LA BOÎTE DE PANDORE
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Disclaimer
Tout est à JKR, mais je répare les jouets quand je le abîme.
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Avant propos
Hello !
Il y a longtemps que je veux m'intéresser à Teddy mais je ne trouvais jamais la bonne forme pour le faire. J'ai donc écrit cette histoire, la toute première sous la forme épistolaire, qui n'a rien à voir avec le projet de départ mais qui me tient à cœur quand même. C'est un post-Poudlard, un petit bébé (dix chapitres, courts) – surtout celui-ci, ça grandit un peu ensuite – mais qui sait, peut-être que cette petite histoire pourra vous plaire (:
Petite précision, Teddy est tiré d'une autre histoire, Avant la fin du monde. J'utilise le contexte général de celle-ci, le passé et le caractère du personnage mais il n'est pas nécessaire de l'avoir lue pour comprendre. Même si ça vous paraît un peu mystérieux au début, vous saisirez ce qui se passe au fur et à mesure, c'est promis. De l'autre côté, si cette histoire comporte certains indices sur l'intrigue de l'originale, elle n'en dévoile pas (du tout) l'essentiel et si vous voulez en découvrir plus sur cet univers, vous êtes les bienvenus, c'est sur mon profil.
Dans tous les cas, faites ce que vous voulez !
Merci à Pamphile pour la relecture !
Cette note commence à être plus longue que le chapitre lui-même donc... bonne lecture !
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oOoOo
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A Victoire Weasley,
43 Winston Way
Londres, Royaume-Uni.
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Lettre du 15 juillet 2029
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Chère Victoire,
J'ai l'impression de t'avoir écrit mille fois déjà, d'une plume qui n'existait que dans ma tête. Je la tiens aujourd'hui à la main et je ne parviens pas à la lâcher.
Qu'attendais-je pour franchir le pas ?
Une révélation brut, soudaine, sous la forme d'un éclair blanc qui vient zébrer le ciel. Comme par magie. C'est fou comme la magie ne sert jamais pour l'essentiel. Je peux dire Accio chaussette, si j'essaie Accio bonheur, je ne reçois que honte et silence. La plupart du temps d'ailleurs, la chaussette est perdue pour toujours.
La semaine dernière, je suis tombé sur une petite annonce dans le journal. « BESOIN D'AVENTURE ? » Je l'ai refermé sans me défaire de son goût d'absurde. « Vous démissionnez, Mr Lupin ? La porte est par là. » Je l'ai claquée sur mon passage. J'intervenais entre quatre et cinq heures du matin sur une émission de la RITM, je n'étais pas clairement pas indispensable.
A Londres, j'enfilais les jours comme on arrache les pétales d'une marguerite ; il ne m'en restait au bout d'un mois qu'un squelette de fleur. J'ai déniché un petit appartement en banlieue d'Eastbourne, payé un premier loyer pour fuir l'enfer sans demander mon reste.
Trop tard pour reculer.
On avait visité Eastbourne ensemble, tu te souviens ? Je trouvais la ville artificielle, tu la disais vivante et jolie. Je déteste toujours autant les hôtels de luxes qui enserrent le port, les cadres moldus qui jouent aux vacanciers, ces plages où s'entassent les parasols. Autour de moi, les gens semblent détendus et heureux, comme si le cocktail entre leurs mains contenait la recette du bonheur.
Ne m'en veux pas si je me suis surpris, hier, à chercher ton visage au milieu d'eux. Je ne t'imagine jamais autrement que sous l'ombre d'un palmier, des lunettes de soleil rondes sur le nez. Tu profites de l'été pour explorer le monde. Tu fuis jusqu'en Italie, en Grèce, en Albanie, tu longes les plages de sable rose, contemples les volcans en fusion, libre et blonde comme le soleil.
Si je ne suis pas venu pour toi, je retrouve un peu de tes couleurs dans celles de la ville.
L'enseigne du local où je travaille est d'un bleu abîmé, perdue entre un marchand de journaux et un restaurant de fruits de mer. En lettres jaunes, typographie gothique, HAR––D DÉTECTIVE PRIVÉ. Je ne sais pas si les lettres sont tombées toutes seules ou si un petit malin a trouvé marrant d'enlever les deux plus significatives. Le propriétaire s'appelle Harold et n'a jamais pris la peine de réparer son enseigne. Sur la porte trône l'inscription DISCRÉTION GARANTIE en caractères si gros que j'ai du mal à passer l'encadrement sans crever de rire.
Je suis Assistant Détective, Victoire. Es-tu fière de moi ?
Le local est affreux. Une pièce sous les combles, étouffante en été, qui dégage une odeur diluée de cigare mêlée à celle de l'encens brûlé, platane ou eucalyptus, d'une douceur à vomir. La première fois, Harold m'a détaillé du regard avec la hauteur d'un ministre. L'homme est un Cracmol. Techniquement, la loi de 2011 sur le respect de la concurrence interdit les sorciers de s'incruster sur le marché moldu, mais notre ami s'est joyeusement engagé dans sa brèche juridique. Il n'est pas sorcier, après tout. Les restrictions imposées à l'époque de Zane ont fait au moins un heureux.
Peu importe, il n'a pas l'air de douter.
Un homme que la nature a doté d'une moustache aussi foisonnante ne doute jamais.
« L'espionnage est une affaire sérieuse, Mr Lupin. »
La manière dont il prononce es-pi-on-nage, en détachant chaque syllabe, me fait mourir de rire à l'intérieur. Je mords mes joues et grimace sous la douleur, pas sûr que ma neutralité fasse son effet. Il me trouve un peu désinvolte mais alors qu'il parcourt mon C.V. du regard, je sais comment désamorcer ses réticences.
« Je disais donc, je suis Métamorphomage capillaire.
— Vous êtes... pardon ? »
Il sursaute, puis décoche à ma chevelure soudain rouge un regard presque ému. A la vue du vert pistache, une étincelle s'allume dans ses yeux, mais c'est à la teinte d'un bouquet de menthe – ma couleur préférée – qu'il manque de défaillir. Lorsque j'achève ma démonstration, ses pupilles brillent comme deux flambeaux à ma gloire.
Harold effleure sa moustache, pensif.
« Rose saumon, vous pourriez ? »
J'avale une bouffée d'air souillé d'eucalyptus, conscient de n'être pour lui qu'une bête de foire. Ce n'est que de l'esbroufe mais ça impressionne. En réalité, mon « don » est bien limité ; sa seule utilité est de m'éviter le coiffeur.
Je ne comprends pas pourquoi tu refuses de t'entraîner.
La voix de Jim retentit encore, quand je n'y fais pas attention. Il me suppliait de prendre l'apparence de McGonagall pour rigoler, et je me recevais un coup dans l'omoplate lorsque je répliquais miaou.
Harold, ravi, a eu son saumon ; de mon côté, j'essaie en vain de remonter le courant.
On s'était moqués d'Anna quand on a découvert que son Patronus était un saumon, tu te souviens ? On n'aurait pas dû, c'est un animal endurant, le saumon, aussi rebelle que courageux. Je me demande ce qu'elle est devenue. Je me demande ce que tu deviens, toi, et crois-moi, il m'en a fallu du courage pour écrire ton nom sur l'enveloppe, pour sauver cette lettre de mes fantasmes et l'accueillir dans la réalité.
Ne m'en veux pas si je te dis que tu me manques. Un peu. Quoi qu'il en soit, si tu jettes cette lettre avant de l'avoir ouverte, n'oublie pas de faire le tri sélectif.
Je te tiens au courant de la reprise en main de ma vie. Je t'embrasse,
Teddy
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(A suivre)
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N/A
Merci d'avoir lu ce petit chapitre !
Petite précision, Jim et Anna sont des amis de Teddy et Victoire, comme vous avez dû le deviner. Zane est un homme politique ayant milité pour restreindre les liens entre le monde magique et le monde moldu, et qui a démissionné suite à un scandale. D'une manière générale, si vous avez des remarques ou des questions sur des références un peu obscures (tout au long de cette histoire), je vous éclairerais avec plaisir.
Bisous, à bientôt !
