Bonsoir,

Je vous remercie de continuer à me suivre. J'espère que cela vous plait toujours. Nous voilà au cinquième jour de réunion. Après un mercredi haut en couleur voilà se qui se passe le lendemain. Bonne lecture à tous. Biz Peace'.


Chapitre 16 : J +5

En ce jeudi matin, Shion se leva heureux et semblait avoir dormi comme un loir.

Certes, la journée de la veille avait été riche en émotions et en révélations entre l'après-midi passé aux thermes et la lecture d'un nouvel extrait de l'autobiographie du premier Grand Pope, mais ce qu'il attendait avec grande impatience, c'était l'entretien qu'il avait réussi à programmer en début d'après-midi avec Camus. Un entretien professionnel, il est vrai, mais surtout une occasion de profiter de la présence de son amant dans son bureau, loin des yeux indiscrets.

Aussi, il se leva vite, fit sa toilette et partit déjeuner avant d'aller travailler dans son bureau.


Camus lui aussi se réveilla le sourire aux lèvres. Le jour d'avant avait été parfait, toutefois, il semblait un peu peiné.

Après l'épisode torride dans les thermes, le Chevalier du Verseau n'avait pas pu reparler à son amant, ils s'étaient juste entrecroisés, le temps de quelques regards fugaces au moment du dîner de la veille. Ce qui l'avait rassuré sur l'instant, c'était les sourires de Shion en guise de réponse à ses appels silencieux. Mais après une bonne nuit de sommeil et de réflexion, Camus se demandait si ce dernier ne reviendrait pas sur ses dires et n'allait pas finalement le rejeter, voire pire, le sanctionner pour ce qu'il avait fait.

En y repensant, le Chevalier d'Or se disait qu'il avait peut-être poussé le bouchon un peu loin, lui faire l'amour dans les thermes, accompagnés du Dieu Hadès – auquel il lui a fait donner un baiser – et du chevalier Méthos, son meilleur ami…

Il s'assit sur son lit et se frotta le visage avec une mine triste et pleine de questionnements.

- Eh bien ! Eh bien ! C'est quoi le problème ce matin ? retentit une voix devant lui.

- Oh bordel ! Mais tu veux me tuer ! s'exclama Camus en voyant Aphrodite des Poissons entrer dans sa chambre et venir s'asseoir à ses côtés.

- Non, bien sûr ! Hors de question de me mettre le Grand Pope à dos en tuant son compagnon, s'amusa l'homme aux traits efféminés.

- Donc, si je n'étais pas avec lui, ça te serait égal que je meure ? s'insurgea le Verseau.

- Non plus ! mais au moins tu reconnais « être » avec lui, s'amusa le Poisson, le regard absent.

- Aphrodite… souffla le gardien du onzième temple.

- Oui mon ami ?

- Merci… J'ai un peu peur à cause de quelque chose qui s'est passé hier… expliqua le maître de l'eau.

- Ha ! Ha ! Mon dieu, après le spectacle que vous nous avez offert, je peux t'affirmer qu'il reviendra auprès de toi. Il est fou de toi, le rassura le douzième gardien.

- Spectacle ? questionna surpris son homologue.

Aphrodite sourit en posant une main compatissante sur l'épaule de son ami. Il lui raconta tout dans les moindres détails, sauf ce qui s'était passé après leur départ entre lui et Ikki. Camus rougit et le Poisson rit.

- Je ne raconterai rien, promis, fit l'homme aux roses en levant une main en l'air et en posant l'autre sur son cœur en signe de promesse. Mais ne t'inquiète pas pour votre relation d'accord, c'était bien pour ça tes interrogations ?

- Oui, merci. Et toi tu vas bien ?

- Tout va bien, merci. Disons que pour ma part je doute que le mien revienne.

- Le tien ? s'étonna Camus.

- Vous m'avez inspiré hier, mais je n'ai pas eu votre résultat…

Se relevant pour quitter les lieux, Aphrodite rajouta :

- Je ne suis pas un maître de l'Eau et de la Glace, je ne suis pas… Verseau… soupira-t-il. Bon ! maintenant allons-y, on nous attend.

- Aphrodite… hésita le maître de la Glace. Si tu as besoin d'aide ou de conseils, je suis là moi, le Verseau, sourit Camus de façon narquoise pour détendre l'atmosphère tout en faisant comprendre qu'il le soutiendrait.

- Comme si moi, le plus beau des chevaliers, j'avais vraiment besoin de toi, le plus « froid » d'entre nous, pour des conseils en amour, rigola le douzième gardien.

Les deux hommes se fixèrent un instant et se mirent à rire.

Ce que Camus appréciait chez son frère d'armes Aphrodite, c'était cette grande confiance en lui qui faisait que quoi qu'il se passe, son moral était toujours au beau fixe. Il ne se sentait jamais découragé très longtemps et avait toujours les mots pour rassurer les autres.

Le chevalier du Verseau avait fait l'effort d'apprendre à le connaître depuis leur résurrection et était déçu que peu d'autres en aient fait autant, car Aphrodite était vraiment un ami sur qui on peut compter.

Ils quittèrent le onzième temple pour aller déjeuner après que Camus eut pris une douche rapide.


Hadès était heureux, sa relation avec Méthos s'était améliorée. Pas comme il l'avait pensé au début mais c'était mieux qu'il ne l'avait espéré.

Aussi, il fut grandement surpris quand ce matin, au petit-déjeuner, son amant de la veille l'avait complétement ignoré.

En effet, Hadès avait rejoint le plus naturellement du monde le groupe de Méthos composé des trois Dieux adolescents, de certains chevaliers d'Athéna – Camus, Aphrodite, Kanon et Milo – ainsi que d'Héphaïstos et de son tuteur Alexandre. Et c'est donc tout naturellement aussi qu'il engagea la conversation avec la tablée quand subitement Méthos prétexta avoir une urgence et s'éclipsa de la table.

- N'y fais pas attention Hadès, lui avait conseillé la Déesse de l'Amour en murmurant pour eux deux. Il est comme ça, il va te rejeter car il s'est aperçu qu'il t'appréciait, même s'il te dira le contraire. Il a la fâcheuse tendance d'éloigner toutes les personnes dont il pourrait se rapprocher. Alors si tu le veux, bats-toi et fais-lui oublier le passé, fais-lui comprendre qu'il a un avenir. Dis-lui tout ce que tu ressens, ouvre-lui ton cœur, rajouta-t-elle avec un sourire.

L'homme hocha la tête de façon affirmative.

Après le déjeuner, il partit se promener dans le sanctuaire aux côtés de sa sœur Pandore tout en se dirigeant vers le colisée afin de voir l'entraînement des chevaliers.

- Mon cher frère, ça va ? s'inquiéta la jeune prêtresse.

- Oui ne t'inquiète pas, affirma d'un ton sec le Seigneur des Morts.

- Hadès… tu sais que je suis là pour toi, murmura Pandore.

- Pandore… j'aimerais… merci ma très chère sœur. Moi aussi je suis là pour toi, la rassura Hadès.

La jeune fille le regarda droit dans les yeux. Elle vit une lueur de détermination poindre dans son regard. Alors heureuse pour lui, elle sourit et rajouta :

- Je suis sûre que tout ira bien avec le jeune chevalier d'Arès.

Hadès sourit en retour, sa sœur avait toujours su lire en lui. Il se devait d'apprendre à faire de même.

Quand ils arrivèrent dans les gradins, son regard tomba sur Méthos et Rhadamanthe – chevalier d'Hadès – se faisant face dans l'arène.

Sous le coup de l'émotion, son cœur rata un battement et il s'apprêtait à intervenir quand une main l'arrêta, accompagnée d'un regard qui en disait long.

Il fit confiance à l'instinct de sa sœur.

Les deux hommes étaient sans armure, et seul Rhadamanthe – chevalier de la Wyvern – avait une épée en main. Méthos se munit alors d'une épée qu'il façonna grâce à la glace. Les deux hommes échangèrent quelques passes d'armes avant de se saluer et de se quitter. En effet, quand Méthos vit ses « élèves » entrer dans l'arène, il pria le Chevalier de la Wyvern de l'excuser et il mit fin à leur combat.

À présent, une sorte de ballet se déroulait sous les yeux des spectateurs présents dans les gradins. Hadès était hypnotisé par le spectacle. Devant lui, Méthos – dans son rôle d'instructeur – enseignait une suite de passes d'armes plus ou moins faciles, reprises par l'ensemble de ses « élèves » présents sur la piste : ses trois protégés, évidemment, mais aussi le jeune Héphaïstos et son tuteur Alexandre.

Hadès prit alors la décision d'écouter sa nièce et de se battre pour cet homme, car il en valait la peine. Et s'il perdait, il aurait au moins la satisfaction d'avoir essayé.

Derrière lui un rire le ramena à la réalité.

- Rhadamanthe ! Tu es trop nul ! s'exclama Kanon mort de rire. Tu pourras remercier Méthos de ne pas t'avoir mis la honte devant tout le monde.

- La ferme ! répondit vexé le chevalier de la Wyvern.

- De quoi tu parles ? fit une nouvelle voix.

- Ha ! Ha ! Minos ! Bonjour. Sache que ton frère allait se faire battre par Méthos, rigola-t-il en montrant d'un signe de tête le chevalier dans l'arène.

- KANON ! Je t'ai dit de la fermer ! hurla Rhadamanthe, les poings fermés prêts à faire voler en éclat le minois de Kanon. Et puis si tu te crois meilleur, va l'affronter, ajouta-t-il en détournant le regard.

- Je ne suis pas aussi stupide que toi Rhadamanthe, sourit Kanon. Je ne vais pas aller au-devant des ennuis si je peux les éviter.

- Toi aussi tu le crains ? demanda Minos.

Le silence qui suivit en disait long sur la réponse. Tout le monde avait compris que Méthos n'était pas à prendre à la légère. Hadès reporta alors son regard sur ce chevalier qui intriguait tant et qui d'une certaine façon fascinait tout le monde.

Même lui.

Surtout lui.


Méthos s'était levé avec des pensées très controversées. Indéniablement, il avait pris un malin plaisir à dominer ainsi le Dieu des Morts, à avoir un tel ascendant sur lui, à l'humilier tout en remplissant son office de chevalier au service de ses maîtres, au point que ce dernier demanderait grâce.

Et finalement, le résultat était tout autre, car Méthos y avait pris beaucoup plus de plaisir, de vrai plaisir, qu'il ne l'avait envisagé au début. Sous ses airs bourru et assuré, il sentait comme une fêlure, une impression de dégoût personnel. Comment avait-il pu rêver toute la nuit de son pire ennemi ? Car Hadès n'était rien d'autre que cela, son ennemi juré, et ce depuis toujours ! Aussi, sa décision serait sans appel, fidèle à ses valeurs, il l'oublierait, et il oublierait aussi tout ce qui s'était passé dans les thermes, jusqu'à le nier si besoin était.

Plus tard, au petit-déjeuner, quand le Seigneur des Enfers vint s'asseoir à sa table, Méthos partit sur le champ.

Comme il avait donné rendez-vous un peu plus tard aux trois divinités qu'il protège ainsi qu'à Héphaïstos et son tuteur dans les arènes, il opta pour se diriger directement là-bas.

« Avec un peu de chance, se dit-il, il y aura déjà un peu de monde avec qui je pourrai m'échauffer ».

Surpris d'y trouver le chevalier Rhadamanthe, il lui proposa une petite confrontation, histoire de se défouler un peu.

Une fois sur la piste, les deux hommes se firent face.

Au même moment, Méthos ressentit une présence dans son dos. Il en frissonna d'appréhension comme de plaisir, puis esquissa un sourire face à l'anxiété qui émanait du cosmos d'Hadès de voir ainsi son propre neveu et chevalier – Rhadamanthe – l'affronter comme ça dans l'arène.

Aussi, voulant jouer avec les nerfs et le cœur de son amant de la veille, le Chevalier d'Arès créa une arme de glace et se rua sur son adversaire. Le duel dura quelques minutes – suffisamment pour que le cœur d'Hadès fibrille – et il prit fin à l'arrivée des personnes que Méthos attendait.

Ce dernier se dirigea d'abord vers le jeune Alexandre et lui mit une épée dans la main, ensuite ils discutèrent de tactique et de sa formation de chevalier avant d'enchaîner sur son cours.

À partir de ce moment-là, il ignora de plus belle le regard qu'Hadès lui adressait, se concentrant sur ses enchaînements et ses apprentis. Il fut surpris de voir qu'Alexandre n'était pas si mauvais. Le manque d'entraînement comme le peu de connaissance technique étaient flagrants à ses yeux, mais il suivait bien et comprenait rapidement les instructions et les corrections qu'il lui donnait. Méthos sourit en se disant qu'avec un peu de temps et d'effort, cet homme deviendrait très vite un bon soldat. Quand l'entraînement fut fini, il salua rapidement ses élèves et s'éclipsa pour être sûr de ne pas croiser Hadès.


En début d'après-midi, on frappa à la porte du bureau du Grand Pope. Sachant déjà qui se trouvait derrière, il s'empressa d'aller l'ouvrir et de faire entrer son amant.

Ce dernier, un peu inquiet par la réaction qu'il pourrait avoir, s'assit sur la chaise face à son supérieur. Le Chevalier du Verseau était persuadé que l'ancien Chevalier du Bélier allait le réprimander, voire pire.

Shion quant à lui était troublé par l'attitude de son homme, mais étant trop heureux de le voir, il ne comprit pas tout de suite le malaise de celui-ci. Aussi, il décida de prendre son temps avant d'engager la conversation. Il avait peur de dire une bêtise. Il commença par le regarder droit dans les yeux, puis il respira lentement pour se calmer avant de demander simplement et tranquillement :

- Bonjour, alors comment va notre affaire ?

- Pas très bien, répondit Camus comprenant de quoi parlait son compagnon.

- Pour quelle raison ? Même si j'ai déjà une idée, sourit doucement l'ancien Chevalier du Bélier compatissant avec le désarroi de son homme.

- Pour tout vous dire…

- Nous sommes seuls Camus, murmura le Grand Pope.

- Pour tout te dire, sourit soulagé le maître des glaces, les Dieux parlent tous à demi-mot et il est difficile de comprendre tout le puzzle. Tu as dû t'en apercevoir aussi, n'est-ce pas ?

L'homme en face de lui hocha affirmativement de la tête, alors il continua.

- J'ai cru comprendre que des actes du passé ont fortement ébranlé la plupart des Divinités ici présentes, notamment entre Artémis et Apollon. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais Artémis n'a pas l'air de vouloir lui pardonner. Quant à Méthos et Arès, ils semblent se contenir pour ne pas mettre la main à la pâte, si tu vois ce que je veux dire. Enfin, Déméter aussi a l'air d'avoir des problèmes avec Hadès et Méthos, elle les évite constamment. J'avoue que les tensions sont telles entre chacun des convives, qu'il ne manque plus grand chose pour que tout cela nous explose à la figure !

- Tu crois ? interrogea son vis-à-vis.

- Shion… Comment dire… Pour être franc, même si Méthos a couché avec Hadès, je ne pense pas qu'il lui fasse davantage confiance. Il ne l'a fait que par intérêt, pour nourrir Aphrodite, il est prêt à tous les sacrifices pour cela, quitte à coucher avec l'ennemi. Sache qu'il n'est pas homme à laisser ses sentiments prendre le pas sur la raison. J'ai lu dans son regard, je pressens qu'il se prépare à quelque chose. Quoi ? Contre qui ? Je ne sais pas encore, mais le connaissant il va analyser, préparer et entraîner, lui-même, mais d'autres aussi. Et quand il jugera le moment opportun, il passera à l'attaque, même si je pense qu'il laissera le premier coup à son adversaire, pour avoir le temps de voir sa détermination et son potentiel. Il est ainsi.

- Un vrai soldat. Il n'est pas le chevalier du Dieu de la Guerre pour rien, souffla Shion.

- Il est le meilleur, et beaucoup parmi nous en ont conscience. Il ne faut pas le prendre à la légère, même certains Dieux le savent. Je l'ai vu dans certains regards et dans leur façon de lui parler. Je ne sais pas tout, mais je pense que certaines divinités ne veulent pas se le mettre à dos. Malgré tout, je pense qu'il ne fera rien avant un bon moment. Pour l'instant, il n'en est qu'aux préparatifs et je vais essayer de voir ce qu'il en est.

- Fais attention à toi, s'inquiéta le Grand Pope.

- Ne t'inquiète pas Shion, Méthos ne me fera rien, sourit confiant Camus.

- Quand tu te sentiras prêt, tu me raconteras tout, murmura Shion.

Le Grand Pope avait bien réfléchi ces derniers jours, et il n'en voulait plus à Camus de lui cacher des choses. De plus, lui-même avait décidé de garder secret les autobiographies de leurs aînés. En y repensant bien, les dires d'Athéna sur le chevalier du Verseau étaient vrais, jamais Camus ne ferait une mauvaise action contre eux. Il pouvait donc lui laisser du temps pour se confier à lui.

- Merci.

Une fois cet entretien professionnel terminé, Shion se leva, faisant signe à son homme de rester assis, et alla fermer à clé la porte se trouvant derrière ce dernier. Le Grand Pope s'avança ensuite vers le fauteuil où était assis le chevalier d'Or, se plaça dans son dos et l'enlaça, faisant glisser doucement ses mains sur son torse puis sous sa chemise.

Surpris, Camus releva le visage vers celui de son amant, le regard interrogateur.

- Moi aussi j'ai envie que tu penses à moi quand tu es seul, susurra Shion se rappelant leur entrevue de mardi soir.

- Ne t'inquiète pas pour ça, cela fait bien longtemps que je ne pense plus qu'à toi. Tu peuples chacune de mes pensées.

À ces mots, Shion se jeta sur les lèvres de Camus, l'entraînant dans un ballet débordant d'amour et d'enthousiasme, jusqu'à griffer le torse de son bien-aimé, le faisant ainsi cambrer de plaisir.

Quand le baiser prit fin, il relâcha son homme et contourna le fauteuil afin de s'asseoir sur ses genoux, rapprochant ainsi leur bassin respectif pour qu'ils entrent en contact.

Ainsi positionné, Shion posa dans un premier temps ses mains sur la mâchoire du Chevalier des Glaces pour l'embrasser à nouveau, mais plus tendrement cette fois ensuite, d'une main bien ferme, il agrippa la nuque de son amant, tandis que de l'autre, il s'infiltrait entre leurs jambes, cherchant à caresser le sexe de Camus sous son uniforme.

- Shion… soupira le Maître des Glaces.

- Camus… Tu n'aimes pas ? demanda inquiet son compagnon.

- Hmmm ! Si, c'est juste que c'est la première fois que tu prends une telle initiative, sourit Camus.

- Et donc, tu n'aimes pas ? s'inquiéta davantage le plus âgé des deux.

- Je suis tout à toi, répondit de façon langoureuse le onzième gardien en ramenant les lèvres de Shion vers les siennes d'une main ferme, ce qui excita le Grand Pope.

Ce dernier se sentait enivré par ce baiser et laissa vagabonder sa main jusqu'à rencontrer une partie fort émue de l'anatomie de son amant.

Très excité à son tour, Camus commença à gémir entre deux baisers et une tentative de reprise de souffle. Rassuré par ce que son amant avait entrepris pour continuer à le séduire, le Chevalier du Verseau se laissa aller au gré des trouvailles du Grand Pope pour le faire jouir toujours plus fort.

Il accompagna même Shion dans son jeu sexuel en lui mettant une douce fessée tout en lui susurrant :

- Oui, tout à toi…

Au bord de l'extase, Shion gémit à son tour, haletant comme pour trouver une bouffée d'oxygène et tenter d'éclaircir un peu ses idées, puis il interpréta ces derniers mots comme une invitation à être plus entreprenant encore, plus audacieux dans ses actes, dans ses gestes.

Ce qui ne devait être qu'un simple câlin se transforma peu à peu en un acte sexuel des plus débridés.

Il ouvrit le pantalon de Camus, saisit la verge turgescente de ce dernier et la manipula du bout des doigts, la caressant délicatement, effleurant continuellement le bout du gland à nu.

Avant d'aller plus loin, le Grand Pope saisit les deux mains de Camus d'une poigne de fer pour les maintenir au-dessus de sa tête et ainsi limiter toute entrave de sa part.

Camus gémit d'excitation devant la détermination de son conjoint. Shion lécha les doigts de sa main libre de façon sensuelle, ajoutant des bruits de succion stimulant davantage l'érection du Chevalier du Verseau.

Quand ses doigts furent assez humidifiés, Shion empoigna le pénis de son bien-aimé et entama de lents va-et-vient, augmentant progressivement la cadence pour le maintenir en érection.

Camus gémissait de plus belle, exalté par la dynamique de mouvement de Shion, ce qui suscita chez ce dernier un désir grandissant. Ne voulant pas que son amant se libère trop tôt, le Grand Pope délaissa un moment cette magnifique verge qui lui faisait toujours de l'œil pour retirer son propre pantalon tout en se redressant vers Camus. Shion gardait toujours une main sur celles de son aimé, et de l'autre, il finit de se déshabiller, appuyé d'un déhanchement subtil qui laissait le chevalier d'Or pantois. Ce dernier se délectait du spectacle et n'avait d'yeux que pour ce corps si sculpté.

Shion se rassit sur son homme et remit ses propres doigts dans sa bouche afin de les suçoter. En croisant le regard de Camus, le Grand Pope y lit un tel désir et une telle frustration qu'il décida de s'amuser un peu, de faire durer les choses un peu plus longtemps, comme une sorte de vengeance en échos à leurs premiers ébats. Il sortit ses doigts de sa bouche et les mit devant les lèvres de son amant. Quand celui-ci allait les happer, il les retira pour les remettre dans sa bouche, ajoutant encore plus de frustration chez son compagnon. Quand ils furent assez mouillés, il se releva et les introduisit en lui, doigt après doigt.

Il vit alors apparaître sur le visage de Camus une expression autre que celle dans son regard. Celle du désir, un désir fou !

Camus se léchait les lèvres du bout de la langue, tel un prédateur observant sa proie, mais Shion ne sera pas ce genre de prise, si facile à appréhender. Non ! Il saura dominer le « prédateur » qui se cache dans le Chevalier du Verseau, et il saura lui montrer comment il peut lui « rendre la monnaie de sa pièce ».

Shion commença par se donner lui-même du plaisir, toujours très lentement, pour aiguiser la curiosité et l'excitation de Camus, mais aussi pour susciter une envie au-delà du tolérable. Il se caressait d'une main tout en maintenant ses doigts dans son propre anus, les yeux fermés, se passant la langue sur les lèvres comme un appel à le prendre avec une rage démesurée. Camus l'observait de ses petits yeux avides, mais résistait le plus possible, attendant de voir jusqu'où pouvait aller son amant, et jusqu'où il voulait l'amener.

Shion se délectait de cette sorte de torture qu'il infligeait à son homme, conscient de le voir bouillir d'excitation et se consumer de l'intérieur pour surtout ne pas succomber et ne pas le satisfaire aussi facilement.

- Camus… Hmmm ! C'est bon…. Hmmm ! Et toi ? Tu aimes ?…

Shion était monté d'un cran, il était décidé à lui montrer qui commandait.

- Sh… mais Camus ne put répondre car ses lèvres furent happées par d'autres.

- Camus… Je te plais ainsi ? … Hmmm ! Suis-je désirable ?…Hmmm !

- Sh… une fois encore Shion le priva de parole.

- Camus… Hmmm ! Plus fort ! Plus vite ! … Hmm !

Shion accéléra le mouvement de ses doigts en lui, augmentant ainsi le volume de son excitation, répandant dans tout son être cette impression d'une armée de fourmis déferlant dans la plus infime partie de son corps, jusqu'à lui couper le souffle et le faire convulser, les yeux en l'air tel un épileptique.

Sa jouissance culminait et Camus le voyait bien.

Il resta silencieux cette fois-ci, le regardant se démettre tout en se donnant un plaisir fou, comprenant mieux la frustration qu'avait endurée son amant la dernière fois.

Shion éprouvait tellement de félicité, entre ses doigts qui bougeaient en lui et le regard de luxure que posait Camus sur lui, qu'il en était au bord des larmes et de l'orgasme absolu.

Dans un cri véhément, il retira ses doigts et attrapa d'une main ferme le pénis en érection de son compagnon, le masturbant vivement comme s'il était encore possible de le redresser davantage.

Satisfait du résultat, Shion s'empala dessus et se mit frénétiquement en mouvement. Les deux hommes gémissaient de concert. Shion, maintenant toujours sa prise sur les poignets de son amant, se servait des muscles puissants de ses cuisses pour garder la cadence de ses va-et-vient, tantôt lents, tantôt rapides afin de faire durer un maximum le plaisir.

Il finit par relâcher les mains du chevalier pour les poser sur son fessier.

- Hmmm !... fit le plus âgé.

Le plus jeune n'eut pas besoin de plus d'explications, le message était suffisamment clair. Il passa un bras autour de la taille de Shion et se cala sur ses mouvements pour prendre le relais et mener à son tour la danse. De l'autre main, il saisit la verge turgescente du Grand Pope et dans un dernier élan, les mena tous les deux vers un orgasme démentiel, les laissant las et pantelants.

- Shion… han ! han ! C'était merveilleux… han ! han !...

Entre deux respirations saccadées, Camus embrassa langoureusement son amant.

- Je… han ! han ! on remet ça quand tu veux, tu as su viser juste…

Shion l'embrassa à son tour et quand il fut suffisamment remis de ses émotions, il se releva et alla chercher de quoi nettoyer leurs magnifiques corps encore maculés.

Après un dernier baiser plein de promesses, le chevalier du Verseau repartit faire sa ronde.