Bonjour,

Bonne année à tout le monde. Santé, amour, réussite et bonheur.

Pardon pour le retard la correction a pris plus de temps que prévu. J'espère que vous allez bien et que vous avez passé de bonne fête.

Aujourd'hui Shion lit l'autobiographie de Kanus j'espère que vous allez aimer.

Biz à bientôt Peace'.


Chapitre 38 : J+11 (3)

Le repas du mercredi soir arriva trop rapidement pour les onze personnes qui étaient allées faire des achats l'après-midi même. Ils n'avaient eu le temps que de prendre une douche et de se rendre dans la salle de repas.

Le dîner se passa de façon conviviale et à la fin, Athéna prit la parole.

- Chevaliers ! À partir de demain, des entrepreneurs vont venir afin de nous mettre l'électricité ainsi que l'eau et le gaz aux normes. J'ai aussi commandé des meubles pour remeubler vos appartements. Certains d'entre nous ont pris des objets de décorations et des vêtements que l'on va vous remettre. De plus, un couturier a été mandaté pour venir refaire vos gardes robes.

Elle avait ensuite continué en parlant de son projet de mini appartements. Tout le monde salua cette annonce avec un grand éclat de joie, et bon nombre d'entre eux était excité à l'idée d'emménager dans de nouveaux logements.

Shion observait chacun d'eux, recevant leurs cadeaux ou posant des questions à la petite délégation qui avait été choisie pour se rendre à Athènes. Il souriait aussi en voyant son amant aussi radieux, toutefois il fut surpris par le comportement du Phénix, et ne comprenait pas pourquoi ce dernier fusiller autant Camus du regard ! Peu importait en cet instant, Shion aurait tout le loisir de poser cette question à son homme plus tard dans la soirée.

Quand tout le monde eut quitté la grande salle pour rejoindre ses quartiers, Shion en fit de même en retournant dans ses appartements. Le calme qui y régnait le rassurait toujours autant et l'apaisait grandement.

Sur la table de chevet près de son lit, posées l'une sur l'autre, les deux biographies qu'il avait commencé à lire n'attendaient que son retour pour l'embarquer à nouveau dans leurs péripéties. Shion était très impatient de poursuivre la lecture des aventures du Verseau, car il se demandait encore de quelle façon il avait vécu tous ces événements.

Le Grand Pope avait bien compris que ces deux ouvrages narraient la même histoire, écrite visiblement au même moment, mais indépendamment l'un de l'autre. Toutefois, les sentiments de leurs auteurs étaient si forts et si proches, que cela se ressentait quelque peu dans leur style d'écriture, comme s'ils n'avaient formé qu'un seul être avec deux entités bien distinctes.

Qu'avaient-il pu leur arrivé ?

Nous arrivâmes quelques mois avant le jour de mes quinze ans. Un oiseau porteur d'un message avait été envoyé quelques heures avant notre arrivé.

Aussi, ce fut presque sans surprise mais le cœur empli de joie que je la vis sur le ponton où nous allions accoster.

Elle était là à m'attendre, une main levée me faisant de grands signes. Je restais droit et fier comme on me l'avait appris mais un mince sourire se dessina sur mes lèvres.

Elle était accompagnée d'un soldat que je ne reconnus pas. Mais la concernant, je n'eus aucun doute. Ses beaux cheveux noirs, ses yeux perçants d'intelligence et de sagesse, elle était magnifique dans sa robe blanche de princesse.

- Qui est-ce ? M'interrogea Kiros.

- Notre Grand Pope Eirène. Tu étais trop petit pour t'en souvenir.

- C'est elle qui nous a envoyé là-bas et la jeune femme à qui tu écrivais toutes les semaines ?

- Oui, je vais te la présenter, tu vas l'adorer.

Nous descendîmes rapidement et alors qu'on s'avançait vers notre comité d'accueil, je reçus en un instant comme un coup de plein fouet. Un corps chaud se colla au mien et un visage s'enfouit dans mon cou alors que deux bras m'enserrèrent la taille.

- Bienvenue à la maison Kanus.

- Merci Eirène.

Ma jeune amie laissa ses larmes couler le long de mon cou. De larmes de joie et de soulagement de me retrouver en vie.

Je dois dire que j'avais envie de faire comme elle, car je ressentais la même chose. Mais ma nouvelle éducation me l'interdisait. Je ne devais montrer aucun de mes sentiments, alors je retins mes larmes et laissais mes bras le long de mon corps.

Puis je sentis une main d'homme sur mon épaule et une voix murmurer à mon oreille.

- Bienvenue mon frère. Je comprends ta réticence à la prendre dans tes bras, mais ici on est au port, alors profites-en. C'est ta dernière chance de l'étreindre et elle en rêve depuis si longtemps. Vas-tu vraiment la priver de ça ?

Alors je me détendis, et tout en écoutant mes derniers sentiments, j'enlaçai ma très chère Eirène et la serrai fort contre moi.

Elle pleura de plus belle toujours en silence.

Nous ne nous dîmes rien, nous n'en avions pas besoin. On savait ce que l'autre ressentait. Puis au bout d'un moment elle se retira de mon étreinte et me dépassa pour aller prendre Kiros dans ses bras.

- Bienvenue à toi aussi Kiros. Kanus m'a tellement parlé de toi que j'ai aussi l'impression de te connaître depuis toujours.

- Moi aussi Grande Sœur.

Je vis la jeune fille brune sourire, tout comme l'homme qui m'avait parlé.

Je dis homme, mais en fait c'était un garçon de notre âge.

Après ces brèves retrouvailles, nous repartîmes pour le sanctuaire. Je pus voir l'évolution dont m'avait parlé Eirène de mes propres yeux. Je fus stupéfié. La Grande Pope et son compagnon nous amenèrent dans le treizième temple où nous allions rejoindre une salle avec de nombreuses boîtes de pierre.

Kiros et moi-même fûmes paralysés par la puissance qui émanait d'elles.

- Les Pandora Box, murmurai-je.

- Effectivement, me répondit le garçon. Après notre arrivé au sanctuaire, nous sommes tous venus ici et nos armures nous ont choisis. Vous faites partis des derniers à revenir de par votre long voyage. J'ai cru comprendre que le voyage avait durée des mois.

- Trois, répondis-je toujours fasciné par les Pandora.

- Avance-toi et l'une d'elle viendra à toi, reprit l'adolescent.

Avant de m'exécuter je regardai Eirène qui priait silencieusement. Je me souvenais d'une de nos discussions avant mon départ.

La soirée était déjà bien entamée et il était plus que l'heure d'aller se coucher, toutefois nous ne désirions pas y aller tout de suite.

Nous savions bien que bientôt, nous ne pourrions plus être ensemble comme ce soir. Je me décidai donc à prolonger la soirée en lui posant une question qui me taraudait depuis quelques années mais que je n'avais jamais vraiment osé lui poser.

- Eirène, tu te souviens de notre première rencontre.

- Bien sûr, elle me fait toujours rire, souriait-elle.

- Tu es bête. Je voulais… Tu te souviens de ce que tu as dit… Que tu savais quelle maison j'allais garder ?

- Oui.

- Tu entendais quoi par-là ?

- C'est simple. Peu avant que je ne te rencontre, mère m'avait confié qu'Athéna demanderait dans quelques années à son frère Héphaïstos de confectionner des armures pour ses chevaliers, qui seraient, pour chacun, sous la protection d'une constellation en particulier. Les chevaliers étant répartis entre trois castes, Or, Argent et Bronze, ils auront une tâche et une destinée spécifiques en fonction de leur rang. Parmi les douze armures d'Or – garde personnelle d'Athéna et de son Grand Pope –, se trouve notamment celle du Verseau qui aura la charge de veiller sur la maison zodiacale éponyme. Le Verseau est le signe dont les personnes comme nous, nées en Anthestérion, dépendent ce qui signifie qu'étant donc né sous ce signe avec ton haut niveau de cosmo-énergie tu pourrais devenir un chevalier d'Or. L'un des chevaliers les plus puissants des quatre-vingt-huit armures. C'est pour cela que je t'envoie dans un pays froid, car étant un signe d'hiver il aura des pouvoirs d'eau et de glace. Et toi et moi on contrôle bien ces deux éléments.

- Je comprends... Je te fais la promesse de revenir et de porter l'armure d'Or du Verseau et de vous protéger toi et Athéna.

- Alors tu vivras dans la onzième maison.

- Bien. Alors je compte sur toi pour qu'elle soit finie quand je rentre.

Puis on s'était serré la main en signe de promesse.

- Eirène a-t-elle choisi un chevalier ?

Ma jeune amie comprenant de quoi je parlais contrairement aux autres me fit « non » de la tête. Je respirai profondément et m'avançai d'un pas déterminé vers le milieu de la salle et je pris la parole.

- Chères armures pardonnez mon audace, mais je désire devenir le chevalier d'Or du Verseau. Puis s'adressant à une armure en particulier : Armure du Verseau, je suis Kanus, né le Prôtê Anthestérion. Je suis parti aux confins de cette planète pour devenir ton porteur. J'ai appris à maîtriser l'eau et la glace et j'ai augmenté ma cosmo-énergie au plus haut niveau pour être chevalier d'Or et ainsi servir Athéna et sa Grande Pope à tes côtés. De plus, je te dois énormément. Eirène m'a raconté vos naissances à toutes et je sais que tu l'as soutenue. Ça aurait dû être moi. Je lui avais promis assistance dans tout ce qu'elle entreprendrait. Alors pour te remercier de tes actes, laisse-moi me battre à tes côtés. Armure d'Or du Verseau, si tu m'en juges digne et assez puissant, choisis-moi car moi je te choisis. Je ne te trahirai pas tout comme tu ne trahiras jamais Eirène et Athéna.

Un grand silence se fit suite à ma présentation, quand soudain, une lumière éblouissante nous força à fermer les yeux. Je sentis quelque chose me toucher. Et quand nous rouvrîmes tous les yeux, la Pandora Box du Verseau était ouverte et l'armure me parait. Quelques minutes plus tard, elle repartit dans sa Box qui se referma.

- C'est normal, nous ferons une cérémonie de remise des armures quand chacune d'entre elles aura trouvé son porteur, m'expliqua Eirène alors que je regardais l'assistance d'un air dubitatif.

J'acquiesçai en revenant vers eux.

Je regardais l'adolescent, dont je ne connaissais toujours pas le nom, - n'ayant pas pris le temps de se présenter sur le port - qui paraissait figé par mon audace.

Je tournai ensuite mon regard vers Kiros, il me sourit, s'avança vers le centre de la pièce et contre toute attente prit lui aussi la parole.

- Bonjour à toutes, moi aussi… je… Pardon, je n'ai pas l'audace ni l'aplomb de mon aîné, mais je suis aussi né en Anthestérion. J'ai aussi appris à maîtriser la glace, alors juste si une autre armure avec les mêmes attaques acceptait de combattre à mes côtés, ce serait un grand honneur pour moi.

Un autre grand silence se fit et une lumière mais moins éblouissante apparut. Kiros fut revêtu d'une armure blanche.

- C'est celle du Cygne, c'est une armure de bronze, annonça la Grande Pope.

- Merci à toi de m'avoir revêtu, armure du Cygne. Je suis sûr que toi et moi on va bien s'entendre.

En guise de réponse, l'armure brilla encore une fois avant de reprendre sa place initiale.

Eirène dû repartir travailler et nous, nous sortîmes alors du treizième temple.

Peu de temps après je m'installais avec Kiros dans le onzième temple. J'avais appris que l'adolescent qui nous accompagnait était Nikos, le futur chevalier du Scorpion. Il habitait la huitième maison.

Il avait passé son temps à nous parler de tout et de rien. Nous expliquant le fonctionnement du sanctuaire et nous parlant des futures cérémonies.

Le temps passa et je fis de nouvelles connaissances. Je m'aperçus que certaines femmes étaient devenues chevaliers. Mais je fus surpris quand Eirène me présenta l'une de ses meilleures amies, la Reine Andromède et son mari Persée.

Eirène m'expliqua leur histoire. J'avais raté tant de choses durant ces cinq années. Elle me fit savoir qu'Athéna avait proposé à Persée de la servir en tant que chevalier et qu'il avait accepté. Andromède voulant le suivre avait demandé à la déesse de devenir aussi un chevalier. Ce n'est qu'après un entraînement des plus ardus que la Déesse Athéna reconnut la combativité et l'esprit pur de la jeune Reine et qu'elle accepta qu'elle endossât le rôle de chevalier aux côtés de son mari.

Athéna elle-même ne pouvait nier l'engagement dont faisait preuve Andromède à vouloir protéger la planète.

La souveraine avait donc abdiqué en faveur de sa jeune sœur pour vivre avec son époux au sanctuaire.

Depuis, les deux jeunes femmes étaient devenues amies.

La Déesse avait également demandé à certains porteurs d'armures non baptisées de leur donner un nom. Ainsi, l'ancienne Reine Andromède était devenue chevalier de Bronze d'Andromède et son mari, chevalier d'Argent de Persée.

Puis arriva le jour de mes quinze ans.

Eirène avait pensé que ce jour qui nous avait vus naître serait parfait pour faire la cérémonie de fin des travaux du sanctuaire ainsi que la remise des armures aux chevaliers. J'avais trouvé cette idée des plus sympathiques. Nous fûmes heureux de voir que le soleil brillait au-dessus du domaine malgré l'hiver. Qui sait, peut-être que notre Déesse avait demandé cela à son demi-frère Apollon.

Ce matin-là, je fus réveillé par un grand bruit vers huit heures. Je vis alors une tête passer par l'entrebâillement de ma porte.

- Pardon on ne voulait pas te réveiller, mais on prépare le petit déjeuner, alors va te doucher et rejoins-nous.

- On ?

- Nikos.

Il ne m'en fallu pas plus pour comprendre. Depuis que Kiros et moi étions ici, Nikos en manque d'amis – malgré sa grande sociabilité, personne ne connaissait mieux tous les habitants du sanctuaire que lui – venait dès qu'il avait du temps libre dans « notre » maison.

Eirène rigolait chaque fois que je m'en plaignais. Elle trouvait que la chaleur que dispensait le futur Scorpion contrastait bien avec ma froideur, et que cela nous ferait du bien avec Kiros de nous réchauffer auprès de lui.

Personnellement le soleil dehors me suffisait, mais pour je ne sais quelle raison je ne pouvais pas le repousser réellement.

Après ma douche je les rejoignis et m'installai à la table en bougonnant.

- Nikos tu as vu l'heure ! m'exclamai-je faussement en colère. La cérémonie de remise des armures n'est qu'a onze heures.

- Je voulais que vous mangiez bien pour cette longue journée. Et…

- Oui ? demandai-je un peu suspicieux.

- On pourrait aller aider à l'installation pour la cérémonie vers dix heures. En plus tu n'es même pas en tenue.

J'abdiquai à toutes ses demandes, et comme souvent dans nos déjeuners à trois, Nikos nous racontait tout ce qui s'était passé depuis la dernière fois qu'on s'était vu. J'étais impressionné par l'attention qu'il portait autres.

Je me disais toujours qu'avec lui, pas besoin de parler aux autres, on savait tout d'eux sans les connaître. Cette pensée me faisait rire et le sourire qu'elle me tira fit sourire mes amis à leur tour.

« Amis », c'était bien ce que nous étions devenus tous les trois.

Après la collation, je m'habillai enfin pour participer à la cérémonie de remise des armures. Eirène nous avait fait faire à tous un magnifique costume sur mesure, pour l'occasion.

Vers dix heures, comme convenu pendant le déjeuner avec Nikos, nous nous rendîmes sur le lieu de la cérémonie afin d'aider à l'installation.

Eirène avait cherché l'endroit idéal et après deux ou trois idées, elle décida de la faire dans l'un des jardins du domaine.

Cela permettrait à tous les habitants du sanctuaire de venir, ainsi que les constructeurs de ce dernier qui s'était bâti au fil des ans un village à ses portes.

Le lieu qu'elle avait choisi était une allée de colonnes avec un toit en barre finissant par une rotonde sans toit où le soleil pénétrait allègrement. Au-dessus, se trouvait une glycine qui montait du bas des colonnes vers le toit.

Pour gagner du temps et éviter de nous salir le jour J, mon amie nous avait demandé d'installer des chaises la veille, par paires – de cinq à dix par rangée –, de part et d'autre d'une allée centrale pour se déplacer.

Heureusement que la nuit avait été douce et que les chaises étaient restées intactes.

Eirène m'ayant confié les plans des chaises, nous pûmes, avec Nikos et Kiros, accueillir et placer les invités comme il se devait à leur arrivée.

Toutefois, en les découvrant, j'avais demandé quelques changements qu'elle accepta.

Ainsi, Kiros pu venir avec moi et les Or alors qu'il n'était qu'un chevalier de Bronze et Andromède, qui était aussi de Bronze, pouvait être à côté de son mari avec les Argent.

Rapidement dépassé par le nombre des invités, Andromède et son mari, bientôt rejoints par trois chevaliers d'Or – Gabriel du Capricorne, Markinos du Cancer et Angelos des Poissons –, étaient venus nous prêter main forte. Ces derniers étaient inséparables il se disait même que Gabriel et surtout Markinos ne pouvaient résister à l'appel de leur frère d'armes des Poissons.

Quand Eirène et les prêtresses arrivèrent, tout le monde, chevaliers, bâtisseurs et leur famille étaient tous assis sur les chaises.

Nous avions laissé des sièges libres sur la première rangée pour les prêtresses. Elles s'installèrent et mon amie alla se mettre au centre de la rotonde.

Le soleil l'illumina, elle brillait de mille feux.

Tout le monde eut le souffle coupé, moi y compris. Je la vis rester de marbre devant notre surprise, mais je sentais bien qu'elle riait intérieurement. Je dois reconnaître que si j'avais trouvé Andromède magnifique dans sa robe rouge sombre, Eirène toute parée de blanc et d'or était… Il n'y avait pas de mot pour décrire sa beauté.

Elle était vraiment divine et l'espace d'un instant, je maudis les Dieux de l'avoir abandonnée ainsi, puis tout en me ressaisissant, je les remerciai car grâce à eux, j'avais la chance de la côtoyer et de l'admirer au quotidien.

- Elle est splendide, me murmura Andromède en se penchant vers moi.

- Oui mais tu n'as pas grand-chose à lui envier, lui répondis-je de but en blanc. Andromède aussi était magnifique.

- Sa jeunesse, et sa grâce, sourit-elle.

- C'est ce que dit Kanus tu n'as rien à lui envier, tu es toujours jeune et ta grâce naturelle n'est pas partie quand tu es devenue chevalier, rétorqua Persée pour rassurer sa bien-aimée.

- Ne l'oublie pas, je te le referais dire dans quelque temps, rigola la jeune femme.

- Pourquoi ? s'informa-t-il surpris.

- Chut ! Plus tard, elle va parler, le somma-t-elle de se taire.

En observant plus attentivement Andromède, une idée étrange me traversa l'esprit, rien de néfaste bien au contraire, mais Eirène reprenant la parole je me reconcentrai sur mon amie, je m'enquerrais plus tard du bien fondé de ma pensée auprès de ma sœur d'armes.

Eirène avait dans sa main un sceptre que lui avait confectionné Héphaïstos. Elle l'avait tenu caché jusqu'à la cérémonie, souhaitant ainsi en faire la surprise à tous les convives.

Elle prit alors la parole :

- Merci à tous d'être venus ici en ce jour. J'ai le plaisir de recevoir tous les Chevaliers qui sont rentrés sains et saufs de leurs entraînements. J'ai une pensée pour ceux qui ne sont pas revenus et je crois ne pas être la seule. Athéna elle-même m'a demandé d'ériger un mausolée en leur nom, ouvert à tous vous pourrez donc vous y recueillir pour l'âme de vos amis quand bon vous semblera. Mais aujourd'hui, je vous ai réunis afin de remettre les armures à chacun des Chevaliers à qui elles sont destinées. Aussi, quand j'appellerai votre nom, vous viendrez me rejoindre à tour de rôle. Je commencerai par la garde rapprochée de notre divinité, les Chevaliers d'Or, puis ceux d'Argent et pour finir par les Bronze. À la première maison, nous trouverons Rafaélos du Bélier.

Un jeune homme d'à peine vingt ans se leva, alla se placer devant elle et prit sa Pandora Box. Il posa une main dessus et la boîte s'ouvrit, laissant apparaître l'armure du Bélier sous sa forme totem qui rayonnait de plusieurs cosmos – ceux d'Eirène, d'Athéna, d'Héphaïstos et d'Asclépios, à ce qu'Eirène m'avait expliqué –, quand tout à coup elle se dématérialisa pour revêtir le chevalier Rafaélos.

C'est ainsi que la cérémonie débuta sous le regard émerveillé de chacun.

Quand le Bélier reprit sa place, Eirene appela les chevaliers l'un après l'autre et tout se passa de la même façon.

Il y eut donc Kléanthis du Taureau, les jumeaux Makis et Lakis des Gémeaux, Markinos du Cancer, Agathoklés du Lion, Elien de la Vierge, Laërte de la Balance, Nikos du Scorpion, Ianouarios du Sagittaire, Gabriel du Capricorne, moi pour le Verseau et Angelos des Poissons. Le défilé continua avec les chevaliers d'Argent et se termina avec les chevaliers de Bronze. J'encourageai Kiros à y aller juste après Andromède qui l'attendait pour revenir s'asseoir. Personne ne lui en porta rigueur, Kiros étant le plus jeune d'entre nous. On savait que la présence de la jeune femme le rassurait un peu.

Une fois les Pandora Box attribuées, Eirène reprit son discours :

- Je conclurai cette cérémonie en vous remerciant du fond du cœur, vous tous Chevaliers, Prêtresses et toutes les personnes ici présentes qui nous ont aidés, merci sincèrement d'avoir répondu à l'appel de notre Déesse. Mais avant toute chose, ne pensez pas que mes futures paroles soient blasphématoires, car j'aime notre Déesse mais j'aime aussi les êtres vivants. C'est pour cela que je vous ai regroupés en ce lieu aujourd'hui.

Et tout en se penchant pour nous saluer, elle rajouta :

- Je vous demande votre aide afin de protéger toute vie sur cette planète de la future agression de chaque Dieu qui voudrait la faire sienne, sans se soucier des êtres la peuplant.

Puis, se redressant tout en plongeant son regard dans celui des tout nouveaux chevaliers, elle poursuivit :

- Pour moi, vous êtes plus que les Chevaliers d'Athéna, vous êtes les protecteurs de la vie et de l'espoir. Quand j'ai demandé au Seigneur Héphaïstos pourquoi il avait appelé les réceptacles de vos armures des « Pandora Box », il m'a répondu ceci : « Quand la sœur d'Hadès, la princesse Pandore, a ouvert la boîte qu'on lui avait confiée, elle a pris peur et l'a refermé d'instinct, y enfermant l'espoir. Puis quand l'espoir lui a parlé, elle a fait le choix de lui faire confiance et a rouvert l'objet. L'espoir s'est alors enfui pour s'ancrer dans le cœur de chaque être vivant. » Il trouva donc tout naturel d'appeler le refuge de vos armures comme cette boîte. Il vous a appelés les « Chevaliers de l'Espoir ». Sachez donc que pour moi aussi, vous êtes des Chevaliers de l'Espoir.

Levant son sceptre au-dessus de sa tête, elle s'écria :

- Chevaliers ! Levez-vous et faites brûler votre cosmos. Promettez avec moi devant tous les Dieux de l'Olympe que, quoi qu'il arrive, nous ne faiblirons jamais. Nous nous battrons au-delà de nos limites. Nous protégerons chaque vie sur cette planète. Promettez également que, même si notre Déesse vous a accordé l'immortalité tant que vous revêtirez les armures, même sans elles vous vous battrez jusqu'à la mort. Moi, Eirene Polemos, je promets devant l'Olympe de toujours servir la vie et l'Humanité et de me battre à vos côtés pour préserver la paix.

Elle fit alors jaillir son cosmos à travers son sceptre ce qui illumina encore plus l'endroit. Par instinct, je me levai et fis de même. Je sentis Kiros, Andromède, Persée, Nikos et les autres en faire tout autant. Tout ce cosmos forma un champ de protection tout autour du sanctuaire.

Un cosmos bien plus puissant se mêla alors aux nôtres pour renforcer ce champ, ce fut celui d'Athéna !

Une voix à l'unisson s'éleva alors de la foule réunie, reprenant et scandant les mots suivants :

- Je promets devant l'Olympe de toujours servir la vie et l'Humanité et de me battre pour préserver la paix.

Je vis alors Eirène pleurer d'émotion et elle ne fut pas la seule. Kiros et moi nous serrâmes la main pendant que Nikos posa une main sur l'une de mes épaules, avec un sourire chaleureux.

Ensuite, nous nous dirigeâmes tous vers le treizième temple pour nous restaurer et en profiter aussi pour discuter de l'avenir.

Vers la fin de l'après-midi, je vis Eirène s'éclipser. Ayant deviné où elle se rendait, je la suivis sous le prétexte qu'une personne ayant sa charge ne pouvait pas sortir seule.

Nous nous rendîmes à la rotonde près du lac, en dehors du sanctuaire, pour y retrouver son protecteur de toujours. Elle lui avait sûrement promis de venir le voir pour lui raconter de quelle manière s'était déroulée la cérémonie.

De son côté, il voulait certainement la voir dans ses atours de Grand Pope et lui souhaiter son anniversaire.

Pour ma part, je reconnais que je désirais également le revoir, aussi je ne pus retenir un fin sourire en le voyant.

Je fus surpris quand il nous donna un cadeau à chacun. Pour Eirène, je pouvais comprendre, mais pour moi... malgré tout, je l'acceptai avec plaisir.

Mon amie reçut des boucles d'oreilles en forme de colombe, signe de paix. Quant à mon cadeau – une magnifique épée –, il me permit de me battre dans une joute amicale avec un Dieu.

Rassuré par les fruits qu'avait portés mon entraînement, je lui montrai que je pouvais lui tenir tête, et rapidement notre « jeu » pris des allures d'un duel sérieux mais sans danger.

Pendant une bonne heure, j'affrontai ce Dieu dont les coups d'épée montraient sa longue et régulière pratique. Je l'admirais d'être aussi à l'aise dans ce combat qu'en protecteur bienveillant de mon amie.

L'heure avançant, la nuit allait tomber et nous prîmes congé du Dieu protecteur. Nous rentrâmes nous changer pour être plus à l'aise et rejoindre le reste des convives pour le dîner.

Suite au repas, les habitants du sanctuaire, ainsi que les villageois invités pour l'occasion avaient organisé une fête magnifique où on nous souhaita notre anniversaire.

Je profitai de la soirée pour me diriger vers Andromède et la regardai droit dans les yeux.

- Tu seras toujours magnifique... même avec quelques kilos en plus, précisai-je avec un sourire malicieux

- Pourquoi lui dis-tu ça ? s'offusqua Persée qui ne s'attendait pas à ça de ma part.

Andromède ne me laissa pas le temps de répondre et me sauta au cou, comme pour me remercier de l'avoir félicitée pour son heureux événement.

Notre discussion plus tôt dans la journée m'avait rappelé ce que vivaient les femmes enceintes que j'ai pu rencontrées lors de mon périple dans le grand nord.

L'ancienne Reine se détacha de mon cou et partit au bras de son époux, un grand sourire sur les lèvres. Elle allait très certainement lui annoncer la bonne nouvelle plus tard, quand ils seraient rentrés dans leurs appartements.

En fin de soirée, chacun repartit dans son temple pour aller se coucher. Et les villageois rentrèrent chez eux.

Shion finit sa lecture au même endroit qu'il s'était arrêté dans l'histoire d'Eirène. Il avait trouvé cette lecture fort enrichissante, et lui avait étonnamment rappelé quelque chose.

Il semblait donc que depuis près de cinq mille ans, peu de choses avaient vraiment évolué par rapport à ce qu'il vivait aujourd'hui : les Cygnes étaient toujours sous la protection des Verseaux les Poissons faisaient ce qu'ils voulaient des Capricornes et des Cancers le chevalier d'Andromède continuait à protéger les autres tout en couvant le Cygne quant au Grand Pope et au Verseau, ils s'entendaient encore à merveille après tout ce temps.

Shion se mit à bailler. Il repensait à cette lecture des plus instructives et se demandait ce qu'il allait encore découvrir dans les prochaines pages de ces deux autobiographies. Il finit par s'endormir en rêvant au chevalier du Verseau.