Bonjour à tous,

J'imagine que vous attendez ce chapitre depuis un bon moment. Moi je suis impatiente de vous le faire lire. Voilà enfin la fin de la biographie d'Eirène. J'espère qu'elle vous plaira et que vous ne serez pas trop déçu ou choqué. Bien entendu ça ne répondra pas à toutes les questions, mais promis vous allez avoir une révélation. (Venez me dire votre ressentis et si vous l'aviez ou non vu venir. Cela m'intéresse. ). Je préfères aussi vous prévenir que ce chapitre est assez violent.

Pour une meilleure compréhension du chapitre suivant le 62, je vais publier les deux prochains mois le chapitre 61.1 le livre de Kanus en entier et le 61.2 le livre d'Eirène en entier. Et après je publierais les 11 derniers chapitres. Vous n'avez pas fini de lire leur histoire.

Bonne lecture à bientôt.

Peace'.


Chapitre 61 : J+ 18 (3).

En ce mercredi soir, Shion était exténué. Après le repas, il avait salué tout le monde et s'était retiré dans sa chambre. Il s'était vite apprêté pour se coucher. Un peu anxieux, il avait attrapé la biographie du premier Grand Pope. Il avait si peur d'apprendre la vérité sur la fin de Kanus et Eirène, mais était tout à la fois impatient de la découvrir. Fébrile, il ouvrit le livre et lut.

Bonsoir,

Cela fait un an aujourd'hui que je n'ai pas écrit dans ce journal. Je vais enfin te raconter ce qui s'est passé cette fois-là. J'imagine que c'est ce que tu attends depuis le début ? Mais avant tout, sache que quand j'aurai fini ces lignes je rangerai ce bouquin et n'y toucherai plus jamais.

La nuit où nous sommes partis avec Kanus, on ne savait pas vraiment où nous trouverions le Dieu des Mers. Andromède nous avait parlé du Cap Sounion, mais en même temps le Sanctuaire était grand. Le Maître des Mers ne nous recevrait sûrement pas au centre de son domaine. Kanus avait alors sorti un objet que j'avais presque oublié.

- Tu l'avais gardé ? demandai-je surprise.

- Bien sûr, ton protecteur n'a-t-il pas dit : « Je vous offre ce présent afin qu'il vous guide là où vous désirez vous rendre ». Essayons-la, proposa-t-il.

- Bien, fis-je.

Je posai mes deux mains sur la boussole et nous prononçâmes ensemble :

- Boussole magique, montre-nous le chemin vers le Dieu Poséidon car nous souhaitons le rencontrer.

La boussole s'illumina, la flèche tournoya avant de s'arrêter et de montrer une direction à prendre. Ni une ni deux, on se mit à courir pendant des heures pour arriver au Cap Sounion. Nous arrivâmes au petit matin. Là-bas Poséidon nous attendait.

- Bonjour ma fille ! Chevalier Kanus ! tonna la voix du Dieu des Mers.

- Bonjour, nous répondîmes ensemble.

- Il y a longtemps que je désirais vous voir et m'entretenir avec vous de bien des sujets. Si cela vous dit, partageons un déjeuner ensemble.

Nous acceptâmes la faim au ventre et nous l'écoutâmes.

Il s'excusa pour les conditions dans lesquelles eut lieu ma naissance et pour le fait d'avoir grandi sans parents. Nous expliqua les raisons de ces événements et la peur que Zeus leur inspirait. Il nous parla de notre demande en mariage et du fait qu'il voulait nous aider. Il avait promis de parler avec Athéna. Ensuite, Kanus et moi avions répondu à toutes ses questions, allant de notre enfance jusqu'à maintenant.

Les heures avaient défilé, nous devions partir. Nous le fîmes savoir à mon père mais celui-ci n'écouta pas, il nous demanda de rester. On lui expliqua qu'on aurait aimé mais qu'on se verrait une autre fois, qu'on le remerciait pour son aide mais qu'on devait rentrer à la maison. Il se mit à rire en faisant apparaître son trident qu'il planta dans l'abdomen de Kanus. L'arme divine entra comme dans du beurre dans l'armure d'Or du Verseau comme si elle était morte. Quand il l'eut récupéré, mon géniteur nous abandonna là en lançant une dernière phrase.

- Vous êtes des idiots ! Votre maison est détruite, Athéna vous a abandonné. Vous l'avez tous trahie. On se revoit là-bas ma chère fille. Quant à toi jeune chevalier, adieu !

Nous nous regardâmes et gelâmes ensemble les blessures de mon ami, arrêtant ainsi le saignement.

Quand Kanus se sentit prêt, nous repartîmes le plus rapidement possible vers notre sanctuaire. Nous mîmes encore plus d'heures à revenir. Je me devais de soutenir mon chevalier qui était bien blessé.

J'espérais trouver un peu d'aide au village des charpentiers près du sanctuaire, avant de rejoindre ce dernier et de voir si Poséidon disait vrai ou non. Mais quand nous arrivâmes dans le village, celui-ci avait était rasé et sa population décimée.

Effrayés, nous allâmes plus vite vers notre domaine et ce que nous découvrîmes fut un spectacle sanglant.

Des hauteurs nous vîmes diverses batailles. Dans l'arène d'entraînement on pouvait voir Persée, Andromède et leur jeune fils, ainsi que des Bronze faire face à plusieurs combattants. Ce qui nous surprit le plus fut qu'ils appartenaient à différents Dieux.

Pareil sur les autres fronts, alors nous allâmes vers les maisons zodiacales quand plusieurs cris nous parvinrent des hauteurs du treizième temple, les prêtresses étaient attaquées !

Nous avions du mal à le reconnaître, mais Athéna avait l'air de nous avoir bel et bien abandonnés. Nous arrivâmes devant la première maison où des dizaines de cadavres jonchaient le sol, et parmi eux se trouvait notre ami Rafaélos du Bélier. Nous nous jetâmes sur lui pour l'aider mais il était aux portes du Royaume des Morts. Il ne put que nous dire :

- Ce matin, à huit heures, nous avons été attaqués par les Dieux Zeus, Poséidon, Hadès et Apollon accompagnés de leurs armées. Nos armures sont éteintes et Athéna ne nous répond pas.

Après ces quelques phrases, il mourut. Alors nous grimpâmes le plus rapidement possible à la maison d'après. Nous nous occuperons de nos morts plus tard. Les adieux seraient de circonstance.

Nous ne comprenions rien, était-ce notre faute ? Athéna punirait-elle notre amour ainsi ? L'avions-nous trahie au point qu'elle abandonnât nos amis même si ceux-là étaient innocents ? Les Dieux pouvaient être cruels d'après mon protecteur, mais à ce point-là ? Non, c'était impossible, pas Athéna, pas ma mère. Il devait y avoir autre chose.

Arrivés à la seconde maison, le même spectacle nous attendait. Le grand et valeureux Kléanthis du Taureau était mort, alors nous continuâmes. Parfois nous ressentions des cosmos s'éteindre. Nos larmes coulaient mais nous courrions aussi vite que possible, les blessures de Kanus ayant recommencé à couler.

Dans les troisième et quatrième maisons, les Gémeaux Makis et Lakis avaient aussi perdu la vie en amenant avec eux des dizaines de leurs assaillants. Nous pensions donc que Markinos du Cancer était sûrement avec Angelos des Poissons. Nous repartîmes aussitôt et trouvâmes Agathoklés du Lion en train de se battre contre un Spectre et un Marinas. Avec Kanus, nous créâmes une plaque de glace et fîmes glisser les assaillants donnant ainsi au Lion un nouvel angle d'attaque. Les deux hommes moururent en un instant. C'était une guerre totale, sans prisonniers. Un seul mot d'ordre, tuer ou être tué.

- Continuez ! je vais…

- Tu montes avec nous on te soignera chez Elien, il n'y a plus personne plus bas, lui expliquai-je.

On le vit baisser la tête, attristé par le sort de ses camarades, puis se résigner d'un mouvement de tête vers le bas. Je l'agrippai et montai avec mes deux blessés. Cela me prit un temps fou. Nous arrivâmes tant bien que mal et Elien de la Vierge était lui aussi en mauvaise posture. Nous l'aidâmes.

- Eirene, Kanus, continuez ! je m'occupe d'Agathoklès et on vous rejoint.

- Promis ? demandai-je.

- Promis, me firent-ils tous les deux.

Kanus avança sa main et on posa chacun la nôtre dessus. On devait tous s'en sortir ensemble. Nous reprîmes notre route, se frayant un chemin au travers de nos ennemis dans le temple de la Balance, je lançais à son occupant :

- Laërte, tiens bon ! Agathoklès et Elien vont te rejoindre.

- Ok, j'attendrai leur arrivée. Après on vous rattrape.

- Ok, répondit Kanus. On compte sur vous.

Nous arrivâmes chez Nikos du Scorpion, où nous l'aidâmes à se débarrasser de ses assaillants. Il alla s'assoir contre une colonne et je gelai ses plus grosses entailles.

- Dépêchez-vous ! Kiros vous attend dans ta maison Kanus.

- Mon ami repose-toi un peu et quand les autres arriveront, monte avec eux, lui demanda Kanus qui voyait son meilleur ami mourir tout comme lui-même.

- Ok, on fait comme ça, mon ami.

Contre toute attente, Kanus le prit dans ses bras et l'embrassa sur la bouche. Une façon de se dire adieu sans le dire. Pour une fois, Nikos ne rajouta rien, tout avait été dit.

Nous repartîmes le cœur lourd et les yeux encore plus chargés de larmes. Peu avant de débarquer dans la maison du Sagittaire nous ressentîmes un immense pouvoir se manifester. On s'arrêta et jeta un regard vers l'arène. Persée et son fils étaient morts.

Andromède, dans sa tristesse, poussa son cosmos à l'infini. En faisant cela, elle engloba l'arène en entier et fit tout voler en poussière, tuant les dizaines d'assaillants autour d'elle dont deux juges des enfers.

Je criai afin d'exorciser ma peine, l'une de mes meilleures amies et des personnes les plus respectables que je connaissais venaient de mourir.

Kanus me tira afin que je ne succombe pas au désespoir, il me prit quelques instants dans ses bras puis m'entraîna à sa suite. Là, nous arrivâmes enfin chez Ianouarios du Sagittaire. Celui-ci était aux prises avec beaucoup de soldats.

- Passez ! Nous ordonna-t-il. Je peux attendre les autres.

Nous le remerciâmes et ôtâmes la vie à deux de ses assaillants au passage.

En arrivant chez Gabriel du Capricorne nous le trouvâmes mort avec des ennemis. Son bras droit – nommé épée d'Excalibur, étant aussi tranchant que l'épée de justice – brisé.

Nous repartîmes pour les hauteurs en entendant les prêtresses crier encore plus fort. La douleur, la peine et la peur raisonnaient dans leurs hurlements.

À quelques mètres de la maison de mon ami, le cosmos de Kiros se mit à s'élever aussi puissamment que celui d'Andromède, les deux Bronze avaient atteint le septième sens, la puissance des Or. Puis d'un coup son pouvoir s'éteignit.

En arrivant, nous trouvâmes le jeune homme mort avec tous ses opposants, cinq guerriers de diverses factions divines. Il avait protégé la maison de son frère, ami et un peu père aussi du mieux qui l'avait pu et s'était sacrifié.

Kanus se jeta sur son cadavre en pleurant et criant mais un nouveau combat nous interpella, nous faisant baisser les yeux sur le domaine du Sagittaire.

Les cosmos de celui-ci ainsi que ceux de Nikos, Laërte, Elien et Agathoklès fusèrent dans tout le sanctuaire tuant leurs ennemis mais aussi d'autres un peu partout. Il ne restait plus grand monde de vivant parmi toutes les personnes réunies dans l'enceinte du domaine.

Kanus allait les rejoindre mais je l'en empêchai.

- C'est trop tard pour eux, mais Angelos et Markinos nous attendent au-dessus, ainsi que les prêtresses. Il faut qu'on récupère l'armure d'Athéna et qu'on la contacte. Essayons de sauver ce qu'on peut encore sauver.

Il opina du chef et me suivit.

Dans le temple du Poisson, nous fûmes témoin d'un spectacle des plus atroces. Markinos était mourant et Angelos tenait en garde les derniers ennemis qui avaient osé arriver jusqu'ici.

Quand je parlais d'Angelos, j'aurais plutôt dû dire son cadavre et ses roses mues par ses derniers relents de cosmo-énergie. Avec Kanus, nous gelâmes nos opposants dans une attaque combinée. Mon ami était aussi plus mort que vif mais nous arrivâmes jusqu'aux deux autres chevaliers. Markinos nous parla quelques secondes avant de succomber.

- Il est mort ce matin, juste quand on a été attaqué... mais il t'avait promis de t'attendre... alors quand il a ressenti le danger, il a envoyé... ses dernières forces en elles pour pouvoir nous aider et... créer un mur de roses empoisonnées... J'allais descendre quand... les roses l'ont pris et en ont fait une... marionnette infranchissable... Je n'ai pas pu l'abandonner...

- Tu as eu raison, tu as fait ce qu'il fallait, le rassurai-je. Pardon... si seulement on avait été là...

- Ça aurait été pareil... Vous devez vivre, pour nous... et surtout pour vous...

- Markinos ! Reste avec nous ! criai-je quand il mourut.

Je pleurai quelques larmes mais ne pouvais rester là sans rien faire. Je me levai et allai auprès du cadavre d'Angelos. Là, je murmurai à lui et à ses roses.

- Je suis là maintenant mon ami, tu peux te reposer, tu peux retourner auprès de ton bien-aimé, je m'occupe du reste.

Alors comme si les roses m'avaient comprise, le cadavre du Poisson se mit en marche et se posa contre celui de Markinos. Les roses les encerclèrent après les avoirs réunis. On aurait dit qu'ils dormaient tendrement, enlacés dans les bras l'un de l'autre.

Mus par un nouveau regain de vitalité devant cet amour qui défiait la mort, j'aidai Kanus à se relever et nous montâmes les dernières marches allant vers le treizième temple. Il n'y avait presque plus de bruit et les cris des prêtresses avaient cessé. Nous avions un mauvais pressentiment qui se renforça quand nous arrivâmes devant les portes du treizième temple.

Ce que nous vîmes nous causa un choc. Mon protecteur était là, en sang, combattant le dernier des juges des enfers. Rhadamanthe de la Wyverne.

- Dépêchez-vous de les rejoindre je m'occupe de lui, nous cria-t-il.

- Non, hurla Kanus. Deux frères ne devraient pas avoir à se battre. Je vais m'en occuper, vous, vous allez avec elle. Un Dieu lui sera utile.

- Je n'en suis plus un, père m'a retiré mon immortalité et mes pouvoirs. Je suis un simple humain comme vous, nous expliqua mon sauveur.

- Raison de plus, même si elle est éteinte, mon armure me protège encore un peu. Alors allez-y je vous rejoins.

- Bien, fis-je.

Pendant que Kanus alla faire face au Spectre, mon vieil ami et moi-même partîmes dans le treizième temple afin de combattre les Dieux.

J'entendais Kanus et Rhadamanthe parlementer. Je savais que Kanus respectait l'homme face à lui et qu'il désirait le faire changer d'avis. Il souhaitait surtout que le Spectre n'exécutât pas son aîné de sang-froid, mais plus encore qu'Arès ne tuât tout simplement pas son cadet.

Je continuai l'âme en paix, me disant que tout finirait bien. Mais c'était me leurrer. En arrivant dans la salle du trône où je passais le plus clair de mon temps, je découvris une hécatombe. Avec mon sauveur, nous nous figeâmes sur place. Toutes les prêtresses gisaient mortes sur le sol. La plupart semblaient éventrées, ou égorgées. Du sang inondait le parterre.

Ma douce Sara était crucifiée au-dessus du trône. Elle avait été brulée vive par les rayons du soleil dirigés par Apollon. Zeus, avec sa foudre, avait ouvert le plafond afin de faire parvenir jusqu'à eux les rayons de l'astre solaire.

L'odeur du sang et de brulé mélangée à la vision de mes « sœurs » et de ma « fille » mortes me donna la nausée.

Je me reculai de quelques pas vers mon allié mais avant de pouvoir faire ou dire quoi que ce soit, je sentis une douleur violente sur mon crâne, entendis mon nom hurlé puis ce fut le trou noir.

Je me réveillai allongée et ligotée sur l'autel où j'avais donné naissance aux armures. Poséidon me surplombait et riait aux éclats. Zeus à mes côtés se pencha vers moi et me murmura.

- Il y a quelques jours, j'ai demandé à Athéna de se donner à moi. Mais elle m'a répondu qu'elle avait mieux à me proposer. Toi. Puis j'ai exigé d'avoir son sanctuaire pour moi et mes frères ainsi que pour Apollon, et elle l'a accepté. Ne trouves-tu pas ta déesse un peu hypocrite ? Protéger sa soi-disant virginité en vous « vendant » toi et son sanctuaire ! Alors que tu es sa propre fille de sang. Tu vois, je sais tout, mais elle ne sait rien. Sache aussi que je donne l'honneur à ton père de te prendre ta virginité comme il l'a fait avec ta mère. Quant à moi, j'ai prévu de te prendre autre chose...

Après avoir eu ces mots durs, il fit pivoter ma tête.

Je vis alors mon protecteur à genoux, à quelques mètres de nous, retenu d'une main ferme par le Spectre Rhadamanthe de la Wyverne.

J'eus un haut le cœur.

Zeus prononça une phrase que je ne compris pas tout de suite. Mais mes yeux suivirent d'instinct le geste du juge, sa main s'ouvrit et un objet en tomba. Je fixai mon regard dessus, c'était un cœur humain.

- Celui de ton bien aimé, susurra le Dieu des Cieux à mon oreille. Il ne tenait déjà plus beaucoup sur ses pieds, mais là il est raide mort. Mon petit Rhadamanthe le lui a arraché, il est très doué pour ça.

Tous se mirent à rire, pendant que j'hurlais et perdais la raison. Mais j'entendais une voix m'appeler et m'implorer de ne pas sombrer dans la folie.

- Tais-toi traître ! hurla Zeus. Rhadamanthe, tiens le mieux que ça et force-le à regarder. À toi Poséidon, on a assez palabré.

Alors que mon géniteur allait entrer en moi avec force, je vis le Spectre regarder son seigneur qui confirma l'ordre du Roi des Dieux. Il agrippa mieux la tête du Dieu déchu et le força à regarder mon viol.

Quand je repris mes esprits, je me débattis et je sentis une puissance m'entourer puis une armure me surmonta.

Au début, j'avais pensé que c'était celle d'Athéna, que Zeus avait menti, mais non c'en était une autre.

- Pitoyable ! même mort vous l'aidez. Vous ne faites que retarder l'inévitable.

Furieux, Zeus m'attaqua en me foudroyant, pendant que Poséidon me frappa de son trident. Quant à Apollon, il brûla de ses rayons cette armure protectrice.

Hadès ne bougeait pas, contemplant le spectacle. Mon armure de fortune me protégeait tant bien que mal, faisant fulminer les Dieux. Je compris alors les mots que le seigneur Héphaïstos m'avait adressée à la naissance des armures d'Athéna.

- J'ai un cadeau pour toi c'est une surprise et tu la découvriras le jour où tu en auras le plus besoin.

Effectivement, cela était une belle surprise. Le Dieu des Forges avait pensé à tout. Si d'aventure il ne restait que moi ou si les chevaliers étaient dans l'impossibilité de combattre ou de me protéger, toutes les armures d'Athéna pourraient se mêler entre elles pour n'en former plus qu'une, celle du Grand Pope d'Athéna.

Et étant née de mon sang, cette dernière serait assez puissante pour me donner la victoire.

Mais là, Athéna les avait toutes reniées, moi y compris, et elles avaient déjà subi bien des dommages. Aussi, à chaque coup divin, l'une d'entre elles était rejetée. À la fin, il ne resta que peu d'armures à tenir bon – les deux Bronze du Cygne et d'Andromède ainsi que les quatre Or des Poissons, du Scorpion, du Cancer et du Verseau – mais elles aussi finirent par céder.

Alors Poséidon finit par me prendre avec force et rage. Vint ensuite le tour de Zeus, d'Apollon et pour finir celui d'Hadès. L'homme au-dessus de moi n'était pas comme les trois autres. Il avait l'air…

- Pardon… j'y suis obligé, me murmura-t-il à l'oreille. Zeus nous l'a ordonné mais... je préférerais être ailleurs. J'aime ma femme et… Pardon.

- Si tu veux que je te pardonne un jour et que je n'en parle pas à Perséphone, fais quelque chose pour moi.

- Que veux-tu ? me demanda-t-il.

- Deux faveurs. La première, pendant que tu es en moi, stérilise moi. Maintenant que mon amour n'est plus, fais que ta semence me laisse inféconde à jamais !

- Je veux bien mais je ne peux le faire que pour quelques années, je ne peux pas le faire pour toujours... Quelle est la seconde ?

- Je m'en contenterai. Pour la seconde, ne prends pas les âmes de ceux qui sont morts ici aujourd'hui tant que je ne leur ai pas donné un choix.

- Bien, me répondit le Dieu, même s'il ne devait pas bien comprendre mon intention.

Il ne me relâcha que quand il eut fini, en me promettant une stérilité pour quelques temps.

Les quatre Dieux et leurs derniers soldats survivants disparurent peu de temps après, me laissant attachée à l'autel.

Mon protecteur se traîna jusqu'à moi.

- Pardon d'avoir été si faible.

- Que dois-je dire, murmurai-je.

On se reposa en se tenant la main comme on put avec mes entraves et ses blessures. Quelques heures plus tard je trouvai la force de geler mes chaînes et de m'en défaire. Quand nous pûmes enfin sortir, il faisait déjà nuit depuis un moment.

- Peux-tu réveiller mes pouvoirs de Déesse que tu as enfermé en moi.

- Non, seul un Dieu peut en réveiller un autre.

- Je comprends, fis-je.

Là, je concentrai ma cosmo-énergie et appelai à moi les âmes de mes amis défunts. Un pouvoir que j'avais développé avec le temps, auprès de Markinos. Toutes les âmes se présentèrent à moi, même celles des prêtresses et des habitants du village.

- Pardon mes amis, j'ai été si faible et je vous ai abandonné tout comme Athéna nous a tous abandonnés. Mais pourtant je… je voudrais vous demander un dernier service. Je sais que je vous en ai déjà tant demandé.

Les voyant tous m'écouter, je continuai.

- Malgré ce qui s'est passé, nous sommes des chevaliers de l'Espoir comme nous appelle Héphaïstos. J'aimerais que nous continuions.

- Comment ? demanda l'âme de Kanus.

- En vivant dans vos armures et en protégeant leurs futurs porteurs. Je vous promets de vous libérer de votre charge quand j'aurai rendu justice à toutes vos morts. Mais vous pouvez également refuser et partir pour le royaume d'Hadès. Vous êtes libres de votre choix.

Les artisans décidèrent de partir au royaume des Morts, pendant que chaque chevalier optait pour rester et devenir l'âme de son ancienne armure.

Les prêtresses, quant à elles, prirent le temps d'y réfléchir.

- Et toi, comment vas-tu redevenir un dieu ? demanda ma tendre Sara à mon sauveur.

- Ne t'inquiète pas, Père me rendra tout très bientôt.

- Et s'il ne le fait pas ? insista-t-elle.

- Il y a un moyen… mais je ne l'aime pas.

- Vos âmes l'y aideraient, dit une voix derrière nous.

- Hermès ! s'exclama le Dieu déchu.

- Si vos âmes entrent en lui, il pourrait récupérer ses pouvoirs, continua le Messager des Dieux.

- Mais vos âmes seraient détruites, plus de paix, le néant, expliqua alors mon vieil ami. Que fais-tu là Hermès ?

- Pendant votre repos, les Dieux vous ont jugés. Il y a deux sanctions : une maintenant et une dans un an. Je suis venu rendre le jugement. Eirene Polèmos, vous devez reconstruire en un an le sanctuaire d'Athéna, retrouver des chevaliers et un Grand Pope pour vous remplacer. Quant à toi mon frère, Père te fera redevenir un Dieu dans un an. Sauf si tu trouves un moyen par toi-même avant, murmura-t-il pour faire comprendre que cela n'était pas dans le jugement mais plutôt son avis. Je reviendrai dans un an pour la suite.

Quand il partit, je regardai autour de moi et poussai ma cosmo-énergie à son maximum pour en entourer tous les corps – y compris celui de mon protecteur –, toutes les âmes et toutes les armures. Là, je liai les âmes des chevaliers à leur armure respective et avec mon sang leur redonnait vie une seconde fois.

Ensuite, j'envoyai chez Hadès tous ceux qui le souhaitaient et pour finir, je fis entrer dans mon protecteur toutes les prêtresses qui voulaient l'aider. Il retrouva donc ses pouvoirs et son immortalité et je dus dire au revoir à mes « sœurs » et à ma « fille ».

En dernier lieu, je récupérai tous les cadavres et les enterrai, cela me prit une journée entière. À l'exception des corps de mes chevaliers que j'enfermai dans la glace et cachai sous le treizième sanctuaire. Je créai pour cela un sanctuaire où moi seule pourrai pénétrer.

Quand tout fut fini, j'allai me coucher. Je dormis pendant trois jours. Cela m'avait permis de me remettre sur pied physiquement et psychiquement. Pendant l'année qui suivit, je fis ce qu'on m'avait demandé. Je reconstruisis le sanctuaire, réhabilitai le village des artisans constructeurs et trouvai un nouveau Grand Pope – d'ailleurs peut-être est-ce toi qui me lis en ce moment même ?

Puis je regroupai un nombre important de chevaliers et apprentis – dont certains avaient échappé au massacre.

Le jour du jugement est arrivé ce soir. Hermès est revenu nous voir et nous a lu notre dernière sanction.

- Eirene Polèmos maintenant que tu as réussi à terminer ta première sanction, je te donne ta deuxième sanction. À partir de maintenant, tu ne pourras plus toucher le Chevalier du Verseau et son armure sans les tuer. Ils seront foudroyés par Zeus. Pareil pour mon frère ici présent. Cependant toi, tu ne mourras jamais. Même Célesta la Mort ne pourra te tuer si tu la touches. Quant à toi, tu redeviens un Dieu, du moins tu récupères ton titre, car tu en es déjà redevenu un.

Mon ami baissa la tête, il avait encore du mal à accepter le sacrifice des prêtresses, même un an après. Pourtant celui-ci était si simple à comprendre. Il avait tout perdu pour les protéger, elles ont donc agi pour le remercier et l'aider dans sa vie future.

- Oh ! J'oubliai une dernière chose, reprit Hermès. Pourtant, c'est le plus important.

Il leva son caducée et s'écria :

- À partir d'aujourd'hui, Eirene Polèmos tu deviens un homme et tu serviras un nouveau Dieu, mon frère ici présent. Cela prend effet immédiatement.

Il posa son caducée à terre et une tornade lumineuse m'enveloppa. Quand elle se retira, j'étais devenue un homme.

Il repartit, me laissant seule dans cet état avec mon nouveau seigneur.

Dans quelques minutes, je quitterai ma maison pour une autre. Je n'ai aucun regret car je sais que mes amis vivront dans leurs armures et aideront les humains à vivre en paix. Je sais aussi que tu seras là pour les y aider.

J'espère qu'un jour, je leur rendrai justice et les libèrerai de leur tâche.

Je n'aurai qu'une dernière chose à te dire, en espérant avoir répondu à tes questions : Peux-tu me juger en ton âme et conscience et non pas par rapport aux rumeurs qu'on dira à mon sujet.

À partir de maintenant, si tu me croises, appelle-moi Méthos, Chevalier d'Arès.

Shion ferma le livre, sortit de son lit en sautant, s'habilla rapidement et partit en courant dans les couloirs du treizième temple.

Il arriva en trombe devant une porte et tambourina dessus comme un malade. Un homme lui ouvrit, il allait entrer quand il fut repoussé dans le couloir.

- Du calme, on en parlera demain. Je répondrai à toutes vos questions, mais pas ce soir. Aujourd'hui, j'ai répondu à assez de questions.

- Bien, je comprends... Pardon... Bonne nuit Seigneur Méthos, répondit Shion qui venait de se calmer.

Puis il s'inclina et rentra dans sa chambre. Là, il se recoucha, ferma les yeux et s'endormit avec plein de questions en tête.