Coucou tout le monde !
Et oui je vous l'avais promis je poste avant la fin de l'année ! ça va j'étais large j'avais jusqu'à minuit ce soir pour poster. J'espère que vous avez tous passé un excellent Noel et que vous vous apprêtez à réveillonner comme il se doit ce soir ^^.
Je sais que ça ne se fait pas mais je vous souhaite d'or et déjà une excellente année 2016 avec plein de bonnes choses pour chacun d'en vous (même si la santé reste le principal je pense).
Merci à tous les lecteurs de votre assiduité et aussi à tous les reviewers. Vos petits messages me font toujours énormément plaisir et me motive à fond pour avancer (et dieu que c'est dur et que j'en ai besoin en ce moment je suis pas mal bloquée par l'histoire snif snif)
Voici les RAR des anonymes.
Faenlgiec : Coucou ! et oui les choses avancent entre les deux mais bon qui sait ce que l'avenir leur réserve ^^ ? merci pour la review. Bonne fin d'année a++
Shailaw : Coucou ! ne t'inquiète pas je ne suis pas du tout motiver pour m'arrêter lol. Merci pour la review. Bon réveillon du jour de l'an ! a++
Moii : Coucou, merci pour la review. Bonnes fêtes de fin d'année. A++
Marie-Jose : Coucou ! les reviews permettent aux auteurs d'avoir le ressenti des lecteurs par rapport à ce qu'ils écrivent. C'est pour ça qu'on est un peu casse-bonbons avec ça lol. En tout cas merci beaucoup pour m'en laisser. J'espère que tu passes de bonnes fêtes. A++
Tetel : Coucou ! et oui mon rythme de parution est pas du tout régulier mais je fais selon mon inspiration et surtout ma disponibilité car j'ai pas mal de taff en ce moment au boulot (et je vais pas me plaindre quand même de travailler lol). Merci beaucoup pour la review. Bonnes fêtes. A++
Chotsala : Coucou ! je ne sais pas si j'arrive à alléger la maladie. Mon grand-père avait un cancer mais ce n'était pas du tout le même cas. Je parle en inventant et j'espère ne pas choquer ceux qui vivent réellement cette expérience. De toute façon on ne peut pas comprendre la douleur des gens dans ce cas. Donc merci beaucoup pour être présent à chaque chapitre. A bientôt en espérant que tu passes de bonnes fêtes de fin d'année. A++
Yzeute : Coucou ^^ ! j'aime toujours avoir de nouveaux avis sur la fic. Mais qu'entends-tu par assez hard ? parce là pour le moment il se passe pas grands chose -_-'. A bientôt pour la suite, merci pour la review. Passe un bon reveillon. A++
Huguette : Coucou, bon je te souhaite une joyeuse pâques alors si tu décides de sauter encore quelques mois pour lire XD. Merci beaucoup pour la review. A++
Allez je vous embête pas plus. Merci à mes deux Betas que j'embête beaucoup.
Faites bien la fiesta, buvez bien (et si vous buvez vous restez crécher ou vous êtes !), mangez bien et à l'année prochaine.
Bzou
Mili qui part au travail pour finir qu'à 18h (youhou vive les inventaires le 31 l'après midi avec un entrepot qui dégueule de partout -_-')
39 : Où sonne l'heure des séparations…
- Docteur, vous êtes sûr que ça ne craint rien ? redemanda Luna pour la énième fois.
- Luna, votre père veut simplement vous accompagner à la gare. Il m'a promis qu'il ne ferait pas d'efforts inutiles, qu'il ne porterait rien, et qu'il ne ferait rien qui pourrait le conduire à se sentir mal. Alors allez prendre votre train, et profitez de votre nouvelle année scolaire, la rassura le médecin.
- S'il y a un problème…
- Je vous appelle, et j'appelle Harry si je ne parviens pas à vous joindre, récita l'homme, clairement amusé devant ce mini bout de femme, plus inquiète et mère poule que la plupart des personnes qu'il connaissait.
- Bon la grosse, le taxi ne va pas nous attendre éternellement. Si tu souhaitais à ce point louper la rentrée, il fallait le dire avant et on se serait donné moins de mal avec ton père, railla Harry en poussant le fauteuil sur lequel se trouvait Mr Lovegood en direction du taxi.
- Docteur, je vous fais confiance, prenez bien soin de papa. Bella, prend bien soin de toi. Je repasserai te voir quand je viendrai voir papa dans quelques semaines. Et je vais m'entraîner, je ne perdrai plus ! s'enthousiasma Luna en embrassant la fillette. Toi aussi, veille bien sur mon papa s'il te plaît.
- A bientôt Luna, sourit la fillette alors que la sorcière se mettait à courir pour rejoindre le taxi où son père était déjà installé, pendant qu'Harry allait rendre la chaise.
Le trajet jusqu'à la gare se passa dans un silence reposant, et malheureusement, il fut également trop court au goût des passagers. Luna aida son père à sortir de la voiture pendant qu'Harry entassait ses affaires sur un chariot, puis paya rapidement le taxi qui partit au quart de tour.
- Franchement Luna, tu vas finir par me rendre dingue avec tes idées à la con, souffla Harry vérifiant que sa casquette était bien en place tout en se lançant un léger charme d'hypnose pour faire en sorte que quiconque le regardant oublie son visage immédiatement.
- Ça va papa ? demanda la collégienne en regardant son père.
- Fais comme si je n'existais pas en plus, gronda Harry.
- Tu disais Harry ? pouffa Luna en se retournant pour le regarder alors qu'il poussait le chariot.
Grognant, le jeune homme les dépassa et fonça dans le fameux mur entre les quais 9 et 10 pour apparaitre sur le quai 9 ¾ complètement bondé, à sa plus grande joie. Il attendit calmement Luna et son père, qui devait se déplacer doucement vu son état de faiblesse.
- Par Merlin ! Mr Lovegood ! cria une voix dans la foule quand l'homme apparut.
- Luna, prends ton chariot, je reste à coté de ton père, on ne sait jamais, ordonna Harry quand il vit le couple Weasley se diriger vers eux, suivi de leur ribambelle d'enfants, dont deux des amis de Luna.
- Molly, Arthur, comment allez-vous ? sourit le convalescent avec un aplomb et une tenue qui étonna Harry.
- Et bien, on dirait même pas qu'il est malade comme ça, pensa Harry avec un petit sourire mauvais.
- Mais Xenophilius, où étiez-vous passé pendant deux mois ? On vous croyait mort ! cria à moitié Molly.
- Hep là, vous allez baisser d'un ton ! C'est vous qui allez faire mourir ou rendre sourd tous les pauvres gens dans cette gare, coupa narquoisement Harry. A moins bien sûr que vous ne vouliez qu'on parle de votre entrée par effraction dans la demeure principale ?
- Harry ? demanda Fred avec hésitation.
- Qu'est-ce que tu racontes toi ? fit mine de s'étonner Harry.
- C'était un de nos anciens camarades, expliqua Luna pour rentrer dans le jeu. Tu sais, je t'ai parlé de lui, celui qui faisait les potions et qui m'a sauvé la vie.
- Ah oui, celui qui s'est barré du monde magique ? rétorqua Harry avant de regarder l'heure. Bon la grosse, il faut qu'on emmène tout ton merdier dans le train de Oui-Oui.
- C'est pas le train de Oui-Oui, grogna la fillette.
- Donc tu avoues enfin avoir des grosses fesses, pouffa Harry.
- Et donc tu avoues enfin faire une fixation dessus, murmura Luna en mettant son front sur le sien.
- Peut-être … ou pas, la nargua le jeune homme.
- C'est ton petit ami Luna ? s'enthousiasma Ginny avec un regard rêveur.
- Et c'est reparti, pouffa Xenophilius.
- Mais ça va pas ! hurlèrent en cœur Harry et Luna en faisant sursauter la pauvre rouquine.
- Et si nous allions plus prêt du train, coupa le père de famille avant que les deux ados ne se remettent à se hurler dessus.
- Il a raison, le train va bientôt partir, approuva Percy Weasley avec un air pompeux qui énerva Harry au plus haut point, alors que Luna le poussait gentiment pour le taquiner.
- Ron ! Ginny ! Luna ! hurla une voix parfaitement audible malgré le monde présent sur le quai.
- Génial, il manquait plus que lui… murmura Harry en portant la malle de Luna dans le train, pour la mettre dans le même compartiment que celles des jumeaux.
- Qui c'est lui ? demanda Altaïr Potter en le voyant descendre du train.
Ignorant son ex-frère, il s'approcha de Luna qui se jeta dans ses bras en sanglotant doucement, tandis que Xenophilius lui caressait tendrement les cheveux.
- Luna, le train va partir, déclara Ginny, mal à l'aise.
- Luna, monte dans ce train sinon je te garde avec moi, murmura Harry en l'embrassant sur la tête.
Voyant que la jeune fille ne se décrochait pas de lui, il gémit, sachant qu'il ne devait pas écouter la petite voix au fond de lui qui lui disait qu'elle serait mieux aux USA avec lui. Alors il la souleva rapidement et monta dans le train pour la déposer dans le compartiment où se trouvaient ses amis.
- Je ne disparais pas. S'il y a un problème, tu te barres de là-bas et tu me rejoins, mais vis d'abord comme toi tu as envie Luna. A bientôt, murmura Harry en l'embrassant sur la joue avant de sauter du train qui s'était mis en marche.
- Ça va aller ? demanda Xenophilius.
- Pourquoi ça n'irait pas ? rétorqua froidement Harry en passant une main sur son cœur qui le démangeait. On ferait mieux de s'éloigner, toute cette fumée n'est pas bonne pour ce que vous avez.
- Tu sais, tu as le droit de dire qu'elle va te manquer, murmura l'homme avant de se taire en voyant l'air froid et imperturbable du garçon.
Seule son aura laissait transparaître à quel point il était profondément touché par le départ de Luna.
- Xenophilius, que se passe-t-il ? Nous avons reçu de mauvaises nouvelles te concernant, déclara le père Weasley, accompagné de sa femme et des Potter.
- De mon côté, j'ai appris que vous étiez entrés dans notre maison par effraction, rétorqua le journaliste.
- Venez, partons. On a encore beaucoup de choses à faire maintenant qu'on s'est débarrassé des grosses fesses de Luna, coupa Harry alors que la mère Weasley s'apprêtait à parler.
- Tu sais que tu arrives vraiment à la faire douter avec tes bêtises ? L'autre jour, elle a même demandé à Isabella si elle la trouvait vraiment si grosse que ça, sermonna gentiment le père de famille.
- C'est ça qui est drôle, pouffa Harry. Mais ne vous inquiétez pas, le jour où elle le prendra réellement au sérieux, je la taclerai sur autre chose.
- Par Merlin, qu'ai-je fait ? soupira Xenophilius, qui arborait quand même un petit sourire.
- Je vous avais prévenu, sourit doucement Harry avant de se crisper en voyant l'air calme et serein de Lily Potter.
- Putain, elle m'énerve avec son sourire à la con, elle ! pensa Harry.
- Hep, tu es avec nous ? demanda Xenophilius en passant sa main devant ses yeux.
- Elle craint votre école de merde où les téléphones ne passent pas, lâcha Harry en guettant la réaction de la Potter, qui s'approcha avec intérêt.
- Tu lui enverras des hiboux, taquina le journaliste.
- Pfuu… Le temps que le hibou arrive, la crasse que je lui réserve ne sera plus d'actualité, et j'en aurai déjà deux autres en préparation, pouffa Harry.
- Ma pauvre petite fée, soupira Xenophilius.
- Le ministère fait des recherches afin que la technologie moldue puisse fonctionner à Poudlard, intervint fièrement Lily Potter.
- Il faudrait que je retrouve ce type qui avait réussi à faire fonctionner ses appareils à Poudlard, lâcha Harry en ignorant volontaire son ex-mère.
- Ce petit imbécile refusera de vous dire comment il fait, grogna la Potter.
- Si un imbécile arrive à faire ça, qu'êtes-vous, vous qui n'arrivez pas à le faire ? Une ratée ? demanda Harry avec un sadisme bien visible, faisant pouffer le père de Luna et sa petite cybeline qui suivait le duel verbal en se tapant dans les mains comme une bienheureuse.
- Je ne sais pas qui vous êtes, je m'en fous ! Mais avant d'insulter les gens plus intelligents que vous, essayez de remonter le niveau chez votre fils en lui apprenant autre chose que son « qui c'est, lui ? ». Mais que voulez-vous, les chiens ne font pas des chats.
- Comment oses-tu parler à ma femme comme ça ? s'insurgea James Potter.
- Mr Lovegood, je crois qu'il est vraiment temps pour nous de partir avant que je ne décide d'aller chercher Luna pour l'emmener avec moi, décréta Harry en ignorant son géniteur.
- Allez, amoureux transi, allons-y, taquina le convalescent.
- Débrouillez-vous tout seul, grogna Harry en lui décochant un regard noir avant de tourner les talons pour s'éloigner rapidement.
- Je rigolais voyons, pouffa l'homme en saluant les parents des « amis » de sa fille d'un geste de la main, avant de rejoindre un Harry grognon qui s'était immobilisé plus loin. Allez, je te taquine. Toi qui es toujours maître de tes émotions, tu démarres au quart de tour quand il s'agit de ma fille, c'est vraiment trop drôle.
- Je. Ne. Suis. Pas. Amoureux. De. Votre. Fille ! répéta Harry en prenant le soin de détacher chaque mot.
- Pourquoi aimes-tu à ce point te moquer de ses fesses, Harry ? demanda le père de Luna en sortant de la gare alors que le jeune homme haussait les épaules.
- Tu fais ça car à tous les coups, elle part au quart de tour, exactement comme toi quand on te dit que tu es amoureux d'elle, reprit-il. Qu'il est dur d'être l'arroseur arrosé, n'est-ce pas ?
- Montez dans le taxi, vieux fou, grogna Harry en prenant place de l'autre côté alors que Mr Lovegood éclatait de rire.
Le trajet jusqu'à l'hôpital se passa dans un silence grincheux pour Harry et moqueur pour le père de la jeune sorcière, et cela ne fit qu'augmenter l'agacement du No Name. Ils arrivèrent assez rapidement à l'hôpital, et le jeune homme aida immédiatement le père de son « amie » à s'installer sur une chaise roulante.
- Tu vas bouder jusqu'à ton départ ? pouffa l'homme en s'asseyant avec difficulté.
- Non je vais attendre d'être au troisième étage et je vais pousser la chaise dans les escaliers pour voir si vous savez rebondir, grogna Harry.
- Et comme ça, Luna reviendra en catastrophe. Tu es un petit futé, rit le malade en arrachant un petit rire à Harry qui n'avait même pas pensé à ça.
- Vous êtes vraiment aussi fêlé qu'elle ! souffla le jeune homme.
- Mais au moins, tu ne boudes plus ! affirma l'homme.
- Vous êtes quand même une drôle d'espèce, les Lovegood, décréta Harry en rentrant dans la chambre de l'homme.
- Ah ! La maman de Bella a pu récupérer ce que je lui avais demandé, s'enthousiasma le malade en voyant un sac en plastique sur la table de chevet.
- Vous n'en avez pas marre de faire faire vos sales besognes aux autres, soupira Harry en se laissant tomber sur le fauteuil.
- Luna sera toujours entourée à Poudlard, même si tu n'aimes pas ses amis. Mais toi, tu seras seul dans ton école, et assez loin de ta famille si j'ai bien compris, lâcha l'homme en tirant un cadre du sac pour le regarder avec un petit sourire, avant de le lancer à Harry. Alors je pense qu'il faut que tu réalises que tu n'es pas seul.
Le jeune No Name regarda le cadre, et sans même s'en rendre compte, un doux sourire vint orner ses lèvres quand il vit sur la photo figée en noir et blanc. Luna et lui étaient dans ce même fauteuil où il était actuellement assis, en train de dormir, un sourire serein sur les lèvres.
- Vous êtes fier de vous, grogna Harry en voyant l'homme avec un petit sourire. Vous êtes vraiment un journaliste… Saleté !
- Alors votre fille a bien pris son train Mr Lovegood ? demanda le médecin en arrivant dans la chambre.
- Et oui, ma petite fée est partie, souffla le convalescent.
- Pas de problème à noter ?
- Mis à part l'essoufflement et les cicatrices qui tiraient, je n'ai pas eu de problème.
- C'est une bonne nouvelle, ça veut dire qu'on va pouvoir commencer la chimio d'ici quelques jours, sourit l'homme. Et toi Harry, tu vas à l'école à Londres ? Je suis surpris que tu n'ailles pas au même endroit que ta cousine.
- Vous savez aussi bien que moi que Luna n'est pas ma cousine, trancha Harry en levant les yeux vers le médecin. Je vais au MIT à Boston. Je commence dans une quinzaine de jours.
- Mais… tu… bafouilla le médecin.
- On va dire que je ne suis pas idiot, décréta le jeune No Name en faisant pouffer de rire le père de Luna. D'ailleurs Mr Lovegood, je vais aussi rentrer un peu chez moi, j'ai pas mal de trucs à faire. Vous arriverez à rester tout seul ?
- Je ne suis plus un petit enfant Harry, rit le convalescent avant de reprendre sérieusement. Je ne te remercierai jamais assez d'être resté avec nous et d'avoir veillé sur ma petite fée.
- Si vous avez des problèmes, n'hésitez pas à m'appeler, peu importe l'heure et le décalage horaire, sourit doucement le jeune homme en regardant la photo qu'il avait toujours dans la main, avant de lever les yeux vers le médecin qui semblait toujours sous le choc. Si jamais il y a un souci et que vous ne pouvez pas me joindre sur mon portable, n'hésitez pas à appeler au MIT et dites leur de me prévenir. Harry Nonamous, première année en double cursus physique et génie mécanique. De toute façon, dites le gosse de 12 ans et ils sauront rapidement qui je suis.
- Euh… Oui… approuva l'homme qui n'en revenait toujours pas.
- Par contre, si des gens bizarres viennent à l'hôpital pour voir Mr Lovegood, ne parlez pas de moi. Et si quelqu'un parle de moi, essayez de cacher qui je suis. Je ne suis pas vraiment apprécié dans le cercle « d'amis » de la famille Lovegood, finit le jeune homme.
- D'accord, souffla l'homme avant de regarder son bipper qui sonnait. Je dois y aller. A plus tard Mr Lovegood. Reposez-vous bien, vous avez déjà beaucoup forcé pour aujourd'hui. Et bonne continuation pour tes études Harry. A bientôt je pense ?
- Oui, vous me verrez souvent dans le coin je pense, sourit le jeune garçon alors que le médecin sortait de la chambre d'un pas rapide.
- Tu as encore changé de nom de famille Harry ? s'étonna le patient.
- Ouais, c'est plus ou moins ça, grogna Harry. Bon, je vais y aller. Si vous vous ennuyez trop, faites-le moi savoir et j'essayerai de vous amener de quoi vous occupez.
- Ce ne sera pas la peine, je vais rédiger tranquillement un nouveau numéro du Chicaneur. A mon rythme, sans me presser. Les lecteurs sont habitués à des rythmes de parution assez étranges, donc cela ne posera pas de problèmes.
- Et comment allez-vous connaitre les dernières actualités ? le nargua le jeune homme, malgré tout surpris.
- Maintenant que ma vision céleste s'est réenclenchée correctement, tu sais aussi bien que moi que je peux avoir des centaines d'espions invisibles. Et je ne te cacherai pas que vos quatre amis des Plaines de Farseuilles se sont montrés très enthousiastes à l'idée de devenir journalistes.
- Voilà où ils étaient passés, ces squatteurs, pouffa le jeune homme. Si vous avez besoin d'un coup de main pour des articles, dites-moi.
- Tu es un champion en Histoire et en Potions, alors épate-moi, rit le convalescent. Et pas un mot à ma petite fée, sinon je vais encore me faire gronder.
- Elle recevra un exemplaire de toute façon, lâcha le No Name.
- On verra à ce moment-là, mais pour le moment, elle s'inquiète déjà bien assez sans ça, souffla Xenophilius.
- Je vous ferai parvenir mon premier article avant ma rentrée, rit Harry en se levant, se sentant étonnamment impatient. Je vais y aller. Vous avez bien nos numéros de téléphone et tout ce qu'il vous faut pour être tranquille ?
- Prends soin de toi Harry, et ne t'inquiète pas pour moi. Et j'attends un article de très grande qualité pour tes débuts en tant que journaliste ! rajouta l'homme en pouffant.
- J'ai plein d'idées, gloussa le jeune homme avant de transplanner en faisant un signe d'adieu au père de son amie.
Il réapparut dans son appartement de Boston et se dirigea vers sa chambre. Il s'installa devant son ordinateur fixe pour scanner la photo et la transférer sur son téléphone, avant de déposer le cadre sur sa table de chevet. Il ne savait même pas pourquoi il faisait ça, mais il voulait garder avec lui une preuve que ce mois avec Luna avait bien existé et n'était pas issu de son cerveau tourmenté. Et puis il ne pouvait pas garder le cadre dans sa chambre à Los Angeles avec tous les curieux qu'il y avait dans la maison. Voyant qu'il était encore trop tôt pour rentrer voir le reste de sa famille sans réveiller tout le monde, il attrapa quelques livres d'Histoire sorcière et alla s'installer à la table basse dans le salon.
- Bon alors, de quoi peut-on parler dans ce premier article ? réfléchit le jeune homme en regardant plusieurs vieux récits oubliés. Il faudrait que j'arrive à plomber Poudlard et les sorciers anglais, et que cela passe comme un article habituel. Ou alors il faudrait que je m'attaque à Poudlard et au Ministère en même temps.
Pouffant doucement, le jeune garçon retourna dans sa chambre et attrapa les livres de Gilderoy Lockhart qu'il avait acheté en même temps que Luna pour voir à quel point l'homme était un idiot. Il récupéra dans un des livres la liste impressionnante de toutes les inepties et incohérences qu'il avait relevées, et se mit à joyeusement à rédiger l'article, riant tout seul à l'idée de plomber le nouveau professeur de DCFM.
Et c'est donc avec une fierté non feinte qu'il posa le point final à son article deux heures plus tard. Il hésita un peu sur le nom qui servirait de signature, et écrivit finalement Shadow. Après tout, il était une ombre, il n'existait pas pour les sorciers. Il voulait leur montrer qu'il fallait se méfier des ombres. Un ennemi invisible est toujours plus dangereux qu'un ennemi visible.
- Bon Harry, il doit être 7h à la maison, bailla le jeune homme en s'étirant après avoir fait disparaître son article pour qu'il apparaisse aux cotés du directeur du Chicaneur.
Il fit un simple signe de la main pour ranger tout le bazar sur la table basse et sur le sol, puis s'étira une nouvelle fois et apparut dans le salon de Los Angeles en faisant sursauter Sierra qui regardait les dessins animés à la télé.
- Même pas 7h du matin et déjà avachie devant la télé ! C'est du propre ! décréta le jeune homme.
- Harry ! s'enthousiasma la fillette en se jetant sur lui pour lui faire un câlin.
- Décroche-toi de moi, grogna le jeune homme en se défaisant de l'étreinte de sa petite sœur.
- Oh, un fils qui retrouve enfin le chemin de la maison, le nargua Nicolas en sortant de la cuisine.
- Ça sent les crêpes, c'est pour ça, rétorqua Harry, ce qui fit rire la petite fille et le père de famille alors qu'il se dirigeait vers la cuisine. Ça tombe bien je crève la dalle.
- Alors, qu'est-ce que tu racontes de beau ? demanda Nicolas, qui soupira quand il vit son fils s'enfiler les crêpes comme on buvait de l'eau.
- Je ne sais pas si tu es au courant, mais Dumbledore a sauté de Poudlard pour au moins une année, et mes plaintes n'ont pas abouti parce que Potter et Dumbledore ont accepté de payer afin que rien ne soit rendu public, expliqua Harry.
- Ils ont TOUT payé ? bafouilla Nicolas en s'asseyant sous le choc.
- Ouais, c'est pour te dire à quel point ce sont des couards, rit froidement Harry, un sourire carnassier collé aux lèvres. Je te jure, quand j'ai fixé les montants, j'étais sûr qu'on allait batailler jusqu'au procès. C'est pour ça que j'étais revenu vous en parler. Mais d'après Maître Ragnok, ils n'ont même pas tenté quoi que ce soit pour se dépatouiller. Ils ont accepté de payer directement. Ils sont dans un tel état et ils ont tellement peur pour leurs fesses que je suis sûr que même si tu réclamais une somme aberrante pour le « vol » de la pierre philosophale, ils paieraient tout sans dire quoi que ce soit, que ce soit Dumby ou le Conseil d'Administration.
- Sauf si mon escroc de fils a déjà fait main basse sur leurs comptes, le nargua Nicolas.
- Les premiers arrivés sont les premiers servis ! Mais les deux millions et un virgule cinq millions que Dumby a dû verser à Stark et à Junior ont vraiment dû lui faire mal, ricana Harry avec une joie sadique, faisant pouffer de rire son « père ».
- Je pensais pourtant que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec les sorciers, souffla Nicolas.
- Ouais, mais ils me dérangeaient pour autre chose, et j'avais besoin de me débarrasser de Dumby pour ça, trancha Harry en reprenant son visage neutre.
- Une seule année, d'après ce que tu m'as dit tout à l'heure…
- Mais une année qui me permettra de penser à ce que je vais pouvoir inventer pour l'année d'après, coupa le No Name en finissant l'assiette de crêpes.
- Harry… hésita Nicolas. Tu comptes retourner à Poudlard ?
- Ce n'est pas dans mes intentions. Je vais au MIT dans quinze jours, affirma le jeune homme en faisant soupirer de soulagement l'homme. Ne cherche pas à comprendre, Nicolas, j'ai fait une promesse et je ne suis pas du genre à me retirer comme ça. Je vais vivre ma vie chez les moldus, mais je vais garder un œil sur le monde sorcier.
- De toute manière, peu importe ce que je te dirai, tu feras ce qu'il te plaît et comme il te plaît. Fais simplement attention et prends soin de toi. Et surtout, n'hésite pas à me demander si tu as besoin d'aide, d'accord ? soupira Nicolas.
- Pour le moment, je vais aller discuter avec la reine Maeva, si elle est encore là. Et après, je vais me reposer et ranger les quelques affaires que j'ai renvoyées ici. Et encore après, je m'attaquerai à ta bibliothèque, ricana Harry en se frottant les mains d'impatience, son sourire sadique sur les lèvres.
- La rentrée de Poudlard est aujourd'hui, et je pense que Maeva ne va pas tarder à repartir. Et arrête de prendre ce sourire-là pour une histoire de livres, tu fais un peu psychopathe sur les bords ! pouffa le père de famille.
- Mais oui, mais oui, souffla Harry en rejoignant le salon où se trouvait la reine qui lui sourit malicieusement, alors que sa petite sœur éteignait la télé pour aller prendre son petit-déjeuner. Pourquoi un tel sourire, reine Maeva ?
- Je ne sais pas, à toi de me le dire Harry, souffla la reine alors que le jeune homme mettait une bulle de silence autour d'eux. Je suppose que Luna va bien ?
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Quand tu es parti en catastrophe, Jo est venu prévenir tout le monde que tu étais allé aider UN ami qui avait des soucis. Ton frère t'aide à sa manière en protégeant ton secret. Mais je sais bien que tu ne te serais jamais déplacé pour Stanford, Luke, ou même les jumeaux. Par contre, pour Luna, tu irais jusqu'au bout du monde, taquina la reine.
- Son père a attrapé un cancer des poumons et était entre la vie et la mort quand elle m'a appelée, souffla Harry alors que la reine perdait son sourire malicieux. Le médicomage, qui était de mèche avec Dumbledore, n'a même pas voulu se déplacer quand elle l'a appelé. Il lui a simplement dit qu'il n'y avait plus rien à faire. Alors elle m'a appelé en pleurant, me suppliant de venir l'aider, et on a dû le faire hospitaliser d'urgence chez les moldus. Ils ont dû lui retirer un poumon, et d'ici quelques jours, il va commencer la chimio pour tenter de sauver le deuxième poumon, qui est aussi touché.
- Par Merlin, murmura la femme dans le tableau, choquée.
- La situation n'est pas aussi chaotique que ça, reine Maeva. Mr Lovegood va mieux, même s'il est hospitalisé. Mais je ne pouvais pas lâcher la grosse en plein milieu du monde moldu sans la moindre aide, expliqua Harry. Je compte sur vous pour veiller sur elle à Poudlard. Je sais qu'elle a ses « amis » et que les Serdaigles ont revu leur jugement sur elle, mais je ne leur fais pas confiance. Vous êtes la seule personne encore là-bas qui pourra m'aider à savoir si tout va bien pour elle.
- Tu admets enfin qu'elle va te manquer et que tu tiens à elle, sourit le tableau avec douceur.
- La situation s'est légèrement compliquée pour moi, soupira Harry en s'asseyant sur le divan, sans voir les membres de sa famille le regarder à travers la bulle. Je crois que même si je ne veux plus d'elle, je ne parviendrai plus jamais à me passer d'elle. C'est pas seulement parce qu'elle a la vision céleste. Elle arrive à voir des choses et à me comprendre sans que je n'ai rien à dire. Les No Name sont ma famille, et je sais qu'ils ont toujours fait tout ce qu'ils ont pu pour me venir en aide. Mais sur certain de mes problèmes, ils se cassent les dents depuis plus de huit ans. Et elle, en quinze jours, elle débarque, et c'est pire qu'un raz-de-marée. Mais le pire dans l'histoire, c'est que je me laisse faire.
- Parce que tu as aveuglément confiance en elle, Harry. Ce n'est pas plus compliqué que ça, souffla la reine.
- Ouais, et ça craint à mort, grogna le jeune homme en faisant exploser de rire Maeva.
- Ne dis pas ça comme si c'était la pire des choses Harry, pouffa la reine.
- Elle a un pouvoir sur moi, et j'ai horreur que les gens aient le moindre pouvoir sur moi, grogna Harry en serrant les bras avec fureur. Et je me laisse faire comme un idiot. Il y a franchement un truc qui ne tourne pas rond chez moi, elle va me rendre cinglé !
- Tu te plains, mais tu as passé un excellent moment avec elle, taquina la reine.
- Mais c'est ça le pire ! cria Harry en se levant du canapé. Je crois que j'ai jamais autant ri de ma vie qu'en une seule soirée avec elle au cinéma. J'ai jamais autant dormi qu'en dormant avec elle…
- En dormant avec elle ? interrompit la reine avec un petit sourire malicieux.
- Ouais, oubliez-ça, grogna Harry, les joues rouges, en se calmant immédiatement.
- Harry, as-tu ne serait-ce qu'imaginé que tu étais peut-être amoureux d'elle ? tenta la reine.
- Non, je ne suis pas amoureux d'elle ! trancha froidement le jeune homme en reprenant son masque imperturbable. Elle me fait penser à mes petites sœurs. Et regardez ! Je dors aussi avec Vanessa parfois, et ça ne fait pas de nous des amoureux non plus. Luna est au même niveau pour moi que les No Name. Regardez, mon aura n'est pas rose…
- Harry, c'était simplement une question, calme-toi, souffla Maeva, en voyant son petit protégé quasiment en panique essayer de se dépatouiller.
- Et puis j'ai pas mal au cœur, ni mal au ventre, quand je suis avec elle, donc je ne suis pas amoureux, grogna le jeune homme, avant de soupirer et de se laisser retomber dans le canapé. Regardez comment je me comporte, j'en deviens pathétique.
- Je trouve ça plutôt mignon, sourit la reine.
- Foutez-vous de ma gueule en plus, gémit le jeune homme.
- Harry, tu n'es pas pathétique, tu baisses seulement tes barrières, et ce n'est pas un crime. Et puis tu es toujours toi-même. N'est-ce pas toi qui n'as même pas dit bonjour à Sierra et lui a dit directement une réplique acide dont tu as le secret i peine trente minutes ? Tu es toujours toi-même, ne t'inquiète pas, mais un toi-même qui a l'air décidé de profiter de la vie et non plus de la subir. Et puis arrête de paniquer ! Tu l'as dit toi-même, il n'y a qu'avec Luna que tu arrives à baisser autant tes barrières, alors ne crains pas pour ta réputation de grincheux national. Et ce n'est pas un crime de dire qu'elle va te manquer si vous vivez 24h sur 24 ensemble depuis presque un mois.
- Reine Maeva, vous reviendrez en urgence ici s'il se passe des trucs louches à Poudlard ? murmura Harry. Je sais qu'elle ne sera jamais honnête avec moi au téléphone parce qu'elle veut rester là-bas avec les abrutis de Gryffondors. Mais si jamais il lui arrive la même chose que l'année dernière, je crois que je deviendrai vraiment un meurtrier cette fois-ci. Elle est d'une naïveté et d'une gentillesse à toute épreuve, elle ne mérite pas ça.
- Mais qui veillera sur toi, quand tu seras tout seul à Boston, Harry ? sourit la reine.
- Moi ce n'est pas grave, je me débrouillerai…
- Idiot va, souffla le tableau. Je veillerai sur elle, espèce d'abruti. Je dois y aller.
- Merci, murmura Harry alors que la reine quittait le tableau en lui faisant un clin d'œil.
Avec un soupir, le jeune No Name se laissa aller sur le divan et ferma les yeux pour remettre ses idées en ordre. Mais il les rouvrit presque immédiatement en grognant compte tenu qu'il n'arrivait pas à se détendre ici comme il le faisait à Londres, avec Luna. Grommelant, il se releva et fit disparaître sa bulle d'insonorisation laissant enfin les bruits provoqués par ses frères et sœurs qui déjeunaient lui arriver aux oreilles. Il hésita entre aller s'enfermer dans sa chambre et faire le faux civilisé, et finit par opter pour la deuxième solution.
- Tu ne pouvais pas arriver une heure plus tard et laisser des crêpes ? bouda Sue quand elle le vit rentrer dans la pièce.
- Laisse-moi réfléchir… Non ! la nargua Harry.
- Tout va bien Harry ? Tu semblais plongé dans une conversation animée avec la reine, s'inquiéta Jared.
- Ouais, grogna le jeune homme en reprenant une expression impassible.
- Crevettttttte ! hurla Jo en déboulant dans la maison et en attrapant son frère.
- Lâche-moi crétin ! cria Harry en tentant de se soustraire à la poigne féroce de son grand frère.
- Tu vas bien ? s'inquiéta Jo en le redéposant au sol pour le regarder sous toutes les coutures.
Avec un soupir, le jeune No Name fit sauter l'illusion sur son dragon et le mit sous le nez de son frère, qui eut un petit sourire de contentement avant de baîller.
- Qu'est-ce que tu fous là aussi tôt ? soupira le jeune garçon en remettant son tatouage sous illusion.
- On avait l'obligation légale de le prévenir dès que tu revenais, expliqua Alex avant de reprendre avec malice. Az aussi devait être prévenu également. Je crois que l'oncle qui a osé dire des bêtises va se retrouver à faire du baby-sitting pendant un petit moment.
- C'est si galère que ça pour que vous me le disiez tous avec un grand sourire sadique ? demanda Harry en levant un sourcil de perplexité.
- On ne va pas te gâcher la surprise, pouffa Jo avant de reprendre avec un étrange sérieux. Vaness, c'est aujourd'hui que tu as la réunion pour les échanges scolaires. Des gars ont parlé de ça hier soir au Refuge. Et ils disaient que tu étais dans les premiers du classement, donc tu as le choix.
- Y'en a pas qui peuvent fermer leur grande gueule de temps en temps ? gémit la blonde.
- Tu vas accepter de faire un échange finalement ? s'étonna Nicolas.
- Je ne sais pas. Pour le moment, j'attends de voir ce que l'on me propose, et surtout ce que je vais avoir à y gagner, mais je ne me sens pas trop de partir loin d'ici, soupira Vanessa.
- De toute façon, c'est pour six mois ou un an, alors tu n'as rien à perdre à accepter Vaness, lâcha Harry. Si tu veux revenir à la maison, tu auras toujours ton Portoloin pour venir quand tu veux sans te taper des heures et des heures d'avion.
- C'est facile pour toi de dire ça Harry, grogna Vanessa avec un regard noir qui déboussola légèrement le jeune garçon.
- Comment je dois prendre ça ? demanda froidement Harry en plantant son regard intransigeant dans celui de sa sœur.
- Ce que je dis Harry, c'est que tout le monde n'arrive pas à tourner le dos à sa famille et à les abandonner comme des vieilles chaussettes aussi facilement que toi, rétorqua Vanessa en se levant alors que tout le monde s'était figé. J'y vais, ne m'attendez pas pour le déjeuner !
- Vaness, attends ! cria Jo en essayant de la rejoindre.
Sans même adresser un regard à son petit frère, sous le choc, et sans écouter Jo, elle traversa la cuisine et sortit de la maison pour rejoindre sa voiture. Harry, de son côté, venait de recevoir comme un poignard dans le cœur. Sa sœur, qui avait toujours été la plus proche de lui, venait de lui balancer en pleine figure ce qu'il avait toujours redouté. Fermant les poings, il tourna les talons, sans voir l'air inquiet des autres membres de la famille, et alla s'enfermer dans sa chambre.
- Non mais elle croit quoi, elle ? Que j'ai passé un mois à m'amuser et à fréquenter un putain d'hôpital pour le fun ? pensa Harry, avant de voir le bracelet sur son bras gauche. Qu'elle aille se faire voir, si elle veut pas comprendre.
Sans réfléchir à ce qu'il faisait, il défit son bracelet. Maintenant, plus rien n'entraverait ses pouvoirs et surtout la perception de ces derniers. Il fit apparaître le bracelet dans la chambre de sa sœur. Après tout, cela avait été son idée à elle quand il était rentré à Poudlard. Rangeant les quelques affaires qu'il avait voulu rapatrier avec lui, il ne put s'empêcher de pester contre Vanessa, et décida d'aller se changer les idées en sortant par la fenêtre. Inconsciemment, ses pas le menèrent jusqu'à la falaise où il avait pris l'habitude de venir, et il s'assit avec les pieds dans le vide, pour tenter de se vider l'esprit et d'ordonner les pensées qui volaient dans tous les sens.
Il passa quasiment six heures sans bouger, avant de sentir son téléphone vibrer dans sa poche. Souriant piteusement il décrocha quand il vit qu'il s'agissait de Luna, et avec le même cynisme qui avait animé leur séparation dans la matinée, il entama la conversation. Mais s'il parvenait à berner tout le monde, il soupira quand Luna lui demanda immédiatement ce qu'il avait. Il avait essayé d'éluder la question en détournant la conversation, mais elle avait réussi à lui tirer les vers du nez, et cela ne le faisait que se sentir encore plus misérable.
Et c'est avec le moral au fond des chaussettes qu'il rentra chez lui en même temps que le soleil se couchait. En passant dans le salon il vit Vanessa discuter avec leurs parents. Mais iI ne leur accorda pas un seul regard et rejoignit sa chambre. Il s'assit au pied de son lit et se mit à lire un livre qu'il avait récupéré dans la Salle sur Demande et qu'il n'avait jamais remis à sa place. Mais il était loin d'être motivé, et il passa plus d'une heure sur une même page, avant de se lever quand on l'appela pour dîner.
- Harry… hésita Vanessa.
- Je crois que tu as dit ce que tu avais à me dire ce matin, Vanessa! trancha le jeune homme avec indifférence, alors qu'intérieurement, son cœur semblait saigner.
Il fit demi-tour, s'apprêtant à sortir de la pièce avant de tourner la tête en direction de sa sœur.
- Tu as sans doute des choses à dire à cette famille à qui j'ai tournée le dos et donc ça ne me concerne pas. Je vous laisse, j'ai pas faim de toute manière.
- Harry ! hurla Vanessa avec une voix suppliante pour le retenir, mais il était déjà loin.
Il hésita un moment sur l'endroit où il devait aller, avant de finalement transplaner calmement chez lui à Boston. Il tenta de travailler un peu, mais décida d'aller se coucher quand il vit qu'il n'arriverait à rien dans l'état où il était. Il sentit au travers de son dragon que sa sœur s'inquiétait et voulait le rejoindre, mais il la bloqua et préféra rester seul. Il se tourna dans son lit et ses yeux se posèrent sur la table de chevet où se trouvait le cadre photo avec Luna et lui.
« Alors je pense qu'il faut que tu réalises que tu n'es pas seul » lui avait dit Xenophilius Lovegood le matin en lui donnant le cadre, et imperceptiblement, le fait de regarder la photo lui enleva un peu du poids qu'il avait sur le cœur, lui permettant ainsi de trouver le sommeil. Hélas, ce fut un sommeil peuplé de cauchemars. Il se réveilla à peine une heure et demie plus tard, signant ainsi le retour de ses insomnies et de ses mauvaises nuits.
- Putain, vivement que les cours commencent ! pensa le jeune garçon en prenant une douche brûlante pour essayer de détendre ses muscles endoloris après un long jogging matinal.
Il se fit à déjeuner, puis retourna à Los Angeles, mais vraiment parce qu'il l'avait promis à Jo, Perenelle et à Az. Quand il apparut dans la cuisine, tous ceux qui étaient réveillés soupirèrent de soulagement.
- Salut, grommela Harry avec froideur.
- Pour une fois, on a mangé les crêpes avant que tu ne les dévores toutes, le nargua Jared, pour essayer de détendre l'atmosphère.
- J'ai déjà déjeuné, et je n'ai pas faim de toute manière, rétorqua le jeune No Name.
- Putain Harry, prends pas la mouche parce que Vaness a fait sa chieuse, gémit Jared.
- Elle a dit ce qui semblait la démanger…
- Et toi, il y a deux ans, quand tu as découvert la présence de Black et que tu es revenu ici furax, tu nous as balancé à la figure tout ce qui te démangeait, c'est ça ? demanda le cloneur.
- Ne mélange pas tout, grogna Harry.
- Et toi, ne fais pas les distinctions que tu veux comme tu veux, Harry No Name, répliqua Jared. Crois-moi, je ne sais pas d'où Vaness a sorti cette ineptie, ni même pourquoi elle l'a sortie, mais tu ferais mieux d'aller la voir et de lui tirer les vers du nez ! Putain, on est une famille ! Vous en avez pas marre de toujours vous battre pour des merdes ?
- Jared, calme-toi, souffla Nicolas.
- Pourquoi ? Pour ménager encore Harry ? On ne sait pas ce qui se passe en ce moment, on ne sait pas ce qui s'est passé à Poudlard, mais on sait que c'est notre petit frère ! Putain, pourquoi tu veux rien nous dire Harry ? rugit Jared en fusillant le jeune homme du regard. Pourquoi, quand nous, on a des problèmes, tu viens nous aider, et que lorsque toi tu en as, tu ne veux pas qu'on t'aide ?
- Je n'ai pas de problème, affirma le jeune garçon.
- Tu as peur qu'on te lâche si tu nous racontes tout ? demanda faiblement Sue avant d'être mitraillée du regard par Harry. Fred m'a raconté des trucs qui se sont passés à Poudlard. Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu avais failli te battre contre Dumbledore ? Pourquoi tu ne nous as pas dit pour l'histoire de la pierre philosophale de papa ?
- Mais qu'est-ce que vous avez tous ? gronda le jeune homme sur la défensive.
- Stop ! Tout le monde se calme ! intervint la mère de famille.
- Mais c'est notre petit frère ! s'indigna Jared faisant sursauter son jeune frère qui ressentit une douce chaleur envahir son cœur face à cette criante déclaration que venait de hurler son frère avec conviction.
- Oui, c'est votre petit frère que vous êtes en train de braquer ! C'est aussi celui qui peut disparaître à tout moment s'il en a marre ! les incendia Perrennelle en regardant tous ses enfants.
- Je ne disparaîtrai pas, murmura Harry alors que tous les regards se braquaient sur lui. Contrairement à ce que tu penses, Jared, je sais que vous êtes ma famille. Il m'a fallu plus de six ans pour l'admettre, mais maintenant je le sais. Vous êtes ceux qui ont bravé les sorciers pour venir aux portes ouvertes afin de m'épauler. Vous êtes ceux qui me conseillent avec mes dons. Vous êtes ceux avec qui je ris. Mais il y a des tas de choses que je ne vous dis pas, parce que je ne peux tout simplement pas le faire.
- Des serments ? hésita Nicolas.
- Non, des promesses sur pas mal de trucs, et les promesses sont vraiment quelque chose de sacré pour moi, souffla le jeune garçon en se remémorant quelques souvenirs. Je sais qu'il y a des trucs que vous aimeriez savoir, mais je ne peux pas. Tu as dit tout à l'heure que je vous venais en aide alors que vous, vous ne pouviez jamais m'aider, mais c'est faux. Votre façon d'agir normalement avec moi, de me considérer comme votre frère avec mes qualités et surtout mes défauts, sont des choses qui me sont très précieuses. Même si vous ne le réalisez pas, vous m'aidez à votre manière.
- Mais avec les sorciers…
- Avec les sorciers, vous ne serviriez qu'à vous mettre en danger, c'est tout, coupa Harry. Je pense que Nico a dû vous en parler, mais je joue à un jeu très dangereux avec Dumbledore. J'ai gagné deux parties de suite, mais je ne suis pas sûr qu'il laissera les choses comme ça. Et quand ça pétera, je ne veux pas que vous soyez pris entre deux feux.
- Mais je croyais que tu t'étais retiré du monde magique et que tu avais coupé tous les ponts, grogna Alex.
- Je ne fais plus parti activement du monde magique, mais je dois garder un œil sur eux, je l'ai promis à quelqu'un, soupira Harry. Un jour, vous saurez sûrement tout, mais pour le moment, je ne sais pas moi-même comment vont se goupiller les différentes situations. Je dois faire attention, même si pour le monde magique j'ai les gobelins qui assurent mes arrières.
- Mouais… J'aime pas ça quand même, grommela Jared. Tu n'as que 12 ans, merde ! Et tu te comportes comme un vieux de 50, c'est pas normal !
- Peut-être pas 50 ans quand même, grogna Harry arrachant un sourire à la plupart de ses frères et sœurs.
- Bien ! Maintenant que les choses sont claires, il serait peut-être temps que tu ailles botter les fesses de Vanessa, sourit Steph, avant de voir le regard noir de ses parents. Je ne vois pas pourquoi il n'y aurait qu'Harry qui s'en prendrait plein la gueule quand il fait ses réflexions de merde. Vaness a dit des conneries, il faut qu'elle assume aussi de son côté !
- Je vais attendre qu'elle vienne me voir plutôt, souffla Harry, avant que son téléphone ne sonne et qu'il n'hausse un sourcil de perplexité face au numéro inconnu. Allo ?
- Mr Shadow ? pouffa la voix de l'autre coté.
- Attendez deux minutes, rit doucement Harry avant de regarder sa famille, surprise. J'ai un coup de fil idiot à prendre, mais si vous avez besoin de moi, je ne suis pas loin.
- Comment ça idiot ?! s'offusqua l'interlocuteur.
- Que puis-je pour vous ? sourit Harry.
- Tu es aussi cynique, incisif et percutant à l'écrit qu'à l'oral. Je crois, Mr Shadow, que c'est le début d'un partenariat fructueux, rit le père de Luna.
- Je suppose que vous avez aimé mon article sur le fabuleux Gilderoy Lockhart ?
- Tu sais que tu vas plomber du même coup le ministre, parce que c'est sa décision, les sorciers, parce qu'ils l'adulent, et Poudlard, parce qu'il est professeur là-bas ?
- Oh c'est vrai, je n'y avais pas pensé ! Je suis siiiiii désolé, Monsieur le Rédacteur-en-Chef, ironisa Harry faisant un peu plus rire le convalescent.
- Si tu as d'autres articles de ce genre, je suis preneur, assura le journaliste.
- Mr Lovegood, il est l'heure d'y aller, intervint une autre voix dans le téléphone.
- Vous commencez la chimio ? demanda Harry.
- Oui, Doc Jo a donné le feu vert, et maintenant il n'y a plus qu'à prier pour que ça marche, soupira l'homme.
- Ça marchera, assura le jeune homme. Saluez Bella, sa maman et Doc Jo de ma part, Mr Lovegood, et à bientôt.
- J'attends un nouvel article rapidement, répondit le journaliste.
- Comptez sur moi, rit Harry avant de raccrocher, sans pouvoir faire disparaître le petit sourire fier de son visage.
Il marcha un peu dans le jardin et sentit rapidement Sue se rapprocher de lui, mais pas comme pour lui faire une blague. Il se tourna vers elle et ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en voyant son aura encore plus striée de rose et de détermination.
- Je ne peux pas faire un téléphone à ton idiot de rouquin Sue, il est trop proche des Potter, soupira Harry avant même qu'elle n'ouvre la bouche.
- Mais ça veut dire que tu veux bien me prêter Hedwige ? sourit la jeune fille.
- Demande plutôt à Hedwige si elle veut t'aider plutôt que de me demander à moi, rétorqua Harry.
- Merci Harry ! hurla la jeune fille en venant le prendre dans ses bras pour lui déposer un énorme baiser sur la joue.
- Par contre, Nico nous a rendu incartable. Seul Hedwige pourra te ramener une réponse. Surtout que pour ton idiot, tu es une Stark, et les hiboux ne peuvent pas trouver les gens qui n'existent pas. Et ne mets rien qui pourrait permettre aux sorciers de nous trouver. Dumbledore surveillait le courrier l'année dernière. Je ne sais pas comment ça va se passer maintenant, mais fait attention.
- T'inquiète pas, surtout qu'Alex voulait aussi renvoyer la robe qu'elle a rafistolé pour la fille avec qui tu avais dansé, sourit Sue avant de partir en courant vers la maison.
Le jeune homme n'eut pas le temps de lui dire de regarder devant elle avant qu'elle ne se prenne les pieds dans une des jardinières et ne s'étale dans le parterre de fleurs. Mais tout ceci était loin d'entamer sa bonne humeur, elle se redressa et courut dans la maison en hurlant un Alex retentissant, avant de crier de douleur, faisant doucement rire le jeune No Name. Profitant du beau temps et du calme provisoire qui étaient revenus, il rejoignit sa falaise et s'installa tranquillement en écrivant un SMS à Luna pour lui dire de ne pas s'inquiéter, sinon elle allait encore se goinfrer et prendre des fesses. Il savait qu'elle allait mal le prendre, mais c'était le but, et comme ça, elle saurait qu'il allait mieux.
- Tu vois, il est là. Alors maintenant, tu vas réparer tes conneries, et moi, je vais dormir. Vous me faites chier tous les deux, y'en a qui bossent et qui ont besoin de dormir, grogna Jo dans son dos, le faisant sursauter.
- Salut Harry, murmura faiblement Vanessa avec hésitation.
- Allez, avance, la vieille qui se comporte comme une gamine, grogna Jo en la poussant pour qu'elle avance.
- Je ne vais pas te manger Vanessa, souffla Harry en regardant sa sœur qui finit par avancer et venir s'asseoir à côté de lui.
- Bon alors, ne vous entretuez pas pour les prochaines six heures, je veux dormir au moins pendant cinq heures et demi, exigea Jo avec un bâillement, avant de se transformer et de s'élancer entre les arbres pour rejoindre son appartement.
- Je suis désolée Harry, gémit Vanessa, les yeux pleins de larmes.
- Tu ne me considères plus comme ton frère ? hésita le jeune homme en essayant de cacher sa peine.
- Je crois que c'est justement parce que tu es mon petit frère que je t'ai dit ça, avoua la jeune femme.
- Je ne comprends pas Vaness, souffla Harry.
- Depuis que tu es parmi nous, même si tu t'es toujours plus confié à Jo, je faisais quand même partie de tes confidents. Je croyais que tu me faisais confiance…
- Mais je te fais confiance, bafouilla Harry, de plus en plus perdu.
- Quand tu t'es réveillé après avoir aidé Az à accoucher, tu as parlé avec Jo. Tu lui as demandé conseil sur je ne sais pas quoi, mais à priori, c'était très grave, vu l'état dans lequel tu étais. Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé, et j'ai été peinée que tu ne viennes pas m'en parler, mais je comprenais que désormais, tu avais peut-être des problèmes qui nécessitaient plus un grand frère qu'une grande sœur alors j'ai pris sur moi. Et puis tu t'es brouillé avec Jo. J'ai cru que tu allais venir me voir, mais ça n'a pas été le cas. Après, tu as eu tes problèmes et tu partais t'isoler des journées entières. Tu n'es toujours pas venu me voir pour m'expliquer ou pour demander des conseils. Enfin, tu as disparu sans qu'on sache où tu étais, et il a fallu que papa reçoive cette lettre de la Ligue pour qu'on apprenne que tu étais retourné à Poudlard. Sans même nous le dire, sans même qu'on sache pourquoi. Az est allée là-bas, puis est revenue pour nous dire que c'était ton choix. Tu avais parlé avec elle et pas avec moi. Et tu es revenu. Tu semblais aller bien mieux que ce que j'avais pu voir jusqu'à présent. Et ce n'était pas grâce à moi. Finalement, tu t'es réconcilié avec Jo, et j'ai cru que tout allait redevenir comme avant, mais ça ne s'est pas passé comme ça.
- Je suis reparti sans rien dire à personne sauf à Jo ? souffla Harry.
- Tu sais, quand tu es revenu la première fois, tu es allé parler à Jo, et quand vous êtes revenus tous les deux avec les petits sourires qu'on vous connait, j'ai eu l'impression de perdre d'un coup les deux frères avec lesquels j'étais le plus proche. Et quand pour la première fois ton téléphone a sonné et que tu t'es isolé, Jo nous a bien fait comprendre qu'on ne devait pas t'embêter avec ça. Il savait quelque chose d'énorme sur toi, un secret qui vous liait encore plus qu'avant, expliqua Vanessa en regardant ses mains avec honte plutôt que son petit frère. J'ai essayé de réfréner ma jalousie en me disant qu'il te fallait simplement du temps pour venir me voir, que tu étais encore sous l'euphorie de quitter Poudlard et tout et tout. Mais tu es reparti…
- Ta jalousie ? murmura Harry, perdu.
- Tu es parti en catastrophe et c'est Jo que tu as appelé pour dire que tu serais absent un bon moment. Quand tu es repassé à la maison le lendemain pour prendre des affaires, tu as demandé conseil à Az. Je t'ai entendu, j'étais dans le couloir avant qu'elle ne ferme la porte. Et je crois que je me suis sentie trahie. Ce n'était pas juste des conversations de mecs que tu avais avec Jo, mais des problèmes bien plus compliqués, et tu ne voulais plus de mon aide. Et cet état d'esprit s'est encore plus renforcé quand tu es revenu pour ne voir que les parents. Et aussi, hier matin, tu ne nous avais même pas encore vu ni rien qu'on t'a vu en pleine conversation avec la reine Maëva. Je me suis sentie encore plus blessée. Az, ça me dérangeait un peu, mais un tableau plutôt que moi, ça m'a toute retournée. Je sais que c'est stupide, mais au fond de moi, ça m'a fait mal. Et quand hier, tu as dit que je ferais mieux de partir loin, je crois que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, avoua la jeune femme. Je sais que c'est de la fierté mal placée et de la stupidité, mais avec tout ce qui s'est passé cette année avec Poudlard et tout, j'ai pété un fusible.
- T'es putain de stupide Vanessa grogna froidement Harry en dévisageant sa sœur. Pourquoi tu n'es pas venue me voir ? Tu sais bien que j'ai la capacité émotionnelle d'une petite cuillère et que je suis un noob dans tout ce qui concerne les sentiments. C'est comme si tu demandais à un aveugle de franchir un parcours d'obstacles sans se planter.
- Je ne voulais pas te fâcher comme lorsque tu t'es engueulé avec Jo, bafouilla la jolie blonde.
- Je me suis engueulé avec Jo parce qu'il avait poussé le bouchon trop loin, mais toi, tu as toujours connu les limites Vanessa ! C'est vrai que j'ai demandé conseil à Az, mais je crois que vu l'état dans lequel j'étais ce jour-là, j'aurais même demandé un avis à Elisa si c'est elle qui était rentrée dans la chambre. Az ne sait rien, et d'ailleurs, je me demande comment elle fait pour me conseiller sans rien savoir, lâcha Harry. Dis-moi ce que tu veux savoir et je verrais si je peux répondre.
- Je ne veux pas que tu me racontes parce que tu te sens obligé, Harry. Je veux que tu me considères comme quelqu'un avec qui tu es assez en confiance pour me dire ce qui te chagrine, souffla Vanessa.
- Le sorcier que j'ai épongé en octobre et pour lequel je me suis arraché les cheveux quand vous étiez là-bas est en fait une sorcière. Ça, Jo l'avait déduit parce que selon lui, je suis un abruti qui essaye d'emmêler tout le monde pour ce genre de choses, et qu'en fait je ne fais que m'embrouiller moi-même…
- Là-dessus, il a raison, gloussa la jeune femme en arrachant un sourire à son petit frère.
- Je ne me sens pas de vous dire de qui il s'agit pour le moment, mais c'est une personne spéciale à mes yeux. N'essaye pas de sous-entendre que je suis amoureux d'elle parce que ce n'est pas le cas ! prévint dangereusement le jeune homme en prenant les devants avant qu'elle n'ouvre la bouche. Je ne sais pas si tu as déjà ressenti ça mais c'est le genre de personne qui déborde tellement de gentillesse que tu ne peux que lui faire confiance et la suivre. J'arrive à écouter de la musique en live maintenant.
- C'est vrai ? s'émerveilla Vanessa avec joie.
- Ouais, c'est le résultat de sa thérapie à la con, grogna Harry qui avait quand même un petit sourire sur les lèvres. Une base de cinq minutes par jour, avec une minute en plus chaque jour. Pour le moment, je supporte jusqu'à dix-sept minutes et après je craque, mais c'est mieux que rien. Elle m'a déclenché une crise sans même que je la vois venir, et elle a tout balayé avec de simples mots et de simples gestes. Et même si j'ai dormi une journée à l'issue de ça, j'ai pas eu de complications comateuses ni quoi que ce soit. C'est vraiment quelqu'un à qui je tiens beaucoup, comme un No Name.
- C'est elle que tu es allée rejoindre alors ? hésita Vanessa.
- Sa mère est décédée il y a trois ans je crois, et son père a un cancer des poumons. Le médicomage qui le suivait lui a dit qu'il avait attrapé une maladie incurable et qu'il ne pouvait rien faire pour lui. Alors il a profité du peu qui lui restait à vivre, en essayant de ne pas inquiéter sa fille. Mais un jour, il ne s'est pas réveillé…
- Mon Dieu, haleta la grande sœur en mettant une main sur sa bouche.
- Elle m'a appelé complètement paniquée et en larmes parce qu'elle ne savait pas quoi faire. Le médicomage refusait de venir en disant que le cas de son père était terminé. Il était condamné à mourir et il n'allait pas se déplacer pour ça…
- Et il est... murmura Vanessa.
- A l'heure où je te parle, il est en train de subir sa première chimio après l'amputation d'un de ses poumons. Son médecin moldu de l'hôpital de Londres reste à priori confiant sur la viabilité de son second poumon, mais seule la chimio pourra vraiment nous le dire.
- Tu les as emmenés dans le monde moldu ?
- Je ne leur ai pas laissé le choix à vrai dire, souffla Harry avec un sourire désabusé, en se rappelant de cette drôle de journée. Je ne pouvais pas les laisser livrés à eux-mêmes comme ça, surtout cette idiote, en plein milieu des moldus. Donc je suis resté chez eux à faire des allers–retours de leur appartement à l'hôpital. Le tout agrémenté par des passages éclairs à la maison pour des problèmes juridiques. Elle voulait absolument retourner à Poudlard, mais son père et moi, on ne voulait pas à cause de la présence de Dumbledore. Et comme elle n'en démordait pas, on a du attaquer le problème par l'autre côté.
- Evincer Dumbledore ?
- Ouaip, qu'est-ce que Nico vous a dit exactement sur ce qui s'est passé à Poudlard ?
- On sait que ça a un rapport avec la pierre philosophale, mais on ne sait pas grand-chose. Quand tu es reparti cette nuit-là, papa est revenu dans la cuisine complètement ébranlé, je ne l'avais jamais vu comme ça. Et quand maman lui a demandé ce qu'il se passait, il a simplement montré la pierre philosophale et elle s'est complètement figée sous le choc. Et deux jours plus tard, papa t'a fait sortir de la maison dans un état déplorable et tu as passé des heures à tout casser dehors avant de passer tes journées on ne sait où. Même si maintenant, je pense que c'était ici que tu venais, c'est reposant comme endroit.
- J'ai tué un homme, souffla Harry.
- Qui ? Mais pourquoi ? murmura Vanessa sous le choc en attrapant férocement la main d'Harry qui s'était remise à trembler.
- Je me suis retrouvé à suivre la bande d'ahuris de Potter dans le fameux couloir interdit, mais de façon invisible. On a passé des « défenses » complètement risibles et stupides, soit disant pour que Rogue ne récupère pas la pierre philosophale, expliqua Harry avec un sourire désabusé. Comment cette bande d'idiots a-t-elle pu croire que Rogue était assez malin pour ça ? Bref, on a fini dans une pièce où on s'est retrouvé face à Quirell qui abritait sur l'arrière de son crâne les vestiges de Voldemort. Ça faisait un visage de fumée… Bref, c'était bizarre. Potter a réussi à chopper la pierre, mais il était pitoyable, et une de ses amies était en train de mourir d'empoisonnement dans la pièce à cause de « l'épreuve défensive » de Rogue.
- Tu as tué Quirrell, n'est-ce pas?
- J'ai déjà mis Potter hors circuit en le balançant contre un mur, et après je me suis retrouvé face à face avec cette espèce de chose. Mais dès que ma peau est rentrée en contact avec lui, il y a eu une drôle de réaction qui lui faisait mal. Alors j'ai pas cherché plus loin, j'ai insisté, j'ai détruit au passage son noyau magique, et le corps de Quirrell est littéralement parti en lambeaux. Maintenant que j'y repense, c'était franchement crade… Et après, j'ai anéanti Voldy-brouillard. Mais si lui n'était plus vraiment vivant, Quirrell était un être humain à la base.
- Tu n'avais pas le choix Harry. C'est grave à dire, et ce n'est peut-être pas suffisant pour ta conscience, mais c'était un monstre. Il a renoncé à vivre au moment même où il a accepté d'héberger l'esprit de Voldemort. Et s'il ne l'hébergeait pas volontairement, je suis sûr qu'il te serait redevable de l'avoir libéré de cette chose. Même si tu t'en fous de lui, je sais que tu n'aurais pas accepté que Potter et sa copine se fassent tuer devant tes yeux.
- Maintenant je le sais et je le comprends. Mais honnêtement après ce qui s'est passé cette nuit-là, j'ai été appelé à l'infirmerie pour soigner Lovegood qui était littéralement mourante. Et puis Nico et sa femme sont arrivés le lendemain, et j'ai appris encore plus de trucs, notamment que Rogue est soit disant un ex-mangemort. Tout se mélangeait et j'ai saturé. Dumbledore avait volontairement mis la pierre hors de ses protections originelles sans en parler à Nico, c'est pour ça que je me dis maintenant qu'il avait peur que Nico ne découvre la vérité en janvier. C'est pour toutes ces raisons que je ne voulais pas que cette folle furieuse retourne à Poudlard avec un Dumbledore qui manipule tout le monde comme directeur.
- Harry, c'est plus que des petits complots là, c'est énorme ! Comment vas-tu évincer Dumbledore ? murmura Vanessa, sous le choc de toutes les révélations.
- La condition pour qu'elle retourne à Poudlard était que Dumbledore n'y soit plus ! Elle est repartie hier matin, sourit doucement Harry. Je ne vais pas évincer Dumbledore, je l'ai évincé. Et par la même occasion, j'ai aussi allégé ses comptes en banque de quelques millions.
- Millions ? haleta la jeune fille.
- Ouais, en fait, il faut que tu saches qu'après la journée porte ouverte, beaucoup de familles moldus étaient indignées par ce qui s'était passé et par le comportement de Dumby et Potter envers Junior. Et ces familles ont fait des lettres au Conseil d'Administration pendant que les Sang-purs œuvraient aussi de leur côté pour faire sauter Dumby. Les familles ont ensuite remis une couche concernant la qualité de l'enseignement à la suite des examens désastreux de Poudlard. Mais toutes ces lettres, ces menaces de retrait, n'avaient pas assez de poids pour faire sauter Dumbledore…
- Donc tu t'en es mêlé, murmura Vanessa.
- Harry Stark a porté plainte pour tentative de coups et blessures à l'encontre de Dumbledore, et Junior a porté plainte contre Potter pour tentative de coups et blessures, et contre Dumbledore pour utilisation abusive de son pouvoir, expliqua Harry. Je voulais exposer en plein jour le comportement de ces deux abrutis devant les tribunaux. Et j'avais mis en dommage et intérêt les montants absolument exorbitants 3,5 millions pour Dumbledore et 999 999 pour les Potter. Je m'étais dit que ça irait vraiment jusqu'au procès. Mais là-dessus, ils m'ont épaté.
- Ils ont tout payé ? pouffa Vanessa.
- Ouais, et ils n'ont même pas parlementé à ce qui parait. Et heureusement ! Ça nous a permis de faire prendre de force une année sabbatique à Dumbledore, approuva Harry.
- Donc l'année prochaine, ton amie…
- Ce n'est pas mon amie, grogna Harry. Je sais pas ce qu'elle est, mais la dénomination « amie » me dérange ! En tout cas, j'ai un an pour savoir comment évincer Dumbledore l'année suivante. Voila à quoi j'ai passé mon mois d'août Vaness, et crois-moi, maintenant, tu en sais plus que n'importe qui, même Jo. Mais je te jure que je ne voulais pas te mettre de côté, je m'en suis même pas rendu compte. Quand tu as un souci comme ça, viens me le dire la prochaine fois. Je te jure, je l'avais sûrement mérité, mais hier j'ai eu l'impression d'être poignardé dans le dos.
- Tu ne l'avais pas mérité Harry, c'est moi qui psychote et qui me suis comportée comme une débile sur ce coup. Et d'ailleurs, j'ai tellement merdé que je me suis finalement inscrite pour les échanges scolaires, souffla Vanessa.
- Et tu vas où ?
- L'Egypte, grimaça la blonde. Je ne sais pas pourquoi j'ai pris ça ! Sûrement parce que c'était le plus loin qu'ils proposaient.
- Bah c'est cool l'Égypte, je me taperai l'incruste ! Y'a plein de trucs sympas à visiter, sourit Harry.
- Tu seras le bienvenu petit frère, approuva la jeune femme avant de le serrer dans une forte étreinte. Je suis désolée Harry, pardonne-moi. Je t'aime petit frère.
- Moi aussi Vaness, murmura le jeune garçon en savourant l'étreinte rassurante de sa sœur qui lui avait manqué en une journée d'incertitude.
- Tu pourras m'épargner les quinze heures d'avion par contre ? gémit la jeune femme.
- Si tu veux, pouffa Harry. Mais il va falloir que tu m'aides à faire une crasse à Jo avant.
- Tape-la frangin, rit Vanessa en lui proposant sa main dans laquelle il tapa, signant ainsi leur accord et leur nouveau départ.
