Bonjour,

J'espère que vous allez tous bien ? Je sais que la période n'est pas facile pour tout le monde, alors j'espère que ce texte vous donnera un peu le sourire.

Aujourd'hui un chapitre centré sur Poséidon et les siens. Sa relation avec sa famille, ses subordonnées et les autres.

Je vous souhaite une bonne lecture. N'hésitez pas à me dire vos ressentis sur le texte et l'histoire je serais ravie d'en discuter avec vous.

Bonne soirée,

Biz à bientôt Peace'.

PS : Sur l'écrit original Julian à une écriture différente de Poséidon et des autres pour mieux comprendre qui s'exprime. N'ayant pas trouvé comment changer la police j'ai mis en gras les paroles de Julian. Bone lecture.


Chapitre 49 : J+15

Le petit jour poignait sur le sanctuaire dans un grand silence. C'était dimanche et les travaux étaient à l'arrêt. La plupart des résidents des différentes maisons en profitait donc pour prolonger leur séjour dans les bras de Morphée, à l'exception bien sûr de celles et ceux dont c'était le jour de garde, et des quelques irréductibles lève-tôt.

Dans l'une des chambres occupées par les invités de la Déesse Athéna, deux personnes finissaient de se réveiller, un de ses oncles accompagné d'un de ses fidèles sujets. Depuis peu, ce dernier avait été sollicité par son maître pour venir dormir avec lui, dans la même chambre, dans le même lit.

Tranquillement, encore bercé par un ronronnement perpétuel, le Dieu en question s'éveillait dans la chambre, reprenant peu à peu le contrôle de son corps d'emprunt. Le jour où l'invitation lui était parvenue, il avait opté pour un corps jeune qui l'avait déjà accueilli auparavant. Évidemment, ils négocièrent ardemment l'organisation du contrôle de ce corps que l'hôte acceptait de mettre à disposition de cette divinité, toutefois pas de manière anarchique. Il était donc convenu entre eux une répartition équitable de l'ascendant sur ce corps qu'ils partageaient : par moments, ce serait le Dieu, à d'autres, ce serait l'hôte véritable. Et depuis leur arrivée au sanctuaire, la règle officielle était que le Dieu serait présent en journée pour assister aux festivités et que Julian, l'hôte, aurait le corps toute la nuit.

Cette cohabitation commençait à trouver son rythme de croisière, et le Dieu souriait en pensant à cette nouvelle vie avec ce nouvel hôte.

Un bruit d'eau et une odeur d'embrun marin le ramenèrent subitement à la réalité. La fontaine que Shion avait fait dépêcher à sa demande peu après son arrivée laissait entendre le flot continu de l'eau qui coule, comme celui d'une rivière, afin de lui rappeler le son qui émane en permanence des murs de sa chambre du sanctuaire sous-marin. Il en huma le poudrin ! Le Pope lui avait fait la surprise de mettre de l'eau de mer dans la fontaine et cela l'apaisait...

L'air marin lui rappelait tant son sanctuaire.

Un autre bruit de fond se détacha de celui de la fontaine, et il mit quelques secondes avant de se rappeler.

Sorrento !

Ce dernier, général de son état, était actuellement en train de prendre une douche dans la salle de bain de son Seigneur et maître, et accessoirement de pousser la chansonnette. Le jeune homme avait une voix magnifique.

Jusqu'à présent, il connaissait son talent pour la musique et plus encore son don comme joueur de flûte. Mais ces derniers jours il avait découvert sa voix exquise.

Après tout, ne portait-il pas la Scale de la Sirène et n'étaient-elles pas réputées pour avoir une voix ensorcelante ?

Soudainement, il entendit une petite voix en lui – celle de Julian – qui lui murmura :

- Son corps aussi est magnifique.

Il sourit tendrement à cette pensée. Et tout en se concentrant sur la voix mélodieuse de son fidèle Marina, il ferma les yeux et se laissa bercer, se remémorant ses souvenirs depuis quinze jours.

Ses pensées remontèrent tout d'abord au premier dimanche au matin dans le sanctuaire. Cela faisait à peine vingt-quatre heures qu'il était là et il n'avait pas réussi à dormir.

C'est la raison pour laquelle il était allé voir le Grand Pope Shion. Il savait que cette discussion s'annoncerait difficile, mais il reconnut que la présence de « son » humain avait beaucoup aidé ce jour-là – comme à maintes reprises auparavant –, et pour preuve, il avait obtenu gain de cause le soir-même en découvrant la fontaine dans ses appartements.

Son esprit se mit alors à divaguer vers d'autres souvenirs, comme celui de sa première rencontre avec son frère.

- Alors mon cher Hadès, comment vas-tu ? Cela fait un moment qu'on ne s'est pas réellement vu.

- Effectivement, d'habitude on se croise. Alexandre a raison. Cela faisait longtemps qu'autant de Dieux ne s'étaient pas retrouvés sur terre, constata le Dieu des Morts.

- Oui... et Déméter avait l'air de dire qu'on faisait souffrir la terre, rajouta-t-il l'air pensif.

- Cette paix devrait calmer ses souffrances, énonça confiant Hadès.

- Qui sait ! dit-il hésitant.

Mais il n'était pas si convaincu que ça.

Il avait été heureux de revoir son frère. Depuis leur enfance ce n'était pas le grand amour entre eux, mais avec le temps ils avaient su mûrir et s'accepter. Au fil des millénaires, malgré leurs querelles et les guerres, une certaine forme de respect s'était installée. C'est pour cela qu'ils pouvaient réellement parler de paix mais aussi se parler sans faux-semblants et en se souriant chaleureusement.

Au cours de ses quinze jours, il avait revu son frère et avait appris à l'apprécier de plus en plus. Cet homme, que tout le monde pensait taciturne et qui régnait sur les Enfers, était en fait un homme doux, prévenant et protecteur envers les siens. Parfois, il s'énervait vite mais il reprenait aussitôt la maîtrise de sa personne.

C'est en cela qu'il se démarquait de son frère, car sans Julian il n'y arriverait pas. Il se savait impulsif. Aussi, les rares fois où il avait vu ce trait de caractère s'exprimer chez son frère, cela l'avait fait sourire.

Il n'y avait aucun doute là-dessus, ils avaient beau être souvent en désaccord, ils étaient bien de la même famille, du même sang ! Quand ses frère et sœur étaient heureux ou de bonne humeur, il partageait ce bonheur avec eux, même de loin, comme lorsque Hadès exprimait un sourire franc le mercredi soir de la première semaine de leur séjour ou quand Déméter passait de longs moments avec son général. Il est vrai qu'Andros n'avait pas son pareil pour alléger les douleurs de cette dernière.

Et il en était de même avec leur tristesse, même s'il ne savait pas trop comment compatir...

C'était sous les conseils éclairés de son hôte, Julian, qu'il avait commencé à observer les membres de sa famille sous un autre angle, suite à une conversation qu'ils eurent un soir, avant de s'endormir.

- Seigneur Poséidon ! Puis-je vous soumettre une suggestion ? avait murmuré Julian.

- Fais donc, répondit simplement le Dieu des Mers.

- Ne pourriez-vous pas en profiter pour observer votre famille, ainsi réunie en un seul lieu ?

- Tu as bien raison ! Comme ça, je connaîtrais tout d'eux ! Et si cette paix explose, j'aurais de quoi me défendre, proclama le Seigneur des Mers, fier de sa décision.

- Non mon Seigneur ! Je me suis mal exprimé. Vous pourriez apprendre à les connaître, non à des fins militaires, mais plutôt pour découvrir qui ils sont et apprécier leur compagnie. Tout ceci, afin de pouvoir préserver cette future paix justement, avait alors expliqué le jeune humain.

À ce moment-là, il n'avait pas su quoi répondre. Toutefois, après une profonde réflexion de quelques instants, il avait décidé de suivre ce conseil à la lettre.

Julian s'avérait être un allié de taille, de par ses compétences et son habileté. En effet, Poséidon apprenait beaucoup de son expérience en tant qu'humain, savoir observer les gens, les étudier dans leur comportement et ainsi en déduire des changements de leur caractère ou de leurs émotions.

C'est ainsi que le Maître des Océans put apprendre à décrypter toutes les expressions corporelles ou du visage de chacun des membres de sa famille, mais aussi de chaque résident du Sanctuaire de sa nièce !

Et ses conclusions convergeaient systématiquement vers une seule et même personne, le chevalier Méthos !

Et ce n'était que très récemment que leurs routes s'étaient enfin croisées, pour se rendre compte que le chevalier d'Arès l'évitait volontairement.

- Bonjour ! Je vous dérange ?

- Non pas du tout, avait répondu le jeune trentenaire en souriant.

- Vous n'êtes pas obligé d'être toujours souriant. Je sais qu'étant un Dieu vous me devez le respect, mais vous pouvez rester vous-même.

Poséidon vu alors ce sourire disparaître l'espace d'un instant avant de revenir. Mais durant ce moment très fugace, il aperçut comme une haine incommensurable qui lui était destinée. Il en fut choqué et son cœur, pour il ne sait quelle raison, se serra fort.

- Pardon je… suis amnésique. Je ne me souviens pas de tout, je sais que cela n'est pas une excuse mais... on se connaît ? demanda Poséidon.

- Ne vous inquiétez pas. Effectivement, cela n'est pas une excuse, mais parfois, il faut savoir rester ignorant de certaines choses.

- Comme les raisons pour lesquelles vous me haïssez ? s'était empressé de répondre le Dieu des Mers.

- Entre autres, confirma Méthos.

- D'accord, mais ne fais pas de mal au reste de ma famille, surtout Hadès. Il t'apprécie énormément...

- Ha ha ! Vous !? Vous les protégez maintenant ? L'ignorance a du bon chez vous. Mais sachez qu'on dit bien des choses sur l'ignorance, comme : « Plaider l'ignorance n'enlèvera jamais notre responsabilité » « L'ignorance, c'est la mort. Le savoir, c'est la vie » ou encore « L'ignorance est la mère de tous les crimes ». Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. Enfin, concernant votre frère, ou tout autre membre de votre famille, je ne pense pas être celui qui leur a causé le plus de tort ! précisa Méthos avec un petit rire sec.

- Que veux-tu dire ? interrogea Poséidon.

- Qu'avant de me faire un reproche, regardez-vous dans un miroir, dit très sérieusement le chevalier de la Guerre. Oui, chez vous l'ignorance a du bon, mais elle ne vous sauvera pas toujours et rien ne vous sera pardonné pour autant, insista-t-il.

Tout ceci resta très énigmatique pour Poséidon qui cherchait un sens à tout cela alors que Méthos prenait déjà congé pour rejoindre ses Dieux et Maîtres. Le Dieu de la Mer était très intrigué par les derrières paroles du chevalier et n'avait pas réussi à lui reparler, ni à aucun autre membre de sa famille d'ailleurs...

Mais depuis, un sentiment diffus et des flashes, flous et inconsistants, lui revenaient en mémoire, toutefois rien de précis.

Il fut sorti de ses réflexions quand la voix de Sorrento s'arrêta. Le jeune homme était revenu dans la chambre, habillé d'un simple pantalon de toile blanche. Il s'essuyait les cheveux à l'aide d'une grande serviette, laissant ainsi son torse nu à la vue du Dieu et de son hôte. Poséidon sourit de cette vision et du sentiment que Julian faisait monter en lui.

- Sorrento, rejoins-moi ! ordonna d'une voix suave le Dieu des Mers.

Le Marina s'exécuta. Une fois sur le lit, il vit son Seigneur le détailler, il en était un peu gêné mais en même temps heureux. Cela voulait dire que Julian aussi le regardait et à cette pensée, il rougit. Le rendant plus désirable encore aux yeux du jeune Solo.

Alors Poséidon agrippa le bras de Sorrento et le plaqua contre son torse.

- Mon Seigneur… je vous respecte. Mais… j'aime… Julian, bégaya Sorrento.

- Tout comme lui, murmura alors Poséidon avant de laisser sa place à Julian.

Le général s'arrêta un moment pour observer l'humain reprendre possession de son corps et se rendre compte des mots qu'il venait de prononcer. Avec le temps, il avait appris à faire la différence entre l'hôte et le Dieu. Une lueur dans le regard, une tonalité différente dans la voix. C'est pour cela qu'il se savait amoureux du jeune Julian Solo avec qui il passait énormément de temps depuis la dernière guerre contre Athéna.

Poséidon prenait encore parfois le corps du jeune humain, mais pas aussi souvent que ces quinze derniers jours. C'est comme ça qu'il avait vraiment pris conscience des sentiments qu'il avait pour Julian.

Du coté de Julian, c'était pareil. Être enfermé dans son propre corps lui avait ouvert les yeux. Il se languissait de pouvoir parler avec son protecteur ou même de pouvoir l'admirer au-dessus d'un livre qu'il était censé lire, quand celui-ci jouait de la flûte.

Mais depuis quinze jours, il était obligé de le voir à travers les yeux du Maître des Mers. Aussi, fut-il heureux quand Poséidon se retira après avoir entendu Sorrento dire qu'il l'aimait.

Ainsi, même si une autre âme vivait dans le corps de l'un d'eux, les deux feraient tout pour que cela fonctionnât entre eux.

- Moi aussi je t'aime, murmura alors Julian Solo.

Sorrento ne put résister davantage et se jeta goulûment sur les lèvres de son amant, dont les derniers mots lui avaient fait rater un battement de cœur.

Le baiser fut d'abord maladroit, mais quand les deux hommes trouvèrent leurs marques, il fut approfondi puis intensifié jusqu'à plus souffle.

Sorrento agrippa Julian sous la taille et sous la nuque et colla leurs deux corps le plus près possible. Pendant ce temps, l'hôte de Poséidon en avait profité pour agripper de ses deux mains le cou de son Marina.

Il ondula ensuite du bassin et leurs deux sexes durcirent à l'unisson. Un feulement de satisfaction s'échappa entre leurs baisers, et pour davantage de bien-être, ils se mirent à onduler du bassin ensemble.

Au bout d'un moment, Sorrento se dégagea un peu de leur étreinte et, d'une main hésitante mais avec une envie des plus pressantes, il masturba son compagnon. Ensuite, il attrapa sa propre verge et d'un mouvement plus ferme et plus rapide, il leur donna à tous deux du plaisir.

Les deux hommes jouirent de concert, essoufflés et repus par tant de bonheur et de baisers. Enfin, pour reprendre leur souffle, ils prirent le temps de se câliner un peu.

- Sorrento, je sais qu'avec Poséidon… Susurra alors Julian.

- Ne t'en fais pas pour ça. On gèrera ! Et puis quand le traité de paix sera signé entre les Dieux, notre Seigneur se rendormira en toi. On sera donc seuls tous les deux comme avant. Poséidon reviendra en toi quand il en aura besoin, affirma avec aplomb le Marina. Alors soyons patients.

- Oui mon amour, concéda, heureux, l'héritier de la famille Solo.

Quand le câlin prit fin, chacun à leur tour ils allèrent prendre une douche, avant le petit déjeuner. Vers dix heures, après un dernier baiser entre eux, Poséidon reprit sa place dans le corps de son hôte.

- Tu as tout à fait raison Sorrento. Après ce traité je me rendormirai. Vous pourrez ainsi vivre pleinement votre amour ensemble tout en régnant sur mon sanctuaire et son royaume humain, expliqua alors Poséidon.

- Merci à vous d'accepter notre amour mon Seigneur, remercia alors le Marina en se courbant devant son Dieu.

- Ce n'est rien… je… je dois reconnaître que Julian me change peu à peu, il me rend meilleur. Je ne me souviens pas de tout, mais j'ai des sensations et quelques flashes flous. Je n'étais pas un être bon. Je me souviens avoir aimé deux femmes. Mon épouse légitime et celle qui a été la mère de mes enfants. Elles sont toutes les deux mortes. C'est tout ce dont je me souviens. Car comme Athéna, je suis amnésique sur beaucoup de choses. Je me souviens aussi que j'avais deux fils qui sont aussi décédés et qu'il y avait quelqu'un d'autre avec eux. Peut-être un troisième enfant. J'ai simplement la sensation que je leur ai fait du tort à tous. Alors aujourd'hui, je désire bien faire pour la première fois de ma vie. C'est pour cela que je ne me mettrai pas entre vous deux. Pour tout te dire, j'aimerais me souvenir de cette autre personne. Si elle est toujours en vie, je souhaiterais pouvoir lui être utile, rien ne me ferait plus plaisir. Peut-être qu'ainsi je pourrais réparer certains de mes torts sur le reste de ma famille. Mais récemment, on m'a dit la chose suivante : « Chez vous, l'ignorance a du bon, mais elle ne vous sauvera pas toujours et rien ne vous sera pardonné pour autant ! », raconta Poséidon.

- Mon Seigneur, je suis sûr que si vous êtes sincère, la personne vous écoutera, essaya de le réconforter Sorrento.

- Je l'espère aussi... Merci.

Les deux hommes, confiants en leur avenir et se sachant soutenus l'un par l'autre, quittèrent la chambre du Dieu et rejoignirent la salle du déjeuner où ils retrouvèrent les autres Marina.

Sorrento était heureux d'avoir l'aval de son Dieu pour vivre son amour avec Julian, mais aussi d'avoir était le confident de son Seigneur.

Julian était apaisé d'avoir vu Poséidon s'ouvrir et accepter Sorrento comme son compagnon de vie.

Quant à Poséidon, il était reconnaissant envers ces deux hommes, compréhensifs et aidants, d'être à ses côtés. Pour une fois, il avait vraiment envie de connaître les humains de son entourage et il voulait faire les bons choix pour tous et pas que pour lui.

Être plus humain et moins égoïste.