Bonjour à tous,

J'espère que vous allez tous bien malgré ce nouveau confinement. Je vous présente la fin de ce samedi bien rempli. Shion va enfin lire la suite de la biographie d'Eirène qui lui en apprend plus sur elle et sa vie privée. J'espère que cela vous plaira bonne lecture et à bientôt biz Peace'.

PS: pardon j'essai de publier depuis le 1er, mais il y a un problème sur le site alors désolé du retard occasionné.


Chapitre 48 : J+14 (3)

Shion entra dans sa chambre et se déshabilla sans attendre. Sa journée avait été longue et fatigante alors pour se détendre il s'allongea. Ses conversations avec Aphrodite, Milo et Méthos l'avait vraiment épuisé. Mais malgré tout, il ne voulait pas renoncer au petit plaisir qu'il avait de lire l'une des biographies l'attendant sur sa table de chevet au moment d'aller se coucher. C'est pour cela qu'il attrapa celle de son prédécesseur et poursuivit la lecture là où il s'était arrêté la dernière fois.

Les années passèrent et les Dieux envoyèrent divers chevaliers appartenant à différents ordres. Nous avons dû faire face à des marinas de Poséidon, à des Spectres d'Hadès, à des anges d'Artémis ou encore d'Apollon. Sans compter divers autres jamais en trop grande quantité mais assez pour que les missions de mes chevaliers soient de plus en plus rapprochées et dangereuses.

Tout en protégeant la planète, les chevaliers vivaient leurs vies. Dans le sanctuaire, certains se rapprochaient de plus en plus.

Comme Markino du Cancer et Angelos des Poissons. Effectivement, le quatrième gardien du sanctuaire passait de plus en plus de temps chez le douzième gardien à l'inverse, Les jumeaux Makis et Lakis du troisième temple se disputaient souvent, aussi Lakis emménagea-t-il peu à peu dans le temple au-dessus. Ainsi tous les temples restaient habités.

Concernant les chevaliers du Cancer et des Poissons, même si tout le monde savait pour les deux hommes, personne n'en parlait ouvertement. De plus, quand Angelos sortait de sa demeure, il ne s'affichait pas avec son amant.

J'étais sûrement celle qui les voyait le plus ensemble, étant devenue avec le temps le « docteur » personnel du Poissons. Mais même devant moi, ils n'étaient pas très démonstratifs. C'était plutôt des non-dits, des gestes plus ou moins cachés.

Cela m'amusait.

D'autres couples se formaient et cela me réjouissait. Seules les prêtresses et moi-même, en ma qualité de Grand Pope, avions fait vœux de chasteté, aussi j'étais heureuse que certaines personnes trouvent leur moitié.

Je dois reconnaître que depuis la naissance du fils d'Andromède, le sanctuaire été plus vivant. Le jeune Kiros l''avait adopté de suite et se comportait avec lui comme un grand frère. Ensuite, le sanctuaire vit l'arrivée d'autres enfants comme ma fille et celle de Kanus.

Je sais, je viens de dire que j'ai fait vœux de chasteté. Mais il s'agit de notre fille adoptive et elle nous donne énormément de bonheur. Il faut que je t'explique comment elle est entrée dans notre vie.

J'avais alors dix-neuf ans. Je désirais trouver un nouveau remède pour mes chevaliers alors j'avais demandé l'aide de Kanus pour une mission. Après avoir donné la gérance du sanctuaire à Elien de la Vierge et Ianouarios du Sagittaire, mon ami et moi partîmes à la rencontre d'un médecin d'une ville lointaine.

En cours de route, nous fûmes rejoints par mon sauveur. Celui-ci nous fit savoir qu'une bataille avait eu lieu près de notre lieu de rendez-vous et malgré ses recommandations à ne pas y aller, nous y allâmes. On désirait voir s'il restait des survivants.

Quand nous arrivâmes, l'air embaumait la mort et la cendre de bois brulé. Tout le village avait été incendié et les habitants tués à coup d'épée. Un peu plus loin en allant vers la forêt qui longeait le patelin, nous trouvâmes une jeune femme d'une trentaine d'années, enceinte. La jeune femme avait été poignardée et laissée pour morte. Elle avait trouvé un arbre au pied duquel se reposer.

Je m'agenouillai devant elle après qu'elle nous eut hélé. Je l'auscultais comme me l'avait appris le médecin lors de l'accouchement d'Andromède, celle-ci ayant voulu que j'y assiste.

Depuis quelques années je me formais dès que je pouvais au métier de médecin et encore plus depuis l'incident de l'année précédente.

Mais pour en revenir à la jeune femme, le stress de l'attaque et la montée d'adrénaline due à la douleur de la blessure avaient déclenché l'accouchement.

Je me positionnai entre ses jambes et l'aidai à sortir l'enfant, une petite fille. Je la lui tendis, mais seulement quelques minutes à peine à la tenir tendrement, elle s'était endormie paisiblement pour ne plus se réveiller. Elle avait tout juste eu le temps de nous faire promettre de veiller sur sa fille et de nous en occuper comme si c'était la nôtre.

Ce que nous fîmes ces six dernières années.

Nous terminâmes notre mission avec la petite à nos côtés, mais ce fut un échec cuisant, comme tu l'auras bien compris, étant donné que nos amis sont toujours malades.

Forts de cela, nous décidâmes de rentrer tous les quatre au sanctuaire.

Mon protecteur nous félicita à nouveau pour notre fille et nous laissa peu avant la porte principale du sanctuaire.

Désormais, quand nous allons au lac avec elle, il joue souvent avec elle comme un grand-père le ferait avec sa petite-fille. C'est vrai qu'avec le temps nous sommes devenus comme une famille.

Depuis, nous élevons la fillette que nous avons prénommée Sara. Nous lui apprenons tout ce qu'on sait, on a même décidé d'en faire mon héritière en espérant qu'avec le temps elle aurait assez de cosmos pour servir d'hôte à Athéna.

Nous avions bon espoir car elle pouvait voir mon sauveur. Les années passaient et notre famille, comme le sanctuaire, évoluait. Kanus et moi changeâmes aussi, ou plutôt on prit peu à peu conscience de ce que les autres avaient déjà décelé chez nous. Nous étions amoureux l'un de l'autre.

C'est ainsi qu'il y a quelques mois, une idée germa dans mon esprit et dans celui de Kanus. C'était un soir, je revenais du douzième temple et allais retourner dans mes appartements quand je vis une lumière chez Kanus. Je décidai alors de me diriger vers chez lui. Il était dans son salon en train de lire un livre et tout naturellement j'allai me placer à ses côtés. Je penchai ma tête sur son épaule et me mis à lire avec lui. Au bout d'un long moment, il prit la parole.

- Eirene, Sara a besoin d'une famille.

- Je suis bien d'accord.

- Et si on se mariait ? me demanda-t-il.

- Kanus ? questionnai-je plus que surprise même si je désirais la même chose.

- Non écoute je sais… mais si on allait voir Athéna et qu'on lui racontait tout… on pourrait lui dire qu'on… s'aime.

Puis, se levant afin de se mettre à genoux devant moi, il ajouta :

- Eirene Polèmos, veux-tu m'épouser et faire de Sara notre fille légitime en l'adoptant ?

- Kanus je…

Je ne savais plus quoi dire... Ou plutôt si, je voulais hurler « oui » et partir en courant voir Athéna afin d'avoir son accord.

- Je ne te demande pas d'avoir des relations avec moi, tu dois rester vierge et je veux bien le rester aussi. Mais je t'aime et Sara est déjà notre fille.

- Kanus...

Je lui sautai au cou et dis :

- Oui je veux bien devenir ta femme, j'en serais plus qu'heureuse. Je t'aime aussi.

Le lendemain matin, nous allâmes au treizième temple et priâmes Athéna. Celle-ci arriva dans l'heure. Elle prit place dans mon corps, tout en me laissant accès à la parole.

- Eirène, Chevalier Kanus. Que me vaut votre appel ?

- Déesse… commença mon ami en se mettant à genoux. Je suis venu vous demander la main d'Eirène. Nous nous aimons et nous désirons nous marier et aussi adopter Sara. Je fais aussi vœux de chasteté, tout comme Eirène. Ce sera un mariage d'amour qui restera platonique. Nous voulons juste avoir le droit de nous tenir la main et avoir votre consentement.

- Eirène, c'est aussi ce que tu souhaites ? me demanda alors ma Déesse.

- Oui Majesté.

- Je vois… je comprends mais je dois vous le refuser.

- Mais… commença Kanus.

- On comprend… le coupai-je. Vous devez avoir vos raisons... Merci de nous avoir écoutés.

Athéna repartit peu après et nous restâmes tous les deux.

- Eirène, pourquoi... ?

- Elle a le droit de vie et de mort sur nous tous. Ce n'est pas parce qu'on la sert fidèlement depuis longtemps qu'elle nous épargnera. Souviens-toi de ce que dit mon sauveur. Les Dieux sont changeants. Alors laissons-lui le temps de se faire à l'idée. On verra si avec le temps elle acceptera notre requête.

- Je vois, très bien, allons travailler.

Nous repartîmes vaquer à nos occupations attendant patiemment une nouvelle occasion de parler à notre Déesse et de lui faire comprendre notre amour.

Shion ferma le livre. Il regarda l'heure sur son réveil et soupira. Il était déjà tard et sa fatigue avait augmenté, mais il ne regrettait pas d'avoir lu. Mais maintenant, il était triste pour le jeune couple et espérait vraiment que la Déesse avait changé d'avis.