Bonjour,
Je vous remercie de continuer à me lire. J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres, voire plus. On arrive peu à peu au jour J pour « la réunion de famille ». Un chapitre assez long qui montre la vie dans le Sanctuaire d'Athéna. La préparation, mais aussi des révélations sur le passé d'un chevalier. Bonne lecture à vous et à dans un mois. Biz Peace'.
Chapitre 5 : J-2 Sanctuaire d'Athéna.
C'est la faim qui, ce jeudi matin, réveilla le représentant d'Athéna sur terre. Quand il se leva, la tête lui tournait, un phénomène sûrement dû au manque de nourriture. Aussi, après s'être douché et habillé, il se mit en marche vers la salle à manger, pour se sustenter d'un bon petit déjeuner. À table, il mangea en compagnie d'Athéna et des bronzes divins. Sa déesse profita du calme qui régnait dans la pièce pour prendre la parole :
- Shion, comment ça se passe pour samedi ?
- Bien. En venant ici, on m'a fait savoir qu'on avait reçu des courriers des différents sanctuaires.
- Fais-moi connaître les réponses.
- Bien.
Le repas se poursuivit en silence, seules quelques phrases avaient été murmurées tel un bruit de fond. Quand la collation fut terminée, Shion se retira dans son bureau. Sur celui-ci se trouvaient les lettres dont on lui avait parlé, avec lesquelles il fit des tas, des plus importantes au moins intéressantes.
La première qu'il attrapa venait d'Hadès qui serait accompagné de ses trois juges, de sa sœur et prêtresse Pandore et des jumeaux divins Hypnos et Thanatos. Effectivement, il n'avait pas pensé qu'Hadès jouerait la carte de « la réunion de famille » pour venir avec le plus de monde possible. « Bah, pourquoi pas ? se dit-il. » Pour une raison qu'il ignorait, Shion se disait qu'Hadès ne ferait rien contre le sanctuaire.
La seconde était celle de Poséidon. Elle paraissait plus formelle. On pouvait ressentir toute la mauvaise humeur de son rédacteur. Lui ne viendrait qu'avec trois Marinas, mais n'avait pas pris le temps de citer lesquels. Ce dieu pourrait poser problème, il faudrait en parler avec Athéna et voir comment gérer son passage dans le domaine sans déclencher une nouvelle guerre. Il espérait que son enveloppe charnelle, en la personne de Julian Solo, aurait l'avantage sur le Dieu lors de la rencontre.
Le jeune homme était plus conciliant et surtout plus aimable et intéressant. Shion avait discuté avec lui à une ou deux reprises. Julian, malgré son jeune âge, était très mature. Il savait comment administrer le royaume sous-marin ainsi que le patrimoine de la famille Solo sur terre d'une main de maître. Shion l'admirait pour cela, car même s'il adorait sa déesse, ainsi que son hôte Saori Kido, cette dernière n'y connaissait rien en gestion des affaires. Durant tout ce temps,Saga et lui avaient été les seuls à diriger le sanctuaire pendant que son tuteur Tatsumi régissait l'empire Kido. Alors cet homme – Julian – avait tout son respect, mais le dieu qui habitait son corps lui tapait sur le système.
Il ouvrit ensuite les autres enveloppes, découvrant que tous les dieux ressuscités allaient venir. Les autres n'avaient pas répondu, leur correspondance arriverait sûrement plus tard ou peut-être n'étaient-ils pas revenus sur terre. Ce qui l'étonna le plus ce fut de voir certains dieux répondre ensemble ; des affinités qu'il ne connaissait pas...
C'est à ce moment-là qu'Athéna et Dohko débarquèrent dans son bureau. Il fut surpris mais n'en montra rien.
- Alors quelles sont les nouvelles ? demanda Athéna.
- Tout le monde vient majesté. Il nous manque quelques réponses mais je me demande si ces dieux sont revenus à la vie.
- Bien. Nous verrons ça, je vais me renseigner.
- Merci déesse. Dohko de la Balance, vous désirez… ?
- J'accompagne Athéna.
- Je me demandais… dit tout à coup la divinité, on devrait se renseigner sur les connexions entre notre sanctuaire et ceux des autres dieux. Comme Hyoga et Camus qui connaissent Isaak de Poséidon ainsi que Kanon, qui a passé du temps chez mon oncle. On pourrait ainsi en connaître davantage sur nos futurs hôtes.
- Oui, je vais faire des recherches immédiatement et convoquer les chevaliers. Cependant, je pense qu'on ne devrait pas déranger le Chevalier du Verseau pour cela alors qu'on aura Hyoga et Kanon pour nous parler du sanctuaire sous-marin et d'Isaak.
- Pourtant je pense que cela pourrait être utile, c'était son maître et il doit bien le connaître, fit Dohko.
- Je pense… commença Shion.
- Tu as tout à fait raison Dohko, trancha Athéna.
- Bien, soupira Shion, je vous appelle quand j'aurai la liste.
Puis Athéna partit, suivie de Dohko, souriant d'avoir gagné contre Shion. Celui-ci savait que ce n'était que partie remise avant de pouvoir prendre sa revanche.
Il se leva et partit à la bibliothèque. Là-bas, il se dirigea vers les archives et compulsa les différents dossiers.
Il commença par les Saints d'or, leur vie, leurs missions, les rapports... cela lui fit repenser aux deux autobiographies qui l'attendaient sur sa table de nuit. Il ne savait pas pourquoi, mais cela l'intriguait. Pour l'instant toutefois, il devait se concentrer sur sa mission, c'était le plus important. Aussi, il se pencha à nouveau sur les dossiers.
Vers midi, alors qu'il était encore dans la bibliothèque, une jeune fille vint lui apporter un plateau repas :
- Monseigneur, j'ai eu ouï-dire que vous aviez des recherches à faire. Alors j'ai pensé que vous alliez encore sauter un repas. Je me suis donc permis de vous apporter une collation.
- Oooh ! merci. Oh, mais… tu es la jeune femme de la dernière fois ?
- Oui.
- Dis-moi, à quoi dois-je l'honneur d'avoir un ange gardien particulier ? demanda Shion.
- Je vous l'ai dit mardi soir, je sais combien vous travaillez beaucoup.
- Mais…
- Ce travail est bénéfique à tout le sanctuaire, alors il est de notre devoir de vous aider grâce à nos compétences. Les miennes sont de vous amener de quoi vous nourrir pour vivre.
- Je vois. Merci « mon ange », ajouta le Grand Pope avec un petit sourire.
- De rien, et maintenant mangez ! ordonna la jeune femme d'une voix douce accompagnée d'un petit sourire. Et avant que j'oublie, mon nom est Noémie.
Shion hocha la tête et sourit à nouveau en regardant Noémie sortir de la bibliothèque. Il se promit de se souvenir de son nom, car il allait sûrement la revoir très bientôt étant donné qu'elle avait décidé de s'occuper de lui. Cette attention envers sa personne le touchait, très souvent absorbé par son travail, il en oublié jusqu'à manger. Après avoir ingurgité son plateau repas, il se remit au travail et finit vers le milieu de l'après-midi.
En relevant la tête, il s'aperçut que son repas avait disparu. Sûrement que Noémie – son ange gardien – y était pour quelque chose il se dit qu'il devrait la remercier pour sa discrétion. Il repartit alors vers son bureau pour convoquer les différents chevaliers.
Shion avait fait part à Athéna de la liste des chevaliers à interroger. La déesse était revenue accompagnée de Dohko. Après plusieurs interrogatoires bien ciblés, le dernier chevalier entra dans le bureau du Maître du sanctuaire. Il devait être vingt heures. Shion redoutaitun peu ce face-à-face mais n'en montra rien. Tout comme le nouvel arrivant. Une expression neutre, un regard sûr, le Chevalier des Glaces se plaça devant le trio, et d'un ton ferme le salua :
- Déesse Athéna. Chevalier Dohko. Seigneur Shion. Bonsoir.
- Bonsoir, répondirent en même temps les trois interpellés.
- Que puis-je pour vous ?
- Répondre à quelques-unes de nos questions, répondit Shion en invitant le chevalier à s'asseoir.
- Bien, que voulez-vous savoir ?
Shion lui tendit un dossier que le chevalier compulsa. Il était composé d'une feuille avec peu d'écriture et d'une vieille photo d'un jeune homme d'environ douze ans. Il se souvenait de cette photo mais ne montra rien comme à son habitude. Puis il releva la tête en attendant la suite.
- Que peux-tu nous dire sur lui ? Interrogea le Grand Pope.
- Pas grand-chose, répondit l'homme gêné.
- Vraiment ?
- Je…
- Il y a un problème chevalier ? Demanda Dohko
- Non, c'est juste que je ne sais pas quoi vous dire.
- Tout, s'impatienta Shion.
Dans le bureau, un courant glacial passa entre les différents protagonistes. Shion s'énervait et son vis-à-vis se renfermait, alors le chevalier de la Balance intervint en mettant une main sur l'épaule de son vieil ami pour le calmer avec son cosmos, puis prit la parole :
- Camus, excuse notre supérieur. Comme il se fait tard, il est très fatigué et gère mal ses humeurs.
- Dohko, siffla Shion.
- Mais Camus, je comprends qu'il t'est difficile de parler de ton enfance.
- Ce n'est pas ça… c'est juste que…
- Tu l'aimes ?
À ces mots, les trois chevaliers se figèrent, et comme un seul homme ils se tournèrent – les yeux exorbités – vers la seule femme présente en ces lieux. Celle-ci se tenait droite, la tête baissée et jouant avec ses mains. Quand elle sentit leur regard arriver sur elle, elle se mit à se dandiner d'un pied sur l'autre. Elle releva alors la tête en rougissant et reprit d'une voix hésitante :
- Pardon… je n'aurais pas dû dire ça.
- Non… ce n'est rien, Majesté, répondit Camus presque dans un murmure.
- J'ai bien remarqué, reprit Athéna, et ça ne me dérange pas vous savez.
- Quoi donc ? demanda Dohko intrigué par les dires de sa déesse.
- Que… la plupart d'entre vous aime les hommes, répondit Athéna.
Pris au dépourvu, Dohko et le Grand Pope se regardèrent un instant, puis un bruit de chaise raclant le sol les réveilla. En se tournant vers l'origine du bruit, ils trouvèrent Camus affalé sur celle-ci.
- Merci Majesté… je suis ravi de l'apprendre. Pour autant, je n'ai jamais eu l'occasion de… consommer dirons-nous. En fait, avec ce garçon, nous avons à peine échangé un baiser le dernier soir où nous nous sommes vus…
Camus semblait se livrer pour la première fois. Les trois autres l'écoutaient religieusement quand il se redressa subitement sur son siège et qu'il reprit un visage glacial pour ajouter :
- Cela fait dix-sept ans que je ne l'ai pas vu. J'ai vécu mon entraînement avec lui et nous étions inséparables. Mais pour avoir l'armure d'or nous avons dû nous battre. Après que j'ai remporté l'armure, il est parti avec lui.
- Son nouveau dieu.
- Non, son dieu… Excusez-moi je vais essayer de vous expliquer, mais même pour moi c'est assez difficile à raconter.
Tout a commencé le jour de mes cinq ans. Jusque-là, je vivais paisiblement avec mes parents dans notre demeure familiale. Ils avaient décidé de m'amener au restaurant pour mon anniversaire. Tout s'était bien passé, mais au retour nous avons eu un accident de voiture. Alors que mes parents sont morts sur le coup, moi je suis resté bloqué dans la voiture. Au début j'étais inconscient et le bruit d'une explosion m'a réveillé. Puis j'ai vu des flammes sur le devant de la voiture, le moteur venait de rendre l'âme et prenait feu. Je pris peur et hurlai pour avertir mes parents, mais je compris vite qu'ils ne me répondraient plus jamais. J'essayai de débloquer ma ceinture pour quitter le véhicule avant de brûler vivant mais la peur me fit perdre mes moyens. Mes mains glissaient sur le mécanisme et la panique augmentait en moi. J'ai vraiment cru que j'allais mourir ce jour-là. Quand à un moment, je vis la porte en face de moi être arrachée de ses gonds et voler dans les airs, puis un jeune garçon de mon âge vint à côté de moi dans l'habitacle. Une voix d'homme à l'extérieur se fit entendre – sûrement celui qui avait débarrassé la voiture de sa portière –.
- Dépêche-toi, l'incendie se propage.
- Ok, je fais au plus vite, répondit l'enfant avant de me regarder et de me dire : je vais te sortir de là. Pour l'instant respire et laisse-moi faire.
Je hochai la tête et il apposa ses mains sur la ceinture de sécurité. D'abord, il hésita un instant, me regarda en souriant et fit geler le plastique qui retenait la ceinture et qu'il broya d'une main ferme. Enfin libéré, je pus bouger l'enfant me prit la main et m'extirpa de l'auto. À peine avais-je mis mon nez dehors qu'un grand homme nous prit dans ses bras et se mit à courir le plus loin possible. Très peu de temps après, la voiture vola en mille morceaux. Nous fûmes protégés par un mur de glace et le corps de l'homme. Tout en continuant de nous serrer contre son torse, ce dernier demanda au gamin :
- Tu vas bien ? Qu'est-ce qui t'a pris de courir vers la voiture comme ça ?
- Je vais bien, ne t'inquiète pas. On n'allait pas le laisser brûler ?
- Comment tu as su qu'il était là ?
- Je ne sais pas, j'ai juste senti sa détresse et son cosmos.
- Cosmos ?
- Oui, il a le même que le nôtre.
- Que veux-tu dire ?
- Il avait commencé à geler le mécanisme avant que j'arrive.
- Oh !
- Oui, on le prend avec nous ?
Je vis l'homme me regarder droit dans les yeux et me demander :
- Tu as quelqu'un d'autre que tes parents ?
- …
- N'aie pas peur, fit le garçon à mes côtés.
- Je n'ai personne.
Le môme me prit dans les bras et me dit :
- Je m'appelle Méthos, j'ai cinq ans aujourd'hui et je suis un futur chevalier d'Athéna. Lui c'est Maître Frost, il est le grand maître du sanctuaire des Glaces. Je m'entraîne à avoir l'armure d'or du Verseau. Veux-tu venir avec nous ?
Je les regardais tour à tour et malgré la douleur d'avoir perdu mes parents,je me sentais en sécurité dans leur bras. Alors inconsciemment, mon corps bougea pour dire « oui ». À ce moment-là, Méthos me sauta dessus pour me prendre dans ses bras et me dit :
- Pardon mon grand, je suis si navré pour tes parents, mais si content de t'avoir rencontré. Je sens que toi et moi on va être inséparables. Puis se retournant vers l'homme, il rajouta : J'aime cette mission, elle m'a permis de fêter mon anniversaire et d'avoir le plus beau cadeau du monde, un frère.
- Méthos, ça suffit ! Excuse-le, il est toujours comme ça, mais on s'y fait à la fin.
- Maître vous êtes dur… mais au fait, comment tu t'appelles et tu as quel âge ?
- Je suis Gabriel et j'ai eu cinq ans aujourd'hui aussi.
Le jeune garçon sourit et resserra son étreinte, je sus à cet instant que j'étais enfin chez moi.
C'est comme ça que j'atterris dans le sanctuaire pour devenir chevalier des Glaces. Au cours des dix années qui suivirent, mes entraînements se succédèrent, et je consolidai par la même occasion mon amitié avec Méthos.
Nous avions développé une affinité particulière grâce à nos pouvoirs. Quand nous les mêlions, ils nous rendaient plus forts et nos cosmos ne faisaient plus qu'un. Nous n'étions pas trop appréciés car nous étions les plus forts des apprentis. Même si Maître Frost faisait attention à ne pas le montrer, on voyait bien qu'on était ses préférés. Il nous permettait quelques entorses au règlement.
Puis vint le soir avant notre affrontement final. Après le repas du soir Méthos m'a rejoint dans ma chambre. On a parlé du lendemain et avant de repartir dans ses appartements, il m'a fait face, a attrapé ma nuque etm'a embrassé. Quand il a relâché son étreinte, il m'a dit :
- Pour te souhaiter bon courage et te dire adieu si je n'ai pas le temps de le faire demain. Il disparut dans le couloir avant que je n'aie eu le temps de réagir.
Le lendemain on s'affronta tout au long de la journée. Nous étionsà armes égales, mais Méthos me dépassait un peu. Malgré tout, j'arrivai à le mettre en difficulté et à l'empêcher de prendre totalement le dessus sur moi. L'une de nos attaques fut si puissante que nous fissurions la plaque de glace sur laquelle nous nous battions. Alors qu'on allait tomber dans l'eau, Méthos me projeta en arrière ce qui m'épargna une chute dans le lac et me sauva la vie.
En revanche, il n'en fut pas de même pour lui, et je vis sa tête taper contre la glace au moment où il glissa. Comme je ne pouvais me résoudre à le laisser s'enfoncer dans les profondeurs de l'étang, je plongeai à mon tour pour aller le récupérer.
Sous l'eau, je suivais son cosmos pour le rattraper etquand j'arrivai à lui, une chose se produisit :j'entendis trois voix en moi qui s'exprimaient en même temps et je ressentis deux autres cosmos.
- Ne le touche pas, fit une voix.
Et je sentis une personne m'attraper par derrière et me tirer loin de mon ami. Cette personne était l'un des deux nouveaux cosmos que j'avais sentis elle continua de parler :
- Tu t'occupes de lui ? Je te le confie.
- Bien sûr, je suis là pour ça. On se retrouve sur la berge, répondit la voix du second cosmos.
- Pitié « armure du Verseau », recouvre Gabriel et protège-le. Pitié « armure du Verseau », recouvre Gabriel et protège-le… psalmodiait Méthos dans sa tête.
- Bien sûr Méthos, je suis là pour ça, répondit la voix de l'être qui m'entourait.
Je tournai la tête et vit l'armure du Verseau recouvrant un homme ou plutôt un spectre qui me sourit pour me rassurer. Puis la figure humaine disparut et l'armure me recouvrit. Et là, je m'évanouis.
Quelques minutes plus tard, je me réveillai sur le bord du lac dans les bras de Maître Frost. À quelques pas de là, se trouvait le corps de Méthos. Je voulus m'en approcher mais mon tuteur me retint en me disant :
- Ne le touche pas.
- Pourquoi ? Demandai-je surpris.
- Car il n'appartient plus à Athéna mais à Lui. Il a toujours été à Lui. Il me l'a confié le jour de sa naissance en attente de ce jour.
Je regardais devant moi, une jeune femme portant un bébé s'était agenouillée devant Méthos. Elle posa le dieu nouveau-né et emmailloté dans des linges à ses côtés avant de succomber. Mon Maître porta son corps jusqu'à l'eau. Puis il revint vers l'enfant, le prit dans les bras et réveilla mon ami.
- Méthos, réveille-toi. Tu dois partir maintenant.
- Oui maître Frost, encore quelques secondes.
- Tu te souviens maintenant ?
- Oui, de tout.
- Gab… non Camus. C'est bien le nom du nouveau Chevalier du Verseau ?
- En effet, répondit l'adulte.
- Camus… Désolé, mais je dois partir avec mon dieu.
- Mais…
- Laisse-le partir. Comme je te l'ai dit, il Lui appartient. Quand Méthos était un bébé, il m'a été confié en me promettant qu'il t'amènerait à moi. Je ne sais rien de plus, seul Méthos sait, mais cela ne nous concerne plus. Tu dois juste savoir que maintenant, si tu le touches ou si vos cosmos entrent en contact, vous mourrez dans d'atroces souffrances, mais je n'en sais pas plus.
- Pourquoi ?
- Et alors que je posais la question, je vis mon ami se lever et emporter le jeune dieu dans ses bras. Je l'appelai, mais il ne se retourna pas. Depuis je ne l'ai pas revu et il ne s'est jamais vraiment épanché sur les années précédant notre rencontre. Je ne peux vous en dire plus.
- Merci pour tout, répondit Dohko.
- De rien, avez-vous encore besoin de moi ? demanda l'homme de Glace.
- Non tu peux partir, le congédia sa déesse.
Camus sortit du bureau et les trois autres restèrent silencieux pendant quelques minutes puis le chevalier de la Balance repris la parole :
- Qu'en pensez-vous ?
- Il nous ment, fit Shion excédé.
- Je ne pense pas qu'il mente mais il nous cache quelque chose, confirma Dohko.
- Nous le saurons bien assez tôt, mais je ne pense pas que Camus nous cacherait quelque chose qui puisse nous nuire. J'ai confiance en lui, énonça Athéna.
Sur ces mots, elle prit congé du Grand Pope et partit dans ses appartements. Dohko quant à lui se retira dans son temple. Shion soupira, rangea ses papiers et alla dans sa chambre.
Là-bas, un plateau l'y attendait –sûrement Noémie, pensa-t-il – décidément, cette jeune fille était vraiment une perle. Il ingurgita sa collation et s'apercevant qu'il était déjà plus de vingt-trois heures, il décida de prendre une douche et d'aller se coucher.
Un quart d'heure plus tard, il était allongé dans son lit et avait pris les deux biographies deses « ancêtres » pour en lire un morceau. Il ne savait pas par lequel commencer, alors il feuilleta le premier qu'il attrapa. Certains mots l'interpellèrent et il se dit qu'il devrait y porter plus d'attention. Il fit de même avec le second bouquin, et là aussi des termes l'apostrophèrent.
Alors qu'il allait choisir entre les deux livres, on toqua à sa porte. Il se leva pour aller voir qui passait par sa chambre à minuit passé. Habillé juste d'un caleçon, il enfila un peignoir et se dirigea vers la porte. Il eut à peine le temps de l'entrouvrir, qu'une main se faufila pour achever le travail. Une personne entra en trombe dans la chambre du Grand Pope, referma la porte aussi sec et, d'un mouvement brusque, plaqua dessus le propriétaire des lieux. Ce dernier fut si surpris qu'il ne put esquisser le moindre geste.
Et dans le même temps, il n'en eut pas l'occasion, car l'autre personne se jeta sur lui et lui happa les lèvres de manière à la fois féroce et fiévreuse. Le baiser sembla durer longtemps. Il sentit des mains défaire la ceinture de sa robe de chambre. Il voulut se défaire de la prise de son vis-à-vis quand des doigts frais effleurèrent ses hanches et ses flans.
Il fut parcouru par un double frisson, de froid et de plaisir. Il ferma alors les yeux et ressentit le cheminement de la pulpe des doigts qui l'assaillaient. L'une des mains poursuivit sa route sur son torse, titillant ses aréoles l'autre, plus agile, se déplaça dans son dos pour s'accrocher à sa nuque et accentuer ce baiser qui n'en finissait pas. Shion réussit à se défaire de cette puissante et glaçante étreinte et gémit de plaisir pendant que l'autre homme grognait de frustration.
Ce dernier plongea alors ses lèvres dans le cou du Grand Pope et l'embrassa, le lécha, le mordilla.
Shion sentait de plus en plus le désir monter en lui et murmura :
- …plus… hn j'en veux plus…
À ces mots, Camus perdit le peu de raison qu'il lui restait. Il plaça donc ses mains sous les fesses de Shion pour le soulever afin que leurs bassins se touchent. Le Grand Pope l'encercla de ses jambes et leurs deux érections entrèrent en contact le maître des lieux lâcha un petit cri de désir, signalant son abandon à l'autre homme. Ce dernier ne se fit pas prier deux fois, et commença par se ruer vers les lèvres de Shion. D'un baiser fougueux et virulent, il tenta de s'insinuer dans la bouche de son supérieur, comme pour l'empêcher de crier et le soumettre à sa volonté.
Alors que les deux hommes se perdaient dans une étreinte charnelle sans pareil, on toqua à la porte et une voix d'homme se fit entendre :
- Seigneur, pardon de vous déranger mais on a besoin de vous.
Shion repoussa son compagnon et répondit d'une voix essoufflée :
- Pour quelle raison ? … car là, je suis occupé…
- Je suis vraiment désolé, mais c'est très important… il y a eu un accident…
- Où ça ?
- Dans le quartier des servantes et… votre présence est fortement requise.
- Dis-lui d'y retourner et que tu arrives dès que tu peux, lui murmura l'homme à l'oreille.
- J'arrive dès que possible ; gérez le problème jusqu'à mon arrivée.
- Bien Monseigneur.
Les deux hommes entendirent les pas s'éloigner. Shion allait reprendre la parole quand il fut coupé par l'individu le maintenant dans ses bras :
- Quoique tu penses je ne peux pas te laisser partir dans cet état.
Et comme pour illustrer ses propos, il glissa une main entre leurs deux verges et débarrassa son aîné de son caleçon pour le masturber. Shion voulut rechigner, mais une décharge électrique – manifestation d'un plaisir consenti – le fit se cambrer et il perdit toute raison il finit par se mordre la lèvre pour s'empêcher de hurler.
Camus se tenait fermement sur ses deux jambes, ses années d'entraînement lui permettaient de garder cette position sans trop d'effort. Ainsi en équilibre, Le grand Pope se laissait guider, et attendait de voir ce qu'allait faire son subordonné. Le Chevalier des Glaces déboutonna son pantalon de sa main libre et positionna son sexe contre celui de Shion.
Les deux verges se frottaient l'une à l'autre dans la main de Camus, de manière de plus en plus énergique, jusqu'à ce que les deux hommes atteignent l'orgasme et jouissent dans un même râle puissant.
L'homme reposa doucement son amant sur ses deux pieds, et il ajouta avant de disparaître aussi rapidement qu'il était entré :
- Ne sois pas jaloux de lui. Tu es le seul qui m'intéresse…, Non, qui m'obsède !
Shion se retrouva seul dans sa chambre et souriait à l'évocation de ces derniers mots. Puis il se lava vite fait, s'habilla et partit dans le dortoir des servantes.
