amusée de voir son frère accourir vers les balais, pour les étudier plus précisément - bien qu'elle sache qu'elle venait de faire la même chose avec les livres de la bibliothèque. La pièce était très sobrement décorée, mis à part les affaires de Quidditch de James, et la seule décoration que la jeune femme remarqua fut le cadre photo contenant une photo sorcière de James et Lily.

Cette fois-ci, ce fut donc à Hermione de tirer Harry par la main pour qu'ils puissent poursuivre leur visite du manoir, bien qu'elle eut aussi pris le temps d'observer le bureau de son père, qui lui avait montré à quel point James avait été fou de Quidditch.

La pièce suivante les laissa tous les deux bouches bées. Il s'agissait du bureau de Lily. Contrairement à celui de leur père, le bureau de leur mère était décoré avec minutie. Plusieurs bouquets de fleurs - probablement conservés grâce à la magie - étaient posés de part et d'autre du bureau. Des tas de photos de Lily et ses amis étaient accrochées sur les murs et un grand portrait d'elle et James le jour de leur mariage avait aussi été accroché juste derrière son grand bureau en bois. Une grande bibliothèque faisait face à la porte et des tas de parchemins étaient éparpillés sur le bureau, prouvant encore une fois à quel point Hermione ressemblait à sa mère.

Si Hermione n'avait pas osé s'approcher du bureau de Lily, Harry lui avait rapidement porté secours et l'avait tirée par la main jusqu'au bureau où ils avaient pu voir de plus près les parchemins qui y étaient amassés. Hermione avait hésité quelques secondes avant d'attraper l'un d'entre eux, mais avait finalement découvert en lisant son contenu qu'il s'agissait de cours de Médicomagie, tout comme le reste des parchemins.

- Je ne savais pas qu'elle voulait devenir Médicomage, murmura Harry d'une voix sourde, alors qu'il feuilletait les pages de cours de Lily.

- Moi non plus, soupira Hermione, qui survolait elle aussi les différents parchemins. Plus particulièrement en pédiatrie visiblement. Du moins pour les enfants, je ne connais pas le terme sorcier, ajouta-t-elle en attrapant un livre moldu entrouvert, parlant de pédiatrie.

Il hocha lentement la tête et reposa les parchemins pour attraper la poignée d'un des tiroirs du bureau, qui s'ouvrit sur d'autres pages de cours, et ce pour tous les autres tiroirs. Hermione entendit Harry bailler à sa droite et tourna la tête vers lui.

- Continuons la visite, proposa-t-elle en posant ce qu'elle lisait. Nous aurons tout le temps qu'il nous faut pour regarder tout ça de plus près demain et tout le reste des vacances.

- Tu as raison, souffla-t-il avec un sourire nostalgique en refermant les tiroirs. Allons-y.

Ils rejoignirent Balter, qui les attendait dans le couloir, et poursuivirent leur visite au dernier étage, qui contenait les chambres des "maîtres de maison". Ils firent un rapide tour dans la chambre de leurs parents, mais se promirent de s'y attarder le lendemain, la fatigue se faisant de plus en plus ressentir.

Le petit elfe de maison les mena alors jusqu'à leurs chambres et leur expliqua que, contrairement à la maison de Godric's Hollow, ils n'avaient jamais dormi dans ces chambres, puisque Lily et James avaient placé leurs berceaux dans leur propre chambre les premiers mois. Les elfes s'étaient donc permis de transformer les chambres d'enfant en chambres d'adultes, pour qu'ils puissent y dormir.

Les chambres étaient plutôt simples. Elles comportaient chacune un grand lit à baldaquin, un bureau, un grand dressing, une salle de bain attenante, une bibliothèque, leurs valises, ainsi qu'une grande malle qui contenait leurs jouets d'enfants. Après s'être tous deux émerveillés devant les jouets sorciers qu'ils avaient découvert, ils souhaitèrent une bonne nuit à Balter et Harry embrassa sa sœur sur la joue, avant qu'ils ne referment tous deux les portes de leurs chambres - qui se faisaient face - derrière eux.

Hermione se tourna vers la chambre et souffla un grand coup, émue par tout ce qu'ils venaient de découvrir - bien qu'ils n'aient pas encore tout vu. Sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, une larme de bonheur dévala sa joue et vint s'écraser sur le parquet de la chambre. Elle avait passé une merveilleuse soirée en compagnie d'Harry et la visite du manoir avait été très émouvante.

Elle avança jusqu'à sa valise et l'ouvrit pour en tirer ses affaires de toilette, avant de se diriger vers la salle de bain de la chambre, pour prendre une douche. Heureusement pour elle, les elfes avaient pensé à tout et après avoir éteint l'eau chaude, elle put s'enrouler dans une grande serviette de bain, qui avait été pliée près du lavabo. Tout en se démêlant les cheveux face au miroir, elle pensa à Drago qui aurait trouvé la grande douche à l'italienne très à son goût et aurait adoré l'observer se coiffer, comme il le faisait depuis qu'il l'avait surprise à le faire quelques jours plus tôt.

Avoir pensé au blond lui rappela qu'elle lui avait secrètement emprunté quelques t-shirts pour la nuit, habitude qu'elle avait prise depuis qu'ils dormaient ensemble et qu'elle avait absolument voulu perpétuer en l'absence de Drago. Elle enfila donc son t-shirt pour la nuit et se faufila sous les couvertures blanches du grand lit, le carnet de sa mère à la main, avant d'allumer d'un coup de baguette les bougies posées sur sa table de nuit.

Contrairement à son frère, elle n'était absolument pas fatiguée, ayant dormi tout le long du voyage. Elle ouvrit donc le carnet de sa mère et se plongea dans sa lecture, sous le clair de lune qui traversait les fenêtres de sa chambre.

"18 septembre 1976,

J'ai embrassé James Potter. Je n'arrive pas à y croire.

Cela faisait déjà un moment qu'il m'intriguait de plus en plus, depuis Noël dernier à vrai dire. Depuis ce jour-là, il a complètement changé. Toute l'année dernière, il a été parfait, gentil avec moi, drôle sans être méchant, galant et il m'a même montré cette facette timide de lui. Si au départ j'ai pensé qu'il se moquait encore de moi et que ça n'était qu'un jeu, j'ai vite compris que ce n'était pas le cas, puisque cela durait, qu'il paraissait sincère, et que Black ne le suivait pas du tout.

Et depuis la rentrée, alors même qu'il est exactement le même qu'avant les vacances d'été, j'ai l'impression que mes sentiments pour lui ont évolué. Je pourrai presque dire que nous sommes devenus amis, et ce depuis le mois de mai, pourtant il y a quelque chose de plus.

Depuis la rentrée, c'est différent. Chaque fois que j'en parle avec Marlène, elle tente de me persuader que je suis amoureuse de lui et que je devrais le lui faire comprendre, mais je n'arrive pas à y croire. Comment aurais-je pu tomber amoureuse du garçon qui m'a insupporté pendant tant d'années et que je détestais il y a encore quelques mois ?

Pourtant, les faits sont là. Je l'ai embrassé il y a deux heures.

Ce matin, alors que je prenais mon petit-déjeuner avec Remus, James est venu s'asseoir avec nous et m'a demandé si je voulais bien l'aider pour son devoir de Métamorphose. Ce n'était bien sûr pas la première fois qu'il me demandait de l'aide pour ses devoirs, et ce n'était pas non plus la première fois que j'acceptais. Depuis que nous entretenons cette sorte d'amitié, il me demande de temps en temps de l'aide, ce que j'accepte chaque fois - même si je me trouve trop gentille de l'aider autant.

Comme nous sommes samedi, je lui ai proposé d'aller à la Bibliothèque juste après le petit-déjeuner, mais il m'a expliqué que son entraînement de Quidditch avait exceptionnellement été déplacé le matin et qu'il ne pouvait pas. Nous nous sommes donc retrouvé en milieu d'après-midi, près du Lac Noir, comme il l'avait proposé. Il a fait très beau aujourd'hui et le grand chêne qu'il nous a trouvé nous a parfaitement protégés du soleil.

Si pendant une heure entière j'ai réussi à me concentrer sur notre travail, je me suis vite laissée déconcentrer lorsqu'il a commencé à me lire le cours à voix basse. Même si je suis celle qui lui a demandé de le faire - cela faisait dix minutes qu'il s'obstinait à me dire le contraire d'une partie du cours ! - j'ai été complètement déconnectée de notre objectif quand il a commencé à lire.

Au bout d'un certain temps, il s'en est rendu compte et m'a demandé si tout allait bien - je ne sais même pas comment il a pu le remarquer - et je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je l'ai embrassé ! Un simple baiser, un smack ! Mais tout de même…

Je me suis éloignée immédiatement et nous sommes restés immobiles pendant presque une minute entière, réalisant petit à petit ce que je venais de faire. Mais alors que je commençais à rassembler mes affaires en vitesse, probablement aussi rouge qu'une tomate, il m'a attrapé les joues et m'a embrassée à son tour. Le baiser n'avait plus rien de celui que je lui avais donné. Il était passionné. C'était magique. Jamais personne ne m'avait embrassée d'une telle façon. Même si personne ne m'avait embrassée tout court…

Lorsqu'il s'est écarté quelques secondes plus tard, il m'a simplement murmuré qu'il avait attendu ce moment depuis des années. Je n'ai pas su quoi répondre, alors je me suis contentée de l'embrasser à nouveau, car je me suis rendue compte que depuis tout ce temps, Marlène avait raison. James Potter a vraiment des sentiments pour moi. Et je crois en avoir aussi.

Évidemment, il-"

Quelques coups furent soudainement frappés à la porte d'Hermione, l'interrompant dans sa lecture.

- Oui ? lança-t-elle les sourcils froncés.

La porte s'ouvrit doucement sur Harry, habillé d'un simple jogging et d'un t-shirt trop grand, les cheveux en bataille, sans ses lunettes et l'air embêté.

- Harry ? s'étonna-t-elle en se redressant dans son lit.

- Est-ce que je te dérange ? demanda-t-il en se passant une main derrière la nuque, mal à l'aise.

- Pas du tout, que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-elle, les sourcils toujours froncés. Dis-moi, Harry, continua-t-elle après quelques secondes sans réponse, d'une voix douce.

- Je n'arrive pas à dormir, soupira-t-il honteux, en jouant avec sa chevalière.

- Viens, proposa-t-elle immédiatement, un sourire encourageant aux lèvres, tout en ouvrant les couvertures de son lit pour l'inciter à la rejoindre.

- Tu es sûre ? demanda-t-il tout de même, embarrassé. Je ne veux pas te déranger…

- Ne dis pas de bêtises, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Dépêche-toi, tu vas avoir froid en restant comme ça, ricana-t-elle ensuite, pas dérangée pour une Noise par la demande implicite de son frère.

Il hocha finalement la tête et vint s'allonger à ses côtés, avant de fixer le plafond, plongé dans ses pensées. Elle lui sourit et serra sa main dans la sienne quelques secondes, lui prouvant qu'elle comprenait ce qu'il traversait - elle-même l'ayant très souvent vécu. Mais si elle ne le remarqua pas immédiatement, plongée à nouveau dans sa lecture, elle ne tarda pas à tourner la tête vers lui, étonnée qu'il ne bouge pas, ni ne dise quoi que ce soit.

- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle doucement, tout en reposant le carnet.

- Je ne sais pas, soupira-t-il en haussant vaguement les épaules. Je suis un peu chamboulé par tout ça, je crois, ajouta-t-il tout bas, en tripotant sa chevalière du bout des doigts.

- C'est normal, Harry, répondit-elle d'une voix douce, en attrapant sa main dans la sienne et en se tournant vers lui. Je le suis aussi tu sais, et même si de toute manière je n'ai pas encore sommeil, le fait de lire m'aide à ne pas ressasser les souvenirs de toute cette soirée, expliqua-t-elle ensuite. Je sais que nous ne vivons probablement pas les choses de la même façon, car je suis au courant de tout ça depuis peu de temps, mais-

- Tu n'es pas moins leur fille que moi ! l'interrompit-il sérieusement, les sourcils froncés, tournant enfin la tête vers elle.

- Je sais, Harry, sourit-elle. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Simplement, tu as vécu toute ta vie en sachant qui étaient tes parents et tu as eu tout ce temps là pour te rendre compte de ce que leur mort signifiait et du fait que tu ne les reverrais jamais. Moi, je ne l'ai appris que très récemment, et même si cela n'enlève rien au fait que je les aime et que je me rends de plus en plus compte de ce que signifie tout ça, il est plus difficile pour moi de mesurer à quel point tout cela fait partie de moi et le fait que je ne les verrai jamais non plus, expliqua-t-elle avant d'hausser les épaules.

- Je comprends, fit-il en hochant la tête doucement. Est-ce que tu n'as pas l'impression d'enfin entrer dans leur monde en venant ici ? demanda-t-il ensuite, après quelques minutes de silence confortable.

- Si, sourit-elle d'un air rêveur. Je savais que Jam- notre père, se reprit-elle, était très fan de Quidditch, et qu'il jouait lui aussi très bien, mais pas au point d'avoir rempli son bureau d'affaires de Quidditch, ricana-t-elle.

- Bizarrement, ça ne m'étonne pas tant que ça, s'amusa-t-il à son tour. Il a une très belle collection d'ailleurs, du peu de ce que j'ai pu voir, ajouta-t-il d'un ton légèrement réprobateur.

- Hey ! Je te signale que tu ne m'as pas laissée observer la bibliothèque très longtemps non plus ! fit-elle en riant, tout en lui donnant un coup d'épaule.

- Tu y serais restée toute la nuit, Hermione, lâcha-t-il en haussant un sourcil, la défiant de le contredire.

- Pas faux, grimaça-t-elle le faisant pouffer. En tout cas, j'ai hâte d'être demain et de pouvoir l'inspecter de plus près !

- Pareil pour moi, sourit-il. Je suis sûr que nous allons trouver aussi beaucoup de choses dans leur chambre.

- C'est certain, et puis cette fois-ci, nous aurons tout notre temps.

Il hocha la tête, un sourire aux lèvres et tourna à nouveau la tête vers le plafond.

- Tu sais, bizarrement, le fait d'avoir dormi aussi longtemps et tous les soirs avec Gin' me manque, lui confia-t-il après quelques secondes.

- Moi aussi, répondit-elle. Mine de rien, cela fait presque trois mois que Drago et moi dormons ensemble toutes les nuits, soupira-t-elle. C'est étrange de ne plus être avec lui.

- Tu l'aimes, n'est-ce pas ? demanda-t-il soudainement.

Elle tourna vivement la tête vers lui, mais Harry garda obstinément la tête vers le plafond, et elle soupira. Elle tourna la tête vers le plafond à son tour et réfléchit quelques minutes à ce que son frère venait de dire.

- Je ne sais pas, répondit-elle timidement en haussant les épaules.

- Pourtant, ça me paraît plutôt évident, non ? s'étonna-t-il en tournant la tête vers elle, un sourire en coin de bouche.

- C'est plus compliqué que ça, Harry, souffla-t-elle.

- Est-ce que c'est vraiment compliqué, ou est-ce que tu rends les choses compliquées pour toi-même ?

- C'est compliqué, dit-elle fermement, prouvant au brun qu'elle n'avait pas vraiment envie de s'étaler sur le sujet.

- En tout cas, bien que je ne porte pas particulièrement Malefoy dans mon coeur, je vois bien comment tu le regardes, comment il te regarde et la façon dont tu as retrouvé le sourire depuis que tout ça a commencé, lui confia-t-il en haussant les épaules. Je suis peut-être nul pour ces choses-là, mais je suis au moins sûr de ça, ajouta-t-il fièrement.

Elle souffla un grand coup et tourna la tête vers lui, un sourire timide aux lèvres.

- Je ne sais pas ce que tout ça veut dire encore, mais ça me va pour le moment, chuchota-t-elle en haussant vaguement les épaules.

- C'est tout ce qui compte, répondit-il avant de l'embrasser sur le front. Bonne nuit, Hermione, continua-t-il en la voyant lutter pour garder les yeux ouverts.

- Bonne nuit, Harry, murmura-t-elle tout bas, alors que ses yeux se fermaient enfin.

Il ferma les yeux à son tour et ne tarda pas à la rejoindre dans les limbes du sommeil, bien plus enclin à dormir que quelque temps plus tôt.

oOo

Drago apparut dans un craquement face aux grilles du Manoir Originel Malefoy et tira sa valise d'une main, avant de poser sa baguette sur le portail - au centre duquel les motifs en fer formaient un M - qui s'ouvrit, retirant au même moment les protections magiques aux yeux de Drago. Il resta alors bouche-bée en voyant le manoir et ses alentours, qui ne ressemblaient plus du tout à ce qu'il avait connu toute son enfance. Sa mère ne lui avait pas parlé de ça. Tout avait changé. L'allée était méconnaissable et le manoir n'avait plus rien de lugubre, comme il avait pu l'être auparavant.

Cependant, en baissant les yeux vers les portes d'entrée, Drago se stoppa net dans sa comparaison et lâcha sa valise, qui tomba au sol. Il venait de voir sa mère à l'autre bout de l'allée fleurie et plus rien n'avait d'importance. Il parcourut les dizaines de mètres qui les séparaient en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ne prêtant même pas attention à la beauté du lieu qui l'entourait. Il n'y avait qu'elle. Tous ses doutes de la veille s'étaient envolés à la seconde où il l'avait vue. Elle était là, devant lui, à attendre impatiemment son retour.

Narcissa avança de quelques pas à son tour et se blottit dans ses bras, une fois qu'il fut enfin près d'elle. Drago la serra contre lui de toutes ses forces, retenant ses larmes du mieux qu'il le pouvait, alors que sa mère sanglotait très clairement contre son épaule.

- Maman, murmura-t-il à son oreille avec émotion.

- Mon chéri, chuchota-t-elle à son tour en s'éloignant de ses bras et en attrapant son visage entre ses paumes. Je suis tellement désolée, sanglota-t-elle en caressant son visage, bien qu'un sourire ému se soit installé sur ses lèvres.

- Ne le sois pas, Maman, répondit-il immédiatement. Tu as tout fait pour moi, je te dois la vie. Ne t'excuse pas, lui demanda-t-il en posant ses mains sur les siennes, qu'elle avait laissées sur ses joues pâles.

- Tu m'as tellement manqué, Drago, dit-elle le serrant à nouveau dans ses bras, après avoir hoché lentement la tête, les yeux toujours gorgés de larmes.

- Toi aussi, Maman, murmura-t-il, laissant cette fois-ci quelques larmes s'échouer sur ses joues. Tu ne sais pas à quel point, ajouta-t-il tout bas, peu habitué à ce genre d'effusion de sentiments.

Elle s'écarta à nouveau de lui et lui sourit tendrement en caressant sa joue, toujours aussi émue de retrouver son fils après tout ce temps.

- Rentrons, annonça-t-elle après une longue minute de silence émouvant. Je ne voudrais pas que tu attrapes froid, mon chéri, ajouta-t-elle en le tirant par la main après qu'il ait hoché la tête. Satine ! lança-t-elle ensuite.

- Oui, Madame ? fit une petite elfe, qui venait de transplaner à leur droite.

- Récupère les affaires de Drago et monte-les dans sa chambre, s'il te plaît, lui demanda Narcissa en lui indiquant la valise de son fils, qu'il avait lâchée en arrivant.

- Madame ? s'étonna Drago après que Satine soit partie, alors qu'ils entraient dans le hall du manoir.

- Je lui ai demandé de m'appeler comme ça, je n'ai jamais vraiment aimé le fait que les elfes m'appellent "Maîtresse", répondit sa mère. Elle a mis du temps à y arriver, mais comme tu peux le voir, c'est devenu une habitude désormais, sourit-elle ensuite en entrant dans l'un des salons du manoir, où un plateau de thé les attendait.

Cependant, alors qu'elle avançait vers l'un des fauteuils, elle remarqua que son fils ne la suivait plus et se tourna vers lui, les sourcils froncés, inquiète d'avoir pu dire quelque chose de déplacé ou qui ait pu le blesser.

- Drago ? dit-elle d'une voix où teintait toute son inquiétude. Est-ce que ça va ? continua-t-elle en le voyant immobile sur le pas de la porte.

- Tout a changé, murmura-t-il d'une voix sourde, en observant la grande pièce qui lui faisait face. Je ne reconnais rien.

Si le fait de revoir sa mère lui avait fait oublier pendant un temps le fait que le manoir ne ressemblait en rien à ce qu'il avait toujours connu, le fait d'y entrer semblait lui avoir rendu la mémoire. Le hall d'entrée n'avait pas tant changé que ça, si ce n'étaient les couleurs plus claires des murs et les bouquets de fleurs qui trônaient sur chaque poteau en marbre qui encadraient le grand escalier.

Cependant, le petit salon où sa mère l'attendait avait complètement changé. Il s'agissait auparavant du boudoir où Narcissa Malefoy accueillait ses amies, ou les différents invités, voire l'endroit où Lucius faisait patienter les Mangemorts en quête d'informations sur leurs missions, mais il n'y ressemblait plus du tout. Tous les meubles avaient changé, l'agencement de la pièce n'était plus le même, les tons étaient bien plus clairs et accueillants, et un grand tapis persan avait été ajouté près de la cheminée. En somme, la pièce était passée du tout au tout. Elle n'avait plus rien de lugubre ou froid.

- Après ton départ à Poudlard, j'ai décidé de refaire entièrement le manoir, expliqua-t-elle de sa voix douce, après quelques longues minutes de silence pendant lesquelles Drago détaillait la pièce. Je n'arrivais plus à vivre ici, c'était trop pour moi, continua-t-elle une fois que Drago eut tourné la tête vers elle, en attente de la suite de ses explications. Comme tu le sais, avant la mort de Lucius, je n'aurais de toute manière pas pu déménager dans l'une de nos autres résidences. Je pensais être libre de partir lorsqu'il est mort, mais ses collaborateurs étaient toujours sur mon dos et je n'avais hérité d'aucune des autres résidences. Je n'aurai pas pu non plus déménager dans l'une des résidences Black, puisque j'étais surveillée dans le manoir. J'ai donc tout fait refaire par des ouvriers-mages, et les travaux se sont terminés il y a tout juste trois semaines. J'ai fait combler les escaliers qui menaient aux cellules du sous-sol, j'ai fait refaire tous les jardins, chacune des pièces du manoir et j'ai fait détruire chacun des meubles que le Seigneur des Ténèbres aurait pu toucher ou utiliser, récita-t-elle en s'installant dans un fauteuil, sans quitter son fils des yeux. Les seules pièces qui n'ont pas été touchées sont celles qui t'appartiennent. J'ai expressément demandé à ce qu'elles ne soient pas modifiées pour que tu puisses faire les changements de ton choix si tu le souhaites. Je ne voulais pas t'imposer quoi que ce soit, se confia-t-elle ensuite, avant de lui faire signe de la rejoindre.

- C'est magnifique, Maman, la félicita-t-il en observant une nouvelle fois la pièce, tout en s'asseyant en face d'elle. Merci d'avoir fait tout ça, continua-t-il alors qu'elle leur servait du thé, après avoir souri à son fils. Ce manoir en avait vraiment besoin, je suis content que tu n'aies pas à vivre plus longtemps dans un tel endroit.

Elle acquiesça immédiatement et lui raconta plus en détails la façon dont s'étaient déroulés les travaux et lui lista les autres changements importants qu'elle avait décidé de faire. Elle lui expliqua ensuite qu'elle avait voulu lui faire la surprise à son arrivée, raison pour laquelle elle ne lui avait pas parlé des travaux dans ses lettres. À vrai dire, elle n'en avait parlé à personne avant la fin des travaux et s'était contentée de dire à Andromeda qu'elle préparait quelque chose de positif au manoir.

Dire que Drago était émerveillé par tous ces changements était un euphémisme. Après qu'ils aient tous deux pris le thé, Narcissa avait proposé de lui faire visiter le manoir, pour qu'il découvre de ses propres yeux les changements considérables qu'elle avait fait faire. Il avait alors été subjugué de voir à quel point ces travaux impactaient le charme du manoir et sa convivialité. Il était bien plus lumineux, bien plus accueillant.

Lorsque sa mère l'accompagna jusqu'au salon principal, Drago hésita quelques secondes avant d'entrer, se rappelant parfaitement de tout ce qu'il s'y était passé et à quel point cela avait changé les choses pour lui, sa mère et Hermione.

Hermione. Penser à elle le fit sourire. Il imaginait qu'elle devait elle aussi être en train de visiter le manoir de ses parents, avec son frère. Il espérait de tout coeur qu'elle passait un bon moment et qu'elle découvrirait d'autres choses sur ses parents biologiques.

Seule la voix de sa mère le sortit de ses pensées et il tourna la tête vers elle, qui le regardait avec un sourire amusé. Elle ne fit pas de commentaire, mais Drago leva tout de même les yeux au ciel, conscient que même après tout ce temps, sa mère lisait toujours aussi bien en lui.

Il entra à son tour dans le grand salon et découvrit à quel point il avait changé. Tout avait été refait ; les murs, la cheminée, le lustre, les meubles. On se croirait dans une pièce totalement différente. En détaillant la pièce, Drago sourit. Il venait de voir la harpe de sa mère, posée dans un coin de la pièce.

- Tu veux bien me jouer un morceau ? lui demanda-t-il alors, en se tournant vers elle.

- Avec plaisir, sourit-elle en s'installant près de sa harpe sans quitter les yeux de son fils, qui s'installait dans un fauteuil pour l'écouter.

Le moment fut exquis. Drago savoura chacune des notes jouées par sa mère, le cœur débordant d'amour pour elle. Lorsqu'elle joua ses dernières notes, il avait les larmes aux yeux, et elle aussi. Il se leva et avança vers elle, avant de lui tendre galamment son bras pour l'aider à se relever. Elle l'embrassa sur la joue au passage et, bras dessus bras dessous, ils rebroussèrent chemin pour continuer leur visite du manoir.

Le reste du manoir fut tout aussi impressionnant aux yeux de Drago. Il apprécia chacun des changements et ne se gêna pas pour le dire à sa mère chaque fois qu'il remarquait un petit détail. Près d'une heure plus tard, ce fut Satine qui vint les déranger pour les prévenir que le dîner était prêt. Ils redescendirent donc jusqu'à la grande salle manger - qui elle aussi était complètement métamorphosée - et dînèrent en tête à tête, simplement heureux de se retrouver.

- Alors, raconte-moi comment se sont passés tes premiers mois à Poudlard, dit Narcissa en se servant dans les plats préparés par Satine.

- Plutôt bien à vrai dire, répondit-il en se servant à son tour. En arrivant, je m'attendais à ce que la plupart des élèves soient très hostiles vis à vis de ma présence au château, mais finalement, je n'ai pas eu cette impression du tout. Comme si au lieu de ressasser le passé, tout le monde avait décidé de repartir à zéro.

- C'est l'impression que j'ai eue aussi, acquiesça-t-elle. Je n'ai pas particulièrement reçu de regards haineux en me baladant sur le Chemin de Travers, du moins pas plus qu'habituellement. La plupart des sorciers semblent vouloir faire table rase du passé, comme tu dis.

- La plupart, grogna-t-il en attrapant son verre de vin.

- Oui, les journaux semblent vouloir constamment ressasser le passé, s'exaspéra-t-elle, comprenant où son fils voulait en venir.

- Heureusement, ils ont su trouver les limites de tout ça, marmonna-t-il aigrement.

- Que veux-tu dire ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Tu te rappelles d'Astoria Greengrass ? soupira-t-il, comprenant que des explications étaient requises.

- La petite peste que le Seigneur des Ténèbres voulait que tu épouses ? Évidemment, que je m'en souviens, Drago, répondit-elle dédaigneusement.

- Moi qui pensais que tu l'appréciais, ricana-t-il.

- Loin de là, renifla-t-elle hautainement. Cette jeune fille était désignée pour suivre les pas de son père et se convertir à la Magie Noire, elle avait les même horribles idées que lui et était plus cruelle et folle que tout.

- Eh bien figure-toi qu'elle s'en est prise à moi, il y a de ça un mois, annonça-t-il en se resservant du vin, toujours aussi amusé de voir sa mère dénigrer autant quelqu'un.

- Tu n'es pas sérieux, répliqua-t-elle d'une voix blanche, cessant tout mouvement.

- Très sérieux, Maman.

Il lui raconta alors en détail tout ce qu'il s'était passé cette après-midi-là, allant même jusqu'à lui expliquer le rôle qu'avait joué Hermione dans tout cela. Si elle ne posa pas de question sur la jeune femme, Drago remarqua parfaitement à quel point elle mourrait d'envie de lui en poser. Cependant, il préféra se laisser le temps de lui en parler lorsqu'il serait prêt, sachant que sa mère ne ferait pas le premier pas, craignant de le perdre à nouveau.

Narcissa avait écouté son récit et était restée sans voix. Jamais elle n'aurait imaginé qu'une telle chose puisse encore arriver, et ce dans l'enceinte de Poudlard. Il lui précisa immédiatement qu'Astoria avait été amenée à Azkaban, ce qui détendit ostensiblement sa mère.

Cette dernière ne tarda pas à tourner la conversation vers les amis de Drago, toujours trop abasourdie pour discuter plus longtemps d'Astoria Greengrass. Le blond se fit donc un plaisir de parler de ses meilleurs amis, et aussi de ses nouvelles amitiés avec les Gryffondor. Il ne s'étala pas particulièrement sur ces derniers, mais lui parla longuement de Blaise, Théodore et Pansy.

Après leur dîner, ils migrèrent vers le petit salon de Narcissa, sans cesser de parler des mois qu'ils avaient passés loin l'un de l'autre. Alors que Drago commençait à lui expliquer ses projets d'avenir et tout ce qu'il avait entreprit pour son entreprise, il remarqua que sa mère commençait à fatiguer, et bien qu'elle eut tenté de le nier, Drago lui promit qu'ils pourraient continuer de discuter autant qu'elle le voulait le lendemain, et les jours suivants. Elle finit donc par abdiquer et souhaita une bonne nuit à son fils, en l'embrassant sur la joue, avant de monter jusqu'à sa chambre – qui était désormais un étage au-dessus de celle qu'elle partageait auparavant avec Lucius.

Drago grimpa à son tour les marches qui menaient à son aile du manoir et se dirigea vers sa chambre, qu'il avait eu le temps de voir quelques heures plus tôt. Comme sa mère l'avait prévenu, sa chambre n'avait pas bougé d'un poil. Les murs aux couleurs de Serpentard, les draps émeraude, les meubles en bois foncé, l'écusson de Serpentard au-dessus de son bureau… Tout était là.

Il sourit légèrement en voyant son Nimbus 2001, posé dans un coin de sa chambre et ses anciennes affaires de Quidditch - qui n'étaient plus du tout à sa taille. Encore une fois, il pensa à Hermione et à l'entraînement auquel elle l'avait accompagné. Il espérait de tout cœur qu'elle viendrait le voir à nouveau. Mine de rien, Drago s'était sentit plus soutenu que jamais, alors qu'elle était seule. Plus soutenu que lorsque tous les élèves de Serpentard venaient aux matchs de l'école.

Se rendant compte qu'il commençait lui aussi à fatiguer, il attrapa ses affaires de toilette et entra dans la salle de bain pour se préparer pour la nuit. Il revint quelques minutes plus tard et le constat de son lit vide pour la première fois depuis près de trois mois le fit soupirer. Il s'était habitué à la présence d'Hermione et c'est avec la tête pleine de pensées incluant sa mère et Hermione, qu'il s'endormit, une quinzaine de minutes plus tard.


Et voilà ! Alors qu'en avez-vous pensé ?! Ginny et Ron sont enfin de retour au Terrier et avec ça on découvre à qeul point George et Ginny sont proches, Harry et Hermione découvre le Manoir où ont vécu leurs ancêtres et ont une discussion nocturne, et enfin Drago revoit enfin sa mère et leurs retrouvailles ont lieu et son pleines d'émotions !

J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à m'en toucher quelques mots dans une review !

Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic de continuer à me suivre sur cette histoire et de corriger mes chapitres !

On se retrouve dans deux semaines,

Writer8Hell