Bonjour! Au final, j'aurai mis un peu plus de temps que prévu pour finir l'écriture de cette fic, mais elle est enfin terminée! J'en commence donc la publication avec ce prologue qui sera suivi de 19 chapitres. Je publierai a minima un chapitre par semaine, plus si je me sens motivée.

J'espère que cela vous plaira!

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PROLOGUE

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"L'ignorance est un décalage entre la réalité et une perception de cette réalité, décalage qui est la conséquence d'une croyance , d'un préjugé , d'une illusion ou d'un fait avéré de ne pas savoir." Wikipedia

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C'était une journée qui lui paraissait sans fin, mais à bien y réfléchir c'était le cas de ces derniers jours, ces derniers mois -années?- Elle avait franchement perdu le cours du temps.

Ce n'était qu'une répétition inlassable des mêmes actions.

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Elle se massa l'arrête du nez, épuisée, et se leva en quête de n'importe quelle boisson chaude pouvant lui faire oublier sa condition du moment et chasser un peu de ce désespoir qu'elle parvenait de moins en moins à repousser.

Sans surprise, elle découvrit Shizuru, les lunettes remontées sur le front comme une seconde paire d'yeux, assise négligemment sur un coin de table, continuant à travailler tout en mangeant une bouillie quelconque. Elle n'avait jamais été très soucieuse de ce qu'elle mangeait.

C'était un trait de caractère qu'elle avait rapidement appris à lui connaître. Shizuru ne se souciait que peu de la nourriture qu'elle ingérait ou de ce qu'elle buvait, tant qu'elle gardait les idées claires et pouvait se concentrer sur quoi elle travaillait.

Elle se contentait donc très bien de leur affreuse tambouille et de leur situation.

En fait, toute l'expérience semblait même la fasciner.

Si de son côté le temps paraissait s'étirer indéfiniment, pour Shizuru tout semblait être toujours trop court. Shizuru était sans nulle doute la personne la plus intelligente qu'elle ait eu l'occasion de rencontrer et leur travail la passionnait bien plus que tout ce qui pouvait avoir lieu à l'extérieur.

"Kuga-san, la salua-t-elle presque distraitement sans cesser de lire."

Il était toujours difficile de savoir où en était son projet.

"Shizuru."

La jeune femme avait refusé qu'on l'appelle par son nom de famille car selon ses propres mots: elle ne voulait pas qu'on la prenne pour sa mère.

C'était probablement parce qu'elle était si jeune, malgré son savoir et ses réalisations, que tout le monde l'avait si facilement appelé par son prénom. De son côté par contre, pour quelques raisons de politesse issus de son éducation, Shizuru refusait d'appeler les gens autrement que par leur nom de famille, quel que soit leur âge ou leur titre par rapport au sien.

Ce qu'elle-même comprenait, bien sûr : entendre inlassablement les titres ronflant des uns et des autres la fatiguait. Elle était donc depuis longtemps devenue laxiste à ce sujet. Au moins était-elle parvenu à convaincre Shizuru de ne plus utiliser de titres, pas besoin de gonfler des gens à l'égo déjà disproportionnés.

"Tu penses avoir trouvé une solution? Je veux dire bientôt?"

Elle regrettait déjà d'avoir posé la question, de paraitre si désespérée et d'avoir l'impression de se décharger sur la jeune femme. Parce qu'elle était plus intelligente qu'eux tous, elle attendait de sa part qu'elle trouve la solution. Même si elle essayait personnellement de ne jamais faire ça, il lui arrivait, dans ses moments de faiblesses -quand elle pensait qu'aucun d'eux ne réussirait à résoudre leur problème- de finir par lui demander où elle en était.

Shizuru quant à elle, avala une énième bouchée de purée (?) -elle allait parier sur de la purée au vu de l'aspect- avant de lui répondre.

"Parce que tu y crois vraiment? demanda-t-elle après avoir avaler sa nourriture.

-De quoi parles-tu?

-Tu crois vraiment que nous allons trouver une solution?"

Le regard de Shizuru était d'une telle intensité qu'elle se sentit happée par sa présence, malgré ses mots qui lui firent froid dans le dos.

"Bien sûr. Nous sommes ici pour ça et honnêtement, tu es probablement notre meilleure chance.

-Il faut être réaliste, Kuga-san. Il n'y a pas de solution miracle. Peut être pas de solution tout court d'ailleurs.

-Ne soit pas défaitiste, on ne serait pas là s'il n'y avait aucune chance."

Shizuru haussa les épaules.

"De toutes les façons, je ne pense pas qu'il y ait encore grand chose à sauver."