Bonsoir,
Désolé pour le retard. Je vous souhaite une bonne année à tous et tout plein de bonne chose pour 2019.
Aujourd'hui un petit dimanche tranquille dans le sanctuaire et des relations qui se construisent.
Biz bonne lecture à bientôt Peace'.
Chapitre 26 : J+8
En se levant, Milo du Scorpion regarda son emploi du temps de la journée. On était dimanche, aujourd'hui serait une journée tranquille pour lui.
Satisfait de cela, il se prépara rapidement. En sortant sur le palier de son temple, il ne put que constater que la journée s'annonçait encore chaude.
Et c'est donc avec un sourire aux lèvres – comme à son habitude – qu'il partit courir pendant une heure.
Il était à peine sept heures du matin et le sanctuaire commençait à s'éveiller doucement. Le chevalier faisait son footing tous les jours depuis son enfance, son ancien maître lui avait expliqué que cela lui permettrait de se renforcer physiquement mais aussi mentalement. C'est pour cela qu'en grandissant il avait continué, comme une drogue, un besoin vital à son équilibre.
Son parcours avait toujours été le même depuis son plus jeune âge, mais depuis une semaine on lui avait demandé de changer de trajet et d'en profiter pour faire une ronde du domaine. Il avait accepté pour arranger tout le monde, au début à contre-cœur, mais plus maintenant, car il avait découvert une chose dont il n'avait parlé à personne.
Effectivement, sur son chemin, il passait par la plage puis remontait par la falaise surplombant la mer. Là, se trouvait un promontoire rocheux qui avait été aménagé en terrasse avec un banc en pierre. Et Milo avait été surpris, le premier matin où il passa par là, d'y voir un homme assis, méditant en fixant l'horizon.
Ce jour-là, il était passé sans lui adresser la parole. Même s'il était aussi un Chevalier d'Or, il est vrai qu'il ne lui parlait pas souvent. Juste le strict nécessaire. Pas qu'il ne l'aimait pas, mais il n'avait jamais vraiment eu d'affinité avec lui, contrairement à son frère. Il en fut ainsi les jours suivants.
Toutefois, il dut reconnaître que depuis sa discussion avec lui, le vendredi soir chez le Verseau, son avis sur l'homme avait changé.
Sa curiosité avait été piquée au vif. Même que ce soir-là, lorsqu'ils étaient rentrés ensemble en fin de soirée, il l'avait embrassé sur la joue, comme ça, sur une impulsion, avant de se séparer.
En revanche, le samedi matin, il n'avait pas osé non plus l'aborder, mais plus à cause d'un sentiment de honte de ce qui s'était passé la veille que par indifférence.
Pendant le repas du samedi soir, il avait aimé la répartie qu'il avait eu envers son « beau-frère », et par la suite, il avait apprécié l'écouter parler avec le maître des glaces.
Aussi ce matin, en passant sur le chemin de terre derrière le banc, au lieu de continuer, il bifurqua vers lui et se positionna à sa hauteur tout en maintenant de petites foulées pour ne pas perdre le rythme. Il prit alors la parole.
- Salut Saga, je ne te dérange pas ?
- Non pas du tout, mais tu devrais continuer. Tu vas te fatiguer à faire du surplace, s'inquiéta Saga.
- Non c'est bon. Tu viens avec moi ? Proposa le Scorpion d'or.
- Je ne sais pas, je réfléchis, sourit alors le Gémeau.
- Viens courir, insista Milo. Mon maître me disait que le meilleur moyen de réfléchir était de s'aérer les poumons et l'esprit en courant. Alors suis-moi !
- Milo tu n'es pas obligé tu sais, murmura le troisième gardien.
- Obligé ? Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-il dans un grand sourire. Dis-moi, depuis quand tu viens ici ? Questionna-t-il intrigué.
- Depuis notre résurrection, j'ai découvert cet endroit quelques semaines plus tard. En fait d'habitude, personne ne vient à cette heure-ci… ni même plus tard, souffla-t-il.
- Ne me dis pas que tu passes tes journées ici et que tu n'en sors que pour dormir ou quand tu as des activités précises à faire dans la journée ? Se chagrina alors le huitième gardien.
- … Je ne peux rester cloîtré chez moi. Et puis en ce moment, il y a souvent l'autre idiot de Spectre, balbutia Saga qui fut ému de voir son confrère s'inquiéter pour lui.
- Saga tu rigoles ! Tu ne peux pas faire ça ! S'insurgea le Scorpion. Il faut que tu vives, s'énerva-t-il.
- Haha ! Milo tu es trop gentil. J'aime vraiment ton caractère franc et impulsif. Au fond, le caractère des Scorpions peut avoir ses avantages, sourit le Gémeau.
- Je…
Milo baissa la tête en rougissant, et d'instinct il donna un baiser sur la joue de son frère d'arme.
- Tu veux dire... impulsif... comme ça ? Viens courir avec moi ! ordonna-t-il en se redressant et reprenant son sérieux.
- Demain, dit l'homme aussi rouge que le Scorpion.
- Hein ? fit Milo.
- Je ne suis pas en tenue. Mais demain quand tu repasseras je serai là et j'aurai les habits adéquats pour courir.
Puis il rendit son baiser au Scorpion.
Milo sourit en voyant la spontanéité dont avait fait preuve le Chevalier des Gémeaux puis repartit finir sa course.
Pendant ce temps Saga resta assis tranquillement sur son banc et médita sur le Scorpion.
Il est vrai qu'ils avaient peu échangé durant leur enfance, du fait de leur différence d'âge – Saga étant plus âgé que Milo.
Sans compter la période noire pendant laquelle Saga avait pris la place de Shion. Il avait évité Milo constamment, ayant vite compris – en l'observant de loin et écoutant ce qui se disait du Scorpion – que ce dernier était suffisamment perspicace pour le démasquer. Ce qu'il ne voulait à aucun prix.
Toutefois, le Chevalier des Gémeaux lui reconnaissait cette capacité à se faire facilement des amis, et une certaine pugnacité à éliminer les obstacles qui l'empêcheraient d'y arriver.
Pour preuve, n'avait-il pas réussi à devenir le meilleur ami d'un des Chevaliers d'Or connu pour être des plus froid et antipathique aux yeux de tout le monde ?
Camus...
Et pourtant, lui-même avait pu constater récemment que Camus n'était pas si inaccessible que ça, qu'il était même devenu un homme de confiance et d'une grande sagesse. Une personne au grand cœur, très protecteur et toujours de bons conseils pour ses amis.
Aussi, pour Saga, il paraissait donc légitime que Milo se battît pour devenir l'ami de cet homme de bien.
Cependant, il restait encore pour Saga un mystère à décrypter : l'effet Milo !
Car il y avait bien chez le Chevalier du Scorpion un petit quelque chose qui lui avait permis d'amadouer un homme tel que Camus, si droit dans son armure.
Et visiblement, Saga ne restait pas indifférent non plus, ce qui l'intriguait au plus haut point. Leur discussion tout d'abord, chez et avec Camus, puis ces échanges de baisers – sur la joue certes – mais pas si anodins que ça...
Loin d'être offusqué par ce qui s'était passé, Saga réfléchissait à la raison qui avait pu pousser Milo à faire le premier pas, et il resta là, longuement, à contempler la mer, attendant patiemment le lendemain matin.
Au même moment, ailleurs dans le sanctuaire, les deux Demi-Dieux de la Médecine – physique et mentale – s'éveillaient tôt et parlaient déjà des dernières nouvelles, prélassés dans leur lit. Asclépios relatait à son conjoint une conversation qu'il avait eue avec Méthos :
- Tu es sûr mon ange ? demanda le plus jeune des deux.
- Oui, répondit l'autre. Méthos m'a dit avoir eu l'occasion de lui faire une prise de sang et donc de pouvoir faire les tests. Il pense que peut-être avec le temps le poison pourrait s'affaiblir, voire disparaître mais pas avant encore de nombreux siècles. Et pareil pour les maladies de l'autre chevalier.
- Ce serait bien, mais tant qu'on ne comprendra pas de quel poison il s'agit, je doute qu'on puisse réussir. Pardon... Je ne veux pas être défaitiste, mais cela fait des millénaires que l'on cherche.
- Mais nous n'avions pas autant de moyens que maintenant, argumenta favorablement Asclépios.
- Je sais, j'en ai conscience, mais si ton père…
- Il ne dira rien, et niera toujours en bloc qu'il est plus ou moins responsable de cela. Même si je suis d'accord avec Méthos dans son implication, et toute sa théorie du complot. Mais ton père lui, n'y croit pas.
- Tu te trompes, je pense qu'il le croit et c'est là le problème.
- Le problème ? demanda le plus âgé.
- Père s'inquiète pour Méthos, il a peur qu'on lui fasse du mal, confessa Evander.
Les deux hommes se regardèrent un instant, eux aussi avaient peur pour le chevalier.
Depuis des millénaires, l'homme avait été leur ami. C'est même grâce à lui qu'ils s'étaient rencontrés, et il les avait aidés à se mettre ensemble. Aussi, chaque fois que quelqu'un lui voulait du mal, les deux hommes en étaient outrés et cherchaient toujours à lui rendre la pareille.
Sûrement que leur amour et leur amitié pour Méthos étaient les seules choses qui les unissaient tous les deux au père d'Evander.
Les deux Divinités finirent de se préparer et rejoignirent l'infirmerie pour poursuivre leurs recherches sur des remèdes aux maladies mortelles.
La vie d'un dimanche matin au sanctuaire était vraiment tranquille, c'était le seul jour où il n'y avait pas d'entraînement. Les rondes étaient maintenues, évidemment, tout comme les soldats aux postes de guet.
Le reste du sanctuaire évoluait dans une certaine léthargie, la plupart de ses occupants privilégiant cette matinée pour dormir plus longtemps ou vaquer à des occupations secondaires, difficilement envisageables la semaine. Ce n'est donc que peu avant le repas de midi que beaucoup de personnes commencèrent à sortir de leurs appartements.
Comme la Déesse Déméter. La Divinité de la Terre et sa prêtresse, Callysta, allaient partir vers la salle de réception quand on toqua à la porte. La suivante fit entrer un homme et se retira.
- Dame Déméter, pardon de vous déranger, s'excusa le général Andros en s'agenouillant devant elle.
- Non ce n'est rien, tu sais que tu es toujours le bienvenu, lui répondit la Déesse. Que puis-je pour toi ?
- Je désirais vous dire que j'avais inspecté le sanctuaire et que tout va bien. J'ai aussi proposé mon aide pour faire les rondes si cela vous va. J'aurais….
- Très bien, merci pour tous tes efforts, mais ne te surmène pas trop, l'interrompit Déméter. Fais comme tu le sens, tu sais que j'ai confiance en ton jugement et en tes actions. Je m'en remets à toi pour tout, continua-t-elle.
- Ma Déesse, c'est trop d'honneur, remercia Andros.
Déméter esquissa un sourire.
- Andros, j'aurais une requête, demanda Déméter en s'agenouillant devant lui.
De ses deux mains elle releva alors le visage de son général et fixa son regard dans le sien.
- Pourrais-tu m'accompagner cet après-midi ? J'aimerais te montrer le jardin du treizième temple et me promener avec toi là-bas.
- Oui, Ma Déesse, ce serait avec plaisir, répondit le général, heureux de cette invitation.
Déesse et soldat se regardèrent un long moment avant de se relever et de se diriger vers le restaurant pour y retrouver les autres convives.
