Chapitre 4 : Une infirmière compatissante

Résumé :

Après l'intervention pour soigner les séquelles de maléfices de Severus, Pompom est là pour s'occuper de lui.

Note de l'autrice :

AVERTISSEMENT : Severus se sent assez mal dans ce chapitre, et dans un paragraphe (qui commence par 'Cette matinée avait été… une épreuve') il se rappelle une intervention médicale douloureuse.

Note de la traductrice :

Ce chapitre a été relu par Lamourloi, merci !


Il se réveilla peu à peu, tirant les draps contre lui comme s'ils pouvaient le protéger de la reprise de conscience. Sans grand succès.

Il fut conscient, d'abord, d'avoir froid. Dans son sommeil, il s'était roulé en boule, tellement recroquevillé qu'il en était crispé, mais il frissonnait quand même. Ses muscles lui faisaient mal, ainsi que sa tête et ses articulations. Sa bouche était sèche et avait mauvais goût. Sa peau était moite de sueur et ses cheveux collaient à sa nuque.

Il entrouvrit les yeux et fut soulagé de trouver la pièce dans la pénombre. Il essaya de se redresser et perdit l'équilibre, des taches noires apparaissant devant ses yeux, son bras menaçant de le laisser tomber.

- N'essayez pas de vous lever, Severus, attendez un peu, » dit quelqu'un – Pompom – et un bras s'enroula atour de lui, le stabilisant. « Un instant, laissez-moi faire. » Doucement, elle l'aida à s'allonger, appuyé sur une pile d'oreillers. « Avez-vous besoin de quelque chose ? »

Il cligna des yeux, essayant de rassembler ses pensées éparpillées. Sa tête était brumeuse et la douleur générale n'aidait pas. « … de l'eau, » croassa-t-il, frissonnant. « Quelque chose de chaud ? »

- De l'eau, je peux faire ça, » dit gentiment Pompom, appuyant un instant le dos de sa main sur son front. Elle était très froide. « Je ne veux rien vous donner de trop chaud pour le moment – vous avez un peu de fièvre. Mais je vais voir ce que je peux trouver pour vous mettre plus à l'aise. »

Il la regarda faire apparaître un gobelet et le remplir d'eau et ne protesta même pas quand elle le rapprocha elle-même de ses lèvres au lieu de le laisser le saisir. Il but avidement, ayant envie de plus alors même qu'il sentait que son estomac avait besoin d'un peu de temps pour accepter ces premières gorgées. « … merci, » dit-il quand Pompom écarta le gobelet. « Quelle heure est-il ? »

- Un peu plus de sept heures, » dit-elle gentiment, « du soir. Vous avez dormi environ quatre heures. Comment vous sentez-vous ? »

Severus essaya d'évaluer son état et échoua. « … comme si j'avais reçu un maléfice, » finit-il par dire. Il fronça les sourcils. « Et comme si j'avais besoin d'aller aux toilettes. »

Elle hocha la tête avec compassion. « Si vous pouvez vous asseoir sur le bord du lit, vous pouvez utiliser un pot de chambre, mais sinon, il y a un bassin, » le prévint-elle. « Vous avez une mine de décavé, mon garçon. »

Il plissa le nez. « Le pot de chambre, » dit-il avec regret. Il pouvait reconnaître que ce serait stupide de vouloir aller où que ce soit dans cet état, mais ça ne voulait pas dire que ça lui faisait plaisir.

Heureusement, ils avaient pensé à ça encore plus heureusement, Pompom connaissait bien ce genre de problèmes. Elle l'aida à s'extirper des draps et l'aida à tenir droit alors qu'ils s'asseyait sur le bord du lit, frissonnant dans sa chemise de nuit. « Je descends en vitesse à la cuisine pour faire un peu de thé, » dit-elle avec douceur, avant de quitter la pièce pour le laisser tranquille.

Pour quelque raison, son urine était verte. Avec des paillettes bleues dedans, peut-être, même si c'était difficile à dire dans la pénombre. Il n'allait pas se pencher pour vérifier, pas quand il se sentait encore si mal. C'était probablement causé, au moins en partie, par la potion liant les maléfices au sang. À une autre occasion, il aurait essayé de deviner quelle combinaison d'ingrédients pouvait produire un tel effet, mais pour le moment il avait à peine la force d'être vaguement curieux. Il se rallongea et tira les draps sur lui.

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Cette matinée avait été… une épreuve. Le maléfice avait coulé en lui comme du feu dans ses veines et il avait peut-être été faible par rapport à ce que Severus avait déjà subi, mais ça avait continué, encore et encore et encore… Au début, il s'était changé les idées en parcourant mentalement les étapes de préparation de la potion Tue-Loup, en envisageant différentes variations et leurs effets possibles. À la fin, tout ce qu'il avait pu faire était respirer, lentement et régulièrement et se rappeler que ça allait passer.

Quand ça s'était fini, il s'était presque évanoui de soulagement. Ses muscles le lançaient à force d'avoir été tendus et la douleur commençait à lui donner des nausées, mais ça n'avait plus aucune importance. Il avait entendu Pompom parler à Bulstrode, mais n'avait que vaguement perçu les mots Pompom l'avait encouragé à boire la potion liant les maléfices, au goût métallique et amer puis un des deux avait eu pitié de lui et avait lancé un sort de sommeil et il s'était laissé couler avec gratitude.

Sans trop avoir à réfléchir, il pouvait penser à une dizaine de potions différentes qui le feraient probablement se sentir mieux que maintenant. Mais prendre la moindre d'entre-elles allait interférer avec la potion liant les maléfices, et s'il devait en passer par là, il allait subir l'épreuve aussi longtemps que possible pour être sûr que ce serait efficace.

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Il lui sembla s'écouler un bon moment avant que Pompom revienne avec un plateau portant une tasse de thé et deux tranches de pain grillé. « D'abord le thé, » lui dit-elle, l'aidant à s'asseoir et posant le plateau sur ses genoux. « Il est plus sucré que ce dont vous avez l'habitude – j'ai ajouté une bonne quantité de miel – mais vous avez besoin du sucre. Cela devrait aider un peu avec les frissons. Si vous arrivez à le garder, vous pourrez aussi manger les tartines. »

Le thé était trop sucré. Mais la chaleur était si agréable qu'il s'en fichait bien et il se sentait déjà un peu moins patraque en finissant la tasse. Pompom, pendant ce temps, s'était occupée du pot de chambre, avait préparé une compresse froide, l'avait enroulé autour de sa nuque et avait rempli un autre gobelet d'eau avant de le poser sur la table de nuit. « Pas de nausées ? » vérifia-t-elle.

- Jusque-là, non, » répondit Severus, même s'il devait reconnaître qu'il n'avait pas le moindre appétit. Cependant, un bon appétit n'était pas nécessaire pour deux tranches de pain grillé légèrement beurrées et il mangea sagement les deux.

- Vous allez déjà mieux, » le rassura Pompom. « Ce n'est pas une réponse directe à une des potions, c'est juste la réaction de votre corps au maléfice. Le maléfice a disparu, donc cela devrait s'améliorer nettement ce soir et demain. »

Il grimaça, mais hocha la tête. Il aurait bien aimé qu'il soit possible de faire quelque chose à propos des douleurs et des frissons, mais il devait se résigner. « En ce cas, » dit-il, « je ferais mieux de lire pour passer le temps. Voulez-vous bien me passer le livre qui est en haut de la pile ? »

Pompom obtempéra, prit le plateau de thé et le borda. « Vous dormirez mieux cette nuit si vous restez éveillé un moment, » commenta-t-elle. « Dites-moi si je peux faire quoi que ce soit pour vous rendre plus confortable. »

Severus hocha la tête et ouvrit Vingt Mille Lieues sous les mers. Le livre de poche usé et corné était un favori de longue date, qu'il connaissait assez bien pour ne pas avoir à se concentrer, mais tout à fait capable de le distraire.

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Environ deux heures plus tard, Pompom quitta la pièce, et revint avec un autre plateau. « Bouillon de bœuf aux nouilles, » lui dit-elle. « Je sais que vous détestez le bouillon seul. Pouvez-vous vous asseoir seul, ou voulez-vous de l'aide ? »

Severus fut surpris et heureux de voir que oui, il pouvait s'asseoir seul maintenant. Il avait encore mal partout et trop froid, mais la faiblesse initiale été passée. « Merci, » dit-il. « Avez-vous mangé ? »

Elle repoussa sa question d'un geste de la main. « J'ai pris mon dîner tout à l'heure, pendant que vous dormiez, » le rassura-t-elle. « Je n'ai besoin de rien. Comment vous sentez-vous ? »

- Mieux, » reconnut Severus entre deux cuillerées. « Encore un peu de fièvre et de courbatures, mais mieux, dans l'ensemble. » Il s'interrompit. « Je suppose que je ne pourrai pas me laver avant de dormir ce soir ? » La sueur de la journée avait séché sur sa peau, et maintenant qu'il n'était plus distrait par autre chose, c'était assez désagréable.

Pompom plissa les lèvres et l'observa attentivement. « Pas un vrai bain, je pense, mais je peux vous nettoyer en vitesse et vous aider à changer de chemise. »

Il accepta avec plaisir, et quand il eut fini de manger, elle l'aida à enlever sa chemise de nuit et lança un sort qui avait à peu près le même effet qu'être nettoyé au gant de toilette. Elle métamorphosa également son bol vide en cuvette pour qu'il puisse se nettoyer le visage, ce qui fut encore plus apprécié.

Un corps à peu près propre, une chemise de nuit propre et des draps propres (Pompom les avait rafraîchis avec un sort pendant qu'il se changeait) le firent se sentir nettement plus humain, malgré les douleurs résiduelles. Pompom lui tressa même les cheveux pour qu'ils ne le gênent pas pendant la nuit. Sa deuxième dose de potion liant les maléfices fut aussi amère que la première, mais il la but sans protester.

Avant de le laisser pour la nuit, Pompom posa une clochette sur la table de nuit et y lança un sort de Cridurut. « Agitez-la si vous avez besoin de moi cette nuit, » lui dit-elle. « Je me fiche de pourquoi, je préfère que vous me réveilliez plutôt que de rester mal à l'aise alors que je peux vous aider. »

- Pompom, ça va aller, » dit Severus d'une voix ferme. « Et si ça ne va pas, je vous réveillerai. Allez vous reposer. »


Note de l'autrice :

Juste pour clarifier un point :
La marque des Ténèbres de Severus n'a pas été touchée par l'intervention. Elle est impossible à retirer. Elle a compliqué le processus car la plupart des traitements pour les séquelles de maléfices visent la partie du corps avec la plus grande concentration de séquelles, et la Marque des Ténèbres en génère lentement mais de façon constante.