Bonjour à tous,
Je sais je suis à la bourre par rapport à ce que j'avais annoncé dans les réponses aux reviews que j'ai fait ^^. Mais bon noel arrive et faut trouver tous les cadeaux à temps :p. donc je cours pas mal !
Voici les réponses aux reviews des anonymes. :
Faenlgiec : Coucou, en effet l'histoire se developpe ! pour ce qui est de la réaction de Dumbledore tu verras bien. Merci pour la review. A++
Nyx : Coucou, je suis heureuse de constater que les lecteurs sont de bonne humeur en voyant un nouveau chap ^^ donc aujourd'hui tu es de bonne humeur. Merci beaucoup pour la review. A bientôt a++
Chotsala : Coucou ^^ ouf si tu as pas vu de soucis dans l'ancien chap lol. Merci beaucoup pour la review. Tu vas voir Luna reserve encore des surprises. A++
Guest (06.12.15) : Coucou. Pour l'identité de Flamel y'en a qui me dise que j'ai fait l'idiote car ça se voyait dès le premier chapitre qu'ils étaient les Flamel. Mais paradoxalement j'ai eut plein de lecteurs qui comme toi ne le savait pas. Donc je suis heureuse de savoir que j'ai pris les bonnes décisions. Donc merci ^^ a bientôt. A++
J'ai constaté une baisse de reviews pour le dernier chapitre j'espère que ce n'est pas parce que vous avez moins aimé snif snif.
Je dis toujours merci à mes deux bétas Magouille et ma diabloteuse féticheuse ^^.
Et autre annonce super importante : JOYEUX ANNIVERSAIRE MON PETIT JAY !
Je vous embete pas plus.
A bientôt pour la suite.
A++
Mili
38 : Où les choses avancent pas à pas.
- Bella, je veux la méchante sorcière de Blanche Neige ! exigea Luna avec un profond air de concentration.
- Pioche, rit doucement la petite Isabella, assise sur le lit du père de Luna. Monsieur Xeno, moi, je veux Cendrillon.
- Grrr, grogna Xenophilius en donnant la carte à la fillette.
- Ah, j'en ai marre, gémit Harry en rentrant dans la chambre et en soulevant de force Luna pour prendre la place dans le fauteuil tout en la remettant sur ses genoux. Je suis vidé, ces perfidies administratives me saoulent.
- Chut, on joue, lâcha Luna en tendant une carte à Isabella.
- Ça fait toujours plaisir de se sentir aimé et attendu, ironisa Harry. Faites comme si je n'étais pas là !
- Cela fait déjà trois heures qu'ils jouent, pouffa la mère de la petite fille, également assise à côté du lit.
- Ouaiiiis ! J'ai gagnééééééé ! hurla la fillette avec fierté.
- Ah, j'arrête ! J'en peux plus ! rit Xenophilius avant de regarder Harry avec sérieux. Ça te dirait de faire quelques pas en compagnie d'un vieux fou ?
- Je pense que niveau folie, je ne suis pas mieux que vous. Ils m'ont usé, soupira Harry en se relevant et en déposant Luna sur le lit alors que la petite patiente redistribuait les cartes avec entrain.
- Tu joueras avec nous après ? demanda la petite fille.
- Oui. Mais pour le moment, ridiculise la grosse, et après je vous montrerai comment joue un pro, les nargua Harry en sortant de la chambre alors que Luna lui tirait la langue.
- Alors, comment ça s'est passé avec les gobelins ? Tu as eut des complications avec le dossier ? s'enquit l'homme une fois qu'ils furent loin de la chambre.
- Luna veut absolument aller à Poudlard, souffla Harry sans répondre à l'homme.
- Je sais. Crois-moi, j'essaie tous les jours depuis quinze jours de la convaincre, mais elle ne veut pas, soupira le journaliste. A être têtue comme ça, je reconnais bien les gènes de sa mère.
- Si Luna va à Poudlard, il faut que Dumbledore saute impérativement dans les quinze jours qui arrivent, grogna Harry. J'ai essayé de voir avec les gobelins où en était la fameuse histoire avec les sang-purs dont vous m'aviez parlé. Mais soit disant, les accusations ne sont pas assez lourdes contre lui.
- Par Merlin, suffoqua l'homme en s'asseyant sur un banc.
- Il y a eu beaucoup de lettres et de menaces de retrait d'enfant de l'école, notamment en raison des résultats déplorables de -Poudlard , mais Dumbledore a réussi à éluder tout ça avec une fourberie digne des plus grands psychopathes que la terre ait porté. Je suis retourné aux USA voir mes tuteurs car j'avais besoin de leur avis.
- Je ne te comprends plus Harry…
- Je refuse que Luna mette les pieds là où Dumbledore sera !
- Vous n'êtes pas encore marié, ne m'enterre pas trop vite, pouffa l'homme. Mais franchement, arrête de parler de manière si décousue, je ne comprends vraiment pas ce que tu me racontes.
- Harry Stark a porté plainte pour tentative de coups et blessures à l'encontre de Dumbledore. Harry N.N, quant à lui, a porté plainte contre Potter pour tentative de coups et blessures, et contre Dumbledore pour utilisation abusive de son pouvoir, expliqua Harry.
- Je croyais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec les sorciers…
- Je ne fais pas ça pour les autres arriérés de Poudlard, je fais ça pour Luna et juste pour elle, souffla Harry.
- Tu l'aimes beaucoup, n'est-ce pas ? taquina le père de famille.
- Je l'aime, mais pas de la façon dont vous pensez, grogna Harry. Vous savez, elle a su m'accepter comme j'étais. Quand je ne veux pas parler, elle me force pas, elle reste simplement à côté de moi. Quand je ne veux pas d'aide, elle m'aide quand même. Vous savez, j'ai horreur d'avoir des dettes, et j'ai l'impression que celles que je dois à Luna ne font que s'amonceler, peu importe ce que je fais. C'est malheureux à dire mais je pense que si je suis encore vivant après cette année à Poudlard, c'est grâce à elle.
- C'est dur ce que tu dis, pour un petit garçon Harry, s'étonna Xenophilius.
- Je sais, et je ne suis pas celui que vous semblez croire Mr Lovegood, soupira Harry. Et croyez-moi, si je pouvais, je retournerais à Poudlard pour veiller sur elle. Mais c'est trop dur, je ne tiendrai pas. Elle en est consciente et ne m'a même pas demandé de la rejoindre là-bas.
- Il faut simplement espérer que tes plaintes seront traitées rapidement, gémit l'homme.
- Croyez-moi, vu les sourires que les gobelins m'ont faits, et je vous jure, un gobelin qui sourit, ça fait peur, je pense que Dumbledore et Potter, et même le Ministre de la Magie, doivent être au courant à l'heure où nous parlons. Pour que les plaintes tiennent la route, j'ai réclamé des indemnisations financières, mais j'espère honnêtement que ces deux dossiers donneront au conseil d'administration les cartes qui leur manquent.
- Dumbledore ne pourra pas s'y soustraire vu le nombre de témoins qu'il y avait pour le cas de Junior. Quant à toi, quand a-t-il essayé de t'attaquer ?
- Oh, pour une broutille. J'ai été convoqué dans son bureau et ça a dégénéré. Sans mes réflexes, son bureau m'aurait écrasé contre le mur. En plus, il y a la preuve de son bureau brisé qu'il n'a pas pu réparer à priori, et le témoignage des élèves, des professeurs et des tableaux qui étaient présents à ce moment-là. Luna fait partie de ces élèves avec ses crétins d'amis de Gryffondors, expliqua Harry avant de reprendre avec un petit sourire machiavélique : Mais comptez sur moi, j'ai quelques atouts dans ma manche pour faire sauter Dumbledore.
- Tu es vraiment quelqu'un qu'il ne faut pas se mettre à dos, Harry. Tu fais peur quand tu fais ce sourire sadique. On dirait un vampire sur le point de croquer sa proie, et qui veut la faire souffrir à petit feu, pouffa le père de famille.
- J'ai rendu votre « testament » et l'accord qui nous liait aux Gobelins. Cet accord fait de Luna ma propriété, et je n'aime pas qu'on touche à mes affaires ! grogna Harry.
- Si je ne te connaissais pas, je prendrais assez mal la manière que tu as de parler de ma fille, jeune présomptueux, rit Xenophilius alors qu'il reprenait la direction de la chambre d'où des rires et des cris s'échappaient.
- Honnêtement, si elle venait à perdre son sourire à cause de Dumbledore, je ne me le pardonnerais jamais, souffla Harry avant de rentrer dans la chambre. Alors Bella, il te plaît ce nouveau jeu de cartes ?
- Oui, mais je gagne toujours, pouffa la petite fille alors que Luna lui donnait la carte de la victoire en grommelant.
- Harry, tu parais épuisé, s'inquiéta Luna avant de saisir son bras où se trouvait son tatouage invisible. Tu as fait plus qu'une petite course pour papa, n'est-ce pas ?
- Je gère, bailla le jeune homme sans pouvoir se retenir.
- On ferait mieux de rentrer se reposer, lâcha Luna en se levant.
- J'ai promis à Bella une partie pour qu'elle perde enfin, répondit Harry en souriant doucement à la fillette qui lui fit un grand sourire plein de joie.
- Une partie, et après on rentre, ordonna Luna en s'asseyant sur les genoux du jeune homme.
Harry posa son menton sur son épaule et passa ses bras autour de ses hanches pour pouvoir tenir les cartes devant lui et les voir, alors que la partie commençait. Et dix minutes plus tard, c'est avec un grand sourire qu'il déposa la dernière famille devant lui, le faisant gagner contre la fillette qui se mit à bouder.
- Et toc, j'en suis à douze victoires contre toi. Je remonte, petite Bella, je remonte, la nargua Harry.
- Elle a encore une centaine de victoires d'avance, pouffa Xenophilius.
- Rentrons Harry, tu es épuisé, murmura Luna en caressant son tatouage de dragon.
- Tu es malade aussi, Harry ? demanda Bella, faisant du même coup se figer le No Name.
- Ne t'inquiète pas pour moi petite Bella. Une bonne nuit de repos et une servante à disposition pour des massages gratuits, et demain je serais en pleine forme, sourit difficilement Harry en l'embrassant sur le sommet de la tête. Continue de ridiculiser ta maman et Mr Lovegood, ça leur fera les pieds.
- D'accord ! rit la fillette alors que le jeune homme saluait les deux adultes d'un hochement de la tête.
Il alla dans le couloir et attendit Luna en s'adossant avec fatigue contre le mur : il avait passé l'après-midi à faire des allers-retours entre Gringotts et Los Angeles, et il se sentait épuisé. D'ailleurs il sentit plus qu'il ne vit Luna lui prendre la main pour l'emmener à l'extérieur de l'hôpital afin de prendre le bus. Quand il arriva à l'appartement, il se jeta sur le canapé comme un bienheureux en fermant les yeux.
- Harry, ça va ? s'inquiéta Luna en s'accroupissant à coté du canapé.
- Les transplanages longue distance à répétition, ça use, marmonna Harry, les yeux fermés.
- Je vais te préparer quelque chose à manger, ne t'endors pas maintenant, murmura la Serdaigle en se levant avant qu'Harry lui attrape la main.
- Vas pas nous faire exploser la cuisine, hein ? la nargua Harry en ouvrant difficilement les yeux.
- Je suis devenue une parfaite Moldue maintenant, pouffa Luna en allant à la cuisine.
- Il y a bien des fous chez les Moldus aussi, j'avoue, rit Harry en se redressant. Je vais prendre une douche pendant que tu fais cramer le dîner !
- Méchant ! grogna Luna. Et dis pas que c'est ta raison de vivre, tu m'énerves.
- Je n'étais pas méchant là, j'étais juste réaliste, pouffa Harry en allant dans la salle de bain alors qu'il entendait des tas d'insultes venir de la cuisine.
- Je me reconnais vraiment plus. Avant, j'aurais préféré mourir plutôt que de m'écrouler comme ça devant quelqu'un, réfléchit le jeune homme en savourant l'eau chaude qui coulait sur son corps. Je pense même qu'avec les autres, je n'ai jamais fait ça, et je ne me sens pas de le faire ! Mais putain, qu'est-ce que Luna a de plus que les autres ?!
- Harry, ça va ? cria Luna en ouvrant la porte de la salle de bain en grand, faisant sursauter Harry dans la cabine de douche, qui colla son dos sur le carrelage.
- Dégage de là, espèce de perverse ! hurla le jeune homme en lançant un sort de brouillard à toute vitesse.
- Tu répondais pas, bafouilla la Serdaigle rouge pivoine. Et… euh…
- Luna… Vire de là ! grogna Harry d'une voix sombre.
- Ah euh, oui… Le dîner… A plus, lâcha la fillette en courant de l'autre côté de la maison.
- Et les portes, ce n'est pas pour les chiens ! hurla Harry en fermant la porte d'un coup de poignet avant de se laisser tomber assis dans la douche et de rire nerveusement. Elle va causer ma perte cette fille ! Et toi, la perverse en chef, dégage !
La petite cybeline lui tira la langue et disparut rapidement, permettant au jeune homme de se relever pour finir de se laver, même s'il se mettait à sursauter à chaque fois qu'il entendait du bruit. Se dépêchant, il arriva dans le salon, où Luna regardait la télé alors que des plats étaient posés sur la table basse. En silence, il s'assit et Luna se mit le plus loin possible de lui, les joues complètement rouges.
- Aurais-je trouvé comment déstabiliser la fameuse Luna Lovegood ? la nargua Harry alors que le silence avait été roi pendant le repas.
- Ce n'est pas drôle Harry, bafouilla Luna, toujours aussi rouge pivoine.
- C'est moi qui devrais dire ça ! C'est moi qui ai eu le droit de me faire mater sous la douche par une perverse, taquina le jeune homme.
- J'ai pas fais exprès ! J'entendais l'eau couler et plus de mouvement. J'ai cru que tu avais fait un malaise, renifla la fillette.
- Je ne suis pas sur le point de faire une crise. Je suis juste fatigué, comme un humain normal qui n'a pas arrêté de courir à droite et à gauche toute la journée, soupira Harry avant de reprendre avec un petit sourire : Avoue que tu voulais simplement voir si, effectivement, ce que je cachais sous mes vêtements était aussi réel que ce que toutes les perverses de Poudlard imaginent.
- Ça, je le savais déjà. Mais maintenant, j'en suis sûre, rougit Luna, faisant soupirer Harry. Je vais jouer du piano ce soir.
- D'accord, je vais insonoriser la chambre, bailla Harry.
- Même si tu ne veux pas me raconter les détails, pourquoi ne supportes-tu pas la musique Harry ? murmura Luna.
- Tu sais, je n'ai pas toujours été avec les No Name… Et avant, c'était juste horrible, frissonna le jeune homme dont les mains commençaient à trembler, avant que Luna ne s'en empare pour les serrer fortement. Je ne me sens pas capable de tout t'expliquer, mais la musique me rappelle toute cette période, et je ne suis pas en mesure d'y faire face.
- Moi, la musique, ça me fait penser à maman, avoua Luna. C'est elle qui m'a appris à jouer. Elle était française, et à Beauxbatons, ils ont des cours d'arts : musique, danse et pleins d'autres activités. Maman, c'était la meilleure, et elle a même eu plusieurs prix, mais ils sont à la maison. Quand elle est morte, je ne voulais plus jouer, plus danser, et je ne voulais même plus écouter de la musique, parce que tout ça me rappelait qu'elle m'avait laissée et que je la reverrai jamais. Je suppose que la personne qui jouait de la musique à cette époque devait être aussi importante pour toi que maman l'était pour moi, n'est-ce pas ?
- Sous tes airs de folle furieuse, tu es bien trop perspicace pour ton propre bien, Lovegood. Occupe-toi de tes oignons, grogna Harry en serrant les points pour ne pas qu'elle voit ses tremblements, alors qu'il se levait. Va jouer de ta musique et fous-moi la paix !
- Harry je… tenta la jeune fille.
- Tais-toi ! Honnêtement, tais-toi ! Ne compare plus jamais nos vies, car elles sont incomparables ! cria le jeune No Name en allant dans la chambre, claquant fortement la porte derrière lui.
- Occlumencie Harry, Occlumencie, pensa le jeune homme en se laissant tomber contre le mur, alors que son corps était secoué de spasmes nerveux. Il faut que je me calme.
Il fit rapidement venir à lui une de ses potions calmantes et l'ingurgita au moment où les images de son enfance commençaient à passer les barrières qu'il avait érigées autour pour tenter d'oublier. Il ne vit même pas le rouge envahir son dragon alors que son dos se mettait à saigner. Mais il parvint à distinguer, dans la tempête hypnotique qui l'entraînait vers le fond, une brève lueur d'espoir, quand Luna se jeta sur lui pour le serrer fortement en pleurant et en le suppliant de la pardonner. Elle semblait répéter en boucle qu'elle était désolée mais il n'arrivait pas à l'entendre. Il sentait seulement sa présence à ses côtés.
- Lâche-moi Lovegood, grogna Harry en plaquant bien son dos contre le mur et en forçant son esprit à se reconnecter avec le monde réel malgré les images qui défilaient sous ses yeux.
- Arrête de ne penser qu'aux mauvais côtés, je suis sûre qu'il y en avait des bons, murmura Luna.
- Dégage de là ! cria Harry en relevant ses yeux verts striés d'argent sur le visage de Luna qui oscillait entre la peur et la détermination.
- Non, haleta la fillette. Respire en te calant sur moi.
- Sors de cette chambre ! rugit Harry sans même se rendre compte que son énergie explosait autour de lui pour rejeter la fillette.
Cependant, sans qu'il ne s'y attende, il sentit une énergie lumineuse l'entourer et le calmer presque aussi rapidement. Sortant de sa torpeur malsaine pour voir réellement ce qui se passait, il vit Luna entourée d'un grand halo lumineux créant une sphère qui les englobait tous les deux.
- Dors Harry, murmura Luna.
- Mais…
- Dors, souffla Luna en s'écroulant sur lui avec fatigue.
- Mais comment… fut tout ce que le jeune homme pu penser, avant de sombrer dans l'inconscience.
- Ferme tes jolis yeux car les heures sont brèves, au pays merveilleux, au doux pays des rêves. Ferme tes jolis yeux, car tout n'est que mensonge, le bonheur est un songe. Ferme tes jolis yeux, chantonna une voix douce à son oreille.
- Elle craint ta chanson, bailla une voix de garçon un peu plus loin.
- Chut, il dort presque, répondit la chanteuse de départ dans un murmure furieux.
- Je peux avoir une autre chanson ? marmonna un petit garçon avec une voix endormie.
- Attend, c'est quoi ce bordel ? pensa Harry. Mais je suis où, là !
- Je vais chanter la prochaine, ricana le jeune homme avec quelques autres personnes, avant de taper sur le sol humide pour donner le tempo. Un, deux, trois… Bali balo, dans son berceau, band….
- Tais-toi ! hurla la chanteuse de départ en posant ses deux mains sur les oreilles du petit garçon qui souriait, alors qu'elle continuait de crier sur les autres qui semblaient toujours chanter leur chanson.
- Pourquoi je peux pas écouter la chanson ? demanda le petiot.
- Promet-moi Harry, que tu ne deviendras jamais un de ces vieux pervers, supplia la chanteuse en enlevant ses mains.
- On ne sait pas si on sortira d'ici un jour, autant faire son éducation maintenant, grogna un autre gars plus loin.
- Taisez-vous, trancha la chanteuse. Harry s'en sortira ! Il va s'en sortir même si c'est le seul ! Et toi, mon chaton, tu vas dormir, car nous n'avons pas tous la chance d'être insomniaque.
- C'est quoi un insomniaque ? sourit l'enfant.
- Dors Harry, grogna la chanteuse en l'entourant de ses bras.
- J'ai plus sommeil, affirma l'enfant en faisant gémir la fille, qui esquissa quand même un sourire pendant que tous éclataient de rire.
- Je ne me souvenais pas de ça, souffla Harry sous le choc, avant de sentir une douce caresse l'obligeant à rouvrir les yeux.
- Ça va Harry ? murmura Luna avec inquiétude en passant ses mains sur ses joues.
Etonné de son geste, Harry remonta sa main et vit qu'une multitude de larmes s'échappait de ses yeux sans même qu'il ne s'en rende compte, alors que les bribes de ce qu'il avait vu remontait à sa mémoire. Alors il fut secoué de sanglots incontrôlables face à ces visages si familiers qui lui étaient réapparus et dont il avait complètement oublié les détails.
- Harry, qu'est-ce qui se passe ? C'est de ma faute ? demanda Luna, qui semblait vraiment dépassée par ce qu'il se passait.
- Je… je sais pas, pleura Harry. Je n'arrive même pas à me calmer.
- As-tu déjà pleuré pour faire ton deuil ? souffla Luna en collant son front sur celui d'un Harry tellement bouleversé et tellement perdu qu'il semblait le contraire de l'habituel Harry No Name. Pleure Harry, pleure et tu verras, tu te sentiras beaucoup mieux après. Papa m'a dit, quand maman est morte, que les larmes qu'on verse pour une perte permettent d'effacer les mauvais moments pour ne garder dans son cœur que les meilleurs.
- C'est débile, haleta Harry qui essayait désespérément de reprendre le contrôle de ses émotions.
- Ce n'est pas débile de pleurer les personnes qui nous sont chères et qui ne sont plus là, murmura Luna, avant de le prendre dans une forte étreinte : Pleure Harry, et tu verras qu'après, ce sera beaucoup plus clair pour toi.
Harry grogna un peu en tentant de remonter ses barrières d'Occlumencie qui verrouillaient toute cette partie de sa vie, mais les caresses de Luna dans ses cheveux les balayaient à chaque fois. Puis elle murmura une fois de plus « pleure » à son oreille, et cette fois-ci, ce furent réellement toutes ses barrières qui s'effondrèrent en même temps. Mais dès qu'il fut assailli par les milliers de sensations, il se raccrocha désespérément au corps de Luna pour ne pas voir les images qui ne sauraient tarder à se matérialiser, et remonta d'un bloc toutes ses barrières avec une puissance qui aurait pu l'étonner s'il n'avait pas été aussi perdu.
Il ne sut pas exactement combien de temps il passa à pleurer dans les bras de Luna, mais quand il réussi enfin à reprendre le contrôle de son corps et de ses émotions, il se sentait mieux. Pas bien, mais mieux. Il leva la tête de l'épaule de Luna pour la regarder dans les yeux, et il n'y vit aucune trace de pitié contrairement à ce qu'il craignait. Il n'y vit que de la tendresse, de l'inquiétude et cette petite étincelle qui faisait d'elle ce qu'elle était : une personne fantastique. Et sans même qu'il ne s'en rende compte, il posa ses lèvres sur les siennes avant de s'écrouler sur son épaule.
- Harry, bafouilla Luna choquée en portant une main à ses lèvres, sans voir la petite cybeline d'Harry qui tapait dans ses mains avec joie.
Rapidement, elle vit qu'elle n'aurait aucune réponse car il dormait paisiblement sur son épaule. Avec délicatesse, elle essaya de se défaire de sa prise, mais il la tenait trop fortement. Grimaçant elle bascula sur le dos en lâchant un « outch » de douleur quand il s'écrasa sur elle. Elle le fit rouler pour qu'il soit sur le dos, à même le sol, et se cala sur son torse, fatiguée, pour s'endormir quasiment immédiatement, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel.
- Luna ! Arrête ton putain de téléphone ! grogna Harry quelques heures plus tard en se tournant, sans même se rendre compte qu'il la serrait encore férocement dans ses bras.
- Je veux dormir, murmura la jeune fille en se rendormant, blottie contre lui.
- Tu me fais chier la grosse, marmonna Harry en levant la main pour faire venir le portable à lui, sans même prendre la peine d'ouvrir les yeux alors qu'il décrochait. QUOI ?
- Harry, tout va bien ? s'inquiéta l'interlocuteur.
- La grosse, c'est ton père, assume, bailla Harry en lui donnant le téléphone et en se rendormant, alors que la fillette se réveillait en sursaut.
- Papa, il y a un problème ? paniqua immédiatement la sorcière.
- Il est dix-sept heure et je n'ai toujours pas de nouvelles de vous. Tout va bien ? murmura le père de famille.
- Dix-sept heure ? Harry ! Réveille-toi ! Il est déjà dix-sept heure ! cria Luna en secouant Harry.
- Dormir, grogna Harry en resserrant un peu plus sa prise avant de se rendormir profondément.
- Ma petite fée, reposez-vous. De toute manière, il est déjà tard. Promet-moi simplement que tout va bien, demanda Xenophilius.
- Non, ça n'allait pas papa. Mais maintenant, ça va aller, murmura Luna en regardant ses mains pleines de sang, qu'elle avait posées plus tôt sur le dos d'Harry, avant de se mettre à sangloter. Papa, Harry ne va pas bien et je ne sais pas quoi faire.
- Tu veux que j'essaie de venir, ma petite fée ?
- Non papa, repose-toi à l'hôpital ! cria à moitié Luna, faisant grogner Harry dans son sommeil. J'ai l'impression d'avoir quelqu'un d'autre avec moi, il était tellement triste et mal. Je ne sais pas quoi faire pour l'aider.
- Ma petite fée, tu n'es pas avec quelqu'un d'autre, tu es avec Harry, il est toujours le même. Il te fait assez confiance pour baisser toutes ses barrières avec toi. D'ailleurs, il a l'air de te faire plus confiance qu'à n'importe qui. Sois patiente et prends soin de lui comme lui prend soin de nous, d'accord ? déclara l'homme avec une voix douce qui la rassura dans le combiné.
- J'ai tellement entendu parler de ces horribles crises… C'est tellement monstrueux ! Et il ne veut pas me raconter ce qui s'est passé avant qu'il ne rencontre sa famille. Il a l'air d'avoir tellement peur et tellement mal, je ne sais pas quoi faire papa, pleura Luna.
- Reste auprès de lui et reste toi-même. Crois-moi tu l'aideras beaucoup plus comme ça qu'en essayant d'être une autre. Alors arrête de pleurer ma petite fée, et repose-toi, tu parais épuisée…
- Merci papa, murmura Luna.
- Bon, comment je fais pour arrêter ce truc maintenant ? bafouilla l'homme, perdu.
- Pose le téléphone sur le boîtier papa, rit doucement Luna. Je t'aime papa.
- Moi aussi ma petite fée, répondit l'homme, avant que Luna n'entende un capharnaüm monstre et que la ligne soit coupée.
- Harry, il faudrait que tu te lèves pour manger quelque chose, chuchota Luna à l'oreille du jeune homme qui ne tilta même pas. Et je suppose que tu ne veux même pas aller dans le lit et que tu préfères le sol ?
Harry ne réagit même pas, et Luna, épuisée, n'insista pas. Elle posa sa tête sur un cousin moelleux que les lutins lui avaient amené en silence. Elle passa ses mains dans les cheveux d'un Harry qui dormait comme un bienheureux, la tête sur son ventre. Elle se laissa bercer par sa respiration calme et ne tarda pas non plus à tomber dans un sommeil réparateur.
- Mais qu'est-ce qu'on fait par terre ? grommela Harry en se réveillant avant de rougir quand ses yeux rencontrèrent le ventre nu de Luna.
- Si je te dis que tu dors depuis plus de 15h sans même me laisser la possibilité de bouger, tu me dis quoi ? le nargua Luna en le faisant sursauter.
- 15h ? bafouilla Harry.
- Oui, 15h ! Alors bouge, je dois aller au petit coin ! rugit la jeune fille en le poussant sans aucune délicatesse pour se ruer vers la salle de bain.
- Mais… C'est quoi ce bordel ?... Et pourquoi il y a du sang par terre ? murmura le jeune homme en se levant, avant de grimacer en sentant son dos douloureux.
Il fit quelques pas vers le miroir et soupira quand il vit l'état de son T-Shirt. Rapidement tout ce qui s'était passé lui revint en mémoire. Même s'il avait un pincement au cœur et était secoué des tremblements habituels, bien que moins violents, il ne pouvait s'empêcher de penser que la douleur interne était moins forte.
- Ça va Harry ? demanda Luna en sortant de la salle de bain.
- Je ne sais pas, honnêtement, murmura Harry alors qu'elle venait se blottir contre lui, tout en faisant attention de ne pas mettre ses mains sur son dos.
- Si tu veux parler de quoi que ce soit, je suis là pour t'écouter…
- Ou pour remuer le couteau dans la plaie, coupa Harry avec un pauvre sourire.
- Je ne regrette pas Harry, tout comme toi, tu ne regrettes sûrement pas de m'avoir ramenée à la réalité en octobre, lui fit remarquer Luna en levant les yeux pour le regarder sans ciller. Tu es mon ami, quoi que tu en penses et quoi que tu veuilles en penser, et tu es la personne qui est le plus proche de moi avec papa. Et je me déteste parce que je n'arrive jamais à t'aider, je ne fais que toujours te faire du mal, et pourtant tu restes toujours là à mes cotés.
- Va préparer le dîner au lieu de t'en faire pour des idioties mielleuses et dégoulinantes de bons sentiments qui me coupent l'appétit, trancha Harry.
- C'est déjà moi qui l'ai fait l'autre jour, bouda Luna.
- Je vais prendre une douche. Au pire, on ira au restaurant, bailla Harry en l'embrassant sur la joue, avant d'aller dans la salle de bain et de crier : Et la perverse, t'as pas intérêt à venir me reluquer sous la douche.
- Alors dépêche-toi de ressortir de là-dedans, rit doucement Luna, contente de retrouver le Harry grincheux qu'elle connaissait bien mieux que le Harry effondré.
Grimaçant devant le sang séché qui recouvrait tout son dos, il se nettoya rapidement avant de ressortir de la salle de bain de peur que Luna ne débarque à nouveau pour le détailler sous la douche. A sa grande surprise, une bonne odeur de nourriture s'échappait de la cuisine où Luna s'activait autour des fourneaux. S'appuyant sur le chambranle de la porte pour la regarder, il ne put s'empêcher de sourire en voyant à quel point la pure sorcière qu'elle était avait réussi à s'adapter à une vie totalement moldue en une quinzaine de jours.
- Bien, pendant que ça cuit, j'ai pris une décision Harry, décréta Luna en se tournant vers lui avec sévérité.
- Oula ! Luna Lovegood qui réfléchit ! Il va bientôt neiger ! la nargua Harry.
- Suis-moi, ordonna la jeune fille en lui attrapant la main pour le mener dans une pièce où il n'avait mis les pieds qu'une seule fois.
- Luna, grogna Harry, avant d'être coupé quand elle mit sa main sur sa bouche.
- Tu te tais, coupa Luna avant de poser ses mains sur le clavier. Ne t'avises même pas de mettre ton sort sur tes oreilles, sinon je t'aurai à l'usure.
- Qu'est-ce que tu mijotes encore ? gronda Harry.
- Do, ré, mi, fa, sol, la, si et do, récita Luna en appuyant sur chacune des touches du clavier avant de venir reprendre la main de Harry pour ressortir de la pièce et de retourner à ses casseroles avec son air rêveur habituel.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? bredouilla le No Name, profondément perdu.
- Au vu de ce qui s'est passé, je sais qu'au fond de toi, tu as des bons souvenirs avec la musique. Peut-être pas beaucoup, mais je sais qu'ils sont là et là, décréta Luna en venant poser une main sur son cœur et sur sa tête. Donc à compter d'aujourd'hui, où je n'ai fait qu'une gamme, tu devras obligatoirement écouter de la musique pendant cinq minutes, en ajoutant une minute de plus chaque jour. Et si je vois que ça ne va pas, je redescends d'une minute. Mais je ne descendrai pas de plus d'une minute tous les trois jours.
- Lu…
- Non ! Tu te tais et tu m'écoutes, coupa la jeune fille, alors que Harry ne pouvait s'empêcher de sourire tendrement devant les tentatives de la fillette. J'accepte de courir ton jogging et de faire mon entraînement magique tous les jours jusqu'à la rentrée sans jamais me plaindre, donc en contrepartie, je ne veux aucune plainte de ta part ! Maintenant, mets la table, c'est presque prêt.
- Est-ce tout, Madame le Commandant ? la nargua Harry.
- Ne rigole pas Harry ! Je sais que quand tu te plonges dans ces horribles crises, ce n'est pas drôle pour toi, mais pense aux autres à coté de toi ! Comment crois-tu que j'ai réagi quand j'ai vu que tu étais en sang, en pleine panique et complètement perdu entre la réalité et tes souvenirs ? Je ne savais pas quoi faire Harry, j'étais à coté de toi et je ne pouvais rien faire, sauf te prendre dans mes bras en te suppliant désespérément de ne pas me laisser, pleura Luna, faisant retomber la tension des deux jours passés. Et tout ça, c'est à cause de moi… Si seulement je n'avais pas à chercher ce qui ne me regarde pas !
- Chut… Calme-toi… souffla Harry en la prenant dans ses bras.
- J'ai cru que tu allais mourir dans mes bras Harry, j'essayais de faire celle qui savait. Mais tu n'es pas comme moi. Tu as raison, ta situation a l'air très différente que celle dans laquelle j'étais quand maman est morte. Mais moi, je croyais bien faire, alors que j'ai fait tout le contraire, gémit Luna.
- Tu as bien fait Luna, cette situation dure depuis trop longtemps. J'ai appris l'Occlumencie dès que je suis arrivé chez Nico pour essayer de canaliser mon pouvoir, et quand j'ai vu que je pouvais aussi agir sur les souvenirs, je les ai tous mis dans un coin et j'ai créé un véritable bunker autour de tout ça. Ça fait des années que Nico et sa femme, et même Az, Vaness et Jo, attendent que ce foutu bunker s'écroule. A croire que tu me connais mieux que ma propre famille… Tu as su appuyer là où ça faisait mal, et surtout, tu n'as pas lâché. Et même aujourd'hui tu ne lâches rien. Honnêtement, je ne sais pas si je dois te remercier ou te haïr, car je n'arrive même pas à savoir si je me sens bien ou pas. J'ai l'impression d'être dans une espèce de transe bizarre. …
- Mais…
- Mais je te remercie d'avoir pris soin de moi et d'être restée à côté de moi. Crois-moi, tu ne pouvais pas faire plus à ce moment là. Tu as vraiment fait ce qu'il fallait, sourit Harry en l'embrassant sur la tête avant de reprendre avec taquinerie : Et maintenant, tu vas bouger tes grosses fesses avant que tout ne finisse carbonisé et que je ne doive vraiment te payer le resto.
Paniquée, la jeune fille se détacha de lui et retourna aux fourneaux pour arrêter la viande qui commençait à accrocher. Harry mit la table en silence, souriant doucement aux quatre lutins qui arrivaient et qui le regardaient avec inquiétude. Le repas fut tout aussi silencieux, mais cela permit aux deux adolescents de se remettre des évènements des derniers jours. Après le déjeuner, comme promis, Luna se mit à faire ses devoirs, mais elle lâcha rapidement ses livres pour écouter les cours privés d'Harry qui étaient bien plus complets et passionnants. Ils continuèrent à parler des matières magiques sur le chemin de l'hôpital, jusqu'à ce qu'ils croisent le docteur du père de Luna qui les salua chaudement.
- Vous allez bien les enfants ? demanda Mr Lovegood quand ils entrèrent dans la chambre.
- Epuisé et à côté de mes pompes, soupira Harry en se laissant tomber sur le fauteuil, les yeux fermés, pendant que Luna s'asseyait sur le bord du lit de son père afin de lui raconter ce qui s'était passé.
Mais à ce moment-là, le téléphone d'Harry sonna et il s'en empara en grognant avant de voir que l'appelant était son frère.
- SOS amitié en détresse, j'écoute, grogna Harry, faisant pouffer de rire Luna et son père.
- Ouf, c'est moi qui devais être bourré, soupira de soulagement le No Name de l'autre coté.
- Qu'est-ce que tu racontes encore ?
- Harry, de quelle couleur est ton dragon ? demanda Jo avec hésitation.
- Tu veux plutôt savoir de quelle couleur était mon dragon, non ? rétorqua Harry.
- Putain, pourquoi tu m'as pas appelé ?! hurla Jo dans le téléphone.
- Crois-moi, je n'étais pas en mesure de t'appeler, ni de faire quoi que ce soit d'autre, souffla Harry avec un rire ironique, alors que Luna venait s'asseoir sur ses genoux.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ? s'inquiéta Jo, alors que le jeune No Name ressentait l'inquiétude de son frère à travers son dragon que Luna caressait doucement, comme pour l'apaiser.
- On va dire qu'une psy qui a eu son diplôme dans une pochette surprise a tenté une thérapie de choc avec moi, pouffa Harry.
- Hey, murmura Luna, vexée.
- Une thérapie de choc ? ne put s'empêcher de répéter Jo en riant.
- Ouais, à croire que tu es relié télépathiquement à elle pour me faire bouger les fesses ! Niveau délicatesse, vous êtes largement en négatif, grogna Harry.
- Passe la moi Harry, ordonna Jo.
- Non, trancha froidement Harry.
- Bonjour, déclara Luna en attrapant le téléphone sans même faire attention au regard meurtrier d'Harry.
- Bonjour demoiselle, tu peux t'éloigner un peu de la crevette ? demanda Jo.
- Jo, n'oublie pas ta promesse, sinon tu ne me reverras jamais, prévint Harry alors que Luna essayait de se lever des genoux d'Harry qui la maintenait contre lui.
- Si vous parlez doucement, je pense qu'il n'entendra pas, rit Luna qui abandonna son idée d'évasion quand elle vit qu'Harry ne la lâcherait pas.
- Vous vous appelez comment ? essaya Jo avant de grogner quand Harry hurla un Jo retentissant. Bon, je vais devoir faire sans alors. Mais tu es plus jeune, alors je tutoie.
- D'accord, sourit Luna.
- Comment il va ?
- Il est bizarre. Il a l'air d'aller bien, mais il est très étrange, avoua Luna.
- Genre sur un nuage et on se demande s'il va y rester ou s'il va tomber de haut ? demanda Jo.
- A peu prêt ça, souffla Luna pendant qu'Harry levait les yeux au ciel.
- Ses yeux ?
- Je regarde, pouffa Luna en posant son front sur celui d'Harry avant de murmurer : Ses yeux sont beaucoup mieux en vert qu'en bleu, et là-dessus, c'est un idiot.
- Je t'ai pas demandé de faire du gringue à mon petit frère, mais je suppose qu'ils sont normaux, gloussa Jo avant de reprendre avec sérieux. Maintenant, regarde sur son bras droit, il a un énorme dragon comme tatouage. Si tu ne le vois pas, engueule-le pour qu'il fasse tomber son sortilège. Je veux savoir de quelle couleur est ce dragon.
- Il est intégralement bleu. Je lui ai demandé de ne remettre aucun de ses sorts tant qu'il ne sera pas reposé, répondit Luna du tac au tac en faisant grogner Harry qui essaya de rabaisser sa casquette sur son visage pour ne pas qu'on le voit.
- Tous ses sortilèges ? s'étouffa Jo.
- Oui ! Et arrête d'essayer de rentrer ta tête dans cette casquette, ça ne sert à rien, gronda Luna en relevant la casquette. Est-ce que je peux dire qu'Harry est chiant ?
- Quand il sort d'une crise, soit il est chiant, soit il est amorphe, soit il fait des câlins, pouffa Jo.
- Bah là, il est les trois, rit Luna.
- C'est bon, je crois que tu parles trop toi, coupa Harry en récupérant son téléphone et en rabaissant sa casquette pour ne pas que les deux Lovegood voient le rouge qui avait coloré ses joues. Bon, l'idiot de service, tu es content ? Tu as les réponses que tu voulais ?
- Je suis rassuré, mais tant que je ne t'aurais pas vu en chair et en os, je resterai inquiet, tu me connais. Et n'essaye même pas de transplaner jusqu'ici, repose-toi, tu as l'air épuisé, menaça Jo.
- Il a qu'à venir manger à la maison, et j'irai au cinéma pour retourner voir les Avengers, sourit Luna.
- Alors là, il faudra me passer sur le corps pour que tu ailles voir les Avengers sans moi ! Va plutôt voir un de ces trucs débiles pour fillette, s'indigna Harry.
- Je préfère Iron Man, il est le plus beau, il est le plus fort et il est le plus intelligent, pouffa Luna.
- Comme moi en fait, la nargua Harry.
- Tu n'es qu'Harry Stark, tu n'es que la moitié d'un Iron Man, décréta Luna avec taquinerie.
- Outch, elle tape où ça fait mal, rit Jo qui était toujours en ligne. Ne t'inquiète pas Harry, je ne vais pas débarquer, sauf si je ressens à nouveau un problème avec le tatouage. Az m'a dit que tu revenais les quinze jours avant ta rentrée, ça tient toujours ?
- Oui, mais comme je lui ai dis aussi, je reste joignable. Les deux pas vilains vont bien ?
- Attend toi à être réquisitionné, toi qui a osé dire que c'était super simple de garder deux bébés de trois mois, ricana Jo. Tu vas comprendre ta souffrance.
- Tu menaces de les empoisonner et ça les calme. La dernière fois, le vilain, ça l'a calmé direct, et hop, au dodo, pouffa Harry.
- Tu vas finir par te faire électrocuter, soupira Jo avant de reprendre avec panique : Az va balancer un appareil électrique durant ton bain ! On ne traumatise pas ses enfants comme ça !
- Bah leur mère est psy, la thérapie sera pas trop cher, ricana Harry en pouffant devant la tentative pitoyable de son frère pour se dépatouiller.
- Prend soin de toi crevette, et ne la lâche pas, elle a l'air d'être un sacré phénomène, murmura Jo avec un sourire.
- Je n'y compte pas, répondit Harry dans un souffle. On se rappelle bientôt, parce qu'il va falloir que j'arrête mon téléphone. Embrasse tout le monde de ma part.
- Ce sera fait crevette. Et je te dis pas d'embrasser notre chère inconnue, sinon tu vas me tuer, pouffa Jo.
- Tout de suite les grands mots, le pervers… Allez, à plus, trancha Harry en raccrochant, avant de déposer un baiser sur la joue de Luna, surprise, et de lui expliquer avec malice : C'est de la part de mon frère.
- On peut déranger ? demanda le médecin en arrivant avec Isabella qu'il poussait sur un fauteuil.
- Bien sûr, sourit Luna en se levant et en attrapant un paquet de cartes dans son sac. Regarde Bella, on en a trouvé un nouveau. Je suis sûre qu'avec celui-là, je gagnerai à coup sûr.
- Vous lui avez déjà acheté six nouveaux jeux de carte, c'est déjà très gentil, remercia la mère alors que la petite fille regardait ses nouvelles cartes avec entrain.
- Merci Luna, merci Harry, s'enthousiasma la fillette.
- De rien, souffla Luna avant de se tourner vers Harry, étonnée qu'il ne dise rien.
Doucement, elle s'approcha du fauteuil et remonta la casquette que le jeune homme avait baissée pour cacher totalement son visage. Elle la reposa, sans geste brusque, quand elle vit qu'il dormait paisiblement.
- Il aurait dû rester au calme à la maison, soupira le père Lovegood.
- Il est vraiment malade Harry ? demanda Bella avec inquiétude.
- Luna a voulu regarder des films de gonzesse toute la nuit et je n'ai pas pu dormir tranquillement, grogna Harry en baillant.
- Pourquoi tu as des cicatrices sur le visage ? s'étonna la fillette alors que le jeune homme fusillait Luna du regard.
- Bella, ça ne se fait pas de demander ce genre de chose. C'est comme lorsque les gens te demandent pourquoi tu n'as pas de cheveux. Ce n'est pas gentil, sermonna gentiment la maman de la fillette alors qu'Harry lui lançait un regard rempli de reconnaissance.
- En tout cas, je te préfère avec les yeux verts, c'est plus joli, sourit la fillette, faisant rire doucement Luna avec fierté alors que le jeune homme esquissait un micro-sourire.
- Je n'aime pas trop mes yeux verts, c'est pour ça que je mets des lentilles bleues habituellement, déclara Harry.
- Moi je préfère le vert, sourit Bella. On joue aux cartes ?
- Testons ce nouveau jeu qui va me faire gagner, approuva Luna.
- Je te prêterai ma casquette pour qu'on ne voie pas ton visage ravagé par la défaite. Déjà que tu as de grosses fesses, il ne faudrait pas que tu fasses en plus peur aux gens que tu croises, la nargua Harry.
- Ferais-tu vraiment cette fixation dont nous parlions l'autre jour ? rétorqua malicieusement Luna en triant ses cartes en main.
- Doit-on reparler de la salle de bain et de tes mauvaises manières ? souffla Harry avec un petit sourire.
- Je n'ai aucun regret et je ne faisais que vérifier la marchandise, décréta Luna en essayant de rester calme mais qui était trahie par son aura morte de honte.
- Tout comme je ne fais aucune fixation, mais quand on a que ça en vu parce que c'est tellement énorme, ça laisse aucun doute à l'imagination, lâcha froidement Harry avec un rictus agaçant.
- Vous parlez de quoi ? demanda Bella, faisant lever les yeux des deux adolescents qui rougirent devant l'air étonné des parents.
- J'avoue que j'aimerai beaucoup savoir également, souffla le père de Luna avec des yeux perçants.
- Bella, est-ce que tu aurais, dans la famille des Shojo, la carte numéro trois ? demanda Luna en évitant le regard de son père qui ne put que lever les yeux au ciel.
- Pioche, rit la fillette alors que Luna grognait.
- Tu es très difficile à joindre Harry, déclara une voix à l'entrée de la pièce, faisant sursauter celui-ci, qui releva immédiatement la tête comme tous les autres.
- Maitre Ragnok, s'étouffa Harry en reconnaissant le gobelin, mais avec un puissant sort de dissimulation sur lui.
- Je vois que tu es très occupé, ironisa le gobelin. Peux-tu venir avec moi, il faut que nous discutions.
- Déjà des nouvelles ? soupira Harry en se levant et en déposant ses cartes dans la pioche.
- Ce genre d'affaires ne fait jamais long feu en général, ricana le gobelin.
- Je m'absente un moment Luna, ne t'inquiète pas, murmura Harry en déposant un baiser sur la joue de la jeune fille, avant de sortir de la chambre sans même écouter ses protestations. Je suppose que nous devons aller à Gringotts ?
- Je te propose plutôt d'aller dehors et de nous prendre au passage une de ces immondes boissons moldues, grogna le gobelin. Qu'as-tu fais pour que ton énergie magique et corporelle soit si faible ?
- Une bonne crise. Mais si nous parlions plutôt de votre venue ? Deux jours pour un dossier aussi important, c'est court quand même, lâcha Harry en voulant éluder la question de sa crise et du pourquoi elle s'était déclenchée.
- Je ne te cacherai pas que la haine que te porte Dumbledore n'est qu'un peu plus vive, voire fortement plus vive. Il ne s'attendait pas à un coup dans le dos de ta part, sans parler de Junior, ricana méchamment le gobelin, montrant ainsi sa satisfaction face à la situation.
- Dois-je en conclure que tout s'est bien passé et que Luna peut retourner à Poudlard sans crainte ? demanda Harry en s'asseyant sur un banc à l'extérieur.
- Je n'ai jamais vu un No Name s'attacher autant à une sorcière ou à un sorcier, s'étonna le gobelin.
- Honnêtement, je ne comprends pas moi-même, si ça vous rassure, soupira Harry.
- La magie est quelque chose de merveilleux, Harry, pour celui qui la comprend et qui l'utilise avec parcimonie. Et tu es encore loin de comprendre le réel sens de la magie, même si pour un humain, tu es moins ignorant que les autres, se moqua le gobelin.
- Vous savez que je n'ai qu'à vous toucher pour savoir ce que vous êtes en train de me dire ? décréta Harry en approchant sa main du gobelin comme une menace.
Le gobelin s'empara de sa main par pur défi et Harry activa son don, avant de fermer les yeux pour chercher dans ses nouvelles connaissances de quoi le gobelin lui parlait quelques minutes plus tôt.
- Avoir la connaissance n'est pas pareil que connaître, Harry…
- Arrêtez, maitre Ragnok ! A croire que vous êtes la vengeance de la miss je-sais-tout ! Un jour, je comprendrai, et ce jour-là, vous ne vous moquerez plus, grogna Harry qui n'aimait pas être le voleur volé.
- Il faut laisser le temps au temps. Tu es trop jeune pour comprendre certaines choses Harry. Pas par manque d'intelligence, mais seulement par manque d'expérience, rassura le gobelin avec un rire guttural en lui tapotant l'épaule. Mais je ne crois pas être venu ici pour te parler de tes rapports mystérieux avec Miss Lovegood. Il n'y aura pas de procès pour tes plaintes.
- Comme je suis surpris, soupira Harry en allongeant ses jambes devant lui. Laissez-moi deviner, Dumbledore a étouffé tout ce qu'il pouvait ?
- Oui et non. Dès le moment où les plaintes ont été déposées, il a fallu moins de vingt minutes au conseil d'administration, au ministre, à Dumbledore, et à ses fidèles, pour être au courant et se mettre en branle-bas de combat. Deux heures après ta plainte, nous avions, dans une salle de Gringotts, toutes les personnes que je viens de te nommer. Potter a hurlé à l'infamie et à la discréditation par pure jalousie. Dumbledore a été plus intelligent car il savait que si vous attaquiez, vous aviez les cartes en mains. Alors il a attendu de voir les accusations avant de parler.
- Je suis devenu un pro du jeu des sept familles, c'est pour ça, pouffa Harry. Seul Bella me résiste, mais je l'aurai à l'usure, et Dumbledore ne me fait pas peur.
- Et je crois que tu as eu Dumbledore à l'usure aussi. Il n'a rien pu étouffer du tout : concernant Poudlard, le Ministre et le conseil d'administration ont une autorité supérieure à la sienne s'ils s'unissent. D'ailleurs, le Ministre était ravi de pouvoir lui faire du tort et nous a bien aidés. Ce que tu as à retenir est que tous les dommages et intérêts te concernant ont été versés, et je dis bien tous les dommages et intérêts exorbitants qu'on avait fixés, ce qui fait de toi la deuxième plus grosse fortune d'Angleterre, si l'on tient compte de tes deux comptes en banque.
- Vous savez bien que je n'ai pas fait ça pour l'argent, grogna Harry qui savait que le gobelin jouait avec ses nerfs en lui parlant de tout, sauf de ce qu'il voulait entendre.
- Magiquement parlant, Dumbledore est toujours responsable de l'école, et on ne peut rien y faire. Seul le lien qui relie le château au directeur peut décider quand celui-ci doit disparaître. Et pour je ne sais quelle raison, ce lien ne s'est pas brisé, même si à priori, Dumbledore a brisé plus d'une règle. D'un autre côté, le conseil d'administration et le Ministre ont décrété que toutes les fonctions qu'il occupait l'avaient fortement gêné dans la gestion de l'école et l'avaient poussé à prendre de mauvaises décisions. Il a donc été obligé de prendre une année sabbatique, loin de Poudlard. La direction va être partagée entre le conseil d'administration et le Ministre.
- Et ça n'a pas l'air d'être très encourageant, vu comment vous en parlez, coupa Harry avec perplexité.
- Le ministre veut absolument remonter la réputation de Poudlard. Il a décidé de choisir lui-même le futur professeur de DCFM malgré les mises en gardes des Défenseurs et du conseil d'administration. Je regrette que tu ne sois plus là-bas l'année prochaine, car votre rencontre aurait été épique, ricana méchamment le gobelin.
- Mauvais pour moi ou pour lui ?
- Pour lui je pense.
- Qui est-ce ?
- Gilderoy Lockhart, annonça le gobelin.
- L'espèce de bellâtre qui écrit des livres pour enfants ? s'étonna Harry. Il faut vraiment être con pour croire ce qu'il écrit dans ses bouquins. Et vous me dites que c'est lui le prochain professeur ?
- A priori, approuva le gobelin.
- Mieux vaut un incompétent qu'un danger ambulant avec Voldemort accroché derrière la tête, soupira Harry en se relevant. J'espère simplement que son incompétence ne créera pas de problèmes.
- Les Défenseurs vont essayer de superviser tout ça, mais le Ministre leur met des bâtons dans les roues concernant Lockhart. Selon lui, il faut laisser un spécialiste enseigner cette matière ! gronda le gobelin.
- Comme si les Défenseurs n'étaient pas des spécialistes. Adam ne mettrait même pas cinq minutes avant d'envoyer Potter et Lockhart contre un mur, et tout ça les yeux fermés, gémit Harry.
- Il ne te reste plus qu'à prier que l'année se passe bien pour ta chère amie. Tu peux toujours l'emmener avec toi sinon, taquina le Gobelin en lui tendant une grande enveloppe avant de disparaiîre.
- Si ça tourne au vinaigre, c'est ce que je ferai, qu'elle le veuille ou non, pensa Harry avant de soupirer tout en rentrant dans l'hôpital pour rejoindre la chambre d'où s'échappaient des rires et des grognements.
- Ma proposition pour ma casquette tient toujours la grosse, taquina Harry en voyant Luna bouder devant l'air de vainqueur de la petite patiente.
- Harry ça va ? s'inquiéta immédiatement la jeune femme, en prenant le bras du jeune homme où se trouvait son tatouage qui avait légèrement rougi suite à l'utilisation de son don. On va rentrer, il faut que tu te reposes…
- Pour l'amour du ciel, ferme–la, tu vas accentuer mon mal de tête, gémit Harry. Je vais rentrer me reposer, toi tu peux rester ici. De toute manière, j'ai quelques papiers dont il faut que je m'occupe.
- Mais c'est quoi tous ces papiers à la fin ? Depuis que tu es là, tu ne fais que ça ! cria Luna.
- C'est toi qui veux retourner dans cette école de merde, Luna. C'est toi et toi seule, et tu sais très bien que ni ton père ni moi ne voulons que tu y mettes un pied tant que Dumbledore en sera le directeur. Et ce n'est pas trois crachats de cybelines sur sa misérable tronche qui vont le faire sauter de son poste, grogna Harry.
- Tu t'es encore rendu malade pour Dumbledore, souffla Luna.
- Je me suis rendu malade pour toi, espèce d'idiote. Dumbledore, je m'en fous, mais estime-toi heureuse, dans dix jours, tu retrouves tes demeurés qui te servent d'amis et qui n'ont pas tenté de prendre une seule fois de tes nouvelles depuis fin juin. Mais je te préviens Luna Lovegood, au moindre pet de travers de ces cons ou de quiconque, tu dégages de cette école, menaça froidement Harry, ne remarquant pas l'air surpris de Bella et de sa maman alors que Mr Lovegood souriait doucement.
- Dumbledore est enfin hors circuit ? demanda le journaliste.
- Un an seulement, et l'année prochaine il faudra improviser je pense, soupira Harry en détournant son regard du visage décomposé de Luna. Maintenant, je vais rentrer et me coucher, je suis mort. Et si demain c'est pareil, je dors aussi. Alors à dans trois jours tout le monde.
- Bye bye Harry, salua Bella avec un petit sourire et un geste de la main alors qu'il sortait de la pièce.
- Ma petite fée, je peux savoir pourquoi tu restes plantée devant mon lit au lieu de lui courir après ? rit Xenophilius.
- Prend soin de toi papa, se réveilla immédiatement l'ado en embrassant son père, avant de courir hors de la chambre pour rejoindre Harry qui sortait de l'hôpital, l'attrapant fortement par la main.
- Ah l'amour, pouffa Xenophilius.
- Et ça ne vous dérange pas de les laisser tous les deux vivre ensemble comme ça ? s'étonna la mère de Bella.
- Benêts comme ils sont, j'ai encore quelques années avant de m'inquiéter, rit le père de famille. Bon, ma petite Bella, maintenant explique-moi ta drôle de magie pour gagner à chaque fois.
- C'est un secret, sourit la petite fille.
- Je suis désolée Harry, murmura Luna en s'asseyant à coté de lui dans le canapé, parlant pour la première fois depuis qu'elle l'avait rattrapé.
- Arrête de t'excuser depuis ce matin, je prends mes propres décisions, tout comme toi tu prends les tiennes, c'est tout, soupira Harry en ouvrant la pochette de Gringotts.
Il grogna et tendit la liste de fournitures scolaires qui lui était adressée à Luna.
- Il va aussi falloir qu'on aille acheter tes fournitures.
- Pourquoi je dois acheter tous les livres de Lockhart ? s'étonna Luna.
- Ça va être votre nouveau professeur de Défense, donc je vais devoir te faire des cours de Défense par correspondance cette année, si tu ne veux pas perdre ton niveau, expliqua Harry en lisant les compte-rendus des entretiens avec les accusés, et les nouveaux états de ses comptes.
- Ah ouais, il n'abusait pas le fou, pensa Harry en voyant les montants exorbitants qu'il venait de toucher. Je pense que les 999 999 Gallions en moins doivent faire mal au compte en banque de Potter. Bah au moins, je lui ai fait cadeau du millionième Gallion.
- Bon la grosse, je vais me coucher alors peut-être à tout à l'heure, sinon à demain, bailla le jeune homme en faisant disparaître ses papiers vers un lieu sûr alors qu'il allait dans la chambre.
Grimaçant, il fit disparaître le sang séché qui traînait sur le sol et sur le mur, et sans même prendre la peine de se changer, il s'allongea confortablement sur le lit. Il ne sentit même pas le plaid que Luna vint déposer sur lui afin qu'il ne prenne pas froid.
- Merci Harry, merci pour tout, murmura la jeune fille en déposant un baiser sur sa joue avant de refermer la porte de la chambre avec précaution, sans même voir l'air grognon et désespéré de la cybeline de Harry.
- Je peux savoir pourquoi tu es avachie sur le canapé à une heure du matin en train de te gaver de chocolat ? taquina Harry en sortant de la chambre.
- Je n'arrive pas à faire ce sort ! grogna Luna en levant un livre devant elle.
- Ta magie est trop instable pour le Patronus, bailla Harry en regardant la couverture du livre qu'il avait pris en main. Ce livre est un bon livre, il te sera plus utile que les stupides bouquins de Lockhart.
- C'est pas drôle ! J'en ai réussi quelques uns quand même ! déclara la jeune fille avec fierté.
- Tu as de très bonnes bases en magie Luna, et le fait de savoir en plus la gérer avec ta propre énergie te donne une avance considérable sur beaucoup de tes camarades. J'ai un truc plus sympa à t'apprendre que ce stupide Patronus compliqué, qui ne sert pas à grand-chose à part envoyer des messages à des gens rapidement.
- Mais les Détraqueurs ? C'est pas le seul moyen de se battre contre eux ? bafouilla Luna.
- Bien sûr que non. Le Patronus, c'est le moyen direct et facile, et souvent inutile. Et tu ne te bats pas avec eux, tu les repousses. Les moyens indirects sont bien plus sympas et efficaces, mais le ministère les a rangés dans la boîte noire des sorts interdits car il ne veut pas que le sorcier bas de gamme ou les prisonniers d'Azkaban puissent se débarrasser de leurs geôliers aussi facilement. Alors au lieu de perdre ton temps, viens dormir, ordonna Harry en continuant sa crise de bâillement.
- C'est quoi ce truc plus sympa que tu veux m'apprendre ? Je ne suis pas fatiguée, sourit Luna.
Harry l'attrapa dans ses bras en grognant, la souleva et alla la balancer sur le lit avant de s'allonger également alors qu'elle riait doucement.
- Mais tu vas te taire ! Y'en a qui veulent dormir ! gémit Harry en tournant la tête pour la regarder.
- On est mieux dans un lit que par terre, pouffa la jeune fille.
- Alors si tu ne veux pas dormir par terre, tais-toi et dors, ordonna Harry.
Cela n'eut pour seul effet que de faire rire un peu plus Luna. Alors avec un sourire sadique, le jeune homme la poussa hors du lit, faisant immédiatement cesser son rire. Et lorsqu'elle se retrouva par terre, il lui fallut quelques secondes pour prendre conscience qu'Harry l'avait bel et bien poussé hors du lit.
Elle se redressa rapidement et se jeta sur lui pour lui faire des chatouilles, ce qui déclencha une mini guerre mondiale dans la chambre, chacun riant et essayant de chatouiller l'autre. Si bien qu'au bout de vingt minutes, ils étaient tous les deux sur le lit, morts de rire, en train d'essayer de reprendre leur souffle. Et c'est tout naturellement qu'ils finirent par s'endormir, non pas l'un sur l'autre comme depuis quelques temps, mais l'un en face de l'autre, leurs mains étroitement liées et leurs visages séparés par quelques malheureux centimètres.
Ces quelques malheureux centimètres énervèrent d'ailleurs au plus haut point la cybeline d'Harry qui tenta désespérément de pousser la tête de Luna. Et il fallut l'arrivée du vieux lutin amusé pour que la tête de Luna bouge enfin, faisant se toucher le nez des deux ados. La petite cybeline leva les pouces en signe de victoire, tout en faisant un clin d'œil au lutin mort de rire, avant d'aller se poser sur le bureau où dormaient déjà toutes ses consœurs.
Le lendemain, c'est un Harry perturbé de s'être réveillé aussi prêt de Luna qui alla prendre sa douche et préparer le petit déjeuner. Luna le rejoignit rapidement dans la cuisine, les yeux encore fermés, suivant la bonne odeur de nourriture. Cette vision arracha un sourire à Harry. Ils coururent pendant plus d'une heure sans même échanger un mot, profitant simplement du silence et de la présence de l'autre. En rentrant, Harry lui expliqua que la veille, il avait épongé un des plus puissants gobelins, ce qui mit la jeune fille en colère. Elle passa prêt de dix minutes à lui crier dessus, face à sa stupidité et son inconscience, avant de se taire aussi rapidement quand il lui déclara :
- Je suppose qu'apprendre à te cloner toi-même ne t'intéresse pas alors ? la nargua Harry.
- Mais je ne suis pas une No Name, bafouilla Luna, un air perdu sur le visage.
- Cela n'a pas l'air d'être le même genre de clonage que Jared ou moi, mais à priori, ça te permet de créer un clone de toi. C'est un vieux système qu'utilisent les plus hauts gobelins pour créer ce qu'ils appellent des « ombres protectrices ». Si quelque chose arrive à ce clone, rien ne t'arrivera à toi. Ils ont beaucoup utilisé ça lors des révoltes gobelines. Enfin, c'est un secret… Mais c'est pour ça que les sorciers n'arrivaient pas à les vaincre, car en fait, ils ne tuaient que des clones. Et certains des grands gobelins qu'ils croient avoir tué sont encore de ce monde et œuvrent dans l'ombre. A priori, il y a un accord qui les lie aux conclaves des archivistes. J'aurais peut être dû accepter d'intégrer leur rang pour apprendre tout ça...
- Le monde magique va te manquer un peu quand même ?
- J'aime me passionner pour de nouvelles choses Luna, et le monde magique est plein de choses magnifiques. Rien qu'en discutant avec les autres maîtres lors de la préparation des examens, j'ai appris des milliers de choses. Je n'avais même pas envie de les éponger tu sais. Mais la mentalité de trop de gens me dérange, alors oui, le monde magique va me manquer, mais les sorciers non… Enfin, à quelques exceptions près… murmura Harry, arrachant un sourire à Luna. Allez, au boulot la flemmarde ! Je ne serai plus là pour couvrir tes grosses fesses quand tu feras des escapades nocturnes !
- Elles vont te manquer mes grosses fesses de toute manière, grogna Luna en s'asseyant au sol pendant qu'Harry souriait malicieusement.
- Peut-être… ou pas ! taquina Harry avant de s'asseoir en face d'elle pour se mettre au travail, comme d'habitude.
