Bonsoir à tous,
Merci de me suivre encore. Ce soir un long chapitre sur la suite de cette Réunion de famille. Vous pourrez lire la journée entière du dimanche qui révèle certaine chose mais pas toute. Bonne lecture biz Peace'.
Chapitre 10 : J+1 : Réunion de famille : 2e jour
Le dimanche matin, Méthos se leva tranquillement après avoir bien dormi. Sa dispute de la veille avec le dieu des morts ne l'avait aucunement perturbé, ni empêché de se reposer. Aussi, après avoir pris une douche et fait attention à ne réveiller personne dans la chambre, il alla dans la salle de restaurant afin de prendre sa collation du matin.
Pour tous les repas, le sanctuaire avait aménagé une immense pièce en restaurant, avec diverses tables éparpillées un peu partout et un self pour la nourriture chaude accompagné de buffets froids avait été mis à disposition.
Le chevalier prit le temps de se servir avant de prendre place à une table, seul. Il dégustait son repas quand un homme, vêtu d'une toge noire, le rejoint. Il ne leva pas la tête au début, sauf quand il entendit :
- Bonjour chevalier Méthos, j'espère que vous avez bien dormi,fit le nouvel arrivant en souriant.
- Bonjour Seigneur Hadès, la nuit a été excellente et pour vous ? fit l'interpellé en souriant.
- Bien merci, fit Hadès, soulagé – pour un très court instant – que le chevalier lui réponde.
- Sinon, qu'est-ce que vous n'avez pas compris hier soir ? dit calmement le chevalier d'une voix froide, sans se départir de son sourire.
Vue de l'extérieur, la scène paraissait normale en revanche pour ceux qui la vivaient de l'intérieur, c'était diffèrent, surtout pour Hadès.
Effectivement, le brun avait décidé de titiller le Dieu et d'être assez désagréable avec lui. Pour cela il commença par remonter son pied le long de sa jambe gauche : il partit de sa cheville, caressa son mollet, puis son genou, et s'attarda un moment sur sa cuisse qu'il écarta légèrement afin d'y glisser son pied et d'appuyer délicatement mais sûrement sur son entrejambe. Hadès fit un pas en arrière et Méthos en profita :
- N'avais-je pas dit que si vous reveniez me voir je vous ferais mien de gré ou de force ? Ou est-ce mon baiser qui vous a troublé ? De plus, je vois qu'écarter vos cuisses n'est pas si difficile, mais… le souhaitez-vous vraiment, Seigneur Hadès ? Je ne vous ferai pas mal, je vous le promets… du moins rien que vous ne puissiez pas supporter,s'amusa le trentenaire.
Méthos essaya de retirer son pied qui resta bloqué entre les cuisses de son vis-à-vis. Ce dernier, les joues légèrement rosies par les paroles du Chevalier, releva la tête et fixa son regard dans le sien avant de lui déclarer le plus sérieusement du monde :
- Chevalier Méthos, je souhaite réellement me rapprocher de vous, mais pas ainsi. J'aimerais que nous apprenions à mieux nous connaître, et à trouver le moyen de me faire pardonner ou au moins de me faire accepter dans votre entourage. Je suis très sérieux. Je pense qu'on pourrait bien s'entendre si on faisait table rase du passé.
- Je vois. Vous m'avez l'air honnête et sérieux, néanmoins pour l'instant je ne peux l'accepter. Faites comme vous voulez, je ne peux vous en empêcher,répondit Méthos aussi sérieusement que son interlocuteur tout en récupérant son pied enfin libéré de son étreinte crurale. Toutefois, pour ma part, la seule chose que je désire de vous c'est que vous m'oubliiez… Ou alors, réfléchit-il, que je vous arrache cette tunique et que je vous fasse crier de plaisir comme jamais auparavant. Je suis sûr que vous adoreriez que je vous prenne toute une nuit, rigola Méthos. Donc évitez de vous retrouver seul en ma compagnie… surtout au détour d'une colonne, rigola de plus belle l'homme.
Voyant la gêne croître dans le regard de du Dieu, le Chevalier éclata de rire. Malgré tout, le premier resta pour finir son déjeuner à ses côtés.
Ils furent ensuite rejoints par l'assemblée du Seigneur des morts ainsi que par les trois adolescents qui sont sous la responsabilité de Méthos.
En définitive, le Chevalier d'Arès s'entendait bien avec la plupart des habitants du royaume des morts.
Quand le réveil sonna en ce dimanche matin le chevalier du Verseau eut du mal à se lever. La journée d'avant avait été éprouvante, tant sur le plan physique que sur le plan mental. Il n'avait dormi que quelques heures. Alors quand il dut mettre pied à terre afin de se relever, il éprouva un vertige et se rassit aussitôt. Il ferma les yeux et une image magnifique et rassurante lui parvint, Shion – souriant – avec un regard rempli de remerciements pour tout ce qu'il allait accomplir afin de l'aider à garder le calme du sanctuaire. Il murmura pour lui-même une liste de choses à faire :
- Ma priorité ce matin, essayer de comprendre ce qu'il se passe au sein des familles divines : d'abord, entre Apollon, Artémis et Asclépios ensuite Hadès et Déméter – et surtout trouver l'origine de cette mélancolie qui semble submerger la Déesse de la Terre puis repérer le malaise entre Arès et les Dieux de la médecine enfin, déterminer la source du conflit opposant Méthos, Hadès et Poséidon, même si pour le dernier, j'ai déjà ma petite idée… La difficulté dans tout ça, c'est comment communiquer ces informations à Shion une fois que je les aurai collectées… sans trahir les confidences de Méthos.
- Effectivement ce sera cela le plus dur j'en suis sûr, s'exclama un invité surprise.
- Toi ! mais… que fais-tu là ? Depuis quand es-tu là ? questionna stressé le Maître des glaces, tout en se relevant d'un coup.
- Ne t'inquiète pas, on va dire que je n'ai rien entendu. Malgré tout, si tu as besoin d'aide n'hésite pas, car tu vas avoir du travail. Shion te fait confiance, mais il ne lésine pas sur le boulot qu'il te refile. Tu ne vas pas pouvoir tout gérer seul,affirma soucieux son vis-à-vis.
- Merci pour ton inquiétude… Aphrodite ! je me prépare et on va déjeuner avec les autres, d'accord ?sourit légèrement Camus.
- Oui, répondit le chevalier des poissons, heureux de voir enfin un sourire sur les lèvres de son frère d'armes. C'est si rare, se dit-il.
Les Chevaliers arrivèrent dans la salle qui faisait office de restaurant le temps des festivités. Si Aphrodite quitta son compagnon d'arme avec un sourire amical pour rejoindre d'autres Chevaliers d'Or, Camus, lui, s'attabla avec ses anciens disciples et Milo du Scorpion, son meilleur ami, également présent parmi eux.
Après un petit-déjeuner plutôt mouvementé, le Seigneur Hadès – accompagné des siens – était retourné dans sa chambre régler quelques derniers détails. Plongé dans ses pensées, Hadès n'était clairement pas présent ses subordonnés, comme sa sœur, essayaient en vain de lui parler, mais aucune réponse ne leur parvenait. Aussi, la jeune prêtresse prit les devants et tout en touchant le bras du Dieu, elle lui adressa la parole calmement :
- Vous allez bien mon cher frère ? demanda la douce Pandore.
- Oui bien sûr ! pourquoi ? fit-il surpris.
- Car vous avez l'air bizarre Majesté, expliqua Rhadamanthe.
- Oh ! je vois… je… c'est personnel, donc restons en là et ne vous tourmentez pas pour ça… rassura Hadès.
- C'est à cause de Méthos, n'est-ce-pas ? demanda la jeune fille.
- Je ne peux rien te cacher ma chère sœur, sourit le maître du monde souterrain.
- Il y a un problème avec lui, c'est ça ? se renseigna Minos.
- Non aucun, fit-il avec un sourire trop franc pour être naturel. Bien, parlons du travail,ajouta le seigneur Hadès en reprenant contenance.
L'ensemble des personnes présentes acquiesça d'un mouvement de tête, même si pour la plupart, ils n'étaient pas aussi dupes que le prétendait leur Seigneur. Certes, ils n'avaient pas les capacités de la prêtresse, mais ils se doutaient bien qu'Hadès n'était pas aussi serein que d'habitude, et qu'il feignait la situation pour les rassurer.
Toutefois, il était clair que le Dieu n'en dirait pas plus, aussi, tous se remirent à la tâche.
Après avoir reçu la première réclamation de la journée – qui ne serait certainement pas la seule à venir –, le Grand Pope et son assistante rejoignirent la grande salle pour prendre leur petit-déjeuner.
En entrant dans le restaurant, Shion fut surpris de voir le guerrier Méthos et le Seigneur Hadès attablés cote à cote et se souriant l'un l'autre, surtout après l'esclandre de la veille !
En revanche, il le fut moins de voir Camus avec Milo, Hyoga et Isaak.
Noémie et Shion déjeunaient tranquillement dans un coin quand une jeune fille se présenta à leur table en se dandinant :
- Oui, déesse Aphrodite ? s'enquit-il.
- Pardon de vous déranger si tôt le matin, cependant j'aurais une question un peu… gênante à vous poser.
- Ce n'est rien, je suis là pour satisfaire à vos attentes, alors asseyez-vous et faites-moi part de votre problème, dit d'une voix douce et avenante le représentant d'Athéna.
- Cela va vous paraître bizarre, mais je souhaiterais que vous y répondiez sans me poser de question en retour, s'il vous plaît, précisa hésitante la déesse, tout en prenant place à leur table.
- Bien je vous écoute, dit Shion compréhensif et intrigué.
- Voilà, Athéna est considérée comme une déesse vierge et je sais que Saori l'est encore à ce jour. J'aimerais toutefois savoir si les… rapports sexuels sont proscrits ou non dans l'enceinte du sanctuaire, fit Aphrodite avec une moue dubitative.
- …
Shion resta quelque peu interdit face à cette question, et Noémie un peu en retrait, attendait la réponse de son chef.
- Oui pardon, je suis désolée… Je n'aurais pas dû vous embêter avec cela… C'est idiot de ma part, vous avez autre chose à penser… s'excusa la jeune fille en se retirant.
- Non, attendez ! Euh… Je n'en sais rien. Pour tout vous dire, je ne sais même pas si une loi a été écrite les proscrivant ou pas. Effectivement, beaucoup de chevaliers ont pratiqué le coït dans l'enceinte du sanctuaire ces deux cent cinquante dernières années et rien ne s'est produit. Cela me fait penser que si ça reste dans le domaine du confidentiel et que c'est consenti par les deux personnes, cela doit être toléré…
- Merci pour cette réponse, répondit la jeune fille souriante avant de revenir vers les siens pour pour finir son déjeuner.
Shion ne savait pas s'il avait réussi à donner satisfaction à la jeune Déesse, mais il est vrai qu'à ce jour, il n'avait jamais vraiment réfléchi à cet état de fait.
Il devrait peut-être y penser, car si le chevalier du Verseau continuait ses avances – de plus en plus pressées –, il n'allait pas tarder à y répondre. Et la chose qu'il détesterait le plus, c'est qu'ils soient tous les deux en infraction avec les lois d'Athéna. La jeune Déesse avait soulevé un petit point épineux.
- Ne vous inquiétez pas pour ça, j'irai vérifier dans les livres concernés dès que j'aurai un moment. Quant à vous, je vous laisse régler les plus gros problèmes, car suite à la doléance de ce matin, il devrait en arriver d'autres d'ici la fin des festivités, soupira Noémie.
- Merci, mon ange.
En repartant travailler, Shion et Noémie passèrent près du Chevalier du Verseau. Le Grand Pope sentit alors quelque chose lui frôlait le bas du dos. En se retournant, il vit le Chevalier étirait grandement ses bras en arrière, avec un petit sourire en coin, visiblement très satisfait de lui.
Shion poursuivit sa marche comme si de rien n'était. Il savait que quoi qu'il advienne, il ne pourrait pas changer l'homme de glace – trop fier, trop impulsif –, mais ça ne semblait pas le déranger outre mesure.
À son époque, tout le monde disait que Kardia du Scorpion était celui qui menait le jeu avec le Verseau, de par sa fougue.
Mais un jour Kardia avait ri à une telle pique et avait murmuré : « Et si vous saviez ce que le glaçon Dégel peut être chaud et passionné quand il se laisse aller… » et voyant que Shion l'écoutait d'une oreille distraite, il ajouta : « Mon petit mouton, sache qu'aussi froid et distant que puisse être un Verseau dans la vie publique – de par son éducation –, dans la vie privée c'est un chaud lapin des plus possessifs… et j'en subis les ravages toutes les nuits avec délices », il agrémenta ces derniers mots d'un petit mouvement de langue qui en disait long sur son état de félicité.
À présent, Shion comprenait mieux à quoi il faisait référence. Et plus le temps passait, plus il désirait être pris dans le tourbillon de sentiments et d'émotions que lui procurait son Verseau.
Il n'avait plus peur, il était juste impatient.
Après sa petite discussion avec le serviteur d'Athéna, Aphrodite se mit en condition et laissa couler progressivement ses pouvoirs dans les couloirs des différents temples, gagnant petit à petit l'ensemble des êtres se trouvant sur leur passage. Elle avait la faculté de pouvoir se nourrir de chaque parcelle d'amour ou de désir sexuel que les personnes accumulaient au fil du temps. Néanmoins, quatre d'entre elles semblaient particulièrement attirer son attention.
Tout d'abord le chevalier Méthos qui partageait le même pouvoir qu'elle. Aphrodite avait bien compris qu'il ne s'agissait pas d'un simple jeu entre lui et le Seigneur Hadès. Si une partie du Chevalier en voulait au Dieu et faisait tout pour le haïr et le faire fuir, une autre partie elle était désireuse de le posséder pleinement. Depuis le début de cette réunion de famille, la Déesse avait observé la fréquence de leurs rencontres, fortuites ou non, et jusqu'à présent, cela finissait toujours dans un grand fracas entre les deux hommes.
En outre, elle avait également senti cette étrange attirance qui poussait inexorablement son oncle vers le guerrier, alors que ce dernier ne cessait de le renvoyer au Diable, et toujours de la manière la plus dure et la plus crue qu'il soit. Néanmoins, Hadès revenait toujours à la charge, et cela amusait beaucoup la jeune fille, même si elle aurait préféré que cela se passe plus en douceur et non dans la violence exacerbée que projetait encore le Chevalier sur le Dieu, des menaces à demi-mot d'une part face à une ingénuité faussement jouée d'autre part.
Les deux autres personnes sur lesquelles la Déesse Aphrodite portait également un intérêt étaient le couple formé par Shion et Camus. Il n'avait pas échappé à la jeune fille que le Chevalier du Verseau – pourtant si froid en apparence – brûlait littéralement d'une passion dévorante pour son supérieur. Et tout cela lui avait été confirmé par les souvenirs imagés qu'elle avait pu glaner dans la mémoire du Maître des Glaces.
Quelques mois après leur résurrection, Camus semblait déjà trouver un charme fou au Grand Pope. Sans même s'en rendre compte – et quand bien même, il n'y prêtait pas plus attention que ça –, il le suivait du regard. Mais un jour qu'il le cherchait pour lui faire son rapport, sa vie changea du tout au tout. Détectant sa cosmo-énergie sur l'une des plages en contre-bas du sanctuaire, il se rapprocha et eut une vision qu'il n'oublierait jamais.
Shion était nu sous la cascade se déversant dans la mer. Debout sur des rochers, il avait l'air détendu. Ses cheveux verts, éparpillés et comme collés sur son corps, laissaient entrevoir juste ce qu'il fallait de peau et de forme pour comprendre combien l'homme était beau et magnifiquement musclé. Ses yeux rose fermés, il profitait du bruit et du jet de l'eau.
Le chevalier allait repartir quand il entendit une douce voix envoutante chantonner. Aussi, en bon espion qu'il était, il se fit discret en camouflant son cosmos et en profita pour s'avancer vers le Grand Pope à moins d'un mètre à peine. S'il avait voulu tendre son bras il aurait sûrement pu le toucher du bout des doigts, mais n'en fit rien. Il resta là à l'observer, à l'écouter chantonner, s'amusant de la situation plutôt incongrue. Là non plus, il n'en fit rien, ne révélant toujours pas sa présence.
Toutefois, ses doigts commençaient à le démanger, désireux d'aller toucher, caresser, cajoler ce si beau corps. Et comme si un ordre avait été donné, l'eau avait bougé imperceptiblement, juste assez pour donner la sensation à Shion d'être caressé. Surpris, il ouvrit les yeux, mais ne voyant personne, il referma ses paupières et laissa ces douces caresses le détendre. Shion éprouvait quelque chose de bizarre, de difficilement explicable, et pour autant, il ne se sentait pas incommodé par les mouvements fluides qu'opérait la cascade sur son corps, bien au contraire.
Camus s'attardait un peu, jouant avec chaque goutte d'eau sur le corps de Shion, accentuant les mouvements, les caresses sur certaines parties, les fesses, le bas du dos, la nuque puis la poitrine. Il y prenait du plaisir et c'était réciproque, il le sentait bien, mais en même temps, il s'en voulait de faire cela, ça ne lui ressemblait pas d'être voyeur, ni d'en profiter, or les légers gémissements que la voix de son compagnon émettait entre deux phrases chantées étaient tels qu'il ne pouvait s'arrêter.
Shion se croyant seul, il commença à se caresser et à se donner du plaisir jusqu'à jouir dans un râle de satisfaction. C'est à ce moment-là que Camus eut un pincement au cœur. En effet, Shion ne put réprimer un nom en même temps que son râle, et le Verseau ne pouvait nier ce qui avait pu lier autrefois l'ex-Chevalier du Bélier avec celui de la Balance.
Camus repartit à la fois heureux d'avoir pu recueillir un tel souvenir pour lui tout seul, et légèrement triste ne pas encore avoir marqué les esprits chez son supérieur. Il ne vit pas les larmes couler sur les joues de l'homme sous la cascade.
Shion intéressait aussi la Déesse. Pendant des siècles, l'homme avait aimé Dohko – Chevalier de la Balance – tout en sachant que celui-ci n'aimait que les femmes. Cependant, depuis un moment, ses yeux se tournaient fréquemment vers un autre Chevalier – Camus, du Verseau –, même s'il ne voulait pas se l'avouer.
Surtout, il ne voulait pas y croire, même quand Camus lui fit du rentre-dedans, jusqu'à ce fameux vendredi soir où ce dernier exposa clairement la situation, qu'il le désirait plus que tout et qu'il ne tolérait personne dans son entourage proche, et certainement pas son assistante – même si en réalité, c'était plus pour la forme !
Aphrodite sentait bien que Shion n'avait pas peur des sentiments que le Verseau éprouvait à son égard, bien au contraire.
Aussi, la déesse sourit en pensant qu'elle allait pouvoir se nourrir sans problème et ainsi régler également le problème de Méthos.
Le repas de midi arriva rapidement. Si les Dieux avaient pris leur petit-déjeuner avec les chevaliers le matin, ils ne déjeunèrent pas à leur table le midi.
Une table rien que pour eux, avait été préparée sur une estrade. Ainsi qu'une plus petite pour les prêtresses qui n'étaient qu'au nombre de deux.
Et à leurs pieds tous les chevaliers. Les deux grandes tables étaient positionnées en T et celle des prêtresses, isolée sur le côté droit.
Méthos regarda vers les Dieux et s'amusa de voir de quelle manière ils s'étaient tous répartis autour de la table. Personne n'avait été placé en bout. Deux groupes se faisaient face, sept d'un côté regardant la salle et sept de l'autre tournant le dos aux autres convives.
Méthos rigola doucement de cette disposition, car chacun s'était placé de façon à éviter tout conflit. De gauche à droite, on trouvait dans le premier groupe : les jumeaux Thanatos et Hypnos suivis de leur seigneur, Hadès. Athéna était au centre, ensuite venaient Poséidon, Déméter et enfin Apollon. De l'autre côté se trouvaient : Artémis, Asclépios et Evander. Arès au centre, suivi d'Aphrodite, d'Héphaïstos et de son tuteur Alexandre.
Ensuite, son regard se porta sur la table des deux jeunes prêtresses en pleine discussion, cela le désola tout de même de les voir isolées.
Pour finir, il observa aussi son entourage. La centaine de chevaliers était regroupée sur la même table. Il fut donc heureux d'avoir la place où il se trouvait, car le seul trio de femmes chevaliers dans la pièce était à ses côtés. Devant lui mangeait Camus du Verseau, entouré de ses élèves -Isaak et Hyoga-.
À côté d'Isaak se trouvaient la Marinas Thétis et Marine, chevalier d'argent de l'aigle.
Quant à lui, il était entouré de Milo du Scorpion et Aphrodite des Poissons. Du côté du Poisson, on trouvait Shaina – chevalier d'argent d'Ophiuchus – et Deathmask du Cancer.
C'est ainsi que Méthos eut une idée :
- Chevaliers Aphrodite et Deathmask puis-je vous demander un service s'il vous plaît ?
- Oui, de quoi s'agit-il ? demanda le chevalier des poissons, intrigué par cette requête.
- Eh bien, je trouve triste que nos deux prêtresses soient seules à leur table. Je me disais qu'on pourrait les inviter à la nôtre. Vous pourriez leur céder vos places ou leur libérer un peu d'espace afin qu'elles puissent se mettre près de nos chevaliers femmes, pour qu'elles ne se sentent pas trop mal à l'aise qu'avec autant d'hommes.
Puis, se tournant complétement vers Aphrodite, les mains devant lui en signe de prière, Méthos rajouta :
- J'aimerais avoir Pandore à mes côtés, c'est pour cela que je vous sollicite aussi, s'il vous plaît,quémanda Méthos.
- Pff… on s'en fiche d'elle, fit Deathmask.
- Vous n'avez pas tort, fit un autre homme un peu plus loin.
- Moi je ne m'en fiche pas ! fit le chevalier d'Arès. Et je vous prierais d'être un peu plus poli envers votre prêtresse et sœur de votre Dieu, chevalier Minos ! tonna la voix froide du chevalier, debout pour faire face à son interlocuteur tout en tapant du poing sur la table.
- Méthos, va les chercher ! On va leur faire de la place, affirma froidement Camus.
Les deux hommes se toisèrent et l'assemblée prit peur. Après un sourire et un regard entendus, le chevalier de la guerre se dirigea vers les deux jeunes femmes, pendant que les autres chevaliers faisaient un peu de place pour les accueillir.
- Je m'excuse de vous déranger mais je pensais que vous aimeriez vous joindre à nous, expliqua Méthos. Personnellement je serais ravi de manger avec vous et d'apprendre à vous connaître,continua-t-il avec un sourire charmeur sur les lèvres.
Les deux invitées ne purent dire non à une si belle invitation et allèrent prendre place auprès des chevaliers. Le repas se passa alors dans une bonne ambiance, certains chevaliers ayant bien bu commencèrent à parler fort, à débiter des bêtises et à faire les pitres, racontant des anecdotes sur leur royaume. C'est à ce moment que Minos et Eaque se mirent à parler en mal de la princesse Pandore.
- N'écoutez pas ce qu'ils racontent ce sont des ingrats. Malgré leur immortalité ils ont la mémoire courte,dit Méthos à la jeune fille.
- Comment ça la mémoire courte ? questionna Eaque.
- En quoi sommes-nous des ingrats ? demanda Minos.
- Je parle du sacrifice qu'elle a fait pour vous et vos surplis, vous êtes vraiment…
- Stop !s'écria Pandore, faisant sursauter tout le monde. Chevalier Méthos, je ne sais pas comment vous êtes au courant de cela, par contre dans mon royaume nul ne l'est même pas mon frère et je souhaite que cela reste ainsi s'il vous plaît, supplia la prêtresse.
- Réellement ? Ce qu'on m'a dit est vrai. Elle… pardon princesse je comprends. Je ne reparlerai jamais plus de cela.
Il hésita un instant sur le choix de ces mots, mais il savait qu'elle comprendrait où il voulait en venir.
- Toutefois, il faut juste que je vous dise une chose que ma sœur m'avait fait promettre de vous dire si je vous rencontrais.
Prenant les mains de Pandore dans les siennes, il formula un remerciement.
- Dame Pandore, au nom de tous vos chevaliers et de votre Dieu je vous remercie pour tout. Sachez que je comprends vos tourments, ayant moi-même accompagné ma sœur dans la même démarche. Elle a appris votre souffrance non partagée, contrairement à la sienne. Elle vous fait savoir qu'elle vous respecte et s'excuse de ne pas avoir pu vous soutenir quand vous en aviez besoin. Je pense de même, donc si un jour vous avez besoin de quoi que ce soit je suis là pour vous.
- Chevalier Méthos… merci,murmura Pandore en se jetant dans ses bras et en pleurant de toutes ses larmes.
Méthos la réconforta aussi longtemps que nécessaire. Il était soulagé, dans ses yeux il avait vu qu'elle avait interprété ce qu'il voulait vraiment dire. En revanche, tous les autres ne comprenaient rien à cette discussion, sauf qu'ils ne devaient pas intervenir, ni reparler de cela.
Après le repas chaque dieu et les leurs repartirent vaquer à leurs occupations. C'est alors qu'en plein milieu de l'après-midi, le seigneur Hadès qui ruminait une question dans sa tête depuis un moment la posa à voix haute.
- Pandore ! que s'est-il passé lors du déjeuner ?
- De quoi parlez-vous mon Seigneur ? demanda d'une voix douce et ennuyée la jeune interrogée.
- J'ai vu que le chevalier Méthos t'avait invitée à manger à ses côtés et à un moment tu as pleuré dans ses bras. J'aimerais savoir ce qu'il s'est passé ! ordonna le seigneur des ténèbres.
- Mon Seigneur…
- A-t-il parlé d'elles ? questionna-t-il d'un ton pressant.
- Seigneur, je ne sais pas de quoi vous parlez mais vous faites peur à votre sœur, dit timidement un guerrier pour calmer la discussion.
- Depuis quand tu t'inquiètes pour ma sœur Rhadamanthe ? Je croyais que toi et tes frères vous la trouviez stupide, sans intérêt et que vous ne la protégiez que parce que je vous en avais donné l'ordre. Alors tais-toi ! s'énerva le seigneur Hadès.
- Je suis désolé, mais je ne peux pas car c'est de ma faute. Comme vous le dites, nous ne portons pas votre sœur dans notre cœur. Et quand j'ai fait une remarque sur elle, le chevalier Méthos n'a pas aimé et il m'a remis à ma place. Puis la princesse s'est mise à pleurer de joie que quelqu'un prenne sa défense. Je suis sincèrement désolé mon Seigneur.
- Je vois et pourquoi tu ne m'as rien dit de suite Pandore ? s'exclama son grand frère.
- Car Rhadamanthe s'est excusé et que je ne voulais pas vous embêter avec cela. De plus ce n'était rien de méchant, c'est juste que Méthos est trop gentil. Maître Hadès, vous devez tout faire pour réaliser votre souhait auprès de lui, sourit la jeune fille. Et sinon, non, il ne m'a pas parlé d'elles… Je pense qu'il ne souhaite pas parler de cela. Et je ne serais sûrement pas son premier choix pour en discuter, pardon.
Hadès regarda sa sœur et les cinq hommes qui l'accompagnaient tour à tour. Il se doutait bien que les deux n'avaient pas dit toute la vérité, mais n'ayant pas de preuve du contraire, il préféra leur laisser le bénéfice du doute.
Aussi, il retourna à son travail, un dossier venant encore de lui être amené. Pandore remercia d'un sourire Rhadamanthe tout comme Minos et Eaque. Mais les trois hommes braquèrent leurs regards sur la jeune sœur du Dieu quand celle-ci repartit vers lui. Ils se demandèrent ce que la jeune fille leur cachait à tous et surtout quel rapport avec leur surplis et quel sacrifice elle avait fait pour eux.
Camus en avait marre, on était dimanche soir et depuis quarante-huit heures il n'avait pas pu être seul avec Shion. À chaque fois qu'il le croisait, son supérieur était accompagné d'un indésirable – du sanctuaire ou d'un autre –. Lui, ne désirait qu'une chose, l'avoir dans ses bras, le toucher, l'embrasser et lui dire combien il compte pour lui.
Aussi, lorsqu'il l'aperçut au détour d'un couloir, Camus accéléra le pas pour le rattraper. D'un geste brusque, il agrippa son bras afin de le tourner vers lui, puis il déposa délicatement une de ses mains sur ce beau visage. Surpris dans un premier temps, mais finalement soulagé de voir le Chevalier, Shion s'accorda ainsi une pause dans sa folle journée, ferma les yeux et frotta sa joue contre cette main si douce au toucher. Dans sa poitrine, Camus sentait son cœur fibriller de manière anarchique.
- Camus… je suis si fatigué et le contact de ta main est si agréable. Cela me réconforte tellement,murmura Shion.
- Seigneur Shion, où êtes-vous ? appela Noémie.
- Ici mon ange, soupira l'interpelé tout en se sortant à contre cœur de la douce étreinte de son bien-aimé.
Camus voulut le retenir mais s'abstint, voyant la jeune fille courir vers eux. Après s'être courbé et leur avoir souhaité une bonne nuit, le chevalier du Verseau s'était retiré afin de faire une ronde du sanctuaire avant de repartir pour son temple. La promenade avait légèrement dissipé sa frustration et ce moment d'intimité tout comme ce que lui avait dit son amoureux l'avait rassuré sur la nature de leur relation. Shion ne l'avait pas repoussé, bien au contraire, et il l'avait rassuré sur le réconfort qu'il pouvait lui apporter. Aussi, après une douche bienfaitrice, il se coucha le sourire aux lèvres et s'endormit en quelques minutes.
La déesse Aphrodite était dans son lit, elle observait la vie nocturne du domaine de sa sœur en soupirant.
- Un problème Déesse Aphrodite ?
- Non aucun Méthos, encore un moment fugace et frustrant,sourit la jeune fille.
- J'irai nous nourrir bientôt, annonça son ainé. Et de qui parliez-vous ? questionna intrigué le trentenaire.
- Chut c'est un secret, rigola la Déesse. De plus, je suis sûre qu'au fond tu sais qui j'espionnais.
- Effectivement, s'amusa l'homme en faisant un clin d'œil à sa Déesse. La prochaine fois peut-être. Maintenant il faut dormir, demain va encore être une longue journée.
Et sur ces dernières paroles, le sanctuaire s'endormit paisiblement.
