La dernière chose dont Harry se souvenait avant de perdre connaissance fut d'avoir pensé qu'il ne pouvait vraiment pas avoir une minute – juste une minute – à lui, sans qu'il n'ait à se défendre ou à sauver quelqu'un. Chaque année depuis qu'il était entré dans le monde des sorciers il n'avait pas arrêté. Et cela ne s'était pas arrangé depuis que Voldemort avait fait son grand retour. Cette fois, par contre, il ne savait pas comment il allait faire pour se sortir de ce pétrin.
Il était réveillé depuis quelques minutes déjà. Sa tête le faisait souffrir mais de ce qu'il avait pu constater, rien n'était cassé. Tout juste avait-il quelques égratignures aux coudes et aux genoux, mais personnes ne pouvait sortir indemne d'une attaque de Mangemorts. Il changea de position sur le sol et la chaîne autour de ses poignets tinta, le faisant grimacer. Cette saleté de chaîne l'obligeait à garder les bras serrés contre lui tellement elle était petite, mais au moins ses jambes n'étaient pas entravées.
Maintenant si je pouvais trouver le moyen de sortir d'ici, pensa-t-il.
Il ne comprenait même pas ce qu'il faisait là. Oh, bien sûr, il avait été capturé, il fallait être un idiot pour ne pas s'en rendre compte … mais pourquoi une chambre ? Un donjon il aurait compris, ou même une immense pièce où tout le monde aurait pu regarder Voldemort le torturer à mort –littéralement – mais une chambre ? Là il ne comprenait pas. Il avait déjà essayé la porte, mais comme il s'y était attendu celle-ci n'avait pas bougée d'un iota quand il avait essayé de l'ouvrir. Il avait ensuite cherché sa baguette, regardant dans les moindres recoins, mais il avait dû se rendre à l'évidence que, au mieux, elle lui avait été prise ou, pire, il l'avait laissé tomber avant de perdre connaissance et elle était maintenant quelque part sur le Chemin de Traverse. Repenser à l'attaque le fit penser à ses amis et il espérait vraiment qu'ils allaient bien. Il soupira. Pourquoi ces choses devaient toujours lui arriver à lui ?
Laissant ses yeux parcourir la pièce, il reconnut qu'elle était luxurieuse, surtout pour lui qui n'avait connu que la maison des Dursley et le dortoir du collège, et ils s'arrêtèrent sur deux étagères remplis de livres. Décidant que, prisonnier pour prisonnier, il n'avait rien de mieux à faire puisqu'il n'arriverait probablement jamais à sortir tout seul, il se leva du lit et alla prendre un livre au hasard. Il détailla les titres des livres, traçant des yeux les lignes incurvées des fois difficiles à déchiffrer, et opta pour un livre d'apparence banale dont l'écriture sur la reliure était effacée par le temps. Il verrait bien quand quelqu'un se donnerait la peine de venir le voir. Il alla ensuite s'installer sur un fauteuil situé près de la cheminée, tournant celui-ci pour faire face à la porte d'entrée. Il allait peut-être lire un peu, mais il n'allait certainement pas tourner le dos à sa seule échappatoire. Repliant ses jambes sous lui il était tout de même soulagé de pouvoir écarter suffisamment les bras pour pouvoir lire sans trop de difficulté. Le feu qui ronronnait dans l'âtre diffusait une douce chaleur, et il aurait presque pût oublier la situation dans laquelle il était si … et bien si il n'était pas dans cette situation. Ouvrant le livre il découvrit enfin le titre Magie noire et magie blanche identiques ou différentes ? Le titre le fit tiquer. Bien sûr qu'elles étaient différentes ! Aucun sort de magie blanche ne pouvait tuer quelqu'un ! Ça c'était la magie noire ! Il referma sèchement le livre et s'apprêtait à le jeter par terre quand le souvenir du Troll de sa première année à Poudlard fila devant ses yeux. Il considéra à nouveau l'ouvrage. Un sort aussi simple que celui-ci aurait très bien pût tuer quelqu'un si la massue n'était pas tombée sur le crâne solide d'un Troll. Il énuméra rapidement plusieurs sortilèges qu'il avait appris au fil des années et essaya d'imaginer des situations où ils pourraient être utilisés pour faire le mal.
… A sa grande horreur et consternation il se rendit compte que c'était assez simple.
Il réprima un frisson. Si la magie blanche pouvait faire autant de dégâts … qu'est-ce que pouvait bien faire la magie noire. Son mal de tête se rappela à son bon souvenir et il massa ses tempes. Ce n'était vraiment, mais alors vraiment pas le moment pour avoir ce genre de révélation. Il regarda à nouveau le livre. Hermione adorerait avoir un tel livre dans sa collection, pensa-t-il avec un brin d'amusement. Se décidant, il ouvrit le livre au premier chapitre, et rapidement il fut pris par le texte qui expliquait l'origine et les bases de chacune et pourquoi elles avaient été distinguées l'une de l'autre plusieurs siècles auparavant. Plongé dans le livre, il ne remarqua pas la porte s'ouvrir ni la personne entrer d'un pas rapide et décidé. Il n'entendit pas non plus la porte se refermer ni ne vit le sorcier qui venait de pénétrer dans la pièce s'arrêter à deux pas de celle-ci, son regard posé sur lui.
Ce qu'il remarqua cependant fut le léger froissement de tissus qui se fit entendre non loin de lui quelques secondes plus tard, et il se tendit quand, relevant la tête, il croisa le regard cramoisi de la personne assise sur le fauteuil non loin du sien.
- Un livre bien intéressant à lire, commença l'autre, coulant un bref regard en direction de la couverture du livre dans ses mains, bien que le choix de lecture m'étonne de la part du Sauveur, termina-t-il avec un rictus de dérision, accentuant le dernier mot.
Harry était pétrifié, et son esprit semblait s'être fait la malle. Il regarda en direction de la porte, mais celle-ci était bel et bien fermée. Il gémit intérieurement. Mais quel idiot ! Ça lui apprendra à se prendre pour Hermione ! Il reporta son attention sur le Seigneur des Ténèbres en face de lui, refermant le livre sur ses genoux avec un calme feint. La situation avait quelque chose d'irréelle. Comment allait-il se sortir de là ?!
- Certain dirait que pour mieux combattre ses ennemis il faut en apprendre le plus possible sur eux. Et ça inclus les sorts qu'ils pourraient utiliser contre moi. Contra-t-il avec une assurance feinte, ce qui fit hausser un sourcil à l'autre. Car celui en face de lui avait bel et bien des sourcils, des cheveux, un nez, et plus rien à voir avec le Voldemort à l'apparence reptilienne qui était sortie du chaudron lors de sa désastreuse quatrième année.
Le Seigneur Voldemort avait retrouvé la grandeur qu'il avait à son paroxysme, et ça incluait son charisme et son physique. Comment avait-il fait ? Nul ne le savait. Mais depuis qu'il avait de nouveau l'apparence d'un humain il lui était devenu plus difficile de le voir comme un monstre sanguinaire. Il fut sorti de ses pensées lorsque le plus âgé se remis à parler, une main pianotant sur l'accoudoir et l'autre tenant sa tête qui reposait dessus. La nonchalance et le pouvoir que cet homme pouvait dégager en même temps était des plus déconcertante.
A vrai dire, tout dans cet homme était déconcertant.
- Je m'attendais à des cris, des insultes, à te voir te débattre pour t'échapper, et pourtant tu ne m'a pas l'air décidé. Devrais-je peut-être changer de tactique ? Musa Voldemort, ses yeux rouges pénétrant les billes émeraude du jeune homme en face de lui. Parce qu'Harry Potter n'était plus un enfant maintenant. Il n'avait plus rien à voir avec le morveux gringalet qui l'avait ridiculisé lors de sa première année. Le garçon avait grandi et muri, si bien qu'il éprouvait presque du plaisir à le combattre à chacune de leurs rencontres. Il se laisserait même à dire qu'il avait déclenché ces rencontres à plus d'une occasion. Voir ces yeux luire de détermination lorsqu'ils étaient face à face et ce corps se mouvoir avec agilité lui donnait envi à chaque fois d'éterniser leur rencontre. Le regard de défi que le plus jeune lui lança l'amusa. Il n'y a qu'une seule issue, Harry, et pour l'ouvrir il faudrait que tu me prennes ma baguette, incita-t-il, sortant sa précieuse baguette pour la déposer presque moqueusement sur le guéridon à côté de lui.
Harry suivit la main, prêt à bondir au moindre signe, et ne se détendit légèrement que lorsque celle-ci fut revenue pianoter contre l'accoudoir. Il connaissait l'homme et ses jeux, et il savait aussi qu'il n'avait aucun problème à lancer des sorts non-verbaux. Le fait que l'autre le prenne pour un imbécile par contre l'agaça et il lui lança un regard noir.
- Je ne suis pas stupide, siffla-t-il les dents serrées, le livre maintenant complètement oublié. Garde tes petits jeux pour tes sous-fifres. Tu m'as enlevé pour une raison, et tu as besoin de moi vivant pour ça sinon tu m'aurais torturé et tué depuis longtemps. Pourquoi tu ne me dirais pas ce que je fais là pour qu'on en finisse une bonne fois pour toute ?! S'énerva-t-il, ses mains se crispant. Ce n'était peut-être que le reflet du feu brûlant dans la cheminé mais il crût voir ces pupilles rouge briller de satisfaction.
Soudain l'homme bougea et il ne réussit qu'à se lever de quelques centimètres au plus avant que l'homme ne soit sur lui, ses longs doigts encastrant ses poignets au-dessus de sa tête et son autre main empoignant le bas de son visage dans une poigne qui le fit grimacer. Néanmoins il planta son regard dans celui de l'autre et refusa de se laisser intimider.
- Attention à tes paroles, Harry Potter … beaucoup sont morts de ma main pour bien moins, susurra Voldemort, leur visages si près que leur nez se touchaient presque.
- Jamais je ne te considérerais comme quelqu'un au-dessus de moi, Tom, siffla-il en retour avec hargne, sa mâchoire protestant à chaque mouvement face aux doigts qui l'enserrait toujours.
Pendant un moment qui sembla être une éternité mais qui ne fut en réalité qu'une minute ou deux il avait bien crût que l'autre homme allait s'emporter dans une ses rages légendaires – il l'avait après tout appelé par son prénom – mais celui-ci le surprit une nouvelle fois en le relâchant, un rire grave et suave s'échappant de sa gorge alors qu'un rictus amusé venait étirer ses lèvres.
- Cette bravoure dont tu fais preuve Potter, je ne m'en lasserais jamais, avoua-t-il après s'être calmé, laissant Harry perplexe, la bouche entrouverte de surprise. Il alla récupérer sa baguette et Harry se releva en un instant. Mais le plus âgé ne fit que la ranger à nouveau dans sa manche. Nous savons tous les deux lequel d'entre nous est le plus puissant … et pourtant tu continu inlassablement de te dresser devant moi. Dis-moi, Harry, que tires-tu de tout cela ? Demanda-t-il avec dédain. Il leva une main et Harry glapit de surprise quand il fut comme aspiré vers le Seigneur des Ténèbres, ses mains dressées devant lui la seule chose qui lui évita de se retrouver collé contre l'autre. Une main ferme agrippa ses cheveux à l'arrière de sa tête et il grimaça de douleur. Qu'est-ce qui fait qu'on soit comme attiré l'un vers l'autre ? Murmura l'autre, et Harry se demanda si la question était plus pour lui ou pour Voldemort lui-même. Il essaya de repousser l'autre sorcier, mais c'était comme pousser contre un mur. Son cœur battait si fort qu'il résonnait dans ses oreilles. Où est-ce qu'il voulait en venir ? Il ouvrit les yeux et tomba à nouveau dans ces prunelles qui le regardaient avec une intensité qui le perturbait. Ce qu'il en tirait ? Sa peur se mua soudain en colère et il repoussa l'autre avec une implosion de magie qui obligea le plus âgé à reculer de quelques pas. Il manqua lui-même de trébucher sous la puissance de ce qu'il venait de se passer quand il tapa contre son fauteuil, mais réussi néanmoins à rester debout. L'excès de magie l'avait laissé pantelant, et il déglutit quand il vit l'autre plisser des yeux d'irritation.
- Eh bien, Harry, susurra l'autre, et Harry crût discerner de l'excitation dans sa voix grave. Il semblerait que tu m'aies encore caché quelque chose, réprimanda-t-il. Un jet de lumière rouge vola soudain vers lui et Harry leva les bras devant lui. Le bout de ses doigts le piqua sous l'afflux de sa magie et le sort se dissipa contre son bouclier. Pris de panique il jeta la première chose qui lui tomba sous la main – à savoir le livre oublié – en direction de l'autre sorcier mais le livre explosa en une multitude de pages déchirées avant même de le toucher. Cela donna cependant à Harry assez de temps pour contourner le fauteuil et se cacher derrière celui-ci quand un autre sort fusa au-dessus de sa tête. Je dois dire que je ne m'attendais à ce que tu sache utiliser la magie non-verbale. C'est très impressionnant, complimenta le Seigneur noir, sa voix ne s'élevant pas d'un iota alors qu'Harry était obligé de plonger sur le côté quand le pauvre fauteuil explosa. Un bout de bois sombre le frappa sur le côté du visage, brûlant sur son passage, mais il l'ignora en faveur du sorcier en face de lui. Maintenant la question est sait-tu la maîtriser, termina Voldemort avec un rictus sinistre, sa magie crépitant autour de lui.
Harry quant à lui était proche de la panique. Bien sûr qu'il ne la maîtrisait pas, il ne savait même pas qu'il pouvait l'utiliser ! Il chercha une issue, mais n'en vit aucune à part la porte. Décidant le tout pour le tout il se rua sur Voldemort, évitant par la même occasion un autre sort qui explosa derrière lui, mais l'effet de surprise qu'il voulait ne fut pas au rendez-vous car le sorcier ne fit que pivoter sur ses pieds et il se retrouva plaqué contre un mur, un cri de douleur s'échappant de sa bouche lorsqu'il percuta violemment celui-ci. La seconde suivante Voldemort était derrière lui et le bout de sa baguette s'enfonçait douloureusement dans la chaire de son cou. La respiration saccadée il tourna la tête autant qu'il pût pour regarder derrière lui, mais il ne put apercevoir qu'un pan de robe de sorcier.
- Tant de potentiel, murmura Voldemort, gâché par les idées farfelues d'un vieux fou. Il ignora le jeune homme se tortillant pour se libérer, plaquant un peu plus celui-ci contre le mur jusqu'à qu'il soit presque collé à lui. Il baissa légèrement la tête et susurra Te souviens-tu de ce que je t'ai dit lors de notre première discussion ?
Harry stoppa net. Oh il se souvenait très bien de ce qu'il lui avait dit ce soir-là. Il lui arrivait encore d'y rêver certaines nuits. Qu'il n'y avait pas de bien ni de mal, juste le pouvoir.
- Je me souviens très bien, et je ne suis plus le garçon naïf que j'étais à l'époque, rétorqua-t-il. Mais si tu crois que je vais te rejoindre tu rêves ! Termina-t-il en élevant la voix, plus qu'un peu inconfortable par leur position. L'autre sorcier émit un son pensif avant de reprendre, amusé
- Oh je sais très bien que tu ne me rejoindras pas, pas encore, mais réfléchit à ceci, Harry Potter ce qu'il y avait d'écrit dans ce livre … qu'en pense-tu ? Un simple sort de guérison peut faire des merveilles … là il pointa sa baguette sur sa joue et il sentit la plaie se refermée … mais le sort de mort ne peut-il pas être utilisé pour mettre fin à des souffrances inutiles. Harry hoqueta de surprise quand il fut soudain retourné, le regard rouge de Voldemort pénétrant le sien. Tout dans ce monde a deux faces, deux versions … à chacun de l'utiliser comme il le souhaite. Et il écrasa ses lèvres contre les siennes, entraînant un autre gémissement surprit que l'autre utilisa pour forcer sa langue à l'intérieur de sa bouche.
Dire qu'Harry était perdu serait un euphémisme. Il savait depuis longtemps que tout n'était pas blanc ou noir, malgré ce que certains pouvaient penser et dire, il en avait la preuve à chaque fois qu'un affrontement avait lieu. Le baiser était brutal, violent, comme l'homme qui était maintenant collé contre lui et encore une fois il se demanda comment il faisait pour se retrouver dans des situations pareilles. On cœur battant la chamade il réussit finalement à tourner la tête, inspirant un bon coup par la même occasion, juste pour que l'air se coince dans sa gorge quand des dents vinrent mordiller une partie sensible de son cou.
- Non … arrête, tenta-t-il, poussant en vain contre le torse de l'autre. Il n'avait aucune échappatoire, coincé comme il était entre le mur et Voldemort, et sa magie semblait l'avoir déserté. Il frissonna quand l'autre recula légèrement et tenta une nouvelle fois de se déloger. L'autre haussa un sourcil, non pas qu'il le vit dans ses efforts, et fit un pas en arrière pour laisser le plus se dégager.
Harry porta une main à sa bouche qui picotait toujours, ses yeux grands ouverts rivés sur le Seigneur Noir et incapable de comprendre ce qu'il venait de se passer. J'ai embrassé Voldemort, pensa-t-il, paniqué, non non, c'est lui qui m'a embrassé! Oh Merlin ! Son visage chauffa derrière sa main et il recula machinalement. L'air amusé de l'autre se fit prédateur, de longues jambes avançant à chaque pas en arrière qu'il faisait.
- Que se passe-t-il, Harry ? Ne me dit pas que cela à suffit à te rendre muet. Un rictus étira ses lèvres. Si j'avais sût qu'il en fallait si peu pour fermer cette bouche impertinente je l'aurais fait depuis longtemps déjà. Un geste du poignet et il se retrouva immobilisé, ses bras s'élevant au-dessus de sa tête jusqu'à qu'il touche à peine le sol avec la pointe de ses pieds. Cependant la douleur que ça occasionna dans ses bras eu l'effet de le tirer de sa surprise et il lança un regard noir en direction de Voldemort.
- A quoi est-ce que tu joues, Tom ?! Lança-t-il avec hargne, tirant sur ses bras dans le vain espoir de faire cesser le sort. Tout ce qu'il réussit à faire fut d'abimer un peu plus ses poignets contre les menottes. L'autre continua calmement d'avancer vers lui. J'en ai assez de ce jeu du chat et de la souris, si tu veux en finir, finis-en maintenant ! Cria Harry, sa magie répondant à sa colère, supprimant le sort qui le retenait et propulsant Voldemort contre le mur.
L'instant d'après fut flou pour lui, mais il se retrouva à courir dans un long couloir sans aucune idée de où est-ce qu'il allait. Un rire grave et sinistre le poursuivit alors qu'il bifurquait dans un autre couloir et, avec un peu de chance, loin de l'homme. Il jura quand il arriva au bout du couloir pour voir que c'était un cul de sac, une porte ouvragé se tenant face à lui. Il prit à peine le temps de s'arrêter avant d'essayer de tourner la poignée, et il soupira de soulagement quand celle-ci s'ouvrit sans effort. Se glissant rapidement à l'intérieur de la pièce, se fichant royalement d'où il était, il referma la porte derrière lui aussi vite et silencieusement que possible, espérant contre tout attente qu'il n'avait pas été vu. Il regarda frénétiquement autour de lui, et il se décida en voyant la grande baie vitrée qui prenait la moitié du mur à sa gauche. Il se précipita vers elle dans l'espoir de voir où il était, mais il faisait trop noir pour voir à moins d'un mètre. Il pouvait juste dire qu'il y avait un balcon, plus loin tout n'était que noir d'encre. Mais c'était suffisant pour lui. Lorsqu'il ouvrit la porte fenêtre avec l'espoir de pouvoir s'échapper, la porte d'entrée de la pièce s'ouvrit elle aussi dans un grand fracas qui le secoua jusqu'aux os. Se retournant il déglutit quand il vit le regard amusé de Voldemort se transformer en rage, et il cria quand il fut tiré en avant et projeté contre le sol. Le souffle coupé, il haleta. Toutes ses forces semblèrent le déserter et une lassitude s'empara de lui. Pendant un court instant il eut envie d'en finir. Puis une image de ses amis passa devant ses yeux et il serra les dents, forçant son corps à bouger, à se défendre, à faire ne serait-ce que le plus petit mouvement qui pourrait lui épargner la mort. Il roula sur le ventre et poussa sur ses bras, puis ses jambes jusqu'à qu'il soit debout, seulement pour qu'une main puissante l'attrape par la gorge et que son dos vienne percuter douloureusement le rebord du bureau qui trônait au milieu de la pièce. Des larmes de douleurs mêlées de frustration et de fatigue apparurent aux coins de ses yeux mais il refusa de les laisser couler.
Jamais il ne laisserait l'autre sorcier le voir craquer. Sirius était le seul à qui il s'était confié. Même devant Ron et Hermione il ne s'était jamais laissé aller alors il n'allait certainement pas donner au Seigneur des Ténèbres la satisfaction de le voir craquer !
Voldemort toisa le plus jeune, sa colère diminuant quelque peu maintenant qu'il n'était plus sur le point de lui échapper une nouvelle fois. Le jeune homme était comme un serpent il réussissait inlassablement, encore et encore, à lui échapper. A chaque qu'il pensait avoir le jeune sorcier là où il le voulait celui-ci lui échappait d'entre les doigts. Pas cette fois, pensa le Seigneur des Ténèbres alors que le plus jeune cessait doucement ses gesticulations inutiles. Relevant deux jambes finement musclées autour de ses hanches l'homme fut satisfait de voir le plus jeune s'arrêter net, une délicieuse rougeur montant sur ses pommettes. Harry Potter était une créature délectable, un joyau brut. Son attention fut attirée sur son front, la cicatrice brillant presque sous la sueur présente sur le front du plus jeune. Il en était venu à se demander si ce n'était pas Mère Magie elle-même qui avait fait rebondir le sort de la mort toute ces années auparavant. Il était devenu extrêmement frustré quand, rencontre après rencontre le jeune sorcier n'avait cessé de le repousser lui et son offre de le rejoindre. Et il l'était encore plus maintenant face au pouvoir dont il avait fait preuve. De l'excitation monta en lui. Dumbledore était un fou pour ne pas l'avoir entrainé, mais peut-être était-ce son but ? Il ne le saura jamais mais maintenant que le vieux fou était six pieds sous terre le sorcier contre lui était libre de faire ses propres choix. Et s'il avait son mot à dire il ne tardera pas à le rejoindre, de son propre chef.
Harry n'aimait pas, mais alors vraiment pas le regard intense que l'autre posait sur lui. Il se sentait analysé et la position dans laquelle ils étaient n'arrangeait pas les choses à ses yeux. L'autre n'avait toujours pas relâché ses jambes, et il piqua un fard lorsque ses mains commencèrent à remonter le long de celles-ci. Il voulut utiliser ses propres mains pour les repousser, mais un sort les maintenait au-dessus de sa tête. Il essaya de remonter ses jambes contre lui mais deux mains les ramenèrent où elles étaient. Il eut beau les tirer et les pousser, les mains ne les lâchèrent pas.
- Tant de pouvoir dans ce corps, murmura Voldemort. Tant de potentiel gâché. Tu pourrais faire des merveilles, Harry, avec le bon entraînement. Nous pourrions faire de grandes choses ensemble, continua-t-il en rapprochant son visage, s'arrêtant à quelques centimètres de celui du jeune sorcier.
- Je ne suis pas comme toi, Tom, je me fiche du pouvoir. Tout ce que je veux c'est vivre en paix ! Grinça Harry avec venin. Tout ce que tu veux c'est asservir les autres !
- Les autres ne sont que des insectes, renifla l'autre avec dédain. Le seul qui m'intéresse, c'est toi. Il déposa ses lèvres sur le menton du jeune homme, puis descendit lentement vers le cou tendu.
- Je t'intéresse juste à cause de la prophétie ! Contra Harry, serrant les mains pour lutter contre les ombres de plaisir que cette bouche prodiguait. Fichus hormones. Il voulait lui dire d'arrêter, mais d'un autre côté il ne voulait montrer à quel point ce que faisait l'autre le perturbait.
Voldemort murmura quelque chose qu'il ne comprit pas puis releva la tête pour fixer le jeune homme de son regard rouge.
- Au début, je l'avoue. Mais une prophétie peut être interprétée de tellement de façons … Certains pourraient penser que le jour où j'ai voulu te tuer il y a tant d'année, un doigt vint tracer sa cicatrice, et lorsque le sort m'a réduit à l'était d'ombre fantomatique … Harry siffla de douleur quand ses cheveux furent agrippés et sa tête tirée en arrière, elle a été accompli. Sa bouche descendit sur celle d'Harry et sa langue alla immédiatement soumettre l'autre. Il pouvait sentir la magie du plus jeune pulser sous sa peau, sa puissance agissant comme un aimant sur la sienne. Il voulait ce pouvoir pour lui. Il voulait le jeune homme, le corrompre. Il voulait lui faire oublier ces idées absurdes de bien et de mal. La magie était la magie, il n'y avait rien d'autre à côté de cela et seuls les faibles avaient à la différencier en « branches ». Son autre main glissa sur le corps du jeune Griffondor jusqu'à venir toucher la peau de son ventre, le faisant sursauter. Il caressa la peau tiède du jeune homme, sa main s'insinuant en dessous le pull que portait celui-ci, et il avala le glapissement surprit que l'autre émit lorsque ses doigts froids trouvèrent un téton avec lequel ils jouèrent un moment.
Si Harry avait réussi à se calmer, il était de nouveau en mode panique, d'autant plus qu'il poussait sentir une certaine partie de son anatomie se réveiller sous les caresses de l'autre homme.
Encore une fois, fichues hormones …
Il était tenté de mordre la langue qui jouait avec la sienne mais il redoutait ce qui pourrait suivre s'il le faisait. Le sadisme dont pouvait faire preuve Lord Voldemort était légendaire et il n'avait aucune envie d'en faire l'objet. Il sursauta quand son érection naissante fut palpée à travers le tissu de son pantalon et s'arracha à la bouche qui le torturait pour siffler de plaisir. Un rictus satisfait aux lèvres Voldemort s'attaqua au cou qui lui était offert, marquant la peau comme sienne. Il appliqua un peu plus de friction avec sa main et fut satisfait par le gémissement qui s'échappa de ces lèvres rougies. Il répéta le geste et gronda, son propre désir pulsant dans les confinements de ses vêtements. S'il ne pouvait pas corrompre le plus jeune par ses mots, il allait le convaincre par autre chose. Il déboutonna le pantalon su jeune sorcier et glissa sa main à l'intérieur, prenant dans celle-ci l'érection maintenant dure.
Harry sursauta sous la sensation. Il n'était plus protégé que par le fin tissu de son boxer et il était tiraillé par l'envie de continuer et celle de s'enfuit loin d'ici. Il se mordit la lèvre quand l'autre mordilla un point sensible de son cou et tenta machinalement de ramener ses bras vers lui, sans rien y faire. Il pouvait sentir la tension monter dans son bas ventre à mesure que ces mains le caressait et il ferma les yeux sous l'afflux de plaisir qui s'infiltrait dans son corps comme des milliers de serpents. La main dans ses cheveux les avait relâchés pour caresser son front, puis sa joue, avant de remonter sensuellement le long de son bras. Il gémit, son corps tremblant contre celui du Seigneur des Ténèbres. Il sentit le désir de celui-ci contre ses fesses, aussi dur que le sien, et il se retint de presser contre.
- Voldemort, arrête, je ne v-, sa phrase fut coupée par deux doigts pénétrant sa bouche, le bout venant jouer avec sa langue. Il tenta de les pousser dehors avec mais elle ne fit que glisser contre eux. Il rougit jusqu'à ses oreilles, une petite voix au fond de lui lui disant que ça pouvait très bien être autre chose que des doigts.
- Allons, Harry, je croyais avoir dit que tu m'intéressais, releva le Seigneur des Ténèbres, ses lèvres bougeant contre le cou d'Harry. Et ce qui m'intéresse, susurra-t-il, je me l'approprie.
Des dents mutinent vinrent mordiller la peau, et Harry mordit les doigts qui l'empêchaient le parler suffisamment fort pour tirer un sifflement de douleur à l'autre. Les appendices disparurent – à son soulagement – mais son cou fut pris alors dans une poigne serrée qui l'empêchait presque de respirer. Le Seigneur des Ténèbres le toisa d'un regard noir
- Je pense avoir été patient envers toi, Potter, mais sache que je peux aussi y aller d'une autre manière. Harry toussa et grimaça, mais rendit néanmoins le regard de l'autre.
- Comme si ça changerait quelque chose ! « Ce qui m'intéresse je me l'approprie » ?! Je ne suis pas un objet ! Protesta le plus jeune. Si tu veux jouer à ce petit jeu avec tes sous-fifres c'est ton problème, amuse-toi bien, mais je ne t'appartiendrais jamais ! Cria-t-il avant de tousser à nouveau, sa poitrine se gonflant et se dégonflant avec sa respiration saccadée. Ses muscles se contractèrent dans l'attente du sort qui allait sûrement suivre, ou d'une réplique cinglante. Le plaisir qu'il avait ressenti jusque-là avait en grande partie disparut et à la place une rage hurlante commençait à se manifester.
Il en avait assez d'être considéré comme un objet, comme d'un pion ! Un jour il était considéré comme le héros du monde des sorciers et le lendemain il était traité plus bas que terre, insulté et dénigré. Franchement à son humble avis les gens qui le considérait juste comme Harry pouvaient se compter avec ses deux mains. Une chaleur montait en lui, grondante, mais il ne la remarqua pas vraiment. Non, ses yeux étaient fixés dans ceux de Voldemort et il lui sembla qu'une éternité passa avant que l'autre, à sa surprise, n'exquise qu'un rictus presque amusé. Durant un court instant il fut décontenancé. Puis sa colère gronda de nouveau et sa magie crépita autour de lui, ce qui ne fit qu'élargir le rictus de Voldemort.
- Dumbledore était vraiment un vieux fou, ricana le plus âgé, son regard s'enflammant. Une telle puissance … jamais utilisée, jamais … encouragée. Tu dis que tu n'es pas un objet, et pourtant tu as été le pion de Dumbledore pendant tellement de temps. Il n'a fait que t'utiliser, finit-il en murmurant.
Sa magie explosa à l'intérieur de lui et il repoussa violemment l'autre homme avec ses mains. Il ne devait pas s'y attendre, ou alors sa magie l'avait aidé, car il n'eut aucun mal à le faire malgré sa position. Voir Voldemort tomber en arrière comme n'importe qui avait quelque chose d'assez surréel. Quoique, toute cette situation était surréelle, pensa-t-il. Il resta abasourdit durant peut-être cinq secondes alors que Voldemort se redressait sur ses bras, ses yeux passant de l'homme à ses mains où les menottes étaient littéralement en train de tomber en poussières, et son cœur s'emballa quand il réalisa que c'était maintenant sa chance.
Il manqua de trébucher en descendant du bureau et se prit même le rebord de celui-ci dans les côtes, mais il n'y fit pas attention et se rua vers la baie vitrée qui s'ouvrit à la volée avant même qu'il ne la touche. La brise de la nuit lui caressa le visage. Il entendit du bruit derrière lui mais il était déjà en train de sauter par-dessus la balustrade, laissant sa magie l'envelopper et son instinct le guider.
Voldemort se rua vers le balcon, ses yeux rouge brillant de colère en voyant sa Némésis lui échapper à nouveau, et il suivit la panthère des yeux alors qu'elle atterrissait sans un bruit sur le sol avant de s'élancer vers la frontière du domaine. Il savait déjà que les sorts qui s'y trouvaient ne l'empêcheraient pas de passer, et une part de lui se régalait de voir la puissance du jeune homme relâchée de la sorte. Elle avait effleuré la sienne lorsqu'il l'avait repoussé à l'instant, et un tremblement d'excitation parcouru son corps. Alors qu'Harry Potter disparaissait au loin, le rire glacial de Voldemort résonna dans la nuit.
La chasse était ouverte.
