Bonjour,

Comme promis voici le second chapitre. Bonne lecture à bientôt Peace'.


Chapitre 2 : J -4

Le même jour, dans une autre ville de ce beau pays qu'est la Grèce, un homme venait de se mettre au travail, assis à son bureau. Ces dernières années avaient été assez rudes pour lui.

En effet, il avait dû reprendre les rênes du sanctuaire après de longues années d'absence liée à sa mort prématurée. À sa résurrection, il remercia Athéna de lui avoir rendu son poste de Grand Pope et ainsi d'avoir pu redevenir le maître de son sanctuaire.

Mais certains jours, il regrettait, l'espace d'un instant, d'avoir une telle charge. Effectivement, les responsabilités qui lui incombaient lui avaient donné énormément de tâches à effectuer et très peu de temps libre pour se reposer.

Aujourd'hui encore il allait être très occupé, sa supérieure lui ayant demandé d'organiser une « réunion de famille » pour elle. Et quelle famille ! pensa-t-il. Elle lui en avait parlé vendredi dernier, l'obligeant ainsi à passer le week-end à rédiger toutes les lettres d'invitation pour finalement les envoyer le lundi. Il se rappela alors comment tout avait commencé :

En ce vendredi, le maître du Sanctuaire avait eu une petite heure de repos. Et comme à chaque fois qu'il avait un trou dans son emploi du temps, il en profitait pour inscrire ses mémoires sur un cahier dédié à l'héritier de sa fonction. Athéna était venue le visiter et l'avait surpris en train de coucher des mots sur le papier.

- Que faites-vous mon cher ami ? avait-elle demandé.

- Oh pardon majesté ! Je ne vous avais pas entendu entrer, s'excusa l'interrogé. Je suis en train d'écrire l'histoire de ces dernières décennies pour la personne qui me remplacera.

- C'est une très bonne idée. Et qu'avez-vous raconté pour l'instant ? Pouvez-vous m'en lire quelques passages ? demanda intriguée la déesse.

- Mais bien sûr ! puis l'homme commença ainsi sa lecture.

Cher grand pope,

Je suis ton prédécesseur Shion Grand Pope d'Athéna. Je suis né il y a deux cent cinquante ans au Tibet. Je suis alors devenu le chevalier d'or du bélier et ai participé à la guerre contre le seigneur Hadès… Il y a quelques années, une autre guerre contre lui et son frère Poséidon a éclaté, heureusement les chevaliers d'Athéna ont vaincu ces derniers et ont protégé la terre…

Tu dois savoir deux ou trois choses sur les Dieux. Tout d'abord, la plupart d'entre eux ne possède plus leur corps divin, et même si c'était le cas, ils ne pourraient pas s'en servir sur terre. Leurs âmes viennent alors se loger dans les corps d'humains possédant un grand cosmos, pouvant les tolérer sans mourir.

Ensuite, en tant que Chevalier, tu dois être au courant que le cosmos est une énergie qui ressemble au Big Bang et qui permet de devenir plus fort qu'un humain. De même, sans leurs corps, les dieux ont la capacité de se rendre invisibles aux yeux des humains. Certains d'entre eux qui possèdent un grand cosmos peuvent les voir et ce sont souvent ceux-là qui leur servent de réceptacle. C'est ainsi que des humains deviennent les représentants d'un dieu. Moi j'ai eu la chance de rencontrer deux réincarnations d'Athéna dans les personnes de Sacha et Saori Kido, que je sers actuellement. Mais toi, tu rencontreras peut-être une autre réincarnation de notre Déité…

- Voilà un aperçu de ce que j'ai écrit majesté, cela vous satisfait-il ?

- Oui, j'aimerais que tu me le fasses lire en entier quand tu l'auras fini, demanda doucement la divinité.

- Oui avec plaisir.

- Cela me fait penser… dit la jeune femme. Et si on faisait une « réunion de famille » avec tous les dieux. Mon père m'a demandé d'élaborer un traité de paix avec eux. Cette rencontre serait une bonne occasion de l'établir. Et on pourrait tisser des liens avec eux afin d'éviter de nouvelles guerres, expliqua sa supérieure.

- Très bonne idée ! Et pour quand la désirez-vous ? demanda l'homme en attrapant son agenda.

- Samedi prochain ! affirma la déesse d'une voix qui claqua comme un ordre.

- Bien ! C'est noté.

Shion revint à réalité et soupira face à cette initiative, car aujourd'hui on était mardi et la plupart des membres de la famille devait recevoir le pli ce jour même, n'habitant pas trop loin d'ici. Il lui restait donc cinq jours pour tout programmer. Plongé dans ses pensées, occupé à réviser son emploi du temps, il n'entendit pas toquer à la porte à plusieurs reprises, et ne vit pas qu'une ombre s'introduisait dans son antre pour venir s'asseoir dans le fauteuil devant lui.

- Lut' Shion.

- DOHKO s'écria le salué avec un regard empli de reproches.

- Dés'… je ne voulais pas te faire peur. J'ai tapé plusieurs fois mais tu ne répondais pas alors je me suis permis d'entrer.

- Dohko, redit l'homme d'un air fatigué.

- Je sais… je sais… mais tu ne m'appelles pas Chevalier d'Or de la Balance que je sache ! alors je vois pas pourquoi je t'appellerais Grand Pope.

- Alors que le Grand Pope allait répondre, le Chevalier continua en faisant un geste de la main pour lui dire de se taire et d'écouter.

- De plus, on est amis de longue date alors d'accord, je n'aurais pas dû rentrer sans ton autorisation, mais pour le titre s'il te plaît, quand on n'est que tous les deux ne nous formalisons pas veux-tu ? Je ne t'en respecte pas moins pour autant, tu es mon supérieur et ça me va.

- Bien, fit Shion qui ne pouvait jamais tenir tête à son ami plus de quelques secondes.

- Alors tu pensais à quoi ?

- Au travail.

- Encore ! Tu ne penses qu'à ça ma parole ! s'amusa Dhoko.

- J'aimerais pouvoir penser à autre chose, soupira Shion.

- Dohko le regarda d'un air vraiment peiné.

- Tu sais, tu devrais prendre un peu de temps et faire des choses reposantes.

- Comme ?

- Tu aimes lire, non ? Va prendre un livre dans ta bibliothèque ou celle de Camus.

- Quoi ? s'insurgea Shion.

- Calme-toi, pourquoi tu t'emportes ? s'amusa Dohko.

- Pourquoi tu me parles du Chevalier du Verseau ?

- Dohko sourit à cette question : il aimait taquiner son ami sur des sujets sensibles et il savait que celui-là en était un, alors il haussa les épaules et continua penaud :

- Peut-être parce que tout le monde dit qu'il a une immense bibliothèque qui est plus fournie que la tienne et qu'en ce moment tout le monde y va.

- Comment ça tout le monde ? s'énerva Shion.

- Oh ! et puis rien, oublie…

Tout en se levant et en quittant le bureau, il rajouta :

- Dis-moi : qu'est-ce qui t'ennuie le plus, qu'on emprunte des livres dans la bibliothèque de Camus ou qu'on lui rende visite ?

Pour toute réponse, Shion lui envoya un stylo dessus avec la précision d'une fléchette que le chevalier de la Balance évita de peu en refermant la porte et en explosant de rire. Shion quant à lui secoua la tête pour effacer cette question et reporta son attention sur son travail. La journée se passa sans trop de problème entre réunions avec les chevaliers et préparatifs pour la réception du samedi.

Le soir arriva vite et le Pope décida d'aller se reposer dans sa bibliothèque. Celle-ci revêtait les atours d'une immense rotonde aux murs tapissés de livres. Au milieu, étaient disposées quelques tables avec des chaises, on y trouvait aussi des fauteuils et des canapés très confortables. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde allait chez le Chevalier du Verseau pour prendre un livre : « mais bon, tant pis ! se disait-il ».

Il était là pour tout oublier et se détendre en s'évadant dans la lecture. Il se dirigea alors vers le fond de la bibliothèque et grimpa sur l'une des échelles amovibles. Tout en gravissant peu à peu les marches, il balayait des yeux les diverses côtes qui s'offraient à lui quand il fut attiré par une tranche rouge sans inscription dessus.

Il l'attrapa et regarda la couverture, celle-ci non plus n'avait aucune écriture il tourna le livre dans tous les sens et ne découvrit aucun symbole, juste du cuir rouge. Cela l'intrigua.

Il le prit alors avec lui et descendit de l'échelle pour aller s'installer dans un fauteuil avec un repose-pieds juste devant. Après s'être positionné confortablement, il ouvrit le livre et tomba sur un texte écrit en Grec ancien. Il pensa qu'il avait bien fait de demander à Aiolos – Chevalier du Sagittaire – de lui apprendre à le lire. Il commença donc la lecture.

Cher grand pope,

Je me présente, je suis le premier grand pope du temple d'Athéna et je suis une femme. Je t'écris pour que tu saches pourquoi j'ai fait ce choix. J'imagine qu'on va te dire que je suis une traîtresse, mais sache que je suis la personne qui aime le plus au monde la déesse Athéna. Je voulais juste trouver un moyen d'être reconnue par elle et pouvoir rester auprès de mon homme sans la blesser.

Je me pose souvent la question suivante : Entre le devoir et la foi d'un Grand Pope pour sa déesse et l'amour et la fidélité envers son âme sœur, qu'est- ce qui est le plus important ?

Shion était subjugué par le fait d'avoir trouvé un texte remontant à plus de cinq mille ans et s'adressant à lui et à tous les Grands Popes avant lui il n'était donc pas le seul à avoir pensé à laisser une trace de son passage ainsi que de celui de ses confrères chevaliers sur terre.

Captivé par sa lecture, il en fut sorti quand il entendit un cri hors de la bibliothèque ; se précipitant vers le bruit, il en fit tomber son livre. Depuis le pas de la porte, il découvrit une des servantes accroupie, ramassant un plateau et la collation qui se trouvait dessus. Il se baissa pour l'aider à ramasser le tout quand il vit une tache rouge sur la main de la jeune femme.

- Tout va bien ? votre main ? fit-il remarquer.

- Oh ! Ce n'est rien, je me suis brûlée mais rien de grave. Grand Pope relevez-vous, que faites-vous ?

- Je vous aide.

- Bien sûr que non tout ira bien. Vous ne pouvez pas…

- Chut ! Attendez ! Je vais vous soigner. Que s'est-il passé ?

- Quand j'ai vu que vous ne vous étiez pas présenté au dîner, j'ai voulu vous apporter du thé et de quoi vous restaurer. Mais ne vous voyant pas dans le bureau, j'ai pensé que vous étiez dans la bibliothèque. En arrivant dans le couloir, j'ai glissé et renversé le plateau sur moi… quelle sotte je fais…

Shion l'écoutait tout en faisant passer son cosmos sur la brûlure pour la soigner, puis il reprit :

- Êtes-vous brûlée ailleurs ?

- Non… Merci.

- De rien. C'est moi qui devrais vous remercier de vous occuper ainsi de moi, lui sourit-il.

- Non, c'est normal… On sait tous combien vous travaillez dur en ce moment. Mais si vous voulez tenir le rythme, il faut que vous mangiez un peu et que vous vous reposiez aussi, murmura la jeune fille.

- Justement, je lisais pour me détendre.

- Oh pardon ! Je vous ai dérangé, dit-elle gênée.

- NON ! s'écria l'homme dont le haussement de ton ne semblait pas très approprié à la situation. Merci, reprit-il plus doucement pour ne pas surprendre à nouveau la jeune femme.

Un peu confus, ils terminèrent de ramasser le plateau en silence et la jeune fille repartit vers les cuisines tandis que Shion retournait vers son fauteuil et son livre. Mais trop fatigué pour continuer la lecture, il prit l'ouvrage et se dirigea vers sa chambre pour se glisser sous les draps et s'endormir.