Bonsoir à tous,
Un chapitre assez long qui nous raconte encore une journée dans le sanctuaire. Ce chapitre pose encore plus de question, mais ne donne pas trop de réponse. Ne vous inquiété pas cela arrive. Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que cela vous plaise toujours autant. Je vous donne rendez-vous dans un mois. Biz à bientôt Peace'.
Chapitre 11 : J +2
En ce lundi matin, le soleil illumina le sanctuaire allant réveiller chaque être vivant, les berçant de sa lumière et de sa chaleur. Le jeune Héphaïstos fut le premier debout. Il s'habilla vite fait, sans faire de bruit et sortit de sa chambre. Il désirait voir sa famille sans son tuteur. Devant sa porte, il fila à sa droite allant rejoindre ses deux neveux médecins. En entrant, il fut confronté à l'ombre ambiante que seul un fin rayon de soleil traversait afin d'essayer d'éclairer la pièce. Son regard se posa sur le lit vide devant lui. Un sentiment de panique l'envahit et il sortit en courant, rejoignant ainsi une autre chambre. Déboulant sans s'annoncer dans le dortoir, il se mit à crier :
- Asclépios et Evander ont disparu, ils ne sont pas dans leur lit, on a dû les enlever.
- Dans la bibliothèque, grogna la voix d'un adolescent mal réveillé et pas très content de l'être.
- Tu es sûr ? demanda l'enfant soudain plus calme.
- Oui, répondit l'adulte du groupe.
- Oh pardon ! s'excusa le garçon. On va déjeuner maintenant ! s'exclama-t-il tout content.
Pour toute réponse trois coussins s'abattirent sur lui, cela le fit rire à gorge déployée. Puis la quatrième personne de la chambrée se leva en enfilant une veste, avant de le prendre dans ses bras.
- Dites-moi jeune homme, vous ne vous êtes pas lavé, n'est-ce pas ? inspecta la jeune femme aux cheveux argentés.
Le jeune homme lui répondit « oui » de la tête en faisant de petits yeux. Suite à cet aveu, l'adolescente attrapa ses propres habits et se dirigea avec lui vers la salle d'eau. Au bout d'une demi-heure les deux enfants sortirent de la pièce. La jeune fille annonça :
- On va chercher les garçons et on file prendre un petit déjeuner, qui nous suit ?
- Aphrodite, il est quelle heure ? demanda le brun.
- Sept heure trente, répondit la déesse.
- Laisse-nous encore une demi-heure de sommeil, on vous rejoint dans une heure au plus tard,répondit le roux-orangé encore groggy par le sommeil. Et pour les garçons, envoie-les dormir, surtout qu'ils ont dû travailler toute la nuit, continua l'adolescent.
- Arès, je ne te savais pas si protecteur envers eux, tu les aimes bien on dirait ? le tourmenta son jeune frère.
- Autant que toi idiot, et maintenant dégagez ! On veut dormir ici, tonna la voix contrariée de l'aîné.
- Aphrodite, s'il y a un problème, hurle et j'arriverai dans la seconde, rappela Méthos.
L'enfant partit avec sa grande sœur qui est également son épouse depuis des millénaires. Tous deux riaient de leur frère, qui se cachait honteux sous les draps et aussi pour ne plus apercevoir ce maudit rayon de soleil qui lui tombait dessus. Il pensa que ce matin tous ses frères et sœurs s'étaient ligués contre lui, même la douce Artémis qui n'avait rien dit, mais dont il avait vu la couverture bouger sous le fou rire qu'elle avait pris. C'est dans ces conditions qu'il se rendormit en maudissant les matins.
Milo du Scorpion et Kanon des Gémeaux discutaient en se rendant à la salle de restaurant, quand ils virent un enfant de cinq ans et une jeune fille de dix-sept ans se promener avec des couvertures et des coussins dans les bras. La curiosité des deux hommes ayant été piquée, ils décidèrent de les suivre. Arrivés devant la bibliothèque, ils entrèrent à la suite des Dieux et découvrirent les deux médecins de l'Olympe endormis sur des canapés, entourés de livres.
- Pouvons-nous vous aider ? s'enquit le chevalier Milo.
Les cadets sursautèrent au son de la voix du chevalier du Scorpion.
- Oh non ! Nous ne voudrions pas vous déranger chevalier, répondit toute souriante Aphrodite. Nos neveux se sont endormis en travaillant, on leur porte des couvertures pour qu'ils n'attrapent pas froid. Et quand Méthos sera debout, il les portera au lit, expliqua-t-elle.
- Nous pouvons les porter pour vous, proposa Milo.
- Non ! Vous devez éviter tout effort chevalier, s'exclama la déesse avec un air d'inquiétude et d'affolement dans la voix.
- Ne vous inquiétez pas, on n'est plus fort qu'il n'y parait, pas vrai Milo ? rigola Kanon tout en frappant amicalement l'épaule de son comparse. Il espérait ainsi détendre l'atmosphère qui se faisait pesante, du fait de l'incompréhension des sentiments de la jeune fille à son égard.
- Effectivement, cependant si cela peut vous rassurer je porterai le plus léger des deux, dit Milo.
- Excusez ma sœur, fit Héphaïstos, elle ne voulait pas vous blesser. Si cela ne vous dérange pas chevalier Milo, prenez Asclépios pendant que votre ami portera Evander.
Les deux chevaliers s'exécutèrent sans rien ajouter. Ils suivirent ainsi la déesse de l'amour et le dieu du feu qui leur montraient le chemin de la chambre des garçons. Pendant le trajet, Asclépios se réveilla et posa une main sur le cœur de son porteur en murmurant : « merci et pardon », avant de se rendormir. Le Scorpion et le Gémeau se regardèrent interloqués mais ne dirent rien. La déesse se retourna et leur fit un sourire chaleureux qui réchauffa le cœur des deux hommes. Arrivés dans la chambre ils déposèrent leurs fardeaux divins sur le lit. Après les avoir bien installés sous les draps, tous les quatre partirent déjeuner sans ajouter un mot.
À neuf heures, Méthos entra dans la bibliothèque suivi de ses trois protégés ainsi que du jeune Héphaïstos pour les faire travailler.
- Lors du déjeuner, j'ai demandé au Seigneur Shion si je pouvais réquisitionner la bibliothèque pour deux heures afin de continuer votre instruction, et il a accepté.
- Pff… souffla Arès.
- Bien on va faire deux groupes, continua-t-il sans se préoccuper du Dieu de la Guerre. Vous trois, désigna-t-il en montrant les adolescents, on va reprendre là où on s'était arrêté vendredi. Vous allez me rédiger entre cinquante et cent lignes sur la thématique de vos pouvoirs : ce que vous pouvez faire en bien, en mal, comment vous arrivez à les gérer, etc. Tout ce dont on a parlé la dernière fois, c'est bien compris ?
Se tournant vers Héphaïstos il poursuivit :
- Bien ! Quant à toi jeune homme, tu vas venir avec moi, on va évaluer tes connaissances.
Tout le monde se mit au travail.
Alors que Méthos se réjouissait que la bibliothéque soit plongée dans le silence le plus total depuis une demi-heure, un groupe d'hommes entra et vint déranger sa tranquillité. En effet un chevalier d'Athéna accompagné d'Hadès et de l'un de ses juges étaient en grande discussion et plus précisément, c'étaient les deux soldats qui faisaient le plus de bruit.
- Vous n'êtes pas obligé de venir si ma présence vous dérange,moi ça m'ira très bien.
- Désolé, seulement je dois venir pour veiller sur mon seigneur, répondit l'homme agressé verbalement.
- Rien ne lui arrivera ici, répliqua l'homme énervé par cette présence néfaste à son goût.
- Avec vous rien n'est moins sûr. Ce n'est pas comme si vous n'aviez jamais essayé de tuer un dieu, s'amusa l'autre.
- Je suis bien d'accord avec vous chevalier Rhadamanthe. En revanche, sachez que si le chevalier Saga n'a fait qu'essayer, moi j'ai déjà tué des dieux. Alors si j'entends un bruit de plus pendant que mes élèves travaillent, je vous jure que c'est moi qui tuerai le Seigneur Hadès et après je vous tuerai. Me suis-je bien fait comprendre ? intervint le chevalier Méthos en ayant attrapé le dieu Hadès par le cou et le bloquant contre son torse, mettant ainsi fin à leur dispute.
Les deux hommes virent que Méthos ne rigolait pas et ne voulant pas que ses foudres déclenchent une guerre, ils se turent et allèrent s'installer chacun dans un coin.
- Je pensais que vous mettriez plus de temps à me tomber dans les bras. Franchement vous n'êtes pas marrant. Je suis sûr que vous ne pensez qu'à notre baiser ou à la fois où je vous ai caressé avec mon pied, murmura Méthos à l'oreille d'Hadès.
Le dieu ne répondit rien, il s'écarta du chevalier et lui sourit de façon chaleureuse. Méthos voulut le frapper pour lui enlever ce maudit sourire quand il fut appelé par Aphrodite, afin qu'il vienne l'aider.
Une heure plus tard, Camus entra à son tour dans la bibliothèque et fut surpris de voir Saga des Gémeaux lisant tranquillement dans la même pièce que Rhadamanthe, Hadès, Méthos et les quatre enfants en plein travail.
- Ah Gab… heu… non Camus tu tombes bien. Peux-tu venir me remplacer auprès d'Héphaïstos s'il te plaît ? Je dois vérifier le travail des grands, expliqua Méthos.
- Pas de problème. Eh Méthos, tu t'y feras… à mon prénom je veux dire, rigola le chevalier des glaces.
Méthos approuva d'un sourire, et tout en se dirigeant vers les adolescents, il se disait que ce ne serait pas facile pour lui d'y penser après l'avoir appelé Gabriel durant toute leur enfance…
À midi, attablés autour du même repas, les Chevaliers n'avaient qu'un seul sujet en bouche : le duel d'entraînement entre Méthos et Arès.
Le spectacle valait son pesant d'or, et pour ceux qui avaient pu y assister, chacune des actions étaient encore présentes dans leur esprit et reprenaient presque vie devant leurs frères d'armes.
Pendant près d'une heure, les deux hommes s'étaient fait face sans relâche, invoquant diverses armes : d'abord une épée, puis deux, venaient ensuite des masses, des lances, des nunchakus, un tir à l'arc… toutes les armes qu'ils possédaient dans leur arsenal y passaient. Un véritable balai aérien qui se déroulait sous les yeux émerveillés des autres chevaliers. Toutefois, si le combat paraissait spectaculaire, ce n'était rien à côté du comportement des sœurs d'Arès dans les gradins !
- Dis, tu y étais toi ce matin ? demanda un chevalier à un autre.
- Non, mais j'aurais bien aimé, répondit l'autre surexcité.
- Pourquoi ça ? interrogea le grand Pope, surpris par un tel enthousiasme pour un simple entraînement.
- Monsieur, on raconte que le seigneur Arès a combattu son chevalier et que c'était magnifique à voir. De plus, dans les gradins, Mesdames Artémis et Aphrodite ont aussi fait un beau spectacle depuis leurs places, développa le second chevalier.
- Vraiment ? s'étonna Shion.
- Oui. C'est vrai que tu n'étais pas là mon cher ami, lui répondit Dohko de la Balance qui écoutait aussi les deux autres chevaliers parler. Eh bien moi j'y étais et laissez-moi vous raconter ça.
Après en avoir fini avec les enseignements théoriques, Méthos organisa une séance d'entraînement aux armes pour Arès, Dieu de la Guerre.
Dans les gradins, les chevaliers présents s'étaient tus pour mieux profiter du spectacle.
Dans l'arène, les deux hommes donnaient l'impression de danser et – tel un ballet aérien –, leurs armes apparaissaient et disparaissaient au gré de leurs pensées ou parfois de leur invocation par un simple mot. Méthos donnait des conseils que le jeune adolescent mettait en pratique dans la seconde.
Tout le monde pouvait voir que tous deux avaient l'habitude de combattre entre eux.
Méthos prenait souvent le dessus, mais Arès lui donnait du fil à retordre. Effectivement l'adolescent était bien le dieu de la guerre, dans chacun de ses gestes on comprenait bien qu'il était fait pour cela.
Dans quelques années, il surpasserait son chevalier ainsi que tous les autres combattants qu'il trouverait sur sa route.
Pendant ce temps, dans les gradins, deux personnes s'étaient installées auprès des chevaliers. Alors que le silence régnait, mu par l'admiration des spectateurs, un cri retentit :
- Putain Arès ! Bouge ton cul, tu vas te faire battre.
- Méthos ! vas-y tu y es presque, défonce-le, se mit à hurler dame Artémis à son tour, voulant ainsi couvrir la voix de sa sœur.
- Ça ne va pas Arès ! T'es le dieu de la guerre ! Tu ne vas pas perdre contre un simple humain, reprit de plus belle la déesse Aphrodite.
Les deux jeunes femmes vociféraient, incitant les deux combattants à donner le meilleur d'eux-mêmes. Tous les hommes autour étaient choqués et à la fois amusés par leur attitude.
Quand le combat prit fin sur la victoire de Méthos, la déesse de la chasse et de la nuit sauta de joie et hurla de plaisir :
- Aphrodite, tu me dois cinquante euros.
- Pff… je te les donnerai ce soir… et arrête de fanfaronner, je les récupérerai bientôt…
Les deux jeunes femmes se tirèrent la langue et tous les hommes éclatèrent de rire.
- Maintenant tu sais tout, cher ami, termina Dohko. Il semblerait que les deux Déesses soient des parieuses hors pair…
Et Dohko repris son chemin.
Pas très loin de là, Méthos avait écouté le récit du Chevalier de la Balance et il avait bien rigolé lors du passage concernant « ses filles ». Il connaissait bien leur caractère, et ne fut pas réellement surpris de ce qu'elles avaient fait.
En revanche, une autre Divinité assise plus loin avait également tendu l'oreille à l'évocation de cette histoire et elle parut davantage choquée de ce comportement de la part des jeunes Déesses. Méthos se leva et se dirigea nonchalamment vers cette personne, et en la dépassant il lui dit :
- Je gagne toujours. Que ce soit dans une arène ou dans un lit, je suis le seul maître à bord. J'ai hâte de vous en faire la démonstration. J'aimerais que nous nous affrontions un jour, je vous laisse le choix des armes et de l'endroit. On offrirait aussi un beau spectacle, non ?
Sur ces mots le chevalier sortit du restaurant laissant un Hadès pantois.
Le déjeuner fini, le Grand Pope convoqua tous ses Chevaliers d'Or à une réunion de travail en urgence. Depuis l'arrivée des convives et un séjour qui s'éternise au-delà de ce qui était prévu, Shion avait besoin d'y voir plus clair dans tout ce qui évoluait autour de lui, notamment ces tensions incessantes entre la plupart des membres de la famille d'Athéna, sans compter la pluie de doléances qui s'abattait sur lui et Noémie depuis bientôt deux jours !
Tout en présentant brièvement les faits, il sentait le regard de chacun des chevaliers, et notamment celui du Verseau.
Évidemment, Camus – comme les autres – avait répondu à l'appel. Et plus qu'attentif à ces paroles, Shion remarquait bien que dans son attitude tout le troublait. Mais loin de vouloir paraître faible, il se reprit aussitôt et poursuivit sa présentation.
Camus quant à lui, écoutait bien tout ce qu'expliquait leur supérieur il analysait les données car il savait qu'il serait le premier sollicité pour donner des compléments d'information. Néanmoins, rien ne lui échappait dans l'attitude du Grand Pope : sa respiration, ses silences, les mouvements subtils de son torse, la position de ses mains, le balancement de ses mèches de cheveux…
- Qu'as-tu découvert ? demanda le Grand Pope.
- Pour l'instant pas grand-chose, dès que j'en saurai plus je vous le ferai savoir. J'ai besoin de vérifier en premier lieu mes sources d'information, répondit le Maître des Glaces d'un ton solennel.
Toutefois, même si personne ne pouvait apparemment pas le voir, Camus était un peu inquiet. Était-ce peut-être parce qu'il se sentait observé par son frère d'armes du Poisson qui semblait le fixer assez intensément et finissait par le mettre mal-à-l'aise…
À la fin de la réunion, Camus fut ravi que son compagnon ne l'ait pas trahi. Non qu'il n'avait pas confiance en lui, mais le matin d'avant n'avait-il pas admis à voix haute cacher des choses au Grand Pope ou devoir le faire ?
Au moment de repartir pour faire sa ronde, il ne fut presque pas surpris de voir deux des chevaliers venir à sa rencontre pour lui parler. En revanche, il ne s'attendait pas à être aussi bien compris et respecté pour ses choix, surtout de la part de ses frères d'armes et de leur Déesse. Dohko et Aphrodite étaient en effet porteurs d'un message qui semblait unanime et venant de l'ensemble du temple d'Athéna :
- On sait que quoi qu'il arrive tu ne nous cacherais rien qui puisse nous nuire. Fais selon ton cœur, et à ton rythme, on te fait confiance.
- Tout comme Athéna, avait ajouté Dohko de la Balance.
Cela rassura Camus, et de se sentir épauler en si haut lieu le confirma dans ses choix, restait plus maintenant qu'à obtenir des réponses et à les confier aux bonnes personnes sans trahir les sources.
Pendant le repas du soir, Athéna afficha un petit sourire de satisfaction. En effet, cela avait été fructueux bien au-delà de ses espérances.
La concertation entre les Dieux et Déesses présents quant à la venue de Zeus avait permis de mettre au clair certains petits détails. Rien de transcendant pour Athéna, mais au moins elle savait que ce séjour prolongé ne serait pas une contrainte pour ses convives, en dépit de quelques mécontents ne pouvant se soustraire au bon vouloir de leur grand Maître et Roi, le tout puissant Zeus.
- Athéna, ne sois pas inquiète, comme on l'a dit samedi à ton Grand Pope, nous connaissons les sautes d'humeur de ton père. Alors nous l'attendrons, la rassura sa tante Déméter.
- Je suis bien d'accord,renchérit Hadès. En plus cela nous permettra de réapprendre à nous connaître.
- Ouais, moi je serais mieux chez moi,énonça Poséidon, Zeus pourrait être là quand il le faut. Même si je dois reconnaître que ton sanctuaire est agréable et ton personnel performant, marmonna le dieu des mers.
- C'est vrai,dit le seigneur Héphaïstos nous avons été bluffés par la rapidité avec laquelle vous nous avez accueillis. Shion est un vrai maître en l'art de l'organisation et il a su prouver qu'il savait faire face à l'imprévu.
Tout autour de la table, Athéna voyait les têtes hocher d'avant en arrière afin de saluer le mérite de son second, ce qui la rassura quelque peu.
- Mais sais-tu quand père dois venir ? demanda Apollon assez impatient lui aussi de rentrer chez lui.
Toutefois, ce dernier était pris entre deux feux. En effet, ce séjour qui s'éternise ne l'arrangeait pas plus que ses parents, mais d'un autre côté il pouvait mettre à profit ce retard inopiné de son père pour voir Artémis.
- Non, pas la moindre idée. Il m'a dit qu'il me recontacterait,expliqua alors Athéna, mais il n'a rien ajouté d'autre.
- Toujours égal à lui-même,rigola Déméter. Il ne changera jamais. Pauvre Héra.
Tous se mirent à rire et finirent le repas tout en pronostiquant quand Zeus daignerait enfin les honorer de sa présence.
Rassurée pour le moment, Athéna voyait que les membres de sa famille réussissaient à s'acclimater à leur séjour dans son sanctuaire, mais surtout qu'ils étaient capables de cohabiter dans un seul et même lieu sans se faire la guerre. Elle eut soudain comme un éclair dans son esprit, mais se reprit aussitôt pour finir le repas.
En fin de soirée, la déesse Aphrodite soupira de lassitude. Elle avait observé tous les êtres vivant dans le sanctuaire et elle était déçue. Il y avait très peu de romances, et beaucoup de peur et d'a priori.
Aussi, quand la Déesse surpris deux chevaliers en particulier au détour d'un couloir en train de discuter, elle ne put s'empêcher de les sermonner sur leur attitude envers leurs prétendants :
- Vous deux ! Vous n'êtes vraiment que des idiots !
Les deux chevaliers la regardèrent plutôt interloqués…
- Ces deux hommes vous plaisent, et vous au lieu de les courtiser de la meilleure manière, vous vous acharner à faire n'importe quoi !
Les deux hommes continuaient à l'observer en se demandant où elle voulait en venir…
- Toi ! fit-elle en pointant un premier homme d'un doigt presque menaçant, tu épies presque chacun de ses mouvements, chacune de ses actions, et tu attends quoi, un miracle ? Il a beau être plus âgé que toi, il a autant sinon plus d'a priori que toi – sans compter le fait qu'il ne pensait plus qu'on puisse encore s'intéresser à lui –, alors vas-y, fonce et dis-lui que tu l'aimes vraiment !
L'homme en restait hébété…
- Quant à toi, là, hein ! dit-elle en désignant de son même doigt le compagnon de discussion du premier homme. Et si vous arrêtiez un peu de vous tourner autour là, comme vous faites, et que vous preniez le temps de parler sérieusement, non ? Plutôt que de lui faire peur, de le rembarrer voire de l'humilier comme tu le fais sans cesse ! Et si tu lui disais ce que tu ressens vraiment pour lui pour une fois, ce serait pas plus simple tu crois ?
Là, c'est le second qui en resta bouche bée…
- Pffff ! À voir vos têtes, j'ai plus l'impression de perdre mon temps…
Et la Déesse tourna les talons pour reprendre sa route, laissant ainsi les deux hommes dans le flou le plus total. Ils continuèrent de la regarder marcher, l'un deux se mit à sourire, voyant que la jeune fille grommelait encore, puis quand elle eut disparu de leur champ de vision, l'autre commença à s'exprimer :
- Méthos…
- Camus, laisse tomber. Ça lui arrive parfois, oublie, ça n'en vaut pas la peine.
Après cet intermède, les deux hommes reprirent leur discussion. Un moment après, ils se quittèrent et retournèrent dans leurs appartements afin de se reposer avant la prochaine journée qui s'annonçait tout aussi mouvementée.
