Bonjour,

Je vous remercie de toujours me suivre et j'espère que cela vous plait toujours.

Aujourd'hui petit chapitre sur notre Poisson et ses péripéties après sa nuit avec Ikki.

Bonne lecture à tous biz à bientôt Peace'.


Chapitre 18 : J+6

La folle nuit de la veille entre Aphrodite du Poisson et Ikki du Phénix était passée inaperçue, aussi le lendemain matin – vendredi –, Camus était déjà prêt depuis une bonne demi-heure, attendant toujours son frère d'armes de la douzième maison zodiacale pour aller prendre un bon petit-déjeuner, comme tous les jours depuis quelque temps déjà, et avec encore plus d'assiduité cette semaine. Or, ce dernier ne se présentait toujours pas alors qu'il avait pour habitude d'apparaître peu après le réveil du onzième chevalier et de lui tenir compagnie tout le long du trajet jusqu'à la salle de réception.

Son inquiétude ne cessait de croître, car rien jusqu'à présent n'avait fait déroger Aphrodite de cette nouvelle habitude. Le soleil était déjà bien haut sur le sanctuaire quand il se décida à aller voir ce qu'il se passait dans le douzième temple.

« Ce n'est pas normal », se disait Camus.

Il grimpa rapidement les marches vers le temple du dessus et pénétra en silence dans les appartements de son ami.

Il scruta le salon, la cuisine — qu'il connaissait bien —, le couloir, le dortoir de l'apprenti et enfin la chambre du maître de maison. Le Verseau fut surpris d'y trouver Aphrodite, allongé nu sur son lit, avachi et offert au premier venu.

Sans un bruit, il se dirigea vers lui, et après l'avoir examiné attentivement, il sourit de contentement. Son frère d'armes avait l'air paisible, et les différentes traces de fluides corporels présentes sur son corps et sur le lit ne laissaient planer aucun doute : « Eh bien ! Eh bien ! » se disait Camus, « on ne s'est pas ennuyé cette nuit ici on dirait ! ».

Le maître des glaces décida de réveiller « le Bel au bois dormant » en le chahutant un peu. Pour cela, il se positionna sur le lit, à quatre pattes au-dessus de l'homme endormi et du bout des doigts, il retira quelques mèches de cheveux turquoise du visage d'Aphrodite et effleura son front en murmurant :

- Aphrodite, debout petit ange.

- Ikki… Hum ! Encore un peu, grogna l'homme toujours endormi.

- Ikki ? repris le onzième gardien d'un ton interrogatif. Hmm, je vois, dit-il en souriant.

- Heu… ? … Camus que… ? bafouilla Aphrodite en se réveillant en sursaut.

Camus continuait à lui sourire chaleureusement tout en se rapprochant du lit pour finir par se pencher vers son front pour l'embrasser et en même temps, subtilement, il glissa une de ses mains au creux de la cuisse de son camarade.

D'instinct, Aphrodite resserra ses cuisses, mais pas assez vite. Camus ramena ses doigts vers ses yeux pour mieux identifier les fluides dont il avait trouvé trace.

- Pour celui-ci, pas de surprise, fit-il avec un sourire complice, mais pour le rouge ? Tu m'expliques Aphro, demanda-t-il d'un air à la fois interrogateur et inquiet.

- Ça va… ne t'inquiète pas ! affirma le Poisson.

Camus n'insista pas, faisant confiance à son ami. Il croisa à nouveau le regard du chevalier aux Roses qui se mit à rougir, honteux de s'être ainsi dévoilé involontairement.

- Tu as l'air d'avoir passé une bonne nuit. Mais quand même, t'endormir ainsi ? J'aurais pu en profiter, tu sais ?

Camus était bien décidé à charrier son acolyte.

- Heureusement pour moi que tu sors avec Shion, répliqua ce dernier en riant.

- Ouais, mais je doute qu'Ikki apprécie que n'importe qui voie son homme ainsi, dit Camus en continuant sur sa lancée.

- Ikki… heu ! Camus ?! Je… paniqua Aphrodite.

- Je ne suis pas né de la dernière pluie, Aphrodite, je suis pas l'espion du sanctuaire pour rien, ajouta-t-il avec un sourire moqueur. Et puis, tu t'es trahi tout seul en te réveillant, fit-il en riant.

- Ne te moque pas de moi, le supplia l'homme allongé sur le dos en rougissant de plus en plus et en le repoussant d'une main.

- Je ne me moque pas. Si tu es heureux, moi ça me va. Mais je ne pensais pas que tu les aimais si jeunes, le taquina son compagnon d'armes.

- Et toi, si vieux ! renchérit le douzième chevalier. De plus, il a dix-huit ans, il est majeur, confia-t-il penaud.

Les deux hommes se mirent alors à rire. Ensuite, Camus se retira du lit afin de laisser à Aphrodite le soin de se préparer. Celui-ci se leva et courut attraper des affaires dans son armoire, puis il fila au pas de course sous la douche.

Le Verseau se divertissait de l'entrain avec lequel le Chevalier du Poisson s'activait.

Une demi-heure après, le maître des lieux sortit enfin lavé et habillé. Alors qu'il avançait vers Camus pour sortir de sa maison, il trébucha et se retrouva dans les bras de son voisin qui l'avait rattrapé in extremis, calé contre lui pour le maintenir debout. D'un simple regard, il s'assura que tout allait bien chez son frère d'armes qui, rougissant un peu, se détourna et murmura un : « Ouch… mes fesses… ».

Le Chevalier du Verseau se mit à rire, et tout en maintenant Aphrodite d'une main ferme, il alla lui masser doucement les fesses. Ce dernier voulut s'échapper, mais la prise de Camus était trop forte. Là, il sentit un léger froid engourdir son fessier et la douleur s'estompa un peu.

- La prochaine fois, dit à Ikki d'y aller moins fort. Ou du moins, de mieux te préparer, expliqua froidement Camus.

- Ne lui en veux pas, s'il te plaît, supplia une fois de plus Aphrodite.

- D'accord, mais c'est bien pour toi mon très cher frère.

Aphrodite fut surpris d'entendre ces mots sortir de la bouche de son ami, mais se sentant rassuré il se détendit et laissa l'autre le soulager de ses douleurs.

Camus s'amusait de voir combien sa phrase avait fait du bien à son confrère. Il ne savait pas pourquoi il avait dit cela, mais il s'était senti obligé d'être franc avec lui, de lui montrer combien il l'estimait.

Lorsqu'Aphrodite ne ressentit plus de gêne vive au niveau de son fessier, Camus s'assura une dernière fois que son ami allait bien avant de rejoindre la grande salle pour prendre leur petit-déjeuner.


Le repas fini, les deux chevaliers assistèrent à une réunion au cours de laquelle ils furent surpris d'y voir conviés les cinq chevaliers de Bronze divins. Aphrodite ne s'attendait pas vraiment à être confronté à Ikki si vite, et même s'il n'était pas sûr que sa présence le gêne ou pas, il fit contre mauvaise fortune bon cœur.

Tout en s'avançant lentement vers leur place, Aphrodite trébucha une fois de plus et Camus le rattrapa à nouveau. Shion se précipita alors vers eux et toucha le front du douzième chevalier qui avait du mal à respirer.

- Il est fiévreux ! s'exclama-t-il.

- Je l'emmène à l'infirmerie, répondit Camus.

- Comment peut-il être dans cet état ? questionna Shion inquiet.

- Le surmenage. Depuis deux semaines, il n'a pas arrêté : les rondes, les invités à gérer, la cérémonie de samedi dernier à préparer et cette nuit a été… assez difficile, expliqua le Verseau tout en foudroyant Ikki du regard.

Il vit dans le regard de ce dernier qu'il était mortifié.

- Je comprends, fit le Grand Pope. Emmène-le ! ordonna-t-il alors à Camus.

- Non ! s'écria le Phénix. Je vais l'y conduire.

- Mais… je vais bien… Je peux rester, bégaya Aphrodite.

- Je l'accompagne ! répéta l'Oiseau de Feu en prenant son amant par le bras. Je ne suis pas indispensable, et Camus est bien plus utile ici. C'est quand même un chevalier d'Or ! Je ne pense pas avoir besoin d'expliquer pour quelle raison il doit rester.

Sur ces dernières paroles, Ikki souleva Aphrodite et raffermit son maintien, puis ils tournèrent le dos au groupe de chevaliers pour rejoindre l'infirmerie à grands pas.


Arrivés à l'infirmerie, Ikki installa confortablement Aphrodite dans un lit, avant de partir à la recherche d'un médecin ou d'une infirmière, mais, ne trouvant personne, il revint et s'assit dans un fauteuil près du chevalier d'Or. Les deux hommes ne dirent aucun mot pendant plusieurs minutes.

- Pardon… commença Aphrodite.

- Tais-toi idiot, et repose-toi ! ordonna Ikki.

- Tu sais, Camus n'est pas méchant. Il… continua sur sa lancée le Poisson.

- Cesse de parler. Hier tu aurais dû me dire que tu étais à bout, s'énerva le Phénix.

- Je désirais que tu restes. Je… expliqua Aphrodite.

- Tu es un idiot, décréta l'Oiseau de Feu.

- Je veux être franc avec toi.

Aphrodite raconta comment Camus a deviné ce qu'il s'était passé entre eux la veille au soir. L'accumulation de travail depuis bientôt quinze jours – Camus n'avait pas tort là-dessus – et l'émotion des dernières heures ont eu raison de sa santé et de se retrouver ainsi démuni et épuisé devant lui rendait le chevalier aux Roses impuissant et honteux.

Ikki, quant à lui, resta silencieux.


Deux heures s'étaient écoulées depuis leur arrivée à l'infirmerie, et personne ne s'était manifesté : ni médecin, ni infirmière. Aphrodite s'était endormi depuis un petit moment déjà quand la porte s'ouvrit sur Camus. Le Phénix, absorbé dans la contemplation de son amant endormi, sembla sortir d'une rêverie quand il découvrit le nouveau venu.

- Alors ? demanda le Verseau.

- Personne n'est encore venu, expliqua Ikki.

- Bon je vais m'en occuper alors, déclara Camus.

- Laisse tomber ! ordonna le Phénix.

- Écoute, je vais être franc : je me fous de votre vie privée, mais sois plus doux la prochaine fois, d'accord ? déclara le maître de la Glace.

- Je sais, j'ai compris, s'énerva l'Oiseau de Feu.

- Bien, maintenant je vais essayer de faire baisser sa fièvre, conclut le onzième gardien.

Il se déplaça jusqu'au meuble à côté du lit contenant des remèdes, fouilla dans les tiroirs, les ouvrant l'un après l'autre en inspectant toutes les fioles afin de trouver de quoi faire baisser la fièvre.

Pendant ce temps-là, les deux hommes restèrent dans le silence le plus total. Ils sursautèrent quand une porte claqua. Des bruits de pas précipités précédèrent un grand homme qui ne s'arrêta qu'en arrivant devant le lit. Il s'était tellement dépêché qu'il haletait. Il attendit d'avoir repris son souffle avant de prendre la parole.

- Il va bien ? Il a craché beaucoup de sang ? Camus, tu fais quoi ? Sa voix trahissait d'abord de l'inquiétude, puis de l'étonnement.

- Méthos, de quoi tu parles ? Calme-toi, il n'a pas craché de sang, expliqua posément le Verseau pour rassurer son ami.

- Vraiment ? s'étonna Méthos soulagé.

- Oui, pourquoi voulez-vous qu'il en ait craché ? questionna Ikki.

- Pour rien, je… pardon, oubliez. Que s'est-il passé ? demanda le chevalier d'Arès.

Camus se fit un plaisir de tout expliquer dans les moindres détails, ne manquant pas ainsi de faire honte à Ikki.

Méthos écoutait attentivement et commençait à fulminer. Mais pour toute remarque, il se contenta d'un :

- Mais quel boulet celui-là !

Et il se moqua ouvertement d'Ikki.

- Merci, ironisa le chevalier de Bronze divin.

- Et tu la ramènes en plus ? Effronté ! Je ferais peut-être mieux de te donner des cours, hein ? Qu'en penses-tu ?

Ikki resta en retrait, penaud et vexé d'être ainsi jugé sans le connaître vraiment.

- Et qu'est-ce que tu fais, toi ? Tu cherches quoi ? fit-il un peu excédé à l'encontre de Camus.

- Je cherche de quoi le soigner, ça se voit non ? expliqua le Verseau.

Des bruits de pas retentirent à nouveau et les trois chevaliers se retournèrent comme un seul homme alors qu'une nouvelle voix s'élevait dans la pièce.

- Comment va-t-il ?

- Déesse Aphrodite… firent les trois hommes en se courbant devant elle.

- Relevez-vous et répondez-moi ! ordonna-t-elle.

- Il est juste fiévreux. Tout va bien, la rassura son tuteur.

- Ouf ! J'avais cru… commença la déesse.

- Oui, moi aussi, continua Méthos.

Camus et Ikki échangèrent un regard interloqué. Visiblement, le Chevalier d'Arès et la Déesse de l'Amour paraissaient en savoir plus long sur le Chevalier du Poisson qu'ils ne semblaient le montrer. Toutefois, ils n'osèrent pas demander. En avaient-ils le droit ? Bien qu'ayant le physique d'une adolescente, Aphrodite était une Déesse, et de ce fait, supérieure à eux hiérarchiquement.

- Je suis soulagée, dit-elle. Méthos, soigne-le, tu es médecin.

- Oui ma Déesse. Camus ? Regarde.

Méthos fit alors couler sa cosmo-énergie dans le corps d'Aphrodite, toujours endormi, et fit ainsi chuter sa température.

- Ce devrait être assez simple pour toi, n'est-ce pas ? Tu es un chevalier de Glace, Camus, tu n'as pas vraiment besoin de médicaments.

Camus le regardait faire tout en serrant le poing…

- Bon, maintenant tout le monde dehors ! ordonna la Déesse avant que le Verseau ne répondît. Notre ami a besoin de calme, et aucun de vous ne pourra le lui fournir.

La Divinité de l'Amour alla s'asseoir sur le lit du Poisson et caressa ses longs cheveux en le regardant tendrement. Les trois hommes en le voyant entre de si bonnes mains quittèrent alors l'infirmerie.


Une fois dans le couloir, Camus fixa Méthos. Il fallait qu'il eût une discussion avec lui à propos d'Hadès et de la guerre qu'il préparait, mais il se demanda si c'était le bon moment.

- Méthos, j'aimerais qu'on parle de… commença Camus.

- Plus tard. Mon seigneur m'attend et je suis en retard. Mais ne t'inquiète pas : je répondrai à toutes tes questions, le rassura Méthos en filant aussi vite que possible.

Les trois hommes partirent alors chacun de leur côté, laissant le Chevalier du Poisson aux bons soins de la déesse Aphrodite.