15 juin

Manoir Per, Mockingcrow, Oklahoma :

J'aurais dû changer la sonnerie de mon réveil, plus je l'entendais, plus je la haïssais.

Je me dépêchai de remplir mon programme de la matinée, j'y allais aussi rapidement qu'on pouvait y aller quand on voyait encore flou et que la moindre lumière devenait un éclair aveuglant.

Bougeant difficilement mes faibles muscles, je cherchai mes affaires. Mon portable était sur ma table de chevet, mes vêtements étaient de l'autre côté du lit, près du balcon, je fouillai donc le meuble. Je me dépêchai donc de prendre mon uniforme blanc et sortis de ma chambre. Je traversai le couloir doré et rouge pour foncer dans la salle de bain.

Une fois ma douche prise, je partis prendre mon service. Je regardai tristement le portrait de madame Annette. Contrairement à celui de son père, il n'était pas affiché au milieu de des escaliers du hall. Chaque fois que j'allais retourner dans l'aile des chambres, j'allais pouvoir revoir ce sourire.

Je saluai mon chef en descendant l'escalier et partis vers le salon. La bonne était en train d'astiquer les vitrines accrochées au mur:

« Bonjour, madame Hawks.

- Bonjour, Lavie, me répondit-elle en anglais.

J'enviai mes collègues. Le majordome et madame Hawks entretenaient si bien le manoir. Ce salon en était la preuve. J'aurais pu choisir de parler du grand écran posé sur le meuble au fond de la salle, de la baie vitrée qui permettait d'accéder au jardin, des cartes de tarot conservées dans leur vitrine ou du buffet dans lequel étaient mises en évidence les récompenses des enfants et les photos des membres de la famille, tout était parfait ici.

Je posai la vaisselle sur la table et partis en cuisine. Je marchai dans le hall pour atteindre l'aile des domestiques. Je dis bonjour au coq et il arrêta de lire son journal pour me parler:

- Mauvaise nouvelle! Les partenaires envoient leur colis en avance!

- Youpi, du coup faut prévoir un déjeuner pour les livreurs, soupirai-je...

Je n'avais pas à me plaindre, j'avais juste une nouvelle tâche à ajouter à mon agenda :

6h-7h : préparation du petit-déjeuner

Ce matin, je devais préparer les plats. Le régime des Per allait peut-être un jour avoir l'honneur de ne plus me dégoûter. Ce n'était pas prêt d'arriver.

« Galeries Jambavan ».

Cette marque. C'était toujours la même. Chaque fois que je préparais ces bouillies, je me demandais comment Carla pouvait en raffoler. Elle me forçait à toujours vérifier que ce que je mangeais était bio et pourtant elle acceptait ces produits chimiques dans son estomac.

J'étais en train de préparer le lait quand je reçus un message sur mon portable. C'était Cynthia. Monsieur Henry et Madame Lea avaient acheté une nouvelle friandise pour Juno et il fallait que je la mette pendant qu'elle était sous la douche. Le chef me montra de quoi il s'agissait et il ouvrit le placard. Je me dépêchai de retourner dans l'aile des chambres et fonçai voir la jeune fille au pair devant la porte sur laquelle étaient écrit « J.U.N.O » et « interdit aux garçons (sauf Kave) ».

Elle monta la garde et je rentrai, me faufilant entre les dessins et les jouets pour pouvoir remplacer la dent cachée sous l'oreiller par la boîte de bonbons qui avait clairement été achetée par Madame Lea. Il n'y avait qu'elle pour acheter un tel parfum.

Malheureusement pour moi quelqu'un m'empêcha de rejoindre les cuisines, l'une des portes du couloir s'ouvrit pour permettre à un jeune homme de sortir.

Si je disais que le voir me déplaisait, le mensonge aurait immédiatement été démasqué! Kave Per restait quand même un beau jeune homme.

Tout le monde n'allait pas être d'accord avec moi, mais on ne pouvait qu'apprécier l'anatomie de Kave. Torse nu et en jogging, il me provoquait.

Combien de jeunes hommes de notre âge ne rêvaient pas d'avoir un tel corps? Un mètre quatre-vingt-cinq pour quatre-vingt-cinq kilogrammes. Une chevelure courte, mais légèrement touffue, voire crépue. C'était sans doute la seule preuve de son héritage Béninois. Une barbe mal taillée façon Priapus A Tarou. Un visage parfaitement symetrique. Une mâchoire carrée. C'était surtout son buste qui attirait l'attention.

Il ne pouvait faire que ça, déjà parce qu'il portait un tatouage en forme de pentagramme à côté du mamelon droit, mais surtout parce qu'on sentait tous les efforts qu'il avait mis dans la sculpture de cette carrure. Chaque muscle semblait avoir été taillé à la perfection.

C'était juste dommage qu'il s'exprime avec un ton si ridicule que Cynthia en rit:

- Bonjour, jolie Lavie, me fit-il!

Heureusement que le ridicule ne tuait pas. Entre sa manière de tituber, son besoin de fuir la lumière encore plus flagrant que celui que j'avais eu en me réveillant et son regard, je ne savais pas ce qui m'énervait le plus... Dès que j'eus la réponse, je compris que je devais m'en plaindre:

- Kave!

Mon rugissement ne le fit même pas réagir. Je le pointai du doigt:

- Juno est sous la douche! Si elle te voit comme ça... Non, mais regarde-toi! Tu empestes l'alcool ! Tu es complètement décoiffé... Bon, je te fais la liste de tous les signes que tu as une gueule de bois ou je prends une photo de cette grimace?

Kave essaya de se boucher les oreilles, mais je continuai ma prestation. J'ordonnais! Il devait retourner dans sa chambre et attendre que sa sœur soit dans le salon pour prendre sa douche! Il accepta de se réfugier derrière la porte.

Je n'en revenais pas. Ça avait marché! J'avais réussi à faire semblant de jouer les patronnes autoritaires! Je retournais donc en cuisine, mon collègue devait s'impatienter!

7h-7h45 : petit-déjeuner des jeunes Per

Une fois les plats servis, j'attendis les enfants de mes patrons et leur jeune fille au pair. Je donnai les plateaux-repas à l'ombre maléfique qui était apparue:

- Lavigna, me fit le majordome, Elatha devant arriver en même temps que le cryptologue, j'aimerais me charger personnellement d'elle, tu n'auras qu'à t'occuper de...

Le vieux majordome chercha son téléphone portable dans sa poche et chercha le prénom de l'expert en codes secrets que le docteur Gogmagog nous avait envoyé :

- Luka Ygeb...

- Geb, réagis-je? Comme le dieu égyptien ?

Le majordome ne daigna même pas me répondre, l'alarme de son téléphone sonnait. Je savais qu'il avait du travail. En sortant, il salua les enfants des propriétaires du manoir. Kave était clairement plus présentable dans son uniforme. Il n'avait pas mis sa veste et sa chemise était mal boutonnée, on avait l'impression qu'il faisait exprès de laisser une partie de son tatouage visible. Logique, d'abord on verrait le tatouage, ensuite on verrait les impressionnants pectoraux sur lesquels ils étaient posés.

Kave s'assit à côté de la petite fille qui se retrouva donc entre lui et sa nounou.

Carla m'embrassa sur la joue et nous nous assîmes. Elle soupira en me voyant glisser ma main sous la table, Kave se saisit du papier et le remplaça donc, là où aucun regard ne se posait, par un billet.

Carla souriait parce que j'étais présente, mais je voyais bien les éclairs qui sortaient de ses yeux pour mitrailler son frère.

Sa colère la rendait tellement mignonne. La moue qui gonflait sa joue me força à me retenir de rire. Tout comme son frère, Carla possédait une belle peau rouge, après je n'avais jamais rencontré d'autres Cherokees, ou même de Natifs Américains, que les Per.

J'adorais Carla. Je voulais être aussi belle qu'elle. Ses longs cheveux à la fois lisses et ondulés brillaient comme du bronze ou de l'or. Son opulente poitrine m'emplissait d'envie. En fait, elle était tout simplement son frère, mais sans le chromosome Y!

- Dis, Kave, demanda la jeune fille au pair de Juno, j'ai remarqué que ton tatouage n'était pas seulement un pentagramme... Je croyais que c'était blanc, mais...? Comment dire... C'est quoi?

Kave tira sur sa chemise pour afficher le symbole blanc qu'il s'était fait graver. Il m'afficha un sourire cruel et Carla aussi. Juno ne semblait pas comprendre, moi, je devais clairement avoir l'air de bouder:

- Demande plutôt à notre jolie Lavie, ricana Kave.

- Oh, ça va, rouspétai-je en croisant les bras!

Cynthia n'aurait pas pu avoir l'air plus larguée, Carla expliqua :

- Tristan et Kave avaient besoin d'un symbole marrant, mon frère, pour se tatouer, Tristan, pour le faire graver sur sa boucle d'oreille. Si tu regardes bien les parties argentées cachées sous l'étoile orange, tu verras le même symbole que sur son sac. Ça représente Camazotz, un Dieu Maya.

- CARLA, me plaignis-je, j'ai trop honte!

L'étudiante céda à mon caprice, mais pas son frère, dont le visage affichait le sourire de Satan en personne:

- Lavie croyait qu'on était des vampires, du coup, lâcha-t-il, j'ai décidé sur un coup de tête de porter les symboles du dieu maya des chauves-souris vampires.

- Quoi, réagit Cynthia alors que la petite fille qu'elle gardait éclatait de rire au lieu de terminer son repas? Lavie... Je sais que les Per sont excentriques et que Grand-papi Lenoir était... Voilà, quoi.

Au lieu de dire « mystique », « occulte », « sorcier » ou « taré morbide », ma collègue se contenta de montrer la vitrine dans laquelle reposait la canne dorée semblable à un sceptre rituel, les cartes de tarot accrochées au mur et les livres placés dans le buffet.

Ni le frère, ni les sœurs ne réagirent négativement.

Les Per en étaient fiers : ils savaient que leur arrière-grand-père avait pratiqué le vaudou. Chaque fois que des invités venaient au manoir, madame Lea n'avait aucun problème pour leur parler de son grand-père! Le jour où j'étais arrivé au manoir, Kave avait dû m'expliquer pourquoi Carla et lui étaient inscrits au cours de mythologie du docteur Gogmagog. Ce n'était pas seulement parce qu'elle passait tout son temps libre dans ce manoir pour passer du temps avec Henry et Lea, c'était une tradition familiale.

Comment aurais-je dû le prendre? En vivant avec les Per, j'avais appris qu'ils ne consommaient que des aliments importés ET chimiquement modifiés. Kave et Carla avaient en plus gagné tous les combats auxquels j'avais assistés. Les trophées de boxe au nom du frère et d'escrime au nom de la sœur étaient la preuve de leur compétence.

- Si je te dis « vampire », tu penses à quoi, demanda Kave en regardant Cynthia?

- Euh, réfléchit-elle à voix haute... Pas de reflet... Boit du sang... Transforme ses victimes. Super fort. Super sexy. Hypnotique. Dents pointues. Teint pâle... Voilà, quoi. Ah oui : brûle au Soleil!

- Pas de métamorphose en chauve-souris, s'étonna Juno? C'est quand même iconique!

- Hein, réagit Cynthia? Ça fait bien longtemps que ça a disparu de l'image populaire du vampire!

- Et c'est bien dommage, soupira Carla.

- Non, mais tu rêves, s'exclama Kave! C'est juste que ce serait trop cher... Et que la métamorphose animale ne fait pas mouiller les gamines! En cours, j'ai eu à faire un exposé sur l'image du vampire et la métamorphose animale, je confirme que c'est commun à beaucoup de cultures...

- C'est facile quand c'est pas toi, qui fais le devoir, marmonna Carla en grognant.

- Et c'est quoi, ce dieu inca, demanda Cynthia?

- Maya, la corrigeai-je! C'est le chef des Dieux-Chauves-souris et donc le gardien de l'au-delà. Regarde.

Je pris le sac de Kave, j'aimais beaucoup voir ce sourire sur le visage de Carla. Elle me regardait, les yeux emplis de paillettes.

- Au milieu, expliquai-je, c'est la tête de la chauve-souris, avec les crocs, les oreilles et le nez... La truffe? Bref, les éléments autour, ce sont les différents symboles que le dieu Camazotz porte sur lui sur les illustrations de la légende épique dont il est le méchant.

Carla m'interrompit, je me tus. Elle savait que tout le monde ne pouvait pas apprécier d'entendre l'histoire du dieu qui décapita un héros légendaire pour que son peuple puisse jouer au basket avec sa tête... Oui, c'était la légende du dieu-vampire!

- En parlant de vampire, Kave, grogna la plus âgée des sœurs du concerné... Yukiko... Heather... Violetta... Samira... Ashley... Morgana... Je continue? Elles ont bombardé N... Tristan de textos.

Tiens! Elle avait donné un surnom à Tristan?

Kave se mordit la lèvre inférieure.

- Enfin, il me suffit de te laisser aller en cours, elles vont te tuer, en conclut Carla! Sinon, en ce moment, j'aide Alice à retaper sa moto, elle risque pas de te rouler dessus... Mais vu ce que tu as fait à sa sœur, il faudra éviter de lui tourner le dos.

Kave et les femmes... Cynthia n'osait pas l'avouer, mais je savais que c'était pour ça que le majordome allait former sa remplaçante.

Carla avait raison, Kave était un incube... Ou un Orang Minyak de Malaisie... Je ne voyais pas d'autre explication à son besoin de collectionner les ennemies.

Bon, O.K... Je savais pourquoi!

Il suffisait juste de remarquer que Kave partait en boîte dès qu'il avait croisé son père pendant la journée, soit à partir du moment où il lui rappelait son héritage...

- Bref, tenta Kave pour revenir au sujet précédent, Tristan et moi avions besoin d'un symbole stylé alors on a demandé à Lavie de nous en dessiner un à partir des carnets de grand-papi Lenoir et APRÈS, on lui a expliqué pourquoi on a fait en sorte qu'elle choisisse Camazotz! Une simple blague... Et voilà...

- Dessiner, sursautai-je? Pour la dernière fois, j'ai juste repris le roman que Lenoir avait écrit, il disait que c'était un sort de duplication et vu que j'ai souvent eu l'impression que tu étais à deux endroits à la fois...

Carla et Juno offrirent à mes oreilles un très beau rire:

- Kave, se moqua Carla... Tu crois que Lavie fait quoi, quand elle reste au manoir? Elle en connaît sûrement plus que notre famille que Juno.

- Je sais pas comment je dois le prendre, demanda la fillette.

7h45 : départ des jeunes Per

Le manoir Per était sans doute le plus bel endroit de la ville de Mockingcrow, mais étais-je réellement un bon juge? Ça allait faire presque quatre ans que je vivais ici et pourtant cette ville restait un mystère pour moi.

Dans la ville où j'avais grandi, en Seine-et-Marne, j'avais appris à assimiler le décor, mais Mockingcrow, ça me dépaysageait toujours.

Perdue dans les forêts de l'Oklahoma, cette ville devait tout aux Per. Quand je suis arrivée aux États-Unis, je n'avais entendu parler de Mockingcrow que par des collègues qui voulaient dépenser de l'argent pour les Per... Que dire d'autre?

Le cinéma, la salle de sport où s'entraînaient Kave et Tristan, l'université, la médiathèque, les restaurants et même le centre commercial. Le nom de Per était omniprésent. On pouvait le dire, les Per possédaient Mockingcrow!

L'extérieur du manoir était à l'image de son intérieur, sauf que ce n'était pas le rouge et le doré qui dominait, mais le blanc et le vert. Ce bâtiment inspiré du palais de Versailles et de la Maison-Blanche surmontait sa colline creusée. Cynthia, Kave, Carle, Juno et moi étions en train de sortir quand nous vîmes la voiture de Tristan se garer à côté de la fontaine de la cour.

La portière s'ouvrit et je pus une nouvelle fois repaître mon regard du doux songe devenu réalité, le spectacle de la beauté de Tristan Dusza. Deux yeux de cristal, une chevelure de ténèbres s'abattant en cascade sur ses épaules, une peau de diamant, une silhouette fine et les traits si fins de son visage m'avaient toujours fait penser qu'il devait être un elfe ou un vampire déguisé. Comment quelqu'un pouvait être aussi beau.

Comme à son habitude, Tristan avait l'air si mélancolique, son visage était triste. Son expression fut rapidement remplacée par celle de la colère. Il grognait, les ténèbres émergeaient de son corps pour pointer de leur griffe Kave. Si je n'avais pas été en train de saliver devant la perfection du visage du jeune homme aux yeux de rubis, j'aurais pu écouter la conversation. Mais à quoi bon? Je l'avais déjà entendu.

Comme d'habitude, Tristan se plaignait que Kave lui avait collé la honte au bar et l'avait laissé avec des jeunes femmes emplies de pensées meurtrières. Tristan ayant fait tombé ses clés lors de son sermon, je les lui ramassai et les lui rendis.

Carla m'embrassa sur la joue, puis monta dans la voiture avec son frère, sa sœur et la nounou de cette dernière. Ils partaient en cours, je retournai au travail.

7h55-9h30 : préparation du petit-déjeuner des autres domestiques et du dîner froid

Ah! J'aimais le son de cette phrase. Pour moi, elle signifiait que mon après-midi était riche en temps libre!

9h30-10h pause

J'étais en train de me détendre dans ma chambre. Certes, c'était ennuyeux sans Carla. Chaque fois qu'elle était là, elle savait comment animer ce manoir.

Comme je rangeais les images sur mon portable, je ne pouvais que penser à elle et au fait que je ne savais pas quelles photos de son frère et de Tristan sacrifier pour gagner de l'espace. Je me rendais une nouvelle fois compte de la bassesse de ma condition de simple humaine. C'était quoi, la vie d'un être humain?

Trouver un travail, payer ses impôts, pondre des chiards et disparaître dans le néant avant eux? Sérieusement... J'aurais voulu être Carla.

Elle était si parfaite, en plus d'être née dans l'une des familles les plus puissantes de l'Oklahoma, elle pouvait tout faire! Carla pouvait faire redémarrer n'importe quel moteur, faire fonctionner n'importe quel briquet, retaper toutes les tuyauteries et faire pousser toutes les plantes.

Et pourtant mon stupide cerveau de créature mammifère me demandait de concentrer mes pensées sur Tristan et Kave. Kave était un apollon, Tristan encore plus... Mais ce qui m'aurait vraiment intéressé aurait été que Kave fasse à son ami...

Cette phrase ne connaîtra jamais de fin, puisque le simple fait d'écrire ce qui me venait en tête pourrait me conduire en prison.

C'était mon quotidien... C'était comme ça au manoir Per. Dans le fond, j'avais clairement souhaité que les événements qui devaient arriver arrivent!

Même si j'étais capable d'apprendre très rapidement les règles de l'univers de n'importe quelle mythologie, j'étais incapable de croire en Dieu. Ça, c'était sûrement à cause de m... Ma condition !

Enfin. Il fallait que j'écrive ce qui était arrivé, il fallait que je tienne ce journal.

A l'époque, j'étais bien naïve. Je croyais que le monde était froid et vide, qu'il n'était qu'un silence cruel incapable de se plier aux désirs des stupides mortels. Pour moi, le catholicisme, le maraboutisme, l'ufologie et la croyance en l'existence des entités féeriques comme la Petite Souris, c'était du pareil au même. Je croyais que ma vie allait se terminer avec la disparition de ma conscience lors de l'arrêt des signaux électriques de mon cerveau.

C'était ce que je pensais, mais il avait suffi de quelques détails pour que je goûte au Paradis avant de savourer l'Enfer!

Le sort de duplication :