Bonjour,

Nous voici le mardi matin. Les jours passent et ne se ressemblent pas du moins je l'espère. Aujourd'hui on voit un tête à tête Méthos/Hadès. J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à dans un mois Peace'.


Chapitre 32 : J+10

Ce mardi matin-là, le soleil se levait une nouvelle fois sur le sanctuaire. Ce mois de juin était particulièrement chaud. Non qu'il ne fît pas chaud d'habitude en cette saison, mais ces temps-ci, la température pouvait dépasser les quarante degrés assez facilement dès le début d'après-midi.

Aussi, comme tous les matins, Méthos se baladait dans l'enceinte du treizième temple à l'abri des rayons brulants. Mais ce jour-là, il ne s'attendait pas à ce qui lui arriva. Une main ferme l'empoigna et le projeta sur une colonne de marbre, loin des regards, le maintenant fortement contre la paroi. L'homme essayait de le dominer de toute sa stature malgré ses dix centimètres en moins, puis sa voix froide s'éleva :

- On doit parler ! ordonna la personne à qui appartenait la voix.

- Et de quoi ? rigola Méthos, pas du tout impressionné par celui qui lui faisait face. Bien au contraire, sa prise de pouvoir sur lui l'amusait. Tu n'es pas très explicite.

- De beaucoup de choses.

- Comme ? J'ai besoin de détails pour te comprendre. Malgré ma supérieure intelligence, tes énigmes sont trop vagues même pour moi, se moqua avec insolence le chevalier.

- Cesse de te foutre de moi ! Je veux tout savoir.

- …

- Pourquoi avoir couché avec moi si c'est pour me repousser par la suite ? Que s'est-il passé à la mort de ma femme ? Et pourquoi tu te prépares à la guerre ?

- Haha ! Pour ta femme, tu sembles te réveiller un peu tard, non ? C'est amusant après tant de millénaires ! De plus, je ne vois pas pourquoi je devrais te répondre, je ne dois de comptes qu'au seigneur Arès. Mais bon, puisque je suis « grand Seigneur », je consens à répondre à certaines de tes questions ! Mais avant ça, qui t'a dit que j'étais en guerre ? demanda le soldat plus que surpris par la question du Dieu des Enfers.

Il ne s'attendait pas à ce que quiconque fût au courant si tôt et surtout pas lui. De plus, il se doutait bien que Camus ne l'avait pas trahi.

- J'ai entendu une discussion entre le Verseau et le Grand Pope dans le bureau de ce dernier. Camus disait que tu avais l'air de te préparer à la guerre. Que tu en étais à l'étape de l'analyse.

- Tu joues souvent les petites souris qui écoutent aux portes ? ricana Méthos.

- Non… je passais par là et j'ai entendu ton prénom alors je… Pourquoi me fuis-tu ? demanda d'une petite voix tremblante le Maître des Morts. Aphrodite m'a dit que tu faisais cela quand tu appréciais les gens, continua-t-il sur sa lancée. Et Pandore m'a conseillé de persévérer.

- Pff… Elle n'est pas la Déesse de l'Amour pour rien. Qu'est-ce qu'elle est fleur bleue. Quant à ta sœur, c'est une gentille fille, mais tu sais très bien pourquoi j'ai couché avec toi. J'avais faim, et tu m'as dit 'mange-moi'. Pourquoi aurais-je rechigné ? De plus, je ne te repousse pas, mais... disons que... Tu parles souvent avec ta nourriture toi après l'avoir consommée ? se renseigna le trentenaire sur un ton de plus en plus désinvolte.

- Je vois… merci pour ta franchise. Et sinon, concernant Perséphone et cette « guerre » ? insista le Dieu du Monde Souterrain.

- Tu es encore bien naïf ! Est-ce vraiment sérieux à ton âge ? Pour ta femme, je n'ai rien de plus à ajouter, de même pour cette « guerre » d'ailleurs, comme tu dis si bien. Dis-moi, tu ne trouves quand même pas bizarre que Perséphone et Amphitrite soient mortes toutes les deux après avoir attrapé la même maladie mentale ? Les ayant conduites toutes deux à la folie pure ! En dehors du fait d'avoir été les maîtresses de Poséidon, leur autre point commun n'était-il pas d'être les femmes de deux des trois plus puissants Dieux de l'Olympe ? Tout comme Héra, d'ailleurs... exposa brièvement Méthos.

- Pourquoi parles-tu d'Héra ? questionna Hadès surpris.

- Décidément... soupira de lassitude Méthos. Tu es vraiment le Roi des naïfs. Bon ! Laisse tomber ! Juste une dernière question, à ton avis pourquoi Zeus nous a-t-il tous réunis ici dans un seul lieu ?

Hadès enregistrait les informations fournies par le chevalier, ses réponses partielles évidemment – à quoi pouvait-il s'attendre d'un tel individu –, mais surtout sa batterie de questions plus évasives les unes que les autres. Hadès ne voyait pas vraiment où Méthos voulait en venir !

Puis ce dernier finit par se dégager de l'emprise du Dieu et commença à s'en aller.

- Attends ! Je n'ai pas fini, annonça Hadès en élevant la voix.

Contre toute attente, Méthos fit volte-face et poussa le Dieu des Morts vers la colonne contre laquelle ce dernier l'avait immobilisé. L'homme ainsi bloqué ne put rien dire et écouta attentivement les dernières paroles du chevalier.

- Pour ma part, j'ai fini...

La voix de Méthos claqua d'une colère froide, puis prenant une voix dure et sérieuse il reprit.

- Sache que je n'aime pas les hommes faibles et naïfs. Si tu désires avoir un quelconque intérêt pour moi, ressaisis-toi et grandis un peu. Sois un homme fier et droit et surtout arrête de jouer au chien docile et aveugle de Zeus. Je pense te l'avoir déjà expliqué, non ? Merde ! Tu es quand même le Dieu le plus puissant, alors arrête de trembler devant lui ! Tu me ...

Méthos se renfrogna tout en serrant les poings, il ne voulait pas être plus grossier qu'il ne l'avait été, même si ça le démangeait de lui secouer les puces ! Trop énervé pour poursuivre ce dialogue de sourds, le chevalier laissa son « amant d'un jour » à ses cogitations il ne supportait plus de le voir aussi obéissant envers son frère...

Hadès resta là, inerte et se contenta de voir partir pour de bon cette personne dont il avait fini par tomber amoureux. Il se fit alors la promesse de devenir plus intéressant aux yeux de cette personne, car cette dernière semblait lui avoir donner une chance de faire ses preuves auprès de ses pairs, et peut-être un espoir d'être accepté à ses côtés – même si ça ne restait que platonique, amis ou alliés dans cette « guerre ».

Hadès fit demi-tour également, et retourna auprès des siens le cœur plus léger.

Méthos quant à lui retrouva peu de temps après les trois divinités qu'il servait.

- Je ne suis pas fleur bleue ! s'écria Aphrodite.

- C'est bon, pardon... s'excusa le chevalier en se courbant devant sa Déesse en guise d'armistice.

- Pourquoi ne lui avoir rien dit ? demanda Arès intrigué.

- Il ne me croirait pas de toute façon ! Il doit comprendre par lui-même, tout comme Camus...

- Tu ne regrettes rien ? continua le Dieu de la Guerre.

- Non ! s'il doit être notre allié, je veux que ce soit pour de bonnes raisons et rien d'autres.

- Alors tu le récupéreras plus tard ? interrogea Aphrodite.

- On verra bien ! Pensa Méthos à haute voix. Bien ! allons aux arènes nous devons parfaire nos méthodes de combats.

Le groupe se dirigea alors vers son lieu d'entraînement, chaque personne méditant sur des sentiments partagés.

Aphrodite pensa que quand tout serait fini, elle devrait s'occuper sérieusement de la vie privée de son chevalier et de son oncle Hadès.

Méthos quant à lui, comprenant les sentiments de la Déesse de l'amour, souriait devant sa ténacité à tout faire pour le rendre heureux. Mais lui doutait de pouvoir y arriver un jour.