Bonjour à tous,

Cela fait une semaine que tout le monde vie dans le sanctuaire d'Athéna, alors aujourd'hui, je vous offre un chapitre uniquement basé sur son point de vue, sur sa famille et surtout les femmes. Bonne lecture et au mois prochain. Biz Peace'. N'hésitez pas à me donner vos impressions sur l'histoire et les personnages.


Chapitre 22 : J+7

Le soleil se levait sur le sanctuaire comme tous les jours depuis quelques semaines déjà, promettant encore une magnifique journée riche en émotions. De leur côté, Déités, prêtresses et autres chevaliers en faisaient tout autant, se préparant chacun et chacune à sa tâche quotidienne.

Dans sa chambre, Athéna s'étirait dans son lit. Une fois encore, elle avait bien dormi, et un large sourire venait illuminer son doux visage de jeune femme.

Voilà maintenant une semaine que les membres de sa famille étaient arrivés et elle en était heureuse. L'idée de garder tout ce beau monde jusqu'à l'arrivée de son père était tombée sous le sens et lui paraissait la meilleure chose à faire au monde à présent qu'elle les découvrait les uns après les autres, au fur et à mesure qu'avançait la semaine.

Elle dut reconnaître que dans les premiers temps, être en présence de ses oncles, Hadès et Poséidon, tendait à la mettre mal à l'aise, certainement suite aux grands combats qu'ils avaient menés, mais depuis qu'elle apprenait à mieux les connaître, elle avait une tout autre image d'eux.

Certes, Poséidon était réputé pour être colérique, mais on finissait par s'y habituer quant à Hadès, il passait pour un homme froid et sans cœur alors qu'il était tout le contraire.

De toutes ces nouvelles rencontres, celles dont elle gardait le souvenir le plus marquant étaient celles avec les femmes de sa famille : Aphrodite et Artémis, ses sœurs Déméter, sa tante et Pandore.

Cette dernière avait un statut particulier dans la famille Olympienne. En effet, elle ne pouvait prétendre à l'appellation de Déesse car elle n'était que la sœur humaine de l'incarnation d'Hadès. À ce titre, elle suivait, secondait et conseillait son frère sans restriction, d'où sa présence ici.

Mais Athéna se demandait comment la considérer : une tante ? Une cousine ? Une amie ? Peu importait pour le moment, l'essentiel pour elle était de l'apprécier énormément, au même titre qu'une de ses parentes.

Le lundi en début d'après-midi, Shion lui avait appris qu'il allait faire une réunion avec tous les chevaliers d'Or afin de mettre en place le nouveau système de garde et de sécurité autour du sanctuaire. Athéna voulait y assister, mais alors qu'elle allait lui en faire part une jeune femme se montra.

- Déesse Athéna, Seigneur Shion, pardon de vous déranger. Ma maîtresse aimerait savoir s'il vous serait possible de la recevoir dans l'après-midi afin de prendre un thé avec elle.

- Oh, mais bien sûr ! Quelle bonne idée ! s'exclama le Grand Pope. Majesté ne vous inquiétez de rien, je gère la réunion et vous, vous allez prendre un thé avec votre tante. Le but de cette réunion de famille n'est-il pas de mieux vous connaître et de créer des liens familiaux et amicaux plus forts ? Voilà une très bonne occasion.

- Si bien sûr, avait répondu Athéna même si elle aurait tout de même préféré assister à la réunion de ses chevaliers. Mais les arguments de son subordonné étaient vrais.

- Dame Callysta, dites à sa majesté Déméter que la déesse Athéna sera plus que ravie de la recevoir dans les jardins du treizième temple vers seize heures pour un goûter. Elles pourront ainsi déguster un très bon thé. Je vais demander à Noémie de tout faire préparer, annonça le chef du sanctuaire aux deux jeunes femmes qui l'accompagnaient.

- Merci, j'y vais de ce pas, s'était empressée de répondre la jeune prêtresse avant de rejoindre sa maîtresse d'un pas rapide.

Ensuite, le Seigneur Shion se retira car il avait des ordres à donner pour le reste de la journée quant à Athéna, elle profita de ce moment de répit pour aller se reposer en attendant l'heure du goûter avec sa tante.

À seize heures, Noémie était venue la chercher. Elle lui avait fait savoir que les chevaliers étaient encore en réunion et que la déesse Déméter n'allait pas tarder, ayant envoyé une autre servante la chercher dans le même temps.

Quand Athéna arriva, sa tante était déjà présente. Elle la regardait déambuler tranquillement au milieu des roses de toutes les couleurs et s'arrêter çà et là pour en sentir quelques-unes.

- Oh ! Ma chère nièce, vous êtes là. Pardon de vous faire attendre, dit Déméter en apercevant Athéna qui l'observait.

- Oh non ma chère tante, faites donc, sourit la déesse de la sagesse.

- C'est que vous avez de magnifiques fleurs. Les miennes me manquent, confessa la déesse de la terre.

- Elles sont un cadeau du chevalier Aphrodite des Poissons, mais celles-là ne sont pas empoisonnées, s'empressa d'ajouter Athéna. Il vient souvent s'occuper d'elles.

- On le voit et on voit aussi combien il les aime, répondit Déméter.

- Vous pouvez venir les voir quand vous le désirez, proposa Athéna.

- Merci.

Après avoir jeté un dernier regard sur les magnifiques roses d'Athéna, Déméter sentit une fois encore l'exhalation des doux parfums émanant de ces dernières. Puis, l'air un peu résigné, la Déesse des Moissons vint rejoindre la Déesse de l'Intelligence auprès de la table de jardin et s'assit à ses côtés pour passer un moment agréable en sa compagnie.

Une servante apporta le thé et le versa dans les tasses avant de les laisser en tête à tête.

Pendant un instant, un long silence pesant s'installa entre les deux déesses, silence qu'Athéna rompit la première.

- Ma tante je vous remercie d'être restée.

- Tout va bien. Je l'ai déjà dit à votre Pope, nous avons tous l'habitude des idées de votre père. Alors ne vous inquiétez pas.

- Merci… Vous êtes bien installée ? demanda la jeune déesse à sa parente.

- Oui, très bien merci, ainsi que Callysta et mes soldats. On vous remercie tous de votre hospitalité, dit-elle en souriant.

- Vous avez l'air de beaucoup les apprécier ma tante ? demanda Athéna

- Pourquoi ? Pas vous ? Je veux dire n'appréciez-vous pas vos chevaliers ? interrogea Déméter surprise de cette question.

- Si, si, bien sûr, s'empressa de répondre Athéna en se mordant la lèvre se traitant « d'idiote » pour avoir demandé cela.

- Athéna, sourit sa tante comprenant les pensées de sa nièce. Nous ne sommes pas tous pareils. De plus, sachez que même les plus durs d'entre nous apprécient quand même leurs hommes. Chacun d'entre nous reconnaissons les sacrifices qu'ils font en notre nom et on les respecte pour cela. Nous sommes très peu à les voir comme de la chair à canon.

Athéna fut soulagée d'apprendre cela.

L'après-midi passa tranquillement, les Déesses abordant des sujets divers et variés leur permettant d'en savoir un peu plus l'une sur l'autre.

La jeune déesse demanda à sa tante de la tutoyer. Déméter accepta et quand elle voulut que sa jeune nièce en fît de même, celle-ci refusa poliment. La Déesse des Moissons comprit. Après une longue discussion, ce qui frappait le plus la Déesse de la Paix était la tristesse que sa tante avait en elle.

Aussi, se permit-elle une question :

- Ma tante, vous avez l'air triste… puis-je vous aider ?

- Non, mais merci Athéna…

Après un long silence la Déesse reprit :

- C'est juste que tu me fais penser à ma fille, Perséphone.

- Oh pardon, j'ai cru comprendre qu'elle était morte et qu'elle ne pourrait plus revenir à la vie.

- Oui, le plus dur c'est que quand c'est arrivé je n'étais pas avec elle. Je n'ai pas pu lui dire adieu. Elle était avec Hadès dans les Enfers. Tu sais qu'ils étaient mariés ?

- Oui, confirma Athéna.

- Mais ne t'inquiète pas je ne lui en veux pas. Je ne compte pas lui faire la guerre. Mais quand je les vois, lui et… Non ! Parlons de choses plus joyeuses, précisa alors Déméter.

Athéna accepta tout en se demandant qui pouvait bien être la seconde personne à qui pensait sa tante.

Sortant de sa rêverie, Athéna secoua la tête pour reprendre ses esprits. Cette histoire concernant son oncle et une personne dont elle ignorait tout l'intriguait au plus haut point.

Et je sais qui pourrait m'éclairer sur le sujet ! pensa-t-elle.

En attendant, elle espérait juste que cela n'allait pas nuire à la bonne entente qui s'installait dans son sanctuaire.


Après tout, il n'était peut-être pas encore temps de s'inquiéter de tout cela. Pour le moment, tout semblait se passer à merveille, et pour preuve, elle avait même réussi à entrer en contact avec Pandore et à avoir une conversation civilisée avec elle !

Après la guerre qui les avait opposées, elle s'inquiétait de leur future relation, mais maintenant le souvenir de leur rencontre la faisait sourire.

C'était le mardi matin et Athéna marchait tranquillement dans les couloirs du treizième temple quand elle croisa la princesse Pandore qui se promenait. Celle-ci avait l'air d'être à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un.

Athéna hésita un instant, pensant que lui parler seule pouvait être risqué. Mais en la regardant de plus près, elle vit qu'elle ressemblait à une jeune adolescente à peine plus âgée qu'elle.

De plus, Ikki lui fit part un jour de son sentiment la concernant, en lui précisant qu'elle n'était pas mauvaise de naissance, mais qu'elle était juste passée par des moments difficiles et qu'Hadès l'avait corrompue.

Rassurée par cette pensée, elle s'approcha de Pandore et l'interpella :

- Bonjour Pandore.

- Bonjour déesse Athéna ! Pardon de vous déranger, fit la jeune prêtresse.

- Ce n'est rien, vous chercher quelque chose ? demanda la maîtresse du sanctuaire.

- Je… Je suis désolée… En fait hier soir j'ai…La jeune sœur du Dieu des Morts hésitait à continuer.

- Oui ? Vous pouvez tout me dire, rassura la déesse de la sagesse afin de l'inciter à se confier.

- C'est bête, mais… Voilà, j'ai croisé Dame Déméter et elle m'a parlé de votre jardin. Je me demandais si je pouvais le visiter. Disons que chez nous, il n'y a pas trop de fleurs sauf à Elyson, et je n'ai pas trop le droit d'y aller… expliqua la jeune femme.

- Je comprends et justement, je m'y rendais, allons-y ensemble, l'invita la Déesse dans un grand sourire.

Les deux jeunes femmes se dirigèrent vers le patio. La prêtresse fut stupéfaite par tant de beauté.

Elle commença par aller sentir le parfum qu'exhalaient les roses, leurs couleurs miroitantes attiraient immédiatement le regard sur elles ce n'est qu'ensuite qu'elle s'intéressa aux autres fleurs, comme les jonquilles, les orchidées…

- Merci, Déesse Athéna, remercia la jeune prêtresse des larmes plein les yeux.

- De rien, vous pouvez revenir quand vous le souhaitez, précisa-t-elle à nouveau. J'aimerais vous poser une question personnelle ? s'autorisa à demander la déesse.

- Oui bien sûr, accepta Pandore.

- Ça concerne tante Déméter et oncle Hadès, ou plus précisément la mort de votre reine Perséphone.

- Je comprends… Mais je… Pardon… Je préfère ne pas en parler… Si mon frère l'apprend… Et puis je ne connais pas tous les détails. Pardon, répéta-t-elle en baissant la tête, l'air un peu honteux.

- Ce n'est rien, je comprends. Je suis désolée de vous en avoir parlé. Mais oublions ça et discutons d'autre chose voulez-vous ? proposa la Déesse de la Sagesse.

Les deux jeunes femmes se mirent à parler de choses et d'autres, et au fil de la conversation, elles s'aperçurent qu'elles avaient beaucoup plus de points communs qu'Athéna ne l'avait envisagé au départ.

C'est ainsi qu'avait débuté leur nouvelle amitié.

Ikki avait raison sur le fait que Pandore n'était pas méchante, bien au contraire, elle était douce et avait l'air de beaucoup aimer et de beaucoup s'inquiéter pour son grand frère.


Au fil des rencontres Athéna avait été surtout ravie de bien s'entendre avec ses deux sœurs Artémis et Aphrodite. Elle se rappelait sa discussion avec cette dernière le mercredi soir vers dix-neuf heures. La déesse de l'amour se promenait tranquillement dans le treizième temple. Elle avait l'air si heureuse.

- Bonjour Aphrodite, fit Athéna.

- Bonjour petite sœur, répondit la Déesse de la Beauté en lui offrant le plus grand des sourires.

- Tout va bien ? demanda la Déesse de la Sagesse.

- Oui merci, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien, énonça guillerette la Déesse de l'Amour.

- Ah bon ? Il s'est passé quelque chose ? s'informa intriguée la jeune fille à la chevelure violette.

- Non rien, c'est un secret entre mon tuteur et moi, rigola la jeune femme aux cheveux argentés. Et toi, tout va bien ? On dirait que tu veux parler, avait-elle repris.

- Et bien pour tout te dire j'aurais une question à te poser.

- Je t'écoute, s'enquit Aphrodite plus qu'intriguée par la future demande de sa jeune sœur.

- J'ai un dilemme personnel. Non en fait je… Je ne connais rien à l'amour. Dis, peut-on défendre une cause sans en connaître réellement le fond ? questionna Athéna très sérieusement.

- Oh là ! Toi, tu as besoin de conseils et d'une bonne explication sur les relations entre personnes. Où peut-on aller pour discuter ? avait proposé l'aînée.

Athéna entraîna Aphrodite dans ses appartements et les deux sœurs discutèrent jusqu'au repas. Athéna fut heureuse d'avoir pu parler de ses doutes et de ses angoisses avec quelqu'un qui s'y connaissait.


Cette discussion avec Aphrodite n'avait pas manqué d'intérêt pour Athéna, elle était persuadée de se rappeler de ses bons conseils encore longtemps. Par association d'idées, elle passa d'une sœur à l'autre et se remémora alors très bien la conversation qu'elle eut avec Artémis deux jours plus tôt.

Le jeudi après-midi, alors qu'il faisait très chaud, elle avait décidé d'aller se promener sur la plage. C'est là qu'elle tomba nez à nez avec la Déesse Artémis.

Celle-ci était en train de se baigner les pieds dans l'eau, un magnifique sourire aux lèvres. Athéna hésita un moment avant de se diriger vers elle.

Pour l'instant elle ne l'avait rencontrée que lors des réunions de famille et pendant ces repas, tous se parlaient avec cérémonie. Alors là, elle ne savait pas comment engager la conversation avec elle. En plus, sa sœur pourrait se sentir ennuyée d'être ainsi interpellée pendant qu'elle avait l'air de s'amuser.

Athéna repensa alors à sa rencontre avec Aphrodite, si cela avait été facile de l'aborder, avec Artémis cela lui paraissait plus difficile. Sa grande sœur ressemblait à une Noble Dame à qui il faut parler avec respect. C'est pour cela qu'elle lui parla pour la première fois de façon plus formelle.

- Bonjour Dame Artémis, dit-elle simplement.

- Bonjour petite sœur. Pourquoi tant de déférence à mon égard ? Appelle-moi juste Artémis.

- Bien, Artémis. Tu as l'air heureux.

- Oui j'aime la mer. L'eau salée, les embruns dans l'air, le sable chaud et le soleil, confessa la Dame de la Nuit.

- Moi aussi, c'est pour cela que je suis venue me promener, répondit la Déesse de la Sagesse.

- Athéna, puis-je être franche avec toi ? demanda la jeune fille aux cheveux roses.

- Oui.

- Parlons de tout, sauf d'Apollon.

Athéna avait hoché la tête et les deux jeunes femmes avaient discuté de leur vie dans leur sanctuaire respectif. La Déesse de la Sagesse s'était aperçu de l'immense fossé qu'il y avait entre sa vie à Athènes et celle à Sparte. En effet, Méthos avait mis un point d'honneur à éduquer et à faire vivre ses Dieux comme le commun des mortels. Les inscrivant à l'école, leur faisant découvrir les joies d'être des adolescents comme les autres. Artémis lui avait parlé de sorties au cinéma, de jeux vidéo et de bien d'autres choses auxquelles, elle, avait renoncé. Malgré tout, Athéna avait été heureuse de pouvoir en apprendre plus sur sa famille.


Les retrouvailles d'Athéna avec les différents membres de sa famille ont été un tel enchantement pour elle qu'elle prit la décision de les convier toutes les quatre le vendredi matin à une séance détente dans les thermes de son sanctuaire. Dès neuf heures du matin, les cinq jeunes femmes se retrouvèrent aux pieds des marches menant aux bains, et une fois à l'intérieur, elles profitèrent grandement de ce moment entre femmes, loin du tumulte guerrier que les chevaliers et les Dieux ne cessaient d'évoquer à tour de bras : une anecdote ci, une victoire là…

Pour la première fois dans sa vie, Athéna ressentait la joie de vivre un pur moment en famille, heureuse de pouvoir échanger avec chacune de ses parentes sans contrainte, sans avoir l'impression que quelqu'un les écouteraient à la dérobée.

- Athéna c'est vraiment une très bonne idée que tu as eue, s'exclama Aphrodite. Je rêvais de venir aux thermes.

- Je croyais que tu l'avais fait mercredi, la taquina Artémis.

- Je devais, mais j'ai eu un contre temps, voire deux et après j'ai discuté avec Athéna, expliqua la jeune fille aux cheveux argentés.

- Oh ! Et vous avez discuté de quoi ? s'informa la jeune femme à la chevelure rosée.

- Chut, c'est un secret, fit Athéna, accompagnant son rire le plus spontané d'un clin d'œil.

Athéna n'était pas peu fière de cette idée de réunir toutes les femmes de sa famille au même endroit, cela avait permis de briser un peu la glace, de renouer les liens et de les renforcer dans l'objectif que cela puisse servir la cause d'une paix plus durable entre eux.

La porte de sa chambre claquant avec grand fracas, sortant brusquement Athéna de ses pensées. Un homme déboula dans la pièce et se planta devant le lit de la gardienne du sanctuaire.

- C'est inadmissible ! s'écria-t-il. Non, mais sans rire, je viens de ramener le chevalier des Poissons dans son temple et j'en ai profité pour en visiter quelques autres. Alors oui, c'est vrai, avec « mes enfants » on s'autorise tous les derniers gadgets High Tech à la mode, j'avoue ! Mais vous là, vous faites quoi ? Dans chaque temple, les lits sont pourris, les cuisines sont rustiques et les salons sont vides ! Je peux comprendre qu'ils aiment lire et s'entraîner… En même temps, ils n'ont que ça dans leur vie, non ? rajouta-t-il sur un ton légèrement ironique. Ce n'est pas possible ! Si vous voulez qu'ils soient heureux, il va falloir vous mettre à la page Ma Grande ! La grande majorité de vos chevaliers sont des trentenaires, voire même des adolescents, et vous voudriez qu'ils s'épanouissent dans un sanctuaire où même la tuyauterie est archaïque ? Franchement, vous avez vu l'état des canalisations d'eau et de gaz ? C'est insalubre ! Ce serait presque de la maltraitance, vous savez !? Non, si vous voulez préserver la cohésion de vos chevaliers – qui meurent pour vous, je vous le rappelle ! –, soyez vigilante à tout ça. Vous êtes riche comme Crésus et ne manquez de rien, donc le minimum que vous puissiez faire, c'est de leur offrir un sanctuaire décent, en bon état de fonctionnement, merde !

Sur ces remontrances, l'homme repartit comme il était venu.

Athéna resta un long moment à regarder la porte close en repensant à ce qu'elle venait d'entendre…

Elle sortit alors du lit et se prépara avant d'aller rejoindre le Grand Pope d'un pas pressé.

- En me levant ce matin, j'ai reçu une visite inopinée, déclara d'un ton solennel la Déesse de l'Intelligence.

- Tout va bien ? demanda-t-il inquiet.

- Oui, mais je me suis fait gronder, sourit la jeune femme en repensant à la scène.

- À quel sujet ? Et par qui ? s'emporta Shion.

- Peu importe par qui, répondit Athéna avec un geste évasif de la main. Sur l'entretien des temples et le niveau de vie que j'offre à mes chevaliers ! précisa-t-elle alors.

Elle regarda Shion baisser la tête et se mordre la lèvre inférieure. Alors elle reprit :

- Je vois… Donc cet après-midi, nous allons faire le tour du domaine et voir ce qui doit être amélioré pour le confort de tous.

Shion acquiesça et annula tous ses rendez-vous pour assister sa Déesse. Athéna, quant à elle, se dirigea vers la salle de restaurant afin de prendre son petit déjeuner.