Bonjour,
Merci de toujours me suivre sur cette histoire qui me tiens à cœur. Ce chapitre porte sur quatre de nos protagonistes. J'espère que cela vous plaira. Vous les reverrez dans le prochain chapitre aussi. Bonne lecture biz Peace'.
Chapitre 13 : J+4
Le mercredi matin, Shion se leva difficilement cela faisait maintenant quatre jours que tous les invités du samedi étaient là sur ordre de sa déesse. Il se demandait quand Zeus allait venir pour signer le traité de paix qu'il avait lui-même demandé.
La journée allait encore être longue et difficile. En temps normal, organiser le sanctuaire était déjà contraignant, mais là ça devenait insupportable : gérer les caprices de certains Dieux, les habitudes – parfois pénibles – de leurs soldats réussir à satisfaire un maximum de personnes sans pour autant les voir se taper dessus sans raison la liste n'était pas exhaustive, cependant Shion se demandait s'il y aurait une fin à tout ça !
Dès le matin du deuxième jour, les premiers plaignants ne s'étaient pas fait prier pour revendiquer leurs doléances auprès du second d'Athéna.
Poséidon ouvrit les hostilités :
- Grand Pope Shion, il faut que je vous parle.
- Bien sûr Monseigneur,répondit l'homme dans un grand sourire, mais ne comprenant pas vraiment d'où venait la colère du Dieu des Mers.
- Je veux de l'eau dans ma chambre, tonna la voix du Dieu.
- La douche ne fonctionne plus Majesté ? répondit le maître du sanctuaire surpris.
Il avait pourtant bien fait vérifier que tout était en état dans les chambres.
- Non, tu ne comprends rien, s'énerva d'autant plus Poséidon.
- ….
- Je…commença le Dieu.
- Pardon, Seigneur Poséidon puis-je parler à votre place s'il vous plait ?... Le coupa Julian Solo son porteur.
- Fais comme bon te semble.
- Bonjour, Seigneur Shion, repris le jeune homme.
- Bonjour Monsieur Solo, répondit Shion heureux de l'intervention du jeune humain.
- Je vais résumer en reprenant depuis le début. Cette nuit notre cher Dieu des Eaux n'a pas pu dormir. Comprenez bien que cela n'est pas de votre faute, mais la chambre du palais sous-marin est faite de murs d'eau qui émettent du bruit. Vous voyez, ça le berce et là comme c'était silencieux, une angoisse s'est manifestée et il n'a pas pu dormir. De plus l'eau maintient une certaine humidité dans son espace nocturne alors qu'ici, il fait chaud et sec. Voilà pourquoi mon compagnon de route est si en colère,résuma en quelques phrases le jeune Solo.
- Je comprends bien votre problème, mais comment puis-je vous aider ?demanda le Grand Pope, dérouté par le problème posé.
- J'ai pensé à une fontaine, énonça alors Julian Solo. Je sais, c'est nul. Mais c'est la seule chose à laquelle j'ai pensé et cela m'a pris toute la nuit. Vous pouvez rire.
- Non, je ne vais pas me moquer. Je comprends ce que vous voulez dire. Une fontaine permettrait d'avoir une eau qui coule en continu et elle humidifierait la pièce. Je vais essayer d'en faire installer une avant cette nuit, comme ça vous pourrez dormir tous les deux,annonça Shion.
- Merci mon ami, dit Julian.
- Seigneur Shion, reçut-il en guise de remerciement de la part de Poséidon.
- Avec plaisir, salua Shion dans un sourire forcé.
Et ça n'avait pas cessé jusqu'à la veille au soir.
Aussi, quand il sortit tranquillement de sa chambre, il espérait que sa journée serait plus calme. Avant toute chose, il se dirigea dans la chambre à côté de la sienne. C'est désormais là que dormait Noémie, ils ne pouvaient pas partager la même couche indéfiniment, et la renvoyer chez les servantes était impensable après ce qu'il s'était passé. De plus, il désirait l'avoir à portée de main en toute circonstance. En effet, jusqu'à présent, ses conseils s'étaient avérés fort utiles lors des différents conflits.
Après les civilités d'usage, les deux comparses allèrent prendre leur petit-déjeuner avec leurs invités avant de retourner gérer tous les problèmes. Vers dix-huit heures, après une journée harassante, Shion décida d'aller se détendre aux thermes publics.
Ce même matin, Hadès se leva en soufflant. « Un jour de plus dans ce sanctuaire, se dit-il. »
Si au début, l'idée d'un rapprochement familial lui avait paru bonne, à présent il commençait à avoir des doutes.
Ces derniers jours avaient été des plus pénibles, et devoir gouverner les enfers depuis la terre était assez désagréable. Dès qu'il faisait un pas, il était entouré de papillons noirs venus de tout son royaume pour lui délivrer différents messages.
C'était à croire qu'en son absence ou en celle de ses juges, des jumeaux ou de sa sœur, personne sur ses terres n'était capable de faire quoi que ce soit. Tout cela l'épuisait, même s'il devait reconnaître que ceux qui l'accompagnaient chez Athéna l'aidaient à répondre à toutes les missives afin de lui laisser un peu de liberté.
Liberté qu'il avait mise à profit pour créer des liens avec les autres invités, et surtout un rapprochement avec Méthos, le chevalier d'Arès. Effectivement, cela faisait longtemps que les deux hommes se côtoyaient, pourtant ils n'avaient pas eu de véritable discussion après les différents incidents qui s'étaient produits entre eux.
Aussi, le weekend d'avant, il avait proposé au guerrier d'apprendre à mieux se connaître afin d'arriver à un résultat. Ce dernier lui avait ri au nez tout en repoussant sa poignée de main.
Loin d'être découragé par ce premier écueil, le Dieu des Enfers partit rejoindre le guerrier d'Arès sur la plage pour lui demander pardon, mais là encore ça s'était soldé par un échec cuisant.
Depuis, le soldat passait son temps à l'humilier en essayant de le mettre dans son lit. Le chevalier de son neveu lui avait même dit :
- Si vous désirez vraiment vous faire pardonner, vous n'avez qu'à écarter les cuisses pour moi.
Bien que surpris sur l'instant, Hadès ne l'avait pas mal pris. Le Dieu ne voulait pas de ça, du moins pas au début, car maintenant il n'en était plus très sûr.
En effet, toutes les fois où Méthos l'avait touché ou embrassé ne l'avaient pas laissé indifférent, même s'il avait bien conscience que pour Méthos, tout ceci n'était qu'un jeu et que son seul désir était de le faire entrer dans sa couche afin de le déshonorer.
Donc évidemment, si en premier lieu la proposition du Dieu des Morts était tout à fait amicale, maintenant elle devenait plus intime. Il ne pouvait nier que le jeune trentenaire l'avait toujours plus ou moins attiré. Son charisme et sa beauté étaient à couper le souffle.
Hadès secoua la tête pour chasser ses souvenirs et ses pensées, se rappelant juste d'une chose : Zeus était toujours le problème de l'équation.
Comme d'habitude, les exigences de son frère ne lui amenaient que des tracas. Et là, il devait attendre patiemment que son illustre parent débarque pour une signature, en restant enfermé dans le même espace que son problème sentimental.
Après toutes ses réflexions, le souverain des Enfers se prépara pour rejoindre la salle de restaurant et prendre son petit-déjeuner. Ensuite, comme prévu, il passa le reste de la journée à répondre aux divers messages que ses subordonnés lui faisaient parvenir.
Aussi, après une dure journée de labeur, Hadès décida d'aller se relaxer aux thermes publics.
Ce matin-là, Camus se leva en regardant son calendrier et lu qu'il était mercredi. Le milieu de la semaine, déjà, et pourtant le temps lui avait paru si long.
Depuis l'arrivée des dieux et de leurs soldats, le sanctuaire était sans dessus-dessous. La surveillance avait été doublée jour et nuit. Les chevaliers d'or devaient se rendre à toutes les festivités : banquets, spectacles, « réunions de famille »… Sans compter les patrouilles, la gestion des conflits – et Dieu sait qu'il y a en avait énormément suite à toutes ces guerres passées – et leur fonction première, celle de garder leur propre temple ! Il n'était donc pas surprenant qu'en ce moment, le sommeil et les moments de liberté fussent très rares, voire trop rares.
Plus que tout, il détestait le fait de croiser Shion seulement quelques secondes dans les couloirs ou toujours accompagné, cela l'empêchait de pouvoir l'approcher et l'embrasser quand il le désirait.
Toutefois, il était ravi de savoir que Noémie – il s'était promis, pour son supérieur et son homologue Aphrodite, de retenir le prénom de la jeune femme –, que Noémie donc se trouvait à présent dans la chambre mitoyenne du Grand Pope et non plus dans son lit.
Cela lui rappela que la veille, avant d'aller se coucher pour quelques heures d'un repos bien mérité, il s'arrêta dans le bureau de son supérieur afin de lui faire son rapport et en profita pour lui exprimer sa satisfaction quant au déménagement de sa suivante :
- Seigneur Shion, je viens au rapport.
- Bien et qu'en est-il ?
- R.A.S.
- Bien, tu peux aller te coucher.
Camus resta silencieux et contourna le bureau de son supérieur pour se rapprocher de lui lentement.
Il avait l'impression que celui-ci le regardait faire, sans broncher, attendant patiemment la suite, telle une proie se sachant traquée par un prédateur, que la peur avait figée, et cherchant un moyen de fuir tout en désirant connaître l'issue de ce duel. Tout cela excitait grandement le Chevalier du Verseau.
Ce dernier s'avança donc vers le fauteuil de son supérieur et se plaça derrière, il posa doucement ses mains sur les épaules de Shion et entama un doux massage afin de le détendre.
Le Grand Pope lâcha un léger soupir, et Camus – ravi – intensifia alors ses mouvements.
Shion se détendait de plus en plus Camus en profita pour glisser ses mains le long des clavicules de son amant et les descendre progressivement dans l'échancrure de sa tunique afin que ses doigts viennent caresser le haut de son torse. « Sa peau est si douce, si agréable au toucher, pensa Camus ».
Le Chevalier s'arrêta un instant pour jouer avec les boutons de chair ce qui fit gémir son homme. Il accentua son attention sur cette partie du corps de Shion et ce dernier n'était pas en reste – « Il sait vraiment y faire, se dit-il ».
Le maître du sanctuaire bascula alors sa tête en arrière afin de planter son regard dans celui de son subordonné et murmura son prénom dans un appel à la luxure. Ses yeux et ses lèvres suppliaient de lui en donner toujours plus. Sa bouche s'entrouvrait afin de laisser passer son souffle erratique et sa cage thoracique se soulevait de façon chaotique. La vision que lui offrait Shion était des plus aphrodisiaques.
N'en pouvant plus, Camus pinça les tétons de l'homme à l'agonie sous ses doigts et s'empara de ses lèvres avant qu'un cri de plaisir ne s'en échappe. Il l'embrassa avec fougue, ravageant sa bouche avec sa langue, entraînant sa jumelle dans une danse effrénée.
Puis il stoppa tout, d'un coup, et murmura à l'oreille de son amant :
- C'est pour t'aider à bien dormir. Tu pourras penser à moi maintenant que tu es seul.
- Camus…
- Merci d'avoir pris en compte mes desiderata concernant ton assistante, même si je sais qu'il n'y aurait rien eu entre vous, ça me touche.
Le Verseau l'embrassa à nouveau doucement puis partit dormir dans son temple, laissant son compagnon dans son bureau, essoufflé et visiblement heureux de cette visite.
Camus était ravi d'avoir pu passer un peu plus de temps avec Shion, d'avoir pu le toucher, l'embrasser, l'exciter même ! Aussi, après une courte mais excellente nuit, il se prépara pour le déjeuner, en pensant que sa journée serait encore longue, mais que vers dix-huit heures, il aurait tout de même une petite heure de répit.
Comme tous les matins depuis leur arrivée, Méthos n'avait qu'une hâte, c'était de quitter les lieux une bonne fois pour toute, surtout après son altercation de la veille avec Arès – l'un des Dieux qu'il servait –, et comme tous les matins, il serait forcé de rester jusqu'à ce que Zeus daigne enfin manifester sa divine présence !
« Et on n'est que mercredi. Putain de semaine ! pensa-t-il».
Depuis samedi donc, un grand chaos se bousculait dans sa tête. Alors qu'il pensait que tout le monde le fuirait, c'était tout le contraire : Camus essayait de renouer avec leurs liens d'enfance Héphaïstos était tout le temps à ses côtés ou à ceux des Dieux qu'il servait, tout comme le couple de médecins…
Cela ne le gênait pas réellement, mais lui aspirait à rester seul et à ne pas s'attacher aux autres. Avec le temps, il avait compris que ça ne servait à rien de chercher à fuir, sauf à souffrir inutilement.
Ce qui le préoccupait le plus, pourtant, était qu'Hadès souhaitait se rapprocher de lui. Après tout ce qui s'était passé entre eux, il ne comprenait pas la démarche du Dieu des Morts, et au début il avait ri, pensant que ce dernier se moquait de lui.
Plus les jours avançaient, et plus Méthos se rendait compte que le Seigneur Hadès était sérieux dans ses propos et ses actes, car plusieurs fois il le vit revenir à la charge. Et à chaque fois que le Chevalier se mettait en posture de défense volontaire – se forçant à le repousser violemment, en lui parlant de plus en plus mal, jusqu'à en devenir physiquement agressif –, le Dieu des Morts restait impassible, essuyant tous les refus, tous les écueils de ses tentatives d'une manière plutôt noble, gardant toujours un doux sourire aux lèvres. Et la fois où Méthos préféra l'embrasser plutôt que de le frapper, ce dernier pensait l'avoir humilié une bonne fois pour toute, mais non, là encore Hadès avait fait preuve d'une certaine sagesse, laissant le Chevalier d'Arès totalement désemparé.
Aussi, après avoir suffisamment réfléchi à ses sentiments pour Hadès, une conclusion s'était imposée à lui : il était attiré par le maître des Enfers !
Sa décision fut donc sans appel. Qu'Hadès s'approche de lui ou qu'ils se croisent n'importe où dans le sanctuaire d'Athéna, et Méthos aurait à cœur de laisser parler ses pulsions : il n'hésiterait pas à satisfaire ses envies de sexe avec le Dieu des Morts et peu importe ce que penseraient les divinités qu'il sert, ce ne sont que des adolescents pour le moment, avec leurs propres problèmes d'hormones ! Et pour couronner le tout, Aphrodite serait enfin satisfaite sur deux points : elle ne se plaindrait plus de ne pas être assez nourrie, ni qu'il n'avait toujours rien fait concernant Hadès.
Ce matin-là donc, Méthos quitta sa chambre avec la ferme intention de lutter contre ses démons et de montrer à ses maîtres quel grand guerrier il pouvait être.
La matinée fut partagée en deux temps : Méthos rejoignit tout d'abord les deux élèves de Camus sur le terrain d'entraînement, une occasion pour lui d'exercer son pouvoir de glace qu'il n'utilisait plus vraiment depuis qu'il officiait en tant que tuteur de la fratrie divine. Pour autant, il n'avait pas tout perdu, et même s'il gagna facilement contre les deux guerriers, il sentait chez eux un grand potentiel, digne de leur maître ensuite, se présentèrent Shun d'Andromède, Aphrodite des Poissons et Milo du Scorpions qui acceptèrent de faire quelques passes d'armes avec lui, lui rappelant des souvenirs à la fois agréables et douloureux.
Après une douche relaxante et un déjeuner toujours aussi riche, Méthos passa un après-midi plutôt tranquille et festif. En effet, Athéna, maîtresse des lieux, avait convié tout son monde à assister à un spectacle de danse moderne. Méthos avait apprécié, mais sans plus, et malgré un début de journée assez défoulant, il se sentait désormais lassé de tout.
C'est à ce moment-là qu'il entraperçu Camus. La démonstration de Hip Hop touchant à sa fin, il préféra suivre son ancien camarade qui semblait se diriger vers les thermes publics.
« Voilà un lieu fort à propos pour se changer les idées, se dit Méthos qui emboîta donc discrètement le pas de Camus ».
