Bonjour,

Aujourd'hui un chapitre qui se passe dans le onzième temple du sanctuaire. Un peu d'amour, une dose de travail et beaucoup de question réponse. Peut-être que vous n'aurez pas toutes les réponses mais peut-être que vous en comprendrez certaine. J'espère que ce chapitre vous plaira n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Bonne lecture biz à bientôt Peace'.


Chapitre 33 : J+10 (2)

Shion était fatigué, il n'en pouvait plus de cette chaleur, de ses repas et des doléances de chacun. Il voulait se ressourcer, il désirait changer d'endroit. Alors après avoir refermé un énième dossier, il soupira.

- Un problème Grand Pope ? s'inquiéta une voix de jeune fille derrière lui.

- Non c'est juste… qu'on est seulement mardi après-midi, que cela ne fait même pas une semaine et demie que tout le monde est arrivé… et je n'en peux déjà plus, le sanctuaire en règle générale est déjà prenant mais là, c'est exténuant.

- Je comprends bien, je suis navrée de ne pas pouvoir vous aider davantage, s'excusa Noémie.

- Oh ne dis pas ça ! Tu m'aides bien plus que tu ne l'imagines. Tout comme les chevaliers. Ne t'inquiète pas pour ça, la rassura Shion.

- Pourquoi ne prendriez-vous pas un peu de repos, proposa sa jeune assistante – avant de lui rappeler –, depuis que le chevalier Aphrodite est tombé malade de fatigue, vous m'avez demandé de leur donner un après-midi de plus par semaine à tous.

Puis elle rajouta à titre informatif, mais pas dénué d'intérêt.

- Je crois me souvenir qu'aujourd'hui, mardi, c'est celui de Camus du Verseau et d'Aphrodite du Poisson justement. Vous pourriez peut-être en faire de même, ajouta-t-elle comme un conseil avisé.

Toutefois, la jeune femme n'avait pas dit ça sans arrière-pensée, elle avait bien compris la nature de la relation entre son supérieur et le onzième chevalier...

- Et puis sinon, vous pouvez aller vous promener, de toute façon il faut que vous vous aériez la tête parfois et que vous vous dégourdissiez les jambes aussi.

- Tu n'as pas tort, je vais faire ça. Je peux te laisser seule ? avait-il demandé pour être sûr.

- Bien sûr, je continue ici. À plus tard !

Shion se leva et quitta le bureau pour aller déambuler un long moment dans les couloirs du treizième temple afin de se dégourdir les jambes, mais surtout pour réfléchir à ce que lui avait dit Noémie.

Il était évident qu'elle avait raison et que s'il voulait garder un semblant d'intimité dans sa relation avec Camus, il se devait d'être prudent à l'avenir. Puis, suivant le conseil à demi voilé de sa secrétaire, il se rendit chez le onzième gardien.

Arrivé devant la porte, il tapa et sans attendre de réponse – qui de toute façon n'arriva pas –, il entra une fois de plus sans invitation chez le Maître des Glaces.

En pénétrant dans le salon, il n'avait entendu aucun bruit, comme si l'appartement était vide. Puis un son attira son attention, provenant d'une autre partie de la demeure. Se dirigeant toujours au bruit, il finit par découvrir son amant dans sa chambre.

Il ne put prononcer un mot tellement il était abasourdi par la beauté de l'homme de ses rêves. Il resta un moment à l'observer. Celui-ci lui tournait le dos et réfléchissait intensément devant un panneau de bois plein de papiers griffonnés.

Mais Shion s'arrêta d'abord sur sa tenue vestimentaire, n'ayant pas l'habitude de le voir vêtu ainsi. En effet, se croyant seul, Camus s'était affublé d'un jeans bleu troué et d'une chemise blanche. Il était aussi pieds nus et les cheveux ébouriffés.

Dans le miroir non loin d'eux, le Grand Pope pouvait aussi le détailler de face. Il était très sérieux et sa main droite emmêlait encore plus ses magnifiques cheveux bleu marine. Son pantalon avait le bouton du haut ouvert, laissant apparaître la peau de son bas ventre.

Quant à sa chemise, elle n'était fermée que par le bouton du milieu, laissant son ventre et son torse presque totalement dénudé. Lui qui d'habitude était toujours tiré à quatre épingle, là il était juste… époustouflant.

Shion ne put se retenir d'aller toucher le corps de cet homme qui appelait à la luxure. Il remercia mentalement Noémie de l'avoir si bien conseillé. Il avança sans un bruit et se colla au dos de son amoureux en l'enlaçant par la taille.

Le chevalier sursauta, mais grâce au miroir, il reconnut le Grand Pope en train de le regarder et s'apaisa aussitôt. Camus bascula alors sa tête en arrière sur l'une des épaules de Shion et ferma les yeux, s'offrant ainsi pleinement aux caresses du Grand Pope.

- Shion… Hummm ! gémit doucement le Verseau.

- Camus, tu es splendide. J'aime ta façon de t'habiller décontracté, lui avoua Shion, conquis par son homme.

- Que fais-tu là ? s'informa Camus, ravi de cette visite inopinée.

- Je te dorlote. Noémie m'a dit que tu étais de repos et là je te trouve en train de travailler, le gronda gentiment le Grand Pope.

- Je… ton ange gardien a eu raison de te le dire. Shion, ce temple est le tien, viens quand tu veux. Fais-en ton havre de paix, lui proposa son amant.

D'une main ferme, Shion bascula encore plus le visage de son amant vers le sien et l'embrassa fougueusement, tout en resserrant sa prise sur son torse.

- Je l'ai déjà mon havre de paix... c'est toi, susurra-t-il contre ses lèvres.

Mais avant de laisser le temps à son amant de répondre, il le ré-embrassa aussitôt tout en laissant sa main glisser doucement vers son pantalon à demi ouvert.

Camus gémit entre leurs lèvres.

- Je t'aime et tu es aussi mon havre de paix, murmura le Verseau afin de rassurer son amant sur la réciprocité de leurs sentiments.

Heureux de la nouvelle, Shion en profita alors pour lui caresser le membre qui commençait à gonfler, d'abord à travers le tissu, puis à même la peau. Une fois qu'il eut fini de l'embrasser, le Grand Pope introduisit quelques uns des doigts de sa main libre dans la bouche de son amant. Après cela, il alla titiller les mamelons de Camus. Celui-ci gémit de plus belle.

- Shion… Han ! Han ! J'aime quand tu prends les devants comme ça ! reconnut le onzième gardien du sanctuaire entre deux halètements.

Shion mordit la jugulaire offerte et accentua la masturbation. Il sentit les mains du Verseau venir s'agripper à sa nuque afin de ne pas tomber. Puis, en quelques minutes de ce traitement divin, son amant se libera dans sa main.

Shion retira sa main pour aller la rincer, mais Camus fut plus rapide, il se retourna pour lui faire face et l'embrassa avec passion.

- Qu'est-ce ? demanda Shion en désignant le panneau de bois du regard.

- On a autre chose à faire, déclara Camus très excité.

- Non je… Camus, je t'aime mais je n'ai pas… je voulais juste… bégaya Shion.

- Merci mon amour, l'interrompit-il comprenant ce qu'il voulait dire.

Camus enlaça Shion entre ses bras et le câlina tout en calmant ses ardeurs.

- Je réfléchissais à ce que m'a dit Méthos, lui dit-il pour répondre à sa question.

Le onzième gardien entraîna alors le Pope devant le panneau et lui raconta en détail son entretien avec le chevalier d'Arès.

- ... Et sinon, il aurait aimé avoir le plan du sanctuaire, afin de pouvoir organiser la défense, rajouta Camus.

- J'accepte, à condition qu'il m'accorde une audience et réponde à certaines de mes questions, imposa alors Shion.

- Je pense qu'il sera d'accord. Mais tu dois promettre de ne rien dire à personne. Méthos ne veut pas que ses soupçons s'ébruitent, lui fit jurer le Verseau.

- Bien entendu, confirma le Grand Pope.

Lui non plus ne voulait pas qu'une telle théorie se sache, cela pourrait créer des discordes et un vent de panique chez tous les convives et le personnel du sanctuaire. Donc tant que ce n'était pas sûr, personne n'en parlerait à personne.

- Sinon qu'as-tu trouvé ? s'informa-t-il en sortant de ses pensées.

- Rien de très probant en fait. Voilà, je sais surtout que la Reine Perséphone est essentielle. Alors j'ai fait un tableau récapitulatif de tout ce que je sais et j'essaie de refaire le puzzle en agençant les pièces.

- Alors je dois pouvoir vous aider un peu, fit une voix froide dans leur dos.

Les deux hommes sursautèrent et se retournèrent d'un coup.

- Seigneur Hadès, s'exclamèrent-ils en même temps.

- Désolé de vous déranger dans un moment d'intimité, mais ayant parlé avec Méthos ce matin, j'ai pensé pouvoir parler avec vous et je vois que je ne me suis pas trompé.

- Vous ne nous dérangez pas, fit Shion. Pendant ce temps il sentit Camus derrière lui se rhabiller un peu. Que pouvons-nous pour vous ? demanda alors Shion laissant ainsi son amant finir de s'apprêter plus convenablement.

- J'aimerais consulter ces notes, admit le Dieu des Morts, désignant du doigt le panneau de bois devant lui.

- Vous avez dit pouvoir nous aider, intervint Camus.

- Effectivement, sur certains points, confirma Hadès.

- Pourriez-vous répondre à certaines de mes questions ? renchérit le Verseau.

- Je vais faire de mon mieux.

- Tout d'abord, concernant Evander ! je dois dire qu'il m'intrigue... Depuis son arrivée avec le Seigneur Asclépios, je me pose des questions sur lui et sur l'identité de son père, et je voudrais vous exposer ma théorie là-dessus. En fait je pense que c'est Arès, le Dieu de la Guerre. En analysant mes données c'est ce que j'en ai déduit. Apollon le hait et Aphrodite, Artémis, Héphaïstos et Méthos l'adorent. Il a l'air d'être très proche de ce dernier d'ailleurs. De plus, j'ai remarqué qu'avec Arès ils s'évitent. Les relations père/fils ont l'air difficile dans votre famille ! Donc, si on tient compte de tout ça et de l'animosité d'Apollon, père du Dieu de la Médecine, envers Evander, fils du Dieu de la Guerre – ce que l'on pourrait trouver « normal » si je puis dire –, j'en déduis qu'Evander est le fils d'Arès.

- Je comprends Méthos. Ton esprit d'analyse est très bon. Effectivement, Evander est le fils d'Arès et d'une mortelle. Cela remonte à bien longtemps. Mais il a hérité de l'immortalité de son père. Et d'un pouvoir magnifique. Il peut réaliser et surtout métamorphoser tous ses rêves. C'est pour cela qu'il est devenu psychiatre car son pouvoir est dans l'inconscient. Mais je m'arrêterai là pour ne pas entrer davantage dans leur vie privée, révéla le Dieu des Morts.

- Très bien merci… je comprends.

Camus nota rapidement ce qu'il venait d'apprendre avant de reprendre.

- Que pouvez-vous me dire sur la mort de votre femme ? Vous êtes venu ici pour cela, n'est-ce pas ?

- Tu es direct, mais ça me va ? Alors par où commencer ?... Ma femme a été frappée de folie tout comme la Reine Amphitrite, l'épouse de Poséidon. Leur folie était si forte qu'à la fin elles ne nous reconnaissaient plus et voulaient tous nous tuer. Alors on a été obligé de les tuer. Leur folie a causé leur mort.

- Comment cela est-il possible ? demanda Shion incrédule. Je veux dire... comment les avez-vous tuées ?

- Pour faire court, disons qu'il existe une épée que seul un homme peut manipuler et qui tue les Dieux, affirma Hadès.

- Méthos, soupira Camus. Il est le chevalier du Dieu de la Guerre et Dame Déméter a du mal à le regarder, tout comme Poséidon et vous-même. C'est en lien avec la mort de sa fille, votre épouse ?

- En effet... Pour qu'il puisse tuer l'un d'entre nous, il lui faut l'accord du grand conseil des Dieux : Zeus, Poséidon et moi-même. Mais j'ai un problème. Voyez-vous, ce matin Méthos a sous-entendu que ma sœur Héra était morte alors que je ne me souviens pas de ça, ni même Poséidon. Même si ça peut se comprendre pour lui comme pour Athéna – car ils n'ont pas recouvré tous leurs souvenirs –, je sais qu'il ressent parfois certaines situations qui de temps en temps échappent à sa compréhension, déclara Hadès.

- Cela voudrait dire que Zeus a falsifié vos signatures, réfléchit à haute voix Shion.

- C'est pour cela qu'il ne lui fait pas confiance, affirma Camus.

- La guerre qu'il prépare, c'est contre mon frère ? questionna alors le Maître des Enfers.

- Oui, confirma le Verseau. Méthos pense que Zeus est fou et qu'il veut tous nous tuer. Afin de posséder le pouvoir ultime, être le seul Dieu.

- D'où le fait qu'il nous a tous réunis ici... dans un même lieu. Méthos m'a demandé de m'interroger là-dessus, expliqua Hadès.

- Seigneur Hadès, puis-je vous poser une question à mon tour ? demanda alors Shion.

Un hochement de tête l'incita à continuer.

- Votre femme est morte quand ?

- Il y a trois mille ans, pourquoi cette question ?

- Je me demandais... continua-t-il. Méthos est vieux, je veux dire il est né bien avant moi, n'est-ce pas ? Il connaît bien trop de choses et vous avez confirmé qu'il était celui qui avait ôté la vie de votre femme. Alors quel âge a-t-il exactement ?

- Ça, c'est à lui de le dire, mais effectivement il est millénaire, confirma le Dieu des Morts.

Sur cette dernière phrase, Hadès se courba devant les deux chevaliers et repartit sans un bruit, comme quand il était arrivé.

Les deux hommes restèrent silencieux pensant à toutes ces informations qui tournoyaient dans leur esprit. Ils n'avaient pas la réponse à tout, mais au moins ils comprenaient mieux les soupçons de Méthos.

- Ce n'est pas tout, dit de but en blanc le Verseau.

- De quoi parles-tu ? demanda Shion surpris.

- En ce qui concerne Perséphone, il y a sûrement autre chose. Ça concerne peut-être sa maladie mentale. Je me demande si elle était naturelle ou non ? Méthos a trop insisté sur elle pour que ce soit si simple. C'est comme pour Apollon, personne ne parle de lui, mais Artémis et les Dieux médecins le haïssent et il doit y avoir une raison, énonça Camus subitement.

- Mon chéri, on a déjà quelques réponses, le reste va venir, ne te prends pas trop la tête là-dessus. L'important pour l'instant, c'est de s'organiser avec Méthos et de préparer les défenses du sanctuaire. Je vais aussi vous demander de vous entraîner davantage et de faire plus de rondes. Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien, mais je veux que tu saches que je te fais confiance ainsi qu'à Méthos, par extension. N'est-il pas comme ton frère et ton meilleur ami ? Alors je vais apprendre à lui faire confiance et à l'apprécier comme tel, précisa Shion.

- Oh ! alors tu feras pareil ensuite avec Hyoga, Issak et Milo, s'informa Camus avec un léger sourire moqueur.

- Ha, ha ! Ne m'en demande pas trop d'un coup, s'il te plaît, s'amusa Shion. Bon je te laisse aussi, repose-toi bien mon amour.

Et après un dernier long baiser, dans l'attente d'autres qu'ils espèrent très bientôt, les deux se quittèrent à contre cœur.

Camus se retrouva seul et s'allongea afin de faire une sieste avant le repas du soir, mais également pour faire le point par rapport à tout ce qui avait été dit peu avant, lors de la visite d'Hadès. La famille de la Déesse qu'il servait ressemblait à un véritable imbroglio, et pour pouvoir résoudre ce casse-tête chinois, il lui faudrait avoir les idées très claires.

Pendant ce temps Shion remontait dans son bureau où il trouva Noémie toujours affairée à sa tâche.

- Mon ange, ménage-toi on n'en a pas encore fini.

La jeune femme regarda son supérieur interloqué mais ne dit rien, car malgré l'air concentré et sérieux qu'il affichait sur son visage, le sourire qui ourlait ses lèvres signifiait qu'il avait tout de même passé un bon moment.

Puis tous deux retournèrent à leur travail, attendant le dîner.