Bonjour,
Je vous remercie de me suivre encore, voici le 4ème chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Les préparatifs et la vie continue dans le Sanctuaire pour la réception du samedi. Bonne lecture à bientôt Peace'.
Chapitre 4 : J-3 Athènes.
En se levant ce mercredi matin, Shion se sentit bizarre. Il ne comprenait pas pourquoi il avait ce mauvais pressentiment, mais il se leva tout de même pensant que cela pouvait provenir d'un stress dû à l'organisation du brunch de samedi. Après une douche rapide et s'être habillé, il partit déjeuner. Il était affamé, n'ayant rien mangé le soir d'avant.
« La jeune femme hier avait raison, pensa-t-il, il faudrait vraiment que je fasse attention à bien me nourrir pour rester en bonne santé et pouvoir aller au bout de mon travail. »
Donc après avoir ingurgité sa collation, il repartit dans son bureau pour se replonger dans son activité. La journée se passa sans soucis majeurs entre réunions et paperasses à remplir. Puis en fin d'après-midi, alors qu'il se rendait au temple de la Balance pour s'entretenir avec Dohko sur la marche à suivre pour la sécurité du sanctuaire, il croisa Aphrodite – Chevalier des Poissons – dans son temple.
- Bonjour Chevalier des Poissons, tu vas bien ? Puis-je passer pour me rendre chez le Chevalier de la Balance ?
- Tchip !
Shion sursauta en entendant la réponse de son confrère, mais surtout en voyant la position qu'avait prise Aphrodite. Le Chevalier des Poissons était assis sur une balustrade de son jardin, entouré de ses roses. Simplement vêtu d'une chemise ouverte sur son torse blanc laiteux et d'un short assez court, on pouvait découvrir de sa personne ses fines et longues jambes bien musclées grâce aux entraînements qu'il suivait mais aussi aux montées et aux descentes qu'il pouvait effectuer sur les marches du sanctuaire. Croisées l'une sur l'autre, Shion les détailla depuis les pieds nus et fins du Chevalier en passant par les chevilles, les mollets robustes, les genoux bien faits pour finir par les cuisses bien charpentées. De là, Shion imagina à quoi pouvaient bien ressembler les fesses cachées par le short, puis il s'attarda un instant sur le torse du Chevalier. Quand il finit par remonter vers le visage, ce dernier exprimait une rare moue sérieuse ainsi qu'une étrange concentration qu'il n'était pas donné de voir tous les jours sur le beau visage du maître des Poissons. Shion était littéralement sous le charme et il pensait : « les gens ont vraiment raison, cet homme est un pur fantasme vivant ! »
Dans ce magnifique tableau que lui offrait le chevalier, ce qui l'intrigua le plus ce fut la paire de lunettes qui se trouvait sur son nez ainsi que le livre dans ses mains. Celles-ci étaient tout aussi fines et élégantes, et les ongles manucurés les rendaient encore plus attrayantes. Shion se reprit et balbutia :
- Que ?… Que fais-tu ?
- Hein ! Ah Grand Pope vous êtes là ?
- Oui, tu fais quoi ?
- Je lis, répondit le Chevalier des Poissons.
- Oui je vois ça, mais que lis-tu pour être si concentré ?
- Oh ! un livre que j'ai emprunté à Camus sur la fertilisation des roses.
- QUOI ? S'insurgea le Grand Pope.
- Euh ! Grand Pope, tout va bien ? Pourquoi vous énervez-vous comme ça ?
- Pourquoi ne pas être venu dans la bibliothèque du treizième temple ?
- Oh ! eh bien ! J'ai déjà tout lu sur ce sujet. Alors quand j'en ai parlé à Camus, il m'a fait savoir qu'en ce moment il était disposé à ouvrir sa bibliothèque au public et m'a proposé de venir voir si un livre m'intéresserait. Je dois dire que j'en ai trouvé plusieurs dont celui-ci. Sa bibliothèque est immense sûrement autant que celle du treizième temple. En fait il m'a dit qu'elle avait été créée depuis le premier Chevalier de son rang. Qu'ils étaient tous des érudits et de fervents lecteurs qui se créaient une bibliothèque. Vous imaginez des livres provenant de cinq mille ans enarrière et en parfait état ! Vous devriez y aller et jeter un coup d'œil vous-même Seigneur Shion.
- Effectivement, tu n'es pas le premier à m'en parler, j'irai y faire un tour. Puis-je passer ton temple pour descendre ?
- Oui bien sûr Maître. Bonne soirée.
- À toi aussi Chevalier.
Shion reprit sa descente vers le temple de la Balance laissant son subordonné se replonger dans son livre. Tout en dévalant une à une les marches menant à la onzième maison du sanctuaire, il repensaità ses discussions avec Aphrodite et Dohko sur la bibliothèque de cette maison.
Son esprit dériva sur son Chevalier, il l'avait croisé dans l'une des réunions de l'après-midi. Dohko avait raison même s'il se le cachait à lui-même, Camus du Verseau ne le laissait pas indifférent. Ses réflexions en restèrent là car il arriva au seuil du domaine. Alors qu'il pénétrait dedans, il appela son propriétaire qui ne répondit pas. Il s'enfonça davantage dans l'antre du Verseau et l'apostropha à nouveau, mais toujours aucune réponse.
Tout en continuant vers le domaine de la Balance il vit la porte des appartements privés du Verseau entrouverte. Pensant que peut-être celui-ci ne l'avait pas entendu, et qu'il serait impoli de traverser sans autorisation de sa part il se permit de pousser la porte pour voir le Chevalier.
À l'intérieur, le salon était vide. La pièce était scindée en deux espaces : d'une part, une salle à manger avec une table pour quatre accompagnée de ses chaises et d'un vaisselier ; d'autre part, un salon agrémenté d'une table basse, d'un fauteuil, d'un canapé et pour finir, d'une bibliothèque murale – pas si grande que ça finalement, et il ne comprenait pas pourquoi tout le monde en parlait autant. S'avançant vers elle, il vit un espacement. La bibliothèque servait de porte à un lieu caché.
Shion laissa la curiosité l'emporter sur la raison, mit sa main sur la bibliothèque et la poussa pour se frayer un passage vers le souterrain. Il descendit le colimaçon et parvint à une immense galerie. Elle devait être enterrée au moins dix mètres sous terre, mesurait trois mètres de hauteur et s'étendait sur un long couloir d'environ trois kilomètres, semblant passer ainsi sous le douzième temple jusqu'à atteindre peut-être le treizième.
Il y vit des livres recouvrant les murs mais aussi des allées d'étagères, pleines à ras bord. Le plafond était voûté, et dessus, on pouvait y voir différentes peintures semblant narrer une histoire, mais le Grand Pope ne s'attarda pas dessus. Il se déplaça dans les allées en balayant des yeux les milliers d'ouvrages devant lui, il ne savait plus où donner de la tête. Au bout d'un moment il atteignit le fond du tunnel. A cet endroit se trouvaient une rotonde avec une cheminée pour l'éclairer, un tapis de fourrure confortable pours'asseoir à même le sol et enfin, deux fauteuils se faisant face avec chacun une petite table de chevet pour poser livres et tasses. Malgré la pierre grise et le peu de décoration qui s'y trouvait, le salon paraissait chaleureux. Shion prit la décision de regarder de plus près les livres. Comme le soir d'avant dans sa bibliothèque, il décida de monter sur l'une des échelles attenantes au mur de livres. Il gravissait les marches quand son regard fut attiré par une tranche de cuir rouge qu'il pensa reconnaître. Il prit donc le livre et fut surprit de voir que, tout comme celui de son temple, celui-ci ne portait aucune inscription. Alors mu par la curiosité, il rebroussa chemin avec le bouquin et alla s'installer sur le tapis de fourrure qui s'offrait à lui. Après s'être assis en tailleur, il entreprit d'ouvrir le livre afin de survoler les premières lignes.
Cher chevalier du Verseau,
Je me présente, je suis le premier Chevalier du Verseau. Je t'écris pour que tu saches qui j'étais etpourquoi j'ai fait ce choix. J'imagine qu'on va te dire que je suis un traître, mais sache que j'aime Athéna plus que tout et je voulais juste trouver un moyen de réconcilier les deux femmes de ma vie. Je me pose souvent la question : qu'est-ce qui est le plus important entre le devoir et la foi d'un Chevalier envers sa déesse et l'amour et la fidélité envers son âme sœur ?
Le Grand Pope n'en revenait pas. Ces quelques lignes faisaient écho aux premières lignes rédigées par le premier Grand Pope lui-même. De plus, ce Chevalier se présentait comme étant aussi le premier de sa lignée. La formulation était la même, tout comme le questionnement. Shion se demandait si cela était une coïncidence ou non ? Mais il en doutait. Cela l'intriguait de plus en plus.
De quoi ces deux personnes voulaient-elles parler ? Comment pouvaient-elles écrire des choses si semblables ? L'avaient-elles fait ensemble ? Tout comme leur trahison ? Et de quelle trahison parlaient-elles ?
Tous ces questionnements ne permirent pas au Grand Pope de sentir la présence d'un individu se rapprochant de lui par derrière. Aussi, quand il voulut reprendre sa lecture, il fut surpris de sentir une main se poser sur son épaule et une voix grave déclarer :
- Puis-je savoir ce que vous faites là sans permission Monseigneur ?
Shion sursauta, lâcha le livre devant lui tout en se dégageant de la prise. Et bien que toujours en tailleur, il se retourna pour faire face à l'homme qui se trouvait derrière lui. Il leva les mains comme pour se défendre puis les rabaissa quand il reconnut la silhouette qui le surplombait. Il n'eut pas le temps de réfléchir que l'homme se penchait déjà vers lui, plaçant une de ses mains sur ses hanches afin de garder l'équilibre pendant que l'autre vint lui enserrer la mâchoire pour le forcer à le regarder dans les yeux. Les orbes roses du Grand Pope entrèrent ainsi en contact avec celles bleu glacial du Maître des Glaces.
- Dois-je réitérer ma question ?
- Je… pardon… Je…
- Oui, je veux bien vous pardonner. Mais pour cela il faudra d'abord accepter votre punition, énonça d'une voix froide le Propriétaire des lieux qui de surcroît était affublé d'un sourire carnassier.
- Une… pu…ni…tion, articula avec difficulté sonsupérieur hiérarchique.
Toujours debout, le chevalier du Verseau rapprocha davantage sa tête de celle du Grand Pope, au point que leur nez comme leurs lèvres semblèrent se frôler jusqu'à ce que ces dernières glissent sur un côté du visage de l'homme en tailleur pour venir se coller près d'une de ses oreilles. Après avoir soufflé doucement dessus, il lui expliqua :
- En effet une PUNITION, dit-il en insistant bien sur le dernier mot. Tout d'abord, pour être entré dans mon temple puis dans ma maison et enfin dans ma bibliothèque sans ma permission. Seuls les voleurs ou les espions font ça. En es-tu un ?
- Non pour… Commença Shion.
- C'est bien pour ça que je te pardonne, le coupa son hôte. Alors voyons la punition ? Oooh ! je sais, dit-il. Cet après-midi, j'ai vu que tu me déshabillais du regard pendant la réunion. Peut-être veux-tu explorer une certaine partie de mon anatomie ?
Shion ne comprenait rien. Qui était cet homme ? Sûrement pas Camus, le Chevalier du Verseau ? Jamais celui-ci ne lui aurait parlé ainsi, pensa-t-il. Pourtant ce ne pouvait être que lui. Cette magnifique chevelure bleue dont les yeux étaient assortis. Ces lèvres fines et ce corps musclé par l'entraînement.
Le Maître du sanctuaire savait qu'il le reconnaîtrait où qu'il soit. De plus cette voix enivrante qui lui donnait des frissons à chaque fois qu'elle volait dans les airs n'appartenait qu'au Maître des Glaces qui, disait-on, avait un cœur aussi froid que celles-ci.
En venant caresser sa joue et remonter sur le haut de son visage, la main qui maintenait sa mâchoire le fit sortir de ses pensées. Elle glissa ensuite vers sa nuque, les doigts venant empoigner la chevelure verte pour faire basculer son visage vers le haut.
Dans un mouvement sec, l'autre l'amena à se redresser plus sur ses genoux tout en s'avançant d'un pas vers lui.
À ce moment-là, le Grand Pope prit conscience que son visage était à hauteur de l'entrejambe de son vis-à-vis. Alors que le Verseau déboutonnait son pantalon d'une main, de l'autre il maintenait fermement son homologue, lui empêchant tout mouvement de recul. Ce dernier allait s'insurger quand il entendit quelqu'un crier :
- CAAAMUUUS OÙÙ ES-TU ? S'écria un homme.
- Tss… toujours là quand il faut pas celui-là, soupira le dit Camus.
Shion écarquilla ses yeux de surprise, puis il vit Camus reboutonner son vêtement et l'entendit murmurer pendant qu'il le relâchait :
- Ce n'est que partie remise Monseigneur. Puis il se retourna et cria : JE SUIS AU FOND MILO.
Le Grand Pope sortit de sa torpeur. Animé par l'espoir de quitter cet endroit au plus vite, il se releva en prenant de façon machinale le livre qu'il avait découvert plus tôt.
Prenant ses jambes à son coup, il dépassa son confrère et avança vers la sortie, sans oublier au passage de saluer le Chevalier Milo du Scorpion et de s'excuser de les abandonner sans autres cérémonies.
En arrivant à l'extérieur du temple, il s'aperçut qu'un bon nombre d'heures étaient passées car la nuit était tombée. Alors au lieu de continuer son chemin vers la maison de la Balance, il préféra rentrer chez lui et se coucher sans manger comme la veille.
