14 Février 3

La boulangerie était dans un état tel qu'il ne l'avait jamais vu. Il y avait des banderoles rouges, roses et blanches, des cœurs de tailles diverses et variées... même certaines pâtisseries étaient à l'effigie de cet organe !

-Monsieur ? Vous désirez ?

Tiré de ses pensées, il répondit vite.

-Oh euh, ce petit pain, et deux brioches, s'il-vous-plaît.

-Voici. Ce sera tout ?

-Oui merci. Oh euh, puis-je vous demander le pourquoi de ces décorations ?

Il sût qu'il avait posé une question à la simplicité évidente quand il vit la boulangère perdre son sourire avenant pour le regarder comme l'idiot du village.

-Mais enfin monsieur... C'est la saint Valentin qui approche !

-Ah euh oui, s'entendit répondre Ikki, bien sûr, où avais-je donc la tête ah ah ah... ! S'entendit-il répondre.

Après avoir payé, il dut se retenir pour ne pas sortir à la vitesse de la lumière de la boutique.


-La saint Valentin ? Tu ne sais toujours pas ce que c'est Ikki ? S'étonna Shun en grignotant sa brioche fraîchement rapportée.

Si même son frère commençait à le prendre pour un idiot, le phœnix allait VRAIMENT finir par se vexer.

-J'ai pas du aller à la boulangerie à cette période de l'année auparavant, bougonna-t-il.

Shun leva les yeux au ciel. Il savait bien que son frère n'était pas un citadin et que ses excursions solitaires l'amenaient le plus souvent dans les lieux les plus reculés du globe et surtout dans les moins fréquentés, mais quand même ! La saint Valentin quoi !

-Je t'en ai parlé hier quand même.

-Pas du tout.

-Si mon frère. En fait, c'est une fête commerciale où les commerçant poussent leurs clients à offrir un cadeau à leur amoureux. D'où les cœurs que tu as vu.

Le phœnix renifla.

-Encore un moyen pour eux de se faire du blé !

-Oui mon frère. Mais une fête reste une fête et c'est pour ça que j'ai besoin de toi cet après-midi... Et ne te défile pas, tu as promis !

Ikki lui offrit sa plus belle tête de bête traquée. Par tous ces foutus dieux sur cette foutue Olympe, il avait encore promis sans savoir de quoi il retournait !


-Je persiste à dire que tu n'as pas besoin de moi pour trouver un cadeau à Hyoga.

-Tu connais Hyoga aussi bien que moi et ses goûts sont plus proches des tiens que des miens. Tiens, par exemple, cette peluche, tu l'as trouve mignonne ? Demanda-t-il en lui tendant une espèce de boule de poil rose fuchsia.

-Elle trop flashie, ses yeux sont démesurés, ses antennes sont ridicules, son air est béa et débile, ça donne presque envie de la frapper.

-Qu'est-ce que je disais. Admets au moins qu'elle est douce.

-Oui, elle est douce, mais c'est tout ce qu'elle a pour elle.

-Très bien, je ne la prends pas alors. Qu'est-ce qui ferait plaisir à Hyoga selon toi ?

-Qu'est-ce que j'en sais ?

-Une écharpe ?

-Je te rappelle qu'il a chaud par 20°C!

-Tiens, et si on allait là ?

Le ''là'' désignait une de ces boutiques où l'on trouvait de tout et de son contraire, entassé, empilé dans tous les espaces disponibles en une sorte de caverne d'Ali baba. Si Ikki était entré sans crainte, il avait vite déchanté : le magasin ne paraissait petit que de l'extérieur, et il était pas loin d'être plein comme un œuf. Autant dire qu'ils n'étaient pas près d'en sortir. Shun lui donnait l'impression d'avoir trouvé le paradis.

-Tu as vu tout ce qu'il y a ?! Si avec ça je trouve rien !

-Par tous les dieux, faites que ce ne soit pas le AÏE !

Shun venait de lui donner un coup de coude.

-Arrête de pleurnicher un peu veux-tu !

Ikki retint un soupir : qu'il était loin le temps ou personne n'aurait pensé entendre un jour Shun prononcer de tels mots envers son frère !

-Mais au pire, si on ne trouve rien, ce n'est peut-être pas si grave, si ?

Shun leva une nouvelle fois les yeux au ciel.

-Ikki, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « c'est une fête mignonne qui donne une excuse pour offrir un cadeau à ceux qu'on aime ou qu'on apprécie » ?!

-Le mot mignon.

-L'expression que je fais pour t'amadouer quand je veux que tu fasses les courses avec toi est mignonne. Tu craques toujours parce que ma mine de Shun-battu est absolument adorable et mignonne. Tu vois, tu n'as plus aucune excuse !

Le phœnix enfonça sa tête entre ses épaules.

-Bon bon..

Tandis que Shun s'affairait à trouver il ne savait quoi, le regard d'Ikki erra un peu dans la boutique.

Offrir quelque chose à quelqu'un qu'on aime on qu'on apprécie hein.

Il y avait réellement de tout dans cette boutique. Des choses tellement laides qu'il se demandait s'il existait réellement des gens pour les acheter, et des choses beaucoup plus sobres, voire même jolies.

Son regard s'arrêta sur une théière. Elle était dorée, élégante, assez grande et avait des motifs de lotus.

-Shun ? Je sais pas si tu as trouvé, mais moi je prendrai une théière.

-Une théière ?

-Ouais. Shaka n'en a qu'une petite, alors quand il a plusieurs invités c'est pas pratique.

Il appréciait beaucoup le chevalier de la vierge. Leurs premières rencontres avaient été musclées mais par la suite ils avaient eu des discussions passionnantes sur la spiritualité, entre autre sujet. C'était un homme qui lui inspirait le calme, lui qui avait un caractère si explosif. C'était agréable d'être en sa compagnie. Et il aimait bien prendre le thé avec lui.

-Je suis sûr que ça lui fera plaisir, ajouta-t-il, sans voir derrière lui la mine réjouit de son frère, trop heureux de voir que son plan machiavélique avait fonctionné. Depuis le temps qu'il pensait que son grand frère ferait un joli couple avec le chevalier de la vierge, il fallait bien que quelqu'un se dévoue pour faire les entremetteurs en les poussant à faire les premiers pas. Ils étaient gentils hein, mais ils étaient un peu des boulets par moment.

Le mois prochain, c'était prévu, il harcèlerait Shaka avec le white day.