Bonjour,

Nous voilà enfin à la lecture de l'une des biographies. Aujourd'hui Shion se plonge dans celle d'Eirène qui fête ses quinze ans ainsi qu'autre chose que je vous laisse découvrir. N'hésitez pas à me faire savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre. Biz à dans un mois Peace'.


Chapitre 34 : J+10 (3)

En dépit de la journée qui venait de passer et des événements qui se tramaient en secret, le dîner de ce mardi soir sembla se dérouler sous les meilleurs auspices comme jusqu'à présent – ou presque.

Toutefois, comme il en avait parlé à Camus, Shion avait ensuite convoqué tous ses chevaliers leur donnant ses nouvelles directives. Il avait aussi convoqué certains soldats des autres dieux qui s'étaient portés volontaires pour aider.

« Certes, je vous demande davantage de présence dans le temple d'Athéna, notamment pour les rondes, et j'ai renforcé vos sessions d'entraînement cependant, vous serez suffisamment nombreux pour que je puisse maintenir votre demi-journée de libre à chacun, voire une journée si besoin était », expliqua Shion.

Les chevaliers partis, Shion se retrouva enfin seul dans son bureau et voyant l'heure, il se dit qu'il était temps de prendre un repos bien mérité. Une fois installé confortablement dans son lit, il saisit le journal de celle qui l'a précédé au poste qu'il occupait actuellement et se plongea dans sa lecture.

Les hivers pouvaient parfois être très froids par chez nous, mais cette année-là, le jour de mon quinzième anniversaire fut l'un des plus froids que nous eûmes à affronter. Malgré tout nous pouvions sortir car il faisait un grand soleil qui réchauffait un peu l'atmosphère, comme si Athéna avait demandé à son demi-frère Apollon de briller plus fort et d'inonder son sanctuaire pour cette journée exceptionnelle.

Effectivement, aujourd'hui était spécial mais pas à cause de mon anniversaire ou de celui du Chevalier Kanus du Verseau qui était l'un des derniers à être rentré depuis quelques mois, même si on avait choisi cette date pour pouvoir tout fêter ensemble.

Ce jour-là était celui où nous allions célébrer la fin des travaux concernant les treize Maisons Zodiacales, ainsi que la création de l'armée d'Athéna avec la remise des armures aux Chevaliers.

Cette journée fut mémorable, elle a été la concrétisation des rêves de plusieurs personnes venant de différents horizons et qui ont créé des liens pour devenir une famille. Je me dois de te la raconter.

Je me levai tranquillement vers huit heures, me glissai dans la salle de bain et me préparai je ne ressortis qu'après m'être habillée rapidement avec des affaires simples en attendant la célébration qui commencerait vers dix heures.

J'allai déjeuner avec les prêtresses puis me dirigeai vers mon bureau pour y régler quelques affaires.

Quand dix heures arriva je me levai et rejoignis les prêtresses dans les thermes. Ils avaient été aménagés pour l'occasion, des paravents avaient été rajoutés pour faire un espace habillage. Les jeunes femmes avaient également re-décoré l'espace pour l'occasion avec des bougies odorantes et des fleurs récoltées sous nos serres, ce qui nous permettait d'en avoir toute l'année même en hiver.

Je me délestai de mes habits en les faisant tomber à terre, puis pénétrai dans l'eau et m'y laissai couler. Le bassin était immense et plus on avançait dedans plus il était profond ; j'y fis quelques brasses pour me maintenir à la surface. Nous nous y baignâmes une bonne demi-heure toutes ensemble.

Je me dois de préciser qu'au sein du sanctuaire, nous n'étions pas moins de quatre-vingt-cinq femmes au total, de tout âge, ce qui n'était pas rien.

Ensuite, elles sortirent les premières pour aller s'habiller et se coiffer pour la cérémonie.

Pour ma part, je continuai encore un moment à me prélasser dans l'eau tout en les regardant faire. Certaines se mirent à chanter des cantiques dédiés à notre divinité. Elles se coiffaient mutuellement, s'habillaient ou encore se paraient de bijoux en tout genre. D'habitude je n'aimais pas ce genre de préparation mais là cela me calmait j'écoutais les chants des unes, les conversations des autres, je regardais le ballet de leurs mouvements.

Pendant ce temps, je me remémorais le discours que j'allais faire dans peu de temps.

Quand elles eurent fini, je sortis de l'eau à mon tour, après une heure de bain. Deux d'entre elles vinrent alors m'entourer de serviettes et m'essuyèrent, puis je me dirigeai vers les paravents pour être dans un endroit sec.

Quelques autres de mes consœurs vinrent avec moi et m'aidèrent à me vêtir, d'autres me coiffèrent et ornèrent mes cheveux d'un diadème. Les dernières qui m'aidèrent m'affublèrent de bijoux. Pour finir j'allai m'admirer dans le miroir qu'elles avaient fait installer dans la salle d'eau.

Ma coiffure était composée de trois tresses de chaque côté de ma tête se rejoignant à l'arrière en un chignon avec six tresses pendant sous ce dernier. Elle était surmontée d'un diadème en diamant que le Dieu Héphaïstos avait façonné spécialement pour moi, en ce jour bien particulier tout comme les boucles d'oreilles et le collier, en diamant également, qui ornait mon cou.

Le collier, quant à lui, se terminait par une énorme émeraude.

Mon maquillage était discret mais mettait bien en valeur mes yeux.

Ma robe était simple et blanche, maintenue à ma taille par une ceinture en forme de losange sur le ventre et d'une bande d'une dizaine de centimètres, toute faite d'or.

Malgré l'hiver, j'avais opté pour qu'elle soit à bretelles avec un décolleté en V plongeant. La ceinture m'affinait et resserrait la robe au-dessus de mes hanches. Au-dessous, la robe tombait droite sur le devant jusqu'à mes pieds et elle partait en traîne vers l'arrière.

Mes chaussures étaient à peine visibles, je portais des sandales à lacets qui remontaient jusqu'aux mollets. Héphaïstos m'avait aussi fait des bracelets pour les bras, en or ornés de diamants. Sous le soleil je brillerais de mille feux et l'on me verra de loin, pensai-je. Puis je vis à côté du miroir le dernier cadeau de « mon ami forgeron ». C'était le souhait d'Héphaïstos, peu après mes accouchements il était passé me voir pour prendre de mes nouvelles et lors de notre discussion il m'avait dit :

- Après ce qu'on a vécu ensemble on peut être amis.

Je dois dire que sur le coup je me voyais mal lui dire « non » surtout que je l'appréciais. Alors depuis je le considérais comme tel.

Un bruit derrière moi me sortit de mes pensées et je reportai mon attention sur l'objet devant moi. Je le pris en main et l'examinai : c'était un sceptre en argent constitué d'une longue tige surmontée d'un trident en demi-cercle dont la pique centrale représentait un aigle déployant ses ailes en cercle. Je le trouvais magnifique.

Quand j'eus fini d'examiner le résultat, nous partîmes toutes pour la cérémonie. Au début, j'avais pensé la faire dans l'arène pour pouvoir rassembler tout le monde dans les gradins mais je voulais une autre ambiance pour cet événement.

Mon autre choix se porta sur le haut du treizième temple où se situait la statue de notre divinité ; j'avais aussi pensé à l'intérieur de ce même temple avec l'autel, mais à la fin j'avais opté pour l'un des jardins du domaine où tous ses habitants pourraient venir.

L'endroit était une allée de colonnes avec un toit en barre finissant par une rotonde sans toit où le soleil pénétrait allègrement. Au-dessus se trouvait une glycine qui montait du bas des colonnes vers son toit. J'avais fait installer des chaises, par paires, de part et d'autre d'une allée centrale pour se déplacer.

Quand nous arrivâmes, tout le monde était déjà assis sur les chaises, Chevaliers, bâtisseurs et leur famille, tous installés dans un village qu'ils avaient construit eux-mêmes, proche du sanctuaire.

Ils avaient laissé des sièges devant pour mes « sœurs ».

Elles s'installèrent et je m'avançai derrière elles puis j'allai me mettre au centre de la rotonde. Le soleil m'illumina et effectivement je brillais de mille feux. Tout le monde eut le souffle coupé, et tu aurais vu leur visage : c'était hilarant ; mais je suis restée de marbre.

Je pris alors la parole :

- Merci à tous d'être venus ici en ce jour. J'ai le plaisir de recevoir tous les Chevaliers qui sont rentrés sains et saufs de leurs entraînements. J'ai une pensée pour ceux qui ne sont pas revenus et je crois ne pas être la seule. Athéna elle-même m'a demandé d'ériger un mausolée en leur nom, ouvert à tous vous pourrez donc vous y recueillir pour l'âme de vos amis quand bon vous semblera. Mais aujourd'hui, je vous ai réunis afin de remettre les armures à chacun des Chevaliers à qui elles sont destinées. Aussi, quand j'appellerai votre nom, vous viendrez me rejoindre à tour de rôle. Je commencerai par la garde rapprochée de notre divinité, les Chevaliers d'Or, puis ceux d'Argent et pour finir par les Bronzes. À la première maison, nous trouverons Rafaélos du Bélier.

Le susnommé se leva, vint se placer devant moi et je lui donnai sa Pandora Box. Il posa sa main dessus et la boîte s'ouvrit laissant apparaître l'armure du Bélier sous sa forme totem qui rayonnait de cosmos – le mien ainsi que celui d'Athéna, d'Héphaïstos et d'Asclépios – tout à coup, elle se sépara pour aller revêtir le Chevalier Rafaélos. C'est ainsi que la cérémonie débuta sous le regard émerveillé des convives.

Quand le Bélier reprit sa place, j'appelai les autres – Kléanthis du Taureau, les jumeaux Makis et Lakis des Gémeaux, Markinos du Cancer, Agathoklés du Lion, Elien de la Vierge, Laërte de la Balance, Nikos du Scorpion, Ianouarios du Sagittaire, Gabriel du Capricorne, Kanus du Verseau et Angelos du Poisson – et tout se passa de la même façon.

Le défilé continua avec les Chevaliers d'Argent et se termina avec les Chevaliers de Bronze.

À la fin je repris mon discours :

- Je conclurai cette cérémonie en vous remerciant du fond du cœur, vous tous Chevaliers, Prêtresses et toutes les personnes ici présentes qui nous ont aidés, merci sincèrement d'avoir répondu à l'appel de notre Déesse. Mais avant toute chose, ne pensez pas que mes futures paroles soient blasphématoires, car j'aime notre Déesse mais j'aime aussi les êtres vivants. C'est pour cela que je vous ai regroupés en ce lieu aujourd'hui.

Et tout en me penchant pour saluer mes confrères, je rajoutai :

- Je vous demande votre aide afin de protéger toute vie sur cette planète de la future agression de chaque Dieu qui voudrait la faire sienne, sans se soucier des êtres la peuplant.

Puis, me redressant tout en plongeant mon regard dans celui des tout nouveaux chevaliers, je poursuivis :

- Pour moi, vous êtes plus que les Chevaliers d'Athéna, vous êtes les protecteurs de la vie et de l'espoir. Quand j'ai demandé au Seigneur Héphaïstos pourquoi il avait appelé les réceptacles de vos armures des « Pandora Box », il m'a répondu ceci : « Quand la sœur d'Hadès, la princesse Pandore, a ouvert la boîte qu'on lui avait confiée, elle a pris peur et l'a refermé d'instinct, y enfermant l'espoir. Puis quand l'espoir lui a parlé, elle a fait le choix de lui faire confiance et a rouvert l'objet. L'espoir s'est alors enfui pour s'ancrer dans le cœur de chaque être vivant. » Il trouva donc tout naturel d'appeler le refuge de vos armures comme cette boîte. Il vous a appelé les « Chevaliers de l'Espoir ». Sachez donc que pour moi aussi, vous êtes des Chevaliers de l'Espoir.

Levant mon sceptre au-dessus de ma tête, je m'écriai :

- Chevaliers ! Levez-vous et faites brûler votre cosmos. Promettez avec moi devant tous les Dieux de l'Olympe que, quoi qu'il arrive, nous ne faiblirons jamais. Nous nous battrons au-delà de nos limites. Nous protégerons chaque vie sur cette planète. Promettez également que, même si notre Déesse vous a accordé l'immortalité tant que vous revêtirez les armures, même sans elles vous vous battrez jusqu'à la mort. Moi, Eirene Polemos, je promets devant l'Olympe de toujours servir la vie et l'Humanité et de me battre à vos côtés pour préserver la paix.

Je fis alors jaillir mon cosmos à travers mon sceptre ce qui illumina davantage l'endroit où nous étions réunis. Je sentis à ce moment-là le cosmos de chaque chevaliers s'associer au mien, et former ensemble un champs de protection tout autour du sanctuaire.

Un cosmos bien plus puissant se mêla alors aux nôtres pour renforcer ce champ, ce fut celui d'Athéna !

Une voix à l'unisson s'éleva alors de la foule réunie devant moi, reprenant et scandant les mots suivants :

- Je promets devant l'Olympe de toujours servir la vie et l'Humanité et de me battre pour préserver la paix.

J'en fus si émue que je laissai les larmes couler le long de mes joues, sans retenue ni honte d'être vue. Ensuite, la cérémonie se poursuivit dans le treizième temple, où tout avait été installé pour pouvoir se restaurer de manière confortable et continuer à discuter comme nous le faisions déjà.

Vers la fin de l'après-midi, je m'éclipsai accompagnée de mon très cher Kanus. Nous nous rendîmes à la rotonde près du lac en dehors du sanctuaire pour y retrouver mon protecteur de toujours.

Je lui avais promis de venir le voir pour tout lui raconter de plus, il voulait non seulement me voir dans mes atours de Grand Pope, mais évidemment me souhaiter aussi mon anniversaire.

À notre arrivée, j'embrassai tendrement mon protecteur dans mes bras. Il attrapa délicatement ma main et me fit tourner au soleil pour mieux admirer la toilette que je portais.

Quand j'ouvris le petit paquet qu'il me tendit, je me dis qu'il avait vu juste, de magnifiques boucles d'oreilles en forme de colombe, signe de la paix ! C'était tout trouvé pour compléter ma tenue !

Quant à Kanus, il reçut de notre ami un cadeau fort à propos qui me permit de le voir se battre dans une joute amicale avec un Dieu. Le fait de le voir lui tenir tête me conforta dans mon choix du Chevalier du Verseau. Rapidement, cette joute amicale prit des allures de vrai combat, sans heurts fort heureusement.

Nous rentrâmes en début de soirée pour ce mettre plus à l'aise et rejoindre les autres pour le souper. Là, nous attendait toute une foule qui avait organisé une fête magnifique pour notre anniversaire.

Après avoir bien mangé, dansé et rigolé, chacun repartit chez soi pour bien se reposer, car à partir de maintenant, les choses allaient devenir plus sérieuses...

Shion ferma alors le livre les larmes aux yeux.

Il avait été ému par l'engagement des chevaliers et de son prédécesseur.

Qu'avait-elle pu faire pour penser qu'on la qualifierait de traître ?

Il se demandait également comment le Verseau avait vécu cette cérémonie et la célébration de son quinzième anniversaire ? Avait-il relaté leurs retrouvailles dans son journal ?

Plus il lisait leur histoire, et plus il voulait en apprendre sur leur vie. Ces deux-là, et sûrement tous les autres aussi, représentaient vraiment les « Chevaliers de l'Espoir ».

Sur ces dernières pensées, Shion s'endormit, espérant vivement pouvoir lire la suite de leurs aventures très rapidement.