Bonsoir,

Désolé pour le retard mais j'ai eu des problèmes d'ordi qui vienne d'être réglé donc je publie.

Ce soir un petit chapitre qui nous montre des rapprochements entre certains chevaliers et autres. J'espère que vous aimerez. Biz à bientôt peace'.


Chapitre 20 : J+6 (3)

Camus rentrait enfin chez lui et soupira en repensant à cette longue journée, riche en actions et en émotions.

- Enfin, se dit-il en s'asseyant dans son fauteuil préféré, la semaine s'achève ! souffla-t-il à nouveau. Un peu de repos ne me ferait pas de mal !

Il leva les yeux et secoua la tête histoire de se vider l'esprit et de passer à autre chose, puis il regarda un peu autour de lui. La pièce à vivre, son mobilier et le calme qui y régnait, enfin son regard fut attiré par un objet en particulier. Posé près de lui sur une petite table, traînait un livre qu'il attrapa machinalement. Et pourquoi pas un peu de lecture pour se détendre ? pensa-t-il.

À peine avait-il ouvert l'ouvrage et lu deux ou trois pages que quelqu'un frappa à la porte. Lui qui n'attendait personne et aspirait à un peu de calme s'interrogeait sur le mystérieux visiteur. Il se leva pour aller déplacer la planche de bois qui faisait office de porte – oui, Camus aimait bien le bois flotté – quand il tomba nez à nez avec son ami Milo du Scorpion. Celui-ci paraissait blanc et choqué.

- Milo, il y a un problème ? Tu es malade ? S'empressa de demander Camus inquiet de la pâleur de son frère d'arme.

- Non… je peux entrer, Camus ? demanda le Scorpion.

- Oui, vas-y ! l'invita le Verseau.

Camus se mit de côté pour faciliter le passage à son confrère qui se faufila dans la pièce principale jusqu'au fauteuil faisant face à celui du maître de maison.

- Un thé ? proposa Camus qui voyait son frère d'arme vraiment déboussolé.

En guise de réponse, il n'obtint qu'un simple hochement vertical de la tête de son invité surprise.

Le onzième gardien partit dans sa cuisine préparer la boisson chaude. Un drôle de silence régnait dans la demeure.

Le Chevalier du Verseau n'avait pas l'habitude d'un tel mutisme chez son ami lui qui habituellement ne sait jamais comment arrêter son flot incessant de paroles, se retrouvait totalement désemparé devant cette scène.

Il revint quelques minutes plus tard avec un plateau composé d'une théière pleine d'un liquide chaud et odorant, de deux tasses, d'un sucrier et de petits gâteaux. Il le posa sur la petite table de bois située entre les fauteuils, remplit les tasses et en tendit une à Milo.

Le silence était encore pesant dans le salon, mais Camus ne voulait pas le rompre en premier de peur de trop brusquer son meilleur ami, quand tout à coup un bruit les fit sursauter.

On toquait à nouveau à la porte.

- Tu attendais quelqu'un… Pardon… Je… je vais y aller, s'excusa Milo, en se levant.

- Non ! Reste assis. Je n'attendais personne, expliqua Camus en se dirigeant vers la porte d'entrée.

En ouvrant, il fut une nouvelle fois surpris de tomber nez à nez avec l'un de ses frères d'armes.

- Saga ! s'exclama-t-il.

- Pardon de venir te déranger, mais… hésita le Gémeau.

Pour toute réponse, l'hôte du temple se mit de côté et laissa entrer son acolyte.

Il lui montra un siège où s'installer avant d'aller chercher une troisième tasse. Il savait que Saga ne dirait pas non à une tasse de son thé. Il le servit et mit le récipient entre ses mains.

Camus regarda ses deux invités, il sourit de les voir ainsi, murés dans le silence, et en même temps détendus grâce au breuvage chaud qu'il leur avait servi.

Il savait que Saga n'était pas très loquace, alors il comptait sur Milo pour commencer. Mais il fut étonné d'entendre la voix du troisième gardien s'élever :

- Pardon de vous déranger. Mais comme tu m'avais dit que je pouvais passer si je voulais parler, je…

- Pas de problème. En fait Milo vient d'arriver et lui aussi à l'air de vouloir parler. Alors je vous écoute !

- … c'est Kanon, firent les deux chevaliers en même temps.

Puis les deux hommes se regardèrent et dans une compréhension tacite ils baissèrent la tête.

- Je vois qu'ils sont aussi venus te voir, reprit Saga.

- Oui, je ne m'y attendais pas, affirma Milo.

- Ils ont quand même l'air heureux, non ? Demanda inquiet l'aîné des Gémeaux.

- Je ne sais pas trop, mais je crois, essaya de le rassurer le Scorpion.

Puis le silence reprit son droit. Camus regardait les deux hommes plongés dans leurs pensées.

Il reposa doucement sa tasse sur le plateau, cela fit un bruit de vaisselle qui s'entrechoquait et les deux convives émergèrent de leur torpeur. Ils relevèrent la tête vers leur hôte et l'un d'eux prit la parole.

- Pardon, fit Saga. Je viens encore me plaindre, comme toujours, continua le Gémeau.

- C'est bon, ne t'inquiète pas, le rassura le Verseau.

- Tu es trop gentil, murmura l'aîné du groupe.

Le onzième gardien d'Athéna sourit et incita Saga à continuer de parler.

- Cet après-midi je suis tombé sur Kanon et son nouvel amant en train de s'embrasser.

Saga se remémora son début d'après-midi et commença à raconter :

Cela faisait plus de vingt-quatre heures que je n'avais pas dormi plus de deux heures d'affilées. Je rentrais enfin chez moi en ce début de vendredi après-midi.

Quand je mis un pied dans mon temple, je fus ravi du silence qui y régnait tout en m'avançant dans le salon pour accéder à ma chambre, j'entendis un bruit de succion.

Intrigué, je progressai vers le son et trouvai deux corps enlacés sur le canapé. Je voulus repartir sans déranger les deux hommes quand je trébuchai en reculant et fis sursauter les deux personnes qui relevèrent la tête d'un coup.

Nous nous toisâmes tous les trois en silence. Sur le canapé, l'homme du dessous paniqua et repoussa violemment son amant. Puis il se jeta sur moi en bégayant :

- Sa…ga… ce…n'est pas…ce…

- Chut ! le coupai-je doucement en l'attrapant par les poignets et le forçant à se rasseoir sur le canapé.

Puis j'allai m'installer dans un siège en face de lui. Je fis un signe de la main à l'autre homme pour qu'il se posât aux côtés de mon cadet avant de reprendre :

- Tu n'as rien à m'expliquer. Quand on a ressuscité, je me suis promis de « bien faire » avec tout le monde et surtout avec toi. J'ai voulu rattraper les années perdues et je t'ai surprotégé. Mais en discutant avec un ami, j'ai pris conscience que j'allais encore te perdre si je me mêlais trop de ta vie. Alors, réponds juste à ma question : Es-tu heureux ?

- Saga… Oui, hésita Kanon en regardant son amant. Ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais mais cette relation me satisfait.

- Bien, alors ça me va aussi, souris-je.

- Je vois que vous n'êtes pas si con, fit l'amant en rigolant.

- Rhadamanthe ! siffla Kanon.

- Non, j'apprends de mes erreurs, expliquai-je. Et puis mon frère a l'habitude des « êtres » comme toi, fis-je d'un air dédaigneux. Je me demande bien ce qu'il vous trouve ?

- …

- Les Scorpions, Thétis, Milo et maintenant « ça » ! m'exclamai-je dégouté en regardant mon frère tout en désignant du doigt le blond devant moi.

- Merci ! Mais je m'appelle Rhadamanthe, et pas « ça », comme tu dis. J'avoue, nous sommes francs, honnêtes et ne dérogeons jamais à notre nature. Tu connais l'histoire du scorpion et de la grenouille ? me demanda le juge des Enfers.

- Non, reconnus-je.

- « Posé au bord d'une rivière, un scorpion demande à une grenouille voisine de l'aider à passer sur l'autre rive. D'abord effrayée par son aiguillon venimeux, la grenouille finit par accepter en se disant que le scorpion n'aurait aucun intérêt à la piquer s'il veut arriver sain et sauf à bon port. Pourtant, au milieu de la traversée, le scorpion pique mortellement la grenouille. Alors que cette dernière lui demande les raisons de son geste, il lui répond que c'est dans sa nature de piquer ! ».

Tu vois, avec moi Kanon sait où il va quoi qu'il arrive, et ça le rassure. Je ne lui promets pas d'être tendre avec lui, ni de vouloir m'engager, mais juste de rester moi-même.

Kanon se mit à rire :

- Oui, un bel enfoiré donc ! Finalement, je ne sais pas si cette histoire est à ton avantage, mais c'est vrai, tu sais piquer !

- Ça suffit vous deux, m'écriai-je en me relevant. Je ne veux rien savoir de votre vie sexuelle. Mais j'ai très bien compris les allusions, merci…

Je sais que je suis instable et qu'on ne peut me faire confiance. Mais sache une chose, je ne dirai rien car ça ne me regarde pas, mais si tu lui fais du mal, tu le regretteras. Ma folie m'a poussé à porter la main sur ma Déesse, comme tu me l'as fait remarquer lundi matin dans la bibliothèque. Si vous les Scorpions êtes francs et restez vous-mêmes, nous les Gémeaux ne reculons devant rien pour gagner. On est prêt à tuer ou manipuler un Dieu. Alors n'oublie pas qui je suis, et ce de quoi je suis capable quand je veux gagner. Sinon ton Dieu ne te reverra pas en tant que juge mais en tant que résident permanent des Enfers.

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, je vais dormir, je suis claqué !

Je m'enfermai dans ma chambre et restai allongé pendant quelques heures sans trouver le sommeil. Pendant ce temps, les deux autres étaient restés comme deux ronds de flan dans le salon. J'ai alors entendu Kanon rire aux éclats et dire à son amant.

- N'oublie pas que moi aussi je suis un Gémeau.

- Tsss… je n'oublierai pas à qui j'ai affaire. Ni avec toi, ni avec lui, a grogné le juge des Enfers.

Saga termina son histoire ainsi et se mura dans le silence avant de reprendre.

- Pourquoi lui ? souffla-t-il.

- Car c'est un Scorpion, sourit Milo.

- Oh ! pardon. Je ne voulais pas te… murmura gêné le troisième gardien.

- Non, c'est bon tu n'as pas tort. Mais ne me vois pas comme Rhadamanthe, supplia le huitième gardien.

- Jamais de la vie. Tu es bien mieux que lui. Ne t'inquiète pas, je ne te considèrerai jamais comme ce rustre, se pressa de le rassurer le troisième gardien.

- Ha, Ha ! rit Camus. Sois un peu plus conciliant c'est ton beau-frère actuel.

- Camus… Pitié, je veux bien faire des efforts pour Kanon, mais là c'est trop, se désespéra Saga.

Les trois hommes se mirent à rire et les deux invités commencèrent à se détendre.

- Eh bien ! après que tu étais parti te coucher, ils sont venus me voir.

Milo se mit alors à raconter ce qui s'était passé.

Je me préparais à monter au treizième temple quand on tambourina à ma porte. Je savais très bien qui était l'homme derrière la planche de bois. Il était le seul à faire autant de raffut sur le seuil de mes appartements.

- Entre Kanon, j'arrive, ai-je lancé à mon ami pour l'inviter à pénétrer dans mon antre avant d'aller récupérer mes sandales dans ma chambre.

Quand je revins, je m'arrêtai net devant la scène qui se jouait dans mon salon. Un grand blond tenait le cadet du troisième temple par la taille et essayait de lui voler un baiser.

- Je suis là, merci de faire ça chez vous, souris-je.

- Oh désolé, dégage Rhad', fit Kanon en repoussant son amant. En fait je voulais te dire que…

- Je vois, alors tu repasses à l'ennemi, m'amusai-je.

- Non, bien sûr que non, il est juste… hésita le Gémeau.

- Un plan cul dirons-nous, on passe le temps, termina Rhadamanthe.

- Ok, répondis-je. Et sinon tu veux mon accord car je suis ton dernier sex friend et pour me signifier que nous ne coucherons plus ensemble ! C'est bien ça ? Je pense que j'avais compris, merci, affirmai-je.

- Non, tu es mon ami… s'insurgea Kanon qui n'avait même pas pensé à cela.

- Je rigole. Je suis heureux pour vous, sans dec', mais là je suis attendu au treizième temple. Alors si…

- On peut rester ici s'il te plaît ? demanda Kanon. En bas, il y a Saga, et… commença-t-il à expliquer.

- Ok, mais foutez pas le bordel.

Puis je suis parti en laissant le couple seul, dans mon temple.

- Quand je suis revenu quelques heures plus tard ils n'étaient plus là. Alors j'ai pris une douche et je suis monté ici. Je n'aurais pas cru… avec lui ! Surtout quand on connaît leur rencontre, murmura-t-il encore un peu dans ses pensées.

- En fait vous êtes venus me voir tous les deux car Kanon couche avec Rhadamanthe et que vous êtes choqués, rit à gorge déployée le Verseau.

Les deux frères d'armes de Camus le regardaient se moquer d'eux, mais ça ne les dérangea pas plus que ça. Bien au contraire, cela était si rare de le voir s'amuser ainsi.

Les trois hommes restèrent un moment à parler de tout et de rien avant que les deux invités ne se retirent, voyant que le onzième gardien tombait de fatigue. Mais avant de passer la porte, Saga posa une dernière question.

- Comment va Aphrodite ?

- Oh bien mieux, la fièvre est tombée et la déesse Aphrodite veille sur lui, le rassura-t-il.

Camus voulut rajouter autre chose mais il s'abstint. Après tout, à chacun sa vie privée – se dit-il –, et tout le monde avait le droit d'avoir des secrets.

Quand ils étaient revenus à la vie, aucun d'entre eux ne se connaissait vraiment.

Lui s'était rapproché de Saga du fait de se croiser souvent dans la bibliothèque du treizième temple. En réalité, c'est pour lui qu'au début il avait ouvert sa propre bibliothèque aux autres chevaliers.

Puis Milo, son meilleur ami, s'était rapproché du cadet des Gémeaux. Mais ce qui avait le plus surpris Camus était que l'aîné du troisième temple faisait d'énormes efforts pour faire amende honorable tout comme lui-même, longtemps considéré comme froid et hautain, était devenu peu à peu le confident de beaucoup de ses frères d'armes.

Aussi, ça le fit sourire de repenser à tout cela avant de refermer la porte et d'aller se coucher.


Milo et Saga descendirent ensemble jusqu'au huitième temple. Les deux hommes restaient silencieux. Ils profitaient de la fraîcheur ambiante. Effectivement les journées étaient chaudes et à cette heure-ci l'air devenait plus respirable.

Ils marchaient tous deux d'un pas lent mais raisonnable. Quand ils arrivèrent en haut des marches de la maison de Milo, ils se saluèrent. Mais avant de continuer sa marche vers le troisième temple, son maître tendit sa main vers le Scorpion et dit :

- Milo, si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là.

- Merci, répondit Milo gêné. Et à la place de prendre la main tendue, il alla embrasser la joue de son vis-à-vis.

Et tout en souriant, il rajouta :

- Nous sommes comme ça nous, les Scorpions.

Alors le Scorpion tourna des talons et disparut dans son temple. Saga, lui, toucha sa joue, sourit puis rentra chez lui le cœur léger.