Bonjour,
Pardon pour le retard. Je n'ai pas vu le temps passer.
Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année. Plein de bonnes choses et surtout la santé.
Aujourd'hui un petit chapitre qui parle de sentiment et surtout de ceux d'Athéna et Seiya. J'espère que cela vous plaira.
Bonne lecture et encore bonne année.
Chapitre 50 : J+15 (2)
Ce dimanche-là avait encore été une magnifique journée, et certainement une des plus chaudes de la saison. Comme il avait été décidé que ce jour serait l'occasion d'un repos bien mérité pour la plupart des chevaliers, bon nombre d'entre eux – chevaliers d'Or, de Bronze et même un spectre – s'étaient retrouvés chez le chevalier du Verseau, Camus.
Seul manquait encore à l'appel Ikki qui ne devait plus tarder, et Seiya qui n'avait pas été invité.
- Je suis ravi que mon temple vous plaise autant ou plutôt la fraîcheur constante que j'arrive à y maintenir, s'amusa Camus quand il observa chacun de ses camarades prendre ses aises chez lui.
En effet, tout ce beau monde s'asseyait un peu partout, sur son canapé, ses fauteuils ou encore quelques coussins mis par terre pour l'occasion. D'autres avaient fait le choix de rester debout et de s'appuyer sur sa table de cuisine ou de s'adosser aux murs. Aphrodite, lui, servait du thé qu'il venait de concocter juste avant leur arrivée.
Avec tout ce monde, l'appartement était devenu bien vite chaud, alors le Verseau avait augmenté sa cosmo-énergie afin de rafraîchir l'air ambiant.
Et tous avaient l'air de trouver cela agréable. Sûrement plus agréable que leur demeure.
- Ainsi que ton thé, froid lui aussi, s'amusa le chevalier du Cancer.
- Mon cher Deathmask, tu pourrais être plus sympa et moins franc parfois, tonna la voix sérieuse d'Aphrodite. Mais je dois reconnaître que chaud ou froid, ton thé est toujours délicieux mon cher Camus.
- Merci ! Mais vous n'êtes pas venus ici que pour la fraîcheur que je produis et mon thé, n'est-ce pas ? questionna le Verseau qui avait vu débarquer toute la troupe sans même s'annoncer.
- Tout à fait ! affirma Deathmask. Nous sommes venus pour Athéna et Seiya.
- Ils ont un problème ? demandèrent surpris les divins de Bronze. Eux qui étaient très proches de ces deux-là n'avaient pas vu leur problème, si problème il y avait.
- Non, les rassura le Poissons. En fait samedi dernier, avec Deathmask, Shun et Ikki, nous avons décidé d'aider Seiya et notre Déesse à se mettre ensemble.
- Ouais, on a appelé ça l'« Opération Aphrodite », rigola Deathmask et depuis vendredi, on a avancé.
- Ah bon ? s'exprima surpris le chevalier des Poissons.
- Oui ! La Déesse Aphrodite nous a proposé son aide et a suggéré votre prénom comme nom de l'opération, vu qu'elle est la Déesse de l'Amour, expliqua tranquillement le chevalier d'Andromède.
- Très bonne idée ! s'exclama alors Aphrodite. Et comment avez-vous fait avancer les choses ?
- Shun a amené Seiya sur la piste de danse, puis la Déesse de l'Amour a fait de même avec Athéna. Ensuite Méthos a mis un slow et nos deux amis les ont poussés dans les bras l'un de l'autre. Ils ont dansé et discuté ensemble, raconta le Cancer. Mais si tu avais été là, tu l'aurais vu, taquina-t-il Aphrodite.
- C'est bon on ne va pas revenir là-dessus, s'énerva le Poissons qui en avait assez que Deathmask fasse remarquer qu'il avait séché un repas et une soirée pour rester avec son Phénix, en faisant des sous-entendus plus que graveleux. Sinon je suis ravi pour eux. Mais si on est ici c'est pour vous demander à tous de nous aider, déclara Aphrodite.
- Mais pourquoi on se mêlerait de ça ? demanda Mû du Bélier, plutôt gêné.
- Car en matière de relation sociale, ils sont aussi doués que des enfants, expliqua Deathmask.
- Ha, ha ! Et c'est toi qui dis ça, s'amusa Shura du Capricorne.
- Elle doute d'elle… renchérit le Cancer.
- Effectivement, coupa Shion afin de confirmer les dires de son subordonné.
L'homme assistait à la scène d'un peu plus loin, adossé à un mur, un de ceux qui vont vers la chambre du propriétaire du temple.
- Saori a peur de devenir folle, de mourir et d'être annihilée par Athéna. Alors peut-être que l'encourager à être avec quelqu'un, un humain de surcroît, l'aiderait à savoir qui elle est, argumenta à son tour l'ex-Bélier d'Or.
- Je suis ravi que vous compreniez Grand Pope, dit sérieusement le quatrième gardien d'Or du sanctuaire.
- Bon, les amener à se rapprocher ne va pas être le plus dur. Je veux dire si on veut qu'ils sortent ensemble, faut penser à certaines choses comme leur premier baiser, proposa Shiryu.
Tous baissèrent la tête.
Effectivement, leur premier baiser... comment présenter la chose à Seiya. Le jeune homme avait parfois le plus grand mal à comprendre les choses les plus basiques de la vie.
- On n'a qu'à lui montrer, énonça Aiolia du Lion.
- Ok et tu fais ça comment ? demanda son frère. Tu lui fais une démonstration avec la belle Marine, rigola-t-il.
- Aiolos arrête avec ça ! tonna la voix en colère du Lion.
- Non sans rire ! Le truc c'est de lui apprendre à bien embrasser et avec douceur, se moqua Deathmask. Je sais, et si Hyoga et Shun lui montrait.
- Mais ça ne va pas ! s'écria outré Hyoga.
- Mais si ! Il faut bien qu'il voit comment on fait, expliqua le Cancer.
- Et pourquoi nous deux ? demanda Hyoga.
- Vous êtes ensemble et vous êtes doux, explicita Deathmask.
- On n'est pas ensemble ! s'écrièrent les deux hommes.
- Ni doux, murmura Hyoga.
- Que se passe-t-il ? Shun, pourquoi tu cries ? demanda son aîné en arrivant enfin chez le Verseau.
- Ikki, tu tombes bien ! fit Aphrodite. Deathmask proposait à ton frère et Hyoga de montrer à Seiya comment embrasser tendrement.
- Ok ! Et ta copine est d'accord Hyoga ? demanda Ikki.
- Tu as une amie ! s'étonna Camus qui ne s'attendait pas à cette révélation, son ancien élève lui racontait pourtant tout et là, rien.
- Oui je… pourrait-on en parler plus tard ?
Son ancien maître l'observa attentivement, surpris de tant d'hésitation dans sa voix. Il vit que le jeune blond se mordait la lèvre inférieure et rougissait légèrement. Il savait que cela voulait dire que le Cygne était gêné par quelque chose. Un léger sourire vint fleurir sur ses lèvres quand il le vit baisser la tête.
« Alors c'est à ça que ressemble un enfant pris en faute par son père », pensa-t-il.
Cela finit par le rassurer. Il n'avait perdu ni son estime, ni son statut de confident, seulement Hyoga voyait encore en lui un « père », et certains sujets restaient toujours difficiles à aborder avec un membre de sa « famille ».
Camus en était si heureux, d'une certaine façon, que son sourire s'élargit et que sa tête bougea doucement afin de lui dire « oui ».
Pendant ce temps, Aphrodite s'était lentement rapproché d'Ikki en souriant. Son homme comprenant son geste, il fit de même en prenant la parole.
- Moi je veux bien lui montrer.
- Ha, ha ! Ha, ha ! Tous les chevaliers éclatèrent de rire sauf son frère, Shion, Camus, Deathmask et le douzième gardien.
- Comme si toi tu pouvais être tendre, rajouta Milo du Scorpion.
- Il peut l'être, affirma Aphrodite.
Chacun s'arrêta de rire et regarda alors les deux hommes qui se faisaient face.
Le Phénix effleura du bout des doigts la joue du douzième gardien, le faisant frissonner. Avec tendresse, la main vint ensuite caresser sa douce chevelure bleu clair avant de se poser délicatement sur sa nuque.
De son autre main, il l'enlaça au niveau de la taille et le ramena à lui sans geste brusque. D'un regard il l'interrogea, mais pour toute réponse, son amant chercha à combler le peu d'espace qui restait entre leurs bouches. Et sous les yeux ébahis des autres, un tendre et long baiser se dévoila.
- Camus ? C'est... c'est Ikki le copain d'Aphro' ? demanda Milo, un peu hébété.
- Je croyais que tout le monde savait ! s'étonna Deathmask, même Athéna m'en a parlé.
- Quoi ? s'exclamèrent les deux concernés, mettant enfin fin à leurs retrouvailles.
- Elle n'est pas bête, fit Shion. Quand tu as été hospitalisé, dit-il en regardant Aphrodite, Ikki est resté à tes côtés tout le temps ou presque. Il a fallu que Camus le sorte de la pièce pour qu'il aille se reposer. Aussi, en a-t-elle déduit que vous étiez ensemble et elle a précisé qu'elle était heureuse pour vous deux.
Il y eut quelques murmures dans la pièce, vite dissipés par Shion :
- Bien, et si on demandait de l'aide à Méthos ou à la Déesse Aphrodite ? proposa subitement ce dernier pour se recentrer sur le sujet. Ils s'y connaissent bien en amour et tout ce qui va avec.
- Quoi encore ? s'écria alors Kanon des Gémeaux. Tous le regardèrent avec incompréhension. Ça fait deux fois qu'on prononce son nom, et tu fais encore cette grimace, et ton corps se raidit. Et ce n'est pas la première fois. C'est quoi ton problème avec lui ?
- …
- Rhadamanthe ! Je veux savoir ce qu'il y a entre toi et ce... Méthos ? Et n'élude pas cette fois-ci, s'énerva encore plus Kanon.
- Il n'y a rien. Mon Seigneur m'appelle.
Tous le regardèrent partir d'un pas décidé, mais Kanon se promit de lui faire cracher le morceau assez rapidement.
Pendant ce temps, le reste des chevaliers s'accorda pour trouver un moyen d'aider Athéna et Seiya dans leur entreprise. L'idée finit par émerger d'aller rencontrer ce fameux Méthos et de lui proposer de donner un cours d'éducation sexuelle à Seiya, afin que ce dernier se sente moins gauche le jour J.
Tout à sa réflexion, Camus pensa qu'il ne serait pas si idiot d'en faire profiter tous les chevaliers – voire toutes les personnes – présents sur le sanctuaire. En effet, depuis l'arrivée de leurs hôtes, mais déjà avant, de nombreux couples s'étaient formés, plus ou moins révélés au grand jour et qui impliquaient autant les gardiens des maisons que les Déités elles-mêmes !
Il se promit d'aller en parler à Athéna le plus tôt possible.
L'après-midi se poursuivit ainsi, chacun donnant son avis sur cette relation, son impact sur le sanctuaire et ses habitants, mais aussi auprès des autres Divinités. Il fallut également choisir la ou les personnes qui iraient s'adresser à Méthos afin de lui exposer leur projet, mais bizarrement, l'entrain des chevaliers à devoir côtoyer un tel personnage semblait fondre comme neige au soleil ! Ils en étaient là de leur réflexion quand petit à petit, les convives prirent congés de la demeure de Camus pour aller se préparer et se retrouver un peu plus tard dans la grande salle à manger du temple d'Athéna, sans pour autant avoir réellement tranché sur l'épineuse question du « qui » pour aller parler à Méthos.
Rhadamanthe était rentré auprès de son seigneur. Il s'en voulait d'avoir réagi ainsi avec Kanon, mais il y avait des choses qu'il était difficile d'expliquer comme ça, dans une discussion anodine.
Ou simplement avec des mots.
Il savait que s'il l'expliquait à Kanon, ce dernier comprendrait. Il était sûrement l'un des seuls qui pourrait comprendre. Mais s'il lui disait, cela reprendrait vie dans son esprit, cela reviendrait à dire que cela a été la réalité et il voudrait tellement que cela n'ait été qu'un cauchemar.
Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu Pandore s'approcher de lui, ni les regards des autres personnes présentes dans la pièce se braquer sur lui.
- Vous avez un problème Seigneur Rhadamanthe ? questionna la jeune fille s'asseyant à ses côtés.
- Rien de grave… soupira-t-il afin qu'elle passe à autre chose.
- Si vous avez besoin de parler, on est là pour vous, insista gentiment la jeune fille.
- Ma sœur a raison, dit Hadès doucement voulant rassurer son subordonné.
- Oh vous ! s'emporta d'un coup le Spectre. Tout est de votre faute, si je ne peux pas être franc avec Kanon sur certains sujets et certaines personnes. Vous n'êtes pas le seul à culpabiliser. Comment pourrais-je lui dire ? Je… Pardon... ça va aller, se reprit rapidement Rhadamanthe qui ne voulait pas faire d'esclandre, ni incriminer ou crier contre son seigneur.
Le passé était le passé et on ne pouvait le changer.
L'homme se leva et quitta la pièce.
- Mon frère… commença Pandore.
- Je sais, ne t'inquiète pas, la coupa le Dieu. Je comprends sa colère contre moi. Vois-tu, je pensais qu'il me l'aurait reproché bien plus tôt.
Tous regardèrent leur Dieu sans trop comprendre ce qu'il voulait dire, et vu son expression faciale, il ne valait mieux pas trop insister pour savoir.
Ils espéraient juste que quand Rhadamanthe reviendrait, il serait calmé et qu'il n'y aurait plus d'esclandre. Hadès ayant décidé d'ignorer cette conversation.
La grande horloge venait de sonner dix-neuf heures trente. Camus se dit qu'il était temps de monter au treizième temple pour aller se restaurer. Mais comme il restait une bonne demi-heure avant que la salle ne soit tout à fait prête, il en profita pour faire un détour et aller chercher sa Déesse.
Devant la chambre de celle-ci, il fut soulagé de sentir son cosmos émaner de la pièce. Il décida alors de pas entrer, mais plutôt d'attendre qu'elle eût fini de se préparer pour aller dîner. Il savait qu'elle ne serait pas longue à le rejoindre, mais il était quand même un peu inquiet. Il ne trouvait pas vraiment les bons mots pour commencer la discussion.
Alors quand au bout d'un quart d'heure d'attente elle sortit de sa chambre, il lui fit une révérence et prit la parole de façon ferme et rapide.
- Majesté, désolé de vous importuner ainsi, mais je voulais vous parler en privé. C'est à propos des cours d'éducation sexuelle avec Méthos, expliqua Camus.
- Tu ne m'importunes pas et tu peux venir me voir quand tu veux. La prochaine fois frappe à ma porte, n'attends pas ainsi. La jeune femme lui avait parlé d'un ton posé et lent de façon à l'apaiser. Sinon aurais-tu besoin de ces cours Camus ? s'enquit la jeune fille dans un grand sourire.
- Non, je n'en ai pas besoin, sourit à son tour Camus...
Il avait bien compris que sa Déesse savait pour lui et Shion. Et pour bien d'autres couples dans tout le sanctuaire, et visiblement cela semblait lui convenir. Shion lui avait rapidement fait un retour de sa discussion avec cette dernière sur le sujet.
- C'est plus pour mes frères et sœurs d'armes. Tout comme Méthos, je m'inquiète pour leur avenir sentimental et leur bien-être, je ne voudrais pas qu'il y ait d'accident. Vous comprenez ?
- Je vois, moi aussi j'y ai réfléchi. J'irai le voir dès demain matin. Et je demanderai à ma sœur Aphrodite de faire la même chose auprès des filles.
- Très bien, allons manger, proposa Camus.
Athéna, heureuse de cette invitation, prit son chevalier par le bras et lui répondit « oui » de la tête. C'est ainsi que tous deux partirent rejoindre le reste des hôtes pour le repas, elle trottinant gaiement aux côtés de son protecteur, lui marchant d'un pas assuré, tout aussi heureux des décisions prises par sa divinité.
