Bonjour à tous,
Je suis ravie de vous revoir. Ce soir je vous offre la suite de notre déjeuner en famille. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture et bonne vacance à ceux qui en ont ce mois-ci. Biz à bientôt Peace'.
Chapitre 8 : Jour J, le déjeuner.
Comme il faisait un temps magnifique grâce à l'intervention d'Apollon, le Grand Pope avait finalement opté pour un copieux lunch sur la plus grande terrasse du treizième temple, et il avait donc convié tous les invités patientant dans la salle de réception à venir se regrouper à l'ombre de la grande statue d'Athéna. Des tables et des chaises avaient été installées autour des différents buffets chauds et froids. Shion choisit dans un premier temps de rester en retrait pour mieux observer les convives en train de discuter ou d'admirer la somptueuse vue qui s'étendait sous leurs yeux.
Ainsi, le serviteur d'Athéna ne put que constater ce qu'il avait supputé un peu plus tôt : les différents membres de la grande famille d'Athéna ne se mêlaient pas ou que rarement entre eux, à l'exception d'un petit groupe qui s'organisait autour du charismatique Méthos.
En effet, ce guerrier à l'apparence si froide au premier abord avait le don d'attirer les foules autour de lui : Dieux et Déesses comme Chevaliers ou encore Prêtresses.
Et même si cela l'intriguait fortement, Shion décida tout d'abord de s'enquérir du bien-être de ses invités en commençant par le Dieu Poséidon.
Le maître des eaux semblait en bonne compagnie, entouré de son escorte ainsi que de Hyoga et Camus. Isaak, également présent, était heureux de revoir son ancien compagnon d'arme et son maître, Camus. C'est pour cela que Hyoga et lui étaient partis dans une grande discussion. Ils racontaient au reste du groupe certains de leurs souvenirs d'enfances dans les pleines de Sibérie. Surtout leurs bêtises. Shion s'amusa de voir les plus jeunes – Sorrento et Thétis – pendus à leurs lèvres, alors que les deux plus âgés – Poséidon et Camus – étaient à moitié amusés, à moitié désabusés.
- Bonjour. Désolé de vous déranger. Tout va bien ? demanda le Grand Pope.
- Oui merci, répondit Poséidon en souriant.
- Bien, et encore toutes nos excuses pour ce léger contretemps.
- Oh ! Pas de problème, ajouta la Divinité en riant. J'ai l'habitude des lubies de mon frère et puis je pense qu'on va passer un bon moment. Je dois dire que je n'étais pas très sûr de vouloir venir, mais maintenant je vois ça plutôt comme des mini-vacances. Alors tout va bien, ne vous inquiétez pas.
- Je suis ravi de l'apprendre Seigneur, dit le dirigeant du sanctuaire rassuré.
Au moment où il prenait congé de ce groupe pour se diriger vers un autre, une voix l'apostropha par derrière, forte et évoquant chez lui de profonds souvenirs :
- Seigneur Shion, désirez-vous que je…
- Non, amuse-toi un peu. Tu as déjà bien travaillé aujourd'hui et ce n'est pas fini alors profite un peu des festivités, répondit Shion à son subordonné avec un sourire.
- Merci, s'inclina Camus.
Shion resta un instant interdit, captivé par le visage séducteur de son collègue. Il se reprit en espérant que personne n'aurait rien remarqué, puis il se déplaça vers d'autres personnes situées un peu plus loin du buffet.
Le temps d'atteindre son but, Shion observait les individus en face de lui. Comme un peu plus tôt dans la matinée celui-ci était impressionné par le dieu des morts et ses acolytes. Mais c'est le dieu Hadès qui attira le plus son attention car son attitude était bizarre. Même s'il parlait avec les siens, on voyait bien que son regard était porté ailleurs, plus précisément sur le rassemblement autour des maîtres de la guerre. Shion n'aurait pu dire lequel Hadès fixait le plus, mais il comprenait bien que c'était Méthos ou Arès qui l'intéressait.
Quand le maître du sanctuaire arriva à la hauteur du groupe du seigneur des morts, tous se retournèrent vers lui. Hadès s'avança et lui tendit la main afin de serrer la sienne.
Shion fut surpris de cette réaction – surtout après la dernière guerre – mais accepta la poignée de main avec plaisir. Lui aussi désirait la paix entre tous les dieux. Cela mettrait enfin fin à toutes ces guerres divines, et plus aucun enfant – comme l'était la plupart des chevaliers – ne serait envoyé au combat, privé ainsi d'une « vie normale ».
- Seigneur Hadès bienvenue, j'espère… commença Shion.
- Arrêtez de vous inquiéter, tout va bien. Mon frère vous l'a déjà dit, on a l'habitude des frasques de Zeus. Nous allons rester, moi aussi je veux la paix. Je veux…
- Oui Seigneur ?
- Non rien. On ne peut changer le passé, et certains crimes ne peuvent être pardonnés, n'est-ce pas ? murmura-t-il plus pour lui que pour l'assistance.
- Qui sait ? répondit Pandore. Si les excuses sont sincères et honnêtes et les torts partagés, alors il serait peut-être envisageable de faire table rase du passé pour aller de l'avant.
- Pandore ! Merci ma chère sœur, répondit apaisé le maître des enfers.
Tout le monde opina en écoutant les sages paroles de la prêtresse et Shion ne put se retenir d'ajouter :
- Que votre sagesse soit entendue et vos vœux exaucés.
Après cela, Shion prit congé d'Hadès et des siens avant de reprendre sa route vers un autre convive.
Apollon, maître du soleil, était plongé dans une profonde contemplation, l'air renfrogné, quand le serviteur d'Athéna arriva à sa hauteur. En suivant son regard, ce dernier compris qu'il fixait intensément certaines personnes présentes dans le plus grand groupe situé en face de lui.
- Seigneur, je…
- Tout va bien ! répondit Apollon, comme semblant sortir d'une grande torpeur. Cela n'a rien à voir avec père.
- Si je puis vous être utile ? demanda le maître du Sanctuaire.
- Savez-vous remonter le temps et changer le passé ? demanda d'un ton sec Apollon.
- Non, désolé… je… murmura Shion.
- Alors, vous ne pouvez rien pour moi. J'espère juste que l'attente ne sera pas trop longue, soupira le dieu de l'astre solaire.
- Je l'espère aussi, mon seigneur.
Shion ne préféra pas insister et laissa le Seigneur du soleil se battre avec ses démons. Au moment de s'éloigner, il jeta un dernier regard au Dieu et nota toute une palette d'émotions le submerger. Mais ce qui dominait le plus chez cet être divin était incontestablement la colère avec un soupçon de regret et une pointe de tristesse, le regard toujours figé vers le groupe qui lui faisait face. L'ancien Chevalier du Bélier qu'était Shion n'en démordait pas, il devrait faire la lumière sur tout ça avant qu'un incident diplomatique n'éclate et ne mette en péril cette journée de « réconciliation ».
Après il se dirigea vers une autre divinité qui avait aussi un regard mélancolique. C'était une très belle dame dont les traits du visage exprimaient un certain vécu malgré son apparence de jeune femme. Elle était en train de parler avec sa prêtresse et essayait de faire bonne figure, mais Shion avait compris que ce n'était qu'une façade.
- Mesdames, pardon de vous déranger.
- Oh non, Seigneur Shion, répondit en souriant la jeune prêtresse. Nous vous remercions de votre hospitalité. Nous espérons ne pas trop déranger.
- Bien sûr que non, les circonstances font que vous devez rester plus longtemps que prévu, la gêne serait davantage pour vous que pour nous.
- Je suis sincèrement désolée du comportement de mon frère, il a toujours été ainsi, sourit la déesse. Il faut toujours qu'on fasse à sa façon. Il n'est pas devenu notre Maître à tous par hasard. Même si au début ça aurait dû être… pardon, je m'égare, fit la Déesse comme si elle revenait à elle après une courte absence. Si Héra m'entendait… renchérit Déméter avec un rire forcé.
- Ma chère maîtresse, murmura Callysta, peinée de voir ainsi sa Déesse.
- Tout va bien. Pardon, chuchota la divinité de la terre.
- Si je puis vous être agréable en quoi que ce soit… ajouta le représentant d'Athéna dans un sourire gêné.
- Nous vous le ferons savoir, merci, remercia la jeune Callysta.
Après avoir salué le chevalier Andros et ses compagnons d'armes qui venaient de rejoindre leur déesse, Shion repartit saluer les autres invités.
Le Grand Pope était soulagé de voir dans les yeux du général autant d'amour et de dévotion envers sa maîtresse. Il pensait que cet homme pourrait peut-être un jour aider sa divinité à retrouver un sourire franc et à enlever cette lueur de mélancolie qui ternissait son si beau regard bleu.
Un bref tour d'horizon permit à l'ancien Chevalier du Bélier de constater qu'il ne lui restait qu'un seul groupe à saluer, celui où plusieurs divinités ainsi que tous les Chevaliers d'Or d'Athéna et quelques Chevaliers d'Argent et de Bronze se trouvaient.
Camus, Hyoga et Isaak les avaient rejoints et discutaient avec le chevalier Méthos. Ravi de voir tout ce petit monde réuni pour discuter de tout et de rien, Shion s'avança et pris en cours de route la discussion qui allait déjà bon train.
- Haha ! je vous assure, vous auriez vu votre maître dans sa jeunesse, il était moins froid et il n'avait pas un « balai dans le cul »
- Méthos ! s'écria ledit maître.
- Oh pardon ! s'excusa le Chevalier de la guerre, courbé légèrement en avant, les mains placées devant comme pour se protéger de l'offensé, tout en rigolant accompagné du reste du groupe. Avoue que c'est bien la première chose à laquelle on pense en te voyant, non ?
Tout le monde fit « oui » de la tête, sauf ses propres élèves qui, gênés, baissèrent la tête, mais dont les soubresauts de leurs épaules montraient qu'ils retenaient leurs fous rires.
- Il n'a pas tort, fit Kanon des gémeaux.
- Non je ne dirais pas ça, ajouta ironiquement Milo du Scorpion dans une grande hilarité. Je dirais plutôt que tu es réservé et attentif, ce qui peut te faire paraître hautain quand on ne te connaît pas.
- Une jolie façon de dire la même chose, renchérit le cadet de la troisième maison du sanctuaire.
- La ferme, siffla le maître des glaces. Tout d'abord, Méthos, je n'ai pas de « balai dans le cul » comme tu dis si bien, et je te rappelle que c'est à toi que je dois la notion de « cacher ses émotions » !
- Les cacher certes, mais pas les enfouir profondément en toi, précisa Méthos.
- Pfff… Quant à toi Kanon, je ne ferais même pas la liste de tes défauts, car j'aimerais faire autre chose de ma journée…
- Quoi ? s'insurgea le gémeau.
- Je voulais juste signifier qu'aussi froid et insensible que je puisse paraître, de mon vivant, je n'ai jamais trahi personne, ni manipulé les autres à des fins personnelles.
- Camus ! là tu vas trop loin, s'écrièrent Saga – le jumeau de Kanon – et Milo d'une seule voix.
Alors que le onzième chevalier allait répondre, une voix s'éleva :
- Et vous Grand Pope, qu'avez-vous pensé de notre Verseau la première fois que vous l'avez rencontré ?s'enquit Aphrodite des Poissons auprès de leur responsable, afin de désamorcer la situation.
L'assemblée se tourna d'un seul bloc vers l'interpellé qui, pris de court, répondit du tac au tac.
- La toute première fois que je l'ai vu, j'ai pensé qu'il serait un Chevalier admirable.
Shion positionna alors un de ses bras autour de la taille, et de l'autre, il vint attraper son menton avec le pouce et l'index, comme pour réfléchir à ce qu'il allait ajouter. Il ferma les yeux un instant et les rouvrit aussitôt, puis il lâcha le bas de son visage pour tendre l'index et énonça d'une voix claire :
- Enfant, il montrait des prédispositions d'intelligence et de sagesse qui se sont confirmées à son retour au sanctuaire : il était alors devenu un adolescent instruit. Quand je l'ai revu en spectre, j'ai pu admirer sa dévotion pour notre déesse. En retrouvant mon poste de Grand Pope, j'ai eu accès à son dossier et là, j'ai pu me rendre compte de tout ce qu'il avait fait pour le sanctuaire en quelques années. Aussi, je peux affirmer que ma première impression était la bonne. C'est un chevalier et un homme admirable qui n'a pas peur de se sacrifier pour son idéal et celui d'Athéna.
Médusé, le groupe regardait l'homme se tenant devant eux. En un instant, il avait brossé un portrait du chevalier des glaces qui avait captivé toute leur attention et avait fait taire tout le monde. On voyait qu'il était honnête et pensait réellement chacun des mots qu'il avait dits, qu'ils avaient été savamment pesés avant d'être énoncés.
Shion ne parlait jamais à la légère, surtout quand il s'agissait d'une personne d'intérêt, et d'autant plus s'il s'agissait de l'un de ses chevaliers.
Camus quant à lui baissa la tête en rougissant, il était à la fois gêné et heureux. Le Grand Pope lui avait fait l'un des plus beaux compliments qu'on ait pu lui faire. Surtout quand on voyait cette lueur dans ses yeux qui prouvait la sincérité de ses paroles.
Camus aimait voir cette étincelle dans le regard de son supérieur, elle montrait la fierté qu'il ressentait pour les siens, et cette fierté-là lui était destinée à ce moment-là.
Une voix s'éleva alors, accompagnée d'un sifflement, et les tira de leurs pensées :
- Quel compliment ! déclara Méthos. Seigneur Arès, vous pourriez en prendre de la graine.
- Toi aussi, répondit froidement le Dieu guerrier.
Tels des enfants, Méthos et Arès échangèrent un sourire complice tout en se tirant la langue, déclenchant l'hilarité générale parmi les convives.
La tension était retombée, « tant mieux », se dit Shion, « je n'ai vraiment pas besoin d'une émeute étant donné la situation… ».
Tout en se félicitant d'avoir désamorcé ce petit malaise, le Grand Pope remarqua subrepticement un échange de regards entre le bras droit d'Arès et le Chevalier des Poissons ce dernier fit un bref mouvement de tête comme pour le remercier.
Le serviteur d'Athéna reprit ses esprits et rejoignit la joyeuse compagnie qui était repartie dans ses grandes discussions.
Les conversations allaient bon train dans ce groupe, et ce, depuis un moment. Chacun y allait de son anecdote, souvenir d'entraînement ou histoire loufoque. Autant les Dieux présents que les Chevaliers d'Athéna, tous se prêtaient au jeu des récits épiques ou simplement drôles. Les petites tensions qui avaient surgi quelques instants auparavant avaient déjà été balayées par les rires qui résonnaient de-ci de-là.
Méthos profitait de l'instant, il semblait heureux, et surtout il se disait qu'à l'avenir il devrait être plus prudent avec le Chevalier du Verseau.
Ensuite, d'un simple regard, il balaya l'assistance.
Arès se tenait toujours aussi droit, impétueux et diablement fier, mais restait fidèle et protecteur en son for intérieur et de le voir ainsi à s'amuser autant réjouissait beaucoup Méthos. Le Dieu ne se privait pas pour parler de leur vie à Sparte, racontant bon nombre d'anecdotes sur leur quotidien : les entraînements, les études, les repas, etc.
- Une fois, dit-il, Aphrodite et Artémis ont voulu faire un gâteau, mais aucune des deux ne s'entendait sur les bonnes quantités d'ingrédients à mettre. Cela a fini en combat au sol ou les filles étaient recouvertes de farine.
- Je me souviens qu'en arrivant avec Arès, compléta Méthos, il éclata de rire en disant qu'un catch de farine s'était bien mieux qu'un catch de boue finalement !
L'auditoire était captivé par les histoires que leur narrait le jeune Dieu de la guerre, et tous autant qu'ils étaient ne cessaient de rire à ses bons mots.
En revanche, les deux jeunes Déesses étaient moins d'humeur, aussi pour se venger, elles sortirent elles aussi quelques perles croustillantes de derrière les fagots concernant leur frère.
- Et la fois où nous t'avons surpris dans le salon… en charmante compagnie, renchérirent ses sœurs en rigolant.
- Oooohhhh ! fit l'assistance, avant d'éclater à nouveau de rire face à un Arès rougissant de honte.
Même si les deux jeunes femmes semblaient heureuses, Artémis semblait préoccupée par quelque chose. Elle sentait bien le regard insistant de son jumeau sur elle, et cela la mettait de plus en plus mal à l'aise.
Radieuse, le petit Héphaïstos dans les bras, Aphrodite ne se douta de rien.
Méthos quitta des yeux le groupe autour d'Arès pour porter à nouveau son attention sur son vieux camarade, Camus. Il était devenu un grand chevalier, fort et intelligent et s'il n'avait pas manqué de le taquiner un peu tout à l'heure, il rejoignait l'avis du Grand Pope quant aux aptitudes qu'avait développées le Chevalier du Verseau. Et il en était fier, car il se disait qu'il avait contribué à sa manière à en faire l'homme qu'il était devenu aujourd'hui.
Puis il se tourna vers Shion qui dévorait des yeux le maître du onzième temple. Cela devenait intéressant car l'homme « au balai dans le cul » n'était pas en reste quand il observait furtivement son supérieur.
Méthos eut soudainement une désagréable sensation qui remonta le long de son échine, et qui s'amplifia quand une voix se fit entendre derrière lui.
- Bonjour messieurs dames, j'aimerais…
- Dégagez ! siffla Méthos en se retournant pour faire face à l'importun qui venait déranger sa tranquillité.
L'homme ne se départit pas et avança sa main vers le chevalier d'Arès et reprit :
- Bonjour Méthos, je…
- Arrêtez ! Je suis pour la paix, mais pas pour le pardon. Je veux bien faire des efforts, mais là vous allez trop loin. Ne nous approchez plus ! ordonna d'une voix froide le chevalier de la guerre, tout en repoussant violement la main tendue.
- J'aimerais…
- Ne comprenez-vous pas, s'énerva le plus grand en taille.
- Méthos, siffla Arès. Laisse-le parler.
- …
- Je souhaiterais m'excuser et…
- C'est bon, j'ai compris ! Alors je vais être clair : Je… ne… vous… pardonnerai… jamais ! Certaines actions sont impardonnables. Compris ? clarifia Méthos.
- Je suis d'accord avec lui, rajouta Artémis qui avait rivé son regard droit dans celui de son frère. Celui-ci baissa ses yeux de honte.
- Je comprends… fit le seigneur Hadès.
Méthos regarda l'homme en noir repartir vers les siens sans broncher. Puis il ancra ses yeux dans ceux de Poséidon, qui lui, les détourna par instinct.
- Méthos, je t'avais demandé de le laisser parler, souffla Arès.
- De toute façon, ça aurait fini de la même façon, alors je ne vois pas pourquoi vous vous énervez.
- Car...
- Laisse ! Il a raison, le défendit Aphrodite.
- Aph' ne l'aide pas pitié, supplia le Dieu de la guerre.
- Mais si tu as raison Aph'. Arès fiche lui la paix, rajouta Artémis.
Méthos resta en retrait, observant leurs échanges et il pensa qu'il faudrait beaucoup de temps et de patience aux uns et aux autres pour s'accepter et accepter la paix.
Les discussions reprirent de plus belle pendant encore un bon moment, tout en continuant à déguster le buffet mit à disposition.
Shion avait bien pris en compte le fait que de plus en plus de tension s'accumulait entre les différents convives, et cela pouvait compromettre tous les efforts mis en place pour réunir la « Famille ». « Je me dois de clarifier tout cela », pensa-t-il à mi-voix. C'est alors qu'il sentit quelque chose dans son dos l'effleurer du bout des doigts. Le temps de se retourner, et il avait compris qu'on irait se renseigner discrètement pour lui. Il n'aurait pas à se soucier de ça. Puis la personne repartit faire son tour d'observation, esquissant un sourire chaleureux avant de reprendre son sérieux.
Shion était satisfait d'avoir un homme comme lui à ses côtés, dévoué, d'une intelligence rare, en dépit de son fort caractère et de ses manières parfois brusques avec les gens. Il ne pouvait nier que ses sentiments envers lui étaient en train d'évoluer, « nous avons plus qu'une relation de hiérarchie » pensa-t-il… Alors pour éviter de trop s'égarer, le Grand Pope retourna auprès des invités pour s'assurer que tout allait bien.
